Étude de l’association entre les troubles des conduites alimentaires et
le risque suicidaire chez les adolescents et jeunes adultes
Revue d'Épidémiologie et de Santé Publique
Volume 68, Supplement 1, March 2020, Page S32
L3
Étude de l’association entre les troubles des conduites alimentaires et le risque suicidaire chez les adolescents et jeunes adultes
P.Duriez abc K.Goueslard de C.Quantin defgh F.Jollant acij
a GHU Paris psychiatrie et neurosciences, site Sainte-Anne, Paris, France
b Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris (IPNP), UMR_S1266, INSERM, Paris, France
c Université de Paris, Paris, France
d CHRU de Dijon, service de biostatistiques et d’information médicale (DIM), Dijon, France
e Université Bourgogne Franche-Comté, Dijon, France
f Inserm, CIC 1432, Dijon, France
g Dijon university hospital, clinical investigation center, clinical epidemiology/clinical trials unit, Dijon, France
h Biostatistics,
biomathematics, pharmacoepidemiology and infectious diseases (B2PHI),
Inserm, UVSQ, institut Pasteur, université Paris-Saclay, Paris, France
i CHU de Nîmes, Nîmes, France
j McGill University, Montréal (Québec), Canada
Available online 27 February 2020.
Introduction
Alors
que le suicide représente la seconde cause de mortalité chez les
15–24 ans, l’adolescence apparaît comme la période charnière de
décollage du nombre de cas de suicide. Il est clairement établi que les
pathologies mentales peuvent augmenter le risque de suicide. Toutefois,
en raison de la relative rareté du suicide, la connaissance des facteurs
de risque de mortalité par suicide durant l’adolescence ou le début de
l’âge adulte reste limitée. Les données du Système national des données
de santé (SNDS) en population nous offrent l’opportunité d’étudier des
évènements rares, difficilement accessibles par des études cliniques
impliquant les personnes. L’objectif de notre étude était de mesurer les
hospitalisations liées à un acte auto-infligé et la mortalité par
suicide chez les adolescents souffrant de troubles des conduites
alimentaires.
Méthode
À
partir des données du SNDS, nous avons sélectionné les personnes âgées
de 12 à 24 ans, hospitalisées en médecine-chirurgie-obstétrique ou
psychiatrie entre 2013 et 2014, pour anorexie (codes diagnostiques
F50.0, F50.1) et/ou boulimie (codes diagnostiques F50.2). Pour explorer
la survenue d’hospitalisations liées à un acte auto-infligé et la
mortalité par suicide, un suivi épidémiologique a été réalisé au cours
des trois années suivant l’hospitalisation index. Un modèle de
régression logistique a pris en compte les variables suivantes : l’âge,
le sexe, certains antécédents tels que les antécédents de gestes
auto-infligés, certaines pathologies somatiques majeures ainsi que le
parcours de soins dans les jours précédant l’évènement d’intérêt. Les
antécédents ont été recueillis sur une période de cinq ans précédant
l’hospitalisation index.
Résultats
Entre
2013 et 2014, 3229 jeunes âgés de 12 à 24 ans ont été hospitalisés pour
anorexie. Sur la même période, 1204 ont été hospitalisés pour boulimie.
L’étude est en cours d’exploration pour les événements d’intérêt et les
facteurs d’ajustement.
Discussion/Conclusion
Nos
résultats permettront de mieux cibler certaines mesures de prévention
des actes auto-infligés et du suicide chez les adolescents et jeunes
adultes souffrant d’anorexie mentale ou de boulimie.
Mots clés
Troubles des conduites alimentaires
Risque suicidaire
Adolescents et jeunes adultes
Base de données médico-administratives