Intérêt potentiel des saccades oculaires pour la détection des conduites suicidaires chez la personne dépressive âgée
Volume 17, numéro 1, Mars 2019
Auteurs Yoan Barsznica 124 * Nicolas Noiret 3 Gilles Chopard 124 Pierre Vandel 1245
1 Département de psychiatrie de l’adulte, Centre Hospitalier Régional Universitaire Jean Minjoz, Besançon, France
2 Centre mémoire de ressources et recherche (CMRR), CHRU Jean Minjoz, Besançon, France
3
UMR CNRS 7295, Centre de recherche sur la cognition et l’apprentissage
(CeRCA), Université de Tours, Université de Poitiers, France
4 EA 481, Laboratoire de neurosciences, Université Bourgogne Franche-Comté, Besançon, France
5 CIC-IT 808 Inserm, CHRU Jean Minjoz, Besançon, France
Mots-clés : suicide, dépression, vieillissement, mouvements oculaires
DOI : 10.1684/pnv.2019.0785
Page(s) : 92-8
Année de parution : 2019Les personnes âgées, et particulièrement celles atteintes de
dépression, représentent la population la plus à risque de décès par
suicide. En complément des tests neuropsychologiques, psychiatriques et
biologiques couramment utilisés, l’analyse des saccades oculaires
pourrait constituer un outil intéressant pour identifier les conduites
suicidaires (CS). Ces CS seraient associées à une altération des
structures corticales impliquées dans les fonctions exécutives. Cette
altération se manifesterait notamment par une diminution des capacités à
contrôler les mouvements oculaires. Ainsi, les personnes âgées
dépressives avec CS pourraient avoir une atteinte plus importante des
performances oculomotrices que celles sans CS. L’objectif de cet article
est de faire une synthèse de la littérature nous permettant d’étayer
cette hypothèse. https://www.jle.com/fr/revues/gpn/e-docs/interet_potentiel_des_saccades_oculaires_pour_la_detection_des_conduites_suicidaires_chez_la_personne_depressive_agee_314022/article.phtml
Dynamique autour de la santé mentale dans le Grand Chalon Date de publication 2 avril 2019 bourgogne-franche-comte.ars.sante.fr*
Nous vous présentons quelques réalisations menées dans le Grand Chalon
autour de la thématique de la santé mentale : le conseil local de santé
mentale, l’instance d’évaluation partagée et le Guide en santé mentale
2019. Présentation de ce travail partenarial.
Corps de texte
Le lancement de la nouvelle édition du Guide en santé mentale
et de l’Instance d’Evaluation Partagée s’est tenu le lundi 4 mars 2019,
en présence de l’ARS, du Centre hospitalier spécialisé de Sevrey et de
l’ensemble des partenaires du Conseil local de santé mentale.
Un engagement de longue date du Grand ChalonEn se dotant de la compétence santé publique et démographie médicale
au 1er janvier 2012, le Grand Chalon affichait sa volonté de développer
une politique ambitieuse de santé, par la mise en œuvre d’actions qui
tendent à améliorer l’état de santé des habitants, notamment les
populations les plus vulnérables.
En 2014 le Grand Chalon s’engageait dans une démarche de Contrat
Local de Santé (CLS) en partenariat avec l’ARS Bourgogne, la Préfecture
de Saône-et-Loire et la CPAM de Saône-et-Loire (Région
Bourgogne-Franche-Comté et Département de Saône-et-Loire en 2015)
réaffirmant ainsi sa volonté d’agir sur les problématiques de santé.
Dans ce contexte, le Grand Chalon a mis en place plusieurs groupes de
travail dont l’un d’eux autour de la thématique de la santé mentale. Ce
groupe de travail a permis de mettre en avant deux problématiques
majeures du territoire :
le manque d’outil de coopération et de coordination pour les professionnels
le manque de connaissance des acteurs du territoire de l’existant.
Deux projets ont donc été proposés : la création d’un Conseil local de santé mentale (CLSM) et d’un guide en santé mentale.
Le Conseil local de santé mentale (CLSM)Un CLSM est une instance locale participative de coordination, de
réflexion, de diagnostic et d’actions concertées sur les questions de
santé mentale.
Il rassemble sur un territoire de proximité tous les acteurs
concernés par les problématiques en lien avec la santé mentale :
professionnels de la psychiatrie, du médico- social, élus, associations
d’usagers, travailleurs sociaux, médecins et infirmiers libéraux,
Justice, police/gendarmerie et pompiers, Education nationale, bailleurs
sociaux, structures d’insertion... Le CLSM doit permettre à tous ces
acteurs de créer du lien, de développer une culture commune, de partager
des compétences et de travailler dans un esprit de complémentarité sur
les questions de santé mentale présentes au sein du territoire.
Le Conseil local de santé mentale du Grand Chalon concerne l’ensemble
des communes appartenant au territoire du Grand Chalon, soit 51
communes regroupant près de 110 000 habitants.
Afin d’essayer de résoudre un certain nombre de problématiques du
territoire, quatre commissions de travail, réunissant des partenaires
locaux et des élus, ont été constituées :
L’inclusion sociale et la lutte contre l’exclusion
L’aide à la résolution des situations psycho-sociales complexes
La promotion en Santé mentale et la lutte contre la stigmatisation
Population mineure
C’est dans ce cadre qu’est née l’instance d’évaluation partagée (IEP). Il
s’agit d’un espace de concertation pluridisciplinaire et de coopération
autour de situations individuelles préoccupantes et complexes. Cette
instance permet de faciliter la coordination des acteurs qui œuvrent
autour d’une même situation (en savoir plus en consultant le document de présentation en bas de page).
Le Guide de santé mentale : informer, orienter accompagner
«Ce guide pratique constitue un outil d’information
particulièrement utile pour faciliter le travail en commun et contribuer
à apporter les réponses adaptées aux besoins de ces usagers qui
nécessitent un accompagnement et une attention toute particulière»
Geneviève FRIBOURG, Déléguée Départementale de Saône-et-Loire de l’ARS de Bourgogne-Franche-Comté
Il recueille l’offre d’accompagnement et de soins en santé mentale sur le Grand Chalon. Ses objectifs sont les suivants :
Informer les professionnels de la médecine
libérale, du champ sanitaire, social et médico-social sur les
principales structures Grand Chalonnaises d’aide intervenant dans le
domaine des troubles psychiques.
Faciliter l’information et l’orientation de ce public avec un relais efficient entre les différentes structures.
Participer à la prise en charge globale de ce public.
Favoriser les échanges, la coordination et la cohésion entre les différents professionnels.
Répondre aux attentes des membres du groupe de travail autour de la santé mentale dans le cadre du Contrat local de santé (CLS).
Pour en savoir plus : Consultez le guide proposé en bas de page.
Près de la moitié des adultes autistes luttent contre la dépression 2 avril 2019 theconversation.com
De nouvelles études démontrent que la dépression est très fréquente aussi bien chez les enfants que les adultes atteints d’autisme. Et plus courante chez ceux ayant une intelligence supérieure. Auteurs Chloe C. Hudson PhD Student, Queen's University, Ontario Kate Harkness Professor of Psychology and Psychiatry and Director of the Mood Research Laboratory, Queen's University, Ontario Déclaration d’intérêts Chloe C. Hudson a reçu des fonds du Conseil de recherches en sciences humaines. Kate Harkness a reçu des fonds des Instituts de recherche en santé du Canada, du Conseil de recherches en sciences humaines et du Ontario Mental Health Foundation.
Près de la moitié des adultes atteints d’autisme vont souffrir de dépression clinique au cours de leur vie, selon notre nouvelle recherche publiée dans le Journal of Abnormal Child Psychology.
Jusqu’ici, les chercheurs et cliniciens ne savaient pas combien de personnes atteintes d’autisme étaient affectées par la dépression.
Notre étude, qui passe en revue systématiquement près de 8000 articles de recherche, révèle maintenant qu’il est clairement prouvé que la dépression est très fréquente aussi bien chez les enfants que les adultes atteints d’autisme. Elle révèle aussi que la dépression est plus courante chez les personnes atteintes d’autisme ayant une intelligence supérieure. Symptômes de dépression et autisme
Parmi d’autres symptômes, on compte une perte d’intérêt pour les activités, des changements physiologiques (p. ex. sommeil, appétit ou énergie), des changements cognitifs (p. ex. sentiment de dévalorisation, difficulté d’attention) et pensées ou actions suicidaires.
Les cliniciens doivent aussi faire particulièrement attention de ne pas confondre les symptômes de dépression avec les symptômes d’autisme. Par exemple, les personnes atteintes d’autisme et celles atteintes de dépression ont des difficultés avec les relations sociales.
La différence fondamentale entre ces groupes est pourquoi ils éprouvent des problèmes. Les personnes atteintes d’autisme n’ont pas souvent les aptitudes sociales nécessaires pour échanger avec les autres. Au contraire, les personnes atteintes de dépression s’isolent souvent des autres parce qu’elles ont perdu l’habileté de trouver du plaisir dans leurs interactions sociales. QI plus élevé, taux de dépression plus élevés
Nous avons déterminé qu’on trouve les taux de dépression les plus élevés chez les personnes atteintes d’autisme qui ont une intelligence supérieure à la moyenne.
Même si cette étude ne s’est pas penchée sur les raisons pour lesquelles une intelligence supérieure est associée à des taux de dépression plus élevés dans l’autisme, nous pouvons faire quelques hypothèses.
Notre étude a également révélé que la dépression est plus souvent diagnostiquée lorsque les cliniciens interrogent directement la personne autiste sur ses symptômes plutôt que de le demander à un soignant. D’une part, il est possible que les personnes atteintes d’autisme qui ont une intelligence supérieure à la moyenne soient plus conscientes des difficultés sociales associées à leur diagnostic d’autisme, et cette prise de conscience cause des taux plus élevés de dépression.
D’autre part, il est possible que les personnes qui ont une intelligence inférieure à la moyenne aient des difficultés à communiquer leurs symptômes, ce qui rend difficile de diagnostiquer une dépression dans ce sous-groupe. L’incidence des méthodes de recherche
Nous avons aussi appris que la façon dont les études évaluent la dépression influe sur les taux de dépression. Les taux étaient plus élevés dans les études qui utilisaient des entrevues structurées normalisées pour évaluer la dépression, comparativement aux études qui utilisaient des méthodes d’évaluation moins formelles.
Il est possible que les entrevues structurées identifient des symptômes que d’autres méthodes d’évaluation omettent. De plus, les entrevues structurées peuvent influencer la prévalence de la dépression parce que ces entrevues n’ont pas été conçues pour les personnes atteintes d’autisme.
La dépression est aussi plus courante quand les cliniciens demandent à la personne atteinte d’autisme, plutôt qu’à un soignant, de parler de ses symptômes.
Il est possible que les personnes atteintes d’autisme ressentent des symptômes dépressifs que leurs soignants n’ont pas décelés. Il est aussi possible que ces études se basent sur un soignant lorsque les participants ne sont pas en mesure de décrire leurs propres symptômes (par exemple en raison d’une intelligence inférieure).
La dépression est plus répandue chez les personnes atteintes d’autisme que nous l’avions pensé précédemment.
On espère que cette importante recherche incitera les cliniciens à inclure une évaluation de la dépression dans leur pratique clinique courante auprès des personnes atteintes d’autisme. Cette évaluation assurera que les personnes atteintes d’autisme reçoivent le traitement approprié.
La version originale de cet article a été publiée en anglais.
Épuisement, violences sexuelles, suicide... Les conséquences dramatiques du sous-diagnostic de l'autisme chez les femmes www.lci.fr/*
HANDICAP
- Ce mardi 2 avril marque la Journée mondiale de sensibilisation à
l'autisme. En France, 700.000 personnes sont atteintes de troubles du
spectre autistique (TSA). Si le handicap est de plus en plus
diagnostiqué, notamment grâce aux progrès de la science en la matière,
de nombreuses femmes autistes passent entre les mailles du filet. Une
étape manquée qui peut avoir de graves conséquences sur leur vie.
- Charlotte Anglade
Marie
Rabatel mène un combat sans relâche. Diagnostiquée autiste lorsqu'elle
était adolescente, cette femme de 44 ans se bat tout d'abord pour elle,
pour s'accrocher à la vie qui ne l'a pas épargnée. Victime de
harcèlement scolaire et de crimes sexuels, elle est aujourd'hui plongée
dans un état de stress post-traumatique dû à un viol qu'elle n'a pu et
su verbaliser, jusqu'à ce qu'il resurgisse dans son corps et dans sa
mémoire bien des années après.
Au travers de l'association francophone des femmes autistes (AFFA)
qu'elle a cofondée, Marie Rabatel se bat aussi pour les autres, pour la
reconnaissance de la place dans la société des femmes handicapées, et
plus particulièrement autistes, et contre les violences qu'elles
subissent. Pour celles qui n'ont pas eu la chance, comme elle, d'être
diagnostiquées et qui souffrent d'un mal-être permanent et insondable,
les rendant davantage vulnérables. Car l'autisme féminin peut encore
trop facilement passer entre les mailles de la science.
Des outils diagnostiques inadaptés
L'une
des premières raisons, explique-t-elle, réside dans le caractère
inadapté des outils diagnostiques, dont les plus vieux datent des années
80. "Ceux-ci ont été réalisés à partir des spécificités autistiques
masculines car à l'époque, les médecins pensaient qu’ils n’y avait que
les hommes qui étaient autistes. Les femmes étaient considérées
comme schizophrènes, psychotiques, hystériques…"
Contactée par LCI, Emmanuelle Houy-Durand, médecin psychiatre dans le
centre ressource autisme du CHRU de Tours, nous confirme que ces outils
d'aide au diagnostic ont été construits, normés et validés "sur des
populations pour l’essentiel masculines, compte tenu du sexe-ratio des
troubles du spectre de l’autisme, qui reste largement déséquilibré à la
défaveur des garçons". Pour une fille atteinte de troubles du spectre
autistique (TSA) en effet, il y aurait environ quatre garçons atteints.
Mais, insiste le docteur, il s'agit avant tout d'outils d'aide, le
diagnostic reposant toujours, in fine, sur une évaluation
pluridisciplinaire.
Un trouble qui peut en cacher un autre
Pour
le docteur, un retard ou une absence de diagnostic peut aussi aisément
s'expliquer par les comorbidités, soit les maladies associées à
l'autisme. "Quand une personne a un trouble du neurodéveloppement, elle
est plus susceptible de développer d’autres troubles psychiatriques ou
de présenter d’autres troubles du neurodéveloppement associés",
fait-elle valoir. Les troubles anxio-dépressifs, les troubles
post-traumatiques ou un trouble déficitaire de l’attention peuvent ainsi
être symptomatiques et traités ou diagnostiqués sans que le TSA
sous-jacent puisse être identifié.
"La saveur, la couleur, la texture ou encore la forme des aliments
pouvant poser problème à certains autistes, et ainsi causer des troubles
alimentaires, un médecin peut conclure à une anorexie parce qu'il n'ira
pas chercher plus loin", donne pour exemple Marie Rabatel. Et d'ajouter
: "Très souvent, ces femmes-là vont se retrouver avec des diagnostics
complètement erronés comme de la schizophrénie, de la bipolarité, de
l’anorexie, des dépressions sévères… Les conséquences psychologiques de
cette errance médicale peuvent être terribles et amener jusqu'à des
hospitalisations sous contrainte !"
Une plus grande capacité de camouflage
Les
femmes seraient d'autre part dotées, par rapport aux hommes, d'une plus
grande capacité à camoufler leurs comportements autistiques pour
s'intégrer dans la société. Un aspect qui peut amener un médecin à
passer à côté du diagnostic. "La littérature scientifique semble en
effet en faveur d’une symptomatologie féminine différente : la
motivation sociale serait plus importante chez les filles et leur
permettrait, par imitation, de développer leurs capacités de
socialisation", note Emmanuelle Houy-Durand. Les comportements
stéréotypés et intérêts restreints, qui sont de possibles manifestations
de l'autisme, pourraient également être moins prégnants chez les
femmes, et donc moins "visibles" pour le clinicien.
Une dépense énergétique "terrifiante"
Mais
si cela peut apparaître comme avantageux, il semble bien que cela soit
cher payé. Car ce camouflage, souligne Marie Rabatel, se fait au prix
d'une dépense énergétique puisant "au plus profond de nos ressources",
qui fait "qu'au bout d'un certain nombre d'années, ce n'est plus
gérable". Ainsi, après avoir travaillé quinze ans, elle a dû mettre fin à
sa carrière, harassée par les efforts de tous les instants qu'elle
devait fournir pour entrer dans le moule de la société. "Ce n'est pas
parce qu'on arrive à travailler que l'on n'a pas de difficultés,
insiste-t-elle. "Pour une personne autiste, les choses très simples du
quotidien peuvent amener à de grosses problématiques. Un exemple : j’ai
des difficultés à nommer la douleur. Il y a peu de temps, j’ai eu une
occlusion intestinale et je ne m’en suis pas aperçue."
Une grande vulnérabilité aux agressions sexuelles
Mais
les conséquences d'une absence de diagnostic peuvent être plus graves
encore. Car, du fait d'une certaine incompréhension des relations
sociales, les jeunes filles se trouvent être très vulnérables aux
prédateurs sexuels. "Elles vont se retrouver dans des situations
dangereuses sans s’en apercevoir", assure Marie Rabatel.
D'après une récente enquête menée par la psychologue spécialiste des
troubles du développement Séverine Leduc et le psychiatre David Gourion,
les fillettes de moins de 9 ans seraient 31% à avoir subi une agression
sexuelle. Un chiffre qui grimpe à 47% chez celles de moins de 14 ans.
En tout, 88% des femmes autistes en ont été victimes, et 59 % n'en n'ont
jamais parlé. "Lorsque ces femmes ne sont pas diagnostiquées, la
médecine va avoir tendance à mettre certains comportements sur le compte
de cette agression et occulter l’autisme", déplore la co-fondatrice de l'AFFA.
"Sauf que les traumatismes resurgissent toujours. La mémoire du corps
...", lance Marie Rabatel, qui, après des années d'amnésie traumatique, a
revécu son viol en croisant par hasard le regard de son agresseur.
Cette survivante est aujourd'hui hospitalisée toutes les trois
semaines pour traiter ses syndromes post-traumatiques. Si elle estime
nécessaire que le corps médical soit mieux formé à l'autisme et à la
psycho-traumatologie, elle dit avoir pu trouver des thérapeutes qui ont
su être à l'écoute, ce qui lui a "permis de rester en vie et de mener
(s)on combat", pour elle "mais aussi pour toutes celles et ceux qui
n'ont pas accès à la parole".
Un taux de suicide deux fois plus élevé chez les moins de 24 ans
Ces
souffrances, ajoutées aux comorbidités et à l'impression d'être
toujours "en décalage" par rapport aux autres, peuvent par ailleurs
mener les personnes autistes à mettre fin à leurs jours. D'après un
rapport de l'Institut national de santé publique du Québec, le taux de
suicide chez les personnes autistes de moins de 24 ans est deux fois
plus élevé que pour les autres jeunes du même âge. Une étude clinique
menée sur des adultes récemment diagnostiqués Asperger par le docteur
britannique Sarah Cassidy, qui mène un groupe de recherche sur la santé
mentale et l’autisme, a d'autre part révélé que 66% d'entre eux avaient
déjà envisagé le suicide, 35% avaient planifié ou déjà essayé de se
suicider, et 31% avaient été diagnostiqués comme dépressifs.
Une meilleure formation nécessaire
Pour
un meilleur diagnostic de ce handicap, le docteur Emmanuelle
Houy-Durand considère comme essentielle une meilleure formation à tous
les niveaux, "que ce soit des futurs médecins, des généralistes, des
pédiatres de PMI, des psychiatres et pédopsychiatres ou le personnel des
crèches, de l'Éducation nationale..."
"Il y a aussi un effort qui doit être fait au niveau de la médecine
de prévention secondaire parce que nos carnets de santé ont été
construits de telle sorte que les examens obligatoires de l'enfant n’ont
pas forcément lieu dans les tranches d’âge où les premiers signes
d’autisme visibles pourraient être dépistés le plus précocement",
souligne-t-elle, tout en précisant que des progrès notables ont été
faits avec le nouveau carnet de santé en vigueur depuis 2018, qui
informe et sensibilise les jeunes parents à porter attention à certains
symptômes clés pour les troubles du neuro-développement (troubles
sensoriels…).
Plusieurs outils pour mieux caractériser les diagnostics sont par
ailleurs en cours d'élaboration. Mais plusieurs années seront
nécessaires pour officialiser leur utilisation. "Malgré tout, de tels
diagnostics complexes nécessitent, et nécessiteront toujours, un regard
et des évaluations pluridisciplinaires des symptômes évolutifs pour
chaque individu porteur d’un TSA", conclut Emmanuelle Houy-Durand.
Suicide de médecins hospitaliers : le « J’accuse » de deux syndicats Publié le 02/04/2019 jim.fr
Paris, le mardi 2 avril 2019 – Action praticiens hôpital (APH)
et Jeunes Médecins souhaitent une plus grande mobilisation des
pouvoirs publics face au phénomène suicidaire chez les praticiens
hospitaliers.
Après avoir égrené la longue liste (non exhaustive…) de
suicides de praticiens hospitaliers recensés ces derniers mois, les
deux syndicats disent vouloir en finir avec « l'omerta » qui
entourerait ces drames.
« La liste ne cesse de s'allonger. Les réactions des
pouvoirs publics comme des établissements concernés minimisent
l'impact des conditions de travail conduisant à ces drames, le plus
souvent par des communiqués lapidaires et insupportables ». Les
syndicats font ici notamment référence aux déclarations de l’AP-HP
(Assistance publique-Hôpitaux de Paris) après le décès du Pr Barrat
(hôpital Avicenne) où avait été précipitamment rappelé son état de
santé plutôt que ses relations dégradées avec ses pairs et
l’administration.
Alors qu’ils déplorent, une nouvelle fois et après d’autres, «
l’absence d’une instance spécifique où les syndicats de PH
auraient leur place pour examiner les conditions de travail, la
sécurité et la santé de tous les praticiens dans les hôpitaux
», les deux syndicats annoncent qu’ils saisiront désormais
systématiquement la justice en cas de nouveaux
suicides.
Afin de mettre, enfin, « les pouvoirs publics face à leurs
responsabilités »…
VU PAR… LES RENCONTRES GG | COMMENT POUVONS-NOUS AIDER À PRÉVENIR LE SUICIDE EN LIGNE?
VU PAR… RENCONTRES GG | COMMENT POUVONS-NOUS AIDER À PRÉVENIR LE SUICIDE
EN LIGNE?
Voici la conférence de Jessica Rassy, professeure adjointe à
l'Université de Sherbrooke qui porte sur la prévention du suicide en
ligne. Elle nous explique comment les technologies peuvent influencer
les adolescents qui démontrent des signes suicidaires.
Suicide d'un enseignant: Pourquoi ce drame souligne-t-il les tensions croissantes parents-profs?
EDUCATIONLa
mort de Jean Willot, accusé promptement par une mère de violence envers
son enfant, a ravivé un certain malaise chez les enseignants
Delphine Bancaud
20minutes.fr
Jean Wilot, enseignant de primaire à Eaubonne (Val-d’Oise), qui a
fait l’objet d’une plainte pour « violences aggravées sur mineur par une
personne ayant autorité », s’est suicidé au mois de mars.
Un drame qui a bouleversé la communauté éducative, car il fait écho aux tensions croissances entre parents et enseignants.
Elles sont dues à un regard plus critique des parents sur l’école, à
un manque de communication entre toutes les parties, et à une tendance
accrue à judiciariser les «petits conflits».
Exercer son boulot de prof avec passion, être apprécié par ses
collègues et ses élèves, mais un jour, se voir cloué au pilori par un
parent d’élève. C’est ce qui est arrivé à Jean Willot,
enseignant de primaire à Eaubonne (Val-d’Oise) de 57 ans, qui a fait
l’objet d’une plainte pour « violences aggravées sur mineur par une
personne ayant autorité ». Une mère d’élève estimait qu’il était
responsable d’une griffure dans le dos de son fils, alors que
l’enseignant affirmait n’avoir jamais eu de contact physique avec
l’enfant et l’avoir juste réprimandé. Il n’a pas supporté d’être
suspecté de la sorte et s’est pendu à une branche d’arbre mi-mars,
laissant des lettres à ses proches. Et dans chacune d’entre elles,
figurait la mention « innocent ».
Un drame qui a bouleversé la communauté éducative, comme l’a
montré la marche blanche en hommage à Jean Willot, organisée dimanche
dernier à Eaubonne. Sur Twitter, le hashtag
#uneminutedesilencepourjeanwillot a donné lieu à une nuée de messages
d’enseignants exprimant leur peine pour leur collègue défunt, mais
aussi leur malaise à titre personnel, comme ils l’avaient fait avec
le mouvement #PasDeVague en octobre dernier. « Une mauvaise note, une remarque d’un professeur à un élève peuvent entraîner une réaction disproportionnée chez certains parents »Ce drame fait écho aux tensions croissances entre parents et enseignants, comme l’a souligné le baromètre du climat scolaire annuel
de la Fédération des autonomes de solidarité laïque (FAS), un réseau
militant assurant la protection des membres du personnel de l’Éducation
nationale. Paru en mars, il montre que les violences envers les
enseignants ont progressé de 7 % entre 2017 et 2018. « Dans les faits,
55 % des litiges que nous traitons impliquent des parents. Les deux
tiers des dossiers reçus font mention d’insultes, de menaces et de
propos diffamatoires. Et sur le Web, certains parents ne se cachent même
plus pour critiquer vertement les pratiques pédagogiques de quelques
enseignants », constate Vincent Bouba, secrétaire de la FAS.
Et bien souvent, les conflits puisent leur source dans des faits qui
paraissaient anodins au départ : « Une mauvaise note, une remarque d’un
professeur à un élève peuvent entraîner une réaction disproportionnée
chez certains parents », constate Philippe Vincent, secrétaire général
du syndicat des chefs d’établissement (SNPDEN). « Les sanctions envers
les élèves ne sont pas toujours bien expliquées par les enseignants, ni
bien comprises par les parents. Et ces derniers ont tendance à réagir
immédiatement, sans laisser le soufflet retomber », renchérit Vincent
Bouba. Une tendance à davantage judiciariser les différends scolairesLa confiance réciproque entre l’école et les familles ont donc perdu
du terrain ces dernières années, comme l’indique Béatrice Descamp,
députée UDI et coauteure d’un rapport en
2018 sur les relations école-parents : « L’école n’est plus autant
valorisée dans les familles et le métier de professeur est moins bien
considéré socialement », déclare-t-elle. « Certains parents ont
l’impression qu’ils peuvent être décisionnaires de tout à l’école et
n’hésitent plus à monter au front », renchérit Christophe Tardieux,
enseignant au Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis) et auteur
d'une BD virale qui met en scène l’histoire de Jean Willot.
Si des conflits dégénèrent, c’est aussi dû à une absence de
dialogue : « Certains parents refusent de parler à l’enseignant ou au
chef d’établissement. Parfois parce qu’eux mêmes ont eu un vécu scolaire
difficile », observe Béatrice Descamp « Cette rupture de communication a
des conséquences graves », estime aussi Christophe Tardieux. « En cas
de désaccord, ils ont de plus en plus tendance à saisir l’inspection ou à
judiciariser les " petits problèmes" », poursuit-il. Un avis partagé
par Philippe Vincent : « Il y a quinze ans, les parents menaçaient juste
de judiciariser les différents scolaires, désormais, le dépôt de
plainte est mis à exécution », observe-t-il. « On sait que même si on fait bien notre métier, une plainte peut nous tomber dessus un jour »A force, le fait d’avoir cette épée de Damoclès au-dessus de la tête crée, chez les enseignants, un sentiment d’insécurité :
« Ils savent que tout ce qui pourra être perçu comme un écart de
conduite de leur part pourra leur être reproché. Cela les fragilise et
les incite à ne plus sortir du politiquement correct. Et même si
beaucoup de plaintes sont classées sans suite, la perspective d’avoir à
répondre à des policiers est très stressante », analyse Philippe
Vincent. « On sait que même si on fait bien notre métier, une plainte
peut nous tomber dessus un jour. Alors on essaye de se protéger comme on
peut : on ne reste jamais seul avec un enfant, on essaye d’avoir des
témoins quand on le sanctionne. Et on parle beaucoup entre nous quand on
constate des dysfonctionnements », témoigne Christophe Tardieux.
Pour être mieux préparés en cas de conflit avec les parents, beaucoup
d’enseignants réclament d’être mieux formés : « Une formation à la
gestion des relations avec les parents d’élèves, à la responsabilité
civile des enseignants, devrait être intégrée au programme des ESPE
(écoles supérieures du professorat et de l’éducation) », estime Vincent
Bouba. De son côté, Béatrice Descamp plaide « pour que les directeurs
d’école soient davantage déchargés de leur classe, pour jouer
davantage leur rôle d’intermédiaire entre les parents et les
enseignants ». Car la communication reste la meilleure prévention au
délitement des relations.
Enguerrand du Roscoat nous précise dans cet entretien les données
épidémiologiques liées au problème du suicide. Celles-ci confirment le
véritable souci de santé public qui nécessite la mise en place de
mesures efficaces pour y remédier.
Ces données épidémiologiques nous sont expliquées de façons claires en
fonction de l'âge, du sexe, des données socio-économiques, culturelles
et religieuses. Il souligne d'emblée le rôle déterminant des troubles
psychiques et plus particulièrement de la dépression.
Après avoir évoqué les axes d'une politique de prévention prenant en
compte les différents déterminants, comme en particulier les évènements
traumatiques et les situations de souffrance de la vie, il conclue cet
entretien par le panel de mesures mises en place en insistant sur le
fait de la nécessité de resituer la prévention du suicide dans le cadre
plus large de la santé mentale.
2019 / 29 minutes / réf M68 /
cnasm@orange.fr
Le CNASM possède un large fonds audiovisuel en santé mentale et
psychiatrie à la disposition des professionnels du sanitaire, du social
et de l'éducatif ainsi que du grand public. Catalogue de l'ensemble des
films disponibles à l'achat : www.cnasm-lorquin.fr
Risque suicidaire lors du premier épisode psychotique
- 31/03/19
P. Courtet
Professeur
de psychiatrie, département d’urgence et post-urgence psychiatrique,
CHU Montpellier, université de Montpellier, Montpellier, France
L'Encéphale Vol 44 - N° 6S
P. S39-S43 - décembre 2018
RÉSUMÉ
Les
données les plus récentes de la littérature démontrent que le risque de
suicide est majeur lors du début de l’évolution de la schizophrénie. En
conséquence, la prévention du suicide doit consister un objectif majeur
et immédiat de la prise en charge, aussitôt le diagnostic posé. Les
idées de suicide sont un préa-lable potentiel à l’évolution vers le
passage à l’acte. Leur évolution doit être mesurée chez chaque individu
devant l’hétérogénéité des évolutions possibles. Les facteurs de risque
principaux de conduite suicidaire chez les patients présentant un
premier épisode sont classiques. Il s’agit avant tout de la dépression
et des mésusages de substances, conditions très fréquentes chez ces
patients. Le vécu douloureux de la maladie et de ses conséquences
s’associe à l’autostigmatisation et au rejet social pour fragiliser ces
sujets jeunes. La qualité de l’insight comme son évolution risquent
d’aggraver le vécu dépressif et le risque suicidaire et ils demandent
donc également à être mesurés régulièrement. Ainsi, l’évaluation
clinique des patients entrant dans la psychose doit porter sur ces
dimensions non directement liées à la psychose. À l’évaluation précise
de chaque patient doivent s’associer des mesures personnalisées de
prévention. Sur un plan plus général, nous ne disposons pas de données
fondées sur des preuves justifiant des programmes de soins particuliers.
Toutefois, les programmes destinés à la détection précoce de la
schizophrénie pourraient être également bénéfiques à la prévention du
suicide chez ces sujets.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.
ABSTRACT
Suicide
is the most common cause of early mortality during the course of
schizophrenia. The most
Mots-clés : Suicide, Premier épisode psychotique, Dépression, Insight, Rejet social
Keywords : Suicide, First psychotic episode, Depression, Insight, Social exclusion
COMMUNIQUÉ 2019/01 Après un travail de plusieurs mois effectué par les instructeurs de l’INFIPP, de l’UNAFAM et de Santé Mentale France, la traduction et l’adaptation des documents et outils pédagogiques des Premiers Secours en santé Mentale(Manuel, diaporama, vidéos et exercices, guide formateur), sont prêts. Le Manuel PSSM France qui sera remis à chaque secouriste en santé mentale a été lu et validé par des experts choisis par les services du Ministère de la Santé ou par PSSM France et sa première version sortira de l’imprimerie au cours de la première quinzaine d’avril. Cinq formations tests sont programmées dans 4 régions de France en avril et mai : Auvergne -Rhône-Alpes (Clermont Ferrand et Lyon), Ile de France (Paris), Normandie (Le Havre), Aquitaine (Bordeaux), dont deux en milieu étudiant et une pour les professionnels de l’habitat inclusif qui constituent les priorités gouvernementales. PSSM France tient à remercier le Ministère des Affaires sociales et de la Santé, l’Agence nationale de Santé Publique (Santé Publique France) et la Fondation de France pour le soutien apporté lors de la mise en oeuvre de cette première phase, préalable au déploiement du dispositif. Après avoir tiré les enseignements des formations tests, PSSM France pourra organiser les premières formations de formateurs, notamment celles des professionnels des services universitaires, en juin et en septembre, octobre ou novembre 2019. D’autres formations de formateurs seront encore organisées en 2020 et les années suivantes. Toutes les informations sur le PSSM peuvent désormais être obtenues sur le site que l’association PSSM France vient d’ouvrir : https://pssmfrance.fr/ Contact : info@pssmfrance.fr Lyon, le 27 mars 2019
La rubrique " Le cabinet de curiosités
d'Infosuicide.org " des sujets, actualités, débats plus ou moins documentés et sous réserves
d'informations complémentaires et/ou fiables, qui toutefois nous questionnent
et nous interpellent...
Nous les relayons essentiellement comme matière à penser et à débattre.
Aidez nous à alimenter une réflexion...
I'm Fine : Une expérience de réalité virtuelle qui aborde le thème du suicide Par Gianni Molinaro - publié le 31 Mars 2019 http://www.gameblog.fr* La réalité virtuelle n'a pas à être destinée qu'au simple plaisir vidéloudique. Elle peut également aider à comprendre, s'éduquer. Un studio britannique a décidé de tenter de sensibiliser à un sujet sensible et assez peu abordé.
I'm Fine est attendu pour le 1er juillet prochain pour Oculus Rift et HTC Vive. Ce projet conçu par les britanniques de VoidVR n'est pas un jeu. Souhaitant s'intéresser au fait que le taux de suicide dans le monde ne cesse d'augmenter depuis 45 ans, il cherche à éduquer sur la question.
Le but de cette expérience en réalité virtuelle sera de faire comprendre ce que ressentent les personnes ayant des pensées suicidaires - cela en plaçant le porteur du casque au bord d'un pont. L'approche choisie ne manquera pas de faire penser à Hellblade : Senua's Sacrifice, qui, bien documenté, avait été très loin dans sa description des troubles mentaux de son héroïne.
I'm Fine sera proposé gratuitement sur itch.io. Mais le studio acceptera les dons, qui seront reversés à des associations en lien avec le suicide et la dépression.