Présentation à Rabat d’un guide de prévention du suicide en milieu carcéral
jeudi, 21 novembre, 2019 lactu24.com/*
Rabat – La Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGPAR) a présenté, jeudi à Rabat, le guide de prévention en matière de suicide, de tentatives de suicide et d’atteinte à l’intégrité physique dans les établissements pénitentiaires.
Ce guide dont l’élaboration a été lancée il y a trois ans dans le cadre d’un partenariat entre la DGPAR et l’institut danois de lutte contre la torture, s’inscrit dans le projet visant à rendre les établissements pénitentiaires un espace pour l’introspection et la rééducation du détenu dans l’optique de sa réintégration utile dans la société.
Le chef de la division de protection sociale à la DGPAR, Toufiq Abtal, a indiqué que grâce a ce guide, l’institution dispose aujourd’hui d’un mécanisme permettant à tous les employés d’identifier les cas de suicide potentiels de manière à contribuer à la réduction de leur nombre.
Dans une déclaration à la MAP, M. Abtal a souligné que ce guide est le fruit d’une relation de partenariat avec l’organisation danoise conformément à une convention signée avec la Délégation générale au titre de la période 2017-2019, avant la signature ce jeudi d’un deuxième accord de reconduction pour la mise en œuvre du projet de prévention des cas de suicide et d’atteinte à l’intégrité physique dans les établissements pénitentiaires.
Le guide repose sur les approches sécuritaire et de requalification aux fins d’une meilleure protection de l’intégrité physique et mentale des détenus ainsi que sur le développement des capacités du personnel pour être en mesure d’identifier les personnes exposées au risque.
Cette rencontre, au cours de laquelle les parties ont signé la convention de reconduction, a été marquée par l’organisation d’un atelier de formation au profit de 38 directeurs d’établissements pénitentiaires, centré sur la mise en œuvre du guide.
Publication Version Française Prévention du suicide : guide à l’usage des réalisateurs et des autres personnes travaillant pour la scène ou l’écran
Voir/Ouvrir WHO-MSD-MER-19.4-fre.pdf (2.329Mo) Droits cbna Citation Organisation mondiale de la Santé. (2019). Prévention du suicide : guide à l’usage des réalisateurs et des autres personnes travaillant pour la scène ou l’écran. Organisation mondiale de la Santé. https://apps.who.int/iris/handle/10665/329958. Licence: CC BY-NC-SA 3.0 IGO
Historique Post le 8/11/2019 L'Organisation mondiale de la Santé a lancé un outil en Prévention du Suicide pour guider les cinéastes, réalisateurs et créateurs qui souhaitent traiter du suicide de façon éclairée et sécuritaire dans leurs œuvres de fiction.
Ce livret contient des informations pour les cinéastes et autres personnes impliquées dans la création, le développement et la production de contenu pour écran (films, séries, programmes télévisés, etc.) ou sur scène (productions théâtrales) afin de garantir que la description du suicide sur écran et sur scène est exacte et appropriée. . Il vise également à maximiser l'impact positif que peuvent avoir les représentations du suicide, tout en minimisant les éventuels impacts négatifs, en particulier chez les personnes vulnérables. Comme pour les reportages dans les médias, la représentation du suicide à la télévision, au cinéma ou en streaming en ligne peut avoir des effets d'imitation. En outre, si les représentations du suicide ne représentent pas fidèlement la réalité, elles peuvent contribuer à la méconnaissance de la nature du suicide par le public, nourrir les mythes et entraver une prévention efficace du suicide. Cependant, les représentations axées sur la résolution de la crise suicidaire peuvent réduire le risque de suicide chez les téléspectateurs. En outre, la promotion de tels programmes ou représentations offre l’occasion de souligner l’importance de chercher de l’aide et de prendre soin de soi et des autres, et de fournir des messages d’espoir. Liens connexes Plus sur la prévention du suicide
Nouvelles lignes directrices pour aider les anesthésistes au risque de suicide A'apres article New guidelines to help anaesthetists at risk of suicide sur anaesthetists.org**
Les anesthésistes, qui forment le plus grand groupe de médecins spécialisés dans les hôpitaux du NHS, seraient davantage exposés au risque de suicide au sein de la profession médicale. De nouvelles directives, publiées aujourd'hui (21 novembre) dans la revue Anaesthesia, visent à mieux faire connaître le suicide et ses facteurs de risque et à aider les personnes, les services et les organisations à faire face au suicide.
Le suicide est un problème majeur de santé publique au Royaume-Uni. Il existe un certain nombre de théories sur les raisons pour lesquelles les anesthésistes courent un risque particulier de suicide, comme l'accès à des médicaments potentiellement mortels et la connaissance de ces médicaments, le stress particulier du travail dans la spécialité et le type de personnalité des médecins qui entrent en anesthésie.
Une récente enquête* de l'Association of Anaesthetists* mettant en lumière l'expérience de près de 1400 anesthésistes qui ont perdu un collègue par suicide alors qu'ils travaillaient dans le même service, a révélé un manque préoccupant de politiques sur la maladie mentale, la toxicomanie et le suicide dans les organisations NHS. Ces nouvelles recommandations comblent cette lacune en réunissant des ressources pertinentes destinées spécifiquement aux anesthésistes ou aux services d'anesthésie.
Les principales recommandations des lignes directrices sont les suivantes :
Améliorer l'enregistrement du suicide comme cause de décès Tous les anesthésistes ont un rôle à jouer dans le soutien du bien-être mental de leurs collègues. Tous les services d'anesthésie devraient avoir une personne responsable de la santé mentale du personnel. Il devrait y avoir une éducation continue au sein des départements et des organisations sur le suicide et les moyens plus sûrs d'intervenir, y compris les efforts pour lutter contre la stigmatisation associée à la mauvaise santé mentale. Les personnes particulièrement exposées devraient être encouragées à élaborer un "plan de sécurité". Tous les ministères devraient avoir un plan pour gérer les crises liées au personnel, y compris les décès par suicide.
Le Dr Samantha Shinde, coprésidente du groupe de travail sur le suicide chez les anesthésistes et vice-présidente sortante de l'Association of Anaesthetists, a déclaré : "Le stress et la santé mentale en général, et le suicide en particulier, sont de plus en plus préoccupants dans la profession médicale.
Soutenir le bien-être des anesthésistes est l'une des principales activités de l'Association des anesthésistes et, à travers ces nouvelles lignes directrices, nous voulons faire connaître certains des indicateurs qui nous disent qu'un collègue peut être à risque et comment nous pouvons le soutenir, au niveau individuel et organisationnel. L'activité éducative visant à réduire le stigmate de la mauvaise santé mentale et l'offre d'un soutien personnel à un collègue qui semble avoir des difficultés ne sont que quelques-unes des façons dont nous pouvons tous aider. Lire les lignes directrices dans la revue Anaesthesia
D’après article New suicide prevention program reduces deaths by 17% Commenté par Kate Anderton, B.Sc. (Sous la direction de) 20 novembre 2019 https://www.news-medical.net*
Un nouveau programme de prévention du suicide comprenant un accès rapide à des spécialistes et un suivi téléphonique de 12 mois a montré une réduction de 17% des décès.
Le programme, baptisé Suicide Prevention by Monitoring and Collaborative Care (SUPREMOCOL) (Prévention du suicide par observation et les soins axés sur la collaboration) , a réuni des services de soins et des agences communautaires clés afin de créer un réseau cohérent travaillant ensemble dans le but de réduire le nombre de décès évitables par suicide.
Les chercheurs affirment qu’il pourrait potentiellement constituer une nouvelle intervention efficace de prévention du suicide pour les personnes présentant un risque de suicide élevé à modéré, ainsi que pour améliorer la chaîne de soins.
L'étude a été menée par des chercheurs de l'Université de York, en collaboration avec l'Université de Tilburg, aux Pays-Bas. Le réseau de partenaires basé dans la région néerlandaise du Brabant-Septentrional s'est concentré sur quatre éléments:
- la reconnaissance des personnes à risque de suicide par l'élaboration et la mise en œuvre d'un système de suivi - l'accès rapide à des soins spécialisés pour les personnes à risque - assurer des gestionnaires de soins infirmiers adéquats pour la gestion de cas de soins en collaboration entre les différents organismes de soins de santé _ 12 mois de suivi téléphonique des soins de santé
L’auteur principal, la professeure Christina van der Feltz-Cornelis de la Hull York Medical School, a déclaré:
Une question importante pour une prévention efficace du suicide est que dans le Brabant septentrional et dans l'ensemble des Pays-Bas, environ deux tiers des victimes de suicide ne recevaient pas de soins de santé mentale, alors qu'elles en avaient probablement besoin, car le suicide survient surtout dans le contexte des troubles mentaux.
Cela s'explique par le manque de visibilité des personnes à risque, car les comportements de recherche d'aide en matière de suicidalité sont faibles, peut-être en raison de la stigmatisation et d'une faible sensibilisation à la question du suicide.
Le manque de communication entre les prestataires de soins de santé des différents établissements ou l'absence d'échange rapide de soins spécialisés en raison de barrières logistiques et de listes d'attente ont également posé problème.
Avant le début de notre collaboration de recherche, il n'existait aucun outil, questionnaire ou instrument unique permettant de prédire le suicide. L'évaluation clinique peut également être très difficile, étant donné qu'environ 45 % des patients décédés par suicide ont rencontré un prestataire de soins primaires au cours du mois précédent.
Notre projet a examiné toutes ces questions et a essayé de les aborder de manière plus cohérente. Nous avons été heureux de constater une réduction de 17% du nombre de suicides. Par rapport à d’autres études, il s’agit d’une amélioration considérable et nous pensons que le déploiement du programme dans d’autres régions d’Europe pourrait connaître des succès similaires. L'objectif à long terme du projet est de fournir aux institutions spécialisées en santé mentale et aux partenaires de la chaîne des soins de santé en général et dans la communauté une intervention durable et adoptable pour la prévention du suicide.
Les chiffres de l'Organisation mondiale de la santé montrent que plus de 800 000 suicides surviennent chaque année dans le monde, dont 56 000 dans l'Union européenne. Selon certaines indications, pour chaque adulte qui s'est suicidé, il y aurait eu plus de 20 autres tentatives de suicide.
Source: University of York Journal reference: Hofstra, E. et al. (2019) A regional systems intervention for suicide prevention in the Netherlands (SUPREMOCOL): study protocol with a stepped wedge trial design. BMC Psychiatry. doi.org/10.1186/s12888-019-2342-x
Un important organisme de prévention du suicide et des experts en soins de santé correctionnels publient un guide de ressources sur la prévention du suicide d'apres article sur https://www.ptcommunity.com/*
NEW YORK, 20 nov. 2019 / PRNewswire / - Selon le Département américain de la justice, le suicide est la principale cause de décès dans les prisons et le taux de suicide dans les prisons continue d'augmenter. La National Commission on Correctional Health Care (NCCHC) and the American Foundation for Suicide Prevention (AFSP) ont créé une ressource faisant autorité sur la prévention du suicide dans les établissements correctionnels, le Guide de ressources pour la prévention du suicide Suicide Prevention Resource Guide. Ce guide est gratuit et accessible au public.
S'appuyant sur l'expertise des deux organisations et sur la contribution d'experts nationaux dans le domaine de la santé mentale en milieu correctionnel et de la prévention du suicide, ce guide fournit une feuille de route, des outils et des ressources pour naviguer dans les complexités de la prévention du suicide dans les établissements pénitentiaires - un problème grave aux États-Unis. États.
"Les recherches nous indiquent que les personnes en période de transition présentent un risque particulièrement élevé de suicide et que les personnes incarcérées sont particulièrement vulnérables pour des raisons de santé et de situation", a déclaré Robert Gebbia, CEO, PDG de AFSP.
AFSP, la plus grande organisation de prévention du suicide dans le pays, s'est associée aux efforts en cours du CNCHC pour réduire le nombre de suicides parmi les populations incarcérées dans le cadre du Project 2025, qui vise à réduire le taux de suicide annuel de 20% d'ici 2025. L'AFSP a identifié le système correctionnel comme l'un des quatre domaines critiques où les données probantes permettent de sauver le plus de vies en un minimum de temps.
Le Guide de ressources sur la prévention du suicide met l'accent sur trois domaines clés, dans le but de sensibiliser les personnes qui travaillent dans les prisons sur la manière de mieux identifier et aider les détenus à risque de suicide, de gérer en toute sécurité ceux qui sont identifiés à haut risque et de dispenser une formation complète et cohérente à tout le personnel impliqué.
Le guide comprend les principes d'évaluation des risques de suicide, les approches d'intervention et de traitement, un guide de formation, des études de cas réels et des considérations relatives à la conception des installations.
"Nous apprécions énormément le travail d'équipe qui a été nécessaire à la publication de ce guide, et nous remercions particulièrement AFSP pour ses conseils, son expertise en la matière et son soutien", a déclaré Deborah Ross, CCHP, directrice générale du CNCHC.
L’évaluation des risques, le traitement et la formation ont été identifiés comme des éléments essentiels d’une prévention efficace du suicide par un groupe d’experts réunis dans le cadre d’une série de sommets coparrainés par le CNCHC et l’AFSP au cours des deux dernières années. Le groupe comprenait des experts en santé mentale issus des plus grands fournisseurs de soins pénitentiaires et de soins de santé en prison du pays, des leaders d'opinion issus des prisons, des départements pénitentiaires, des universités, du gouvernement fédéral, ainsi que des dirigeants du NCCHC et de AFSP.
"La collaboration entre nos organisations et les fournisseurs de soins de santé nationaux souligne l'importance de travailler ensemble pour lutter contre le problème du suicide", a déclaré Brent Gibson, MD, MPH, CCHP-P, administrateur en chef de la santé, NCCHC. "Cela représente une véritable" rencontre des esprits "avec le potentiel de sauver des vies."
PLUS SUR LE PROJET 2025 Lancé en octobre 2015, le Projet 2025 est une initiative collaborative à fort impact développée par AFSP, qui vise à atteindre l'objectif audacieux de l'organisation consistant à réduire le taux de suicide annuel de 20% d'ici 2025. Utiliser une approche de modèle de systèmes dynamiques basée sur ce que les faits nous ont appris AFSP a défini une série d’actions et de domaines critiques pour nous aider à atteindre notre objectif. Avec cette approche, nous atteignons tous les groupes démographiques et sociologiques pour avoir le plus grand impact sur la prévention du suicide et le potentiel de sauver des milliers de vies au cours des 10 prochaines années. Si nous travaillons collectivement à élargir les interventions susmentionnées dans des domaines clés (armes à feu, services des urgences, systèmes de santé et système correctionnel), nous pouvons espérer permettre de sauver près de 20 000 vies d'ici 2025.
À PROPOS DE LA COMMISSION NATIONALE DE LA SANTÉ CORRECTIONNELLE La Commission nationale sur les soins de santé correctionnels est un organisme à but non lucratif 501 (c) (3) qui s'emploie à améliorer la qualité des soins dans les prisons, les prisons ainsi que les établissements de détention et de détention pour mineurs du pays. Le CNCHC établit des normes pour les services de santé dans les établissements pénitentiaires, gère un programme d’accréditation volontaire pour les établissements qui respectent ces normes, produit et diffuse des publications documentaires, offre un programme d’évaluation de la qualité, organise des formations et des conférences, et propose un programme de certification aux professionnels de la santé en milieu correctionnel. Le CNCHC est soutenu par les principales organisations nationales représentant les domaines de la santé, de la santé mentale, du droit et des services correctionnels. Chacune de ces organisations a désigné un agent de liaison avec le conseil d'administration du CNCHC. Pour plus d'informations, rendez-vous sur ncchc.org.
À PROPOS DE LA FONDATION AMÉRICAINE POUR LA PRÉVENTION DU SUICIDE: The American Foundation for Suicide Prevention s'engage à sauver des vies et à donner de l'espoir aux personnes touchées par le suicide
C'est l'histoire d'un aumônier qui a lancé une hotline pour empêcher les agriculteurs gays de se suicider
L'Obs, Par Henri Rouillier
Keith Ineson,
un aumônier installé en Irlande du Nord, a monté une ligne téléphonique
d'urgence à destination des agriculteurs gays. Il vient d'être décoré
de la médaille de l'Empire britannique. Suffit-il
de révéler un secret pour que son influence (son emprise, les entraves
qu'il installe dans une vie) s'en trouve d'un seul coup dissipée ? Keith Ineson
n'en doute pas et les hommes qui composent le numéro de son portable
lui racontent tous le même. « Je suis agriculteur, je suis gay, je ne
sais plus comment faire. » C'est souvent la première fois qu'ils en
parlent. La plupart sont mariés, ont des enfants, une exploitation qui
tient parce qu'il le faut et parfois envie de mourir. Cet ancien
chapelain protestant, qui vit en Irlande du Nord, leur propose son
oreille. Pas de conseils, juste une écoute et quelques numéros de
téléphone d'associations locales susceptibles de les aider. Il y a neuf
ans, juste après avoir fait son propre coming-out, Keith Ineson,
la soixantaine, a mis en place une ligne téléphonique d'urgence à
destination des agriculteurs homosexuels du Royaume-Uni. Ils sont
aujourd'hui une poignée de bénévoles à répondre au téléphone sept jours
sur sept, 24 heures sur 24. Leur motivation principale ? Endiguer le
risque suicidaire inhérent aux populations qui vivent à l'intersection
de l'isolement rural et de l'homosexualité. Le travail de la « Gay
Farmer Helpline » a été mis en valeur en mars 2019, dans un
court-métrage du réalisateur Matt Houghton intitulé « Landline ». Keith Ineson a récemment été décoré de la médaille de l'Empire britannique.
Gay Farmers Call for Help In the UK, many LGBTQ farmers feel isolated
and live a life plagued by secrecy and guilt. Their only solace is a
phone number. This short documentary illuminates their experiences
through reconstructive visuals over recorded telephone conversations
that are both shocking and candid. Read more: https://www.theatlantic.com/video/index/600487/landline/
"Landline" was directed by Matt Houghton (http://www.itsmatthoughton.co.uk).
It is part of The Atlantic Selects, an online showcase of short
documentaries from independent creators, curated by The Atlantic.
Subscribe to The Atlantic on YouTube: http://bit.ly/subAtlanticYT
Avec Keith Ineson,
on a parlé de la manière dont les AVC de son père l'ont poussé à faire
son coming-out, de la solitude médico-psychologique des agriculteurs et
de tous les gens qui ne se sont pas suicidés grâce à cette ligne
téléphonique. Parler à quelqu'un de votre propre homosexualité, cela a
été quelque chose de difficile pour vous ?
Keith Ineson : C'est arrivé récemment, il y a neuf ou dix ans. Je voyais un
conseiller spirituel qui s'est débrouillé pour que j'arrive à lui en
parler. Sur son conseil, j'en ai parlé à un cousin en qui je pouvais
avoir confiance. A partir de là, c'est comme un rouage qui s'est mis en
marche, je me suis dit que je ne pouvais pas continuer comme ça. J'étais
marié à ce moment-là. Je l'ai dit à mon épouse, puis je me suis rendu
chez ma mère. Sur le chemin, j'avais peur, je tremblais, je ne savais
pas du tout ce qui allait arriver. Et puis, en fait, l'annonce est
passée comme une lettre à la poste. « Bon, si c'est ainsi... Je vais
mettre de l'eau à chauffer. » Voilà. Je n'ai eu de problème ni avec ma
mère, ni avec ma soeur, ni avec mes amis en général. Il n'y a que mon
assistante qui s'est montrée désagréable, c'est tout. Ainsi va la vie.
Je veux dire, j'ai eu énormément de publicité aussi. En révélant mon
homosexualité, en tant que chapelain d'abord, et chapelain rural qui
plus est, des milliers de gens ont dû entendre parler de moi. Je suis
passé à la radio, à la télévision, dans les magazines. Je n'ai reçu
qu'une dizaine de réactions désagréables. Vous avez gardé ce secret
pendant près de 40 ans. Comment cela a-t-il affecté votre vie ? Les
conséquences sur la santé mentale sont très mauvaises. Je pense que pour
être un bon aumônier, il faut pouvoir faire preuve d'un minimum de
sensibilité. Dans mon cas, cette sensibilité, c'était à la fois un
avantage et un inconvénient. Ma difficulté propre, néanmoins, c'est que
je suis certain que je suis gay depuis que j'ai 14 ans.
Rétrospectivement, je crois que je l'ai même su avant. Dans les livres
par exemple, je me souviens avoir passé plus de temps à regarder les
hommes que les femmes, ce genre de choses. A 14 ans, j'ai réalisé qu'il y
avait quelque chose en moi qui me rendait différent des autres. Mon
père s'est rendu compte de ce décalage. Il s'est simplement dit que
c'était l'effet d'une dépression alors il m'a envoyé chez un médecin à
qui je n'ai évidemment rien dit. Je savais très bien ce qui m'arrivait.
Ensuite, eh bien, vous vivez avez ça pour le reste de votre vie. Ou
jusqu'à votre coming-out. Et la pression que vous subissez est énorme.
Cela veut dire que vous aviez autour de vous des références
homosexuelles ou qu'au contraire, vous avez passé du temps à vous
demander ce qui pouvait bien vous arriver ? Je n'avais rien de tout ça.
J'étais seul, je n'en parlais à personne. Le problème, ensuite, c'est
la vigilance que vous exercez à l'égard de vous-mêmes, partout et tout
le temps. Avant de parler, vous prenez systématiquement un quart de
seconde pour réfléchir à ce que vous vous apprêtez à dire. Des fois que
pendant une discussion, vous diriez « nous » au lieu d'« eux ». Même
chose en voiture, quand vous jetez un oeil dans le rétroviseur parce que
vous avez vu quelqu'un de beau et que vous êtes persuadé que tout le
monde a remarqué ce que vous étiez en train de faire. C'est une question
de self-control, d'auto-répression, presque ? Oui. Parmi les choses
qui m'ont poussées à faire mon coming-out, il y a certes eu cette
pression dont je vous parle, mais pas seulement. J'ai réalisé cela quand
mon père est mort. Il a subi plusieurs AVC. Il a fini par perdre le
contrôle de sa parole et je me suis dit : « Qu'est-ce qui va se passer
si ça, c'est toi dans quelques années ? Ce n'est pas comme cela que tu
veux que ta mère ou tes proches apprennent que tu es gay. » J'ai préféré
m'emparer du sujet plutôt que de prendre le risque de le voir
m'échapper. Je dois être un peu control freak, mais bon. On l'est tous
un peu, non ? Toujours est-il que ça ne suffit pas à lancer une ligne
téléphonique d'urgence pour les agriculteurs gays, comme vous avez pu le
faire. D'où vous vient cette idée ? Comme je vous l'ai dit, j'ai
officié en tant qu'aumônier agricole. J'ai travaillé avec des centaines
d'agriculteurs et parmi eux, je savais que deux ou trois étaient gays.
D'un seul coup, je me suis dit qu'on entendait jamais parler d'eux.
C'était comme s'ils n'existaient pas. Pourquoi n'y aurait-il pas
d'homosexuels chez les agriculteurs, alors qu'il y en a partout ailleurs
? Peut-être y en avait-il d'ailleurs davantage dans les fermes, parce
que c'est un métier qui exige une certaine sensibilité. Pourquoi ? Si
vous êtes brutal avec le bétail, les animaux vous ignoreront. Vous devez
être calme avec eux, vous avez besoin de les comprendre, d'anticiper
leurs réactions. Ça marche avec la terre aussi. Si vous essayez d'y
faire pousser des choses qu'elle rejette, cela ne fonctionnera pas.
Certains paysans le nieront parce qu'il faut se montrer rugueux ou
macho, mais ceux qui maltraitent leur bétail ne s'en tirent pas, vous
savez. Alors voilà, j'ai fait mes devoirs. Je me suis rapproché de
l'office national des statistiques, histoire de voir combien
d'agriculteurs il y avait dans le Cheshire (au nord-ouest de
l'Angleterre, ndlr), d'où je viens. Ils m'ont sorti un chiffre
exorbitant, auquel je savais que je devais ajouter les grands-pères qui
continuent d'aider à la ferme, les épouses qui sont institutrices mais
qui donne un coup de main elles aussi, une fois leur journée terminée.
Cela faisait forcément beaucoup d'agriculteurs à mi-temps. Tout de même,
j'en ai conclu qu'il devait y avoir environ 300 agriculteurs gays à
temps plein juste dans le Cheshire et 1000 en Irlande du Nord, où je vis
aujourd'hui. Je me suis demandé comment les atteindre. J'ai monté un
petit site internet, payé une pub dans la presse agricole et je me suis
dit que ça prendrait des semaines avant que je reçoive mon premier coup
de fil. En fait, je n'ai pas attendu bien longtemps. Qu'est-ce qu'il y
avait d'écrit, dans cet encart de pub ? « Agriculteur gay ? Besoin
d'aide ? Confidentialité assurée. » Bon, je crois que c'était un peu
trop ouvert comme annonce, parce que j'ai d'abord reçu des coups de fil
de gens qui demandaient une toute autre aide que celle à laquelle je
pensais... (rires). J'ai reçu mon premier coup de fil peu après, durant
la première semaine des vacances de Noël 2010. Ça ne s'est jamais arrêté
depuis. Vous n'avez pas reçu de coups de fil malveillants ? Personne
n'a essayé de pirater votre ligne téléphonique ? Non, pas vraiment.
Bien sûr, il y a des gens qui appellent en espérant faire une blague.
« Vous devriez appeler mon voisin, il a besoin d'un tracteur, voilà son
numéro. » Ce genre de choses. Ensuite, il y a une personne qui appelle
très souvent, toujours à la même heure depuis un numéro privé. A chaque
fois, j'entends des voix qui se marrent derrière. Ils sont dans un bar
et ils trouvent ça drôle de vous raconter des bêtises. C'est le problème
avec ces appels, vous ne savez jamais si c'est un hoax ou pas. Après
tout, ça pourrait être quelqu'un qui se couvre auprès de ses amis qui
lui mettent la pression : « Regardez, je suis capable d'appeler ce
numéro et je m'en fous parce que je suis super hétéro ! » Parlons des
appels sérieux. Qui sont ces hommes et que vous racontent-ils ? Souvent,
ce sont des hommes d'une cinquantaine d'années, mariés, parce que c'est
la voie tracée pour eux dans le milieu agricole : il faut se marier
pour avoir un héritier et garder la ferme dans la famille. Ils arrivent à
des âges où leurs enfants partent faire leurs études, ou déjà
reprennent la ferme alors ils se demandent ce qu'ils vont bien pouvoir
faire des 20 ou 30 dernières années qui leur restent. Cette question les
affecte profondément. Je ne sais pas ce qu'il en est en France, mais
ici, les agriculteurs sont parmi les professionnels qui se suicident le
plus. Ajoutez à cela qu'au Royaume-Uni, 25% des hommes gays tenteront de
se donner la mort à un moment de leur vie. Si l'on met ces deux
statistiques en perspective, il y a tous les ingrédients d'un désastre.
En France, on parle d'environ deux suicides par jour chez les
agriculteurs. Il n'y a pas de raison que le facteur d'homosexualité
vienne amoindrir cette statistique. Oui et bien sûr, la vie est
difficile pour n'importe quelle personne homosexuelle qui vit en milieu
rural. Par exemple, c'est compliqué pour elles d'aller voir un médecin
pour parler de leurs problèmes ou d'une éventuelle dépression parce que
bien souvent, la secrétaire est la mère d'un copain. Ou les gens
repèrent votre voiture garée sur le parking du docteur, alors ils posent
des questions. « Qu'est-ce qu'il faisait là ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
Tu as un problème ? » Et si c'est leur épouse qui découvre qu'ils sont
allés chez le médecin et qu'elle demande pourquoi... Qu'est-ce qui va se
passer ? La situation peut vite être très difficile à gérer. On vous
appelle toujours pour des questions de solitude ou de détresse mentale ?
Y a-t-il d'autres motifs ? Au bout du compte, c'est toujours une
question de santé mentale. Après, leur détresse s'exprime différemment.
Ils disent « peut-être que je n'ai pas épousé la bonne personne » ou
« je ne peux pas révéler mon homosexualité parce que mon père et ma mère
n'approuvent pas ». Cela a forcément des conséquences sur leur état
psychologique. Tous les gens qui appellent subissent un minimum de
tension. D'autres ont des niveaux de stress qui crèvent le plafond. Cela
veut dire que vous pouvez être confronté à des personnes suicidaires ?
Oui, sans aucun doute. Après s'être confiés, des gens m'ont dit que sur
le moment, ils étaient clairement prêts à se donner la mort. Après, le
simple fait de savoir qu'il existe un numéro qu'ils peuvent appeler
s'ils se sentent mal demain est déjà d'un grand secours. Ne serait-ce
que quand un proche leur dit : « Tu sais, il y a un numéro que tu peux
appeler si besoin ? », la pression diminue déjà beaucoup. De quel type
de ressources est-ce que vous disposez pour aider ces hommes ? Est-ce
qu'il existe des structures vers lesquelles vous pouvez les aiguiller ? Souvent, quand ils appellent, ils ne savent rien des associations ou des
groupes qui existent autour de chez eux. La répartition des tâches veut
qu'ils travaillent très peu sur un ordinateur, ce sont plutôt leurs
épouses qui gèrent la partie commerciale de l'exploitation, les comptes
bancaires, ce genre de choses. Par ailleurs, ils ne savent pas forcément
comment effacer les traces de leurs éventuelles recherches, donc je
fais ce travail-là pour eux. Si quelqu'un m'appelle depuis le Dorset, au
sud du Royaume-Uni, je vais chercher quelles sont les associations qui
oeuvrent sur place, prendre leur numéro et les transmettre. Et voilà. Il
est possible que je n'entende plus jamais parler d'eux par la suite.
Ces hommes arrivent-ils parfois à parler à leurs épouses ? Dans
certains cas, ils y parviendront finalement, mais ce n'est pas un
conseil qu'on leur donne parce que ce n'est pas notre rôle. Avec eux, on
fait plutôt la liste des options qu'ils ont à leur portée et ensuite,
c'est à eux de décider de ce qu'ils vont faire. Il y a beaucoup
d'initiatives à leur disposition : des lignes téléphoniques pour les
pères homosexuels, des clubs de sport ou d'activités en extérieur... On a
même monté un groupe Facebook privé pour
ceux qui pourraient se servir d'un ordinateur sans crainte. Mais bon,
tant qu'ils n'appellent pas, ils ne savent pas que toutes ces structures
existent pour les aider. Pour ce qui est des célibataires, la peur
qu'ils ont du coming-out est souvent bien plus délétère que le
coming-out en lui-même. La grande majorité d'entre eux regrette souvent
de ne pas l'avoir fait plus tôt, vous savez. Oui. Je suis à peu près sûr
que le soulagement que vous ressentez au moment d'accepter celui que
vous êtes, non seulement auprès de vous mais aussi auprès des autres,
change profondément votre vie. C'est une phrase que je prononce souvent
quand quelqu'un m'appelle et dit : « Je suis gay et je ne sais comment
(ou si je dois) faire mon coming-out ». Je réponds toujours : « Vous
l'avez déjà fait. Vous avez déjà fait un coming-out auprès de vous.
C'est un début. » Parce que beaucoup d'hommes poursuivent leur vie en se
disant que le problème sera réglé le jour où ils trouveront la bonne
femme. « Je peux être normal. Je vais persévérer, tout ira bien. » Sauf
que bien sûr, ça ne marche pas comme ça. Cette ligne existe depuis 9
ans, vous savez combien de personnes vous avez aidées ? Environ 500,
soit entre quatre et cinq personnes par semaine. Si vous souffrez, ou si
c'est le cas d'un de vos proches, le ministère des Solidarités et de la
Santé français a rassemblé les coordonnées des associations et des
lignes téléphoniques susceptibles de vous aider. Vous les trouverez en
cliquant sur ce lien. This article appeared in L'Obs (site web)
Assemblée Générale du Centre Ecoute et Soutien : Lundi 16 Décembre 2019 à 14 h 15 au Centre Hospitalier de Brive (Salle de conférence, rez de chaussée, au fond à droite ) sur le thème du "Mal-être au mieux-être : quels parcours ?"
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[Info Marianne] SOS pédophilie : un numéro de téléphone unique pour répondre aux pulsions pédophiles
Par Prisca Borrel
Publié le 20/11/2019 https://www.marianne.net*
En France l'expérience est inédite. Le 0 806 23 10 63, un numéro de téléphone non surtaxé, destiné aux personnes nourrissant des penchants pédophiles, entre en phase de test dans cinq régions. Le principe est simple : les aider à endiguer leurs pulsions pour éviter tout passage à l'acte. L’accouchement de cette action aura été difficile…
A la mi-temps d'un match de foot, un jingle pub retentit. Tandis qu'un homme assis dans le métro observe un garçonnet avec un peu trop d'insistance, la voix questionne : « Aimez-vous les enfants plus qu’il ne le faudrait ? ». Pas de politique fiction, c'est en Allemagne que cela se passe. Ces spots télévisés pourraient bientôt débarquer en France aux heures de grande écoute. Tandis que l'Angleterre se dotait du dispositif « Stop it now ! » (Arrête ça tout de suite) dès 2002, l'Allemagne lui emboîtait le pas avec son « Dunkelfeld » (Zone D'ombre) trois ans plus tard. Deux pays locomotives en termes de lutte contre la pédophilie.
Dix-sept ans plus tard, la France s'y met sous l'impulsion solitaire de la fédération française des Criavs (Centres ressources pour les intervenants auprès des victimes d'agression sexuelle), avec la mise en place d'un numéro gris, en 0 806, destiné aux personnes nourrissant des penchants pédophiles, pour les aider à les endiguer avant le passage à l'acte. Dès à présent, cinq centres volontaires (Occitanie, Centre Val-de-Loire, Nouvelle Aquitaine, Paca et Auvergne) expérimentent la phase de test. Quelques mois pour savoir si le dispositif fonctionne, et s'il est capable d'attirer des financeurs.
Retard et récupération politique
A la veille de ce 20 novembre, journée mondiale de l'enfance, et tandis qu'il s'apprête à dérouler son pacte dédié à la protection des mineurs, le secrétaire d’État Adrien Taquet s'est précipité in extremis sur l'initiative, pourtant en gestation depuis près de deux ans. « C'est lui qui nous a sollicités, détaille à Marianne Anne-Hélène Moncany, psychiatre et présidente de la fédération des Criavs depuis septembre dernier. Nous sommes allés le voir le 24 octobre et il s'est montré très intéressé par le numéro unique ». Intéressé au point de lui faire une petite place dans le cadre de son pacte. « Au bout de quelques mois, si l'expérience est concluante, nous lancerons le numéro au niveau national avec le secrétaire d’État », explique-t-elle.
"Sur un plan politique et démagogique, le message passe moins bien…"
Mieux vaut tard que jamais, en somme. Car il faut avouer que la prévention n'a jamais eu le vent en poupe dans le domaine de la pédophilie. « Elle semble toujours trop chère. Sur un plan politique et démagogique, le message passe moins bien… Et c'est comme ça qu'on prend du retard », confie le docteur Mathieu Lacambre, chef du service de psychiatrie légale du CHU de Montpellier et ancien président de la fédération des CRIAVS. Une remarque lâchée en toute connaissance de cause, l'homme et ses collaborateurs se démenant depuis près de deux ans pour mettre en évidence l'urgence d'agir à la source du problème.
Aucun financement public
En juin 2018, l'idée de cette « helpline » a émergé parmi les propositions du rapport de l'audition publique « Auteurs de Violences Sexuelles : prévention, évaluation, prise en charge », conduite par la fédération et abritée au sein du ministère des Solidarités et de la Santé. Conviée, la ministre Agnès Buzyn n'avait pas fait le déplacement, le seul soutien dont ils avaient alors bénéficié se résumant à un prêt de salle. L'équipe a donc lancé le projet avec un financement public de… zéro euro. En matière de spot télévisé, les espoirs d'égaler les voisins britannique et allemand ont donc fondu comme neige au soleil.
« Nous avons réalisé des devis compris entre 150.000 et 300.000 euros pour des campagnes de communication télévisées, radiophoniques et d'affichage. Plus le numéro est accessible, plus nous aurons de chances de voir les gens appeler », résume Mathieu Lacambre. Et le médecin d'avouer sans cynisme : « Mais comme nous n'avons pas de financement pour le moment, nous communiquerons à la faveur des prochains incidents. L'actualité nous fournit malheureusement des opportunités régulières de communiquer là-dessus… ». Un regard partagé par Anne-Hélène Moncany, qui lui a succédé courant septembre, plus encline à « faire quelque chose à bas coût plutôt que de ne rien faire », et bien consciente que le dispositif ne pourra que s'améliorer. « Nous avons un numéro non-surtaxé, mais nous aimerions aller vers un numéro simplifié et accessible 24h/24 par exemple ».
Agir en amont de l'acte pédophile
En mai 2019, alors qu'une mission sénatoriale (« Infractions sexuelles sur mineurs commises par des adultes dans le cadre de leur métier ou de leur fonction ») en arrivait aux mêmes conclusions quant à la nécessaire prévention, les Criavs ont peaufiné en électrons libres leur projet et préparé leurs sessions de formation. Dès le mois de septembre dernier, les futurs répondants issus des quatre coins de l'Hexagone ont réalisé des jeux de rôle, appris à reconnaître les signes d'un patient totalement concerné par le dispositif, potassé l'arbre décisionnel pour pouvoir les orienter au mieux, et ont été sensibilisés au RUD - Risque urgence dangerosité -, un outil capable d'évaluer le risque suicidaire.
"Donner la possibilité aux personnes attirées par les enfants de dire : 'Là j'ai un problème'"
Quant à l'instant T, lorsqu'un patient décroche le combiné, le principe est simple : lui répondre avec empathie, éviter toute discrimination au regard des préférences sexuelles, assurer un anonymat total et adopter « une attitude n'augmentant pas les sentiments de culpabilisation ou de honte », décrit le projet. « Au lieu d'arriver après coup et dans des délais trop longs, nous voulons nous attaquer aux causes », résume Mathieu Lacambre. Autrement dit, « donner la possibilité aux personnes attirées par les enfants de dire : "Là j'ai un problème et j'aimerais trouver de l'aide et des ressources" ».
Dans un deuxième temps, ce numéro unique sera accompagné d'un site Internet permettant aux auteurs potentiels d'acte pédophile de s'auto-évaluer. Des actions proches des dispositifs anglais et allemand, et qui ont porté leurs fruits depuis belle lurette. En Angleterre, si « Stop it now ! » n'a suscité que 58 appels la première année (en 2002), la fondation Lucy Faithfull, aux manettes du dispositif, dénombre aujourd'hui 2.000 à 3.000 appels par an et affirme rater de nombreux contacts par manque de répondants bénévoles. Sur les 11 premières années, ils avancent donc un chiffre de 35.000 appels, avec 80% de coups de fil provenant des populations ciblées. En Allemagne, fin 2018, le dispositif Dunkelfeld comptabilisait un total de 10.500 contacts via son site Internet, ses 11 lieux d'accueil et son numéro vert. Ces approches ont donné lieu à 2.894 évaluations et 1.554 offres de thérapie. L'histoire ne dira jamais si ces personnes seraient véritablement passées à l'acte ou pas, mais le doute justifie tous les efforts.
Mode d'emploi
Le « numéro unique d'évaluation et d'orientation des personnes attirées par les enfants afin d'éviter tout passage à l'acte » est le 0806 23 10 63. Il s'agit d'un numéro « gris », non surtaxé, facturé au coût d’un appel vers un téléphone fixe. Restreint aux régions Occitanie, Paca, Nouvelle Aquitaine, Centre Val-de-Loire et Auvergne pour quelques mois, il sera ensuite étendu à l'ensemble du territoire national si la phase de test est concluante.
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