lundi 23 février 2026

ETUDE RECHERCHE ESPAGNE Changer le regard des professionnels de santé sur les plus âgés et leur détresse psychique

Changer le regard des professionnels de santé sur les plus âgés et leur détresse psychique

Une récente analyse de la Direction des statistiques du ministère de la Santé (DREES) rappelait que la France comptera 22,9 millions de personnes de plus de 60 ans en 2050, contre (déjà) 18,1 millions aujourd’hui. Cette large proportion n’empêche pas les généralisations faciles et les stéréotypes. Ainsi, les manifestations d’âgisme ne sont pas rares. L’âgisme est défini par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une discrimination fondée sur l’âge. Cette attitude constitue aujourd’hui la troisième forme de discrimination la plus répandue au monde, après le racisme et le sexisme. Inévitablement, les fausses croyances et représentations tronquées associées au grand âge influencent directement la qualité des soins, la santé mentale et la dignité des personnes âgées. 

Parmi les préjugés les plus fréquemment véhiculés autour du grand âge, figure l’idée que la souffrance serait « normale » ou inévitable avec les années, ce qui contribue à certaines limitations des soins. Il est également marquant de constater que s’il est très fréquemment question de la souffrance mentale des plus jeunes, c’est en réalité chez les plus âgés que le risque de suicide est le plus élevé. Les plus récentes statistiques de la DREES sur le sujet ont ainsi rappelé que les hommes de plus de 75 ans présentent un taux de suicide (53,3 pour 100 000) dix fois supérieur aux hommes de moins de 30 ans (5,2) et cinquante fois supérieur aux femmes de moins de 30 ans (1,3). 

Des professionnels pas plus avertis que le commun des mortels sur le risque suicidaire des plus âgés 

Ce décalage entre la réalité et la perception commune n’épargne nullement les professionnels de santé, comme le montre une étude espagnole menée auprès de 370 étudiants en soins infirmiers et en psychologie publiée dans la revue Geriatric Nursing l’année dernière. Près de 79 % des participants pensaient que le suicide était plus fréquent avant 40 ans, révélant une méconnaissance profonde du risque suicidaire chez les aînés. Cette représentation révèle un biais cognitif que l’on peut considérer comme de l’âgisme, où la souffrance des jeunes est perçue comme dramatique et celle des personnes âgées comme « compréhensible », voire « attendue » ; sans parler du fait que la mort d’un jeune est toujours considérée comme une tragédie quand celle d’un vieux, même quand elle est violente, semble s’inscrire plus certainement dans « l’ordre des choses ». Chez les plus jeunes, on a ainsi tendance à interpréter le suicide comme une « recherche d’attention » ; et à le percevoir comme un comportement « normal pour cet âge » pour les plus âgés. Ces appréhensions, bien que communes et presque « naturelles », apparaissent particulièrement délétères. Ces mythes conduisent à minimiser la gravité de la détresse émotionnelle des aînés. 

Confronter les pros à leurs propres biais n’est pas inutile

Afin de contrer ces représentations, les chercheurs espagnols, à l’origine de cette enquête, ont expérimenté une séance de simulation clinique de 90 minutes, comprenant un briefing, un scénario interactif et un débriefing réflexif. Les étudiants étaient confrontés à une actrice incarnant une patiente âgée exprimant des idées suicidaires, dans une mise en situation favorisant l’engagement émotionnel, la prise de conscience et la reformulation empathique.

Après la séance, les stéréotypes ont significativement diminué. Ces évolutions vont dans le sens d’une approche plus nuancée des personnes âgées, désormais vues comme capables de désirs, de projets et d’émotions complexes. Cependant, en ce qui concerne la « dimension santé », les auteurs n’ont pas noté de progression significative, suggérant que les représentations biomédicales du vieillissement sont plus résistantes et nécessitent un travail éducatif plus approfondi.

L’intérêt de la simulation clinique réside précisément dans cette confrontation expérimentale : elle permet aux futurs professionnels de mesurer leurs propres préjugés, d’expérimenter des réponses empathiques et de développer une posture fondée sur la reconnaissance plutôt que sur la projection. 

Bien sûr, ces travaux présentent des limites, puisqu’ils ne permettent pas de mesurer l’évolution des stéréotypes âgistes dans le temps, et l’absence de groupe de contrôle limite l’interprétation causale de l’efficacité de la simulation. On notera encore que les participants provenaient uniquement de deux filières d’universités espagnoles ce qui restreint la généralisation des résultats. Les auteurs recommandent donc d’élargir les futurs échantillons à d’autres professions de santé et à des contextes de formation plus variés. L’inclusion de variables sociodémographiques telles que l’âge, le genre ou le niveau d’éducation permettrait également des analyses plus fines.

En conclusion, former les professionnels à reconnaître leurs propres biais et à interagir avec empathie représente une priorité de santé publique. La simulation clinique, en mobilisant à la fois la cognition, l’émotion et la relation, offre une voie concrète vers une pratique du soin plus humaine et véritablement inclusive des personnes âgées. 

 References

Gil Pons, E., Pinazo-Clapés, C., Sales Galan, A., Pinazo-Hernandis, S., & Checa Esquiva, I. (2025). Ageism and suicide: A structural equation modeling analysis and evaluation of a high-fidelity simulation-based intervention for future healthcare professionals. Geriatric Nursing, 66, Article 103674. https://doi.org/10.1016/j.gerinurse.2025.103674

 

source https://www.jim.fr/viewarticle/changer-regard-des-professionnels-sant%C3%A9-plus-2026a10004yx 

AUTOUR DE LA QUESTION Care Island, un jeu mobile pour promouvoir la santé mentale des adolescents

Et s’il était possible de préserver la santé mentale des adolescents à l’aide d’un jeu mobile ?

par  Yohan D 22 février 2026,

 
En France, un établissement de santé et une association ont collaboré à la création d’un jeu mobile très particulier. Gratuit, ce dernier se destine principalement aux adolescents dans le cadre de leur prise en charge pour raison de troubles mentaux. Cette innovation fait d’ailleurs son apparition dans un contexte de critiques envers les jeux vidéo, notamment pour des raisons d’atteinte à la santé mentale.

Un jeu se basant sur des approches et outils validés scientifiquement

Rappelons tout d’abord que d’une manière générale, les critiques sur les jeux vidéo relatives à la santé mentale des adolescents concernent principalement les risques d’usage excessif, plus que sur le contenu. Selon divers travaux, l’addiction à ces jeux peut générer de l’isolement social, des troubles du sommeil, de l’anxiété, de l’agressivité et potentiellement, une baisse des résultats scolaires en raison d’une baisse de la concentration. Préserver la santé mentale des adolescents doit être une priorité, alors que d’autres menaces planent sur eux depuis quelques années, à savoir les réseaux sociaux et l’addiction au smartphone. Une question étonnante se pose alors : est-il possible d’améliorer ou de préserver la santé mentale des ados à l’aide d’un jeu vidéo mobile ?

En 2025, le Centre Hospitalier La Chartreuse et l’association Promotion Santé Bourgogne-Franche-Comté ont collaboré à la création d’un jeu mobile, dont l’objectif est de préserver la santé mentale des ados de 14 à 18 ans. Selon un communiqué, l’application baptisée Care Island s’appuie sur des approches et outils validés scientifiquement tels que la psychoéducation, les thérapies cognitives et comportementales (TCC), la psychologie positive, des outils d’auto-évaluation et d’autres ressources.

Disponible gratuitement sur les appareils sous Android et iOS, Care Island se veut préventif, éducatif et thérapeutique. Or, ceci n’est pas un hasard puisque ce dernier a été pensé pour accompagner les jeunes dans leur parcours en santé mentale. Ainsi, le jeu peut devenir un genre de support pour installer durablement de bonnes habitudes, qu’il s’agisse de sommeil, d’alimentation, de régulation des émotions, d’activité physique ou encore, de gestion du stress.



×Crédit : Centre Hospitalier La Chartreuse

En quoi consiste réellement cette application ?

Dans les faits, Care Island est un « serious game » immersif invitant le joueur à explorer un archipel imaginaire en proie à un changement climatique rapide. L’archipel compte six îles, chacune gardée par un animal totem porteur d’une sagesse ancestrale en lien avec différents aspects du bien-être et de la santé mentale. Au fur et à mesure de la progression dans le jeu, les jeunes obtiennent des compétences psychologiques spécifiques auprès des gardiens. Ces capacités s’acquièrent au moyen d’action concrètes, comme la restauration d’écosystèmes, le recyclage de déchets et la plantation de graines, dans le but d’inverser les effets du dérèglement climatique sur l’archipel. Care Island donne donc la possibilité aux jeunes d’apprendre l’existence de liens étroits entre prendre soin de soi-même, des autres mais aussi de environnement.

Selon les responsables du projet, le jeu peut servir lors d’une prise en charge précoce, dans le cadre d’une hospitalisation ou d’un suivi post-hospitalier. Il est également possible de l’utiliser en autonomie, par les ados déjà pris en charge mais hors du cadre thérapeutique, ainsi que par ceux en souffrance psychique ne nécessitant pas de soins. Par ailleurs, une version pour les professionnels est également disponible sur demande. Cette dernière permet de débloquer tous les contenus et donc, de faciliter une utilisation en accompagnement individuel, en atelier ou dans le cadre d’actions de prévention.

Source : https://sciencepost.fr/est-il-possible-de-preserver-la-sante-mentale-des-adolescents-a-laide-dun-jeu-mobile/



Info +
Communique https://www.ch-lachartreuse-dijon-cotedor.fr/*
établissement de référence - Dijon / Côte d’Or
Psychiatrie - Santé mentale - Addictologie - Handicap psychique

 Care Island, un jeu mobile pour promouvoir la santé mentale des adolescents




Publié le : 6 mai 2025 - Article mis à jour le 1 décembre 2025
sur https://www.ch-lachartreuse-dijon-cotedor.fr/actualites/care-island-un-jeu-mobile-pour-promouvoir-la-sante-mentale-des-adolescents/

Le projet ADOCARE, porté par le Centre Hospitalier La Chartreuse et l’association Promotion Santé Bourgogne-Franche-Comté, a été lancé en 2022 grâce au soutien de l’Agence Régionale de Santé Bourgogne-Franche-Comté dans le cadre du Fonds d’Innovation Organisationnelle en Psychiatrie (FIOP). Son ambition : créer un outil numérique innovant, à la fois préventif, éducatif et thérapeutique, pour accompagner les adolescents dans leur parcours en santé mentale. Ce projet a abouti à la création du jeu mobile Care Island, disponible gratuitement au téléchargement depuis le 5 mai 2025.

Un jeu co-construit avec les équipes de soins… et les jeunes eux-mêmes

Ce jeu mobile innovant, destiné aux 14-18 ans, est le fruit d’une co-construction entre les équipes de soins des unités Adolits et Adosoins du CH La Chartreuse, dont le Dr Mathilde CHEMELLE, pédopsychiatre, et les équipes de Promotion Santé Bourgogne-Franche-Comté, en partenariat avec le studio PinPin Team. Il a été enrichi par la participation active d’adolescents ayant connu l’hospitalisation, afin de répondre au plus près à leurs besoins.

Développé en 2024, ce jeu s’appuie sur des approches et outils validés scientifiquement tels que la psychoéducation, les thérapies cognitives et comportementales (TCC), la psychologie positive, des outils d’auto-évaluation et d’autres ressources permettant de renforcer le bien-être psychologique des jeunes et de les accompagner dans leur parcours de soins. Dès le printemps 2022, plusieurs groupes de travail ont réuni professionnels de santé et représentants de Promotion Santé BFC, notamment Mme Anne THEUREL, psychologue, pour identifier les besoins et définir les contenus et fonctionnalités du jeu. Quatre ateliers participatifs ont ensuite été menés avec des adolescents pris en charge dans les unités, enrichis par les retours de lycéens partenaires. Ces échanges ont permis d’adapter le contenu, le design et les modes de jeu.


Un serious game immersif pour améliorer la santé mentale des adolescents

Care Island propose des contenus interactifs portant sur des thèmes essentiels : Activité physique
Alimentation
Sommeil
Substances
Stress
Émotions
Pensées automatiques.

Un « bouton d’urgence » permet également d’accéder à un plan de sécurité et à des ressources d’aide.

L’univers du jeu, imaginé et choisi par les adolescents eux-mêmes, prend la forme d’un archipel imaginaire composé d’îles touchées par un changement climatique accéléré. Le joueur, guidé par Buddy, un suricate bienveillant, rencontre les gardiens des îles : des animaux totems porteurs d’une sagesse ancestrale liée à différents aspects du bien-être. Chaque île incarne l’un des six piliers de la santé mentale. Au fil de l’exploration, le joueur acquiert des compétences psychologiques spécifiques, transmises par les gardiens lors de leurs rencontres. À travers des actions concrètes (recycler des déchets, planter des graines, restaurer les écosystèmes), il contribue à inverser les effets de la pollution et du dérèglement climatique sur l’archipel. Care Island propose ainsi une expérience ludique et engagée : en prenant soin des îles, le joueur apprend que prendre soin de soi, des autres et de son environnement est profondément lié. À mesure de sa progression, il visualise ses avancées, remporte des récompenses, et peut personnaliser son avatar ainsi que son compagnon Buddy.

Un outil innovant de prévention et de médiation thérapeutique

Care Island facilite l’engagement des adolescents dans leur parcours de soins. Il peut être utilisé : Lors de la prise en charge précoce
En hospitalisation
En suivi post-hospitalier
En autonomie entre deux consultations ou pendant un temps de permission.

Il peut aussi être intégré dans les pratiques de professionnels de santé, en individuel ou en groupe, ou servir de support pédagogique dans les établissements scolaires, structures sociales ou médico-sociales. Il permet également d’offrir aux jeunes patients une ressource complémentaire qu’ils peuvent utiliser de manière autonome, en dehors du cadre thérapeutique.

Bien qu’il ait été co-conçu avec de jeunes patients et des équipes d’unités de crise, ce jeu peut également être utilisé par des adolescents en souffrance psychique ne nécessitant pas de soins.


Téléchargement gratuit de l’application mobile

L’application Care Island est gratuite, anonyme et confidentielle. Elle est disponible en téléchargement sur le Play Store et l’App Store.
 Android : https://play.google.com/store/apps/details?id=com.pinpin.careisland&hl=fr
 iOS : https://apps.apple.com/fr/app/care-island/id6744529168

Un accès dédié aux professionnels

Une version dédiée aux professionnels est accessible sur demande : https://fr.surveymonkey.com/r/CareIsland. Elle permet de débloquer tous les contenus, pour une utilisation en accompagnement individuel, en atelier, ou dans des actions de prévention. 

https://www.ch-lachartreuse-dijon-cotedor.fr/actualites/care-island-un-jeu-mobile-pour-promouvoir-la-sante-mentale-des-adolescents/










NOTICE ARTICLE Conduites suicidaires à l'adolescence

Conduites suicidaires à l'adolescence
 - 20/02/26[60-729-D-30]  - Doi : 10.1016/S1877-7848(26)51775-1 
X. Benarous a, b, , E. Guez a, b, M. Le Bouedec a, P. Mauny a, D. Périsse a, M.-J. Guedj-Bourdiau c, S. Garny de la Rivière d, H. Lahaye d, e
a Service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, AP-HP, Sorbonne Université, 83, boulevard de l'Hôpital, 75013 Paris, France 
b Équipe de recherche en épidémiologie sociale, Institut Pierre-Louis d'épidémiologie et de santé publique, Sorbonne Université, Inserm, 27, rue Chaligny, 75012 Paris, France 
c Centre psychiatrique d'orientation et d'accueil, GHU Paris neurosciences, 1, rue Cabanis, 75014 Paris, France 
d Service de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, CHU d'Amiens, 1, rond-point du Professeur-Christian-Cabrol, 80054 Amiens, France 
e Groupe de recherche sur l'analyse multimodale de la fonction cérébrale, Inserm U1105, avenue Laennec, 80054 Amiens, France 

Auteur correspondant. 

Savoirs et soins infirmiers

Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le Saturday 21 February 2026
Résumé

Les conduites suicidaires à l'adolescence représentent la seconde cause de mortalité à cet âge. L'identification d'une crise suicidaire est plus difficile chez les adolescents, en particulier du fait des problèmes de comportements au premier plan. Les antécédents de tentatives de suicide et un épisode dépressif représentent les facteurs de risque les plus importants. À côté des facteurs de vulnérabilité individuelle, le geste suicidaire à l'adolescence a souvent une dimension systémique en lien avec des enjeux relationnels. Le geste suicidaire apparaît comme un ultime moyen de faire entendre une souffrance et un désir de changement dans son environnement. Tout adolescent suicidant doit être admis dans un service d'urgence hospitalier, où il est évalué sur les plans somatique, psychologique et social. Dans un certain nombre de cas, une hospitalisation spécialisée est indiquée. Une fois la crise suicidaire passée, le relais vers des professionnels spécialistes (psychiatre, psychologue) est un enjeu essentiel. Au-delà du repérage diagnostique et du traitement d'un trouble psychiatrique, des interventions centrées sur les stratégies de régulation des émotions et sur l'entourage familial sont au cœur de la prise en charge.
Mots-clés : Idées suicidaires, Tentative de suicide, Conduites à risque, Dépression, Adolescence
 

mardi 17 février 2026

HAUTS DE FRANCE Prévention du suicide : stratégie de formation 2025–2028

 Prévention du suicide : stratégie de formation 2025–2028


L’agence régionale de santé Hauts-de-France publie la stratégie régionale 2025-2028 de déploiement des formations à la prévention du suicide.

La prévention du suicide : un enjeu majeur de santé publique

Bien que le taux de suicide soit en baisse constante depuis 2000, la France présente toujours l’un des taux les plus élevés de décès par suicide en Europe. Selon les dernières données disponibles, on dénombre en France près de 9 000 décès par suicide et 200 000 tentatives de suicide. 

Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes et touche particulièrement les personnes âgées, dont le risque de décès par suicide est trois fois supérieur à la moyenne.

En région Hauts-de-France, les données de Santé publique France révèlent le taux régional standardisé d’hospitalisation pour tentative de suicide le plus élevé de la France métropolitaine, avec de grandes disparités entre les départements, ainsi qu’une mortalité par suicide supérieure à la moyenne nationale.

La formation joue un rôle central : elle vise à renforcer les compétences des professionnels et des citoyens pour repérer, orienter et accompagner précocement les personnes en détresse, consolidant ainsi l’ensemble de la chaîne de prévention.
 

Objectifs de la stratégie régionale

L’ARS Hauts-de-France publie sa stratégie de déploiement des formations à la prévention du suicide, en cohérence avec la Stratégie nationale de prévention du suicide (SNPS).

Cette stratégie s’appuie sur les 3 modules de formation du GEPS (Groupement d'Étude et de Prévention du Suicide) : Sentinelle, Évaluation-Orientation et Intervention de crise.

Elle vise à :

  • Rappeler les objectifs et conditions d’éligibilité à chacun des modules de formation
  • Préciser les priorités régionales de déploiement par territoires et publics cibles
  • Préciser les modalités d’accès aux formations auprès de l’ANQSP (Association Nationale pour la Qualité des Soins en Psychiatrie). 
     

Les 3 modules de formation

1. Module Sentinelle

  • Durée : 1 jour
  • Public : citoyens ou professionnels non-cliniciens (ex. aide-soignant, pharmacien, bénévole associatif)
  • Objectifs : repérer les signes d’alerte suicidaire, orienter vers les soins, prendre soin de sa propre santé mentale

2. Module Évaluation-Orientation

  • Durée : 2 jours
  • Public : professionnels formés à l’entretien clinique (ex. psychologue, médecin, infirmier)
  • Objectifs : évaluer le potentiel suicidaire, orienter vers des solutions adaptées

3. Module Intervention de crise

  • Durée : 2 jours
  • Public : cliniciens réalisant de manière régulière de l’intervention de crise (ex. SAMU, urgences psychiatriques)
  • Objectifs : désamorcer une crise suicidaire, prévenir le passage à l’acte

L’accès aux modules de formation dépend de critères d’éligibilité et d’une priorisation régionale pour assurer efficacité, sécurité et ancrage territorial. 

lundi 16 février 2026

ETUDE RECHERCHE ROYAUME UNI Espaces communautaires de confiance pour la prévention du suicide : évaluation du projet « Ambassador Barbers, Salons, and Tattoo Studios » dans le borough londonien de Bexley, au Royaume-Uni

Espaces communautaires de confiance pour la prévention du suicide : évaluation du projet « Ambassador Barbers, Salons, and Tattoo Studios » dans le borough londonien de Bexley, au Royaume-Uni

 D'apres  Trusted Community Spaces for Suicide Prevention: Evaluating the Ambassador Barbers, Salons, and Tattoo Studios Project in the London Borough of Bexley, UK 
David Palmer  and Simon Dolby
David Palmer, Mind in Bexley & East Kent, 2a Devonshire Road, Bexleyheath, Kent DA6 8DS, UK. Email: dpalmer@mindinbexley.org.uk 

Les hommes représentent la majorité des suicides au Royaume-Uni, mais beaucoup tardent à demander de l'aide en raison des normes liées au genre qui découragent l'expression des émotions et considèrent la vulnérabilité comme un risque social. Les environnements quotidiens où les hommes ont régulièrement des conversations familières et informelles peuvent donc offrir des occasions d'intervention précoce. Cette évaluation a porté sur le projet Mind in Bexley Ambassador, qui a formé des barbiers, des coiffeurs et des tatoueurs à reconnaître la détresse émotionnelle, à engager un dialogue de soutien et à orienter les personnes vers les services locaux. Au total, 61 ambassadeurs ont suivi la formation, dont 24 barbiers, 32 coiffeurs et 5 tatoueurs. Des mesures quantitatives de confiance, des registres d'activité et des entretiens qualitatifs ont permis d'évaluer la faisabilité, l'acceptabilité et les premiers résultats. Les ambassadeurs ont fait état d'une confiance accrue dans leur capacité à reconnaître la détresse, à poser directement des questions sur le suicide et à orienter vers des services d'aide, avec 1 818 conversations liées à la santé mentale et 265 interactions d'orientation (y compris la fourniture de brochures d'information sur les services) enregistrées sur une période de 7 mois.
La divulgation émotionnelle s'est généralement faite progressivement au fil des rendez-vous répétés, où la confiance et la familiarité étaient déjà établies. Une formation brève et fondée sur des données probantes a aidé les ambassadeurs à réagir de manière plus intentionnelle et plus confiante à la détresse sans altérer le caractère informel de ces environnements de soins esthétiques. L'intervention a légitimé et renforcé les pratiques relationnelles existantes, positionnant les salons de coiffure, les salons de beauté et les studios de tatouage comme des lieux facilement accessibles et socialement sûrs où la détresse peut être reconnue et exprimée avant d'atteindre un point critique. L'intégration d'une formation proportionnée, d'une supervision réfléchie et de voies d'orientation claires dans ces espaces quotidiens offre une approche évolutive et culturellement adaptée à la prévention du suicide chez les hommes.


Acces article https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/15579883251410534

Penser les suicides : Ce podcast interroge donc les différentes manières de penser les suicides, au travers d'une pluralité de discours, de recherches et de disciplines des sciences sociales. Prochain 19/02/26

Le prochain podcast sortira le 19 février et présentera des analyses sur le suicide des jeunes sans-abri LGBTQ+. 

https://plspodcast.castos.com/ 

Info : 

PLS est une série issue d'un séminaire de recherche en sciences sociales sur les conduites suicidaires. Longtemps objet de discours médicaux, l’objectif est de montrer à quel point cet acte, qui semble si intime et personnel, relève pourtant de logiques sociales. Ce podcast interroge donc les différentes manières de penser les suicides, au travers d'une pluralité de discours, de recherches et de disciplines des sciences sociales.

Un podcast pensé et mis en voix par Romain Daviere, doctorant en sociologie sur le mal-être des agriculteurs et des agricultrices à Sorbonne Université et au Groupe d'Étude des Méthodes de l'Analyse Sociologique de la Sorbonne (GEMASS), Angeliki Drongiti, docteure en sociologie qui a mené sa thèse sur le suicide des appelés grecs à l’Université Paris 8 et au Cresppa-CSU et Hadrien Guichard, doctorant à l'Institut de Démographie de l'Université Paris 1 et à l'Observatoire National du Suicide, sur les parcours de violences et de mal-être qui mènent parfois à des conduites suicidaires chez les jeunes.

Réalisation : Aurélien Thome et Thomas Guiffard-Colombeau
Conception graphique : Carine Pires Leal
Musique : Prothimos Allagis (Πρόθυμος Αλλαγής)

https://plspodcast.castos.com/

Latest Episodes 


 

Episode 1
•January 22, 2026
Suicide en police
Le suicide parmi les policiers est un phénomène assez médiatisé et les syndicats et les associations dénoncent le mal-être chez les agent-es de la.. 
https://plspodcast.castos.com/episodes/suicide-en-police-marguerite-trabut. 


Teaser
January 15, 2026
PLS : Penser Les Suicides est une série issue d'un séminaire de recherche en sciences sociales sur les conduites suicidaires. Longtemps objet de discours...
Play
00:01:18 

https://plspodcast.castos.com/episodes/teaser

Webinaire : Pair aidance et prévention du Suicide

 Webinaire : Pair aidance et prévention du Suicide

 

13 févr. 2026
Découvrez avec les experts du Centre de Prévention du Suicide du Vinatier et du 3114 de Lyon ce qu’est la pair-aidance et comment celle-ci peut soutenir la prévention du suicide à travers des projets concrets menés au sein de l'établissement Le Vinatier - Psychiatrie Universitaire Lyon Métropole. https://3114.fr/ https://www.ch-le-vinatier.fr/

 

MANIFESTATION BORDEAUX (33) Du 19-mar-2026 au 20-mar-2026 IIᵉ Congrès de suicidologie

La prévention du suicide en 2026, (r)évolution ?

Du 19-mar-2026 au 20-mar-2026

BORDEAUX (33) - France

IIᵉ Congrès de suicidologie organisé par l’Institut de formation aquitain des professionnels de santé (IFAPS) et le centre hospitalier Charles-Perrens.

La prévention du suicide est un enjeu majeur de santé publique en France. Les récentes évolutions invitent à reconsidérer l’intervention lors de la crise suicidaire comme pour les facteurs de vulnérabilité. De nouveaux services, approches innovantes et littérature abondante soulignent la nécessité de réactualiser nos pratiques : quelle place pour l’hospitalisation ? Des alternatives sont-elles possibles ? Peut-on proposer des soins ciblés ? Comment mieux identifier les populations à risque ? Enfin, comment l’accompagnement des endeuillés ou le témoignage de personnes ayant surmonté une crise transmet-il espoir et rétablissement ?

Lieu : Cinéma CGR Le Français

Renseignements :
Courriel : ifaps@ch-perrens.fr
Site : https://www.ifaps-site.com

samedi 14 février 2026

ETUDE RECHERCHE AVIS CRITIQUE DEBAT AUTOUR DE LA QUESTION : L’usage problématique des réseaux sociaux, un symptôme de vulnérabilité psychique

 Encéphale 2026 – L’usage problématique des réseaux sociaux, un symptôme de vulnérabilité psychique

PARIS — Les réseaux sociaux provoquent-ils des pathologies psychiques ou révèlent-ils plutôt des vulnérabilités psychiques ? C’est à cette question que la Dre en addictologie (hospices civils de Lyon) Julia de Ternay a tenté de répondre, lors d’une session organisée le 21 janvier dernier au congrès Encéphale 2026 (21-23 janvier 2026, Paris). Un fait semble établi : les réseaux sociaux n’ont pas la cote actuellement. « Plusieurs rapports importants, notamment ceux du Parlement européen, de l’Assemblée nationale (commission TikTok) et de l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire), se sont penchés sur l’impact défavorable des réseaux sociaux sur la santé mentale des adolescents. Des interdictions ont aussi émergé, l’Australie ayant proscrit l’accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans depuis décembre 2025, une mesure encore difficile à appliquer en France », a introduit la Dre de Ternay. Elle poursuit : « Les réseaux sociaux sont accusés d’induire un usage problématique, car l’addiction à ceux-ci n’est pas encore reconnue. Ils sont aussi suspectés de favoriser l’anxiété, la dépression, le risque suicidaire et les troubles alimentaires, notamment chez les adolescents, un public particulièrement vulnérable. » 

Association faible entre troubles mentaux et réseaux sociaux

Que dit la science à ce sujet ? Les différentes études citées par la Dre Julia de Ternay sont beaucoup moins catégoriques. Il existe effectivement quelques revues systématiques qui concluent à une association nuisible entre l’utilisation des réseaux sociaux et l’apparition de symptômes dépressifs, d’anxiété ou une altération de la santé mentale. Cependant, la majorité des revues de littérature relèvent principalement des associations faibles et inconsistantes entre ces 2 éléments. Mieux : l’usage des réseaux sociaux pourrait s’avérer profitable selon certaines études. « Dans une enquête menée auprès de 60 000 Français adultes, l’Insee a étudié la prévalence des syndromes dépressifs selon la fréquence d’utilisation des réseaux sociaux. Les résultats montrent une légère courbe en U : les personnes qui n’utilisent jamais les réseaux sociaux semblent plus touchées par la dépression que celles qui les consultent occasionnellement », détaille la Dre de Ternay. 

Vulnérabilités psychiques préexistantes

Or, pour déterminer le rapport entre santé mentale et réseaux sociaux, l’addictologue s’appuie sur des études longitudinales : « Plusieurs études menées auprès de milliers d’adolescents montrent qu’il n’existe pas de lien causal significatif entre le temps passé sur les réseaux sociaux et le développement de troubles mentaux, comme la dépression ou l’anxiété. Ces recherches suggèrent que l’utilisation des réseaux sociaux reflète plutôt une vulnérabilité psychique préexistante, sans en être la cause directe », analyse-t-elle. Aussi, plutôt que de prendre en compte comme seul indicateur le temps passé sur les réseaux sociaux, mieux vaut s’intéresser à l’usage qui en est fait : « Les recherches distinguent un usage actif, où l’on publie et interagit, d’un usage passif, où l’on se contente de défiler sans but. Les usagers actifs affichent généralement un meilleur bien-être que ceux qui n’utilisent pas du tout les réseaux, alors que l’usage passif peut dégrader la santé mentale. Cependant, il est rare d’avoir un usage entièrement actif ou passif », explique Julia de Ternay. 

Approche globale

Aussi, plutôt que d’isoler l’usage des réseaux sociaux, il faut le replacer dans un contexte global, poursuit-elle. Une approche globale doit aussi considérer les comorbidités psychiatriques. « Le diagnostic de pathologie psychiatrique est le principal facteur de risque d’usage problématique des réseaux sociaux, entraînant une perte de contrôle. » Julia de Ternay conclut en affirmant qu’« il n’est pas pertinent de se focaliser sur l’ordre d’apparition des troubles ; il est préférable d’adopter un modèle transdiagnostique qui met l’accent sur les symptômes et les processus sous-jacents, comme la rumination ou l’impulsivité, pour cibler efficacement les interventions thérapeutiques. Par exemple, un patient peut utiliser les réseaux sociaux comme moyen de régulation émotionnelle, ce qui finit par renforcer ses difficultés. Ce modèle souple permet d’envisager ces usages comme des comportements à intégrer dans une prise en charge globale, indépendamment du diagnostic d’addiction. »


Références

Usage des réseaux sociaux et santé mentale, Dre Julia de Ternay, Lyon, 21 janvier 2026, Encéphale 2026.

https://www.univadis.fr/viewarticle/enc%25C3%25A9phale-2026-lusage-probl%25C3%25A9matique-des-2026a10003hd?uuid=9e0b6c20-b52a-4f3c-9955-0124bac286ab 

vendredi 13 février 2026

ETUDE RECHERCHE INTERNATIONALE : L’expérience vécue des personnes ayant tenté de se suicider : une étude participative co-conçue, co-réalisée et co-écrite par des personnes ayant vécu cette expérience et des universitaires

The lived experience of persons who attempt suicide: a bottom-up review co-designed, co-produced and co-written by experts by experience and academics
 
Paolo Fusar- Poli 1-4, Cecilia Maria Esposito 5, Andres Estradé2, Renè Rosfort6, Milena Mancini7, Matthew Jackman8, Anto Sugianto9-11,
Elza Berk
12, Benny Prawira13, Latifah N. Wangui14, Arnold Agaba15, Julieann Cullen16, Rory R. O’Connor17, Ian Marsh18, Farshid Shamsaei19,
Ilaria Bonoldi
3, Alberto Stefana20, Stefano Damiani1, Ilaria Basadonne1, Angad Singh21, Silvia Fontana1, Irene Curti1, Laura Massari1,
Aurora Legittimo
1, Samuele Cortese22-24, Dong Keon Yon25, Jae Il Shin26, Luis Madeira27, Giovanni Stanghellini28,29, Mario Rossi Monti30,
Matthew Ratcliffe
31, Maurizio Pompili32, Mario Maj33
Department of Brain and Behavioural Sciences, University of Pavia, Pavia, Italy; 
Early Psychosis: Interventions and Clinical-detection (EPIC) Lab, Department of Psychosis Studies, Institute of Psychiatry, Psychology & Neuroscience, King’s College London, London, UK; 
3
 OASIS Service, South London and Maudsley NHS Foundation Trust, London, UK;
National Institute for Health Research, Maudsley Biomedical Research Centre, South London and Maudsley, London, UK; 
5
 Department of Neurosciences and Mental Health, IRCCS Fondazione Ca’ Granda Ospedale Maggiore Policlinico, Milan, Italy; 
6
 S. Kierkegaard Research Centre, University of Copenhagen, Copenhagen, Denmark; 7 Department of Psychology, School of Medicine and Health Sciences, G. D’Annunzio University of Chieti and Pescara, Chieti, Italy; 
8
 Australian Centre for Lived Experience, Melbourne, Australia;
Global Mental Health Peer Network, Jakarta, Indonesia; 
10 
Indonesian Community Care for Schizophrenia, Jakarta, Indonesia; 
11
 University of Manchester, Manchester, UK; 
12
 Global Mental Health Peer Network, Cape Town, South Africa; 
13
 Into The Light Indonesia, Jakarta, Indonesia; 
14
Global Mental Health Peer Network, Nairobi, Kenya; 
15
 Global Mental Health Peer Network, Kigali, Rwanda; 
16
 Global Mental Health Peer Network, Dublin, Ireland; 
17
 Centre for Applied Behavioural Sciences, Heriot-Watt University, Edinburgh, UK;
18 
Canterbury Christ Church University, Canterbury, UK; 
19
 School of Nursing & Midwifery, Hamadan University of Medical Sciences, Hamadan, Iran; 
20
 Center for Behavioural Sciences and Mental Health, National Institute of Health, Rome, Italy; 21 Department of Psychiatry, University of Toronto, Toronto, ON, Canada; 
22
 Developmental EPI (Evidence synthesis, Prediction, Implementation) lab, Centre for Innovation in Mental Health, School of Psychology, Faculty of Environmental and Life Sciences, University of Southampton, Southampton, UK; 
23
 Solent NHS Trust, Southampton, UK; 
24 
Hassenfeld Children’s Hospital at NYU Langone, New York University Child Study Center, New York, NY, USA;
25 
Department of Pediatrics, Kyung Hee University College of Medicine, Yonsei University College of Medicine, Seoul, South Korea; 
26 
Severance Underwood Meta-Research Center, Institute of Convergence Science, Yonsei University, Seoul, South Korea; 
27 
Faculty of Medicine, University of Lisbon, Lisbon, Portugal; 
28
 Department of Health Sciences, University of Florence, Florence, Italy; 
29
 D. Portales University, Santiago, Chile; 
30 
Department of Humanistic Studies, University of Urbino, Urbino, Italy; 
31
 Department of Philoso-phy, University of York, York, UK; 32Suicide Prevention Center, Department of Neurosciences, Mental Health and Sensory Organs, St. Andrea Hospital, Sapienza University of
Rome, Rome, Italy;
33Department of Psychiatry, University of Campania “L. Vanvitelli”, Naples, Italy
dans  Volume25, Issue1 February 2026 Pages 34-49
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Abstract

This is the first bottom-up review of the lived experience of persons who attempt suicide. The study has been co-designed, co-conducted and co-written by experts by experience and academics, focusing on first-person narratives within and outside the medical field. The lived world of individuals who attempt suicide is characterized by experiences related to the attempt itself (“contemplating suicide as a deliberate death”, “contemplating suicide as an escape route”, “looking for online answers about suicide”, “planning suicide”, “finding rest between the suicidal decision and the final act”, “changing one’s mind during the suicide attempt”, “acting on suicidal impulses”); experiences related to the self and time (“feeling unworthy”, “feeling detached from oneself or the world and lacking a sense of agency”, “splitting the self between the decision to live or die”, “perceiving an abortive and doomed future”); and experience of emotions and the body (“feeling overwhelmed by hopelessness and despair”, “feeling empty and drained of energy”, “feeling alone”). The lived experience of individuals who attempt suicide is also described in terms of the social and cultural context, including the experience of others (“feeling that no one cares”, “feeling like a burden to others”, “facing others’ difficulty in understanding”); cultural, gender and age differences (“experiencing geographical, cultural and religious taboos about suicide”, “feeling inadequate in relation to gender stereotypes”, “feeling abandoned in old age”); and the perception of stigma (“facing social stigma”, “experiencing a stigmatized self”, “silencing suicidal behaviors”). The lived experience of persons after an attempted suicide is characterized as a complex process of self-acceptance and rediscovery (“living with suicidal thoughts”, “navigating the challenges of recovery”, “gaining new perspectives during recovery”, “restoring interpersonal relationships to recover”). Finally, the lived experience of individuals who attempt suicide is described with respect to their access to general health care (“seeking help before the suicide attempt”, “feeling abandoned after a suicide attempt”) and mental health care (“experiencing shame as a barrier to care”, “fearing mental disorder label”, “feeling accepted and listened to”, “facing economic difficulties in accessing support”, “coping with distress during hospitalization”). The experiences described in this paper hold educational and social value, informing medical and psychological practices and research, public health approaches, and promotion of social change. This research overcomes embarrassment, fear and stigma, and helps us to understand the fragile nature of our emotions and feelings, our immersion in the social world, and our sense of meaning in life.

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/wps.70003