lundi 19 février 2024

A La Rochelle, le service CAPSUL 17 se consacre à la prévention du suicide

Nouvelle-Aquitaine Charente-Maritime La Rochelle
d’après article Les idées suicidaires en hausse chez les jeunes : à La Rochelle, le service CAPSUL 17 se consacre à la prévention du suicide

Une récente étude met en lumière l'augmentation inquiétante des idées suicidaires chez les jeunes. À La Rochelle, dans l'enceinte de l'hôpital, un service est consacré exclusivement à l'accueil de ceux qui souffrent et à la prévention du suicide. Ce service s'appelle CAPSUL 17.

CAPSUL 17 pour Centre d'Accueil Psychiatrique, de Soins d'Urgences et de Liaison de Charente-Maritime. Il s’agit d’une unité de soins entièrement au service de la santé mentale au sein de l'hôpital de La Rochelle.

Les jeunes étudiants, quand ils arrivent dans une ville qu’ils ne connaissent pas forcément, ils ne connaissent pas les repères.

Benjamin Belin

Psychiatre - Chef de service CAPSUL 17

Trois médecins et 17 infirmières travaillent ici et le service compte six chambres d'hospitalisations ainsi que des urgences psychiatriques. Si le nombre de suicides est en net recul en France, 8 800 tout de même, les idées suicidaires augmentent, en particulier chez les jeunes. Un constat que partage le chef de service de ce centre, Benjamin Belin, qui côtoie au quotidien la détresse des étudiants : « Les jeunes étudiants, quand ils arrivent dans une ville qu’ils ne connaissent pas forcément, ils ne connaissent pas les repères, ils n’ont pas forcément leur famille, leur entourage, les lieux de soins ne sont pas toujours identifiés… Effectivement, c’est un public. »

Ici, les urgences psychiatriques accueillent jusqu'à 10 patients certains jours et le service fonctionne 24 h sur 24. Le travail des professionnels de santé est d’apaiser, d’orienter, d’écouter et de recréer du lien.

Depuis quelques années, la prévention des suicides est un enjeu national avec un réseau de vigilance, des formations et un numéro d'appel, le 3114. Et l’action de CAPSUL 17 ne se limite pas à l’enceinte de l’hôpital. Des actions sont menées à l’extérieur, comme l’explique Emilie Sauvaget, docteure en psychologie et coordinatrice prévention suicide et promotion de la santé mentale : « On va faire des ateliers sur la santé mentale dans les collèges et les lycées. Il y a aussi des stratégies qui sont mises en place, notamment avec les conseils locaux en santé mentale qui sont des espaces de démocratie sanitaire avec l’hôpital, des élus, des citoyens. Ce qu’on voit aussi, c’est que les jeunes, il faut les lier à tout ça, qu’il faut faire des choses avec eux et pour eux. »

On va faire des ateliers sur la santé mentale dans les collèges et les lycées.
Emilie Sauvaget Docteure en psychologie et coordinatrice prévention suicide et promotion de la santé mentale

Autant d’initiatives pour endiguer ce fléau qu’est le suicide. Rappelons qu’il constitue la deuxième cause de mortalité chez les 15-25 ans et chaque année en France, 200 000 personnes tentent de mettre fin à leurs jours.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/charente-maritime/la-rochelle/les-idees-suicidaires-en-hausse-chez-les-jeunes-a-la-rochelle-le-service-capsul-17-se-consacre-a-la-prevention-du-suicide-2925759.html

vendredi 16 février 2024

CANADA Processus clinique de prévention du suicide auprès des personnes autistes ou ayant une déficience intellectuelle

Processus clinique de prévention du suicide auprès des personnes autistes ou ayant une déficience intellectuelle
Un ensemble d’outils cliniques de soutien à l’intervention auprès des personnes autistes ou ayant une DI et des manifestations associées au suicide 2023

https://ditsasuicide.ca/wp-content/uploads/2024/02/VERSION-FINALE-Page-de-garde-17-jan-2024.pdf

Auvergne-Rhône-Alpes 35% de suicides en moins entre 2000 et 2020 : des efforts toujours soutenus

 Auvergne-Rhône-Alpes 35% de suicides en moins entre 2000 et 2020 : des efforts toujours soutenus pour enrayer ce fléau

Prévenir le suicide ? C’est l’objectif de très nombreuses structures et personnels soignants de la région. Bonne nouvelle : l’étude d’un observatoire régional révèle que les chiffres ont baissé de manière significative ces vingt dernières années. Tout en restant plus élevés que ceux des morts dans les accidents de la circulation.

M.K. - 16/02/24 https://www.ledauphine.com/*
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En Auvergne-Rhône-Alpes, le suicide reste la première cause de mortalité chez les 25-34 ans. Un nombre croissant de dispositifs de prévention est mis en place pour combattre ce fléau.

Le saviez-vous ? Il existe un numéro de téléphone gratuit pour éviter les suicides : le 31 14. Il est accessible dans toute la France, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. En Auvergne-Rhône-Alpes, deux centres ont ouvert depuis octobre 2021 pour apporter une réponse aux personnes en situation de souffrance psychique, ayant besoin d’un avis après une crise, inquiètes pour un proche ou endeuillées.

Entre janvier et novembre 2023, celui de Lyon a pris 7 013 appels, soit 2,4% de plus qu’en 2022. La hausse est encore plus spectaculaire à Saint-Étienne : avec 4 753 communications prises en charge, le total des échanges a été multiplié par presque cinq d’une année sur l’autre. Ce surcroît d'activité résulte aussi d’une meilleure identification de ces structures.

Une écoute possible et un taux de mortalité en baisse

Au bout du fil, infirmiers et psychologues formés à la gestion de la crise suicidaire apportent une écoute, évaluent la situation et peuvent aussi orienter la personne qui les contacte. Un service incontestablement utile, même si, dans la région, le taux de mortalité par suicide a chuté de 35% entre 2000 et 2020. C’est ce qu’indique un rapport de l’Observatoire régional du suicide publié en début d’année.

Avec 965 décès en 2020, le suicide atteint un niveau presque trois fois supérieur à celui des accidents de la circulation. Il reste la première cause de mortalité chez les 25-34 ans (devant les tumeurs) et la deuxième chez les 15-24 ans (après les accidents de la circulation). Les chiffres révèlent également que la surmortalité par suicide augmente chez les hommes avec l’âge, surtout après 75 ans.

Les jeunes pas épargnés, les communes défavorisées plus touchées que les autres

Toujours en Auvergne-Rhône-Alpes, trois décès par suicide sur quatre concernent des hommes. La région a comptabilisé 10 029 séjours hospitaliers pour tentative de suicide en 2022. Si on y ajoute les passages aux urgences, près des deux tiers sont le fait de femmes.

Tous sexes confondus, près de deux passages aux urgences sur cinq (39%) concernent des personnes âgées de moins de 25 ans. Les experts constatent aussi que la mortalité par suicide reste plus élevée dans les communes les plus défavorisées et les plus rurales.

Signe que le fléau est pris au sérieux : l’existence d’un réseau VigilanS dans la région. Ce dispositif de maintien du lien et de veille post-hospitalière est proposé à tous les suicidants à la sortie d’un service de soins. Objectifs : limiter la réitération suicidaire et favoriser l’accès aux soins en santé mentale. Entre janvier et octobre 2023, 3 100 personnes ont ainsi été prises en charge. La couverture territoriale de VigilanS a augmenté en 2023. Quatre pôles sont en place à Grenoble, Lyon, Saint-Étienne et Clermont-Ferrand.

L’Autorité régionale de santé (ARS) dispose également d’un pool d’une soixantaine de formateurs, répartis sur l’ensemble des douze départements. Entre 2019 et 2022, elle a pu déployer 78 formations à la prévention du suicide auprès de 802 acteurs locaux.

https://www.ledauphine.com/sante/2024/02/16/35-de-suicides-en-moins-entre-2000-et-2020-des-efforts-toujours-soutenus-pour-enrayer-ce-fleau

VigiteenS, un dispositif de prévention et d’accompagnement testé dans la Marne

En région,Marne
Suicide des ados : VigiteenS, un dispositif de prévention et d’accompagnement testé dans la Marne

Les tentatives de suicide ont bondi depuis quelques années chez les jeunes adultes. La médecin psychiatre Louise Pimpaud et ses équipes ont mis en place VigiteenS, un dispositif de veille permettant de lutter contre la récidive chez les ados. Il consiste à « prendre des nouvelles ».

Le Grand-Est est la première région à déployer le dispositif  "VigiteenS" sur le territoire national avant une généralisation au cours de l'année 2024. Une carte est distribuée aux patients après leur première tentative de suicide où l'on retrouve des numéros d'urgence. LP/Laurie Andrès
Le Grand-Est est la première région à déployer le dispositif "VigiteenS" sur le territoire national avant une généralisation au cours de l'année 2024. Une carte est distribuée aux patients après leur première tentative de suicide où l'on retrouve des numéros d'urgence. LP/Laurie Andrès

Ce matin-là, dans le hall du CHU Robert Debré de Reims, dont le nouveau bâtiment encore en chantier devrait être inauguré en mai 2024, des stands sont installés face à l’entrée principale. En ce 5 février, journée nationale de prévention contre le suicide, équipes soignantes, associations viennent présenter au grand public leurs dispositifs d’aide et d’écoute pour prévenir le suicide et ses récidives.

Parmi les présents, l’Établissement Public de Santé Mentale de la Marne (EPSM), établissement référent dans la prise en charge psychiatrique dont l’antenne est installée à Châlons-en-Champagne (www.epsm-marne.fr). Représenté par la médecin psychiatre Louise Pimpaud et ses équipes, l’EPSM est venu présenter un nouveau dispositif de prévention contre la récidive suicidaire des adolescents, qui devrait être déployé à l’échelle nationale courant 2024.

Appelé « VigiteenS », parent de VigilanS crée en 2015 par le Professeur Guillaume Vaiva du CHRU de Lille, destiné aux adultes, ce dispositif permet d’encadrer les adolescent(e) s et les mineur(e) s dès leur première hospitalisation en urgence en organisant autour du jeune ayant fait une tentative de suicide un réseau de professionnels de santé qui garderont le contact au cours des six premiers mois- voire plus si nécessaire - de sa prise en charge.

Comme pour les adultes, mais après accord parental, une carte « ressources », de la taille d’une carte bancaire, est remise au jeune patient à sa sortie du service des urgences : elle contient des numéros et un QR code à flasher avec des numéros à contacter selon le besoin. À l’autre bout du téléphone, deux encadrants soignants, formés à la crise suicidaire, installés à la clinique Henri-Ey de l’EPSM de la Marne, à Reims.

Chaque patient(e) est ainsi contacté(e) par téléphone par l’équipe de VigiteenS, tout d’abord entre dix et vingt-et-un jours après sa tentative de suicide, puis trois et six mois plus tard. « Le but est de prendre des nouvelles. C’est l’occasion de faire le point sur l’évolution de la situation et, le cas échéant, de proposer différentes possibilités d’aide et de prise en charge », explique le Dr Louise Pimpaud.

Comme pour les adultes, des cartes postales sont expédiées systématiquement deux mois après l’acte, puis trois, quatre et cinq mois plus tard. En parallèle, des SMS sont envoyés aux enfants et adolescents une semaine après leur tentative de suicide, puis un, deux, quatre et six mois plus tard. « Les SMS, c’est un peu la nouveauté sur VigiteenS, les ados et mineurs sont plus difficiles à aller chercher, on va plus au contact des jeunes parce qu’ils lâchent un peu plus vite les soins que les adultes », ajoute le Dr Louise Pimpaud. À six mois, un bilan est réalisé avec les parents ou l’adulte référent afin d’évaluer la prise en charge future.

Avec une équipe composée de trois infirmier(e) s, un psychologue et deux coordinateurs, l’EPSM de la Marne fait partie des établissements qui déploient ce dispositif dans sa phase de test avant sa généralisation dans toutes les structures ayant des missions de prévention et de diagnostic de la santé mentale. Lancé en novembre 2023, dans la Marne, « VigiteenS » entend confirmer les résultats probants déjà observés sur le même dispositif VigilanS déployé depuis novembre 2020 dans la région et partout en France.

« On observe une baisse de 38 % des récidives de suicide et de mortalité par suicide pour les patients adultes inclus dans le dispositif », confirme le Dr Louise Pimpaud. La santé mentale, sujet préoccupant et souvent corrélée à une situation sanitaire dégradée depuis 2020 fait souvent l’objet d’un amalgame mais ne peut justifier à elle seule l’augmentation des pensées suicidaires chez les jeunes.

« Pour le suicide, on ne peut jamais faire de lien de causalité, il n’y a pas d’explication scientifiquement prouvée qui tente à relier l’acte à une situation donnée. On a constaté une augmentation et donc il fallait faire quelque chose pour les jeunes. » Avec près de 2400 patients, tous âges confondus, quarante patients à recontacter par jour, des appels nombreux, reflet d’une situation d’urgence, l’EPSM de la Marne entend continuer sa mission première : faire connaître le dispositif pour que tous puissent en bénéficier.

Depuis novembre 2021, un numéro national de prévention du suicide est également mis en place. Si vous êtes en détresse et avez des pensées suicidaires ou si vous voulez aider une personne en souffrance, vous pouvez contacter le 3114.

https://www.leparisien.fr/marne-51/suicide-des-ados-vigiteens-un-dispositif-de-prevention-et-daccompagnement-teste-dans-la-marne-14-02-2024-B77S57U3CBBW5GWFWWX6A22RQA.php

jeudi 15 février 2024

MANIFESTATION 22/02/24 BORDEAUX (33) SOIRÉE-DÉBAT DANS LE CADRE DE LA JOURNÉE NATIONALE DE PRÉVENTION DU SUICIDE

 

JEUDI 22 FÉVRIER 2024, BORDEAUX (33)

 
SOIRÉE-DÉBAT DANS LE CADRE DE LA JOURNÉE NATIONALE DE PRÉVENTION DU SUICIDE

Organisée par l’association  écoute et paroles SOS suicide phénix , l’association Rénovation, le 3114, le Conseil local en santé mentale de la ville de Bordeaux, et la Consultation pour personnes endeuillées du C.H. Charles Perrens
Projection du film suivie d’un débat avec Katia Chapoutier, la réalisatrice, et des représentantes de la Consultation pour personnes endeuillées.
Achetez vos places à l’avance au cinéma, à partir du Lundi 12 Février.

LA VIE APRÈS LE SUICIDE D’UN PROCHE

AFFICHE

Écrit et réalisé par Katia CHAPOUTIER
- documentaire France 2017 1h10mn -

Du 22/02/24 au 22/02/24

Tout le monde l’appelait « Titi ». « C’était ma grande sœur », dit la réalisatrice du documentaire, Katia Chapoutier, dans l’un des rares moments de voix off du film. Sa sœur s’est suicidée en 2006, à l’âge de 46 ans. Depuis, elle tente de comprendre pourquoi cette docteure bonne vivante a décidé de mettre fin à ses jours, laissant notamment derrière elle cinq enfants.
Après le suicide, il y a ceux qui restent. Selon une étude menée par l’Observatoire national du suicide, chaque décès touche, directement ou indirectement, vingt-six personnes, soit 300 000 chaque année. Pour la plupart, des proches endeuillés qui tentent de se reconstruire malgré la douleur, et auxquelles Katia Chapoutier a d’abord consacré un livre, avant ce documentaire. Soit un travail qui s’est appuyé sur dix ans d’enquête et de rencontres pour tenter d’obtenir une réponse à cette seule question : comment retrouver le goût de la vie après une telle épreuve ?
À la manière d’une bande de copains qui se seraient réunis le temps d’un week-end, Anne-Cécile, Elisabeth, Eric, Paul, et les autres, sont là pour partager leur expérience. Car s’ils ont en commun le même drame, ces hommes et ces femmes ont éprouvé des sentiments et des émotions propres, singulières, différentes les uns des autres. Chacun a dû surmonter la culpabilité, la colère, la honte, le déni, pour tenter de faire, comme on dit, son travail de deuil.
Le suicide évoqué à travers ceux qui y ont été confrontés, et qui parviennent à en parler sans tabou : telle est la démarche qu’a choisie Katia Chapoutier… (M. Ait Lachkar, Le Monde)

JEUDI 22 FÉVRIER 2024 à 20h30

https://www.cinemas-utopia.org/bordeaux/index.php?id=7341&mode=film

lundi 12 février 2024

CONDUITES SUICIDAIRES Chiffres clés en Occitanie 2024

CONDUITES SUICIDAIRES
Chiffres clés en Occitanie
Février 2024
L’ORSM est co-porté par la FERREPSY Occitanie et le CREAI-ORS Occitanie, avec le soutien financier de l’ARS  orsm-occitanie.fr@ orsm-occitanie@ferrepsy.fr
Publication février 2024
https://orsm-occitanie.fr/wp-content/uploads/2024/02/ORSM-2024-02-Conduites-suicidaires-Occitanie.pdf

MANIFESTATION La Courneuve (93) CinéSanté projection du film Le monde Charlie le 29/02/24

Dans le cadre de la lutte pour la prévention du suicide, le programme CinéSanté de la Courneuve programme une projection du film Le monde Charlie  lsuivie d'une discussion entre habitants, usagers et professionnels de santé et autre le 29 février à 19h 30 au cinéma l'Etoile à la Courneuve .

" Le sujet est sensible, pour ne pas dire douloureux et ce, même quand on n'est pas directement concerné.e.
Cela rend difficile de travailler cette problématique de santé publique sans y être obligé.e souvent dans une situation de crise.
Le film, mettant en scène un narrateur adolescent qui traverse des souffrances/épreuves, nous permettra d'aborder le sujet de manière "non frontale" (alerte spoil: personne ne se suicide pendant l action du film, le héros ne meurt pas à la fin!) 

AFFICHE 

 Seront présents à la projection/débat:

Cette projection s'adresse à toutes et tous (car il faut recruter large pour faire bouger l inconscient collectif!)

  • personnes de plus de 13 ans qui le souhaitent y compris personnes vivant/ayant vécu avec des idées suicidaires;
  • parents de jeunes de moins de 25 ans mais aussi entourage de personnes âgées (.... donc beaucoup de monde)
  • entourage  familial/amical de personnes en souffrance psychique
  • professionnels de l'éducation nationale;
  • personnes travaillant avec des personnes âgées
  • professionnels de santé (en soins primaires et santé psychique)
  • citoyen.nes
  • fans de cinéma

 un dossier plus complet sur film accessible ici sur Le monde Charlie (public: plus de 13 ans) https://www.grignoux.be/dossiers/288/Le_Monde_de_Charlie

 venez nombreux.ses et n'hésitez pas à relayer l'information.

ETUD ERECHERCHE Taiwan SOPK : les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques auraient 8 fois plus de risque de suicide

Gynéco
SOPK : les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques auraient 8 fois plus de risque de suicide

Alors qu'une femme sur 10 est touchée par le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), selon une étude, elles auraient 8 fois plus de risque de suicide que les femmes non atteintes par ce syndrome.

Photo d'une jeune fille déprimée devant une fenêtre 

MYRIAM TIRLER / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

8 à 13 % : c’est le nombre de femmes en âge de procréer touchées par le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) dans le monde en 2023, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Il est la cause la plus fréquente d’anovulation (lorsque aucune cellule sexuelle femelle n’est libérée par les ovaires) et l’une des principales causes d’infertilité. Et ces femmes auraient un risque 8,47 fois plus élevé de tentative de suicide, selon une étude parue dans la revue Annals of Internal Medicine le 6 février 2024.


Le SOPK, un déséquilibre hormonal aux répercussions considérables

Ce syndrome des ovaires polykystiques, décrit pour la première fois en 1935, est aujourd’hui encore peu connu et mal compris. Si cette maladie touche près d’une femme sur 10 dans le monde, selon l’Inserm et l’OMS, l'Institut estime que 70% de ces femmes ne sont toujours pas diagnostiquées.

Ce trouble est caractérisé par un dérèglement des hormones sexuelles, en particulier par l’augmentation de la quantité d’androgènes (hormones masculines dont la testostérone), habituellement produites en petite quantité dans l’organisme féminin. Ce dérèglement résulte d’un dysfonctionnement des cellules de l’enveloppe du follicule ovarien (structure située dans les ovaires contenant l'ovocyte qui est relâché pendant l'ovulation), ou de l’axe hypothalamo-hypophysaire-ovarien, responsable de la production d’hormones sexuelles. 

In fine, cet excès d’androgènes a pour conséquence de bloquer la maturation des follicules, qui finissent alors par s’accumuler, empêchant la fécondation.

 

illustration du syndrome des ovaires polykystiques

Schéma de l'appareil génital féminin présentant un ovaire à l'aspect polykystique. Crédits : VERONIKA ZAKHAROVA / SCIENCE PHOTO / VZA / SCIENCE PHOTO LIBRARY VIA AFP

Les symptômes de cette maladie sont très handicapants et peuvent se caractériser par des troubles de l’ovulation pouvant provoquer une infertilité chez la moitié des femmes, de l’hyperandrogénie (une surproduction d’hormones masculines chez la femme) se traduisant dans certains cas par une hyperpilosité, de l’acné et une chute de cheveux, ou encore du diabète, de l’hypertension artérielle et des maladies cardiovasculaires, comme des infarctus du myocarde ou des AVC, selon l'Inserm.


Un constat alarmant

Depuis la fin des années 90 (avec notamment la publication d'une étude en 1993 dans le Journal of Psychosomatic Obstetrics & Gynecology), l'idée se répand dans la communauté scientifique qu’à cette longue liste de symptômes s’ajouterait un risque plus élevé de prédisposition à la dépression, voire même au suicide. Plusieurs études plus récentes feront état de ce constat alarmant, comme celle publiée en 2015 dans l'Indian Journal of Psychological Medecine, ou une autre parue dans MDPI en 2022, mais aucune n’était en mesure d’apporter des résultats fiables et décisifs.

Le syndrome des ovaires polykystiques n'est pas la seule maladie présentant des prédispositions à une détresse psychologique : une étude parue dans l'American Journal of Epidemiology Oxford Academic, en 2020, rapporte également une prédisposition des femmes atteintes d'endométriose à des symptômes dépressifs, de l'anxiété et de l'auto-mutilation.

La plupart de ces études utilisent des outils de classification tels que l'Entretien International Mini-Neuropsychiatrique, un outil clinique de diagnostic des principaux troubles psychiatriques de l’Axe I du DSM-IV (American Psychiatric Association, 1994), la classification des troubles majeurs cliniques. Ou encore les codes de Classification internationale des maladies (CIM), utilisés par une équipe suédoise. Toutefois, ces travaux présentent de nombreuses failles comme des biais d’objectivité, l’absence de comparaison avec des sujets non atteints du SOPK ou de prise en compte de certains facteurs tels que l’influence du temps sur la survie des patients.

Fort de ce constat, une équipe de chercheurs de l’Hôpital Général de Taipei, à Taïwan, dirigée par Tien-Wei, a réalisé une étude de cohorte nationale financée par la Fondation Médicale Yen Tjing Ling et le ministère de la Science et de la Technologie de Taïwan. L’équipe souhaitait évaluer ce risque de suicide, possiblement plus important, chez les personnes diagnostiquées avec le SOPK.


Près de 20.000 femmes incluses dans l'étude

Leur approche impliquait l'utilisation de techniques d'analyse de survie pour tenir compte des aspects temporels, des conditions de comorbidités psychiatriques (présence simultanée de deux ou plusieurs troubles mentaux) de ces femmes, selon les scores CCI ("Charlson Comorbidity Index") évaluant le niveau de comorbidité, ainsi que leur âge. Ce sont au total les données de pas moins de 18.960 femmes et filles âgées de 12 à 64 ans diagnostiquées avec le SOPK, couvrant une période de 1997 à 2012, qui ont été analysées dans cette étude à partir de la Base de Données Longitudinale de l'Assurance Maladie de Taïwan (NHIRD). Et afin de respecter les conditions de comorbidités, le début de l’étude s’est fait à partir du diagnostic initial de la maladie. Aucune des personnes incluses dans l’étude n’avait d’antécédent de tentative de suicide et de troubles psychiatriques.


Des résultats significatifs inquiétants

Les résultats de l'étude taïwanaise sont sans appel : les femmes diagnostiquées avec le SOPK présentaient un risque de tentative de suicide environ 8,47 fois plus élevé que les participantes sans SOPK, pour les adultes. Chez les adolescentes diagnostiquées avec le SOPK, le risque était 5,38 fois plus élevé. Contrairement à ces deux catégories d’âge, les adultes plus âgées, notamment en période de préménopause ou de ménopause, semblent épargnées. Le SOPK s’améliorerait même avec l’âge, avec une diminution de la taille des ovaires, du nombre de follicules et des règles plus régulières. La préménopause en serait la cause et se comporterait presque comme un traitement en raison du vieillissement ovarien et de la production d’androgènes réduite.

Une méta-analyse de 24 études, publiée dans la revue Gynecological Endocrinology en 2021, a montré que chez les femmes atteintes de SOPK, la prévalence de la dépression était de 42 % et de l'anxiété de 37 %, les symptômes légers étant plus fréquents. Cela s’explique par le niveau réduit de neurotransmetteurs comme la sérotonine et la dopamine, régulant l’humeur et le plaisir. Cette diminution entraîne une multitude de cascades réactionnelles entraînant ces symptômes.

Bien que les raisons de cette dégradation du bien-être mental soient en partie explicables physiologiquement, les injonctions sociales restent l’une des raisons principales de ce mal-être. Les irrégularités menstruelles, le potentiel d’infertilité, l’image corporelle et bien d’autres conséquences des symptômes du SOPK peuvent entrainer de l’anxiété, du stress, des symptômes dépressifs, qui peuvent être associés au risque de suicide.

vendredi 9 février 2024

Entre déni des entreprises et manque de données, l’invisibilisation des suicides liés au travail

Le Monde (site web)
emploi, mardi 6 février 2024

Entre déni des entreprises et manque de données, l’invisibilisation des suicides liés au travail

Anne Rodier

« Morts au travail : l’hécatombe. » Le manque de prise en compte du mal-être au travail renforce les risques d’accidents dramatiques.

« La dernière conversation que j’ai eue avec mon mari [Jean-Lou Cordelle] samedi 4 juin [2022] vers 22 heures concernait les dossiers en cours à son travail. Le lendemain matin, mon fils découvrait son père au bout d’une corde pendu dans le jardin », témoigne Christelle Cordelle dans la lettre adressée aux représentants du personnel d’Orange pour leur donner des précisions sur l’état psychologique de son mari avant son suicide, à l’âge de 51 ans, après des mois de surcharge de travail, d’alertes vaines à la hiérarchie et à la médecine du travail.

Son acte, finalement reconnu comme « accident de service » – c’est ainsi que sont nommés les accidents du travail (AT) des fonctionnaires –, n’est pas recensé dans le bilan annuel de la Sécurité sociale. Celui-ci ne tient pas, en effet, compte de la fonction publique, invisibilisant les actes désespérés des infirmières, des professeurs ou encore des policiers.

L’Assurance-maladie parle d’une quarantaine de suicides-accidents du travail par an. Un chiffre stable, représentant 5 % du total des accidents du travail mortels, mais qui serait nettement sous-évalué. C’est entre vingt et trente fois plus, affirme l’Association d’aide aux victimes et aux organismes confrontés aux suicides et dépressions professionnelles (ASD-pro), qui l’évalue plutôt entre 800 et 1 300 chaque année, sur la base d’une étude épidémiologique sur les causes du suicide au travail réalisée fin 2021 par Santé publique France.

L’explosion des risques psychosociaux (RPS) en entreprise constatée étude après étude et par la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM) apporte de l’eau au moulin de l’ASD-pro : 1 814 maladies professionnelles relèvent de maladies psychiques, en augmentation régulière, note le rapport 2022. Quant au dernier baromètre du cabinet Empreinte humaine, publié en novembre 2023, il est sans équivoque : près d’un salarié sur deux (48 %) était en détresse psychologique en 2023.

« Passage à l’acte brutal »

La mécanique mortifère de la souffrance au travail est connue. « Les mécanismes à l’œuvre semblent être toujours liés : atteintes à la professionnalité et à l’identité professionnelle, perte de l’estime de soi, apparition d’un sentiment d’impuissance », explique Philippe Zawieja, psychosociologue au cabinet Almagora.

Tous les RPS ne conduisent pas au geste fatal. « Il y a moins de suicidés chez les salariés que parmi les chômeurs, et 90 % des suicides interviennent sur fond de problème psychiatrique antérieur », souligne M. Zawieja. Mais « il existe des actes suicidaires qui ne sont pas la conséquence d’un état dépressif antérieur, qui marquent un passage à l’acte brutal [raptus], lié à un élément déclencheur conjoncturel », indique l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS). Comme ce fut le cas du management toxique institutionnel à France Télécom. C’est alors que survient l’accident.

« Pour Jean-Lou, tout s’est passé insidieusement, témoigne sa veuve. Il était en surcharge de travail depuis octobre-novembre 2021, avec des salariés non remplacés, des départs en retraite. Un jour de janvier, je l’ai vu buguer devant son ordinateur. A partir de là, j’ai été plus attentive. En mars [2022], ils ont allégé sa charge de travail mais insuffisamment. En avril, il a craqué. La médecine du travail a été prévenue. Il a finalement été mis en arrêt, sauf qu’il continuait à recevoir des mails. Ils lui avaient laissé son portable professionnel et il n’y avait pas de message de gestion d’absence renvoyant vers un autre contact. Jusqu’au bout, Orange n’a pas pris la mesure ».

Le plus souvent, les suicides au travail sont invisibilisés, au niveau de l’entreprise d’abord, puis des statistiques. « Classiquement, l’entreprise, quand elle n’est pas tout simplement dans le déni, considère que c’est une affaire privée et que le travail n’en est pas la cause », explique le juriste Loïc Lerouge, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et spécialiste du sujet.

Un déni qui a valu à Renault la première condamnation pour « faute inexcusable de l’employeur pour n’avoir pas pris les mesures nécessaires alors qu’il avait conscience du danger » concernant les salariés du Technocentre de Guyancourt (Yvelines) qui ont mis fin à leurs jours dans les années 2000. « On reconnaît pleinement la responsabilité de la personne morale de l’entreprise depuis l’affaire France Télécom », précise M. Lerouge.

Caractérisation délicate

L’invisibilisation des suicides commence par le non-dit. En réaction aux deux suicides de juin 2023 à la Banque de France, où l’une des victimes avait laissé une lettre incriminant clairement ses conditions de travail, la direction a déclaré avoir « fait ce qui s’impose » après un tel drame. Puis, lors des vœux 2024 adressés au personnel le 2 janvier, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, n’a pas prononcé le mot « suicide », évoquant les « décès dramatiques de certains collègues ». Et s’il a déclaré « prendre au sérieux les résultats et les suggestions » de l’enquête qui acte le problème de surcharge de travail, présentée au comité social et économique extraordinaire du 18 janvier, il n’a pas mis sur pause le plan de réduction des effectifs dans la filière fiduciaire. Celle-là même où travaillaient les deux salariés qui ont mis fin à leurs jours. « Beaucoup de gens n’ont pas les moyens de faire correctement leur travail et sont en souffrance. Il existe à la Banque de France une forme de maltraitance généralisée », affirme Emmanuel Kern, un élu CGT de l’institution.

La caractérisation des suicides en accidents du travail est un exercice délicat, au cœur de la reconnaissance de la responsabilité de l’employeur. Pour Santé publique France, la définition est assez simple (« Surveillance des suicides en lien potentiel avec le travail », 2021). Il s’agit de tout suicide pour lequel au moins une des situations suivantes était présente : la survenue du décès sur le lieu du travail ; une lettre laissée par la victime mettant en cause ses conditions de travail ; le décès en tenue de travail alors que la victime ne travaillait pas ; le témoignage de proches mettant en cause les conditions de travail de la victime ; des difficultés connues liées au travail recueillies auprès des proches ou auprès des enquêteurs.

Mais pour l’administration, le champ est beaucoup plus restreint : l’Assurance-maladie prend en compte « l’acte intervenu au temps et au lieu de travail ». Et la reconnaissance n’aura pas lieu si des éléments au cours de l’enquête permettent d’établir que « le travail n’est en rien à l’origine du décès », précise la charte sur les accidents du travail rédigée à destination des enquêteurs de la Sécurité sociale. « En dehors du lieu de travail, c’est à la famille de faire la preuve du lien avec l’activité professionnelle », explique Michel Lallier, président de l’ASD-pro. Une vision nettement plus restrictive, qui explique cet écart entre les bilans des suicides au travail. Cet article est paru dans Le Monde (site web)

https://www.lemonde.fr/emploi/article/2024/02/06/entre-deni-des-entreprises-et-manque-de-donnees-l-invisibilisation-des-suicides-lies-au-travail_6215014_1698637.html

ETUDE RECHERCHE Role of stressful life events and personality traits on the prevalence of wish to die among French physicians

Article Dans Une Revue Frontiers in Public Health Année : 2024

Role of stressful life events and personality traits on the prevalence of wish to die among French physicians
Emmanuel Diaz (1) , Diana Abad-Tortosa (1) , Maha Ghezal (1) , Josephine Davin (1) , Jorge Lopez-Castroman (1, 2, 3, 4)
1 CHU Nîmes - Centre Hospitalier Universitaire de Nîmes
2 IGF - Institut de Génomique Fonctionnelle
3 CIBER-SAM - Centro de Investigación Biomédica en Red Salud Mental [Madrid]
4 Department of Signal Theory and Communications

Résumé
Background: Suicide rates are higher among physicians than in the general population. We aimed to investigate the role of stressful life events (related or not to work conditions) and personality traits on wish to die, a proxy measure of suicidal ideation. Methods: This cross-sectional study took place in France from March 2018 to September 2018. Physicians completed an online questionnaire. A multiple logistic regression model estimated factors associated with wish to die. Moderated moderation models were used to assess the effect of personality traits on the relationship between stressful events and wish to die. Results: 1,020 physicians completed the questionnaire. Most (75%) had endorsed a work-related stressful event and one in six (15.9%) endorsed a wish to die the year before. Wish to die was associated with burnout (OR = 2.65, 95%CI = 1.82-3.88) and work-related stressful events (OR = 2.18, 95%CI = 1.24-3.85) including interpersonal conflicts, harassment and work-overload. Emotional stability was the only personality trait associated with wish to die in the logistic regression (OR = 0.69, 95%CI = 0.59-0.82). In moderation models, we observed a significant interaction involving three personality traits-emotional stability, extraversion, and agreeableness-along with gender, influencing the impact of stressful events on the wish to die. Limitations: Our study is limited by the impossibility to control for risk factors associated with suicide like psychiatric comorbidities. Conclusion: Work-related stressful events significantly contribute to the manifestation of a wish to die among physicians. The impact of stressful events on the wish to die is moderated by factors such as gender and personality traits, including emotional stability and extraversion. These results are overall consistent with prior studies concerning the risk of burnout and suicide among physicians. 

Emmanuel Diaz, Diana Abad-Tortosa, Maha Ghezal, Josephine Davin, Jorge Lopez-Castroman. Role of stressful life events and personality traits on the prevalence of wish to die among French physicians. Frontiers in Public Health, 2024, 12, pp.1244605. ⟨10.3389/fpubh.2024.1244605⟩. ⟨hal-04444717⟩