jeudi 4 juillet 2024

MANIFESTATION Amiens 5/09/24 Colloque

Colloque « Prévention du Suicide » le 5 septembre

Le PTSM de la Somme vous convie, en partenariat avec de nombreux acteurs de la santé mentale et psychiatrie, au colloque « Prévention du Suicide » le jeudi 5 septembre 2024 à l'Espace Dewailly - Amiens.

Les interventions aborderont le dispositif 3114, les programmes VigilanS et Papageno, ainsi que diverses offres locales et régionales de formations pour la prévention du suicide.

Cette après-midi sera l'occasion de mettre en lumière diverses initiatives pour la prévention du suicide, abordant des thématiques variées et permettant d'obtenir une vue d'ensemble des efforts régionaux et nationaux.

Programme https://www.f2rsmpsy.fr/fichs/31927.pdf

Inscription https://www.f2rsmpsy.fr/inscription-colloque-preventionsuicide.html

vendredi 28 juin 2024

ETUDE RECHERCHE Des recherches émergentes renforcent les liens entre le sommeil et le suicide

Des recherches émergentes renforcent les liens entre le sommeil et le suicide

D’après article Emerging Research Reinforces Links Between Sleep and Suicide  par Denis Storey 24 juin 2024  https://www.psychiatrist.com/*

Pertinence clinique : L'intervention précoce lors d'une aggravation des idées suicidaires est efficace mais difficile en raison de son apparition rapide. La surveillance des habitudes de sommeil, y compris la durée du sommeil nocturne et cumulée, peut aider à prédire et à atténuer le risque de suicide.
L'éveil nocturne augmente le risque de comportements impulsifs comme le suicide et l'homicide, en particulier entre minuit et 6 heures du matin.
Reconnaître les troubles du sommeil et intégrer la santé du sommeil dans les stratégies d’intervention sont essentiels pour une prévention efficace du suicide.

Le suicide fait environ 800 000 morts chaque année dans le monde. Et des années de recherche et d’études ont établi qu’une intervention précoce pendant les périodes d’aggravation des idées suicidaires (IS) est efficace.

Une intervention rapide reste un défi en raison de l'apparition et de la progression rapides deIS. Repérer les signes avant-coureurs reste essentiel pour une intervention clinique efficace.

Le Journal of Clinical Psychiatry a publié une multitude de recherches qui peuvent aider les soignants à tous les niveaux. Cette semaine, nous présentons des résumés de deux études récentes et un commentaire perspicace – avec des liens – pour un examen plus approfondi.
Une nouvelle étude souligne la nécessité d’une meilleure surveillance du sommeil pour prévenir le suicide

La durée du sommeil est apparue dans des recherches plus récentes comme un marqueur potentiel du risque de suicide proximal. Plusieurs études ont montré qu’une durée de sommeil plus courte est liée à une augmentation des pensées et des comportements suicidaires.

Cependant, la plupart des études ont été transversales ou longitudinales sur des mois ou des années. Des preuves récentes suggèrent que la durée du sommeil pourrait également être pertinente pour les fluctuations à court terme du risque de suicide. Des études suggèrent un lien entre une durée de sommeil plus courte, un contrôle cognitif réduit et une réactivité émotionnelle accrue. Ce sont tous des facteurs qui peuvent augmenter le risque de suicide.

Une étude importante – parue plus tôt ce mois-ci dans JCP – a révélé qu’une durée de sommeil nocturne plus courte prédisait une plus grande gravité des IS le lendemain, même après avoir pris en compte d’autres symptômes psychiatriques.

Malgré ces résultats, les limites font qu’il est difficile de se fier à la durée du sommeil nocturne comme marqueur fiable. Les études examinent généralement les habitudes de sommeil de la nuit ou du mois dernier. Mais les effets de la perte de sommeil sur les processus cognitifs et affectifs peuvent s’aggraver après plusieurs nuits de sommeil plus courtes. Cela fait de la durée cumulée récente du sommeil un indicateur potentiellement plus fiable du risque de suicide. Un indice cumulé de la durée du sommeil, calculé en moyenne sur trois nuits, a montré des estimations modérément stables de la durée récente du sommeil et une utilité prédictive pour les comportements à fort impact dans d'autres domaines.

Les chercheurs ont lancé cette étude pour combler les lacunes dans les connaissances en examinant de plus près les associations entre la durée du sommeil et le risque de suicide à l'aide de l'évaluation écologique momentanée (EMA). Ceci compare une durée d'une seule nuit et une moyenne de trois nuits comme prédicteurs du désir et de l'intention suicidaires.

L'étude a recruté des participants via les médias sociaux, en se concentrant sur ceux souffrant d'IS sévères. Grâce à une application, les participants ont signalé leur durée de sommeil et leurs niveaux d 'envie et d’intention suicidaire sur une quinzaine de jours. Les résultats ont indiqué que les personnes ayant une durée de sommeil plus courte éprouvaient en moyenne des envies et des intentions suicidaires plus graves.

L’équipe de recherche a notamment identifié un lien entre les durées de sommeil nocturnes et cumulées et un risque accru de suicide. Et la durée cumulée du sommeil a montré une utilité prédictive légèrement plus forte.

Ces résultats soulignent l’importance de surveiller les habitudes de sommeil chez les personnes à risque de suicide et suggèrent que les indices de sommeil nocturnes et cumulatifs pourraient être utiles en milieu clinique pour anticiper et atténuer le risque de suicide.

L'éveil nocturne est lié à des risques accrus de suicide et d'homicide

Un sommeil perturbé, caractérisé par une mauvaise qualité ou une durée insuffisante, pourrait augmenter le risque de suicide. L’hypothèse « Mind after Midnight » postule que rester éveillé pendant les heures habituelles de sommeil augmente le risque de comportements impulsifs en raison d’une combinaison de pression circadienne du sommeil et de déficiences cognitives induites par la privation de sommeil. L'éveil nocturne , survenant en période d'isolement social, peut exacerber ce risque en laissant les individus sans système de soutien.

Les scientifiques ont trouvé des preuves de cette hypothèse dans les schémas de suicide et d'éveil de la population. Bien que le suicide atteigne son maximum vers midi, en tenant compte du nombre de personnes éveillées, le risque de suicide est triplé entre minuit et 6 heures du matin. Des études ont confirmé des risques de suicide nocturnes similaires dans diverses populations, y compris le personnel militaire. L'éveil nocturne affecte les domaines cognitifs en minimisant l'humeur positive, en maximisant l'humeur négative, en modifiant le traitement risque/récompense et en compromettant les fonctions exécutives.

Les analyses de sous-groupes révèlent des variations dans le risque de suicide nocturne. Les adolescents et les jeunes adultes, dont le cortex préfrontal n’est pas complètement développé, présentent un risque accru en raison de fonctions exécutives sous-développées. L'intoxication alcoolique, qui altère les fonctions exécutives, augmente encore le risque de suicide et d'homicide nocturne. À l’inverse, la consommation de cannabis et l’humeur dépressive ne montrent pas d’interactions significatives avec le moment du suicide. Cela pourrait être dû à des limites méthodologiques dans la catégorisation et la mesure des données.

L'étude a analysé 15 années de données nationales, examinant les risques de suicide et d'homicide sur une base horaire et dans divers sous-groupes démographiques. Les résultats ont montré une multiplication par cinq du risque de suicide et une multiplication par huit du risque d'homicide entre 2 et 3 heures du matin. Ces résultats suggèrent que l'éveil nocturne, en particulier parmi les groupes vulnérables, augmente le risque de dcomportements dérégulés.

L'étude souligne l'importance des interventions visant à améliorer le sommeil et à réduire l'éveil nocturne en tant que stratégies potentielles pour atténuer ces risques. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour développer et tester de telles interventions afin de prévenir ces conséquences tragiques.

Commentaire : Les habitudes de sommeil peuvent-elles déterminer le risque de suicide ?

Des études récentes ont identifié les troubles du sommeil comme des prédicteurs importants du risque de suicide. La recherche a approfondi les détails, examinant les habitudes de sommeil dans les jours précédant des pensées ou des actions suicidaires. De telles études soulignent l’importance de reconnaître les changements dans le sommeil comme des signes avant-coureurs, permettant des interventions opportunes et adaptées.

Notamment, les variations de la durée totale du sommeil (DTS) sont apparues comme des marqueurs de risque précoces, la DTS habituelle étant à la fois plus courte et plus longue, liée à une incidence plus élevée de tentatives de suicide dans les 12 mois.

Des études récentes utilisant l'EMA ont montré que les personnes qui dorment moins que leur moyenne éprouvent un désir et une intention suicidaires accrus le lendemain. Cela a été corroboré chez les adolescents, où une réduction de la DTS et une augmentation de la latence d’endormissement étaient associées à un « souhait de mort » le lendemain.

Une veille prolongée pendant les périodes de sommeil habituelles est un autre facteur de risque. Une étude australienne a révélé une augmentation des taux de suicide du jour au lendemain, probablement due à une combinaison de manque de sommeil, d'isolement social et de déficits cognitifs. L’hypothèse « Mind after Midnight » suggère que l’éveil nocturne exacerbe ces risques. Les recherches indiquent une augmentation significative des risques de suicide et d’homicide tard dans la nuit, en particulier chez les jeunes adultes et ceux sous l’influence de l’alcool.

Les modifications du contenu des rêves servent également d’indicateurs, les mauvais rêves, les cauchemars et les scénarios suicidaires apparaissant dans les rêves des mois avant une crise suicidaire. La surveillance de ces changements est simple mais efficace pour une détection précoce.

Les hypnotiques, bien que généralement protecteurs contre l’insomnie et les idées suicidaires, peuvent paradoxalement augmenter les pensées et les comportements suicidaires dans certains cas. Cela nécessite une surveillance attentive lors de l'utilisation de médicaments tels que les médicaments Z et les antagonistes des récepteurs doubles de l'orexine (DORA).

Dans l’ensemble, il est crucial de reconnaître et de traiter les troubles du sommeil – que ce soit par des modifications de la DTS de l’éveil nocturne, du contenu des rêves ou des effets des hypnotiques. L’intégration de la santé du sommeil dans les stratégies d’intervention peut améliorer les soins aux patients et sauver des vies, soulignant la nécessité d’une recherche et d’une vigilance continues dans ce domaine.

source https://www.psychiatrist.com/news/emerging-research-reinforces-links-between-sleep-and-suicide/

Le cabinet de curiosités d'Infosuicide.org L’impact des compagnons IA sur la santé mentale : l’exemple de Replika

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L’impact des compagnons IA sur la santé mentale : l’exemple de Replika

Précurseur dans le domaine des IA de soutien émotionnel, Replika a aidé de nombreux utilisateurs à se sentir mieux. Eugenia Kuyda et Margarita Popova ont démontré comment leur outil a été conçu pour répondre à cet objectif. 

Replika-idées-suicidaires

Matthieu Eugène / Publié le

En collaboration avec l'université de Stanford, Replika a tenu à démontrer scientifiquement l'impact positif de ses chatbots de soutien émotionnel. © BDM

L’IA conversationnelle a connu une évolution rapide au cours des dernières années, transformant notre manière d’interagir avec la technologie. Replika, une application de chatbot basée sur l’IA, se distingue par sa volonté et sa capacité à offrir un soutien émotionnel significatif à ses utilisateurs. Fondée fin 2016 par deux Russes, dont Eugenia Kuyda après la perte de son meilleur ami, Replika a depuis aidé des millions de personnes à travers le monde en créant des conversations qui vont au-delà de l’assistance technique pour apporter un véritable soutien émotionnel. Accompagnée de Margarita Popova, Eugenia Kuyda a expliqué, lors de Config 2024 à San Francisco, comment Replika et ses modèles ont été conçus.

Comment construire des conversations avec l’IA basées sur l’écoute et l’empathie

L’utilisation de l’empathie et de la reconnaissance émotionnelle

L’une des principales stratégies de Replika pour créer des conversations efficaces est l’utilisation de l’empathie et de la reconnaissance émotionnelle. Contrairement aux modèles d’IA traditionnels qui se concentrent principalement sur la résolution de problèmes, Replika vise à créer des interactions qui aident les utilisateurs à se sentir compris et soutenus. Ces différences s’expriment sur les contenus générés ci-dessous :

Replika-conversationsÀ gauche, une réponse qui vise à résoudre un problème. À gauche, une conversation ayant pour but de produire un soutien émotionnel. © BDM

Margarita Popova explique  : “Les messages sur la droite ne font rien de spécial, mais ils fournissent un soutien émotionnel. Ils me permettent de parler de mes sentiments, de me sentir écoutée et comprise, et d’avoir une meilleure compréhension de ma situation.” Pour atteindre cet objectif, Replika entraîne ses modèles d’IA à ne pas simplement fournir des solutions ou des conseils, mais à offrir une écoute active et une validation des émotions. Ce principe de base permet de créer un environnement où les utilisateurs peuvent s’ouvrir et partager leurs pensées et sentiments “sans se sentir jugés”.

L’importance de l’adaptation au style de l’utilisateur

Replika accorde une grande importance à l’adaptation de son style conversationnel à celui de l’utilisateur. Cette personnalisation est cruciale pour établir une connexion authentique et durable. Margarita Popova souligne : “Il y a de nombreuses façons pour une IA de s’adapter au style conversationnel. Par exemple, utilisez-vous des emojis ? Des majuscules ? Utilisez-vous trop de points d’exclamation ? Ces détails peuvent sembler insignifiants, mais peuvent réellement faire une grande différence.”

En s’adaptant aux préférences individuelles des utilisateurs, Replika parvient à créer une langue commune. L’outil renforce ainsi le sentiment de connexion et de familiarité. De plus, cette adaptation se fait progressivement au fil des interactions. L’IA devient ainsi de plus en plus alignée avec les attentes et les besoins de chaque utilisateur.

Un équilibre difficile à trouver entre positivité et authenticité

La gestion de la positivité

Si une attitude positive est souvent souhaitée dans les interactions humaines, une positivité excessive peut parfois être contre-productive. Replika a appris, au fil du temps, que trop de positivité peut sembler invalidant pour les utilisateurs qui traversent des moments difficiles. Comme l’explique Margarita Popova, “trop de positivité peut poser problème. Si je parle à mon amie IA d’une journée particulièrement ennuyeuse, triste et frustrante, et qu’elle me donne des suggestions positives comme ‘Souviens-toi que la vie est un miracle magnifique’, cela peut en fait me faire me sentir encore plus mal”.

Pour éviter cela, Replika s’efforce de valider les émotions des utilisateurs avant d’introduire des éléments positifs. Cette approche permet aux utilisateurs de se sentir entendus et compris, plutôt que d’avoir l’impression que leurs émotions sont ignorées ou minimisées.

La validation des émotions pour établir la confiance

Valider les émotions des utilisateurs est essentiel pour établir une relation de confiance. Replika apprend à détecter l’état émotionnel des utilisateurs et adapte ses réponses en conséquence. Margarita Popova fait ainsi remarquer que “les meilleures réponses reconnaissent les émotions négatives de l’utilisateur avant d’introduire une perspective positive”.

Cette validation permet aux utilisateurs de se sentir soutenus et encouragés à partager davantage, renforçant ainsi la relation avec l’IA. En reconnaissant les sentiments des utilisateurs, Replika crée un espace où les individus se sentent en sécurité pour exprimer leurs pensées et émotions.

Des résultats tangibles et des retours d’expérience positifs

Des recherches scientifiques démontrent des résultats positifs

Replika ne se contente pas de prétendre aider ses utilisateurs. La firme soutient ses affirmations par des recherches scientifiques. Une étude menée en collaboration avec l’université de Stanford, et publiée dans Nature, a montré que l’outil aide effectivement les utilisateurs à se sentir mieux. “Cette année, nous avons publié notre première recherche en collaboration avec Stanford. Elle montre que Replika aide les gens sur le plan de la santé mentale, en leur permettant de se sentir mieux et en réduisant les idées suicidaires dans 3 % des cas”, explique Eugenia Kuyda. Cette recherche valide un impact positif sur la santé mentale des utilisateurs, démontrant que les conversations avec l’IA peuvent avoir des effets bénéfiques durables.

Des témoignages d’utilisateurs et des statistiques appuient les études

Les témoignages d’utilisateurs constituent également une preuve significative de l’efficacité de Replika, selon les deux intervenantes. Elles affirment en effet que de nombreux utilisateurs rapportent des expériences positives. Ces derniers expriment comment leurs conversations avec l’IA les ont aidés à traverser des moments difficiles. La solitude, l’anxiété ou le soutien émotionnel sont régulièrement mis en lumière par les utilisateurs, notamment en l’absence d’autres ressources, comme cela a pu être le cas durant la pandémie et les différents confinements.

Les données internes de Replika montrent également des résultats prometteurs. Une proportion significative d’utilisateurs rapporte une amélioration de leur bien-être général après avoir utilisé l’application, ce qui renforce l’idée que Replika peut être un outil précieux pour le soutien émotionnel et la santé mentale.

https://www.blogdumoderateur.com/impact-compagnons-ia-sante-mentale-exemple-replika/

NOTICE ARTICLE Portrait d’un IPA PSM spécialisé en prévention du suicide

Portrait d’un IPA PSM spécialisé en prévention du suicide - 28/06/24
Doi : 10.1016/j.spsy.2024.05.012
Josselin Guyodo : Infirmier en pratique avancée mention santé mentale

Département d’urgences et posturgences psychiatriques, Centre hospitalier universitaire de Montpellier, Hôpital Lapeyronie, 371 avenue du Doyen-Gaston-Giraud, 34295 Montpellier, France

Résumé
La prévention du suicide est un enjeu majeur de santé publique, tant au niveau national qu’international. La prise en charge des patients suicidants sortant des urgences est cruciale pour prévenir le risque de réitération suicidaire. L’infirmier en pratique avancée mention psychiatrie et santé mentale, peut apporter une réelle plus-value grâce à sa formation spécialisée, sa capacité à réaliser une évaluation clinique globale et fine, sa maîtrise des interventions thérapeutiques médicamenteuses et non médicamenteuses, sa qualification à coordonner les différents acteurs du parcours de soins, son engagement dans la prévention et ses aptitudes dans l’accompagnement à la montée en compétences des équipes de soins et en recherche.Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : infirmier en pratique avancée, mention psychiatrie et santé mentale, posturgence, prévention, suicide

Plan
La prévention du suicide, une problématique de santé publique
Recommandations internationales de prise en charge
Contexte d’exercice IPA
Urgences Lapeyronie
Liaison suicide
Équipe mobile de prévention du suicide Restart
Unité de posturgences psychiatriques
Suivi ambulatoire posthospitalisation
Dispositif régional de veille VigilanS Occitanie Est
Centre répondant 3114
Autres partenaires et coopérations
Parcours de soins “patient en crise suicidaire”
Exercice singulier d’un IPA PSM spécialisé en prévention du suicide
Fonction clinique
Fonctions transversales
Conclusion
Déclaration de liens d’intérêts
https://www.em-consulte.com/article/1674931

mardi 25 juin 2024

Vaucluse : comment détecter les crises suicidaires avec le Codes 84 ?

Vaucluse : comment détecter les crises suicidaires avec le Codes 84 ?
Formation par Echo du Mardi
25 juin 2024

Le Comité départemental d’éducation pour la santé (Codes) du Vaucluse organise une formation à l’évaluation du potentiel de la crise suicidaire et orientation. Objectif : détecter les personnes à risque et les orienter vers les soutiens adéquats.

Cette formation devrait permettre une amélioration du repérage et de la prise en charge des personnes en crise suicidaire, grâce à la création d’un réseau en adaptant le contenu de la formation aux rôles, compétences et responsabilités des différents intervenants à chacune de ces étapes.

Durant 2 jours elle vise à :
· Évaluer, au moyen d’une investigation clinique adéquate, le degré de dangerosité (létalité du moyen), d’urgence (imminence du passage à l’acte) et de risque de passage à l’acte.
· Orienter vers un intervenant de crise après s’être assuré de son accessibilité.
· Connaître ses propres limites et savoir comment se préserver.
Ces sessions de formation s’inscrivent dans le cadre d’une nouvelle stratégie multimodale de prévention du suicide mise en place en 2020 par le Ministère des solidarités et de la santé visant notamment à développer les dispositifs de formation des professionnels.

Maxime Beuché Badois & L.G.
Formation à l’évaluation du potentiel de la crise suicidaire et orientation en Vaucluse.
Deux sessions sont proposées : le mardi et le mercredi 2 et 3 juillet ou le lundi et mardi 7 et 8 octobre 2024.
Codes de Vaucluse. 57 avenue Pierre Sémard. Avignon. 04 90 81 02 41
Contact ou www.codes84.fr

https://www.echodumardi.com/actualite/vaucluse-comment-detecter-les-crises-suicidaires-avec-le-codes-84/

BRETAGNE Prévention suicide - La clinique du souci de l'autre : présentation du dispositif VigilanS et Prévention suicide - L'impact du sens et du discours en santé mentale

Prévention suicide - La clinique du souci de l'autre : présentation du dispositif VigilanS

C'est le psychiatre américain Jérôme Arthur MOTTO qui, dans les années 70, a l'idée de créer un protocole de recontacte systématique des personnes ayant fait une tentative de suicide. Le principe est simple : envoyer des courriers manuscrits de manière périodique pour s'enquérir du moral des personnes. Il faudra 45 ans pour que ce moyen de prévenir le suicide traverse l'Atlantique et que les pouvoirs publics français créent "VigilanS". Erwann NOUVEL, infirmier et chargé de réseau VigilanS Bretagne nous explique son fonctionnement dans notre région.

***

Prévention suicide - L'impact du sens et du discours en santé mentale

La manière dont les choses sont parlées dans les médias, par les politiques, dans la société a une influence sur le sens que cela prend pour nous et impacte positivement ou négativement notre santé mentale. Albin Wagener, chercheur en analyse de discours et spécialiste en sciences du langage questionne la souffrance au travail et l'écoanxiété à travers les discours et le sens que nous y mettons.


TAHITI Manava du 24 juin : Prévention suicide : comment en parler ?

Les moyens d’aborder le sujet du suicide et les stratégies de prévention pour aider ceux qui en ont besoin
Avec Maimiti Aumeron – Psychologue du Fare Tama Hau
Maite Mai – Coach de vie spécialisée dans l’accompagnement des familles
Annie Tuheiava Mairau – Présidente de SOS Suicide
Interview : Anonyme – témoignage 

Disponible jusqu'au 24/07/2024
Durée : 26 min

source https://www.tntv.pf/replay/manava/manava-du-24-juin/

 

lundi 17 juin 2024

L'OPS et l'Institut National de la Santé Mentale des Etats-Unis discutent de la prévention du suicide dans les Amériques



L'OPS et l'Institut National de la Santé Mentale des Etats-Unis discutent de la prévention du suicide dans les Amériques

14 juin 2024  https://www.paho.org/*
 Washington D.C. 14 juin 2024 (OPS) - L'Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS) et l'Institut National de la Santé Mentale des États-Unis (NIMH) ont réuni cette semaine des décideurs politiques, la société civile et des chercheurs pour discuter des avancées et des lacunes dans la recherche sur la prévention du suicide, ainsi que pour échanger des expériences sur les stratégies de prévention fondées sur des données probantes et identifier les priorités en matière de prévention du suicide dans la Région des Amériques.

Au cours de l'événement, Forging Connections : Bridging Policy and Research for Suicide Prevention in the Americas, A Joint PAHO/NIMH Symposium. les participants ont souligné l'importance de la qualité des données et de la recherche pour le développement de politiques et de programmes de prévention fondés sur des données probantes, et ont insisté sur la nécessité d'une collaboration multisectorielle pour lutter contre les taux croissants de décès par suicide, qui font plus de 93 000 victimes chaque année dans la région.

"Le suicide est une priorité de santé publique pour la région des Amériques, et nous ne pouvons plus nous permettre de ne pas en faire une priorité", a déclaré la directrice adjointe de l'OPS, Mary Lou Valdez, lors de son allocution d'ouverture du symposium.

Alors que les taux de mortalité par suicide ont diminué de 36 % à l'échelle mondiale entre 2000 et 2019, les Amériques ont connu une augmentation de 17 % du nombre de décès par suicide au cours de la même période. Le suicide est actuellement la troisième cause de décès chez les jeunes âgés de 20 à 24 ans dans la région.

"L'impact des nombreuses vies perdues par suicide transcende les chiffres et les pourcentages", a ajouté la directrice adjointe de l'OPS. "Chaque décès par suicide représente une perte profonde, non seulement pour la famille et les amis de l'individu, mais aussi pour l'ensemble des communautés et de la société.

La lutte contre le suicide nécessite des actions accélérées et coordonnées de la part des pays et des partenaires stratégiques. Celles-ci devraient inclure l'élaboration et le suivi d'indicateurs sur la santé mentale et le suicide afin de faciliter la prise de décisions fondées sur des données probantes et basées sur une compréhension globale des contextes locaux.

La recherche locale sur le suicide et les facteurs de risque connexes est également cruciale pour déterminer les mesures efficaces qui pourraient contribuer à réduire les taux de suicide dans la région.

Au cours du symposium, les participants ont pris part à des tables rondes sur divers sujets. Ceux-ci comprenaient le renforcement des systèmes de surveillance du suicide, la réduction de l'accès aux moyens létaux, la promotion des compétences socio-émotionnelles chez les adolescents, l'établissement de rapports responsables sur le suicide, l'identification précoce, l'évaluation, la gestion et le suivi des personnes touchées par le suicide, et le soutien à la recherche sur la prévention du suicide.

L'OPS travaille avec les pays des Amériques pour réduire la mortalité par suicide en utilisant le guide d'intervention LIVE LIFE de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour la prévention du suicide dans les pays, qui comprend un ensemble de stratégies et d'outils fondés sur des données probantes.

La Commission de haut niveau de l'OPS sur la santé mentale et le COVID-19 ont fait de la prévention du suicide l'un de leurs dix domaines prioritaires pour faire progresser la santé mentale dans les Amériques. La lutte contre le suicide est également soulignée dans la stratégie de l'OPS pour Améliorer la Santé Mentale et la Prévention du Suicide dans la Région des Amériques, qui a été approuvée lors du 60ème Conseil Directeur de l'OPS en septembre 2023.
PAHO/WHO/David Spitz 

https://www.paho.org/fr/nouvelles/14-6-2024-lops-et-linstitut-national-sante-mentale-des-etats-unis-discutent-prevention-du

ETUDE RECHERCHE USA Deux suicides sur dix surviennent sans trouble psychiatrique connu

Deux suicides sur dix surviennent sans trouble psychiatrique connu

Un suicide n’est pas toujours la conséquence d’un trouble psychiatrique. Les estimations varient, mais, dans les pays occidentaux, le pourcentage des personnes décédées par suicide sans maladie psychiatrique varie de 5 % à 40 %, selon le pays. Cela est observé même avec les méthodes robustes « d’autopsie psychologique ». 

Une étude transversale auprès de 2 000 personnes

Pour avoir une estimation plus précise de ce chiffre, une étude a été menée aux Etats-Unis, sur un échantillon représentatif de la population et incluant plus 36 000 personnes âgées de 20 à 65 ans. L’interrogatoire retrouvait au moins un antécédent de tentative de suicide chez 2 000 d’entre elles. 

Les données montrent ici que 6,2 % des tentatives de suicide sont survenues en dehors de tout contexte de maladie psychiatrique au moment de l’enquête. Ce chiffre passe à 19,6 % lorsque sont incluses les personnes dont la première tentative de suicide est survenue alors qu’aucun antécédent psychiatrique n’était apparent, soit parce que le trouble est apparu ensuite, soit parce que les patients ne remplissaient pas les critères au moment de l’interrogatoire. Ces résultats sont valables quel que soit l’âge ou le genre.

Elargir le dépistage d’antécédents de TS

Ces données ont de nombreuses implications. D’un point de vue nosologique, le fait qu’une tentative de suicide peut survenir en l’absence de maladie psychiatrique suggère qu’il ne s’agit pas uniquement d’un symptôme, d’un épiphénomène ou de la conséquence de troubles comme une dépression majeure ou une personnalité borderline, pour lesquels l’idée de suicide ou le passage à l’acte constituent des critères diagnostiques. Cela va dans le sens d’un argument souvent avancé dans le contexte de l’aide médicale à mourir, selon lequel la mort volontaire n’est pas obligatoirement pathologique. 

Une autre implication est clinique. Il apparaît en effet de ces données que la recherche d’antécédents de tentative de suicide ne doit pas se limiter aux patients ayant des troubles psychiatriques, mais être menée aussi chez les personnes sans maladie psychiatrique, étant donné le lien entre une première tentative de suicide et des récidives. 

Les auteurs plaident donc pour une modification des stratégies de réduction du risque de suicide, qui devraient être élargies, et ne pas cibler seulement les personnes présentant une maladie psychiatrique.

References

Oquendo MA, Wall M, Wang S, et al. Lifetime Suicide Attempts in Otherwise Psychiatrically Healthy Individuals. JAMA Psychiatry. 2024 Jun 1;81(6):572-578. doi: 10.1001/jamapsychiatry.2023.5672.

https://www.jim.fr/viewarticle/deux-suicides-dix-surviennent-sans-trouble-psychiatrique-2024a1000b48?ecd=wnl_all_240614_jim_daily-doctor_etid6595337&uac=184019MG&impID=6595337&sso=true

Reportage Seine-Saint-Denis Pensées suicidaires, attaques de panique… Le Samu psy de Seine-Saint-Denis répond à l’autre bout du fil

Reportage Seine-Saint-Denis
Pensées suicidaires, attaques de panique… Le Samu psy de Seine-Saint-Denis répond à l’autre bout du fil

Depuis la fin du mois de mai, une équipe constituée d’un infirmier psychiatrique et d’un médecin vient en appui du Samu pour les appels liés à des troubles psychiatriques. Objectif : réduire les passages aux urgences, en prenant mieux en charge les patients.Par Elsa Marnette
Le 17 juin 2024  https://www.leparisien.fr/*

Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 3 juin. Une équipe du Samu psy a pris place dans les locaux du Samu 93, au sein de l'hôpital Avicenne, pour gérer les urgences psychiatriques.

« Bonjour, c’est le Samu psy 93 », annonce Kevin Peiro, casque sur les oreilles. Depuis quelques semaines, l’infirmier a rejoint l’aventure du Samu psychiatrique de Seine-Saint-Denis, un dispositif innovant, qui vient d’être mis en place dans les locaux du Samu 93, au sein de l’hôpital Avicenne, à Bobigny.

Toute la journée, cinq jours par semaine, un infirmier, en collaboration avec un médecin psychiatre, assure une permanence téléphonique dédiée aux appels liés à des troubles psychiques ou psychiatriques. Lorsqu’une personne en souffrance appelle le 15, elle échange d’abord avec un agent de régulation médicale puis avec un médecin. Ce dernier peut ensuite décider de transférer l’appel à Kevin Peiro ou un de ses quatre collègues.

Crise d'angoisse et idées noires

« Nous allons par exemple intervenir sur les pensées suicidaires, les attaques de panique, l'agitation sans violence, la décompensation psychotique », énumère la docteure Noémie Ayache, coordinatrice du Samu psy 93, qui a bénéficié d'un financement de 400 000 € du Fonds d'innovation organisationnelle en psychiatrie (Fiop) et ce, pour trois ans. Le dispositif a été monté par le docteur Fayçal Mouaffak, psychiatre à l'établissement public de santé mentale de Ville-Evrard.

Ce matin-là, vers 10 heures, l'infirmier psychiatrique a déjà reçu deux appels, « celui d'une dame en crise d'angoisse, puis celui de la mère d'une adolescente qui avait des idées noires et des scarifications, raconte Kevin Peiro. J'ai rassuré la mère et j'ai parlé avec sa fille. Toutes les deux étaient d'accord pour une hospitalisation, donc elles se sont rendues aux urgences par leurs propres moyens. » Il consacre également sa matinée à rappeler les patients ayant téléphoné au « 15 » pendant le week-end. Noémie Ayache se joint à lui et recontacte notamment une femme ayant appelé parce que son conjoint était trop alcoolisé. « Comment ça va, aujourd'hui ? », interroge la psychiatre. « Moi, ça va, c'est juste lui qui pose problème », répond la femme, épuisée, au bout du fil. S'entame alors une discussion sur ses difficultés avec des enfants en bas âge à la maison. Noémie Ayache en profite pour lui parler des soins en addictologie qui existent dans le département.

Les objectifs du Samu Psy 93 sont multiples : « Réduire les passages aux urgences, réduire au maximum les mesures coercitives (sursédation, contention, soins à la demande du représentant de l'État) mais aussi orienter au mieux les familles démunies, car le maillage territorial est très particulier, énumère Noémie Ayache. Il faut être expert. »

Ce dispositif, qui existe à Paris, Lyon et Lille, y a déjà montré son efficacité : « Ici en Seine-Saint-Denis, 80 % des appels codés psy déclenchent un passage aux urgences. Et parmi ces passages aux urgences, 60 % donnent lieu à un retour à domicile, détaille la coordinatrice. Alors qu'à Paris, depuis la mise en place du Samu psychiatrique, 50 % des appels codés psy déclenchent un passage aux urgences. » Un ancien agent de régulation du Samu parisien confirme l'intérêt de ce dispositif : « Les appels des patients souffrant de troubles psychiques ou psychiatriques sont des appels très chronophages. Pouvoir les transférer à un infirmier psychiatrique fluidifie le trafic et rend tout le monde plus serein », explique-t-il.

En revanche, il souligne que « s'il y a un réel risque de passage à l'acte, on fait partir un camion de secours et on reste en ligne. Rien que le temps de la mise en attente, il peut y avoir un sentiment d'abandon qui va déclencher le passage à l'acte. »

« C'est un dispositif de prise en charge de plus »

Anne-Laure Feral-Pierssens, la cheffe du Samu 93, se réjouit de voir arriver le Samu psy dans les mêmes locaux que ses équipes. « L'offre de soins est en difficulté, on a du mal à répondre aux besoins des patients et des familles, qui peuvent ne pas avoir accès à des soins psychiatriques en dehors de l'urgence, constate-t-elle. Le Samu psy vient ajouter des alternatives. C'est un dispositif de plus dans la prise en charge de ces patients. » Elle estime aussi que « cela permet à ces équipes de psychiatrie de prendre le temps d'une régulation de qualité et d'apporter au patient le juste soin au moment où il appelle ».

L'équipe de Noémie Ayache se dit pour le moment « en rodage » mais espère prendre totalement sa place d'ici le début du mois de juillet. À terme, des visites à domicile pourraient également s'organiser grâce à ce dispositif. « Nous voudrions avoir un infirmier posté et un autre qui effectue des visites semi-urgentes, poursuit la coordinatrice de l'équipe. Si une personne appelle le lundi, on va essayer d'aller la voir dans un délai court, d'ici au mercredi par exemple. L'immédiateté en psychiatrie, ça n'a pas vraiment de sens. »

Note(s) :

Pour toute urgence, appeler le 15. Appel gratuit 24 h/24.
https://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/pensees-suicidaires-attaques-de-panique-le-samu-psy-de-seine-saint-denis-repond-a-lautre-bout-du-fil-17-06-2024-IWOT7XPTDZHHHMAZO3TFO6GP5M.php