mardi 11 avril 2017

FRANCE RECHERCHE ETUDE Une étude épidémiologique pilote menée pour améliorer la prévention des risques suicidaires

Une étude épidémiologique pilote menée pour améliorer la prévention des risques suicidaires
Publié le Communiqués de presse aphp.fr

Afin d’enrichir les connaissances relatives au profil socio-démographique et clinique des personnes admises aux urgences suite à une tentative de suicide, une étude pilote a récemment été menée par les équipes du GHT* Paris Psychiatrie & Neurosciences (des secteurs du 17ème et du 18ème arrondissement) et du service des urgences de l’hôpital Bichat-Claude Bernard, AP-HP, sous la coordination du Dr David Duroy, du Pr Enrique Casalino et du Pr Michel Lejoyeux, tous trois également professeurs d'université au sein de l'UFR de Médecine de l'université Paris-Diderot.
Les résultats, publiés dans la revue Psychiatry Research, ont été obtenus auprès de 168 patients vus suite à une tentative de suicide par les équipes des urgences psychiatriques. A terme, la généralisation de ce projet à différents services d’urgences parisiens pourrait permettre de mieux adapter la prise en charge de ces patients et les stratégies de prévention de la récidive.
Chaque année, en France, 10 000 personnes mettent fin à leur jour et près de 200 000 personnes commettent une tentative de suicide (Observatoire National du Suicide). On estime qu’environ 3 personnes sur 100 ont déjà commis au moins une tentative de suicide au cours de leur vie, prévalence qui reste parmi les plus élevées d’Europe.
Environ 80% des personnes ayant commis une tentative de suicide sont vues au sein des services d’urgence. En France cependant, peu de travaux de recherche se sont intéressés aux caractéristiques démographiques et cliniques de ces patients et jusqu’à présent, aucune étude n’avait été menée au sein d’un service d’urgence parisien.
Cette étude a été menée au sein de l’unité des urgences psychiatriques, située au cœur du service d’accueil des urgences de l’Hôpital Bichat-Claude Bernard AP-HP, où collaborent les équipes de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et du GHT Paris – Psychiatrie  & Neurosciences.
Parmi les 168 patients volontaires inclus (dont deux tiers de femmes), les chercheurs ont distingué deux groupes de patients à haut risque suicidaire :
- d’une part, les patients récidivistes (51 %), qui ont été comparés aux primo-suicidants ;
- d’autre part, les patients dont le principal motif de passage à l’acte était la volonté de mourir (36 %), qui ont été comparés aux patients invoquant tout autre motif tel que l’appel à l’aide, le besoin de soins, de repos, de mise à distance, ou la volonté d’adresser un message à leur entourage.
Les résultats de cette étude, publiés dans la revue Psychiatry Research, n’ont pas mis en évidence d’association entre la récidive et la volonté de mourir et suggèrent, au contraire, que ces deux groupes de patients pourraient présenter des profils cliniques et des parcours de prise en charge distincts.
Les diagnostics d’épisode dépressif caractérisé ou de symptômes psychotiques ne permettaient pas de caractériser ces deux groupes de patients. Mais, comparés aux primo-suicidants, les patients récidivistes étaient plus nombreux à avoir déjà bénéficié d’une prise en charge psychiatrique/psychologique au cours des six derniers mois et à avoir déjà été hospitalisés en psychiatrie.
Ce n’était pas le cas des patients ayant souhaité mettre fin à leurs jours, qui rapportaient pourtant plus d’idées suicidaires au cours du mois précédant le passage à l’acte. Suite au passage aux urgences, ces derniers étaient d’ailleurs plus souvent hospitalisés dans un service de psychiatrie, que suivis en ambulatoire.
Pour ces patients en particulier, le passage aux urgences pourrait donc être un point d’entrée dans le système de soins. Leur venue et, éventuellement, leur hospitalisation subséquente, représenteraient ainsi des moments privilégiés pour prévenir les idées suicidaires et la récidive.
Les auteurs précisent que ces résultats demandent à être répliqués de manière plus large, mais qu’ils témoignent d’ores et déjà de la nécessité de ne pas considérer les patients suicidants comme un groupe homogène, tant dans les études épidémiologiques que dans la mise en place de stratégies de prévention. Ils encouragent également à accorder plus d’attention aux trajectoires de soins des patients à haut risque suicidaire et à adapter en conséquence la prise en charge qui leur est offerte.
*Groupement hospitalier de territoire
Source :
Suicide attempters examined in a Parisian Emergency Department: Contrasting characteristics associated with multiple suicide attempts or with the motive to die
Florence Perquier, David Duroy, Camille Oudinet, Alya Maamar, Christophe Choquet, Enrique Casalino, Michel Lejoyeux
Received 29 September 2016, Revised 28 February 2017, Accepted 21 March 2017, Available online 22 March 2017
À propos de l’AP-HP : L’AP-HP est un centre hospitalier universitaire à dimension européenne mondialement reconnu. Ses 39 hôpitaux accueillent chaque année 8 millions de personnes  malades : en consultation, en urgence, lors d’hospitalisations programmées ou en hospitalisation à domicile. Elle assure un service public de santé pour tous, 24h/24, et c’est pour elle à la fois un devoir et une fierté. L’AP-HP est le premier employeur d’Ile de-France : 100 000 personnes – médecins, chercheurs, paramédicaux, personnels administratifs et ouvriers – y travaillent. http://www.aphp.fr
 

REVUE DE PRESSE la campagne "Dépression : parlons-en" de L'OMS l'occasion pour pouvoirs publics des pays de faire le point

Mauritanie : 19% de la population sont sujets à la dépression
Nouakchott - Saharamédias
Samedi 8 Avril 2017

Les récentes études effectuées par le ministère de la santé fixent à 19% le taux des mauritaniens souffrant de dépressions.
Selon le secrétaire général par intérim du ministère de la santé Ahmed Jidou O Zeine, qui s’exprimait à l’occasion de la journée mondiale de la santé, 322 millions de personnes de part le monde souffrent de cette maladie, et chez nous la tendance est d’une personne sur cinq, ajoutant cependant que la prévention et le traitement de cette maladie sont possibles.
O. Zeine a rappelé, dans le cadre des efforts déployés par l’état, la création d’un programme nationale pour la santé psychiatrique chargé de mettre en place les programmes et stratégies nécessaires pour faire face aux problèmes de la santé psychiatrique dans le pays.
Pour sa part, le représentant par intérim de l’OMS à Nouakchott, Dr. ZOMBRE Daogo Sosthène, a déclaré que son institution travaille avec le ministère de la santé pour appuyer la santé psychiatrique en Mauritanie, réaffirmant la disponibilité permanente de l’OMS à accompagner les efforts du pays dans ce domaine.
La journée mondiale cette année est célébrée sous le thème : « le traitement de la dépression ».
La dépression est définie comme une manifestation de troubles psychiatriques qui peuvent s’aggraver du fait de la pauvreté, le chômage, les problèmes de la vie, les maladies dermatologiques et les complications dues à la consommation d’alcools ou de drogues.
http://fr.saharamedias.net/Mauritanie-19-de-la-population-sont-sujets-a-la-depression_a8092.html

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Haïti : Le Mspp souhaite une meilleure prise en compte de la santé mentale dans le système sanitaire
Dépêches lundi 10 avril 2017
P-au-P, 10 avril 2017 [AlterPresse] --- Le Ministère de la santé publique et de la population (Mspp) encourage l’intégration de la santé mentale au niveau des soins primaires des différentes institutions sanitaires du pays, à l’occasion de la journée mondiale de la santé, célébrée le vendredi 7 avril 2017.
La ministre, Dr Greta Roy Clément, souligne la nécessité d’aborder le problème de la dépression, parce que, dit-elle, toutes les couches de la population sont concernées.
Intervenant lors de la commémoration officielle de cette journée, et à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse, elle a fait savoir « dans la feuille de cadrage qui a été remise aux différents membres du gouvernement, l’intégration des activités de santé mentale dans les dix hôpitaux départementaux du pays a été retenue comme un des piliers du gouvernement.
La question de la santé mentale devra apparaître dans le plan d’action 2017-2018 que le secteur santé est en train de finaliser, annonce-t-elle.
Elle indique que les personnes âgées dépressives seraient exposées à un risque excédentaire de cancer, estimé à 88%, suivant les données disponibles.
La dépression majeure, qui représente la 4e cause de morbidité, ailleurs comme en Haïti, constitue un problème de santé publique, avance-t-elle.
Elle souhaite que les prestataires de soins bénéficient d’un accompagnement les habilitant à assurer une prise en charge efficace des pathologies mentales les plus courantes dont la dépression.
Aucun secteur de la population haïtienne incluant celle du milieu carcéral ne doit être négligé, poursuit-elle.
« Il n’y a pas de santé sans santé mentale. À cause de la précarité des infrastructures de base, les soins de santé mentale sont limités. Le budget alloué à la santé mentale est très faible et les partenaires ont manifesté très peu d’intérêt en dehors des catastrophes naturelles », dénonce le responsable de l’unité de santé mentale au Mspp, René Domerçant.
Il souligne la nécessité d’une politique nationale de santé mentale, tout en déplorant une absence de chiffres exacts sur l’évolution de la dépression en Haïti.
Toutes les personnes qui souffrent de dépression ne vont pas en consultation alors qu’elle touche 300 millions de personnes à travers le monde, regrette-t-il.
« Les failles du système de santé sont tous les jours plus visibles car la société haïtienne dans sa globalité se fragilise au quotidien », souligne, pour sa part, l’épouse du chef de l’État, Martine Marie Etienne Joseph Moise.
« Les spécialistes de santé sont unanimes à reconnaître que les catastrophes naturelles sont à l’origine de nombreux troubles mentaux. Il n’est donc pas surprenant que des cas de dépression soient diagnostiqués et que les populations affectées par les catastrophes naturelles soient vulnérables », déclare-t-elle.
Le président de la république, Jovenel Moïse est conscient de l’importance de la santé dans un contexte de développement humain et ne ménagera aucun effort pour sa modernisation, dit-elle.
Célébrée chaque année le 7 avril, la journée mondiale de la santé marque l’anniversaire de la création de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), qui offre une occasion unique de mobiliser l’action autour d’un thème de santé spécifique qui concerne le monde entier.Cette année, elle a été commémorée autour du thème : « La dépression, parlons-en ». [bd emb gp apr 10/04/2017 10 :10]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article21510#.WOy_tGekIdU

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Le Togo s'arme contre la dépression
Written by Denise Eyram Avr 07, 2017 togobreakingnews.info/
Le ministère togolais de la santé et l'organisation mondiale de la santé (OMS) sont préoccupés par la question de la dépression. Dans le cadre de la journée mondiale de la santé commémorée ce 07 avril, ils ont tenu une manifestation publique au CHU Campus de Lomé pour sensibiliser les populations sur ce mal.
Basée sur le thème "La dépression, parlons-en", l'édition 2017 de la célébration de la journée mondiale de la santé se place dans une optique de sensibilisation à l'endroit de la population pour lever le voile sur un grand mal qui malheureusement évolue de façon silencieuse.
"Cette journée mondiale de la santé vise à sensibiliser le grand public sur la dépression, cette maladie silencieuse qui peut faire beaucoup de dégâts et qui est invalidante. Elle est causée par un décès, une épreuve morale qui est passée inaperçue et qu'on croyait pouvoir gérer seul", indique Lucile Imboua, la représentante résidente de l'OMS au Togo.
À croire les chiffres de l'OMS, le problème de dépression est plus récurrent qu'on ne le pense et touche de plus en plus de personne. Ne pas en parler ne ferait qu'empirer la situation. En effet, plus de 300 millions de personnes dans le monde vivent avec le problème de la dépression, soit une augmentation de plus de 18% de 2005 à 2015.
Pour Dr Imboua, le mal n'est pas une fatalité, et il peut se guérir et surtout être prévenu. Mais comment? " C'est déjà ce que nous faisons : en parler", répond-elle. Elle déplore par ailleurs les attitudes de stigmatisation envers les personnes atteintes de dépression.
Le Togo n'est pas moins touché. Selon les études hospitalières, les troubles dépressifs représentent 20 à 30% des consultations et 30 à 60% des hospitalisations sur le territoire national. Pour une meilleure prise en charge, des mesures sont prises.
"Mesures qui certes doivent être renforcées", reconnaît le professeur Moustafa Mijiyawa, ministre de la santé et de la protection sociale.
Des actions seront menées durant toute l'année contre la dépression.
http://togobreakingnews.info/index.php/rubriques/sante/item/1329-le-togo-s-arme-contre-la-depression

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ALGERIE Santé mentale : Pour une approche basée sur la prévention

le 09.04.17 | http://www.elwatan.com*
A la veille de la de la célébration de la Journée mondiale de la santé placée sous le thème «La dépression, parlons-en», célébrée le 7 avril dernier, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abdelmalek Boudiaf, a affirmé à Skikda, selon l’APS, que l’Algérie vient d’opter pour une approche qui privilégie la prévention au traitement en santé mentale, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Cette approche, a-t-il signalé, est basée sur la santé de proximité et la coordination avec les autres secteurs suivant le Plan national de promotion de la santé psychiatrique 2017-2020 qui sera prochainement mis en œuvre, préconisant la protection des droits des personnes atteintes de maladies psychiatriques. Plusieurs mesures ont été prises à cet effet par le ministère de la Santé, a-t-il dit, avec notamment la création d’une sous-direction de la santé mentale au sein de l’organigramme du ministère. «Les structures publiques de la santé psychiatrique comptent à travers le pays 5000 lits et emploient 1000 médecins psychiatres qui seront renforcés par le recrutement, prévu cette année, de 101 autres psychiatres, notamment dans les régions des Hauts-Plateaux et du Sud», a déclaré Abdelmalek Boudiaf. Le ministre a également indiqué que le secteur de la santé emploie également 1368 psychologues et compte 40 centres intermédiaires de soins en toxicomanie, en plus de 10 autres centres en cours de réalisation. Il a rappelé que le nouveau projet de la loi sur la santé consacre 44 articles à la protection et la promotion de la santé mentale. M. Boudiaf a aussi insisté «sur l’humanisation du secteur de la santé et sa numérisation pour atteindre le bond qualitatif voulu». Par ailleurs, la journée d’étude qui a regroupé des médecins de plusieurs wilayas du pays a abordé nombre de questions, dont la prise en charge de l’anxiété dans le travail et la promotion de la santé mentale dans le cadre du projet de la nouvelle loi sur la santé.
Djamila Kourta
http://www.elwatan.com/hebdo/sante/sante-mentale-pour-une-approche-basee-sur-la-prevention-09-04-2017-342888_156.php




lundi 10 avril 2017

Revue La santé en action : Dossier Promouvoir la santé mentale de la population

Dossier "Promouvoir  la santé mentale  de la population
de la revue LA SANTÉ EN ACTION la revue de la prévention, de l’éducation pour la santé et de la promotion de la santé  éditée par Santé publique France
n°439  Promouvoir la santé mentale de la population     mars 2017
La promotion de la santé mentale est définie comme étant « un processus visant à renforcer la capacité des personnes et des collectivités à prendre leur vie en main et à améliorer leur santé mentale. Elle met en œuvre des stratégies qui favorisent les environnements de soutien et la résilience individuelle ». Le dossier central de ce numéro rassemble la contribution de 25 experts, il présente un état des connaissances et passe en revue un certain nombre d’initiatives de terrain pour promouvoir une santé mentale positive, mobilisant tous les acteurs requis : professionnels de la santé, du social, réseaux, services de l’État, collectivités territoriales, associations… sans oublier les citoyens eux-mêmes.
Télécharger La Santé en action 439 au format pdf (2.7 Mo)

http://inpes.santepubliquefrance.fr/SLH/pdf/sante-action-439.pdf


NOTICE ARTICLE Suicide : pour changer le destin, place des activités sportives « brillantes » en santé mentale à Tourcoing

Suicide : pour changer le destin, place des activités sportives « brillantes » en santé mentale à Tourcoing (Nord) Frances / Catherine ThevenonPsychiatre, EPSM Lille metropole

La déclinaison et orientations de la stratégie nationale de prévention du suicide menées dans les actions des services de Santé Mentale et de Psychiatrie de Tourcoing, illustrées dans un chantier
d’action sportive Arts Martiaux,  à l’origine du partenariat santé mentale/FFSA (Féderation Française de Sport adapté) à Tourcoing.
Pages 93 à 106 de l'ouvrage  :
"Sport et handicap psychique : Penser le sport autrement " Repenser les actions et les dispositifs en adéquation avec les caractéristiques singulières de la personne handicapée.
Présentation de l'ouvrage :












Depuis que la loi du 11 février 2005 sur l’égalité des droits et des chances de la participation et de la citoyenneté des personnes handicapées reconnait les troubles psychiques comme une des causes possibles d’un handicap, le handicap psychique questionne autant la société civile que le monde du sport handicap.
Les personnes en situation de handicap psychique constituent une population spécifique dont l’approche catégorielle - handicap psychique - demande, notamment dans le champ du sport, à repenser les actions et les
dispositifs en adéquation avec les caractéristiques singulières de ce public.
Cet ouvrage nourrit de contributions et de témoignages donne la mesure de la complexité du phénomène.
Auteurs : Isabelle Caby est Maître de conférence. membre de la commission recherche de la Fédération Française du Sport Adapté. Roy Compte est sociologue, vice-Président de la Fédération Française du Sport Adapté.
Ed champs social Collection Vivre avec son handicap  Dirigée par Bernard Quérol, 2017
http://champsocial.com/book-sport_et_handicap_psychique_penser_le_sport_autrement,986.html

vendredi 7 avril 2017

CHU Nîmes Le cheval : une expérience positive proposée aux personnes âgées hospitalisées pour dépression



Le cheval : une expérience positive proposée aux personnes âgées hospitalisées pour dépression
CHU Nîmes - samedi 01 avril 2017 www.reseau-chu.org*


Equithérapie et médiation par le cheval - CHU de Nîmes

Equithérapie et médiation par le cheval - CHU de Nîmes
Au CHU de Nîmes, les personnes âgées hospitalisées pour dépression se rendent tous les mardis au domaine équestre de Maruejols pour des séances d’équithérapie. Il s’agit d’une prise en charge thérapeutique, non conventionnelle qui utilise le cheval comme complément du soin. La relation à l’animal est ressentie comme une expérience très positive par les personnes suivies en gérontopsychiatrie comme le démontrent les différentes évaluations conduites en psychologie et en neuropsychologique. Cette approche, répandue en maison de retraite, est innovante pour des patients traités en CHU !

La médiation par l’animal : associer soins médicamenteux et non-médicamenteux par le biais d’une activité singulière, validée dans d’autres domaines 
La dépression est une pathologie fréquente chez les séniors, souvent accompagnée d’un risque très élevé suicide. « Cette population est par ailleurs plus résistante aux traitements médicamenteux » souligne Nathalie Bessiere, cadre de santé au CHU de Nîmes. D’où l’importance d’associer les soins conventionnels à une autre forme de soutien. « Intuitivement et cliniquement, nous nous doutions des bienfaits de la démarche. Notre hypothèse de travail reposait sur le postulat que le "prendre soin" de l’animal favoriserait une amélioration de l’estime de soi et de l’humeur, qui sont deux dimensions affectées dans le tableau dépressif » explique Sabrina Jumentier, psychologue-chercheuse, toutes deux à l’initiative du projet
Les bienfaits de l’équithérapie évalués
L’équithérapie est le seul moment où les patients ne sont plus considérés comme des malades. Ce ne sont pas les soignants qui prennent soin d’eux mais eux qui prennent soin des autres, en l’occurrence des animaux. Retrouver le contrôle sur les choses, avoir la sensation de pouvoir aider et de servir l’autre sont autant de gains en estime de soi.
Pour mesurer l’impact des séances sur le moral des personnes âgées, des grilles pré et post évaluation ont été élaborées par des étudiantes en psychologie pour leur cas de fin d’étude. Les items ont permis de relever si la séance améliorait l’humeur des patients et s’ils ressentaient d’avantage d’émotions positives (enthousiasme, gaité) et moins d’émotions négatives (tristesse, irritabilité). 
Parallèlement une évaluation neuropsychologique dans un contexte extra-hospitalier a pu être conduite. En effet, l’équithérapie est une activité émotionnellement chargée qui a la particularité d’absorber l’attention des patients sans qu’ils aient le sentiment d’être soumis à un examen, diminuant ainsi la charge anxieuse. « A travers les activités proposées au patient, le fait de tresser les chevaux, de les atteler, de passer la sangle dans la boucle, nous pouvons voir efficacement les capacités qui restent » commente Nathalie Bessière. « En service, j’évalue les patients sur un plan cognitif via des tests standards : capacité à mémoriser une information, à la manipuler… Mais cela est un peu dénaturé et réalisé dans un contexte d’examen qui peut être anxiogène. L’équithérapie permet de sortir de ce modèle très classique.» conclut Sabrina Jumentier.
Le bonheur est dans le pré
« Maruejols, c’est le domaine du bonheur. Outre les chevaux, il y a des oies, des chats, des chiens, une truie. Le lieu est magique, nous sommes entourés de champs de verdure et d’oliviers. » décrit Nathalie Bessiere. Les soignants constatent des évolutions notables : « Il y a un avant et un après. Les patients qui arrivaient en pleurs, au cours de la séance sourient, rient, leur regard s’illumine, la maladie n’est jamais évoquée, cela ramène à des souvenirs heureux. C’est extraordinaire. »
Les animaux sont choisis en fonction de leur caractère et de leur compatibilité avec les personnes présentes. Brossage, tressage... « La prise de contact s’effectue autant sur le plan physique qu’émotionnel. Tous les sens sont sollicités et, par la suite, un parcours est réalisé.» indique Sabrina Jumentier.
Les bienfaits des séances se ressentent aussi sur le plan des relations interpersonnelles. De retour dans le service, les personnes qui ont participé ensemble aux séances pendant deux ou trois semaines nouent des liens, privilégient les conversations ensemble et s’assoient le plus souvent côte à côte à table, ce qui peut favoriser la prise des repas.

Catégorie : CHU Nîmes, Gériatrie - Gérontologie - Alzheimer, Pédopsychiatrie - Psychiatrie

Contact : CHU Nîmes

·         Benjamin Héraut,
Responsable du service Communication et des Relations publiques.
place du Pr Robert Debré
30029 Nîmes cedex 9
·         Tel : 04 66 68 33 04
Standard : 04 66 68 68 68
http://www.reseau-chu.org/article/le-cheval-une-experience-positive-proposee-aux-personnes-agees-hospitalisees-pour-depression

FORMATION BELGIQUE Liège avril à mai2017 « LE SUICIDE – REPERAGE – EVALUATION- INTERVENTION »

FORMATION « LE SUICIDE – REPERAGE – EVALUATION- INTERVENTION »

25ème EDITION, organisée par la Cellule de Prévention du Suicide de la Province de Liège. Cette formation qui comprend 6 demi-journées et débute le 18 avril prochain, est destinée à toute personne qui, par son activité professionnelle, est en contact avec des personnes suicidaires ou ayant réalisé une tentative de suicide.
Attention, le nombre de places est limité.
Dates et lieu de la formation :
La formation se déroule en 6 séances les mardis de 13h30 à 16h30:
18 avril 2017: Salle du 7ème étage - Bâtiment « Charlemagne » - Place de la République française, 1 à 4000 Liège.
25 avril 2017 : Salle du 6ème étage - Bâtiment « Charlemagne » - Place de la République française, 1 à 4000 Liège.
2 mai 2017 : Salle du 7ème étage - Bâtiment « Charlemagne » - Place de la République française, 1 à 4000 Liège.
16 mai 2017 : Salle du 7ème étage - Bâtiment « Charlemagne » - Place de la République française, 1 à 4000 Liège.
23 mai 2017 : Salle du 6ème étage - Bâtiment « Charlemagne » - Place de la République française, 1 à 4000 Liège.
30 mai 2017: Salle du 7ème étage - Bâtiment « Charlemagne » - Place de la République française, 1 à 4000 Liège.


Public concerné :
Le cycle de formation s'adresse à toute personne qui, par son activité professionnelle, est en contact avec des personnes suicidaires ou ayant réalisé une tentative de suicide.
Objectif :
Au terme du cycle de formation, le participant sera capable de mieux comprendre les déterminants de l'acte suicidaire, de mieux évaluer sa gravité, de mieux établir une relation thérapeutique avec la personne suicidaire et sa famille et de mieux orienter la personne vers une prise charge adéquate.
Méthodes :
Le cycle se déroulera en plusieurs étapes qui aborderont les aspects théoriques et pratiques.
Il comprendra :
l'apprentissage de méthodes spécifiques d'évaluation,
des discussions de cas didactiques,
des jeux de rôle à partir de situations caractéristiques, des discussions de cas vécus par les participants.
Formateurs :
L'équipe de la Cellule de Prévention du Suicide de la Province de Liège.
Condition de participation :
Minimum requis : être en possession d'un Baccalauréat.
Participation financière :
50 euros. Les informations pour effectuer le paiement vous seront communiquées, par mail, lors de la confirmation de votre participation.

Informations :
Département des Affaires sociales de la Province de Liège
Cellule de Prévention du Suicide
Tél : 04/237.27.50 -
preventionsuicide@provincedeliege.be


Source http://www.aliss.be/node/3695

Reportage Dans la région des Combrailles, en Auvergne, associations, professionnels et élus locaux coopèrent pour orienter les personnes isolées vers des médecins ou des structures de soins.

Reportage La médecine force la porte des campagnes
Par Eric Favereau, envoyé spécial dans les Combrailles
Anne-Elisabeth Ingold, de Médecins du monde, le 20 mars dans les Combrailles. 

Dans la région des Combrailles, en Auvergne, associations, professionnels et élus locaux coopèrent pour orienter les personnes isolées vers des médecins ou des structures de soins.

«Je ne veux pas que le médecin vienne chez moi, j’aurais bien trop honte qu’il voit la poussière.» Henri a 58 ans. Ancien menuisier, il est en arrêt maladie, cumulant plusieurs pathologies dont un diabète et maintenant un cancer du poumon. Il vit aux Ancizes-Comps, dans une petite cité pour gens «pas bien riches». Il s’y plaît, avec son chien et ses deux chats. Ce matin-là, comme elle le fait régulièrement, Anne-Elisabeth Ingold, infirmière de formation et aujourd’hui médiatrice de santé à Médecins du monde (MDM), vient lui rendre visite. Cette jeune femme est la cheville ouvrière d’un programme inédit d’aide à des gens isolés dans des régions qui le sont tout autant. Bref, dans des territoires baptisés «déserts médicaux».

Dans les Combrailles. Photo Ludovic Combe pour Libération
Ces territoires, où la médecine n’est plus très présente, sont devenus un enjeu de l’élection présidentielle. Tous les candidats en parlent, affirment haut et fort qu’ils vont répondre au défi des territoires ruraux sans médecins. Mais en même temps, ils apportent très peu de solutions concrètes. Henri habite dans les Combrailles, en pleine Auvergne enclavée et vallonnée, à quelques kilomètres au nord-ouest de Clermont-Ferrand. Les Combrailles forment une vaste zone de collines et de gorges qui s’inclinent doucement vers le nord et l’est. Environ 40 000 à 50 000 personnes y vivent. Activité traditionnelle, l’agriculture constitue encore aujourd’hui l’épine dorsale du tissu social des Combrailles. En termes de santé, en revanche, le bilan est médiocre. Dans un rapport paru en 2015, Médecins du monde avait noté que «50 % des personnes rencontrées ont renoncé à un soin au cours des douze derniers mois», 48 % déclarant rencontrer des difficultés financières pour se faire soigner. Mais aussi 34 % évoquant des difficultés de transport pour aller jusque chez un médecin.
Depuis 2013, Médecins du monde a créé le Réseau de santé et de coordination d’appui (Rescorda), qui a pour unique objet d’améliorer l’accès aux soins des gens vulnérables vivant en milieu rural. Rien n’est simple. Dans les Combrailles, si on n’a pas de voiture - ou une voiture mais peu d’argent pour l’essence -, la vie quotidienne devient vite très compliquée.

«J’ai arrêté l’eau-de-vie, j’en ai plus»

Jacques, lui, n’a pas de voiture mais un tracteur. Il est paysan et vit seul avec ses vingt bœufs d’élevage. Ses parents sont morts. Sa ferme part en lambeaux. Quand Anne-Elisabeth Ingold vient le voir, il fait un peu de ménage à la va-vite et dégage un espace pour la recevoir. L’homme est chaleureux avec elle, a envie de parler. Il est brouillé avec tous ses voisins, ou l’inverse. Anne-Elisabeth Ingold est venue avec un double objectif : faire le point sur sa santé, mais surtout essayer d’avancer sur la question de ses dents et de l’alcool. «Jacques connaît bien son corps, il sait quoi faire après une chute ou une blessure, note la médiatrice. Mais là, il faudrait l’emmener chez le dentiste, il a mal tout le temps. En tracteur, c’est trop loin, à 7 kilomètres, et en plus des dentistes, il y en a bien peu.» Sans Médecins du monde, pas de soin.
«J’ai arrêté l’eau-de-vie, j’en ai plus», raconte Jacques. «Mais pour les courses ?» lui demande Anne-Elisabeth. «Pour le vin, il y a quelqu’un qui passe et il m’en vend régulièrement», lâche-t-il. Jacques est seul. Il a un fusil. «Le moral, ça va ?» s’inquiète Anne-Elisabeth. «Parfois, j’en peux plus» , reconnaît-il. «Vous avez une belle force de vie», lui répond la jeune femme dans un grand sourire. «Ça, c’est vrai», réagit aussitôt Jacques. Le suicide est une hantise. Les chiffres sont terribles. «Les hommes vivant dans ce pays présentent des caractéristiques de forte surmortalité : près de 13 % pour l’ensemble des décès, 28 % pour la mortalité prématurée avant 65 ans, 25 % pour la mortalité due aux maladies cardio-vasculaires. Et 57 % pour la mortalité due aux suicides.» Faut-il rappeler qu’en France un agriculteur se suicide tous les deux jours… L’année dernière, Anne-Elisabeth a rencontré 120 personnes, comme Jacques ou Henri, 30 à 40 visites par mois.
«On était plutôt interrogatifs quand on a lancé ce projet», raconte le professeur Olivier Lesens, infectiologue au CHU de Clermont-Ferrand, et porteur du programme. «On avait lancé des études, vu les difficultés d’accès aux soins, le poids des transports, mais que faire ?» Et aussi comment faire ? Car sur place, en particulier à Saint-Eloy-les-Mines, un des bourgs les plus importants des Combrailles, des élus et quelques professionnels de santé ont regardé l’arrivée de MDM avec scepticisme, voire une franche hostilité. Comme si l’ONG renvoyait de leur région une image de pays du tiers-monde. «On a commencé doucement, et on a vu qu’il fallait se positionner comme des médiateurs de santé et non comme des assistants sociaux ou des infirmières. C’est un métier nouveau pour une fonction nouvelle : permettre aux gens d’avoir accès aux soins, les aider, savoir que pour un certain nombre de personnes, faire le plein de la voiture pour aller ensuite chez le médecin n’est pas toujours possible.»

Indispensable goutte d’eau

Aujourd’hui, après deux ans de mise en place, le programme fonctionne et est bien accepté. C’est une goutte d’eau, mais elle est devenue indispensable notamment pour les personnes les plus en difficulté. Ce programme fonctionne, parce qu’il s’inscrit dans le contrat local de santé des Combrailles, qui dépend du Syndicat mixte pour l’aménagement et le développement de la région. Derrière ce vocabulaire bien administratif, se cache une petite structure qui surprend par son dynamisme et son envie de faire bouger les choses. On est loin des grandes déclarations pour lutter contre les déserts médicaux, à l’image des propos des candidats à l’élection présidentielle. On est là, au plus près du terrain et des acteurs.
En 2010, un constat inquiétant avait été fait : il y avait 40 médecins en activité pour 46 118 habitants, représentant une densité de 0,86 médecin pour 1 000 habitants contre 1,14 pour le Puy-de-Dôme et 1,07 pour l’Auvergne (une densité en dessous de la moyenne nationale), mais ce n’était pas la catastrophe. L’avenir semblait inquiétant : vingt et un médecins avaient plus de 55 ans, dont quatre plus de 60 ans et deux plus de 70 ans. «Ceci signifie qu’à population constante et sans succession médicale assurée, cette densité passera à 0,73 médecin pour 1 000 habitants d’ici cinq ans et à 0,41 médecin d’ici dix ans…» Des chiffres inquiétants.
Dans son petit bureau à Saint-Gervais-d’Auvergne, accolé au musée de la guerre et de la résistance, Marie-Pierre Condort anime le contrat local de santé. Elle est jeune (une trentaine d’années) et fourmille d’idées et de projets. Et surtout, dans ce monde où tout un chacun a des idées, elle impressionne par son pragmatisme. «Regardez, les Combrailles qu’on pourrait considérer comme une région vieillotte, eh bien c’est là qu’a été ouverte la première Maison de santé en Auvergne, à Pionsat, en janvier 2014.» Il s’agit d’un regroupement de sept professionnels de santé : trois médecins, deux cabinets d’infirmières, un dentiste et un cabinet de kinésithérapeute. Et ça marche. «L’enjeu est de maintenir une offre de soins de premier recours. Il y a des médecins, mais ils partent tous et vite à la retraite. Les jeunes ? Il faut que le lieu soit attractif, et pas seulement avec des maisons de santé, mais aussi des écoles, des lycées.»
Alors, Marie-Pierre Condort se démène, avec les élus et les professionnels de santé. «La clientèle est là, il n’y a pas de souci, toute la question est de rendre le lieu attractif.» Elle multiplie les initiatives ; un «pôle de santé» a été ouvert dans le village de Pontaumur. Au départ, treize professionnels de santé ont travaillé en réseau. Aujourd’hui, ils sont 48. «Ils n’ont pas de locaux en commun, mais ils partagent les patients, avec un même dossier. Tout le monde se dit satisfait», affirme Marie-Pierre Condort.
Que pense-t-elle des aides financières pour faire venir les médecins ? «Cela ne suffit pas.» Des mesures contraignantes ? «Quand je vois les jeunes, cela ne fonctionnerait pas.» Aidée par le syndicat mixte de la région, elle fait du tricotage au plus près du terrain. «Aujourd’hui, on a réussi à faire venir des médecins. Une nouvelle maison de santé va s’ouvrir dans une autre commune. Ils arrivent en juin.»

Coût exorbitant

Reste un problème, sans solution évidente : l’absence de médecins spécialistes. Il faut aller à Clermont pour en trouver. Les faire venir ? Impossible. «Déjà pour avoir rendez-vous avec un ophtalmo à Clermont, c’est dix-huit mois d’attente…» Une expérience pilote de télémédecine vient de débuter dans cinq unités, dont trois en maisons de retraite liées au CHU. «C’est prometteur, lâche Marie-Pierre Condort. Je ne dirai pas que l’on a arrêté l’hémorragie, ce n’est pas encore gagné, mais on n’a pas encore perdu. […] Pour gagner, il faut tenir les deux bouts : s’occuper de faire venir des médecins, et s’occuper des gens, comme avec Médecins du monde.»
Retour avec Anne-Elisabeth Ingold. Ce matin-là, elle voit pour la première fois un vieux couple de retraités qui vit dans une petite maison. «Quand même, c’est rude. Et mon mari a travaillé toute sa vie !» lâche l’épouse qui est à bout. Là, il ne s’agit pas de déserts médicaux. Le couple ne sait plus quoi faire. Il se bat parce que l’homme entend de moins en moins bien et qu’il doit se faire appareiller. Mais le coût est exorbitant : 2 400 euros, dont 1 600 euros à sa charge. Une dépense impossible. De leurs revenus de 1 263 euros, il ne leur reste que 455 euros par mois pour vivre. Anne-Elisabeth Ingold est là pour essayer de trouver des aides. «J’en ai assez de remplir des papiers, lâche la femme. On va perdre la santé, à force.»
Eric Favereau envoyé spécial dans les Combrailles
 
http://www.liberation.fr/france/2017/04/03/la-medecine-force-la-porte-des-campagnes_1560336 

Rapport : Évaluation du dispositif VigilanS Dispositif pilote de veille post-hospitalière des suicidants

Rapport : Évaluation du dispositif VigilanS

Source signalée par psycom.org *  le 29 mars 2017
[CCOMS] Retrouvez le bilan étape de l'évaluation du dispositif pilote de veille post - hospitalière des  suicidants VigilanS.
Lancé par le DG ARS le 1/9/2014, VigilanS ouvre le 1 er site à  Boulogne le 1 er février 2015 . Progressivement, tous les sites  hospitaliers accueillant des suicidants dans notre Région ont rejoint  volontairement le dispositif. L ’ année 2016 est donc la première  année « pleine », où la quasi - totalité des sites incluaient VigilanS  dans leur prise en charge (hors cliniques privées et établissements  pénitentiaires). Nous évaluons dans ce document le quantitatif des  conduites suicidaires, en comparant 2016 (avec VigilanS) à 2014  (avant VigilanS), en NPC et en Picardie  (région de comparaison  partageant une épidémiologie comparable sur la même période de  temps)
Source CCOMS

27/02/2017 Dispositif pilote de veille post-hospitalière des suicidants (bilan d’étape)

http://www.ccomssantementalelillefrance.org/sites/ccoms.org/files/vigilans.pdf

 

* http://www.psycom.org/Actualites/Pour-en-savoir-plus/Rapport-Evaluation-du-dispositif-VigilanS

ARS PAYS DE LA LOIRE zoom sur la dépression le point sur les actions menées en Région



Journée mondiale de la santé : zoom sur la dépression
Actualité  Date de publication
La Journée mondiale de la santé est organisée, chaque année, le 7 avril par l'Organisation mondiale de la santé. Le thème 2017 est "la dépression, parlons-en". L'occasion pour l'ARS Pays de la Loire de faire le point sur les actions menées.

Qu'est-ce que la dépression ?

Le fait de se sentir triste, "déprimé", d’avoir des "idées noires" ou des difficultés à dormir ne signifie pas forcément que l’on souffre de dépression. Pour parler de dépression, il faut une conjonction de symptômes qui se manifestent de façon (quasi) permanente pendant une période d’au moins deux semaines et qui entraînent une gêne importante au niveau affectif, social, professionnel ou dans d’autres domaines importants de la vie.
L’épisode dépressif majeur se caractérise par la présence, pendant au moins deux semaines consécutives, d’une tristesse de l’humeur et/ou d’une diminution marquée de l’intérêt ou du plaisir pour la plupart des choses habituellement agréables associés à d’autres symptômes tels que la fatigue, les troubles du sommeil, la dévalorisation de l’image de soi etc.(dossier santé mentale – Santé publique France)

En France : les chiffres

En France, selon les premiers résultats de l’Enquête santé européenne- enquête santé et protection sociale 2014, presque 1 femme sur 10 et 1 homme sur 20 présentent des symptômes dépressifs, qui s’accentuent à partir de 75 ans, et touchent particulièrement les ménages d’employés. Avec 7 % de personnes concernées, la France se situe dans la moyenne européenne.

En Pays de la Loire : les chiffres

Dans la région comme en France, certains indicateurs de santé mentale se sont dégradés entre 2010 et 2014. En effet, on observe sur cette période une progression de la prévalence des états de détresse psychologique, des pensées suicidaires, ainsi que des tentatives de suicide (exploitation ORS Pays de la Loire du Baromètre Santé INPES 2014).
La prévalence régionale pour les pensées suicidaires est en 2014 supérieure à la moyenne nationale. Ainsi,  7 % des Ligériens de 15-75 ans déclarent avoir pensé́ à se suicider dans l’année vs 5 % en France. Concernant les tentatives de suicide, leur prévalence régionale reste proche de la moyenne nationale en 2014 (7 % des Ligériens de 15-75 ans déclarent avoir déjà̀ fait une tentative de suicide au cours de leur vie).

Informer la population et former les professionnels

Informer la population générale, les professionnels et les aidants, former les médecins généralistes et les professionnels de maisons de santé pluri professionnelles afin de mieux repérer les signes avant-coureurs de la dépression et intervenir précocement notamment chez la personne âgée ont constitué les grands axes de travail de l’ARS des Pays de la Loire depuis sa création.
Le financement du Gérontôpole dans le cadre du projet Mobiqual dépression a permis, jusqu’en 2016, la création de plusieurs plaquettes d’information à destination des aidants ou des professionnels :
  • « Comprendre et repérer la dépression de la personne âgée »,
  • « Repérer la dépression et le risque suicidaire de la personne âgée »,
476 professionnels d’EHPAD et de SSIAD ont été formés et 1336 personnes ont été sensibilisées (aides à domicile, professionnels de santé, grand public) à travers la mise en place de conférences sur cette thématique dans toute la région.
De même, grâce à notre soutien l’URAFORMEC, propose actuellement des formations au repérage et à la prise en charge de la dépression et du risque suicidaire aux médecins libéraux, médecins du travail ou aux professionnels de santé des MSP.
Depuis 2015, ces formations ont touché 194 professionnels de la région et ont mobilisé 6 psychiatres et 8 médecins généralistes en charge de la co-animation de ces sessions.
Par ailleurs, nous soutenons plusieurs associations de prévention visant à soutenir, écouter les personnes en détresse dont l’association SOS dépression en Loire Atlantique.

Actions à venir en 2017
Pour information, l’INSERM va mobiliser des villes courant 2017, autour d’un programme de recherche interventionnelle et évaluative portant sur un outil numérique de prévention du mal-être et du suicide appelé « stopblues ». L’objectif est de tester l’intérêt d’une application numérique d’évaluation de l’humeur, d’information sur la santé mentale et les aides environnantes, proposant également un plan de soutien et des numéros d’urgence. La ville de Nantes pourrait se mobiliser dans ce cadre.

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MISE A JOUR Ciné film Corporate sorti dans les salles le 5 avril

Le film Corporate est  dans les salles depuis le 5 avril. Il s’intéresse à la thématique du suicide dans le monde du travail.


Dossier de présentation de Diaphana Distributions  http://diaphana.fr/media/corporate-2/CORPORATE_DP_WEB.pdf





1er post 25/02/2017


Article sur le sujet

Comment le film Corporate traite du rôle du Responsable des Ressources humaines dans le suicide d'un salarié
Le film entraîne notre regard sur l’éthique des pratiques d’une entreprise et de la place des Ressources humaines comme main armée des objectifs opérationnels.
11/04/2017 www.huffingtonpost.fr
Sandrine Vialle-Lenoël
Ecrivaine, Psychanalyste, Psychosociologue, Intervenante Prévention des Risques Professionnels Dans le film Corporate, la courte distance focale sur la Responsable des Ressources Humaines, Emilie Tesson-Hansen (Céline Sallette), nous ferait oublier le suicide d'un salarié, qui donne pourtant un relief tout particulier au personnage principal. Le film entraîne notre regard sur l'éthique des pratiques d'une entreprise et de la place des Ressources humaines comme main armée des objectifs opérationnels.
Le suicide dans l'ensemble de son processus est traité par le réalisateur, Nicolas Silhol, avec une grande justesse.
Cette RRH n'a aucun questionnement sur les conséquences de ses actes. Ces derniers répondent à un objectif donné par le Directeur des Ressources Humaines et la Direction Générale. Elle ne pense pas à un "au-delà", des effets produits sur les salariés. Stéphane Froncart (Lambert Wilson), le DRH, bien plus cynique qu'Emilie, la mettra en réflexion sur les risques engendrés par leurs pratiques. Ces séquelles humaines, il les a envisagées, mais qu'importe, le résultat attendu justifie les moyens. Il ne se sent pas responsable du "choix" que fera le salarié que l'entreprise pousse dehors. La résilience du salarié ou son effondrement n'est pas du registre de sa responsabilité. D'ailleurs, les fragilités personnelles, les difficultés de la vie privée seront mises en avant, afin de donner une cause à l'acte et tenter de décharger l'entreprise d'une éventuelle responsabilité.
Le suicide de M. Dalmat viendra confronter brutalement Émilie sur ce qu'elle ne voulait ni voir, ni savoir de la réalité du salarié quand elle pousse à la démission avec tant d'habileté. Dans la scène du bar, elle réalise son identité, elle n'est plus RRH, elle trouve une nouvelle nomination "je suis une Killeuse", elle a été embauchée pour cela, c'est sa compétence, son rôle auprès de sa direction. Il y aura pour cette RRH un avant et un après, avec la prise de conscience que sa pratique peut rendre propice le passage à l'acte suicidaire.
Emilie n'a pas envisagé le suicide comme une conséquence possible. Elle ne possède pas non plus les connaissances pour repérer un processus suicidaire. Contrairement au discours circulant dans les entreprises, véhiculé par bon nombre d'intervenants, les signes ne sont pas faibles, ils ne relèvent pas de l'intensité, ces signes sont visibles à ceux qui ont les connaissances pour les lire. Pour exemple, les différentes demandes d'appel à l'autre de la part de Mr Dalmat qui restent sans réponse, sont un risque pour celui dont l'acte suicidaire a pris une place dans la pensée. Puis la scène dans la rue où M. Dalmat attrape violemment Emilie par le bras, s'affranchit de la distance qu'impose la relation, il s'agrippe, elle a peur, exaspérée, elle lui dit la vérité: l'entreprise ne veut plus de lui. Cette scène est un signe avant coureur d'un passage à l'acte suicidaire, c'est un passage à l'acte mais qui s'adresse encore à l'Autre et n'en est pas une rupture définitive. La demande est au centre de la scène. Si, à ce moment précis, le suicide est proche, il est néanmoins encore évitable. Mais si celui qui est confronté au risque n'est pas retenu par l'Autre, le passage à l'acte suicidaire va se présenter rapidement comme un dénouement. Emilie n'interprète pas cet acte comme un appel, elle n'a aucun mouvement vers lui, se protéger l'emporte. On apprendra plus tard qu'il a réitéré auprès du DRH un appel qui restera sans réponse satisfaisante. Le lâcher de l'Autre va précipiter ce salarié dans un passage à l'acte suicidaire, le suicide étant devenu "sa" solution: il se laisse chuter, il démissionne de tout, de l'entreprise, de l'autre, de la vie.
Quels sont les Responsables ou Directeurs des Ressources Humaines ou tout autre acteur de prévention en entreprise qui, en voyant cette scène, ont su qu'il s'agissait d'un "acting out" parfaitement repérable comme signe avant-coureur d'un passage à l'acte suicidaire, que certains spécialistes, de la prévention du suicide, certes peu nombreux, savent particulièrement repérer?
Le suicide sur le lieu du travail est le plus souvent interprété comme un message adressé aux autres, chargés d'interpréter le sens d'une souffrance, qui n'a été ni entendue ou ni traitée ou qui n'a pas pu se "dire". En effet, M. Dalmat ne dit rien de son mal-être, il ne trouve personne à qui l'adresser, il est perceptible par son physique et son errance, particulièrement bien joué par l'acteur dont on ne trouve d'ailleurs nulle part le nom dans le casting sur internet, tant il colle au personnage!
Le traitement par la Responsable des Ressources Humaines de l'après suicide est d'une grande maladresse. Le suicide produit un arrêt. Les proches collègues n'ont de cesse de reconstituer "l'avant" du passage à l'acte, relevant les quelques incohérences de leur comportement qu'ils ne décryptent qu'a postériori. La culpabilité de ne pas avoir vu, de ne pas avoir répondu au désarroi de leur collègue, et enfin l'interrogation de leur conscience sur leur part de responsabilité, même si elle est envisagée comme infime. La scène dans l'open space est bouleversante de crédibilité.
La RRH veut aller vite et souhaite faire disparaître toute trace de M. Dalmat. Le rangement de ses affaires personnelles fera à nouveau l'objet d'un passage à l'acte, une altercation violente entre le manager et un collaborateur.
Là encore, ce passage à l'acte aurait pu être évité, si la RRH avait su qu'il faut du temps pour arriver à dépasser la perte brutale d'un collègue et qu'il est nécessaire de laisser au collectif le choix du rythme et de la manière la plus acceptable pour eux, de gérer cet après.
Ce film ne vient pas seulement interroger l'éthique d'une Direction et de la fonction des Ressources Humaines, mais aussi rappeler à l'employeur qu'il a l'obligation de protéger la santé et la sécurité des salariés quel que soit le contexte économique de l'entreprise et que son manquement relève de la faute inexcusable. Si la plupart des entreprises sont plus attentives aujourd'hui à leur pratiques et ont mis en place des préventions en matière de risques psychosociaux, il demeure néanmoins, ça et là, des situations dégradées de travail, des comportements déviants, des ambiances délétères, et des suicides.
Les raisons d'un suicide sont complexes et multifactorielles, les facteurs de déclenchement parfois surprenants et inattendus, les interprétations trop courtes et linéaires sont rarement justes. Face à ces situations complexes, les pratiques de prévention se heurtent encore trop souvent à un champ de connaissance du fait psychique trop restreint ou erroné dans son rapport au social et tout particulièrement en matière de suicide, où connaître les conditions qui rendent propices l'émergence d'un passage à l'acte est un enjeu crucial.
http://www.huffingtonpost.fr/sandrine-viallelenoel/comment-le-film-corporate-traite-du-role-du-responsable-des-ress_a_22035000/