vendredi 8 juillet 2022

Portrait Elise Cleva, aux avant-postes de la prévention du suicide

Portrait
Elise Cleva, aux avant-postes de la prévention du suicide
7 juillet 2022 | https://www.actusoins.com/*
Elise Cleva, infirmière lilloise de 33 ans, s'est engagée totalement depuis 2015 dans la création du dispositif Vigilans. Aujourd'hui elle participe aussi à la mission d'appui au déploiement du numéro national de prévention du suicide.

Cet article a été publié dans le n°42 d'ActuSoins Magazine (septembre-octobre-novembre 2021). Il est à présent en accès libre.




© Géraldine Langlois

Elise Cleva occupe depuis plusieurs années des fonctions uniques en France dans le domaine de la prévention du suicide au CHU de Lille.

En avril 2021, elle a intégré la mission d'appui au déploiement du numéro national de prévention du suicide (2NPS), qui a ouvert le 1er octobre, pilotée par une équipe du CHU. L'infirmière participe aux travaux, notamment ceux qui concernent la transmission de son expérience des relations téléphoniques entre écoutants et personnes suicidaires.

En partenariat avec la branche formation de la mission et le Dr Christophe Debien, psychiatre lillois chargé du déploiement du numéro, « nous réfléchissons à la manière d'aider les répondants à répondre aux appels des personnes », explique l'infirmière. A des fins de formation, elle a écrit des jeux de rôle, des fiches pratiques et utilise des passages de conversations téléphoniques avec des patients, notamment lors de crises suicidaires où il est difficile de localiser le patient.

Elise Cleva connaît bien ce fonctionnement en mode « projet » à partir d'une page blanche : elle a fait partie de l'équipe qui a conçu le dispositif Vigilans quasiment depuis la première heure.
Page blanche

Après un remplacement de quelques mois en SSR au CHU de Lille à sa sortie de l'IFSI, en 2010, cette infirmière a accepté « les yeux fermés » le poste en pédopsychiatrie qu'on lui a proposé car elle souhaitait avoir plus de temps pour parler avec les patients. Depuis, elle n'a plus jamais quitté la psychiatrie, ni le CHU.

Au tout début, elle travaille dans un service fermé de recours régional. « Le moindre échange avec les enfants était une opportunité d'entretien », se rappelle-t-elle. Au bout de deux ans, elle participe aussi à la consultation des urgences pédopsychiatriques et aux entretiens d'évaluation des mineurs hospitalisés après une tentative de suicide.

En 2015, deux psychiatres du CHU de Lille, le Pr Guillaume Vaiva et le Dr Christophe Debien, imaginent Vigilans, un dispositif régional de prévention de la récidive du suicide. Le principe : reprendre contact avec les personnes ayant déjà fait une tentative de suicide, à des intervalles précis, pour prendre de leurs nouvelles et évaluer leur « moral » afin de déceler d'éventuels signe de risque de récidive et pouvoir les accompagner vers les soins si nécessaire. « Ils cherchaient une infirmière, j'ai postulé et j'ai été prise », raconte-t-elle. Depuis, elle ne les a pas quittés non plus.
Première vigilanseuse

La construction d'un tout nouveau dispositif constitue un défi, aussi impressionnant qu'enthousiasmant. Les idées fusent et elle y participe pleinement. Elle contribue à mi-temps au développement du dispositif : « j'aidais où il y avait besoin : les secrétaires sur des points pratiques, les infirmières au Samu. J'étais la pièce joker du dispositif », résume Elise Cleva.

Au début, poursuit-elle, « c'était une petite équipe. Il régnait une ambiance très familiale et une dynamique qui soude les gens. En réunion, on parlait des patients, des relations avec les centres hospitaliers, de ce qui fonctionnait et, si des choses ne fonctionnaient pas, de ce que qu'on pouvait inventer de nouveau pour que cela fonctionne... » Avec les médecins, elle va rencontrer les équipes des urgences des hôpitaux de la région pour les inciter et les former à entrer des patients dans le dispositif.

L'autre moitié du temps, l'infirmière participe au rappel des patients par téléphone. L'infirmière développe, peu à peu, avec, d'autres « vigilanseurs » infirmiers ou psychologues, un savoir-faire très particulier. Un entretien téléphonique, « c'est différent mais peut être aussi riche qu'un entretien en présentiel, insiste-t-elle. On ne peut pas utiliser les mimiques, le regard ou la posture du patient mais on a ses silences, les intonations de sa voix et aussi les bruits autour de lui, même les aboiements d'un chien... Aussi, le téléphone facilite parfois la parole des gens. » Les débriefings cliniques hebdomadaires avec les psychiatres et les psychologues l'aident à progresser dans sa pratique et à se former sur le plan théorique.
Faire avancer la prévention

Le dispositif ayant trouvé sa vitesse de croisière, elle continue sa mission téléphonique mais intègre à mi-temps l'équipe de psychiatrie de liaison du CHU. Elle se rend à la demande des équipes des services au chevet de patients hospitalisés pour des motifs somatiques mais qui peuvent avoir besoin d'une aide psychiatrique.

Mais Vigilans a encore besoin d'elle à plein temps. Lorsque sa généralisation à toute la France est annoncée en 2018, les deux psychiatres proposent à Elise Cleva de rejoindre la mission nationale d'appui au déploiement du dispositif qu'ils pilotent. Elle en connaît tous les rouages par cœur... En plus des rappels téléphoniques, elle se consacre avec les médecins à la promotion des grands principes Vigilans en France, à la transmission de l'expérience lilloise et à la formation des nouveaux vigilanseurs.

Début 2021, l'équipe lilloise est nommée pour mettre en place le numéro national de prévention du suicide... Et Elise Cleva est de nouveau partie prenante. « J'ai dû arrêter ma mission téléphonique cette fois, regrette-t-elle, mais je devais transmettre mon expérience dans ce domaine et c'est pour cela que j'ai accepté. » Elle en est convaincue : « faire avancer la prévention du suicide, c'est génial. Elle est tellement accessible. Si on comprend les mécanismes qui amènent à la crise suicidaire, on peut intervenir ! »

Géraldine Langlois

https://www.actusoins.com/364446/elise-cleva-aux-avant-postes-de-la-prevention-du-suicide.html

L'Assurance Maladie veut cibler la prévention sur les femmes enceintes et les enfants

L'Assurance Maladie veut cibler la prévention sur les femmes enceintes et les enfants

SOLVEIG GODELUCK
Les Echos, no. 23745
France, vendredi 8 juillet 2022 
 

L'Assurance Maladie vise 1,2 milliard d'économies en 2023 grâce à la régulation des soins.

On n'en a pas encore fini avec le Covid. Mais l'Assurance Maladie est disposée à tirer les enseignements de la crise sanitaire, pour faire évoluer son action de régulateur des soins de ville. La caisse nationale (CNAM) a présenté jeudi à sonconseil un rapport annuel « charges et produits » qui s'inspire de l'expérience de deux années d'exception épidémique pour se projeter à la rencontre des populations fragiles et pour donner plus de place à la « santé publique » .

Le changement ne réside pas dans le montant des économies proposées pour l'année prochaine : 1,2 milliard d' « optimisation » des remboursements de frais de santé. C'est un peu plus quele milliard des deux années précédentes, et bien en-deçà des 2 milliards d'avant crise. La rigueur budgétaire n'est pas de mise, malgré un déficit de 26 milliards d'euros pour la branche maladie de la Sécurité sociale en 2021.

En revanche, la méthode a changé. D'abord, un nouveau tableau de bord fait son apparition, qui va permettre de mesurer les avancées de l'état de santé du pays dans la durée et par rapport à d'autres. Ce n'est pas toujours glorieux : 5 % des patients chroniques n'ont pas de médecin traitant; la consommation d'alcool (11,4 litres par an par personne) est supérieure à celle des Anglais; seules 37,4 % des filles de 16 ans sont vaccinées contre le cancer du col de l'utérus.

Ensuite, l'Assurance Maladie ajoute une approche « populationnelle » dans sa boîte à outils. D'habitude, la régulation des soins s'appuie sur une analyse fouillée des dépenses par pathologie, à chaque stade de la maladie. Le but est par exemple d'éviter qu'un diabète léger coûtant 3.800 euros par an par patient dégénère en amputation ou en insuffisance rénale sévère, une catastrophe humaine doublée d'une facture de 60.000 euros par an. Désormais, l'Assurance Maladie veut en parallèle développer une approche par populations, pour cibler ceux qui ont le plus besoin de soins, et surtout de prévention. Ce n'est pas la tradition française. Mais la crise du Covid a montré l'inadaptation d'un système de santé qui n'intervenait qu'en réaction, et servait de la même façon les ruraux, les banlieues paupérisées, les communautés isolées, les personnes âgées. Il a fallu « aller vers » les patients fragiles qui étaient moins vaccinés et attrapaient plus souvent le Covid.

Prévenir le risque de suicide post-partum

Pour commencer, cette logique va être répliquée en matière de maternité et de petite enfance. Les inégalités sociales sont très fortes face aux facteurs de risque de mortalité infantile et maternelle. Le tabagisme de la femme enceinte, qui est élevé en France (16 % contre 12 % au Royaume-Uni et 9 % en Allemagne), est beaucoup plus fréquent chez les ouvrières (33 %) que chez les cadres (6 %). De même, l'obésité frappe 17 % des premières, contre 5 % des dernières. Quant aux enfants de moins de six ans, ils sont « sur-médicamentés » en France (deux fois plus de prescriptions qu'en Suède), mais paradoxalement moins suivis. Un quart des enfants d'un an ont connu moins de 8 consultations dans leur vie, alors que la Sécurité sociale prend en charge les 11 examens recommandés à cet âge.

D'où une batterie de mesures préconisées : instauration d'un nouvel entretien post-partum pour que la sage-femme repère les signaux de dépression qui pourraient mener à un suicide (première cause de mortalité maternelle dans l'année qui suit l'accouchement); ouverture aux sages-femmes de la prescription de séances psy remboursées; création du statut de « sage-femme référente » ; extension de l'expérimentation de repérage des troubles visuels et du langage à 3 ans, par des enseignants formés par les orthophonistes... Dans les prochains mois, l'Assurance Maladie va aussi chercher à développer un carnet de santé numérique de l'enfant, sur la base de la nouvelle plateforme Mon espace santé.

Solveig Godeluck

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8 juillet 2022 -

« En France, en 2022, des enfants et adolescents meurent de souffrance psychique par manque de soins et de prise en compte sociétale » tribune cosignée par plus de 700 professionnels du soin aux enfants et adolescents.

« En France, en 2022, des enfants et adolescents meurent de souffrance psychique par manque de soins et de prise en compte sociétale »

Marion Robin et Pablo Votadoro

Le délitement des structures de soins empêche les soignants d’exercer leur fonction de dernier rempart contre les tentations suicidaires des jeunes, dont la hausse massive est attestée, alertent les pédopsychiatres dans une tribune cosignée par plus de 700 professionnels du soin aux enfants et adolescents.

Face à l’expansion massive des gestes suicidaires chez les adolescents et préadolescents, entre 2019 et 2021, attestée par Santé publique France (Analyse des indicateurs surveillés en continu, 7 février 2022), les services de pédiatrie et de pédopsychiatrie sont débordés. En France, en 2022, des enfants et adolescents, particulièrement des très jeunes filles, meurent de souffrance psychique par manque de soins et de prise en compte sociétale.

Le silence qui a suivi l’objectivation de ce problème sanitaire majeur en dit long sur l’indifférence mêlée d’impuissance d’une société consciente d’exposer sa jeunesse au désespoir. L’impact du Covid est une explication souvent avancée de manière un peu simpliste. Mais la psychiatrie, lieu d’accueil des souffrances psychiques, offre un point de vue plus étendu.

Pour nous qui soignons des adolescents, des causes complexes et cumulées étaient déjà identifiables avant la pandémie. Les tentatives de suicide des jeunes augmentaient déjà en France, et le taux de suicide dans la population générale était au-dessus de la plupart des pays européens (Santé publique France, Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 05/02/19).

Les conséquences du Covid-19

Multifactorielles, ces causes de la souffrance psychologique des jeunes se révèlent au cours des soins, tant au niveau individuel que familial et sociétal. Les restrictions liées au Covid ont entravé le besoin impérieux d’exploration extra-familiale des adolescents. Les symptômes liés à la peur et au contrôle (phobies, anorexie, somatisations…) ont particulièrement augmenté au cours de cette période de repli sur soi.

La gestion du Covid a renforcé ainsi une trajectoire sociétale déjà bien engagée dans le sens de la réduction des occasions de rencontre avec un être humain, sous l’effet des algorithmes et de l’informatisation de masse des services à la personne, qui s’étendent aujourd’hui jusqu’aux soins.

Or la faiblesse du tissu social (soutien familial et intégration sociale) est un facteur pronostique majeur dans les problématiques suicidaires. Sa fragilité en France ainsi que le sentiment d’isolement des jeunes étaient déjà bien identifiés dans les analyses sociologiques du suicide, notamment en comparaison avec les pays du sud de l’Europe, comme le montre l’étude « Les solitudes en France 2020 » de la Fondation de France.

Les besoins fondamentaux autres que matériels

Depuis 2010, les relations virtuelles ont pris le pas sur les relations sociales incarnées physiquement. Depuis 2020, parallèlement au renforcement de ces distanciations, les adolescents ont montré une nette recrudescence de symptômes de « déréalisation », signes de débordement d’un moi submergé par le stress jusqu’à ne plus habiter son corps ni le réel.

Ce sont des symptômes graves, mais qui peuvent cesser grâce à des paroles, des soins corporels, des relations en présence, des actions partagées : autant de réponses qui peuvent aussi être développées à l’extérieur du champ médical. La nature de la souffrance des adolescents et la rythmicité de leurs symptômes, liée au calendrier scolaire, révèlent une pression scolaire majeure, ajoutée à des cas fréquents de harcèlement dans ce cadre.

Leur sentiment de ne pas être à la hauteur montre la difficulté à composer avec un système compétitif, où la rencontre et la coopération n’ont pas assez de place et où l’exigence à se conformer s’emballe aux dépens de l’épanouissement. Aussi, la plupart des jeunes hospitalisés font face à une difficulté réelle de l’environnement à prendre en compte leurs besoins fondamentaux autres que matériels : besoins de temps partagé, d’attention, de soins affectifs, de règles et de soutien.

Insuffisance du tissu social et du soutien associatif

Cela vient s’ajouter à des actes ou abus qui nuisent à leur santé, comme en témoigne l’importance des cas de violences sexuelles (viols ou attouchements), qui concernent environ un quart des 13-18 ans hospitalisés en psychiatrie (selon les données de l’Institut mutualiste Montsouris), et dont les moyens de prévention et de prise en charge manquent cruellement. A défaut, ces situations sont aujourd’hui très médicalisées.

Au niveau familial, le déploiement de la parentalité est altéré par le stress professionnel et personnel, renforcé par l’insuffisance du tissu social et du soutien associatif. Cela empêche l’accomplissement collectif de l’éducation d’un enfant, qui repose dès lors sur des adultes isolés et insuffisamment étayés : or ne faut-il pas « tout un village pour élever un enfant » ?

L’omniprésence de l’angoisse de mort en période de pandémie a révélé l’importance fondamentale d’un projet social collectif du côté du vivant et de la prise de risque qui lui est inhérente, au-delà de la survie physique. En période d’adversité, comme dans la vie en général, la souffrance psychique générée par une situation est bien plus liée à l’impossibilité de faire advenir un sens (des valeurs et des objectifs partagés) que par la situation elle-même, sans quoi n’importe quelle réalité difficile peut devenir traumatique.

Le délitement des structures de soins

Les jeunes sont très lucides sur les enjeux climatiques et la protection du vivant, et l’inaction collective les laisse seuls en première ligne face à un avenir inquiétant. L’immobilisme et le déni créent une dissociation entre la perception d’une menace importante et le défaut de protection des adultes. A cela vient s’ajouter le dénigrement des actions menées par certains jeunes.

Or l’implication dans l’action citoyenne est l’un des meilleurs garants de l’intégration sociale, et de la lutte contre l’angoisse et l’impuissance. Pour la société, la jeunesse représente la richesse d’un œil neuf, l’impulsion dans l’action et la créativité, ce qui constitue la principale potentialité transformatrice, à condition qu’elle ait le champ nécessaire pour exercer son rôle.

Le délitement des structures de soins empêche aujourd’hui les soignants d’exercer leur fonction de dernier rempart contre le suicide. Ce rempart nécessite d’être accueillant, rassurant et présent, dans la durée et la continuité du lien, de bénéficier de temps et de disponibilité. Ces actes désespérés ne concernent pas uniquement la psychiatrie mais la société entière. A elle d’entendre ce message et d’y répondre par une nécessaire remise en question, par l’engagement au service du lien humain et du respect du vivant.

Les signataires de cette tribune sont Marion Robin, pédopsychiatre, Paris ; Pablo Votadoro, pédopsychiatre, Paris, ainsi que plus de 700 cosignataires, professionnels du soin aux enfants et adolescents,

Cet article est paru dans Le Monde (site web)

Enquête sur la santé psychique et les idées suicidaires en Europe apres la crise liée à la Covid-19, Ifop pour La Fondation Jean Jaurès et la Fondation européenne d’études progressistes (FEPS)

Covid-19 : alerte sur la santé psychique des Français et des Européens
Société  07/07/2022

Michel Debout
À l’occasion de la parution d’une enquête de la Fondation Jean-Jaurès et de la Fondation européenne d’études progressistes (FEPS) et réalisée par l’Ifop, appréhendant le phénomène suicidaire dans six pays (France, Allemagne, Espagne, Pologne, Irlande, Suède), Michel Debout, professeur émérite de médecine légale, psychiatre, spécialiste du suicide et administrateur de la Fondation, en analyse les résultats.

Les résultats complets de l’enquête

Lire la suite https://www.jean-jaures.org/publication/covid-19-alerte-sur-la-sante-psychique-des-francais-et-des-europeens/

mardi 5 juillet 2022

BELGIQUE RETOURS SUR Colloque : suicides forcés: Enquête à propos des violences entre partenaires et du risque suicidaire

Colloque suicides forcés: Enquête à propos des violences entre partenaires et du risque suicidaire 

4 juil. 2022 L’ASBL, le Mouvement pour l’Egalité entre les Femmes et les Hommes, MEFH a mené une enquête basée sur les violences psychologiques et physiques subies au sein du couple, ainsi que sur une mesure du risque de suicide. Peut-on relier le suicide aux relations toxiques dans le couple? Les résultats vous seront présentés en prémisse de ce colloque.

 

 

 


vendredi 1 juillet 2022

Pour les agriculteurs fragilisés, un nouveau dispositif en Normandie


Pour les agriculteurs fragilisés, un nouveau dispositif en Normandie


​Les cellules « Réagir » ont pour objectif de prendre en compte plus tôt les difficultés et faciliter les actions d’accompagnement. Il s’agit d’un affichage commun pour les actions des cellules départementales et de leurs partenaires.

Entre 2016 et 2019, 250 exploitants et salariés agricoles ont mis fin à leurs jours, en moyenne chaque année, selon Santé publique France. Un chiffre sous-estimé d’au moins 10 %. | ILLUSTRATION BÉATRICE LE GRAND, OUEST-FRANCE
Ouest-France Guillaume LE DU. Publié le 29/06/2022 

Entre 2016 et 2019, 250 exploitants et salariés agricoles ont mis fin à leurs jours, en moyenne chaque année, selon Santé publique France. Un chiffre qui serait sous-estimé d’au moins 10 %. Un plan gouvernemental a été présenté en novembre 2021, prévoyant une hausse de 40 % des dispositifs destinés à prévenir le mal-être et le suicide des agriculteurs, soit 12 millions d’euros supplémentaires.

Dans ce contexte de lutte contre le mal-être agricole, le réseau des Chambres d’agriculture a décidé d’une bannière commune baptisée « Réagir », autrement dit un affichage commun pour les actions des cellules départementales et de leurs partenaires, venant en aide aux agriculteurs (et aux salariés) fragilisés.
Des conseillers à plein temps

En Normandie, les quatre cellules départementales Agri Collectif (Manche), Agr’Aide (Calvados), Agri’Aide (Orne) et Atex (Eure et Seine-Maritime) passent donc sous la bannière « Réagir ». Avec la Mutualité sociale agricole (Agri’écoute, tél. 09 69 39 29 19) et les services (sociaux) des conseils départementaux, les cellules Réagir visent à résoudre, le plus tôt possible, des problèmes « d’entreprise, technique et humain ».

Ce n’est pas qu’un changement de nom. La Chambre d’agriculture de Normandie y mobilise dix-sept conseillers à plein temps. Bilan de compétence, audit, service de remplacement, aide au répit, etc. Autant de dispositifs mobilisables. De plus en plus de jeunes installés (moins de cinq ans) y auraient recours. Selon la présidente de la MSA, Sylviane Pralus, « la crise qui vient risque de mettre en difficulté des agriculteurs jusqu’à présent sans problème… »

https://www.ouest-france.fr/normandie/pour-les-agriculteurs-fragilises-un-nouveau-dispositif-en-normandie-2c64bba0-f615-11ec-8172-5af378b9b91a

Suicide des agriculteurs : "le paysan est taiseux, il attend trop longtemps pour demander de l'aide"

Suicide des agriculteurs : "le paysan est taiseux, il attend trop longtemps pour demander de l'aide"

Publié le
Écrit par Séverine Bourgault

En France, un exploitant agricole se donne la mort tous les deux jours. A l'automne dernier, le ministère de l'Agriculture a lancé un arsenal de mesures préventives contre le suicide des agriculteurs en France. La MSA Mayenne-Orne-Sarthe, la Mutualité Sociale Agricole, oeuvre depuis des années avec un réseau de veilleurs.

Depuis 2016 en France, 529 agriculteurs se sont suicidés, d'après la Mutualité Sociale Agricole (MSA). L'un des derniers cas, largement médiatisé ces jours-ci, concerne un des agriculteurs phare de l'émission de téléréalité "L'amour est dans le pré".

En novembre dernier, le ministre de l'agriculture de l'époque Julien Denormandie a annoncé des mesures préventives pour endiguer ce fléau.  

Le gouvernement prévoit, entre autres, une "aide au répit", pour financer le remplacement jusqu'à 10 jours des exploitants en situation d'épuisement professionnel. Au total, l'enveloppe dédiée au mal-être agricole est passée de 30 à 42 millions d'euros par an.


Un réseau de "sentinelles" pour repérer le mal-être des agriculteurs

Le ministère de l'Agriculture a également lancé le déploiement d'un réseau de "sentinelles",  mobilisées pour repérer le mal-être des agriculteurs. Ces volontaires vont directement dans les exploitations pour les rencontrer et tenter d'amorcer une discussion.

Mais en réalité, ce réseau existe déjà d'une façon différente depuis plusieurs années : la MSA a en effet mis en place un réseau de veilleurs pour détecter ce mal-être.

"On a démarré ce dispositif en 2018. Mais le réseau a été mis un peu à l'arrêt à cause de la Covid-19, car l'épidémie nous a empêché de continuer cette approche de terrain. Mais que l'Etat vienne confirmer ou renforcer ce réseau avec des sentinelles, ce n'est que du positif", explique Florence Piette, responsable du service proximité, en charge de la prévention du mal-être pour la MSA Mayenne-Orne-Sarthe, qui gère le régime de protection sociale, de retraite et de santé des agriculteurs. 


90 signalements en 2021 en Mayenne-Orne-Sarthe

La MSA tente de détecter les situations de mal-être profond chez les agriculteurs. Sa cellule dédiée recueille notamment les signalements de professionnels agricoles.

En 2021, la MSA a reçu près de 90 signalements d'agriculteurs en situation de mal-être au travail. Son action est préventive, pour éviter les tentatives de suicides et les passages à l'acte. Comment détecter alors ce mal-être chez un agriculteur ?

"Par les propos que la personne va tenir d'abord. Et cela peut-être aussi des signaux physiques. Des gens qui vont se plaindre par exemple d'être fatigués, d'avoir des difficultés à se concentrer, d'être en conflit avec son employeur, avec ses collègues", précise Florence Piette qui explique que "l'épuisement et l'anxiété peuvent à terme amener des difficultés dans l'éducation des enfants et créer des tensions avec la famille, même proche".

On devrait tous avoir une vie digne, avec des loisirs et autres

Gilbert Dupas

Président du club des agriculteurs mayennais

"Quelqu'un qui est dans un bureau, il rentre de sa journée, il prend son vélo, il va à la natation, mais nous, on finit là, faut recommencer là et puis quand on a fini là, faut encore que recommencer là et puis ce soir, il est 10h et bien j'arrête parce que je vais aller me coucher mais demain matin je recommence et ainsi de suite", explique Gilbert Dupas, le président du club des agriculteurs mayennais.

"Quand on vit bien financièrement, qu'on vend nos produits bien et tout, je pense qu'on arrive à plus s'épanouir, quand on est un peu chargé en boulot, on va faire intervenir une entreprise, poursuit Gilbert Dupas, mais quand il n'y a pas les moyens, pour faire une économie, on fait quoi ? Bah y'a encore ça à faire, je vais quand même pas payer untel à le faire parce qu'il va falloir encore sortir ça, c'est déjà difficile".

10 000. C'est le nombre de suicides en moyenne par an en France, tandis que 200 000 tentatives sont relevées à l'année. Des chiffres recensés en 2020, juste avant la crise sanitaire.

"C'est trois fois plus que les décès par accidents de la route", cite en comparaison Yann Massart, le délégué général de l'association "Dites je suis là", créée début 2021 au Mans et qui œuvre pour la prévention du suicide, en partenariat avec la MSA Mayenne-Orne-Sarthe.


20% de suicides en plus que dans la population générale

"Le territoire de la Sarthe et sa région sont particulièrement touchés, assure Elisabeth Ardème, sous-directrice de la MSA Mayenne-Orne-Sarthe. Le taux de suicide y est supérieur à la moyenne nationale".

"Toute population confondue en Sarthe, on dénombre plus de 150 suicides par an en moyenne", ajoute le responsable d'association. Combien d'agriculteurs parmi ces disparitions sarthoises ? La statistique n'est pas connue.

Ce qui est sûr, c'est que chez les agriculteurs, "le taux de mortalité par suicide est supérieur de 20% à celui de la population générale", précise le dirigeant de l'association Mancelle.

En 2021, 45 signalements ont été recensés en Sarthe, à propos d'agriculteurs en difficulté. Et parmi eux, 27 personnes ont été suivies par les équipes de la mutuelle sociale agricole.

Selon les derniers chiffres en possession de la MSA datant de 2015, 600 suicides d'agriculteurs avaient été enregistrés en France en 2021, dont deux tiers d'exploitants et un tiers de salariés agricoles.


86 veilleurs formés et un numéro d'appel

La MSA s'appuie sur son réseau de veilleurs, un dispositif parmi d'autres mesures de prévention prises par la mutuelle dont le numéro de téléphone Agri'écoute : 09 69 39 29 19.

En Sarthe, ils sont actuellement 86 veilleurs, parmi eux, des professionnels de santé (infirmiers, vétérinaires...) et des bénévoles de tous horizons, formés pour alerter et prévenir. 

170 délégués de la MSA Mayenne-Orne-Sarthe ont suivi la formation pour intégrer le réseau et constituer ainsi un maillage efficace sur l'ensemble des trois départements.

 

"Nourrir l'espoir"

 

"Nourrir l'espoir". Tel est l'intitulé de la campagne de prévention lancée conjointement par la MSA et "Dites je suis là". Un rappel du rôle essentiel des agriculteurs qui travaillent pour alimenter la population.

Tous les supports de communication pour toucher le public le plus large possible ne sont pas encore identifiés. Cette initiative de sensibilisation est d'autant plus opportune et cruciale que la flambée actuelle des prix des céréales et des matières premières vient peser lourdement sur l'activité agricole.

"Un écueil de plus qui s'ajoute à la crise sanitaire et à l'agribashing que subissent déjà les agriculteurs", conclut Brigitte Fourmon, cultivatrice Sarthoise et déléguée MSA.


Agriculture : les éleveurs de plus en plus dans le rouge

D'après un rapport de l'Insee publié en octobre dernier, les éleveurs laitiers touchent par exemple en moyenne 15 800 euros par an. C'est encore moins chez les éleveurs bovins, ovins et caprins.

La Mayenne est une terre d'élevage, avec de nombreuses exploitations bovines et laitières, installées notamment dans le nord-ouest du département. C'est dans cette zone que l'on retrouve les revenus les plus bas chez les agriculteurs. Il existe en effet de très grandes disparités de revenus au sein du monde agricole.

Comment expliquer qu'il y ait autant de différence ? Tout d'abord les éleveurs s'endettent beaucoup plus au moment de leur installation que d'autres agriculteurs, ce que confirme Jacques Johan, le président de Solidarité Paysan 53, "l'élevage demande de gros investissements, par rapport à d'autres productions, de l'ordre de 500 000 à 1 million d'euros, il y a des charges énormes, ça peut fragiliser les exploitations".


Le problème, c'est que "le paysan est taiseux"

Des agriculteurs perdent même de l'argent. Selon Jacques Johan, "des agriculteurs ont un revenu négatif, mais voilà, vous ne pouvez pas arrêter une exploitation comme ça, vous avez des charges, des prêts, des animaux". L'association qu'il préside aide actuellement une soixantaine d'agriculteurs qui ont des difficultés financières.

"C'est le gros problème du monde agricole, le paysan est taiseux, il attend trop longtemps pour demander de l'aide", conclut Jacques Johan.

USA Des experts en marketing de l'Université du Kansas aident à étendre le programme de prévention de la crise et du suicide chez les adolescents à des centaines de familles

Des experts en marketing de la KU aident à étendre le programme de prévention de la crise et du suicide chez les adolescents à des centaines de familles
mer, 29/06/2022  KU marketing experts help expand teen crisis and suicide prevention program to hundreds of families Wed, 06/29/2022 https://today.ku.edu/*



 

LAWRENCE - Tout parent peut attester que l'adolescence peut être éprouvante, même dans les meilleurs moments. Une classe de diplômés de l'Université du Kansas a récemment achevé sa collaboration avec Prepped and Ready, un programme fondé sur des données probantes mis au point à l'hôpital Children's Mercy pour aider les parents à prévenir les crises chez leurs adolescents. Le partenariat a permis de mettre le programme en ligne, ce qui a notamment permis d'augmenter le nombre d'inscriptions et de toucher un public de parents plus diversifié.

La pandémie de COVID-19 a influencé la vie dans presque tous ses aspects, ajoutant du stress tant aux adolescents qu'aux parents. Mais elle a également fourni l'occasion d'étendre la portée de Prepped and Ready, car de plus en plus d'aspects de la vie sont passés à un modèle de prestation en ligne. Le programme voulait atteindre plus de familles et un échantillon plus diversifié de parents et de soignants. Angie Hendershot, professeur de pratique à l'école de journalisme et de communication de masse William Allen White de la KU, a dirigé un partenariat avec son cours de communication de marketing intégré et le docteur Shayla Sullivant, psychiatre pour enfants et adolescents à Children's Mercy et professeur associé de pédiatrie à l'école de médecine de l'université du Missouri-Kansas City. La collaboration a permis d'élaborer de nouveaux moyens de promouvoir le programme, notamment une série de vidéos informatives. Le partenariat a permis d'augmenter le nombre d'inscriptions et de distribuer des trousses de prévention du suicide à des centaines de familles du Kansas et du Missouri.

L'équipe de recherche de la classe de M. Hendershot, composée d'étudiants diplômés et de professionnels en activité, Angi Gerstner, Janene Kruger et Tim Seley, a participé au projet final de leur maîtrise en communication marketing intégrée. L'équipe a rencontré Mme Sullivant et ses collègues pour déterminer les forces, les faiblesses et les possibilités de croissance du programme. Sullivant a depuis mis en œuvre plusieurs des recommandations de l'équipe. La mise en œuvre du programme par vidéo a contribué à augmenter le nombre d'inscriptions et le programme a touché plus de 500 familles depuis le lancement de la nouvelle série de vidéos, a déclaré Mme Sullivant. Le partenariat a également permis d'élargir la portée de Prepped and Ready, qui ne s'adresse plus seulement aux mères blanches mais à un groupe plus diversifié, comprenant davantage de pères, bien au-delà de la région de Kansas City.

L'équipe a notamment établi un partenariat avec Cottonwood Industries pour préparer et distribuer des kits de prévention du suicide à des centaines de familles. Ces trousses comprennent des boîtes de rangement pour les médicaments, des organisateurs hebdomadaires pour les médicaments, des sacs pour jeter les médicaments, ainsi que des câbles de verrouillage et des boîtes de rangement pour les propriétaires d'armes à feu. Les kits ont été créés sur la base de recherches montrant que l'éducation associée à la fourniture d'outils entraîne davantage de changements chez les parents qui souhaitent réduire le risque de suicide dans leur foyer.

"L'un des messages les plus forts que nous avons retenus est que la chose la plus importante que nous puissions faire est de mettre plus de temps entre l'idéation suicidaire et l'accès aux moyens. C'est pourquoi ces kits sont si essentiels", a déclaré Mme Hendershot. "Les messages que nous avons élaborés ont réussi à faire réfléchir les parents, non seulement à propos de leurs propres enfants, mais aussi de ceux de leurs amis et de leur famille. Il s'agit d'une approche très puissante, fondée sur des preuves, que le Dr Sullivant a mise au point, et ce fut une expérience forte pour nos étudiants d'utiliser leurs compétences en communication pour partager ce message."

Dans le cadre de son travail de diffusion de Prepped and Ready en personne, Mme Sullivant a interrogé les soignants sur ce qu'ils avaient appris et sur leurs intentions de changer de comportement après avoir participé à Prepped and Ready. Les résultats publiés en février ont montré que les propriétaires d'armes à feu étaient cinq fois plus susceptibles de stocker leurs armes à feu verrouillées, non chargées, avec les munitions verrouillées séparément, après avoir participé à Prepped and Ready. En outre, 56,5 % des participants ont déclaré s'être débarrassés de leurs anciens médicaments et 53 % ont déclaré avoir rangé leurs médicaments en toute sécurité à la fin du programme. L'étude a été publiée dans le Journal of Community Health.

En plus de fournir des trousses d'outils de sécurité, le fait de pouvoir offrir le programme sur demande a considérablement élargi l'accès à Prepped and Ready. Auparavant, le programme était proposé en personne et par le biais de webinaires, en collaboration avec des partenaires communautaires tels que des écoles et des églises. Cela limitait la possibilité pour de nombreux soignants de participer, ainsi que le nombre d'experts qui pouvaient partager leurs connaissances. L'ajout d'une composante d'apprentissage asynchrone a permis à un plus grand nombre d'experts de partager des informations par vidéo, et à des parents très occupés de participer quand leur emploi du temps le leur permettait. Le programme a récemment reçu une subvention du Health Levy Innovation Fund pour étendre sa portée à Kansas City, dans le Missouri.

"Les efforts des étudiants ont fait une énorme différence en nous aidant à aller de l'avant. Faire connaître cette opportunité a été une courbe d'apprentissage énorme, car ce n'est pas quelque chose que j'ai appris à l'école de médecine", a déclaré M. Sullivant. "Les recommandations des étudiants ont été un complément inestimable à nos efforts. Ce partenariat a été essentiel à notre réussite."

Toute personne intéressée par le programme Prepped and Ready peut en apprendre davantage sur le site Web du programme: program website.

Cet automne, M. Sullivant prévoit de partager les résultats du dernier programme Prepped and Ready lors de la réunion de la Injury Free Coalition for Kids à Fort Lauderdale, en Floride, ainsi que lors de la National Research Conference on Firearm Injury Prevention à Washington, D.C. L'objectif est de partager les résultats et de continuer à étendre le travail du programme, de sorte que rendre les médicaments et les armes à feu inaccessibles aux adolescents à la maison soit la norme. L'approche factuelle de Prepped and Ready pour aider les familles à prévenir de telles crises est en passe d'augmenter le nombre de familles qu'elle peut servir. Comme l'a fait remarquer Mme Sullivant après avoir élaboré le programme en travaillant avec des familles en crise, de nombreux parents ont demandé : "Pourquoi personne ne m'a jamais dit cela plus tôt ?"

"Je suis tellement fière de la classe pour avoir su étendre sa portée dans le cadre d'un plan marketing. Il ne s'agit pas seulement de réfléchir à la plateforme de médias sociaux à utiliser, mais de mettre en œuvre de grandes idées", a déclaré Mme Hendershot. "C'est notre objectif, donner à nos clients de cours des choses qu'ils pourront utiliser demain."

Crédit vidéo : Prepped and Ready, William Allen White School of Journalism & Mass Communications.

https://today.ku.edu/2022/06/29/ku-marketing-experts-help-expand-crisis-prevention-program-hundreds-families

RETOUR SUR ACTION Club de la presse du Gard Un atelier média pour traiter de façon responsable le suicide, à destination des journalistes et des communicants.

Un atelier média pour traiter de façon responsable le suicide, à destination des journalistes et des communicants.
GENETET ADMIN He https://www.clubdelapresse30.fr*

Les études et les revues scientifiques révèlent que le traitement de l’information au sujet du suicide par les médias est susceptible de conduire à des comportements suicidaires par imitation (connu sous le nom « effet Werther »). En cela, les choix et le poids des mots revêtent toute leur importance. L’OMS a d’ailleurs apporté des recommandations toutes spécifiques pour les journalistes mais aussi pour les communicants lorsqu’il s’agit de formaliser une prise de parole ou un écrit sur le phénomène du suicide, afin de prévenir son apparition.

L’analyse des messages médiatiques sur ce sujet révèle donc aussi l’effet positif des médias en matière de prévention.

En cela, La formation au programme PAPAGENO proposée par Nathalie Pawels et Eloise Bajou a pris tout son sens, ce jour, auprès des journalistes et des communicants qui avaient fait le déplacement. Papageno est un programme national intégré à la stratégie globale de prévention du suicide, soutenu par l’OMS et le Ministère des Solidarités et de la Santé.

On retiendra de manière générale qu’il y a entre 9 et 12 principes/précautions à prendre lorsqu’il s’agira, pour nous, journalistes ou communicants, de parler de ce sujet (en communication interne, par le biais un article de presse ou autre…).

On retiendra, entre autres, qu’il faut :

  • Comprendre que ce qui mène au suicide est complexe et parfois multifactoriel.
  • Employer un vocabulaire évitant tout sensationnalisme, banalisation ou formalisation (éviter « un salarié se donne la mort » et préférer « un salarié met fin à ses jours »).
  • Eviter les détails sur la méthode employée. Le lieu doit aussi ne pas être cité (pour éviter un hot-spot)
  • Briser les mythes (« hier soir, il allait très bien »).
  • Diffuser des ressources d’aide pour les personnes en détresse et faire le choix d’illustrations positives (solidarité, entraide…)

Retrouvez plus d’informations et de ressources sur : https://papageno-suicide.com/

Marie-Do Gruss.

https://www.clubdelapresse30.fr/pour-un-traitement-mediatique-responsable-du-suicide-a-destination-des-journalistes-et-des-communicants/

Lutter contre le suicide, objectif du nouveau dispositif du CHU Dijon


INAUGURATION

Mercredi 29 juin 2022 https://www.chu-dijon.fr/*



Traverser une crise suicidaire et tenter de mettre fin à ses jours n’est pas sans conséquence. Les personnes concernées évoquent souffrir encore davantage de la culpabilité ressentie et du regard désapprobateur des proches. Dans plus de deux tiers des cas, les personnes ne sont pas hospitalisées plus de 24 heures, et seule une minorité d’entre elles s’engagent dans des soins spécialisés après leur retour à domicile.

C’est pourquoi la survenue d’une tentative de suicide dans un parcours de vie multiplie par 20 le risque d’une autre tentative de suicide dans l’année, et par 4 le risque de suicide à terme. Une attention particulière centrée sur le maintien du lien avec ces personnes doit donc être apportée afin de limiter et prévenir la réitération suicidaire.

En France, le dispositif VigilanS procède de cette volonté. Il consiste en un système de recontact et d’alerte organisé autour des personnes ayant fait une tentative de suicide, articulé avec tous les professionnels concernés et les dispositifs de soins existants.

Expérimenté par l’équipe du Pr VAIVA à Lille depuis 2015, VigilanS se déploie progressivement à travers la France depuis 2018. En Bourgogne-Franche Comté, les départements du Jura, du Doubs et de la Saône et Loire étaient déjà couverts. Dorénavant, l’équipe VigilanS du CHU, en partenariat avec le CH Pierre Lôô, couvre les départements de la Côte d’Or et de la Nièvre.

VigilanS, comment ça fonctionne ?

A la sortie d’un service d’urgence ou d’une structure de soins, toute personne ayant fait une tentative de suicide se voit proposer d’entrer dans le dispositif. Elle reçoit une carte ressource avec le numéro de téléphone qu’elle peut contacter en cas de besoin ainsi qu’une fiche d’information sur le dispositif.

L’équipe informe ensuite par courrier les professionnels de santé du cercle de soin de cette personne (principalement son médecin traitant) de son entrée dans le dispositif et programme une veille.

Cette veille dure 6 mois, durant lesquels l’équipe VigilanS garde le contact avec la personne grâce à des appels téléphoniques et/ou l’envoi de cartes postales et au-delà desquels la veille active s’arrête si tout va bien.

En cas de nouvelle tentative de suicide, la personne réintègre le dispositif depuis le J1.

VigilanS c’est qui ?

Une équipe opérationnelle basée au CHU Dijon Bourgogne, composée : D’infirmiers, infirmières au téléphone : Ils-elles appellent les patients à des temps spécifiques, répondent aux appels entrants, font le lien avec les médecins traitants et les professionnels de santé intervenant auprès des patients, éventuellement avec leurs proches ou familles. A chaque appel, ils-elles évaluent le risque suicidaire et coordonnent les recours disponibles pour les personnes ;
D’un médecin, d’un cadre de santé et d’une secrétaire, garants de la pertinence des interventions proposées et de la bonne articulation du dispositif avec l’offre de soins existante ;
D’une infirmière en poste au CMP de DECIZE (58) qui assure un relais pour la communication, la mise en œuvre du dispositif et les actions de sensibilisation et de formation auprès des professionnels partenaires de la Nièvre.

Conduites suicidaires

En France, on estime à 200 000 le nombre de tentatives de suicide par an dont plus de 80% arrivent aux Urgences. En 2017, 8355 personnes sont décédées par suicide.

En Bourgogne Franche-Comté, 3678 recours aux Urgences pour TS ont été répertoriés en 2017 c’est-à-dire environ 10 recours quotidiens, et 5 tentatives de suicide pour 1000 passages aux Urgences.

Le taux d’hospitalisation pour tentative de suicide est plus élevé en Bourgogne Franche Comté que la moyenne nationale, faisant de notre région l’une des plus touchées en France avec la Bretagne, la Normandie et les Hauts de France.

Pourtant les décès par suicide sont des morts évitables :

En France, entre 2000 et 2017, les morts par suicide ont régressé de 23%.

Entre 2014 et 2017, la mise en place de VigilanS Nord Pas de Calais s’est accompagnée d’une diminution de 10% des décès par suicide.

En mobilisant nos forces ensemble et en coordonnant nos actions, nous pouvons diminuer significativement la morbidité et la mortalité suicidaires.


VIGILANS

 https://www.chu-dijon.fr/actualites/2022/06/29/inauguration

 

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Lutter contre le suicide, objectif du nouveau dispositif du CHU Dijon
Mardi 28 juin 2022, le CHU Dijon Bourgogne a inauguré son nouveau dispositif régional de veille post hospitalière des patients ayant fait une tentative de suicide : VigilanS.

28 juin 2022 https://www.k6fm.com*

Le dispositif VigilanS a été inauguré ce mardi au CHU Dijon Bourgogne

Traverser une crise suicidaire et tenter de mettre fin à ses jours n’est pas sans conséquence. Les personnes concernées évoquent souffrir encore davantage de la culpabilité ressentie et du regard désapprobateur des proches. Dans plus de deux tiers des cas, les personnes ne sont pas hospitalisées plus de 24 heures, et seule une minorité d’entre elles s’engagent dans des soins spécialisés après leur retour à domicile.

C’est pourquoi la survenue d’une tentative de suicide dans un parcours de vie multiplie par 20 le risque d’une autre tentative de suicide dans l’année, et par 4 le risque de suicide à terme. Une attention particulière centrée sur le maintien du lien avec ces personnes doit donc être apportée afin de limiter et prévenir la réitération suicidaire.

En France, le dispositif VigilanS procède de cette volonté. Il consiste en un système de recontact et d’alerte organisé autour des personnes ayant fait une tentative de suicide, articulé avec tous les professionnels concernés et les dispositifs de soins existants.

Expérimenté par l’équipe du Pr VAIVA à Lille depuis 2015, VigilanS se déploie progressivement à travers la France depuis 2018. En Bourgogne-Franche Comté, les départements du Jura, du Doubs et de la Saône et Loire étaient déjà couverts. Dorénavant, l’équipe VigilanS du CHU, en partenariat avec le CH Pierre Lôô, couvre les départements de la Côte d’Or et de la Nièvre.
VigilanS, comment ça fonctionne ?

A la sortie d’un service d’urgence ou d’une structure de soins, toute personne ayant fait une tentative de suicide se voit proposer d’entrer dans le dispositif. Elle reçoit une carte ressource avec le numéro de téléphone qu’elle peut contacter en cas de besoin ainsi qu’une fiche d’information sur le dispositif.

L’équipe informe ensuite par courrier les professionnels de santé du cercle de soin de cette personne (principalement son médecin traitant) de son entrée dans le dispositif et programme une veille.

Cette veille dure 6 mois, durant lesquels l’équipe VigilanS garde le contact avec la personne grâce à des appels téléphoniques et/ou l’envoi de cartes postales et au-delà desquels la veille active s’arrête si tout va bien. En cas de nouvelle tentative de suicide, la personne réintègre le dispositif depuis le J1.
VigilanS c’est qui ?

Une équipe opérationnelle basée au CHU Dijon Bourgogne, composée : D’infirmiers, infirmières au téléphone : Ils-elles appellent les patients à des temps spécifiques, répondent aux appels entrants, font le lien avec les médecins traitants et les professionnels de santé intervenant auprès des patients, éventuellement avec leurs proches ou familles. A chaque appel, ils-elles évaluent le risque suicidaire et coordonnent les recours disponibles pour les personnes ;
D’un médecin, d’un cadre de santé et d’une secrétaire, garants de la pertinence des interventions proposées et de la bonne articulation du dispositif avec l’offre de soins existante ;
D’une infirmière en poste au CMP de DECIZE (58) qui assure un relais pour la communication, la mise en œuvre du dispositif et les actions de sensibilisation et de formation auprès des professionnels partenaires de la Nièvre.
Conduites suicidaires

En France, on estime à 200 000 le nombre de tentatives de suicide par an dont plus de 80% arrivent aux Urgences. En 2017, 8355 personnes sont décédées par suicide. En Bourgogne Franche-Comté, 3678 recours aux Urgences pour TS ont été répertoriés en 2017 c’est-à-dire environ 10 recours quotidiens, et 5 tentatives de suicide pour 1000 passages aux Urgences. Le taux d’hospitalisation pour tentative de suicide est plus élevé en Bourgogne Franche Comté que la moyenne nationale, faisant de notre région l’une des plus touchées en France avec la Bretagne, la Normandie et les Hauts de France.

Pourtant les décès par suicide sont des morts évitables. En France, entre 2000 et 2017, les morts par suicide ont régressé de 23%. Entre 2014 et 2017, la mise en place de VigilanS Nord Pas de Calais s’est accompagnée d’une diminution de 10% des décès par suicide.

En mobilisant nos forces ensemble et en coordonnant nos actions, nous pouvons diminuer significativement la morbidité et la mortalité suicidaires.
https://www.k6fm.com/lutter-contre-le-suicide-objectif-du-nouveau-dispositif-du-chu-dijon