jeudi 12 mars 2026

ETUDE RECHERCHE SUEDE Différences liées au sexe dans le risque familial et les composantes génétiques des tentatives de suicide : une étude de cohorte basée sur un registre en Suède

Les intentions suicidaires chez les parentes au premier degré pourraient augmenter le risque de suicide chez les femmes. 

D’après article 11 mars 2026https://scienmag.com/*  Suicidal Intentions in First-Degree Female Relatives Could Elevate Women’s Risk of Suicide

Une étude de cohorte populationnelle novatrice, récemment publiée dans le BMJ Mental Health, met en lumière des nuances complexes, liées au sexe, dans les fondements familiaux et génétiques des tentatives de suicide. Cette vaste étude suédoise, basée sur des registres, révèle que si l'hérédité génétique contribue de manière significative au risque de tentative de suicide chez les deux sexes, la plus forte incidence chez les femmes ne peut s'expliquer uniquement par des facteurs génétiques, ce qui souligne le rôle crucial des influences environnementales et sociales spécifiques au sexe.

Chaque année, près de 700 000 personnes se suicident dans le monde, et des différences persistantes et bien documentées existent entre les hommes et les femmes : les hommes ont tendance à mourir plus fréquemment par suicide, tandis que les femmes ont environ deux fois plus de risques de faire une tentative de suicide. Malgré la reconnaissance des facteurs génétiques impliqués dans le risque suicidaire, ceux-ci n’expliquent pas entièrement ces disparités marquées entre les sexes. Cette étude examine rigoureusement l’interaction entre la génétique et l’environnement familial partagé grâce à une analyse approfondie de plus de trois millions d’individus nés en Suède entre 1963 et 1998, intégrant des données sur les hospitalisations, les diagnostics psychiatriques et la mortalité sur plusieurs décennies.

Les chercheurs ont utilisé un cadre longitudinal pour suivre des individus de l'âge de 10 ans jusqu'à l'âge adulte, en garantissant un âge minimum de 21 ans à la fin de 2019, ce qui a permis d'établir un profil de risque longitudinal complet. La composition de la cohorte était équilibrée entre les sexes, avec des différences minimes dans la répartition par âge, permettant des analyses comparatives précises selon le sexe. Au sein de cette vaste population, environ 3 % ont fait au moins une tentative de suicide, les femmes représentant 55 % de ce sous-groupe, confirmant ainsi les différences entre les sexes observées précédemment dans les comportements suicidaires.

L'évaluation du risque familial révèle un constat particulièrement marquant : les tentatives de suicide se concentrent fortement au sein des familles proches. Les dyades mère-enfant présentent un risque plus de trois fois supérieur si la mère a des antécédents de tentatives de suicide, ce qui souligne la transmission potentielle du risque par des voies à la fois génétiques et environnementales. L'analyse des paires de liens de parenté – frères et sœurs germains, demi-frères et sœurs, et parents et enfants – met en lumière les variations du risque familial, important chez les apparentés au premier degré et atténué chez les apparentés au deuxième degré, conformément aux schémas de partage génétique attendus.

De façon surprenante, l'étude révèle des risques accrus au sein des relations familiales entre personnes de même sexe. Les paires de sœurs présentent un risque presque quatre fois plus élevé, un niveau seulement dépassé par les paires mère-fille et sœur-sœur, comparativement aux paires père-fils ou frère-frère. Cette agrégation familiale liée au sexe suggère des interactions complexes entre la vulnérabilité génétique et des facteurs environnementaux ou sociaux spécifiques au sexe, qui potentialisent les risques de tentative de suicide chez les femmes au sein des familles.

Pour quantifier les contributions respectives des facteurs génétiques et environnementaux, les auteurs ont utilisé des modèles sophistiqués sur un sous-ensemble de paires de frères et sœurs germains et demi-frères et sœurs par alliance. Leur analyse confirme une héritabilité d'environ 42 % pour les tentatives de suicide, constante chez les deux sexes, mettant en lumière une architecture génétique significative sous-jacente au comportement suicidaire. L'environnement familial partagé explique une proportion plus faible, mais statistiquement significative (environ 4 %), soulignant que, bien qu'influents, les facteurs familiaux sont secondaires par rapport aux facteurs génétiques dans la transmission du risque suicidaire.

Les comorbidités psychiatriques se sont révélées être des médiateurs cruciaux dans les tentatives de suicide : 76 % des personnes ayant tenté de se suicider présentaient des troubles psychiatriques documentés, contre seulement 15 % chez celles n’ayant pas fait de tentative. Il est à noter que les troubles psychiatriques étaient plus fréquents chez les femmes ayant tenté de se suicider, en particulier les troubles liés à l’usage de substances, qui présentaient les associations génétiques les plus fortes. Ces résultats confortent l’idée que les maladies psychiatriques, notamment les troubles liés à l’usage de substances, constituent d’importants endophénotypes qui, en convergeant avec une prédisposition génétique, augmentent le risque suicidaire.

Bien que exhaustive, cette étude demeure observationnelle, ce qui limite les inférences causales. De plus, son champ d'application géographique et démographique, restreint aux jeunes Suédois, peut limiter la généralisation des résultats à des populations plus larges et plus diversifiées. Néanmoins, la description détaillée des regroupements familiaux et de l'héritabilité spécifiques au sexe apporte des preuves convaincantes contre le déterminisme génétique comme unique facteur expliquant les différences entre les sexes en matière de comportements suicidaires.

Les auteurs préconisent un élargissement du programme de recherche, mettant l'accent sur les interactions hormonales, neurobiologiques et environnementales nuancées susceptibles de moduler différemment le risque entre les hommes et les femmes. Ils émettent l'hypothèse que le regroupement des tentatives de suicide selon le sexe au sein des familles pourrait être lié à des expositions environnementales communes et à des dynamiques socioculturelles qui nécessitent des investigations ciblées.

En conclusion, cette étude de registre à grande échelle met en lumière un modèle multifactoriel du risque de tentative de suicide, dans lequel la prédisposition génétique, bien que significative, ne suffit pas à expliquer les différences observées entre les sexes. L'importance accrue des interactions gène-environnement, notamment celles agissant de manière spécifique au sexe, ouvre des perspectives essentielles pour l'élaboration de stratégies de prévention adaptées. Ces approches doivent intégrer les dimensions biologiques, psychologiques et sociales afin de mieux atténuer le risque de suicide et de réduire le fardeau disproportionné que représentent les tentatives de suicide pour les femmes.

Cette étude marquante inaugure une nouvelle ère dans la recherche sur le suicide, soulignant l'impératif de décrypter l'imbrication complexe des facteurs génétiques et environnementaux au sein des systèmes familiaux et selon le sexe. Seule cette approche intégrative permettra d'affiner les interventions cliniques et les politiques de santé publique afin de répondre aux besoins hétérogènes des personnes vulnérables au suicide.

Article Title: Sex differences in familial risk and genetic components of suicide attempts: a register-based cohort study in Sweden
News Publication Date: 10-Mar-2026
Web References: http://dx.doi.org/10.1136/bmjment-2025-302082
Keywords: Suicide, Substance abuse, Genetic disorders, Gender studies, Social psychology


Source https://scienmag.com/suicidal-intentions-in-first-degree-female-relatives-could-elevate-womens-risk-of-suicide/ 

« Je veux que notre histoire serve à d’autres parents »… Un père raconte la crise suicidaire de sa fille adolescente

« Je veux que notre histoire serve à d’autres parents »… Un père raconte la crise suicidaire de sa fille adolescente

santé mentale•Dans son roman graphique « Le Passage », Mathieu Persan raconte le choc, la peur et la culpabilité d’un père face à la profonde dépression de sa fille de 15 ans

Lise Abou Mansour, Publié le 11/03/2026 

 «Une déflagration ». Lorsque Mathieu Persan, illustrateur et auteur, a appris que sa fille âgée de 15 ans traversait une crise suicidaire, il est resté sidéré. Abasourdi. Mais surtout, transi de peur. Effrayé par l’idée que son enfant, aspiré dans un gouffre de tristesse, ne s’ôte la vie. Dans son roman graphique Le passage (Editions Hachette), en librairie ce mercredi, le quadragénaire raconte son histoire (l’interview vidéo est à retrouver en tête de cet article). Celle d’un père démuni face à la profonde dépression de sa fille. Celle d’un couple qui se démène pour que son ado soit prise en charge dans une structure adaptée. Celle d’une enfant en souffrance qui se bat contre le mal qui la ronge.

Si Mathieu Persan souhaitait écrire le livre à quatre mains avec sa fille, il l’a finalement écrit seul, après de longues conservations avec elle afin de s’approcher au mieux de la réalité. Résultat : un roman graphique rempli de métaphores et de phrases poétiques retranscrivant très justement les pensées d’une personne souffrant de dépression et celles d’un père désemparé mais déterminé à aider son enfant.

La culpabilité d’un père

Dans son roman, l’auteur compare cette maladie à une pieuvre. Une pieuvre qui prend tout chez sa fille. Son énergie. Ses envies. Ses amis. Son sourire. Sa légèreté. Ses rêves. « On parle souvent de la dépression dans la société, de la tristesse et du manque d’énergie qu’elle engendre, mais je ne pensais pas que cette maladie pouvait à ce point annihiler la vie », reconnaît le père de deux enfants.

Tout au long du récit, Mathieu Persan aborde la question de la culpabilité. Celle de sa fille, qui ne comprend pas pourquoi elle est « si triste » alors qu’elle a « tout » pour être heureuse et se sait « privilégiée ». Mais aussi la sienne. « Je n’ai rien vu et pourtant j’étais aux premières loges, se désole-t-il. Chez un adolescent, beaucoup de comportements nous semblent normaux, comme le fait de ne pas ranger sa chambre ou de passer beaucoup de temps sur les écrans. Mais cette attitude peut être le symptôme de quelque chose de plus grave. »

Les droits reversés à des associations

Le père de famille a décidé d’écrire cet ouvrage pour que son expérience puisse servir à d’autres parents. « J’avais la sensation de vivre quelque chose de grave et de très marquant et je n’avais pas de repères culturels sur lesquels m’appuyer. Quand vous vivez une rupture amoureuse, il y a plein de films et de livres qui en parlent. C’est la même chose pour n’importe quel drame de la vie. Mais quand un parent a peur pour son enfant et que son enfant est en prise à la dépression, je n’avais pas de référence. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu raconter mon histoire. »

Tous les droits d’auteur du livre seront versés à des associations qui œuvrent pour la santé mentale. Car l’auteur déplore le « peu de services, de cliniques, de places » et les « mois d’attente » afin d’être pris en charge, alors que la santé mentale est, pour la deuxième année consécutive, la grande cause nationale de 2026.

L’interview vidéo est à retrouver en tête de cet article.

Si vous ressentez des idées suicidaires ou êtes proche d’une personne qui en a, vous pouvez appeler le numéro national Souffrance et Prévention du Suicide au 31 14 (écoute gratuite et confidentielle 24h/24 et 7 J/7).

https://www.20minutes.fr/societe/4205309-20260311-veux-histoire-serve-autres-parents-pere-raconte-crise-suicidaire-fille-adolescente?

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Nouveauté
Le Passage Mathieu Persan
11/03/2026


Elle. Depuis quelques semaines, elle a du mal à se lever. Le noir l’aspire petit à petit. Elle a 15 ans, la vie devant elle. Mais la vie est devenue un fardeau trop lourd à porter.
Lui. C’est son père. Au début, il a mis ça sur le compte de l’adolescence. Depuis ses 15 ans à lui, tout a tellement changé. La planète, Internet, les réseaux sociaux… Le monde qu’il croyait un peu comprendre lui échappe, et ses certitudes aussi.
Lui, c’est moi. Elle, c’est ma fille. Ce livre est l’histoire d’une famille frappée par la dépression adolescente. Le passage est notre récit à deux voix. Ce sont mes mots et mes images, et ceux que j’ai choisis pour elle, avec son accord, pour témoigner.
Avec sincérité, sensibilité, mais aussi humour et poésie, Mathieu Persan nous offre un regard essentiel et sans fard sur la santé mentale des jeunes.

Tous les droits d'auteur de ce livre seront reversés à des associations œuvrant pour la santé mentale des jeunes.

https://www.hachette-pratique.com/livre/le-passage-9782017251071/ 

lundi 9 mars 2026

ETUDE RECHERCHE USA la solitude pourrait jouer un rôle clé dans l’apparition des idées suicidaires

Solitude: ce facteur invisible qui pourrait déclencher les idées suicidaires
Sarah Jaoui  6 mars 2026 https://www.mieuxvivre.ma/*

Une étude publiée dans la revue scientifique JAMA révèle que la solitude pourrait jouer un rôle clé dans l’apparition des idées suicidaires. En amplifiant les effets de l’anxiété et de la dépression, le sentiment d’isolement apparaîtrait comme un facteur psychologique majeur, longtemps sous-estimé par la recherche.

La solitude est souvent décrite comme un sentiment banal, presque anodin. Beaucoup de personnes disent s’être déjà senties seules à un moment de leur vie, sans que cela ne paraisse alarmant. Pourtant, la recherche scientifique commence à montrer que ce ressenti pourrait jouer un rôle beaucoup plus profond dans la santé mentale. Une étude publiée le 4 mars dans la revue scientifique JAMA Network Open suggère en effet que la solitude pourrait constituer un facteur clé dans l’apparition des idées suicidaires.

Selon les chercheurs, l’isolement social ne serait pas seulement une conséquence des troubles psychologiques comme l’anxiété ou la dépression. Il pourrait aussi agir comme un mécanisme intermédiaire, renforçant progressivement la détresse mentale jusqu’à favoriser l’émergence de pensées suicidaires. Cette hypothèse vient éclairer un phénomène que de nombreux spécialistes observent depuis plusieurs années : la solitude semble s’imposer comme un enjeu majeur de santé publique dans les sociétés contemporaines.

Une étude menée sur plus de 62 000 personnes

Pour comprendre ce phénomène, les chercheurs ont analysé les données de plus de 62 000 adultes participant au programme de recherche américain All of Us, une vaste initiative scientifique lancée par les National Institutes of Health. Les participants ont répondu à plusieurs questionnaires évaluant leur état de santé mentale, notamment leurs symptômes d’anxiété, de dépression, leur niveau de solitude et la présence éventuelle d’idées suicidaires.

Les résultats montrent que ces quatre dimensions sont étroitement liées. Les personnes présentant davantage de symptômes anxieux ou dépressifs rapportaient plus souvent des pensées suicidaires. Mais surtout, les analyses statistiques ont mis en évidence un rôle particulier du sentiment de solitude. Celui-ci apparaît comme un facteur qui relie ces troubles psychologiques aux idées suicidaires, en amplifiant progressivement leur impact.

Autrement dit, l’anxiété ou la dépression peuvent conduire certaines personnes à se replier sur elles-mêmes, à éviter les interactions sociales ou à se sentir incomprises par leur entourage. Ce retrait social nourrit alors un sentiment d’isolement qui, à son tour, peut intensifier la détresse psychologique et augmenter le risque de pensées suicidaires.


Un mécanisme psychologique progressif

Ce phénomène ne se produit généralement pas de manière brutale. Il s’inscrit plutôt dans un processus progressif. Les troubles anxieux peuvent rendre certaines situations sociales difficiles à vivre : parler en public, rencontrer de nouvelles personnes ou même maintenir des interactions quotidiennes peut devenir source de stress. La personne peut alors réduire peu à peu ses contacts sociaux.

La dépression, de son côté, s’accompagne souvent d’une perte d’intérêt pour les activités habituelles et d’un sentiment de fatigue émotionnelle. Les personnes concernées peuvent se sentir détachées du monde qui les entoure, avoir l’impression de ne plus trouver leur place dans les relations sociales ou se persuader qu’elles constituent un fardeau pour les autres.

Dans ces conditions, la solitude ne se limite pas à l’absence de relations. Elle devient un ressenti intérieur, parfois même lorsque la personne n’est pas réellement isolée. Ce sentiment d’être seul face à ses difficultés peut alors renforcer les pensées négatives et la détresse psychologique.

Une «épidémie de solitude» dans les sociétés modernes

Les résultats de l’étude s’inscrivent dans un débat plus large sur la montée de la solitude dans de nombreux pays. Aux États-Unis, l’ancien Surgeon General Vivek Murthy avait déjà alerté en 2023 sur ce qu’il qualifiait d’« épidémie de solitude ». Selon plusieurs enquêtes, une part croissante de la population déclare se sentir régulièrement isolée ou manquer de relations sociales significatives.

Plusieurs facteurs sont souvent évoqués pour expliquer cette évolution. Les transformations du travail, l’urbanisation, l’individualisation des modes de vie ou encore l’usage intensif des technologies numériques peuvent réduire les interactions sociales directes. Les réseaux sociaux permettent certes de rester connectés, mais ils ne remplacent pas toujours les relations humaines profondes. 

La pandémie de Covid-19 a également contribué à accentuer cette tendance dans certaines populations. Les périodes de confinement et la réduction des contacts sociaux ont pu fragiliser les liens relationnels, notamment chez les personnes déjà vulnérables sur le plan psychologique.

Pourquoi la solitude peut affecter la santé mentale

Les chercheurs avancent plusieurs pistes pour expliquer pourquoi la solitude pourrait influencer les pensées suicidaires. Sur le plan psychologique, le manque de relations de soutien peut réduire la capacité à faire face aux difficultés de la vie. Les interactions sociales jouent en effet un rôle important dans la régulation des émotions et dans la construction du sentiment d’appartenance.

Lorsqu’une personne se sent isolée, elle peut avoir l’impression que personne ne comprend ce qu’elle traverse. Cette perception peut renforcer des pensées négatives sur soi-même, alimenter un sentiment de désespoir et accentuer la perception d’un avenir sans issue.

Certaines études suggèrent également que la solitude pourrait avoir des effets biologiques. Elle serait associée à des modifications du système immunitaire et à une augmentation de certains marqueurs inflammatoires. Ces processus physiologiques pourraient influencer le fonctionnement du cerveau et contribuer à l’apparition de troubles psychologiques.


Un facteur souvent négligé dans la prévention

Traditionnellement, la prévention du suicide s’est surtout concentrée sur le traitement des troubles psychiatriques, notamment la dépression et l’anxiété. Les approches thérapeutiques incluent généralement la psychothérapie, les traitements médicamenteux ou des programmes de soutien psychologique.

Les résultats de la nouvelle étude suggèrent toutefois que la solitude pourrait constituer une cible complémentaire pour les stratégies de prévention. Renforcer les liens sociaux, encourager les activités collectives ou développer des réseaux de soutien pourraient contribuer à réduire une partie du risque.

Cela ne signifie pas que la solitude soit la seule cause des pensées suicidaires. Les chercheurs rappellent que ces phénomènes sont complexes et multifactoriels. De nombreux éléments peuvent intervenir, notamment les conditions de vie, les traumatismes, les difficultés économiques ou les problèmes de santé mentale.

Cependant, la prise en compte du sentiment d’isolement pourrait permettre d’identifier plus tôt certaines situations de vulnérabilité et d’agir avant que la détresse ne s’aggrave.


Les limites de l’étude

Comme toute recherche scientifique, cette étude comporte certaines limites. Les données analysées reposent sur des questionnaires remplis par les participants à un moment donné, ce qui ne permet pas d’établir avec certitude une relation de cause à effet. Il est donc possible que les liens entre solitude, troubles psychologiques et idées suicidaires soient plus complexes qu’ils n’apparaissent dans les analyses.

Par ailleurs, l’échantillon étudié est principalement composé d’adultes américains ayant volontairement participé au programme de recherche. Les résultats ne peuvent donc pas être automatiquement généralisés à l’ensemble de la population mondiale.

Malgré ces limites, l’étude apporte un éclairage important sur la manière dont les différents facteurs psychologiques peuvent s’entrelacer dans l’apparition des idées suicidaires.


Repenser la place des liens sociaux

Au-delà de ses résultats scientifiques, cette recherche invite à réfléchir plus largement au rôle des relations humaines dans la santé mentale. Les liens sociaux ne se limitent pas à un simple aspect de la vie quotidienne : ils constituent un élément fondamental du bien-être psychologique. 

Se sentir compris, soutenu et intégré dans un réseau de relations peut agir comme un facteur protecteur face aux difficultés de la vie. À l’inverse, le sentiment d’isolement peut fragiliser les individus et rendre plus difficile la gestion des épreuves.

Dans un monde où les interactions sociales évoluent rapidement, ces questions prennent une importance croissante. La solitude, longtemps considérée comme une expérience individuelle, apparaît désormais comme un enjeu collectif qui concerne la santé publique.

Les chercheurs espèrent que leurs travaux encourageront de nouvelles initiatives visant à renforcer les liens sociaux et à lutter contre l’isolement. Car derrière les chiffres et les analyses statistiques, une réalité simple se dessine : le besoin de connexion humaine reste l’un des fondements essentiels de l’équilibre psychologique.

Solitude et idées suicidaires

La solitude peut-elle augmenter le risque d’idées suicidaires?
Oui. Plusieurs études scientifiques montrent que la solitude est associée à un risque plus élevé d’idées suicidaires. Le sentiment d’isolement peut intensifier la détresse psychologique et renforcer les effets de troubles comme l’anxiété ou la dépression.

Pourquoi la solitude affecte-t-elle la santé mentale?
La solitude peut réduire le sentiment d’appartenance et de soutien social. Or, les relations humaines jouent un rôle important dans la régulation des émotions. Lorsqu’une personne se sent isolée, elle peut avoir davantage de pensées négatives et se sentir seule face à ses difficultés.

Quel lien existe entre anxiété, dépression et solitude?
L’anxiété et la dépression peuvent entraîner un retrait social. Les personnes concernées peuvent éviter certaines interactions ou perdre l’envie de participer à des activités sociales. Ce retrait peut renforcer la solitude, qui à son tour aggrave la détresse psychologique.

La solitude est-elle devenue un problème de santé publique?
Oui, de nombreux chercheurs et institutions de santé considèrent aujourd’hui la solitude comme un enjeu majeur de santé publique. Dans plusieurs pays, les études montrent qu’une part importante de la population se sent régulièrement isolée, ce qui peut avoir des conséquences sur la santé mentale et physique.

Comment lutter contre le sentiment de solitude?
Renforcer les liens sociaux est l’une des stratégies les plus efficaces. Participer à des activités collectives, maintenir des relations régulières avec ses proches ou s’engager dans des associations peut aider à réduire le sentiment d’isolement et à améliorer le bien-être psychologique.


Source scientifique

Musacchio Schafer K., Franklin J., Embí P.J., Walsh C.G. Loneliness, Anxiety Symptoms, Depressive Symptoms, and Suicidal Ideation in the All of Us Dataset. JAMA Network Open, publié le 4 mars 2026. DOI : 10.1001/jamanetworkopen.2026.0596.
 

jeudi 5 mars 2026

AVIS CRITIQUES DEBATS USA Un pédopsychiatre réfléchit à l'importance pour les adolescents d'agir rapidement lorsqu'ils pensent qu'un de leurs pairs pourrait se faire du mal.

"Je suis médecin. Voici la vérité surprenante sur les suicides chez les adolescents"

Un pédopsychiatre réfléchit à l'importance pour les adolescents d'agir rapidement lorsqu'ils pensent qu'un de leurs pairs pourrait se faire du mal. 

D'apres   I’m a doctor. This is the surprising truth about teen suicides   5:00 AM Author |Jessica Pierce, M.D., M.Sc.
https://www.nature.com/*

 Cela se passe discrètement, souvent tard dans la nuit, à la lueur d'un smartphone.

Parfois, le message est clair : une déclaration concernant une overdose ou une photo d'un flacon de médicaments vide posé à côté d'une lettre d'adieu.

Parfois, le signal est plus subtil : des excuses vagues ou une expression de gratitude écrite au passé.

Un enfant fait un pas vers le suicide et un autre se débat pour trouver comment réagir à l'autre bout du fil.

En tant que pédopsychiatre évaluant des patients en crise dans un hôpital pédiatrique très fréquenté, je suis alarmé par ce scénario de plus en plus courant.

Il y a quelque temps, une mère désemparée dans l'unité de soins intensifs m'a demandé à plusieurs reprises, en larmes : « Et si elle n'était pas venue ? »

Son fils a fait une overdose tard dans la nuit, a envoyé un SMS à un ami après coup, puis a cessé de répondre.

L'ami a essayé d'appeler ses parents, mais leurs téléphones étaient éteints.

Elle a alors réveillé son propre père et a insisté pour qu'ils se rendent en voiture au domicile du garçon.

Il a dû être intubé et dialysé, mais s'est complètement rétabli.

Dans un autre cas stupéfiant, une collégienne a envoyé un message à une amie via une plateforme de jeux vidéo alors qu'elle avalait un flacon de pilules.

Son amie, qu'elle ne connaissait que par Internet et qui vivait à plusieurs États de là, a fouillé l'historique des conversations pour trouver des informations permettant de l'identifier et a appelé la police locale.

Lorsque les parents de la jeune fille ont été réveillés par un policier qui frappait à la porte, leur fille était déjà inconsciente sur le sol.

Ces histoires sont remarquables, mais malheureusement pas rares. Aux États-Unis, toutes les 36,8 secondes, un adolescent tente de se suicider sans y parvenir.

Le nombre de tentatives de suicide graves sur le plan médical nécessitant un traitement dans une unité de soins intensifs pédiatriques a doublé entre 2009 et 2017.

Malheureusement, le suicide est la deuxième cause de décès chez les jeunes Américains âgés de 10 à 24 ans.

Ces chiffres ne révèlent pas un élément essentiel qui mérite notre attention : les enfants à l'autre bout du fil. Que doit faire un adolescent lorsqu'il reçoit un message de détresse ?

Pour un enfant qui consulte les réseaux sociaux deux heures après l'heure à laquelle il devrait être couché, le calcul est complexe.

Peut-être ai-je mal interprété le message. Peut-être que quelqu'un d'autre fera quelque chose. Dois-je appeler ses parents ? Peut-être devrais-je réveiller mes propres parents. Seront-ils contrariés ? Peut-être devrais-je appeler le 911...

De plus, ils manœuvrent tout cela dans le contexte du contrat social tacite qui régit les relations entre adolescents.

Trahir la confiance n'est pas une mince affaire.

Ces enfants se retrouvent dans une situation inextricable, livrés à eux-mêmes pour évaluer les conséquences de leur décision : comment leur ami se sentirait-il s'ils le dénonçaient, et comment se porterait-il s'ils ne le faisaient pas ?

Ajoutez à cela les effets négatifs potentiels de la perte d'un camarade qui se suicide — développement d'une dépression, d'anxiété, d'un syndrome de stress post-traumatique, de pensées suicidaires et de remise en question de ses propres actions — et il est clair que ces décisions « que dois-je faire ? » peuvent avoir des conséquences durables pour toutes les personnes concernées.

Il ne s'agit pas ici de défendre la pratique consistant à laisser les jeunes se débrouiller entre eux dans des situations aussi graves, mais de souligner le fait que c'est déjà le cas.

Des études montrent que les jeunes se tournent vers leurs pairs plutôt que vers des professionnels pour obtenir de l'aide lors de crises de santé mentale.

Si certains amis font preuve d'un sang-froid et d'un jugement exceptionnels dans leur réaction, les recherches suggèrent que la majorité d'entre eux ne partagent pas leurs préoccupations avec un adulte et ne cherchent pas d'aide professionnelle.

La triste vérité est que j'ai également soigné à l'hôpital ces enfants, ces amis qui ont réagi – ou n'ont pas réagi – à un moment critique.

Le désespoir dans ces situations est accablant.

Même si nous affirmons avec force (et à juste titre) que les enfants ne devraient pas avoir la responsabilité de garder leurs amis en vie, le fait est que la crise nationale du suicide chez les jeunes pèse lourdement sur les épaules des plus jeunes membres de la société.

Nous avons besoin de recherches continues et d'investissements dans la santé publique pour prévenir le suicide chez les jeunes, notamment par le biais de stratégies innovantes adaptées à l'ère des réseaux sociaux.

Au niveau individuel, nous devons simplement parler davantage du suicide avec nos enfants.

En tant que pédopsychiatre et parent concerné, je pense que cette mesure s'apparente à la promotion du port de la ceinture de sécurité et du casque à vélo.

L'American Foundation for Suicide Preventionet la Kids Mental Health Foundation offrent des conseils utiles pour aborder ces discussions.

Parler du suicide ne donne pas d'idées et n'augmente pas le risque ; cela réduit la stigmatisation, encourage l'ouverture et sauve des vies.

Pour le bien des enfants à l'autre bout du fil, j'aimerais proposer une autre dimension à ces conversations.

Demandez à votre enfant ce qu'il ferait s'il recevait un message inquiétant ou s'il ne savait pas comment interpréter un SMS ou une publication.

Mettez en scène des scénarios qu'il peut gérer seul et des situations qui nécessitent l'intervention d'un adulte.

Assurez-leur que vous voulez être prévenu s'ils sont en détresse, quels que soient le moment et les circonstances.

Communiquez votre numéro de téléphone aux amis de vos enfants et encouragez les autres parents à faire de même.

Enregistrez le numéro 988 Suicide and Crisis Lifeline dans tous les téléphones.

En tant que médecin, je fonctionne selon une règle de bien-être mental : ne jamais s'inquiéter seul. Nous ne pouvons pas protéger nos enfants de manière absolue contre la douleur associée au suicide des jeunes.

Préparons-les au moins à reconnaître les moments où ils ne doivent pas s'inquiéter seuls.

L'enjeu est le bien-être des deux enfants de cette dyade regrettable. 

https://www.nature.com/articles/s44277-026-00057-0 


 

ETUDE RECHERCHE Insécurité affective, expériences négatives durant l'enfance et tendances suicidaires chez les adolescents français placés en institution : une étude différenciée selon le genre

Article Dans Une Revue
Attachment insecurity, adverse childhood experiences (ACEs), and suicidality in French residential-care adolescents: a gender-differentiated study

Résumé

Suicidality is alarmingly prevalent among adolescents placed in residential child welfare facilities, often as a consequence of early adverse childhood experiences (ACEs) and disrupted attachment relationships. Although these vulnerabilities are well established, the gender-specific mechanisms underlying suicidality in institutionalized youth remain poorly understood. Clarifying how trauma exposure and attachment insecurity interact with mental health symptoms is critical to inform targeted prevention. Methods In a cross-sectional study, 98 adolescents aged 12–17 years (54 girls, 44 boys; M = 14.34, SD = 2.08) living in French residential care completed validated self-report instruments assessing ACEs, attachment security, depressive and anxiety symptoms, and suicidality. Descriptive statistics, gender comparisons, and multivariate logistic regressions were used to identify predictors of suicidality, with all predictors standardized prior to entry. Results One-third of participants (33%) reported suicidal ideation or at least one suicide attempt. Emotional and physical abuse were the most frequent ACEs. Cumulative ACEs and attachment insecurity were independently associated with suicidality, and both correlated with heightened anxiety and depressive symptoms. Gender-stratified analyses showed that suicidality in girls was primarily linked to maternal alienation and emotional dysregulation, whereas in boys it was more strongly related to cumulative trauma exposure and depressive symptoms. Conclusions Findings highlight suicidality as a major concern in residential care and identify two complementary risk pathways: adversity-related and attachment‐related. Trauma-informed and attachment-based approaches—supported by systematic screening and the integration of mental health professionals within child welfare systems—may enhance early detection and individualized care. While contextualized in the French system, these mechanisms likely generalize across jurisdictions, underscoring the global need for gender-sensitive, relationally focused suicide prevention. 

Bronsard, Guillaume, Dissaux, Nolwenn, Bruneau, Nathalie, Diallo, Issaga, Sanchez, Mélanie, et al.. Attachment insecurity, adverse childhood experiences (ACEs), and suicidality in French residential-care adolescents: a gender-differentiated study. BMC Physiology, 2026, ⟨10.6084/m9.figshare.c.8251807.v1⟩. ⟨hal-05507212⟩ 

 Acces étude https://hal.science/hal-05507212v1 

ETUDE RECHERCHE ANGLETERRE Améliorer l'éducation et l'accompagnement des personnes autistes lors de leur passage à l'age adulte pourrait prévenir les suicides, selon les experts.

Améliorer l'éducation et l'accompagnement des personnes autistes lors de leur passage à l'age adulte pourrait prévenir les suicides, selon les experts.

03 Mar 2026 sur www.cam.ac.uk/*

Une nouvelle étude menée par une équipe des universités de Cambridge et de Bournemouth a révélé que le suicide chez les personnes autistes trouve son origine dans les inégalités auxquelles elles sont confrontées tout au long de leur vie, dès l'enfance, et qui englobent l'éducation, l'emploi, la santé et les services sociaux.

Les chercheurs appellent à un changement radical dans la façon dont la société appréhende le suicide et la maladie mentale chez les personnes autistes, qui ont trois à cinq fois plus de risques de mourir par suicide .

L'étude, publiée aujourd'hui dans eClinicalMedicine , a porté sur plus de 2 500 personnes autistes et leurs proches. Elle s'inscrit dans le cadre de la plus vaste enquête jamais réalisée sur le suicide chez les adultes autistes.

Historiquement, le suicide a été attribué à la maladie mentale, et cette dernière a souvent été perçue comme une conséquence inévitable et une composante inhérente à l'autisme. Ce discours situe la « maladie » chez l'individu, prise en charge par des interventions cliniques qui le soutiennent en situation de crise, plutôt que d'examiner et de traiter les facteurs sociétaux sous-jacents.

À l'inverse, les participants à cette étude ont clairement indiqué que les causes profondes des suicides chez les personnes autistes se trouvent dès l'enfance, en raison de diagnostics manqués et de systèmes éducatifs inadaptés aux élèves à besoins éducatifs particuliers. Ils ont souligné que les années scolaires sont à l'origine de nombreux problèmes ultérieurs.

Le professeur Sir Simon Baron-Cohen, chercheur principal et directeur du Centre de recherche sur l'autisme, a déclaré : « Les participants à notre étude ont mis en lumière la situation désespérée à laquelle sont confrontées de nombreuses personnes autistes et leurs familles au Royaume-Uni. Incomprises et non soutenues par le personnel, victimes de harcèlement scolaire, les personnes autistes ont expliqué que leurs expériences scolaires sont à l'origine de leurs pensées suicidaires ultérieures. Les parents d'enfants autistes ont décrit les menaces de poursuites judiciaires liées à l'absentéisme scolaire lorsque leurs enfants ne parvenaient pas à suivre le rythme des écoles ordinaires. »

Ces résultats sont alarmants compte tenu des réformes à venir concernant les besoins éducatifs particuliers (SEND), qui devraient entraîner la suppression des plans d'accompagnement personnalisés (EHCP) pour de nombreux élèves autistes, atteints de TDAH ou présentant des besoins éducatifs particuliers. On craint que cela ne prive de protections juridiques de nombreux enfants et parents vulnérables et n'impose des attentes irréalistes à des écoles sous-financées et à des enseignants insuffisamment formés pour accompagner ces élèves en milieu ordinaire.

Alors que de nombreux participants ont évoqué leurs années d'école comme source de leurs pensées suicidaires, d'autres ont souligné le sentiment d'« impuissance et de désespoir » que ressentent les personnes autistes en quittant le système éducatif. Elles font état d'un accompagnement insuffisant lors de la transition vers l'âge adulte, d'un manque de soutien communautaire, de systèmes de protection sociale et d'aide à l'emploi inadéquats, ainsi que de systèmes de santé inaccessibles et préjudiciables .

Les germes du suicide prospèrent dans une culture où les personnes autistes se sentent indésirables et non désirées, ont-ils déclaré.  

Les personnes autistes affichent le taux d'emploi le plus faible parmi les personnes handicapées : seulement 30 % d'entre elles occupent actuellement un emploi. Améliorer leur taux d'emploi est une priorité, compte tenu du rôle que les difficultés d'emploi et la pauvreté qui en découle ont joué dans leurs pensées suicidaires, selon les participants.

Au-delà de l'éducation et de l'emploi, les personnes autistes interrogées dans cette nouvelle étude ont été claires : enrayer la progression vers le suicide exige une vision à long terme et un engagement fort de la part du gouvernement. Parmi les éléments essentiels, citons l'engagement en faveur d'une stratégie pour l'autisme dotée de ressources adéquates et élaborée en concertation avec les acteurs concernés, comme le préconise la récente révision de la loi sur l'autisme .

La docteure Rachel Moseley, auteure principale de la nouvelle étude et chercheuse à l'Université de Bournemouth, a déclaré : « Nos participants autistes ayant des idées suicidaires ont exprimé leur désespoir face à l'attente interminable de soins de santé et d'aide sociale. Mais ce désespoir ne s'est pas installé du jour au lendemain. Il est le fruit d'une vie entière d'inégalités au sein d'une société qui ne protège ni ne soutient les personnes autistes. Il n'y aura jamais assez de soutien en situation de crise pour sauver toutes les personnes autistes ayant des idées suicidaires si nous ne parvenons pas à enrayer leur parcours. »

La Dre Carrie Allison, co-auteure de l'étude et directrice adjointe du Centre de recherche sur l'autisme, a déclaré : « Si nous considérons le suicide chez les personnes autistes comme un problème de société plutôt que comme un problème individuel, nous pouvons agir. Les suicides de personnes autistes sont inutiles et évitables. Nous exhortons le gouvernement à collaborer avec les personnes autistes et leurs alliés afin d'élaborer une stratégie intersectorielle pour les soutenir tout au long de leur vie. »

L’étude a été initié par charity Autism Action, dont la priorité absolue est la réduction du suicide chez les personnes autistes, et menée par le Centre de recherche sur l’autisme de l’Université de Cambridge, avec une équipe de projet comprenant des universitaires de l’Université de Bournemouth, de l’Université de Newcastle, de l’Université de Nottingham et de l’Université SOAS de Londres. 

Référence

Moseley, RL et al. "The best way we can stop suicides is by making lives worth living": a mixed-methods survey in the UK of perspectives on suicide prevention from the autism community. eClinMed; 3 Mar 2026; DOI: 10.1016/j.eclinm.2026.103793 

Source www.cam.ac.uk/research/news/improve-education-and-transitional-support-for-autistic-people-to-prevent-death-by-suicide-say 

ETUDE RECHERCHE SUEDE Les suicides dans la circulation routière

Research groups / Suicide and mental health lab – Vladimir Carli and Gergö Hadlaczky's group
Suicides in road traffic 

source https://ki.se 

Les suicides dans la circulation routière

Les mesures pouvant être prises pour prévenir les suicides dans la circulation routière constituent un domaine encore largement inexploré dans la littérature scientifique [1]. Ces suicides ne se produisent pas seulement lorsque des conducteurs provoquent intentionnellement un accident, mais aussi, par exemple, lorsque des piétons se retrouvent de différentes manières devant des véhicules ou sur la chaussée. On sait peu de choses sur les raisons et les méthodes utilisées, et sur la manière de les distinguer des accidents, ce qui est nécessaire pour concevoir et évaluer des interventions susceptibles de réduire les suicides dans la circulation routière, conformément à l'objectif intermédiaire du gouvernement de réduire de moitié le nombre de décès sur les routes d'ici 2030 [2]. 

Une première étape importante a été franchie depuis 2010, lorsque l'Administration suédoise des transports a déployé des efforts considérables pour mieux déterminer si les décès survenus dans la circulation routière étaient dus à un suicide, à un accident ou à des causes naturelles [3], ce qui a permis d'établir qu'environ 10 % des décès sur la route sont dus à un suicide [3, 4]. Grâce à sa collaboration avec Kenneth Svensson de l'Administration suédoise des transports, le NASP a désormais également accès à des extraits de la base de données Deep Study Client, qui contient de nombreux paramètres différents sur les décès survenus dans le cadre de la circulation routière en Suède entre 2010 et 2022, ainsi que des informations sur les tiers décédés dans ces incidents. 

Des recherches sont actuellement menées par la NASP afin de donner suite aux analyses précédentes [3] et de mieux comprendre ce qui distingue les suicides des accidents de la route, ainsi que les mesures qui ont été prises et celles qui pourraient encore être prises pour réduire en particulier les suicides sur la route.

References

[1] Okolie et al. 2020. Means restriction for the prevention of suicide on roads. Cochrane Database Syst Rev. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/32966589/
[2] Nollvisionen – tillsammans räddar vi liv. https://bransch.trafikverket.se/for-dig-i-branschen/samarbete-med-branschen/Samarbeten-for-trafiksakerhet/tillsammans-for-nollvisionen/
[3] Which deaths in road traffic are suicides? 2014. https://www.diva-portal.org/smash/get/diva2:1363428/FULLTEXT01.pdf
[4] Accident or suicide? Improvement in the classification of suicides among road traffic fatalities in Sweden by extended psychosocial investigations, during the years 2010-2019. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/35249619/

Contact

 

source https://ki.se/en/research/research-areas-centres-and-networks/research-groups/suicide-and-mental-health-lab-vladimir-carli-and-gergo-hadlaczkys-group/suicides-in-road-traffic 

JAPON mesures de prevention dans les transports

Le taux de suicides dans les gares de ce pays a nettement baissé, grâce à une idée simple et étonnante

2/03/26 https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/*
Par l’édition du soir.
Pour éviter que des gens ne se jettent sous les trains, les barrières ont fait leurs preuves. Mais la prévention peut aussi montrer des résultats, comme au Japon, où des compagnies mettent à profit les bénéfices de la lumière bleue pour apaiser les usagers.

Selon les plus récents chiffres de l’OCDE, datant de 2020, le Japon fait partie des pays les plus confrontés aux suicides. Cette année-là, l’archipel en avait déploré plus de quinze pour 100 000 habitants. De quoi occuper la cinquième place de ce triste classement dominé par la Corée du Sud.

Pour tenter de faire fléchir ces statistiques, l’État a pris plusieurs mesures. L’une d’elles vise à sécuriser les rails, aux abords des gares, régulièrement choisies par les victimes pour mettre fin à leurs jours. Des portiques anti-suicide ont par exemple été déployés. Cependant, installer des barrières et des portes sur chaque quai est vite apparu comme extrêmement coûteux, dans sur un territoire particulièrement bien maillé en liaisons ferroviaires.

Une couleur apaisante

Certaines compagnies misent plutôt sur la prévention, en installant des lumières bleues dans les stations. C’est la East Japan Railway qui a expérimenté cette technique en premier, en 2009. « Le bleu est considéré comme une couleur apaisante, associée au ciel et à la mer et ces lumières visaient à réconforter les personnes en détresse », explique Psychology Today .

Une baisse de 84 % en 10 ans

Ces Led ont été placées stratégiquement, aux extrémités des quais, souvent moins fréquentées et choisies par les personnes désespérées. Si l’ajustement peut sembler timide, il a pourtant permis d’obtenir des résultats significatifs. « Des chercheurs de l’Université de Tokyo ont constaté une diminution de 84 % des tentatives de suicides sur une période de 10 ans dans les stations équipées de ces lampes », poursuit le média spécialisé, se référant à la publication des scientifiques dans Journal of Affective Disorders .

« Les lumières LED bleues ne remplacent pas les mesures de sécurité plus importantes ; toutefois, elles témoignent d’une conviction croissante : le design influence les comportements, observe le site My Modern Met . En modulant la lumière et l’ambiance, les réseaux de transport en commun cherchent à rendre les espaces du quotidien plus rassurants et mieux maîtrisés. » Publiée en 2017, une étude montre comment la lumière bleue peut avoir des effets pour apaiser le stress plus rapidement qu’un signal blanc.

Si les Led ont montré leur efficacité, difficile d’évaluer leur impact sur les statistiques nationales au Japon. Le ministère japonais de la Santé, du Travail et des Affaires sociales note une amélioration, rapporte Nippon.com. Pour la première fois, le nombre de suicides est passé sous la barre des 20 000 en 2025, bien que la situation des adolescents reste très préoccupante, avec une hausse quasi constante des décès de collégiens et de lycéens depuis 2013. 

 https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2026-03-02/le-taux-de-suicides-dans-les-gares-de-ce-pays-a-nettement-baisse-grace-a-une-idee-simple-et-etonnante-8d475d1a-05e9-4cd1-9c22-44931168b975 

lundi 2 mars 2026

Dépression des plus de 83 ans : briser le silence en milieu rural de la Bigorre

Dépression des plus de 83 ans : briser le silence en milieu rural de la Bigorre  
A Vic en Bigorre la psychologue Karine Courtade reçoit beaucoup d'hommes isolés avec des polypathologies
Publié le vendredi 27 février 2026  https://www.francebleu.fr*

En milieu rural, la dépression des plus de 83 ans reste souvent invisible. Isolement, maladies chroniques et tabou autour du suicide aggravent les risques. À Vic et au Centre Hospitalier Tarbes-Lourdes, des professionnels alertent et donnent des pistes concrètes pour agir.

Un risque majoré chez les hommes isolés

À Vic, site gériatrique rattaché au Centre Hospitalier Tarbes-Lourdes, les équipes sont spécialisées dans le suivi de la personne âgées au sein du site gériatrique avec des gériatres, ergothérapeute, psychomotricien, kiné, éducateur physique. Comme l’explique Emmanuelle Peyregne, directrice adjointe de la Fédération de Gériatrie du centre Hospitalier Tarbes-Lourdes, et Karine Courtade, psychologue à l’hôpital de Vic, En milieu rural, l’isolement social accentue la vulnérabilité. La dépression se manifeste par une perte d’appétit, un désintérêt pour les activités ou la vie familiale, une grande apathie. Lorsque ces signes durent au moins quinze jours, il faut s’alerter. Les propos de souffrance ou des phrases comme « je vais me jeter par la fenêtre » doivent toujours être pris au sérieux : 65 % des personnes qui expriment une intention suicidaire passent à l’acte.

Oser en parler pour prévenir le passage à l’acte

Le suicide des personnes âgées reste un tabou. Familles et médecins ont parfois du mal à accepter qu’une personne très âgée puisse vouloir mourir. Pourtant, parler du suicide ne donne pas envie de passer à l’acte, au contraire. Poser clairement la question – « Est-ce qu’il t’arrive de penser à ne plus vouloir vivre ? » – peut soulager et permettre d’évaluer l’urgence, notamment en demandant si un passage à l’acte est envisagé à court terme.

L’écoute, l’empathie et les questions ouvertes sont essentielles, que l’on soit proche, aidant ou professionnel à domicile. Une prise en charge peut associer un psychiatre (traitement médicamenteux) et un psychologue (thérapie). En cas d’urgence, il faut appeler le 15 ou le 112, ou contacter le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et accessible 24h/24. Parler et agir rapidement peut sauver des vies.

Pour d'autres renseignements sur la fédération de Gériatrie rattachée au CHTL sur 3 sites :

Vic : 05 62 54 70 00

Tarbes : 05 62 54 65 00

Lourdes : 05 62 42 40 10

Consultez le site : www.ch-tarbes-lourdes.fr

https://www.francebleu.fr/emissions/on-s-en-parle-ici-bearn-bigorre/depression-des-plus-de-83-ans-briser-le-silence-en-milieu-rural-de-la-bigorre-7694297 

« Alerte concernant la sécurité de votre adolescent » : quand des enfants chercheront des contenus liés au suicide, Instagram préviendra les parents d'abord disponible au Canada, aux États-Unis, en Australie et au Royaume-Uni.

« Alerte concernant la sécurité de votre adolescent » : quand des enfants chercheront des contenus liés au suicide, Instagram préviendra les parents

La plate-forme déploiera dès la semaine prochaine dans plusieurs pays une fonctionnalité alertant les parents lorsque leurs enfants effectueront des recherches liées à l’automutilation ou au suicide.

La fonctionnalité sera d'abord disponible au Canada, aux États-Unis, en Australie et au Royaume-Uni. 

Réguler avant l’interdiction aux moins de 15 ans ? Alors que les réseaux sociaux pourraient bientôt ne plus être accessibles aux plus jeunes adolescents dans de nombreux pays - dont la France -, Meta, qui détient notamment Facebook et Instagram, annonce ce jeudi 26 février développer un nouvel outil pour protéger leurs plus jeunes utilisateurs,

La semaine prochaine, d’abord au Canada, aux États-Unis, en Australie et au Royaume-Uni, les parents utilisant le contrôle parental recevront une notification quand leurs enfants feront des recherches sur le « suicide » ou « l’automutilation ». Cette fonctionnalité sera étendue à « d’autres régions » d’ici la fin de l’année, indique l’entreprise dans un communiqué de presse.

Concrètement, si un jeune recherche plusieurs fois des termes liés au suicide et/ou à l’automutilation, ses parents recevront un mail, un SMS et un message Instagram affichant : « Alerte concernant la sécurité de votre adolescent. »

« Il est crucial de donner aux parents les moyens d’intervenir »

« Il semble que (pseudonyme) a effectué plusieurs recherches sur Instagram pour trouver du contenu lié au suicide ou à l’automutilation. Lorsque nous détectons des recherches sur ce type de sujets, nous partageons des ressources pour aider et masquons souvent les résultats de recherche », sera-t-il écrit. Un numéro d’aide et des conseils pour discuter avec son adolescent seront également proposés.

« Lorsqu’un jeune effectue des recherches sur le suicide ou l’automutilation, il peut être extrêmement important de donner aux parents le moyen d’agir », explique Sameer Hinduja, directeur du Centre de recherche sur la cyberintimidation, cité dans le communiqué de presse.

Instagram a déjà mis en place un filtre empêchant de voir des résultats de recherches sur des termes précis. Si un utilisateur tape le mot « suicide », aucune publication n’est affichée.

Message affiché sur Instagram quand un utilisateur recherche le terme "suicide". Capture d'écran / Instagram
Message affiché sur Instagram quand un utilisateur recherche le terme "suicide". Capture d'écran / Instagram

« Nous développons actuellement des alertes parentales similaires pour certaines interactions avec l’IA », précise Meta.


Plusieurs pays régulent

L’Australie a instauré fin 2025 l’une des mesures les plus strictes au monde en démocratie, en obligeant les plates-formes à s’assurer que les utilisateurs ont au moins 16 ans et à supprimer les comptes d’utilisateurs trop jeunes.

En France, les députés ont adopté fin janvier une proposition de loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, qui doit encore être examinée par le Sénat. D’autres pays ont proposé des initiatives similaires qui doivent encore être votées, comme l’Espagne, le Portugal ou le Danemark.

Lundi, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe a appelé « à la prudence » sur le sujet. Tout en reconnaissant que ces projets répondent à des « préoccupations légitimes », Michael O’Flaherty estime qu’interdire l’accès des enfants aux réseaux sociaux « revient à déplacer la responsabilité en matière de sécurité : cette responsabilité n’incomberait plus aux plates-formes qui créent l’environnement, mais aux enfants qui naviguent dans cet environnement ».

Selon lui, « les États devraient plutôt exiger des plates-formes qu’elles préviennent et atténuent les risques pour les droits de l’enfant (…) et les tenir pour responsables si ces obligations n’ont pas été remplies ».

https://www.leparisien.fr/high-tech/alerte-concernant-la-securite-de-votre-adolescent-quand-des-enfants-chercheront-des-contenus-lies-au-suicide-instagram-previendra-les-parents-26-02-2026-JFSTBAJAF5HHRMUMRUV5O2CKE4.php