mardi 4 décembre 2018

BELGIQUE Rapport : "Internet et santé mentale", Rapport de l’Observatoire "Vies Numériques" du Centre de référence en Santé Mentale

Rapport : "Internet et santé mentale", Rapport de l’Observatoire "Vies Numériques" du Centre de référence en Santé Mentale
le 3 décembre 2018 signalé sur http://www.psycom.org*
En Belgique, depuis janvier 2016, grâce au soutien de la Région Wallonne, le Centre de référence en santé mentale (CRéSaM) développe une mission d’observatoire des usages et des usages problématiques d’Internet et des jeux vidéo. Dans ce contexte, l’Observatoire « Vies Numériques » tel qu’il a été baptisé, a pour objectif d’apporter un complément d’information à travers un rapport annuel destiné aux acteurs de terrain et aux pouvoirs publics afin de les soutenir dans la construction de leurs actions, tant au niveau préventif que curatif.
Le troisième rapport, publié en novembre 2018 est intitulé "Internet et santé mentale".
Résumé
Consulter Internet pour rechercher de l’information en santé mentale est devenu un réflexe pour un nombre croissant d’utilisateurs. Ce texte propose une synthèse non exhaustive de la littérature sur ce phénomène à travers trois questions clés :
  1. les fractures numériques et les littératies ;
  2. l’impact de l’Internet santé sur la relation entre les professionnels et les usagers ;
  3. la qualité de l’information en santé mentale disponible sur Internet.
Télécharger le rapport
Minotte P., Note n° 3 : Internet santé mentale , novembre 2018, 36 p.


http://www.psycom.org/Actualites/E-Sante/Rapport-Internet-et-sante-mentale-Rapport-de-l-Observatoire-Vies-Numeriques-du-Centre-de-reference-en-Sante-Mentale

lundi 3 décembre 2018

PRESENTATION STRUCTURE Centre Écoute et Soutien Brive (19)

L'association accompagne plus de 600 personnes, individuellement ou en collectif
Réparer par les mots les maux de la vie
La Montagne, Brive  jeudi 29 novembre 2018 

- Quelle est l'action du Centre Écoute et Soutien ? Les gens viennent se confier, parce qu'ils sont dans une situation de mal-être, suite à une rupture, plus ou moins grave et qui peut être d'origine diverse, familiale, professionnelle, amoureuse, une remise en cause globale de sa vie, un déménagement Le mal-être est souvent multifactoriel. Nous les aidons à se comprendre, à sentir qu'elles doivent faire quelque chose, sauf à perdre pied.
- Quels signes doivent alerter ? Le repli, ne plus voir les gens. La personne s'isole, donc on l'isole : on est moins présent, on se confine C'est comme cela que des addictions peuvent se mettre en place sans que personne ne le voit. Plus on prend en compte le mal-être tôt, mieux c'est. Le stress qu'on a ressenti à 15, 22, 35 ans, qu'on a masqué, surmonté, s'imprime dans le subconscient et se rajoute aux nouveaux épisodes de stress. Et finalement, une nouvelle épreuve joue comme la goutte d'eau qui déborde. Pour 200 suicides, il y a 4.000 tentatives et pas 4.000 passages aux urgences. Pour autant, cette violence reste imprimer dans la vie de la personne, même si rien n'est dit. La résilience est une théorie intéressante, mais elle ne résout pas tout.
- Quels sont vos leviers d'action ? Par le biais d'ateliers, de groupes de parole, d'entretiens, un suivi qui peut être ponctuel ou régulier, on aide la personne à trouver les ressources en elle, à réactiver des moments du passé et à retourner vers les autres. Souvent, il s'agit de poser des questions, de reformuler ce que dit la personne sans jamais juger, de rebondir sur des choses positives.
Cette reconstruction psycho-sociale peut suffire et même s'il y a une rechute, la personne connaît la conduite à suivre. Les résultats sont excellents, tant que la démarche est volontaire. La personne ne doit pas venir juste pour faire plaisir à quelqu'un.
On travaille par exemple avec des personnes qui ont fermé le dossier emploi, qui fait très mal. Pour le rouvrir, il faut leur donner des atouts, travailler sur l'image, l'esthétique, l'estime de soi, sur leur état de stress et de détente. On essaie de les réarmer en les amenant à prendre soin d'eux. C'est un appui incontournable pour les personnes qui ont perdu leur ressort interne.
- Comment les personnes vous contactent-elles ? Notre deuxième activité, que nous cherchons absolument à développer, ce sont les sentinelles. Des gens en contact avec des personnes en difficulté, qui ont noué un lien de confiance; ils n'ont pas à jouer les saint-bernard, mais à accompagner les personnes vers nous.
Tout être humain est censé être une sentinelle, même si ce sont en général les services sociaux qui jouent ce rôle. Souvent, la personne exprime son mal-être à celui pour lequel elle pense que ça n'aura pas trop de conséquences; c'est celui-là qui peut être une sentinelle, en l'amenant à penser qu'il y a d'autres solutions que l'hôpital pour aller mieux.
- Le mal-être et le suicide sont pourtant encore tabous, pourquoi ? Historiquement, on a eu peur de l'épidémie, après Le Grand Meaulnes notamment et aujourd'hui encore, certaines théories avance le risque de mimétisme chez les adolescents. Il y a aussi leur résonance très forte, la preuve que ça peut toucher tout le monde, et pas que les malades mentaux; on reste souvent sidérés face à cette idée. Il y a encore une autre explication, c'est que les médecins ne sont toujours très à l'aise avec la prise en charge de ces souffrances. La moitié des personnes qui se sont donné la mort avaient vu leur médecin dans la semaine
Ce que je crois, c'est qu'il ne faut pas en parler n'importe comment, mais que ça peut être dangereux de ne pas en parler. Parler du suicide avec une personne en souffrance ne provoque pas un passage à l'acte, cela peut lui montrer au contraire qu'on peut l'entendre et trouver une solution.
- Les outils numériques, les réseaux sociaux notamment, sont-ils une aide ou un risque ? L'isolement numérique est flagrant, ceux qui n'ont pas mis le pied à l'étrier peuvent se sentir encore plus coupés du monde. Mais souvent, la personne en mal-être est en demande d'un vrai contact; ce n'est pas un réseau social qu'elle veut, mais de l'humain, un regard notamment. Il y a des personnes qui ne se sont pas suicidées grâce à un regard in extremis Après, les réseaux sociaux peuvent aider à entretenir des relations, mais il faut d'abord bien se connaître pour s'y retrouver.
Blandine Hutin-Mercier

RETOURS SUR MANIFESTATION Gestions de crise : élus et gendarmes formés Lannion

Gestions de crise : élus et gendarmes formés
Ouest-France
Lannion
Bégard, samedi 1 décembre 2018 

Élus et gendarmes de la région ont participé, à la Fondation Bon-Sauveur, à une formation sur la gestion de crises.Quatre professionnels de la Fondation Bon-Sauveur ont donné des clés pour leur facilité la tâche dans le cadre de gestion de suicide et autres accident de la vie.
La Fondation Bon-Sauveur, en partenariat avec l’Agence régionale de santé, propose deux soirées de formation à destination des élus locaux et des gendarmes.
Ces formations ont été créées dans le cadre de l’expérimentation proposée par le conseil régional aux pays du Trégor-Goëlo et de Guingamp en 2009. Dans le territoire, la prévention du suicide est un enjeu sur lequel les Pays et la Fondation Bon-Sauveur sont investis depuis des années. Depuis 2015, les actions sont inscrites dans un programme pluriannuel consacré à la prévention du suicide.
Ce programme est financé par l’Agence régionale de santé de Bretagne. Le travail partenarial est désormais formalisé dans les contrats locaux de santé des deux pays (Trégor-Goëlo et Guingamp).
Des outils pour intervenir
«  À l’origine de cette action, un constat : les élus et les gendarmes interviennent quotidiennement auprès des habitants. Leurs fonctions les conduisent régulièrement à intervenir e n situation de crise, sans qu’ils y soient préparés pour autant. Ils sont notamment amenés à annoncer des décès survenus brutalement  » , a expliqué, mardi soir, Charles Coquelin, l’un des quatre intervenants professionnels de santé ; à la vingtaine de personnes présentes.
Ces soirées de formation ont été créées afin de soutenir les élus et les gendarmes dans leur intervention en situation de crise (mort violente, crise suicidaire), avec pour objectifs de leur donner des outils permettant de faire face à des situations difficiles émotionnellement, de renforcer leurs connaissances concernant le phénomène suicidaire, de leur permettre de situer leur place et leur rôle dans la chaîne d’intervention des différents acteurs.
«  Ce type de formation n’existait pas et a été créé par des professionnels de santé afin de répondre au mieux aux préoccupations des élus locaux. Depuis le début, les pays (porteurs de projets jusqu’en 2016) attachent de l’importance à ce que ces formations soient animées par des intervenants locaux. Ceci dans le but de consolider la chaîne d’intervention locale : élus - gendarmes - professionnels de santé  » , conclut le professionnel.
La seconde séance sera consacrée, le mardi 4 décembre, à «  comprendre le phénomène suicidaire  » et tâchera d’apporter des clés de compréhension face à un comportement suicidaire .

MàJ Le Dr Marc Fillatre élu Président de l'Union nationale pour la prévention du suicide

Le Dr Marc Fillatre élu Président de l'Union nationale pour la prévention du suicide
Publié le 19 Novembre 2018
Le Dr Marc Fillatre a élu président de l'Union nationale pour la prévention du suicide (UNPS). Aujourd'hui, regroupement national d'une quarantaine d'acteurs de la prévention du suicide, l’UNPS accompagne le travail préparatoire des politiques dans la définition des lignes stratégiques relatives à la prévention du suicide. Elle a une action de plaidoyer auprès des institutions publiques et politiques pour influencer et modifier les comportements et prises de position. Elle met en place diverses actions et réalisations pour alerter, sensibiliser et informer l’opinion publique sur le fait que le suicide n’est pas un sujet tabou et qu’une prévention du suicide et de sa tentative est possible. Elle est notamment représentée au sein de l'Observatoire national du suicide, qui a été récemment réactivé par le ministère des Solidarités et de la Santé, dans lequel siègent une dizaine de médecins, notamment psychiatres, gériatres et urgentistes.

Praticien hospitalier en psychiatrie, Marc Fillatre est responsable de l'unité d'hospitalisation des adolescents au CHU de Tours (Indre-et-Loire) et responsable de l'activité de thérapie familiale à la Clinique psychiatrique universitaire. Président du réseau départemental de prévention du suicide, l'association Vies 37, il est également l'animateur de la cellule d'aide aux étudiants en difficulté à la faculté de médecine de Tours. Vice-président de l'UNPS depuis plusieurs années, Marc Fillatre est référent pour la région Centre du Groupe d’étude et de prévention du suicide (Geps).
Source : Hospimédia du 16 novembre 2018
https://www.santementale.fr/actualites/le-dr-marc-fillatre-elu-president-de-l-union-nationale-pour-la-prevention-du-suicide.html



Autre article

“ Le contexte social ne va pas favoriser la baisse des suicides ”
Publié le
Marc Fillâtre, psychiatre au CHU de Tours, président de l’Union nationale de prévention du suicide.
Marc Fillâtre, psychiatre au CHU de Tours, président de l’Union nationale de prévention du suicide.
© Photo NR
Psychiatre à l’unité adolescents au CHU de Tours, président de Vies 37, le Dr Marc Fillâtre a été élu président de l’Union nationale de prévention du suicide.
L’Union nationale de prévention du suicide (UNPS) agit-elle comme une sorte de « lobby » auprès des pouvoirs publics ? « Un lobby, c’est tout faire pour placer ses idées en bloc. L’UNPS regroupe quarante têtes de réseaux. Notre idée est plus de sensibiliser à tous les niveaux sur le travail qu’il reste à faire en matière de prévention du suicide. Nous sommes plus dans une logique de coopération que de lobbying. On met en place des actions avec les grosses structures, on leur apporte nos connaissances, notre expertise. »
Le nombre de suicide fléchit depuis le milieu des années 80, avec une baisse notable de 26 % entre 2003 et 2014, selon les derniers chiffres de l’Observatoire national du suicide. Sait-on expliquer pourquoi ? « Le suicide résulte d’une telle complexité du vivant, d’une multitude de facteurs aléatoires, donc c’est difficile. Les progrès de la médecine, qui ont limité les décès, mais aussi de la prévention, ont bien sûr joué. On a constaté, sur les tranches d’âge sur lesquelles on a fait un réel effort de prévention, c’est-à-dire les jeunes et les personnes âgées, une baisse notable du nombre de suicides. En Indre-et-Loire, chez les adolescents, le nombre de décès par suicide a été divisé par deux en vingt ans, c’est encourageant ! La baisse est moins nette, et même parfois en légère augmentation, chez les personnes en âge de travailler par exemple. »
Peut-on être optimiste ? « Quand on voit la dégradation des conditions sociales, on redoute que la courbe se réinverse. Le contexte social actuel ne va pas favoriser la réduction des idées suicidaires… »
Aujourd’hui, en France, il y a trois fois plus de décès par suicide que sur les routes. Pourquoi aucune mesure de grande ampleur n’émerge-elle  ? « La prévention du suicide est très complexe. Pour que ça marche, il faut prendre le temps et les moyens. Si l’on fait le parallèle avec les transports, pour l’image, c’est plus vendeur d’inaugurer une nouvelle portion d’autoroute que de reboucher les nids-de-poule. Et pourtant, le mauvais état des routes est une source d’accident. »
Le suicide paraît plus intime, non accessible aux lois ou aux amendes… A quoi ressemblerait une prévention efficace ? « Il y a des moyens d’agir. Quand on fait de la prévention sur d’autres sujets, on agit sur la prévention du suicide : par exemple, quand on agit pour que chacun soit accepté dans sa particularité. Le passage à l’acte suicidaire est souvent lié à un sentiment de désappartenance sociale. On peut aussi donner des moyens à la prévention de terrain, car elle est aujourd’hui presque uniquement basée sur le bénévolat. Aussi, il faut donner des moyens aux hôpitaux psychiatriques pour traiter les dépressions, car parmi ceux qui sont morts par suicide, 60 à 70 % étaient déprimés, l’avaient signalé, et n’avaient pas pu être pris en charge… »
A défaut d’un grand plan doté de financements réels, quels sont les moyens d’action ? « A l’UNPS, on développe des actions avec des partenaires, des campagnes avec des messages qui s’adressent à tout le monde, de la prévention spécifique sur des groupes à risque, et de la prévention ciblée auprès de gens qui ont déjà fait un passage à l’acte ou sont en zone rouge. Il y a des outils qui émergent, comme l’application “ Stop blues ”, lancée en phase de recherche opérationnelle par l’Inserm dans 70 villes en France, dont l’agglomération de Tours, Amboise, et bientôt Chinon, qui proposent tout un ensemble de ressources géolocalisés, accessibles à tout moment depuis son téléphone. »

repères

Suicide : un décès par heure
Le suicide en France, c’est 78.128 personnes hospitalisées et 8.885 décès, soit plus d’un mort par heure. C’est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes entre 15 et 25 ans, juste derrière les accidents de la route, qui dépasse le taux de 30 pour 100.000 habitants chez les plus de 75 ans (14,9 pour la population globale). A titre de comparaison, la même année (en 2014), 3.384 personnes étaient mortes du fait d’un accident de la route.
Les chiffres, faramineux, sont connus, les actions politiques presque inexistantes. « Des choses sont faites dans les régions en zone “ noires ”, comme la Bretagne ou le Nord, ou dans les territoires où un décideur a fait des choix en ce sens, souvent parce qu’il a été touché personnellement », constate Marc Fillâtre. Le mécénat privé, lui aussi, est timide : « Les grandes entreprises ne veulent pas voir leur nom associé au suicide. Certains nous aident, sous condition que l’on ne fasse pas paraître leur nom ! »
Trop complexe, peu valorisante en terme d’image, la prévention du suicide est donc le parent pauvre de la santé publique. Malgré les chiffres.

profil> Né à Paris en avril 1959, Marc Fillâtre est arrivé à Tours à l’occasion de son internat.
> En 1991, lui qui se destinait à s’installer comme psychothérapeute libéral accepte un poste de chef de clinique à l’unité pour adolescents, alors uniquement une unité d’hospitalisation.
> En 1997, il y ouvre une unité de thérapie familiale.
> Il est associé à la création de la maison des adolescents de Tours.
> Il participe à la création du réseau de prévention du suicide Vies 37, et en devient président.
> En 2014, il devient vice-président de l’Union nationale de prévention du suicide (UNPS).
> En 2018, il est élu président de l’UNPS.


https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/le-contexte-social-ne-va-pas-favoriser-la-baisse-des-suicides

samedi 1 décembre 2018

ETUDE RECHERCHE Mise en place d’un système de surveillance des suicides reposant sur les données des instituts médico-légaux : étude de faisabilité

Mise en place d’un système de surveillance des suicides reposant sur les données des instituts médico-légaux : étude de faisabilité

V. Gigonzac a I. Khireddine-Medouni a C. Chan-Chee a G. Rey b L. Chérié-Challine ale Groupe de Travail IML
Objectifs
En 2014, près de 9000 décès par suicide ont été dénombrés en France métropolitaine. En 2006, le CépiDc-Inserm a évalué la sous-estimation des suicides à environ 9 %, celle-ci étant notamment liée à la transmission non systématique des certificats de décès après investigation médico-légale. Par ailleurs, une étude exploratoire visant à tester des sources de données existantes pour la surveillance des suicides en lien avec le travail a permis de montrer la richesse des données des instituts médico-légaux (IML). L’objectif de ce projet est d’étudier la faisabilité de développer un système de surveillance épidémiologique des suicides, notamment ceux en lien avec le travail, basé sur les données des IML, dans le cadre de l’évolution prochaine des modalités de certifications des décès.
Méthodes
Santé publique France (SPFrance), en collaboration avec des IML et le CépiDc, met en place une étude pilote qui sera menée auprès de 9 IML volontaires pour une durée d’un an, à partir de janvier 2018. Pour chaque cas de suicide ou de décès d’intention indéterminée, les médecins légistes transmettront à SPFrance des informations sur les caractéristiques du décès, les données sociodémographiques, les investigations médico-légales pratiquées, les éventuelles addictions et comorbidités, les caractéristiques professionnelles et l’existence de liens potentiels entre le décès et le travail. Aucun nom ni prénom de la personne décédée ne sera collecté.
Résultats
Le nombre attendu de décès par suicide ou d’intention indéterminée dans les 9 IML participants devrait être supérieur à 1200 cas pour une année. La faisabilité et la pertinence de développer ce système basé sur les données des IML seront évaluées. Les décès par suicide ainsi que la part et les caractéristiques des suicides en lien potentiel avec le travail seront notamment décrits. Dans un second temps, ces données seront appariées aux données de mortalité du CépiDc afin d’analyser la concordance des causes de décès rapportées dans les deux sources.
Conclusions
L’utilisation des données des IML pourrait permettre d’enrichir les connaissances sur les suicides notamment en lien potentiel avec le travail et ainsi mieux orienter les actions de prévention. Si cette étude se révèle faisable, il sera recommandé de développer ce système de surveillance auprès de l’ensemble des IML, à partir du volet complémentaire du certificat de décès et dans le cadre de l’évolution des modalités de certifications des décès.

Actualité et dossier en santé publique n° 104 Santé des personnes sous main de justice

Actualité et dossier en santé publique n° 104
Santé des personnes sous main de justice

Sommaire actualité
Sommaire dossier

En publiant l’avis sur l’évaluation de la stratégie santé des personnes placées sous main de justice, le Haut Conseil de la santé publique a rappelé que ces personnes devaient bénéficier de la logique globale de la stratégie nationale de santé, privilégiant la promotion de la santé, la prévention, la lutte contre les inégalités d’accès aux soins, la qualité de ces soins, leur sécurité et leur pertinence. Dire que les états de santé conditionnent la réinsertion des personnes placées sous main de justice est une évidence. Il s’agit donc de leur garantir un accès aux soins équivalent à celui dont bénéficie par principe la population générale. Cela implique, si la population sous main de justice est exposée à des risques spécifiques, qu’ils soient identifiés, que l’information soit connue, et que la réponse apportée soit adéquate.
Longtemps on a parlé de la santé des seuls détenus sous la responsabilité de l’administration pénitentiaire. L’expression « personnes placées sous main de justice » élargit la focale et englobe toute « personne confiée » aux services de la justice, selon le terme choisi par l’administration en charge de la protection de la jeunesse.
De la petite délinquance à la détention, d’un suivi en milieu ouvert aux mesures préventives, du jugement à la condamnation, de la maison d’arrêt au centre de détention, du contrôle judiciaire aux travaux d’intérêt général, de la liberté conditionnelle au placement externe, il existe toute une de série de situations, de lieux de vie, de mesures judiciaires dans lesquels la santé des personnes varie. Deux fois plus nombreuses que les personnes écrouées, les personnes non détenues mais sous main de justice ont des histoires de vie et donc des états de santé qui peuvent différer de la population générale.
Ce travail d’analyse est décrit par plusieurs auteurs dans la première partie de ce dossier. On y retrouve le cumul des conditions péjoratives pour la santé en lien avec le gradient social, et donc des pathologies comparables à celles de la population générale majorées par un retard de leur prise en charge. Eu égard à la plus grande prise de risques pour la santé physique et mentale, à la plus grande consommation de substances nocives, mais aussi à la récurrence des expositions à des environnements défavorables, certaines pathologies, comme les infections transmissibles, les addictions, les troubles psychiques sont plus fréquentes. Considéré isolément, le risque suicidaire est majeur, avec un taux de suicide multiplié par sept par rapport à la population générale. Survenant surtout dans les premiers temps d’incarcération mais également dans la période qui suit la libération, ces événements sont plus liés au parcours judiciaire et pénitentiaire qu’aux facteurs individuels. Les jeunes majeurs ou mineurs proches de la majorité font l’objet de mesures spéciales compte tenu de leur vulnérabilité. Dans ce contexte, l’objectif de promotion de la santé prévu par la stratégie de santé, qui requiert participation des usagers et environnement favorable, prend une tonalité particulière.
Des dispositifs spécifiques ont été mis en place pour permettre le passage entre les services de l’administration judiciaire et l’administration de la santé afin de rendre possible le suivi des questions de santé, dans les conditions normales de respect de la dignité du patient et de la confidentialité des soins. En pratique, les associations qui interviennent en lieu de détention comme en milieu ouvert constatent que ces principes sont difficiles à conserver en raison des objectifs souvent contradictoires des deux administrations.
Certaines expériences étrangères ouvrent quelques voies. C’est le cas de l’Angleterre et de l’Irlande du Nord, qui s’appuient sur le nombre de récidives pour justifier la coordination des parcours de soins et la collaboration étroite entre les services de santé, les services de réinsertion et l’ensemble des services sociaux.
Le terme même de privation de liberté implique, pour les personnes concernées, une révision des modes de vie et donc de l’intimité, de l’autonomie, de la sécurité et de la vie relationnelle. Ce constat, renforcé par un argumentaire sur les droits humains et par des enquêtes ethno-anthropologiques sur la vie en détention, alimente la réflexion sur les modes de punition des conduites délictueuses dénoncées par nos sociétés. La dégradation des états de santé et la majoration des pathologies n’entrent pas dans la catégorie des sanctions. À ce titre, toute observation en ce sens est une mise en garde contre un transfert de peines qui serait en complète opposition avec l’esprit des actions édictées depuis plusieurs décennies pour la santé des personnes placées sous main de justice.

Sommaire actualité

Éditorial
Santé des personnes détenues  (108 ko)
François Vialla, Volodia Mijuskovic
HCSP direct
Avis et rapports du Haut Conseil de la santé publique
Actualité
L’agrément des associations d’usagers, une avancée de la démocratie sanitaire
Virginie Halley des Fontaines
Lectures
Lectures
International
International  (167 ko)

Sommaire dossier

Santé des personnes sous main de justice
Dossier coordonné par Virginie Halley des Fontaines, Pierre Czernichow

Santé des personnes sous main de justice  (201 ko)
Virginie Halley des Fontaines
Quelles populations ? Quels états de santé ?
Les personnes sous main de justice : caractéristiques sociales, pénales et évolution
Annie Kensey
État de santé des personnes sous main de justice  (151 ko)
Christine Chan Chee, Charlotte Verdot
Les dispositifs de prise en charge
Les dispositifs de prise en charge des personnes placées sous main de justice
Caroline Frizon, Virginie Bonfils
Témoignage d’un cadre infirmier : une nécessité d’adaptation permanente
Sandrine Dray
Intimité, sexualité : une épreuve pour les jeunes en prison
Yaëlle Amsellem-Mainguy, Arthur Vuattoux
Maladies infectieuses : dépistage et prise en charge des personnes sous main de justice
Fadi Meroueh
Les permissions de sortir pour raisons médicales : l’expérience de Médecins du monde au centre pénitentiaire de Nantes
Chloé Goubin, Pierre-François Martinot, Marie Hornsperger , Irène Aboudaram
Les dispositifs de prise en soins psychiatriques des personnes présentant des troubles psychiques en détention
Déborah Sebbane, Pierre Thomas
Les suicides et tentatives de suicide, et leur prise en charge en milieu carcéral
Pierre Thomas, Thomas Fovet
La continuité des soins à la sortie de prison
Meoïn Hagège
Addictions : données connues et prise en charge en milieu carcéral
Catherine Bernard
Les politiques et mesures mises en œuvre
La stratégie santé pour les personnes placées sous main de justice  (126 ko)
Jérôme Salomon, Christophe Michon
La prise en charge de la santé des personnes placées sous main de justice en Angleterre et en Irlande du Nord
Caroline Weill-Giès
Les réformes de la prise en charge de la santé des détenus dans les lieux de détention en Belgique
Caroline Weill-Giès
Promouvoir la santé en milieu pénitentiaire : l’expérience bretonne
Valérie Lemonnier, Thierry Prestel
Pratiques cliniques en milieu pénitentiaire, autonomisation et réinsertion
Emmanuel Luneau, Olivier Vanderstukken, Caroline Delaplace
Tribunes
Qualité et continuité des soins aux personnes détenues : des droits reconnus mais non effectifs
Adeline Hazan
L’environnement social : l’exemple de l’association Genepi
Comprendre la condition carcérale pour penser la santé en prison  (160 ko)
Didier Fassin
Bibliographie générale  (136 ko)
 
https://www.hcsp.fr/explore.cgi/Adsp?clef=161 

AUTOUR DE LA QUESTION OUTIL GUIDE Choisir mon traitement au long cours avec mon médecin Guide d’aide à la décision médicale partagée destiné aux personnes souffrant d’un trouble bipolaire

Choisir mon traitement au long cours avec mon médecin
Guide d’aide à la décision médicale partagée destiné aux personnes souffrant d’un trouble bipolaire

Samalin L 1,  Abbar M 2 ,  Belzeaux R 3,  Zenut M 1 , Boyer L 3 ,  Llorca PM 1
1  CHU Clermont-­‐Ferrand, France
2 CHU Nîmes, France
3 APHP, Marseille, France
https://www.chu-clermontferrand.fr/Internet/Documents/Actu/Guide%20DMP%20patients%20bipolaires%20icono%20copyright.pdf

REPORTAGE En prison, ces codétenus qui "apaisent" pour prévenir le suicide

En prison, ces codétenus qui "apaisent" pour prévenir le suicide
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Publié le 30/11/2018 https://www.capital.fr*
AFP/JEFF PACHOUD


"Des heures (d'écoute) qui ont fait du bien" à Sébastien, détenu de 43 ans, quand il a traversé une "mauvaise passe" : au centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse, les codétenus de soutien sont des "interfaces" qui contribuent à "l'apaisement".

Sébastien était envahi par des "idées noires" à l'approche de son procès. Par le biais du personnel pénitentiaire, il a fait appel à un codétenu de soutien (CDS) ayant la possibilité de rencontrer ses pairs dans leur cellule.

"Il m'a donné des conseils, il a répondu à mes craintes par rapport à mon jugement, ça m'a rassuré", confie à l'AFP le timide quadragénaire, qui se sent "plus de facilité à se livrer" à un comparse qu'à un surveillant.
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L'homme aux cheveux coupés en brosse souligne que le CDS "peut rester assez longtemps pour discuter de tous les problèmes", à la différence des consultations "tous les quinze jours" avec une psychologue qui durent "15 à 30 minutes".

Lancée en 2010, l'expérimentation des codétenus de soutien s'est depuis étendue à treize établissements pénitentiaires, selon le ministère de la justice. A Bourg, le projet a débuté en 2013 et ils sont actuellement dix, âgés de 24 à 61 ans, à intervenir auprès des quelque 650 détenus.

Les CDS sont sélectionnés comme étant de "bons profils" : pas d'incident en détention, stables, la plupart travaillent comme auxiliaire ou aux ateliers.

Formés aux premiers secours et à l'écoute active, les CDS participent régulièrement à des réunions pour signaler les détenus en difficulté, avec la Croix-Rouge, partenaire du dispositif, et l'administration pénitentiaire, qui peuvent ensuite alerter l'unité médicale.

"Notre mission est plus étendue que la prévention du suicide : on intervient quand un détenu a des problèmes familiaux, judiciaires ou bien est en situation d'indigence", explique avec assurance Philippe, CDS depuis plus d'un an.

Le soir de Noël, en 2017, le quinquagénaire avait été appelé par un surveillant pour aider "un détenu en souffrance". "On a partagé un thé et il n'y a pas eu d'alerte", raconte-t-il.

"Dès que la greffière arrive pour des mauvaises nouvelles, on est tout de suite appelé", observe après quelques mois d'activité Michel, CDS gouailleur, qui s'attend à intervenir "encore plus" à l'approche des fêtes de fin d'année.

- "Savoir se préserver" -

Pour le président territorial de la Croix-Rouge de l'Ain, Jacques Aubry, le rôle essentiel des CDS est celui "d'écoute et d'alerte" mais "ils remontent aussi des éléments indirects qui contribuent au bien-être en détention comme des problèmes au parloir".

Du côté du syndicat UFAP, le dispositif a été accueilli "plutôt froidement". "Ce n'est pas une mauvaise idée mais c'est le rôle de l'agent pénitentiaire et on ne lui laisse pas le temps de le faire", déplore le secrétaire local adjoint, Romain Bernier.


"Si on était moins en sous-effectif et qu'on construisait des structures à taille humaine, on aurait du temps à consacrer (à l'écoute des détenus) au lieu de se décharger de ce rôle-là sur quelqu'un d'autre", ajoute M. Bernier.

Pour Lionel, CDS au quartier d'isolement et auprès des arrivants, son rôle consiste à "mobiliser les ressources de la personne pour qu'elle arrive à cheminer par elle-même".

"Il faut aussi savoir se préserver quand on n'est pas en capacité d'être à l'écoute car nous aussi, on a des fragilités", souligne l'homme à la barbe poivre et sel.

"Il ne faut pas qu'ils portent la responsabilité de ce qui peut se passer et on leur répète qu'ils n'ont pas d'obligation de résultat, qu'on reste sur de l'humain", assure la directrice-adjointe de l'établissement, Marie-Laure Petit.


Si le dispositif prévoit que les CDS peuvent être sollicités pour passer une nuit avec un détenu qui serait au plus mal, à Bourg-en-Bresse, cela n'est arrivé qu'"une seule fois", poursuit-elle.

Si "huit suicides" ont été recensés au centre pénitentaire de Bourg-en-Bresse depuis son ouverture en 2010, il est toutefois "difficile" pour l'administration pénitentiaire de "corréler les chiffres à ce dispositif".

Depuis le 1er janvier, 110 détenus se sont donnés la mort en prison en France.

https://www.capital.fr/economie-politique/en-prison-ces-codetenus-qui-apaisent-pour-prevenir-le-suicide-1317984

USA "I Survived It" : "Si vous avez déjà eu des idées suicidaires, faites un plan de sécurité"

D'après article "If you've ever had suicidal thoughts, make a safety plan"
 https://eu.usatoday.com/*
Si vous avez déjà eu des idées suicidaires, faites un plan de sécurité
Alia E. Dastagir  sur
USA TODAY Publié  le 28 nov. 2018

"Si vous pouviez écrire quelque chose qui pourrait un jour vous sauver la vie, le feriez-vous?

En 2016, 9,8 millions d'adultes américains ont sérieusement pensé au suicide, selon le Centers for Disease Control and Prevention. Pour réduire le risque de tentative, selon les experts,  les personnes qui ont des pensées suicidaires devraient créer un plan de sécurité personnalisé qui décrit les signes avant-coureurs d'une crise suicidaire, les stratégies d'adaptation et les personnes à contacter pour obtenir du soutien.

"Lorsque vous êtes en situation de crise,
ce n'est pas le moment de savoir comment vous allez vous y prendre ", a déclaré Jill Harkavy-Friedman, psychologue clinicienne et vice-présidente de la recherche à l'American Foundation for Suicide Prevention. "Ce que fait un plan de sécurité, c'est qu'il vous aide à élaborer à l'avance une stratégie pour faire face à la détresse."

Shelby Rowe a élaboré un plan de sécurité après sa tentative de suicide et a déclaré qu'il s'agissait d'un élément important de sa santé.

"Ils nous aident à sortir notre cerveau de la vision étroite qui peut s'installer lorsque nous sommes plongés dans une crise de santé mentale", a-t-elle déclaré.
Shelby Rowe, survivante d'un suicide, a élaboré ce plan de sécurité pour l'aider en cas d'une autre crise suicidaire. Elle appelle ça "se responsabiliser".
Shelby Rowe

 













 Une étude publiée dans JAMA Psychiatry en septembre a révélé que lorsque les patients qui se rendaient aux urgences pour des problèmes liés au suicide,  recevaient un plan de sécurité à la sortie ainsi que des appels téléphoniques de suivi, le risque de comportement suicidaire était réduit de moitié.

"Les sentiments suicidaires vont et viennent", a déclaré Barbara Stanley, auteur principal de l'étude, dans une vidéo pour la Fondation américaine pour la prévention du suicide. "Nous savons également que si quelqu'un résiste à une tentative de suicide, il ne sera pas forcément obligé de continuer et de faire une tentative de suicide plus tard - les envies peuvent se dissiper."

Pour élaborer un plan de sécurité suicide:

Asseyez-vous avec quelqu'un de confiance

C'est idéal pour créer votre plan de sécurité avec un professionnel de la santé mentale, mais si vous n'êtes pas sous les soins d'un clinicien, vous pouvez vous adresser à un ami de confiance ou à un membre de votre famille.

"La raison pour laquelle il est utile d'avoir un clinicien ou une autre personne ... c'est que parfois si vous êtes dans un endroit en détresse, votre réflexion sur ces choses-là n'est pas toujours à 100%. Vous pouvez avoir l'impression que vous n'avez personne à appeler,  ou vous ne savez pas quoi faire pour vous distraire ", a déclaré Harkavy-Friedman. "Vous pensez peut-être que vous êtes un fardeau ... mais ce n'est pas exact, et c'est l'une des raisons pour lesquelles il est utile de le remplir avec quelqu'un."

Identifiez vos signes d'avertissement personnels

Les signes d'avertissement énumérés dans votre plan de sécurité doivent vous être spécifiques. Ce sont les pensées, les sentiments et les comportements qui peuvent vous amener à vous sentir suicidaire. Selon le Centre de ressources sur la prévention du suicide, ils peuvent inclure:

    Parler de se sentir piégé ou dans une douleur insupportable
    Parler d'être un fardeau
    Consommation accrue d'alcool ou de drogues
     Agir avec anxiété ou agitation, se comporter de façon imprudente.
    Dormir trop peu ou trop
    Se replier sur soi ou se sentir isolé
    Exprimer de la rage ou parler de chercher à se venger
    Sautes d'humeur extrêmes

Trouvez des moyens de vous distraire

Étant donné que les idées de suicide vont et viennent, il est important de trouver des moyens de vous distraire quand elles surgissent. Cela pourrait inclure:

    Faire de l'exercice
    Écouter de la musique
    Lire un livre
    Regarder un film
    méditer
    Appeler un ami

Sécurisez votre environnement

Il est important, vous avez des pensées suicidaires, de réduire l’accès à des moyens létaux. Demandez à un membre de la famille de stocker vos médicaments en toute sécurité ou demandez à un ami de garder la clé de la boîte de votre arme à feu.

Tournez-vous vers les personnes en qui vous avez confiance

Qui appelez-vous quand vous voulez rire? Qui appelez-vous quand vous voulez vous défouler? Qui appelez-vous quand vous voulez que quelqu'un vienne s'asseoir tranquillement? Il est important d'identifier dans votre vie les personnes qui peuvent vous aider à rester en sécurité. Peut-être que c'est un meilleur ami, peut-être que c'est votre pasteur. Ecrivez leurs noms et leurs coordonnées sur votre plan afin de pouvoir les joindre facilement en cas de besoin.

Faire plus d'une copie

Vous ne devriez pas être le seul à avoir accès à votre plan de sécurité. Donnez des copies à toutes les personnes figurant sur votre plan afin qu'elles puissent être proactives. Quelqu'un de votre liste d'appels peut vouloir garder sa sonnerie
allumée tard le soir. Un être cher peut être capable de repérer un signe avant-coureur avant vous. Dites aux gens que vous aurez peut être besoin de les contacter et n’ayez pas peur d’être explicite sur les choses spécifiques qu’ils peuvent faire pour vous aider.


Inclure les professionnels
Vos amis et votre famille sont des soutiens importants, mais vous devez inclure dans votre plan les contacts d’urgence qui peuvent vous aider si vos sentiments s’envolent. Cela peut inclure votre thérapeute, votre médecin de soins primaires, la ligne de crise locale, le 911 ou la ligne de vie nationale de prévention du suicide au 1-800-273-8255.

Continuez à le mettre à jour

À mesure que votre vie change, votre plan de sécurité devrait également Si vous avez perdu le contact avec l'une des personnes figurant sur votre liste d'appels, veillez à ajouter un autre support de confiance. Si vous avez trouvé une nouvelle raison de rester en vie, incluez-la.

"C'est un document vivant", a déclaré Harkavy-Friedman. ""Revoyez-le, retravaillez-le, mettez-le à jour avec des choses qui vous aideront à vous sentir mieux."

Rappelez-vous, vous n'êtes pas seul

Quand vous êtes en crise, vous avez l'impression qu'il n'y a nulle part où aller. Un plan de sécurité peut vous rappeler qu'il y a des gens avec qui vous pouvez communiquer pour obtenir de l'aide.

"Plus vous mobiliserez les gens pour vous aider, plus [le plan de sécurité] sera efficace", a déclaré Harkavy-Friedman.

Suicide Lifeline: Si vous ou une personne de votre entourage êtes aux prises avec des idées suicidaires, vous pouvez contacter le service américain de prévention du suicide au 800-273-TALK (8255) à toute heure du jour ou de la nuit ou discuter en ligne.


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AUTOUR DE LA QUESTION SUISSE Iceberg project : sensibiliser par les témoignages

Iceberg project : sensibiliser par les témoignages 
Repéré sur STOP SUICIDE - Revue de presse & des savoirs novembre 2018 *


Source image

Gros coup de cœur pour le Iceberg Project, une série de vidéos produites par Tataki, le média web de la RTS.
La parole est donnée à des jeunes hommes et jeunes femmes, qui racontent leur histoire et parlent de sujets sensibles, auxquels ils ont été confrontés.
Comment se relève-t-on après une épreuve difficile comme un deuil ou une rupture ? Qu'est-ce que ça fait de vivre avec un handicap, une addiction ou un trouble psy ?
Autant de thèmes parfois tabou qui sont abordés avec délicatesse dans ces vidéos aussi courtes qu'efficaces. À découvrir sans attendre !
*https://stopsuicide.ch/newsletter-de-novembre/

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AUTRE ARTICLE SUR LE SUJET

« Iceberg project, parce qu’on a tous une face immergée »
« Iceberg project, parce qu’on a tous une face immergée »
Depuis quelque temps sur les réseaux sociaux fleurit un média qui s’adresse à des jeunes : Tataki. Divers projets y sont représentés. Parmi ceux-ci, Iceberg Project, qui propose des portraits de jeunes ayant une histoire forte à raconter (philosophie de vie, expérience douloureuse, coup de gueule). Rencontre avec Adrien Donzé, initiateur et responsable de ce projet.
R.E.E.L. : Adrien, merci de nous recevoir. Nos lecteurs ne te connaissent sûrement pas. Peux-tu commencer par te présenter en quelques mots ?
Adrien Donzé (A.D.) : Je m’appelle Adrien Donzé, j’ai 25 ans et je produis actuellement une série de vidéos pour les réseaux sociaux. Au départ, je poursuivais des études d’art à la Haute Ecole d’Art et de Design. Puis parallèlement à mes études, j’ai suivi un stage au sein de Kapaw, un jeune média qui se développe uniquement sur les réseaux sociaux et qui m’a beaucoup appris. J’y ai vu une approche totalement différente, avec un contact direct auprès de l’audience, beaucoup plus d’interactions. J’ai eu l’idée de Iceberg Project pendant ce stage. En troisième année à la HEAD, alors que j’étais en situation d’échec, j’ai eu un déclic et j’ai décidé de quitter l’école ainsi que Kapaw pour me consacrer exclusivement à ce projet. J’ai eu la chance à ce moment-là que Tataki fasse un appel à projets et me sélectionne. Aujourd’hui, ils accompagnent mon projet et m’aident à le développer.


R.E.E.L. : C’est précisément pour parler de ce projet que nous sommes ici aujourd’hui. En quoi consiste-t-il ?
A.D. : Il s’agit d’une série de portraits-vidéos de jeunes de 18 à 28 ans, afin que le public, qui est à peu près dans la même tranche d’âge, puisse s’y identifier. Ces jeunes viennent de tous horizons et racontent quelque chose de fort qu’ils ont vécu et ont envie de partager. Depuis toujours j’aime les histoires puissantes et profondes qui illustrent la capacité de l’être humain à se relever après une expérience douloureuse ou à penser différement de la norme. C’est quelque chose qui m’a toujours fasciné. J’ai envie que le grand public puisse s’identifier à ce qu’il voit. Et je trouve que se retrouver seul face à une caméra permet de créer une certaine intimité.
R.E.E.L. : Comment fais-tu pour trouver les candidats qui vont participer à ces vidéos ? Comment se passent concrètement les rencontres ?
A.D. : Je ne sais pas si je devrais dire ça, mais j’ai commencé par faire des appels sur Tinder. Je précise que je m’y suis inscrit uniquement pour cela (rires). J’ai lancé des appels, puis j’ai expliqué mon projet aux gens intéressés, avant de les rencontrer. Aujourd’hui, je fais ça directement depuis la page Facebook du Iceberg Project. Ceux qui sont intéressés commencent par me raconter leur histoire par message, puis ils choisissent un lieu qui correspond à ce qu’ils ont à dire. Je veux toujours que ce soit un lieu public, dans lequel chacun pourrait croiser cette personne. Ensuite, il s’agit de la mettre en confiance, de créer comme une bulle d’intimité au milieu de tous les gens qui passent. En général, chacun a préparé un peu ce qu’il allait dire avant de venir. Je suis surtout là pour écouter, mais il m’arrive parfois de poser des questions pour réorienter un peu le propos s’il se disperse.
R.E.E.L. : D’un point de vue plus technique, comment se passe ensuite le montage et comment se présentent tes vidéos ?
A.D. : Il y a effectivement un gros travail de montage après coup. À chaque fois, je tourne au ralenti avec différents plans, avec une voix off qui raconte. Je cherche à créer quelque chose d’intimiste et d’immersif, comme si on mettait le temps sur pause et qu’on entrait dans la tête de la personne. D’une certaine manière, je trouve que c’est une façon de sublimer la personne ainsi que son histoire. Quand j’enregistre l’histoire, j’essaie d’avoir le plus de matière possible. La première version, sans coupure, dure environ 6 à 7 minutes, que je ramène ensuite à 2 minutes, pour aller vraiment à l’essentiel. En ce qui concerne les plans, tout se fait de manière assez intuitive.
R.E.E.L. : Peux-tu nous parler un peu de Tataki, ce nouveau média de la RTS, duquel fait partie Iceberg Project ?
A.D. : Tataki cherchait au départ beaucoup de projets très divers : de l’humour, des formats découvertes, du décryptage lié à la pop-culture… Il y avait beaucoup de projets au début et, petit à petit, cela se resserre un peu, pour trouver la bonne ligne. La constante, c’est que ça se passe souvent dans la rue. Le but est de donner la parole aux gens, de créer toujours un contact, une interaction. L’objectif est aussi de s’adresser aux jeunes. Pour ce faire, Tataki se développe principalement sur les réseaux sociaux, en partant du constat que les jeunes délaissent de plus en plus les médias « classiques », pour se tourner vers ce type de plateformes.
R.E.E.L. : Maintenant que ce projet tourne bien[1], quelle suite envisages-tu ?
A.D. : À court terme, mon objectif est de rester au sein de Tataki. Grâce à eux, j’apprends beaucoup, car ils apportent un autre regard et des retours que je n’aurais pas en travaillant seul. À plus long terme, mon but est de partir à la rencontre de jeunes d’autres pays francophones, comme la France ou la Belgique, où j’ai déjà quelques contacts, voire même le Québec. Mais tout cela demande une autre organisation, une logistique différente, qui n’est pas possible actuellement.
R.E.E.L. : Adrien, merci pour ce moment que tu nous as accordé, et longue vie au Iceberg Project !
Propos recueillis par Fabien Imhof
La page Facebook du projet : https://www.facebook.com/theprojecticeberg/
La page Facebook de Tataki : https://www.facebook.com/Tatakiiii/
Photo : ©Kapaw
Logo : ©Adrien Donzé et Andrea Furlan
[1] Ndlr : à l’heure où nous écrivons, 25 vidéos ont déjà été publiées.
http://www.reelgeneve.ch/iceberg-project-parce-quon-a-tous-une-face-immergee/