22 nov. 2022 La prévention du suicide est une priorité de santé publique. Dans cette vidéo, Yasmina Clergeaud présente la coordination de prévention du suicide du @CHdeNiort. 👉 Vous souhaitez prendre contact avec la filière dédiée ? ☎️ 05 49 78 29 07 Plus d'informations sur le service : https://swll.to/tbhyGl Il est important de rappeler que plusieurs lignes d'écoute professionnelles et confidentielles existent en France, afin que toute personne qui en ressent le besoin puisse appeler pour se faire aider ou simplement discuter. Quelques numéros utiles : 3114 : numéro national de prévention du suicide, 24h/24 7j/7 S.O.S Amitié : 09 72 39 40 50 @filsantejeunes3077 : un site Internet et une ligne d'écoute gratuite 7j/7, de 9h à 23h PHARE Enfants-Parents : accueil et écoute pour les parents endeuillés par suicide, ligne ouverte du lundi au vendredi de 10h à 17h.
RESEARCH ARTICLE Open Access The mental health and suicide prevention training module of the French sanitary service: Effectiveness on health students
Marielle Wathelet 1,2,3,4| Arnaud Dezetree 4| Cécile Guénard 1| Stéphane Duhem 3,4| Vincent Chouraki 5| Pierre Thomas 1,2| Pierrine Aly 4| Charles‐Edouard Notredame 1,2 1CHU Lille, Department of Psychiatry, Lille,France 2PSY Lab, Lille Neuroscience & CognitionCentre, INSERM U1172, Lille University, Lille,France 3Centre National de Ressources et Résilience,Lille, France 4Fédération de Recherche en Psychiatrie etSanté Mentale des Hauts‐de‐France,St‐André‐Lez‐Lille, France 5CHU Lille, Epidemiology and Public HealthDepartment, Lille, France CorrespondenceMarielle Wathelet, CHU Lille, Department ofPsychiatry, Lille, France.Email:watheletmarielle@gmail.com First published: 21 October 2022 https://doi.org/10.1002/pits.22816 PDF Abstract
Since 2018, a Sanitary Service for Health Students (SSHS) is being implemented throughout France. All French health students must complete their SSHS choosing one of the modules proposed by their institution to be trained to the principles of prevention and then bring them to carry out prevention and health promotion actions in their respective region. A controlled pre/postdesign was conducted to assess the impact of the Mental Health and Suicide Prevention (MHSP) training module on health students. Students assigned to this module were considered as exposed, and students assigned to any other module as unexposed. Health students from the Nord-Pas-de-Calais region involved in the SSHS during the school year 2018–2019 were asked to answer a self-administered questionnaire before (September 2018), and after completing their SSHS (May 2019). A total of 144 matched participants (48 in the exposed group and 96 in the unexposed group) were analyzed. When comparing the exposed group to the unexposed group, satisfaction with the training was greater (4.7 vs. 3.6 out of 5, p < 0.001), self-confidence in professional capacities improved (+1.8 vs. −0.2, p = 0.038), students were more likely to report having identified (68% vs. 48%, p = 0.043) or helped (66% vs. 18%, p < 0.001) someone, as well as having consulted for a mental health issue (13% vs. 4%, p = 0.008). In conclusion, the MHSP training module improves health students' confidence in their professional abilities to help distressed people, promotes supportive behaviors of health students, and reinforces their help-seeking behaviors. It could be a useful tool for suicide prevention. Practitioner Points The Mental Health and Suicide Prevention (MHSP) training module of the French Sanitary improves health students' confidence in their professional abilities to help distressed people. The MHSP module training promotes supportive behaviors of health students. The MHSP training module reinforces the health-seeking behaviors of health students dealing with psychological issues.
Evènements indésirables graves associés aux soins : suicides et tentatives de suicide restent au premier plan Publié le 22 novembre 2022 https://www.santementale.fr/*
Ce cinquième rapport annuel de la Haute Autorité de santé (HAS) témoigne d’une forte augmentation du nombre de déclarations d’Evènements indésirables graves associés aux soins (EIGS) en 2021, qui reflète l’intégration de la gestion des risques dans la pratique.
Ce cinquième bilan annuel porte sur 4 962 déclarations d’EIGS reçues à la HAS de mars 2017 au 31 décembre 2021 et stockées dans une base de retour d’expérience (base REX-EIGS). Elles proviennent principalement des établissements de santé (80 %), puis du secteur médico-social (15 %), et enfin de la ville/domicile (<5 %).
La moitié des déclarations de l’année 2021 (50 %) provient des services de médecine, chirurgie et obstétrique.
Le dispositif est exclusivement centré sur la compréhension des évènements les plus graves, ce qui explique que la moitié (53 %) des déclarations a comme conséquence le décès du patient. Les soins délivrés aux patients ont principalement un but thérapeutique (79 %). Ils sont délivrés pour près d’une moitié (52,5 %) dans un contexte d’urgence. Plus d’un EIGS sur deux (54%) sont jugés évitables.
Analyse des EIGS par la HAS
Le nombre de déclaration d’EIGS augmente chaque année. Cependant, 49 % des déclarations présentent encore une qualité d’analyse insuffisante. Des progrès sont observés mais la moitié des analyses approfondies reçues restent encore difficilement exploitables. Seules des déclarations de qualité avec des analyses complètes et pertinentes permettront de dégager des actions à mettre en place afin d’éviter la récidive des évènements.
L’analyse permet de regrouper les EIGS sur des thématiques récurrentes. Il peut s’agir de regroupements selon un contexte accidentogène identique (suicides ou chutes de patients etc.) ; un soin ou une pratique professionnelle spécifique (utilisation des voies centrales, contention physique etc.) ; une circonstance immédiate commune (erreurs, gestes traumatiques, oublis etc.) ; une circonstance profonde commune dont des causes organisationnelles (personnel non habituel dans l’équipe, systèmes d’information, etc.) ; une nature de prise en charge (SAMU/SMUR, IRM, dialyse, etc.) ou encore une conséquence particulière (décès inexpliqués, brûlures, etc.).
Suicides et tentatives de suicides
Les 3 thématiques les plus fréquemment déclarées dans la base sont, comme les années précédentes, les cas de suicides et tentatives de suicide, les chutes de patients et les erreurs médicamenteuses.
Près de 60 % des EIGS déclarés sont survenus au cours d’une période durant laquelle l’organisation des soins est plus vulnérable. Il s’agit des moments durant lesquels la vigilance ou le nombre de professionnels diminuent : la nuit, les jours fériés, le weekend ou les heures de changement d’équipe
• Notons que sur le sujet du suicide, la HAS a publié en septembre 2022 un rapport sur les EIGS déclarés entre mars 2017 et juin 2021. Il analyse les circonstances et des causes des 795 évènements de cette période, assorti d’enseignements et préconisations aux établissements en vue de réduire leur survenue.
Suisse On ne monte plus seul dans les tours de certaines cathédrales de Suisse https://www.rts.ch/*
Extraits :
RTSreligion - Plusieurs cathédrales suisses ont mis en place des mesures de prévention contre le suicide / La Matinale / 2 min. / 02/12/22 Plusieurs cathédrales suisses ont mis en place des mesures de prévention contre le suicide. A Berne ou à Bâle, notamment, il faut être au moins deux pour être autorisés à monter dans la tour.
A Berne, la Collégiale refuse désormais l'accès de sa tour à une personne seule. Comme le révélait jeudi l’Aargauer Zeitung, cette restriction figure en gras dans la présentation que cet édifice réformé fait des visites guidées sur son site internet.
Pour illustrer le propos, le quotidien argovien évoque le cas d'une touriste allemande de passage à Berne et qui s'est vu empêcher de gravir les 312 marches du plus haut clocher de Suisse.
Et la cathédrale de Bâle, autre édifice réformé, a introduit ces dernières années une mesure similaire après consultation d’un psychologue. Un règlement empêche là aussi une personne seule de monter dans la tour et même de se joindre à un groupe dont elle ne fait pas partie.
Treillis de protection à Zurich
Mais la voie réglementaire n’est pas la seule que ces édifices religieux ont choisi pour diminuer leur éventuelle attractivité morbide. A Zurich, les responsables de la cathédrale ont entrepris des travaux sur la Tour Charlemagne. Un treillis empêche désormais les visiteurs d’accéder aux balustrades qui dominent la place.
Il y a quelques années, un événement similaire avait conduit à installer une barrière difficilement franchissable autour des murets de la tour de la cathédrale de Fribourg.
Des sentinelles formées pour repérer les risques de suicide chez les agriculteurs
Nîmes Société Par Chamerlat Laury Publié le 29/11/2022 https://viaoccitanie.tv* En France, un agriculteur se suicide chaque jour. Face à ce constat alarmant, des sentinelles sont formées. Leur objectif : repérer les signes de souffrance pour orienter la personne vers un suivi adapté. L'initiative est portée par le Mutualité sociale agricole en partenariat avec l' Etat dans le cadre d'un plan de prévention du mal-être. La feuille de route prévoit cinquante sentinelles par département. Les vingt premières en Languedoc ont été formées ce lundi à Nîmes.
Informations tournage
Une quinzaine de personnes (élus, inspecteurs du travail, exploitants agricoles, ...) La formation se passe sur une journée. Les formateurs sont 2 psychologues du CHU de Nîmes (eux-mêmes ont déjà été formés sur le sujet spécifiquement). Ils apprennent comment repérer les signes précurseurs, comment se comporter face à un agriculteur en souffrance, comment les orienter vers des professionnels.
Marie-Christine Niel est exploitante agricole (viticulture et plants de vigne) à Ribaute-les-Tavernes et élue à la MSA Gard. Avec ces deux casquettes, elle se retrouve confronté au mal-être des agriculteurs.
Jeu de rôle : Martine (a droite) c'est la collègue de boulot qui se confie beaucoup. Elle s'est confié sur le fait qu'elle est en train de se séparer de son mari, qu'elle vit depuis quelques jours chez sa mère donc loin de son travail et de ses enfants, qu'elle a déjà pensé au suicide. Le jeu de rôle consiste pour la sentinelle (à gauche) d'essayer de convaincre Martine d'aller voir un spécialiste (médecin généraliste, psy, etc)
Informations complémentaires : D'autres formations auront lieu en décembre à Béziers, Florac et Mende. Au total, en 2022, 84 sentinelles seront formées en Languedoc. D'autres suivront en 2023. Le rôle de la sentinelle n'est pas d'évaluer l'urgence de la situation de l'agriculteur mais de repérer les signes d'alerte et de d'orienter le cas vers les services adaptés. Il y a d'autres niveaux, celui d'évaluateur et celui d'intervenant (cf itw psychologue)
Attention début ours c'est que des images de plan de coupe, je n'avais pas le droit d'enregistrer le son, donc ne pas utiliser de live Après les itw, il y a des lives, dont le jeu de rôle, où on a le droit de diffuser le son
Marie-Christine Niel, exploitante agricole et élue locale à la MSA Laetitia Crouzet, psychologue au CHU de Nîmes
SOMMAIRE INDEX DES ENCADRÉS iv AVANT-PROPOS vii REMERCIEMENTS viii RÉSUMÉ D’ORIENTATION x INTRODUCTION 1 PARTIE A. PILIERS FONDAMENTAUX DE L’APPROCHE LIVE LIFE 7 Analyse de la situation 8 Collaboration multisectorielle 14 Sensibilisation et plaidoyer 27 Renforcement des capacités 34 Financement 42 Surveillance 49 Suivi et évaluation 57 PARTIE B. LIVE LIFE : INTERVENTIONS CLÉS EFFICACES POUR LA PRÉVENTION DU SUICIDE 61 Limiter l’accès aux moyens de suicide 62 Collaborer avec les médias pour une couverture responsable du suicide 69 Favoriser l’acquisition de compétences socio-émotionnelles chez les adolescents 75 Identifier, évaluer, prendre en charge et suivre rapidement toute personne affectée par des comportements suicidaires 81 ANNEXE 1. SECTEURS ET ACTEURS DE LA PRÉVENTION DU SUICIDE 87 ANNEXE 2. AUTRES EXEMPLES ISSUS DES PAYS 88 ANNEXE 3. CADRE DES INDICATEURS DE L’APPROCHE LIVE LIFE 111 ANNEXE 4. RESSOURCES 117
Si vous étiez dans la région de Chantilly en Ile-de-France il y a quelques jours, vous avez peut-être croisé des Lamborghini qui affichaient fièrement une moustache sur leur capot. Les explications de Xavier Ferrand. Lamborghini, Movember et leurs moustaches
La marque italienne travaille avec la fondation Movember dont la moustache est le signe de ralliement. D'ailleurs, vous avez peut-être croisé certains de vos amis ou collègues qui contrairement à leurs habitudes ont une moustache depuis le début du mois de novembre.
Stéphane Beaumont, l’un des ambassadeurs nous a traduit Movember : Moustache in november. En anglais, parce que l’association a vu le jour en Australie. « C’est un peu le ruban rose (que l’on retrouve en octobre) de la santé masculine ». L’association travaille à réduire la différence d’espérance de vie entre les hommes et les femmes. L’ambassadeur rappelle que cette différence est de cinq ans et qu’il n’y a pas de raison à ça. Il s’agit donc de réunir des fonds pour financer des programmes de recherche, notamment autour du cancer des testicules et de la prostate. Mais il est aussi question du risque de santé mentale et de prévention du suicide.
La moustache permet de faire parler. Freddy Paillard, autre ambassadeur de Movember, nous a expliqué qu’habituellement il porte la barbe, sauf au mois de novembre. Ainsi quand on l’interpelle sur sa moustache, il peut, par exemple, parler du dépistage de ces cancers. L’occasion d’expliquer que, comme les femmes palpent leur poitrine pour détecter un cancer du sein, l’homme peut palper ses testicules et ainsi détecter une forme anormale qui le poussera à se rendre chez son médecin. Freddie Paillard organise aussi des défis sportifs puisque le sport est important dans la lutte contre les cancers.
Pour vous engager, pour repérer des évènements liés à Movember ou simplement pour faire un don, n’hésitez pas à vous rendre sur fr.movember.com.
En novembre les salariés d'Air France se mobilisent autour de 28 vols événements pour sensibiliser sur le sujet des cancers masculins. Des dons, collectés via la vente de porte-clés, seront reversés au Centre Prévention du Suicide Paris. #AirFrance#Movember2022#hommesdelairpic.twitter.com/gvatxCgYeg
L’objectif est de mettre en avant la santé des hommes : la santé mentale et la prévention du suicide, le cancer de la prostate et le cancer des testicules. 🩺
— Centre Psychothérapique de Nancy - CPN (@cpnlaxou) November 16, 2022
***
L’équipe d’urologie du GHPSO - Groupe Hospitalier Public du Sud de l'Oise s’engage et se mobolise pour la santé masculine au mois de Novembre! 1) Santé mentale et prevention du suicide 🫂 2) Cancer de la prostate et diagnostique précoce 🗣️ 3) Cancer des…https://t.co/aeyzwioFed
A l’occasion de 𝐌𝐎𝐕𝐄𝐌𝐁𝐄𝐑 (campagne annuelle de prévention concernant la santé mentale, le suicide ainsi que les cancers de la prostate et des testicules) le FCG s’engage !
#Movember🔵 Ce mois-ci, les 👨 sont invités à se laisser pousser la #Moustache👍 Le but : sensibiliser et lever des fonds pour faire bouger les choses en matière de santé mentale, prévention du suicide et dans la lutte contre les cancers de la prostate & des testicules🙏 pic.twitter.com/THxhLARi2a
Extension de VigilanS Paris à de nouveaux territoires Déclinaison parisienne du dispositif Vigilans initié à Lille en 2015, VigilanS Paris est opérationnel depuis le 6 juin 2020. Composé de 3 infirmier-e-s vigilanseurs/seuses, d’une secrétaire et d’un médecin coordonnateur, il est installé au sein du GHU Paris psychiatrie & neurosciences (site Sainte-Anne) et rattaché au pôle CPOA-SMPR-PsyLine.
Publié le 30 novembre 2022 https://www.ghu-paris.fr* VigilanS Paris, pour prévenir et limiter la récidive suicidaire
Le programme réalise une veille sanitaire auprès des patients ayant fait une tentative de suicide. Comme le prévoit le programme, basé sur le principe de « l’éthique de l’inquiétude », l’équipe rappelle de manière précoce après le geste et de manière plus éloignée (à 3 mois désormais) les patients suicidants (c’est à dire ayant fait une tentative de suicide). Il s’agit de créer et de garder un lien avec cette population fragile, à risque de récidive et de geste abouti, et qu’il est difficile d’orienter vers des soins. L’entretien vise à réaliser une évaluation du risque suicidaire ainsi que d’aider le patient à accéder aux soins. Plusieurs entretiens peuvent être programmés en plus des deux appels prévus par l’algorithme initial. Ces appels supplémentaires sont appelés appels intermédiaires. Ils concernent près d’un patient sur deux.
VigilanS 75 traite aussi les appels dits « entrants ». En effet, si l’essentiel du dispositif consiste en la réalisation d’appel programmés auprès de patients suicidants signalés par les structures d’une zone géographique donnée (en l’espèce Paris intramuros), le programme prévoit aussi de pouvoir accueillir des appels « entrants ». Il s’agit essentiellement de patients connus du dispositif et souhaitant s’entretenir avec un vigilanseur mais aussi de famille, d’amis ou de professionnels de santé. Ces appels entrants peuvent donner lieu à la programmation d’appel supplémentaires ou bien, dans 5 %, des cas à l’envoi des services de secours (SAMU, Pompiers).
VigilanS Paris en quelques chiffres
Dans le cas de VigilanS Paris c’est près d’une dizaine de structures prenant en charge des patients suicidants (essentiellement le CPOA ou bien les Services d’Accueil et d’Urgence de Paris) qui réfèrent les patients à notre structure. Avec plus de 2000 patients entrés dans le dispositif, dont 70 % de femmes, le dispositif s’inquiète d’un rajeunissement de sa population, déjà statistiquement significatif en un an d’observation. En effet plus de 60 % des patients entrés dans VigilanS en 2022 ont moins de 25 ans.
VigilanS Paris s'étend à la Seine Saint-Denis
Ouvert il y a 2 ans, et placé sous la responsabilité du Dr Liova Yon, VigilanS Paris va très prochainement couvrir le territoire de la Seine-Saint-Denis (au 1er décembre 2022) et travaille sur la déclinaison du dispositif à la Maison d’Arrêt de la Santé. Fin 2022 c’est l’ensemble de la région parisienne qui sera couverte par les dispositifs VigilanS, comme le prévoit la stratégie multimodale de prévention du suicide.
Les services de secours sont régulièrement
confrontés à des cas de tentatives de suicide tout au long de l'année,
en Aquitaine comme ailleurs. Les raisons de tels passages à l'acte sont
multiples. Un vaste programme de prévention, avec des cellules d'écoute
et de soutien, existe pour lutter contre ce fléau.
"En une journée, début novembre, nous avons dû intervenir sur trois différents actes de suicide ou tentative dans le département",
indique un officier du service d'incendie et de secours du
Lot-et-Garonne, visiblement affecté par cette augmentation soudaine de
cas.
Deux cas par jour en moyenne
Ces actes désespérés, d'appel à l'aide le plus souvent, le psychiatre Florian Giron dit en recenser près de six cents par an en Lot-et-Garonne. "C'est une moyenne sur les dernières années".
Pour un suicide, on dénombre environ dix ou vingt tentatives, donc quasiment deux par jour
Florian Giron - psychiatre
à France 3 Aquitaine
En charge de la coordination médicale du 31 14 en Aquitaine, le numéro de prévention du suicide, le médecin explique que les départements ruraux sont souvent plus impactés. "Plus d'isolement, des services de santé moins accessibles, les raisons sont multiples" assure-t-il.
Actions de prévention efficaces
La prévention du suicide est l'un des enjeux majeurs de santé publique en France, où les taux de passages à l'acte figurent parmi les plus élevés d'Europe.
"Ce
que l'on constate depuis quelques années, c'est tout de même une
tendance à la baisse avec un engagement très fort des associations,
institutions, collectivités et professionnels de santé", affirme
Stella Darrouzes, la coordinatrice des programmes de prévention du
suicide pour le Lot-et-Garonne et la Dordogne, attachée au centre
hospitalier Vauclair.
Plus le repérage est précoce, meilleure est la prise en charge
Stella Darrouzes - coordinatrice prévention suicide en 47 et 24
à France 3 Aquitaine
Élus, agriculteurs, travailleurs sociaux, pharmaciens, libéraux,
personnels universitaires... deviennent ainsi capables d'évaluer les
risques suicidaires autour d'eux. "C'est un réseau de vigilance", précise Stella Darrouzes.L'objectif est de veiller sur son entourage professionnel, amical et familial.
On montre à nos sentinelles comment repérer une personne en souffrance psychique, et on lui indique vers qui l'orienter.
Stella Darrouzes - coordinatrice prévention suicide 47 et 24
à France 3 Aquitaine
"Souvent, ce sont des personnes qui se disent débordées,
impuissantes face à un problème, on apprend à détecter ce qui ne va pas
et à les aider à reprendre la main. On ne les laisse pas seules", poursuit la coordinatrice.
Un sujet tabou
Le suicide n'a pas une cause précise et reste un sujet difficile à aborder. "Tout dépend de l'histoire personnelle de chacun, nous ne sommes pas égaux face à la souffrance et au passage à l'acte. Chacun ne réagit pas de la même façon face à la précarité, un divorce, un deuil, un problème économique, explique Véronique Séguy, la référente prévention au niveau régional. Le suicide reste un sujet hyper tabou entouré de préjugés et d'idées reçues".
On a du mal à dire qu'on ne va pas bien, à demander de l'aide
Véronique Séguy - référente régionale de la prévention du suicide
à France 3 Aquitaine
"On ne veut pas s'entendre dire d'aller voir un psy", reconnaît-elle. Alors que la clef, c'est d'en parler.
"Il ne faut pas hésiter à demander si quelqu'un a des idées suicidaires. Ca permet d'ouvrir le dialogue".
Véronique Séguy - référente régionale de la prévention suicide
à France 3 Aquitaine
"Dire "je m'inquiète pour toi", "on peut en discuter", permet de casser le sentiment d'isolement que l'on peut ressentir face à une souffrance trop intense".
Cette spécialiste du suicide insiste sur l'importance d'apprendre à chacun, dès le plus jeune âge, à exprimer ses émotions, "en particulier chez les hommes".
Prévenir la récidive
Lancé en 2015, le dispositif VigilanS est un autre moyen de faire reculer les chiffres du suicide.
L'objectif est de s'attaquer à la récidive. Un combat prioritaire
quand on sait que les risques de refaire une tentative sont multipliés
par vingt l'année qui suit un premier acte. "VigilanS va rappeler les victimes après leur tentative", explique Florian Giron. "C'est
une veille très personnalisée, effectuée par des psychologues. On
appelle une, deux fois ou plus pendant six mois ou plus si besoin".
On s'assure surtout que les personnes
s'engagent dans des soins ou bénéficient d'un accompagnement social,
d'une aide matérielle. Il faut s'occuper de toutes leurs difficultés.
Florian Giron - psychiatre
à France 3 Aquitaine
En Aquitaine, le réseau VigilanS n'a pour l'instant été mis en place qu'en Gironde. Un déploiement généralisé est prévu.
Des chiffres en baisse
Entre 2000 et 2016, le nombre de décès par suicide a baissé de 33,5 %
en France. En Nouvelle-Aquitaine, les derniers chiffres officiels
publiés par Santé Publique France remontent à 2017. "Le taux de mortalité par suicide en Nouvelle-Aquitaine s'élève à 16,9 pour 100 000 habitants contre 14,4 au niveau national" révèle Laure Meurice, épidémiologiste à Santé Publique France.
"La tendance est à la baisse avec une stabilisation des chiffresen 2017, 2018 et 2019 et des disparités observées selon les secteurs.
Les départements urbains restent les moins touchés
Laure Meurice - épidémiologiste à Santé Publique France
à France 3 Aquitaine
En ville ou à la campagne, il faut garder en tête le 31 14. Ce numéro unique reste ouvert et accessible 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.
Les unités de ce centre régional de soin à l’enfant et à l’adolescent devraient déménager à l’hôpital Saint-André en 2026
Le centre Abadie fête cent ans de toutes les unités qui le composent. En réalité, le centre bordelais spécialisé dans la prise en charge des adolescents suicidaires a été créé en 1956, il a donc 66 ans. Sous l’autorité du CHU Bordeaux, il est composé de quatre unités elles-mêmes spécialisées dans le soin aux enfants, aux adolescents et aux jeunes adultes selon leur âge et les troubles qu’ils présentent : alimentaires, suicidaires, anxieux. Célébrer ce qui fait l’esprit et les racines du centre était important pour renforcer la cohésion d’équipe avant un déménagement à l’hôpital Saint-André, projet visé pour être effectif en 2026.
À sa création, le centre était destiné aux adultes, il mêlait la neurologie et la psychiatrie. Dans les années 1970, la neurologie intègre le site de Pellegrin, la psychiatrie celui de Charles-Perrens et le centre Jean-Abadie se destine à la médecine dont la médecine psychosomatique. En 1992, le service qui fonde le centre Abadie actuel est créé, c’est la première unité française ouverte dédiée à la prise en charge d’adolescents et jeunes adultes en situation de crise suicidaire.
En 2001, ouvre l’Unité universitaire de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Ce qui fonde l’esprit du centre Abadie, selon les professionnels actuels et les anciens dont certains sont venus fêter cet anniversaire, c’est la transversalité entre les différents métiers des 111 professionnels. Chaque année, le centre Abadie reçoit 300 adolescents.
Avis externes
La particularité du centre est de travailler sur le soin en s’appuyant sur les capacités des adolescents, artistiques et sportives. Il a noué des liens avec une multitude d’associations ou structures comme la Rock School Barbey, le Krakatoa, le Musée d’Aquitaine, la Fabrique Pola, le Bassin des Lumières, le CAPC, le Fifib, l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine, le Centre régional des droits de l’enfant, des artistes et des associations. Une partie des bâtiments du centre a été rénovée en 2008 grâce à l’opération Pièces jaunes de Bernadette Chirac mais le centre espère de nouveaux financements pour accueillir dans de meilleures conditions les enfants en souffrance, notamment pour pouvoir rénover l’espace de vie commune.
Société Santé mentale des ados : "J'adore vivre", confie Julianne dix ans après sa tentative de suicide Bordeaux De France Bleu Gironde Mardi 29 novembre 2022 à 18:20 Par Arnaud Carré https://www.francebleu.fr*
A 25 ans, cette Bordelaise est une jeune femme épanouie. Le résultat d'un long parcours de soins au sein du centre Jean Abadie. Rencontre.
Sous les tatouages, la cicatrice témoigne encore du passage à l'acte. "Suite à une tentative de suicide à l'âge de 15 ans, je suis arrivée ici en urgence. J'ai suivi mon parcours pendant neuf ans, ce qui est assez long. Ca a été difficile en tant qu'adolescente de se mettre à parler."
D'abord les mots qui ne veulent pas sortir. Puis des débuts de discussion qui s'achèvent souvent par des portes qui claquent. Mais petit à petit, les infirmiers, psychologues, psychiatres, éducateurs, diététiciennes, profs de sport, aident Julianne à se reconstruire et à sortir "de ce long tunnel". Avec comme point commun, la parole. Au cœur du travail des équipes du centre Jean Abadie de Bordeaux.
"Parler, c'est la clé, explique Julianne. Je pense qu'à l'époque on ne parlait pas autant de la santé mentale qu'aujourd'hui. Grâce aux réseaux sociaux, je pense que les jeunes ont plus conscience de ça. Mais il faut vraiment parler et consulter dès le début."
La jeune femme a repris ses études, s'est installée à Toulouse et depuis un an, elle se dit complètement guérie. " Ca me fait beaucoup rire mais on dit souvent de moi que je suis une amoureuse de la vie. Je le pense. Aujourd'hui j'adore vivre. Si c'était à refaire, je le referai parce ce que c'est ce qui m'a aussi amenée à être ce que je suis aujourd'hui ."