jeudi 17 novembre 2022

Polynésie française Suicide, en parler pour éviter le pire

Suicide, en parler pour éviter le pire
jeunesse • polynésie française https://la1ere.francetvinfo.fr
Ne pas garder ses frustrations pour soi, mais en parler pour se libérer. • ©Polynésie la 1ère

Chaque année, 30 Polynésiens en moyenne se suicident. Pour sensibiliser et libérer la parole, l’association SOS Suicide intervient en milieu scolaire. Une de nos équipes l’a suivie au CJA de Faa’a. Hasard du calendrier, un des anciens élèves a mis fin à ses jours récemment. Ses camarades sont encore choqués. Il s’agissait de les inviter à en parler.

Apprendre à voir le positif, reprendre confiance en soi après une épreuve…Aujourd’hui, l’association SOS Suicide délivre un message de prévention au CJA de Faa’a. "C'est une problématique qui touche évidemment nos élèves, mais qui touche tous les élèves, tous les adolescents, puisque ce n'est pas propre à Faa'a ni au CJA de Faa'a...C'est une problématique comme le harcèlement, la violence, la drogue...Donc on fait intervenir...pour la prévention", souligne Poerava A Manea, directrice du CJA de Faa’a.

prévention suicide
L'association SOS Suicide est intervenue ce mercredi au CJA de Faa'a. • ©Polynésie la 1ère

Le suicide reste la 2ème cause de mortalité chez les jeunes. Récemment, un ancien élève de l’établissement a mis fin à ses jours. Un choc et une incompréhension pour ses anciens camarades. "Ca nous a tous choqués", "c'est un collègue à moi, on a passé beaucoup de temps ensemble", "on l'a emmené à l'hôpital psychiatrique", voilà quelques réactions de quelques camarades.

prévention suicide
Par timidité ou par honte, beaucoup de jeunes n'osent pas exprimer leur mal-être. • ©Polynésie la 1ère

Les bénévoles de SOS Suicide invitent à parler de son mal-être, mais aussi à écouter celui des autres, 

sans jugement, sans moquerie…Et briser la loi du silence. "Il faut parler. Je sais qu'à la maison, dans certaines famille c'est "Tais toi !"...vrai ou faux ?", lance une intervenante de l'association de prévention aux élèves.
Le silence, bombe à retardement

"On a tendance quand on est un jeune adolescent à intérioriser, à prendre sur soi, à garder en soi tout un tas de frustrations et d'émotions qui malheureusement font un peu l'effet d'une bombe à retardement", explique Nathalie Colin-Fagotin, psychologue.

Chaque année, une trentaine de personnes mettent fin à leurs jours en Polynésie. En parler, c’est déjà commencer à aller mieux.

Voir la video https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/tahiti/polynesie-francaise/suicide-en-parler-pour-eviter-le-pire-1341008.html

 Source https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/tahiti/polynesie-francaise/suicide-en-parler-pour-eviter-le-pire-1341008.html


MANIFESTATION COLOMBES (92) 29/11/22 Rencontre de réflexions partagées

Entr'acte a le plaisir de vous inviter à une rencontre de réflexions partagées autour de la santé mentale :

"Pour une prévention partagée du suicide : Démarches communautaires et perspectives Colombiennes en santé mentale".

Mardi 29 novembre 2022 – 14h à 17h dans la petite salle de l’avant seine

Parvis des droits de l'Homme - 88 rue Saint-Denis, Colombes

Inscription : https://forms.gle/cyAKTWiwPVTcCZxk9

Cet évènement est une initiative portée par Sémaphore Santé 92 Nord, la maison des adolescents, le CMP adulte de Colombes, l’Astrolabe, les professionnels de santé de la ville de Colombes, l’Espace Santé Jeunes et l’Unité de Psychothérapie Entr’actes.

Cette rencontre participe aux manifestations et événements organisés dans le cadre de la JMPS.

Dans ce contexte éprouvant et contraint, les recommandations et préconisations de tous ordres, notamment pour la prévention du suicide, invitent à l’articulation des différentes ressources et à leur renforcement, ou encore à l’établissement de lien entre acteurs concernés par la santé mentale.

Les apports des démarches communautaires portées par l’Institut Renaudot et la présentation des actions et initiatives locales pour la santé mentale apporteront informations et connaissances pour penser ensemble les mesures et liens les plus adaptées pour une prévention partagée.

L’équipe Entr’actes et Sémaphore Santé 92 Nord restent à votre disposition pour toute précision et/ou information complémentaires.

Cette rencontre est gratuite sur inscription (https://forms.gle/cyAKTWiwPVTcCZxk9 ). Merci de nous informer de votre venue.

FLYER

Unité de psychothérapie - ENTR'ACTES
01 47 85 65 48
association-entractes.blogspot.fr


lundi 14 novembre 2022

« Un Sarthois se suicide tous les deux jours » : quelles mesures pour favoriser la prévention ?

« Un Sarthois se suicide tous les deux jours » : quelles mesures pour favoriser la prévention ?
Le Maine Libre (site web)
pays-de-la-loire, samedi 12 novembre 2022

Nicolas FERNAND.

Ce jeudi 10 novembre 2022, l’Agence régionale de santé (ARS) a tenu une conférence de presse pour y présenter différents projets. Thème récurrent : la santé mentale avec en Sarthe un taux de suicide parmi les plus élevés de France.

Ce jeudi 10 novembre 2022 au Mans, Stephan Domingo, le directeur territorial de l’Agence régionale de sécurité (ARS), a tenu un point presse pour proposer un point sur les différents projets menés par l’Agence régionale de santé pour améliorer la réponse aux besoins de santé des Sarthois.

Un thème est revenu à plusieurs reprises : celui de la santé mentale. Sujet de préoccupation dans la Sarthe où on enregistre un nombre anormalement élevé de suicides.

« Un Sarthois se suicide tous les deux jours »

Ce chiffre pour d’abord se faire une idée de la situation, et bien comprendre la place que la santé mentale prend parmi les préoccupations de l’ARS et des professionnels de la santé : un Sarthois se suicide tous les deux jours, indique Stephan Domingo. Un taux anormalement élevé à l’échelle nationale et régionale. Et encore plus selon lui depuis la crise sanitaire, avec des répercussions post-Covid pour les plus jeunes ​selon le directeur territorial de l’ARS.

La réponse : dès 2023, former plus de personnes dans le domaine du repérage du mal-être et mettre en place une meilleure coordination entre les différents acteurs. Avoir une action plus forte en terme de santé mentale.

« Étendre les contrats locaux de santé »

Le dispositif est ancien mais amené à prendre de l’ampleur selon Stephan Domingo. Le contrat local de santé quèsaco ? En quelques mots : un dispositif mis en place sur un territoire (souvent une communauté de communes ou plusieurs communautés de communes) portant sur la promotion de la santé, la prévention, les politiques de soins et l’accompagnement médico-social. Il est mené par l’ARS, les élus locaux, les médecins, des institutions comme la CAF. Objectif : travailler ensemble sur des thématiques comme la prévention des addictions, la santé des jeunes, la perte d’autonomie, l’accompagnement des plus fragiles et plus précaires dans l’accès aux soins, et aussi, nous y revenons, la santé mentale.

La Sarthe compte actuellement deux contrats locaux de santé (Le Mans-Allonnes-Coulaines et la communauté de communes de la vallée de Braye et de l’Anille). Mais d’autres sont à venir. Des travaux sont menés pour 2023 pour les communautés de communes LBN Communauté et Val de Sarthe , précise Stephan Domingo. Une réflexion est menée pour les communautés Loir-Lucé-Bercé et Sud Sarthe. Un seul enjeu selon le directeur territorial de l’ARS : lutter contre les inégalités sociales dans le domaine de la santé.

30 000 Sarthois ont leur dossier médical partagé

Parmi ce qui a été abordé lors de cette conférence de presse : le déploiement du Ségur du numérique en santé en Sarthe ou comment généraliser le partage de données de santé entre professionnels. À ce titre, 30 000 Sarthois (sur 400 000 concernés) ont effectué les démarches pour bénéficier de leur dossier médical partagé. Ce dossier personnel sur un espace numérique partagé permet aux professionnels de santé d’y accéder, d’avoir accès aux données médicales et d’en apporter eux-mêmes. Il permet une meilleure coordination pour une meilleure prise en charge du patient​, note Stéphane Domingo.

En Sarthe, 60 % des établissements sanitaires sont inscrits dans le cadre du programme Ségur usage numérique et 55 structures sont impliquées dans le projet territorial de télé santé. Pour développer ce dispositif, un ambassadeur numérique a été recruté à l’échelle régionale, avec pour mission de former un réseau de bénévoles qui pourra intervenir en appui des usagers​, pour les guider dans ces démarches.

Coordonner les politiques publiques de santé

On l’appelle commission départementale de coordination des politiques publiques de santé (CDCPPS) et elle a été installée en Sarthe le 13 septembre 2022. Autour de l’ARS, il s’agit de réunir les partenaires institutionnels intervenant dans le domaine de la santé pour une meilleure action au plus près des besoins du territoire. ​Dans le département, deux thématiques retenues pour élaborer un plan d’actions partenarial : l’accès aux soins et à la santé, et la santé des enfants et des jeunes. Et au sujet de ces jeunes, là encore la question de la santé mentale : on en retrouve de plus en plus dans les services psychiatriques​, relève Stephan Domingo.

Une EPMU en réflexion à La Ferté-Bernard

La Sarthe dispose actuellement de trois EPMU (équipe paramédicale de médecine d’urgence) à Montval-sur-Loir, Saint-Calais et au Pôle Santé Sarthe Loir. Des établissements qui connaissent des fermetures de leur service d’urgence ou qui, hormis pour la Pôle Santé Sarthe Loir, ne disposent pas de SMUR, précise Stephan Domingo. Ce dispositif permet de sécuriser une situation en attendant l’arrivée du SMUR. Ces équipes ont déjà sauvé des vies et comme elles prennent en charge la douleur en cas de traumatologie notamment, l’intervention du SMUR puis l’arrivée aux urgences peuvent être facilitées. Une quatrième EMPU est en projet à La Ferté-Bernard indique le directeur territorial de l’ARS. Cet outil est une véritable valeur ajoutée.
https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/le-mans-72000/un-sarthois-se-suicide-tous-les-deux-jours-quelles-mesures-pour-favoriser-la-prevention-8ed467c4-60fd-11ed-9269-b91b4bfaa036





INITIATIVE Pays-de-la-loire Pour prévenir le suicide des jeunes, ces amis sportifs créent une pièce de théâtre

Pour prévenir le suicide des jeunes, ces amis sportifs créent une pièce de théâtre

Ouest-France (site web)
pays-de-la-loire, dimanche 13 novembre 2022  Mathieu CHARRIER.

Pour aider un ami à « rester debout » après le suicide de son fils, une bande de copains sportifs a lancé une nouvelle association de swim and run, une discipline suédoise. Ensemble, ils ont voulu aller plus loin dans la prévention du suicide des jeunes en créant une pièce de théâtre. Elle sera jouée la semaine du 14 novembre 2022, à Laval et à Mayenne.

Il y a Sophie, Bénédicte, Cathy, Bruno et les autres copains. Tous réunis par la passion du sport. Certains préfèrent la nage, d’autres la course à pied. Ensemble, ils ont créé l’association Laval swim and run (LSR), du nom de cette discipline suédoise qui combine la course à pied et la natation en milieu naturel .

Le réconfort par le sport

« On se connaît depuis des années, raconte Sophie Duranty, membre active de l’association. On partage tous la même passion pour le sport. » Un drame va renforcer leur amitié. « Mon fils s’est suicidé il y a trois ans et demi. Il s’appelait Robin, il était étudiant, il avait 18 ans », témoigne Bruno Capponi.

« Le sport a été un bon moyen de rester debout, d’être avec Bruno, sans utiliser de mots qui paraissent parfois inutiles », se souvient Sophie Duranty. « Le sport a été un véritable vecteur de résilience », confirme le papa endeuillé.

Ils créent Laval swim and run avec d’autres amis, dont le frère de Bruno Capponi, Christophe, devenu président de l’association qui compte 25 licenciés.

« Dans cette discipline, on évolue à deux, reliés par une corde, apprécie Cathy Dion, membre de LSR. Le lien est physique et on surveille toujours comment évolue l’autre. »

Une première compétition est programmée le 17 juin 2023 entre Montflours et Laval, avec une course plus longue pour les habitués et une plus courte pour faire découvrir la discipline. Un podium sera également réservé aux étudiants.

« Encore cette peur de la contagion »

Car les amis sportifs ont décidé d’aller plus loin dans la prévention du suicide des jeunes. « Depuis le début, cette course s’inscrit dans un projet global », confirme Bénédicte Le Renard, trésorière de LRS. Pour atteindre une dimension plus sociale et culturelle, les amis décident de créer une seconde association, Le Labo de Garoulet. L’idée d’une pièce de théâtre autour du suicide germe.

La première représentation de Fragile par la compagnie Un étrange été a eu lieu à Cossé-le-Vivien, jeudi 3 novembre 2022. Les prochaines, réservées aux scolaires, sont attendues lundi 14 et mardi 15 novembre au théâtre de Mayenne. Une séance tout public est programmée le lundi à 20 h (entrée à 5 €, gratuit pour les moins de 26 ans).

« Cette pièce est un bon prétexte pour échanger sur le sujet, espère Bruno Capponi, professeur dans un lycée de Mayenne où il sensibilise déjà les élèves, avec le soutien de son établissement. On sent un mal-être encore important chez les jeunes, même après le Covid . Il y a beaucoup d’anxiété liée à notre actualité. Pour être jeune aujourd’hui, il faut être costaud. »

Le père de famille prévient : « Nous ne sommes pas des spécialistes de la question du suicide, mais on veut en parler pour briser ce tabou. Il y a encore cette peur de la contagion, comme si en parler pouvait donner des idées à nos jeunes. »

Les deux associations lavalloises ont reçu le soutien de plusieurs établissements universitaires de l’agglomération. La pièce Fragile sera jouée dans l’amphithéâtre de l’Estaca, l’école d’ingénieurs, mercredi 16 novembre, à 18 h et 20 h.

Inscription en linge demandée à cette adresse : helloasso.com/associations/le-labo-du-garoulet

jeudi 10 novembre 2022

ETUDE RECHERCHE USA La valeur des relations avec les adultes dans la prévention des tentatives de suicide chez les jeunes

La valeur des relations avec les adultes dans la prévention des tentatives de suicide chez les jeunes

d'apres article The value of adult relationships in preventing youth suicide attempts First Published:8th November 2022 https://www.openaccessgovernment.org/*

La professeure agrégée Lynne Fullerton, PhD, University of New Mexico Health Sciences Center, examine les résultats d'une étude récente explorant le lien entre les relations positives avec les adultes et l'impact sur la résilience des tentatives de suicide chez les jeunes.

Le suicide est la troisième cause de mortalité chez les adolescents aux États-Unis
, après les blessures non intentionnelles (y compris les overdoses de drogues) et les homicides, et les taux de décès par suicide ont augmenté dans ce groupe d'âge de manière relativement constante depuis 20 ans (1). En 2019, l'enquête biannuelle sur les comportements à risque des jeunes (YRBS) du Center for Disease Control and Prevention (CDC) a indiqué qu'au cours de l'année précédente, le suicide a été tenté par 8,9 % des élèves du secondaire (HS). Cependant, ce pourcentage varie considérablement selon la race et l'origine ethnique : Indiens d'Amérique ou d'Alaska (AI/AN) 25,5% ; Asiatiques 7,7% ; Noirs ou Afro-américains (AfAmer) 11,8% ; Hispaniques ou Latino (Hisp) 8,9%, Blancs 7,9%, et races multiples 12,9% (2).

Le Nouveau-Mexique (NM) fait partie des États américains ayant les taux de mortalité par suicide les plus élevés ; en 2020, il était le quatrième plus élevé à 24,1/100 000 (3). La version NM du YRBS est le Youth Risk and Resiliency Survey (YRRS). Les résultats de 2019 indiquent que notre taux de tentatives de suicide chez les jeunes (9,5 %) est supérieur au taux américain. Des études antérieures sur les données du NM YRRS ont montré dans des analyses bivariées que des relations positives avec des adultes de la maison, de la communauté et de l'école et des amitiés du même âge étaient associées à des taux plus faibles de tentatives de suicide chez les jeunes au cours de l'année précédente (4-7).

Quel était le but de l'étude ?

Des recherches antérieures suggèrent que des relations positives à la maison entre adultes et adolescents ont plus d'impact sur la résilience aux tentatives de suicide que d'autres relations positives. Cependant, tous les adolescents n'ont pas de parents ou d'adultes à la maison ou même une maison où aller. De plus, l'itinérance est un facteur de risque de comportements suicidaires chez les adolescents (8). Par conséquent, l'étude actuelle vise à répondre à la question complémentaire logique : Quelles relations sont essentielles lorsque celles qui sont les plus susceptibles de protéger les adolescents du suicide n'existent pas de manière significative ?

La base de données YRRS est un échantillon représentatif d'étudiants NM HS. En plus des questions des CDC, le NM YRRS comprend des questions sur les relations censées conférer une résilience contre la prise de risque. Ces questions sont formulées sous forme d'affirmations avec quatre niveaux d'accord fournis comme options de réponse. Il y a sept questions sur les relations avec les adultes et deux sur les relations avec les amis. (9-10)

"Le suicide est la troisième cause de mortalité chez les adolescents aux États-Unis, après les blessures non intentionnelles (y compris les surdoses de drogues) et les homicides, et les taux de décès par suicide ont augmenté dans ce groupe d'âge de façon raisonnablement constante depuis 20 ans."

Nous avons construit des modèles spécifiques à la race/ethnicité des tentatives de suicide au cours de l'année précédente (oui/non) en utilisant la régression logistique multiple pour le présent article. Nous avons commencé par toutes les relations de protection possibles dans le modèle. Nous avons également inclus les notes des écoles publiques (A, B, C, etc.) pour mesurer les relations avec les adultes de l'école. Pour le premier modèle, nous disposions de variables liées aux relations avec les adultes à la maison pour confirmer les résultats antérieurs. Les rapports de cotes et les intervalles de confiance à 95 % ont été utilisés comme seuil de signification statistique.

  

Table. La probabilité réduite de tentatives de suicide au cours de l'année précédente chez les élèves du secondaire du Nouveau-Mexique est associée à des relations positives avec des adultes de la maison, de la communauté et de l'école, 2019

Résultats : Les relations protectrices qui comptent le plus

Dans le modèle 1, cinq variables se distinguent pour les adolescents hispaniques et NHW, quatre pour les adolescents AIAN et deux pour les Afro-américains (AfAmer) (Tableau). Pour tous les groupes, à l'exception des Anglos, le fait d'avoir un adulte à la maison qui croit en leur réussite est le type de relation le plus protecteur parmi ceux testés.

Pour les adolescents ayant des parents, des tuteurs ou d'autres adultes à la maison, une communication positive sur leur potentiel de réussite est associée à une réduction significative du risque de tentative de suicide. L'effet de la présence d'un parent ou d'un tuteur qui sait où se trouve l'adolescent et avec qui il est est presque aussi important.

Le modèle 1 montre également que les adultes en dehors de la maison font une différence dans la prévention du suicide pour tous les adolescents. Les adultes dans la communauté et à l'école confèrent des avantages essentiels lorsqu'ils écoutent, montrent qu'ils croient que les enfants vont réussir et donnent des félicitations lorsqu'ils voient les élèves faire un bon travail.
Résultats du modèle 2 : Comment aider les autres adolescents ?

Le modèle 2 montre que lorsque les parents sont absents, l'effet des adultes en dehors du foyer est plus puissant. Tous les adultes qui interagissent avec les enfants ont le privilège et la responsabilité de faire une différence dans la prévention du suicide. Les adolescents qui ont le sentiment d'être remarqués, entendus, crus et appréciés sont moins susceptibles de faire une tentative de suicide.
Les relations positives avec les adultes diminuent la probabilité de tentatives de suicide.

Ces résultats sont porteurs de bonnes nouvelles.

Chaque niveau croissant de relations positives avec les adultes est associé à une diminution de la probabilité de tentatives de suicide au cours de l'année écoulée. Les adultes n'ont pas à être héroïques, mais simplement présents. Chaque adulte qui choisit de faire en sorte qu'un jeune se sente important d'une manière positive - continuez à le faire. C'est important.

Références

  1. WISQARSTM Fatal Injury Data. Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control. Accessed
  2. Centers for Disease Control and Prevention (CDC). 2019 High School Youth Risk Behavior Survey Data. Available at http://yrbs-explorer.services.cdc.gov/. Accessed on [2022-10-02].
  3. Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Health Statistics. National Vital Statistics System, Mortality 2018-2020 on CDC WONDER Online Database, released in 2021. Data are from the Multiple Cause of Death Files, 2018-2020, as compiled from data provided by the 57 vital statistics jurisdictions through the Vital Statistics Cooperative Program. Available at http://wonder.cdc.gov/ucd-icd10-expanded.html. Accessed on 2022-10-02.
  4. C. FitzGerald, L. Fullerton, D. Green, M. Hall, L. Penaloza. The Association between Positive Relationships with Adults and Suicide-Attempt Resiliency in American Indian Youth in New Mexico. J Amer Indian and Alaska Native Mental Hlth Res 2017; 24(2):40-53.
  5. M. Hall, L. Fullerton, C. FitzGerald, D. Green. Suicide risk and resiliency factors among Hispanic teens in New Mexico: Schools can make a difference. Journal of School Health 2018; 88(3):227-36.
  6. Fullerton L, FitzGerald C, Hall M, Green D, DeBruyn L. Adult relationships are associated with past year suicide attempt prevalence among American Indian, Hispanic, and Anglo youth in New Mexico. Family Community Health 2019; 42(3):171-9.
  7. Hall M, Fullerton L, Green D, FitzGerald C. Positive relationships with adults and resilience to suicide attempt among New Mexico Hispanic adolescent. International Journal of Environmental Research and Public Health 2021; 18:10430.
  8. Institute for Children, Poverty & Homelessness. Suicide and depression among homeless high school students. Available at https://www.icphusa.org/reports/suicide-and-depression-among-homeless-high-school-students/#key-findings. #key-findings. Accessed on 2022-10-02.
  9. New Mexico Department of Health. New Mexico Youth Risk & Resiliency Survey. 2019 High School Questionnaire https://youthrisk.org/data-collection/questionnaires/2019-high-school-questionnaire-english/. Accessed on 2022-10-02.
  10. Underwood JM, Brener N, Thornton J, Harris WA, Bryan LN, Shanklin SL, Deputy N, Roberts AM, Queen B, Chyen D, Whittle L, Lim C, Yamakawa Y, Leon-Nguyen M, Kilmer G, Smith-Grant J, Demissie Z, Jones SE, Clayton H, Dittus P. Overview and Methods for the Youth Risk Behavior Surveillance System – United States, 2019. MMWR Suppl. 2020 Aug 21;69(1):1-10. Available at: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7440204/. Accessed on 2022-10-02.

Acces article https://www.openaccessgovernment.org/wp-content/uploads/2022/11/openaccessgovernment.org-The-value-of-adult-relationships-in-preventing-youth-suicide-attempts.pdf

 https://www.openaccessgovernment.org/article/value-adult-relationships-preventing-youth-suicide-attempts-teen/147109/

VIDEO. Suicides dans le monde agricole : "Il faut pas avoir honte de parler, il faut parler"

VIDEO. Suicides dans le monde agricole : "Il faut pas avoir honte de parler, il faut parler"
Publié le
Écrit par Hugo Lemonier avec Antoine Morel
durée de la vidéo : 03min 45 https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/vienne/poitiers/video-suicides-dans-le-monde-agricole-il-faut-pas-avoir-honte-de-parler-il-faut-parler-2651204.html

Après la longue prise de conscience du mal-être agricole par les autorités, reste encore à briser le tabou du suicide dans les campagnes. Témoignages dans la Vienne.

"Vous êtes bien au répondeur de Mme Vuzé Cathy, et elle vous rappellera dès qu’elle sera là !" annonce une voix enjouée quand Cathy ne décroche pas. Cette voix, c’est celle d’un farceur fier de son coup, celle de son défunt mari. "J’ai demandé à mes enfants : ‘Est-ce que je la laisse ?’ Ils m’ont dit : ‘Oui.’ Par contre, je ne me suis jamais appelée. J’ai hésité plusieurs fois. J’ai laissé sonner deux coups et j’ai raccroché".

Vincent Vuzé, 52 ans, s’est suicidé par arme à feu, le 12 mars 2021, à Anché (Vienne). "Depuis, je n’ai jamais écouté sa voix", raconte sa veuve entourée de ses enfants : Claire et Jean-Simon, la vingtaine. "De toute manière, j’ai l’impression que c’était hier."

A cette époque, Cathy voit bien que son bon mari couve quelque chose. Depuis deux ans, la ferme familiale va de mal en pis. De maigres recettes succèdent à d’énormes pertes. Jean-Simon, qui s’était associé à son père, voyait passer "quelques courriers".


Il a choisi d’enlever cette douleur en lui

Mais, "mon fils me le dit souvent : ‘Il nous l’a fait à l’envers, Papa’. Il ne laissait paraître", raconte Cathy. "Comme dit ma belle-mère, dans le monde agricole, ce sont des taiseux." Des hommes qui "ne parlent pas de leur problème", dit-elle, "pour protéger leur famille parce que, les agriculteurs, ce sont eux qui ont choisi ce métier-là".

Une vie rythmée par les saisons : "Cette année, c’était pas terrible, mais ça ira mieux l’année prochaine… ironise Cathy. Mais malheureusement, l’année d’après, il y a autre chose : un autre couac, une sécheresse, des naissances qui se sont mal passées. Et on encaisse."

Ce 12 mars 2021, Vincent a décidé de mettre un terme à ce cycle : "Je pense qu’il n’a pas choisi de mourir : il a choisi d’enlever cette douleur en lui, en finir avec tous ces appels téléphoniques, toutes ces lettres recommandées… Je crois qu’à un moment il a voulu dire stop", comprend sa femme. "C’est pas beau à dire, mais il a fait passer son travail avant sa famille". 


En finir avec "l'omerta"

Cinq jours après la mort de Vincent, le Sénat publie un rapport consacré aux suicides dans le milieu agricole : "Il est urgent que l’Etat structure enfin une réponse publique à la hauteur de ce drame silencieux", réclament les parlementaires.

Le rapport s’appuient sur les dernières données disponibles de la Mutualité sociale agricole (MSA), datées de 2015 : 605 paysans (496 hommes et 109 femmes) ont mis fin à leur jour cette année-là, les plus de 65 ans étant les plus touchés. Un taux supérieur de 12,62% par rapport au reste de la population.

Le sénateurs souhaitent en finir à cette "omerta" qui entoure le mal-être dans les campagnes, là où la mort vaut parfois mieux que les mots : "Le monde paysan est un monde très particulier avec ses propres codes parfois un peu datés, raconte un agriculteur qui s’est confié aux sénateurs. Il existe une véritable fierté paysanne, et un orgueil, qui empêchent les agriculteurs ayant des problèmes de parler, de se confier. En effet, avouer ses problèmes, c’est s’avouer vaincu, reconnaître que l’on a échoué".

En découlent 63 recommandations et, en novembre 2021, une feuille de route interministérielle sur "la prévention du mal-être et l’accompagnement des agriculteurs en difficulté". Le coordinateur, Daniel Lenoir, a pour mission de mettre sur pied un bataillon de 5.000 "sentinelles" : simples citoyens formés à détecter les risques de passage à l’acte suicidaire dans les campagnes.

Il en existe "1.500 actives" à ce jour, selon la MSA. Sur le territoire du Poitou, qui regroupe les Deux-Sèvres et la Vienne, 191 personnes ont suivi cette formation en 2021 : 75 étaient agriculteurs.


"Replacer l'humain au centre"

"En parler, c’est le début de la réponse, estime Sébastien Cailllaud, responsable du service sanitaire et social de la MSA. Il existe des pressions sociales très fortes dans ce milieu centré autour de la valeur travail. Cela entraine beaucoup de déni, beaucoup de honte."

Dans le Poitou, 10 suicides d’agriculteurs ont été recensés depuis le début de l’année. La MSA tente alors de repenser ses pratiques : "On veut replacer l’humain au centre", affirme Sébastien Caillaud L’organisme se retrouve souvent parmi les créanciers qui relancent sans cesse les exploitants surendettés. "Certains de nos courriers étaient davantage écrits pour celui qui les écrivait plutôt que pour celui qui les recevait", reconnaît par un euphémisme le responsable de la MSA.

Ces "courriers comminatoires" et mises en demeure "sans contact humain préalable" ont été pointés par la mission sénatoriale : "Si l’engagement et le professionnalisme des personnels mettant en œuvre ces procédures ne sont bien entendu pas en cause, il n’en reste pas moins vrai que la ‘machine administrative’ s’apparente parfois à un mécanisme froid, implacable, causant et aggravant le sentiment de détresse que peuvent ressentir certains agriculteurs", estiment les parlementaires.


"Moi, je n’ai pas honte"

La MSA déploient désormais ses dispositifs : une "aide au répit" avec des remplacements et un soutien administratif proposés aux agriculteurs en difficulté, ainsi que la mise en avant des plateformes d’écoute pour libérer une parole encore étouffée.

Insuffisant, juge le maire de Champagné-Saint-Hilaire (Vienne), Gilles Bosseboeuf. Il comptait Vincent Vuzé dans son conseil municipal. A la mort de son ami, en mars 2021, l’élu avait pris la plume pour adresser un "message de détresse" aux autorités : préfecture, parlementaires et collectivités locales. "Il faut que des décisions fortes soient prises au niveau de l’Etat pour soutenir les agriculteurs, et notamment les jeunes, pour leur donner des perspectives et qu’ils puissent vivre de leur travail, un travail qu’ils aiment".

Désormais, le fils de Vincent, Jean-Simon se retrouve seul à la tête de l’exploitation. Passionné par l’élevage, comme son père, il possède aujourd’hui un troupeau d’une centaine de belles Limousines et près de 300 hectares dans le Sud-Vienne. Mais, à 28 ans, il doit payer cette année près de 100.000 euros, rien qu’en impôts et cotisations sociales.

Demander de l’aide, parler de ses difficultés, admettre parfois l’échec… Jean-Simon l’assume : "J’ai pas envie de terminer comme mon père. Moi, je n’ai pas honte de le dire : je vais chez le psy depuis. Il faut pas avoir honte de parler, il faut parler".

Pour se faire aider, appelez le numéro national de prévention du suicide au 3114 ou le service d'écoute dédié aux agriculteurs, Agri'écoute, au 09 69 39 29 19 (prix d'un appel local).

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/vienne/poitiers/video-suicides-dans-le-monde-agricole-il-faut-pas-avoir-honte-de-parler-il-faut-parler-2651204.html

SONDAGE Cyberharcèlement chez les jeunes : 49 % des victimes ont déjà pensé au suicide

Cyberharcèlement chez les jeunes : 49 % des victimes ont déjà pensé au suicide

08/11/2022
Par Le HuffPost avec AFP

Selon une étude, 60 % des jeunes adultes de 18 à 25 ans ont déjà subi du cyberharcèlement, avec des conséquences parfois très graves sur leur santé mentale.

Plus d’un jeune adulte sur deux a déjà été victime de cyberharcèlement.

HARCELEMENT EN LIGNE - Les chiffres font froid dans le dos. Selon une étude financée par la Caisse d’Epargne et publiée par e-Enfance mardi 8 novembre 2022, plus d’un jeune adulte sur deux (60 %) a déjà été harcelé sur Internet. « Une proportion énorme », souligne auprès de l’AFP Justine Atlan, la directrice générale de cette association de protection de l’enfance sur internet. D’autant que parmi les victimes, 49 % ont déjà pensé au suicide.


L’étude, réalisée par l’institut Audirep auprès d’un échantillon de 1 209 jeunes âgés de 18 à 25 ans, montre les conséquences « lourdes » du cyberharcèlement sur la santé physique et mentale des victimes : 69 % d’entre elles déclarent avoir subi des insomnies, des troubles de l’appétit ou ressenti du désespoir, et 51 % ont failli tomber dans des comportements d’addiction à l’alcool ou à la drogue.

Le phénomène peut prendre plusieurs formes, comme des insultes, des moqueries ou le partage de photos sans le consentement de la personne concernée.

Par ailleurs, la majorité des victimes y ont été confrontées pour la première fois avant 21 ans. « Il s’agit d’un âge où les jeunes sont parfois très seuls et se trouvent dans une situation précaire. Pour autant, ils ont besoin de socialisation de cet âge, ce qui les amène à prendre des risques » en ligne, explique Justine Atlan, alors que la journée nationale de lutte contre le harcèlement aura lieu dans deux jours, jeudi 10 novembre 2022.
Une activité de plus en plus intense sur les réseaux

« Les usages continuent à s’amplifier, les jeunes ont plusieurs messageries, s’inscrivent sur différents réseaux sociaux, ce qui multiplie le facteur de risque de subir du cyberharcèlement », décrit Justine Atlan. Les plateformes les plus utilisées sont celles où l’on dénombre le plus de signalements pour du cyberharcèlement. « Pour cette tranche d’âge, ça va être plus TikTok que Facebook », indique-t-elle, alors que les jeunes déclarent avoir en moyenne un compte sur huit réseaux sociaux différents.

90 % des jeunes adultes estiment d’ailleurs que leur temps passé sur internet et les réseaux sociaux a augmenté, dont 59 % « beaucoup plus », à cause du développement massif des réseaux sociaux, de la crise du Covid et des différents confinements. Cette période a également facilité l’augmentation de conduites à risques sur internet et les réseaux sociaux, et 64 % des jeunes estiment s’y exposer.

L’étude ne permet en revanche pas de définir un profil type de victime, à cause de leur nombre très important. Elle relève toutefois qu’un peu plus d’hommes, de non diplômés, inscrits sur un plus grand nombre de réseaux sociaux et à des jeux en ligne, sont concernés.
Comment lutter ?

Afin de lutter contre le cyberharcèlement, 62 % des jeunes adultes interrogés veulent la mise en place d’un suivi psychologique renforcé pour les victimes. Ils sont aussi 52 % à souhaiter avoir accès à de l’aide ou de l’information de la part d’une association qui lutte contre les cyberviolences.

Parmi lesquelles E-Enfance, qui a commandé cette étude. L’association gère le 3018, numéro national pour les victimes de violences numériques. Il a connu cette année une hausse des cas traités : environ 25 000 de janvier à septembre 2022, contre 19 000 sur l’ensemble de l’année 2021, selon Justine Atlan.

L’autre numéro d’écoute, le 3020, s’adresse aux familles et aux victimes d’une situation de harcèlement scolaire entre élèves. Il a également connu « une nette progression des appels traités » cette année, a indiqué à l’AFP Murielle Cortot Magal, directrice générale de l’association EPE-IDF (École des parents et des éducateurs d’Île-de-France), qui gère cette plateforme téléphonique.

Cette année, le numéro a enregistré 22 000 appels jusqu’à septembre 2022, contre 17 000 sur l’ensemble de l’année 2021. Les cas traités émanant majoritairement de parents, avec un fort taux d’appels pour des élèves de CM1, CM2, 6e et 5e.

https://www.huffingtonpost.fr/life/article/cyberharcelement-chez-les-jeunes-49-des-victimes-ont-deja-pense-au-suicide_210003.html

lundi 7 novembre 2022

MANIFESTATION 6/12/22 Bellegarde (01) Ciné-débat sur la prévention du risque suicidaire chez la personne âgée

Ciné-débat sur la prévention du risque suicidaire chez la personne âgée
"Du désespoir à l’espoir : un chemin possible"
A la suite, échange avec les professionnels de la Cellule de Prévention des Situations de Détresse de la personne âgée
Le 6/12 de 14h à 17h au cinéma les Variétés à Bellegarde sur Valserine.
42 Rue de la République, 01200 Bellegarde

Entrée gratuite, sans réservation préalable.

 Pour tout renseignement : 04 50 48 71 64

 Affiche 

CANADA PRATIQUE PROFESSIONNELLE Présentation de Dr Yvan Pelletier sur l'urgence de l'Hôpital en santé mentale Albert Prévost et l'évaluation des idées suicidaires à l'urgence

Évaluation du risque suicidaire à l'urgence

 6 nov. 2022

 

Présentation de Dr Yvan Pelletier sur l'urgence de l'Hôpital en santé mentale Albert Prévost et l'évaluation des idées suicidaires à l'urgence

TEMOIGNAGE "Quand tu es en dépression, savoir qu’il y a des mains tendues, ça fait un bien fou" Le témoignage poignant d’une ado azuréenne

"Quand tu es en dépression, savoir qu’il y a des mains tendues, ça fait un bien fou" Le témoignage poignant d’une ado azuréenne

En France, un quart des 16-24 ans se déclarent malheureux, selon une récente enquête Opinion way pour le Psychodon. Plus préoccupant, 24 % des jeunes de cette tranche d’âge disent avoir des pensées suicidaires. Derrière ces données se cache une forêt de réalités différentes, intimes. Dont celle de Lola, 16 ans. Depuis deux ans, cette adolescente azuréenne est en proie à la dépression, aux conduites suicidaires, à des troubles alimentaires. Avec sa mère, Maud, elle a choisi de mettre des mots sur ce qu’elle traverse et de les partager. Ensemble, elles aimeraient briser le tabou de la santé mentale, apaiser celles et ceux que ce mal-être isole, mais aussi chercher des solutions.

Aurélie Selvi - aselvi@nicematin.fr Publié le 06/11/2022https://www.varmatin.com*
recit
Une jeune azuréenne de 16 ans raconte le douloureux chemin pour sortir de la dépression. Aurélie Selvi

Elles sont assises côte-à-côte dans le salon familial, décoré aux couleurs d’Halloween. Lola, 16 ans, sweat shirt large, longs cheveux bruns ondulés, visage angélique, regard doux et perçant à la fois. Maud, la quarantaine, sourire franc, affable, robe printanière pour un après-midi d’automne version été indien.

"Aujourd’hui, on est sur un gros coup de mou. Parce que je pense à la rentrée de lundi. Et rien que de m’imaginer devant le lycée, je ne peux pas", glisse Lola, élève de première, qui fêtait il y a deux soirs Halloween avec ses copines et profitait alors d’une parenthèse de légèreté.

Ces montagnes russes émotionnelles, voilà deux ans que la jeune fille, frappée par la dépression avec trouble du comportement alimentaire et conduite suicidaire, cohabite avec. Sous le regard de sa mère, elle tient à expliquer, retracer. Sans néanmoins trop s’exposer. Pour cette raison, son prénom et celui de sa mère ont été changés.


L’élément déclencheur

"J’ai toujours été anxieuse. Petite, j’avais des TOC, peur des catastrophes, peur que quelqu’un meurt… La dépression, c’est depuis 2 ans à peu près. Tout a commencé quand on m’a détecté un zona, une maladie chronique très douloureuse. Le médecin m’a d’abord dit que ça passerait en une semaine. Puis le délai s’est allongé", explique la jeune fille.

Peu de temps après ce diagnostic, Lola commence à noter dans son téléphone "des petits trucs" qu’elle ressent et qui lui semblent inhabituels: "épuisement", "flemme et procrastination", "moins faim", "peur d’être seule", "perte de concentration", "se mordre les lèvres" ou encore "peur d’embêter tout le monde quand j’ai besoin d’aide"...

Jusqu’alors très active, passionnée par la gym, investie dans la protection de l’environnement, intéressée par le développement personnel, Lola commence à se recroqueviller. Elle explique: 

"Je me suis rendue compte qu’il y avait un problème quand j’ai commencé à ne plus avoir d’espoir que ça puisse aller mieux"

Trois mois après le diagnostic de sa maladie chronique, des idées suicidaires s’invitent dans sa tête, sans pour autant la surprendre. Sa "première TS" (tentative de suicide), la jeune fille confie la faire "uniquement pour que la douleur s’arrête, pas dans une envie déterminée d’arrêter de vivre". Lola en fera plusieurs, en secret, sans rien en dire à sa famille "par peur de les inquiéter". Ce sont des amies à qui elle se confie qui iront voir la CPE du collège. Puis viendront les hospitalisations, plus ou moins longues, en hôpital pédiatrique…

Une réalité "difficile à comprendre"

C’est au cours de l’une de ces hospitalisations en urgence que les mots sont posés par les soignants: "dépression", "TCA" (troubles des conduites alimentaires). "L’entendre de la bouche des médecins m’a fait quelque chose", se remémore Maud, la mère de Lola, qui fait face à une réalité qu’elle cherche toujours à comprendre, sans jamais nier le mal-être de sa fille.

"La dépression, personne dans mon entourage n’en avait souffert. De la voir perdre sa joie de vivre, plus envie de lire, plus envie de rien, je n’ai pas compris", Maud, mère de Lola 

"Ce qui est difficile, c’est justement d’accepter de ne pas comprendre. Le plus dur, ce sont les idées suicidaires, la peur qu’elle passe à l’acte, la peur de la perdre", ajoute la maman, gorge serrée.

"La dépression, ça met tout de côté. Les passions d’avant, c’est pas que tu ne les aimes plus mais elles ne déclenchent plus la flamme en toi. Tu deviens neutre, comme indifférent à tout ça", explique l’adolescente.

Peu à peu, Lola et Maud acceptent une réalité: celle des méandres de la maladie mentale. "On parle ici d’alchimie du cerveau, pas d’une jambe cassée à réparer", note la mère, qui reste convaincue que sa fille va s’en sortir. Tous ces moments passés auprès d’elle à l’hôpital, pour des séjours plus ou moins longs, ont aussi ouvert Maud à des questionnements sur la prise en charge de la santé mentale des jeunes.

"Créer une vraie parenthèse de quiétude"

"De manière générale, je trouve que la réponse donnée aujourd’hui par les institutions à ce mal-être est essentiellement médicamenteuse. OK mais cela ne peut pas être que ça, pointe Maud. Dans un monde idéal, je pense que ces jeunes devraient être pris en charge dans un lieu totalement neutre, qui ne ressemble pas à une chambre d’hôpital, qui s’apparente à une vraie parenthèse et leur permette de faire une vraie pause. Quand je vois les copines qu’a rencontrées Lola à l’hôpital qui mentent à leur psy, qui s’ennuient toute la journée dans un lit, je me dis que ces jeunes en souffrance ont besoin plus que tout d’être écoutés, entendus, de vider leur sac dans un lieu de quiétude qui les protège", plaide cette mère de famille, qui précise "partager un ressenti de maman" sans aucune envie de tirer à boulet rouge sur le lieu où sa fille est suivie.

 De ces passages à l’hôpital, Lola retient surtout ces rencontres "qui font du bien" avec des enfants de son âge qui traversent la même réalité.

"Dans la maladie, tu te sens vraiment seule, c’est même l’un des principaux symptômes", Lola, 16 ans

Le plus important à ses yeux: se savoir entourée: "Quand tu es en dépression, savoir qu’il y a des mains tendues, même si tu ne les prends pas, ça fait un bien fou".

"La dépression, ça met tout de côté", Lola (le prénom a été changé), 16 ans. Aurélie Selvi.

Briser le tabou de la santé mentale des jeunes

Au-delà de son cas personnel, Lola constate aussi que l’anxiété est très présente dans la vie de ses copines et porte un regard lucide sur sa génération.

"Ce qui nous stresse le plus? Les cours, toujours les cours. Personnellement, je me suis mis la pression dès le collège, même si j’ai toujours eu de bons résultats. On sent qu’on entre dans la cour des grands, qu’il faut assurer. Puis au lycée, tu dois choisir tes spécialités, ton orientation avec Parcours sup… C’est beaucoup", glisse-t-elle.

Dans son entourage, d’autres camarades sont concernés par la dépression. Toujours sur le fil, Lola confie, quant à elle, ne pas perdre espoir.

"A un moment, ça ira mieux. Il faut être patient, c’est bateau, mais c’est vraiment ça. D’ici là, j’essaie maintenant juste de m’appliquer une chose : ne jamais prendre de décision quand ça va mal mais en parler", Lola, 16 ans

En témoignant aujourd’hui, la jeune fille et sa mère tiennent surtout à envoyer un message aux jeunes touchés comme aux personnes qui les entourent: "la dépression, ce n’est pas une honte mais une vraie maladie, complexe et difficile à vivre! Il faut l'accepter, en parler, y compris quand on est l’aidant", lance la mère.

Lola rebondit:  "et cette maladie ne nous définit pas! Si y a bien un truc qui m’énerve, c’est qu’on dise que je suis dépressive. Non, je souffre de dépression mais je ne suis pas que ça, je suis plein d’autres choses". Assise à ses côtés, Maud renchérit: "tu es une sœur, une cousine, une amie sur qui on peut compter, une bonne élève..." "La maman de 6 poissons et d’un hamster", rigole Lola. "Une gymnaste, une personne engagée… Tu es Lola", conclut sa mère.

https://www.varmatin.com/psycho/quand-tu-es-en-depression-savoir-quil-y-a-des-mains-tendues-ca-fait-un-bien-fou-le-temoignage-poignant-dune-ado-azureenne-805425
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