samedi 6 octobre 2018

Le Groupe « Prévention du risque suicidaire » du GCS Rives de Garonne Gironde (33)

Le Groupe  « Prévention du risque suicidaire » du GCS Rives de Garonne
Gironde (33)

Source  Journal prévention Hors les murs Sud Gironde - N°2 - Août 2018

Depuis 2016, le Groupement de Coopération Sanitaire (GCS) Rives de Garonne s’est engagé dans une démarche de déploiement d’actions concrètes de prévention et promotion de la santé. Son programme de « Prévention Hors les murs » s’est déployé en 2018 et de nouveaux axes sont en cours de développement via des appels à projets ARS

Extrait  Prévention du risque suicidaire (P3)

Depuis 2012 l'ARS Nouvelle Aquitaine a mandaté l'Association Rénovation pour mener une action de Santé publique en Matière de prévention du suicide en Gironde. Le projet vise à constituer et animer un réseau girondin de personnes formées au repérage et à la prévention du risque suicidaire. Des formations gratuites sont donc dispensées sur l’ensemble du territoire à destination de toute personne susceptible d’être en contact avec des personnes en risque suicidaire. Au-delà des rencontres interprofessionnelles et inter établissements que la formation suscite, l’objectif est d’acquérir un outil d’évaluation du niveau de la crise suicidaire.
Dans ce cadre partenarial avec Rénovation, le  Groupe « Prévention du risque suicidaire » du GCS Rives de Garonne coordonne un programme qui propose :
- Trois sessions organisées en 2018, en partenariat avec le Centre Hospitalier de Cadillac et l’association Montalier, et  une session supplémentaire ouverte aux partenaires GCS, dans le cadre du plan de formation de Cadillac.
- Une journée Focus se déroulant en décembre 2018 sur le thème du « risque suicidaire à l’adolescence » réalisée  en partenariat avec la maison des adolescents (MDA33) de La Réole.
- Une action de formation plus spécifique programmée en septembre/octobre 2018. Elle porte sur
« L’accompagnement des personnes vieillissantes en souffrance psychique et la prévention du risque suicidaire »  à destination des professionnels intervenants à domicile. Le 8 juin, nous avons convié les acteurs du domicile afin  de leur présenter le programme de cette formation élaborée par Rénovation. Cette formation sur 4 journées pleines propose une progression sur les apports théoriques : la souffrance psychique, les phases du processus suicidaire, l’évaluation (RUD : Risque, Urgence, Dangerosité), le positionnement professionnel... C’est une formation-action incluant des mises en situation et des retours d’expérience entre les séquences de formation.
La prise en charge financière du coût pédagogique et de la restauration est assurée par le GCS Rives de Garonne via le programme de prévention hors les murs.


Le Groupe  « Prévention du risque suicidaire » du GCS Rives de Garonne œuvre à maintenir une dynamique territoriale sur cette problématique majeure qu’est la prévention du suicide. Pour ce faire, il poursuit les objectifs suivants :
- Elargir le partenariat selon les thématiques et créer un maillage territorial,
- Renforcer le travail de liaison inter établissements sur le repérage des situations à risque et l’orientation,
- Déployer d’autres actions de prévention :
  • Formations spécifiques sur des publics ou thématiques repérées (ex : Risques chez les jeunes de 16 à 25 ans, Santé mentale et risque suicidaire, Le repérage à domicile, Soutien aux aidants familiaux, à la parentalité...)
  • Prévention de la récidive TS
  • Passerelle avec le maillage territorial – partenariat CLS/CLSM/PTA
  • Formation de formateurs
  • Prévention du risque suicidaire
http://www.ch-cadillac.fr/sites/default/files/pictures/fichiers/journal%20prevention2.pdf


Info plus
http://renovation.asso.fr/ 
http://www.ch-cadillac.fr
http://www.montalier.fr/

CANADA QUEBEC Aider en ligne les gens souffrant de dépression et d'anxiété : le Québec y travaille

Aider en ligne les gens souffrant de dépression et d'anxiété : le Québec y travaille
sur ici.radio-canada.ca/*
Le 5 octobre est la journée nationale de la détection de la dépression. 
 

Des chercheurs en santé mentale du Québec s'attellent à une étude pilote pour offrir d'ici quelques années, en ligne, un programme destiné aux gens souffrant de dépression et d'anxiété. Ce programme existe déjà en Australie, où 4500 médecins l'ont littéralement prescrit à plus de 9700 patients.
Un texte d'Anne Marie Lecomte
Dans les deux années à venir, les chercheurs québécois vont traduire, en français, le matériel créé en Australie en plus de mener une étude de faisabilité selon un protocole scientifique. Pour ce faire, ils ont obtenu plus de 100 000 $ du Fonds de soutien à l'innovation en santé et en services sociaux de MEDTEQ.
Le programme australien s'intitule « This Way Up » et il a séduit une équipe dirigée par Pasquale Roberge, de l'Université de Sherbrooke et dont fait partie Réal Labelle. « On s'est dit :''pourquoi réinventer la roue? », décrit M. Labelle, professeur de psychologie à l'UQAM et chercheur au Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal (IUSMM).
Le chercheur montréalais et ses collègues rêvent du jour où les médecins généralistes du Québec et du Canada pourront en faire bénéficier leurs patients. Mais pour imiter les Australiens, jusqu'à dix ans d'essais cliniques devront être effectués et dûment approuvés, selon les estimations de ces chercheurs.
Avec le Royaume-Uni, l'Australie est le pays le plus avancé en santé mentale pour ce qui est de l'utilisation de la technologie. « On retrouve beaucoup plus de papiers scientifiques de ces deux pays publiés dans les revues savantes que dans le reste du monde », affirme Réal Labelle.
Le professeur et chercheur de l'UQAM présentait cette semaine au Grand forum de la prévention du suicide à Trois-Rivières, une conférence sur les enjeux en santé mentale, en cette ère du numérique. Exemples de questions pratiques qui y étaient abordées : Quel est le profil de l'internaute suicidaire? Que fait-il en ligne pour aller chercher de l'aide? Et, dans les technologies de l’information et des communications, quelles sont les pratiques reconnues de prévention du suicide?
La réflexion s'impose quant à l'utilisation possible d'Internet, à quelques mois du lancement d'une plateforme numérique provinciale en prévention du suicide.
« La psychopathologie la plus associée au suicide est la dépression, à laquelle se mélange souvent de l'anxiété », explique Réal Labelle. En s'attaquant aux troubles anxieux et dépressifs, les professionnels de la santé contribuent pour ainsi dire aux efforts de prévention du suicide.
Rappelons que chaque jour, au Québec, trois personnes s'enlèvent la vie. Au Canada, en moyenne, ce sont dix personnes qui mettent fin à leurs jours, chaque jour. De tous ceux qui connaissent cette fin tragique, on estime que 90 % d'entre eux souffraient d'un problème de santé mentale ou d'une maladie.

La souffrance est réelle
Les troubles anxieux et dépressifs frapperont près d'un Québécois sur cinq dans sa vie. Non sans conséquence : quiconque en souffre risque d'éprouver de la détresse psychologique au point de devoir limiter ses activités et de recourir aux services de santé. Relativement à ces gens aux prises avec « ces troubles mentaux courants » – comme les décrit M. Labelle – on remarque un taux de mortalité plus élevé que dans l'ensemble de la population.

D'où l'idée d'intervenir auprès d'eux. Mais dans notre système de santé, moins d'une personne sur deux a accès aux traitements pharmacologiques et psychologiques permettant de soulager, voire de résorber les troubles anxieux et dépressifs, déplore M. Labelle.
En Australie, avec « This Way Up », on a réussi à élargir l'accès à la thérapie cognitive et comportementale, qui s'est avérée comme étant la plus efficace auprès des anxieux et des dépressifs.
Mais attention : ces interventions psychologiques menées par le truchement d'Internet ne visent pas à remplacer les professionnels de la santé en chair et en os. « C'est un moyen, pas une finalité, s'évertue à dire Réal Labelle sur toutes les tribunes. C'est un outil de plus pour rendre service. »
Et pour rejoindre les jeunes, aussi. « Moi, j'ai commencé à la machine à écrire, affirme M. Labelle avec humour. Ça fait trente ans que je suis psychologue, je suis de la vieille génération! Mais mon jeune de 18 ans est complètement dans un autre univers ».

Besoin d'aide pour vous ou un proche?
Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (277-3553).
Ce service est disponible partout au Québec, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
Le nouveau site commentparlerdusuicide.com outillera les Québécois qui veulent parler du sujet.

Un outil convivial qui « parle » au patient
Lorsque nécessaire, on prescrit des antidépresseurs à une personne souffrant de troubles anxieux et dépressifs. Puis on tente de l'éduquer sur ce qui l'afflige. « Avec des psychiatres, on faisait des évaluations et, après, on donnait aux gens des dépliants, sur ‘’c’est quoi une dépression, c’est quoi de l’anxiété’’, explique Réal Labelle. Souvent, on leur prescrivait des exercices ». Étaient aussi remis au patient des adresses et des numéros de téléphone, en cas d'urgence.
Ce qui sera un jour offert en ligne ne différera guère de ce qui se faisait avant... Mais ce sera plus convivial, insiste Réal Labelle : « C’est en couleur, on peut interagir, la machine nous pose des questions, il y a de petites vidéos, c’est animé ».
En Australie, le programme est découpé en six « leçons » que l'utilisateur-patient complète en trois mois. Il dispose d'un mot de passe le liant à son médecin qui, lui, reçoit par courriel un sommaire relatant :
  • le score – tel que rapporté par le patient – sur une échelle de détresse psychologique de dix éléments;
  • les progrès ou l'aggravation de l'état du patient d'une session à l'autre;
  • le fait qu'une leçon n'a pas été faite.
Des courriels sont aussi expédiés aux patients pour les féliciter d'avoir fait leurs leçons ou... leur rappeler de les faire.

Un outil, pas un remède miracle
Ce sont des interventions de première ligne destinées aux gens qui manifestent des troubles anxieux et dépressifs variant de légers à moyens. Réal Labelle souhaite qu'un jour, semblable programme soit à la disposition des médecins de famille et des Groupes de médecins de famille (GMF) du Québec et du Canada.
Et, répète-t-il, c'est un outil parmi d'autres dans la mer d'interventions possibles auprès des gens qui « ne filent pas ».
« La dépression est multifactorielle et il est très difficile de dire que telle ou telle affaire a fonctionné, explique Réal Labelle. Nous, professeurs d’université et chercheurs, passons notre vie à essayer d’isoler des facteurs pour comprendre. »
« Mais c’est bien plus compliqué que ça », conclut-il.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1127764/sante-mentale-programme-internet-australie-quebec-trouble-anxieux-depression-suicide

vendredi 5 octobre 2018

AUSTRALIE Suivi de la réforme de la santé mentale et de la prévention du suicide: rapport national 2018

Suivi de la réforme de la santé mentale et de la prévention du suicide: rapport national 201804 octobre 2018
http://mentalhealthcommission.gov.au*

Le sixième rapport national de la Commission - Suivi de la réforme de la santé mentale et de la prévention du suicide: rapport national 2018 - analyse l’état d’avancement des principales réformes de la santé mentale et de la prévention du suicide en Australie, ainsi que leur impact sur les consommateurs et les aidants.
Le rapport national de 2018 montre les progrès et les résultats des principales réformes nationales en matière de santé mentale, notamment les réseaux de santé primaire, le régime national d'assurance invalidité, les initiatives de prévention du suicide et le cinquième plan national de santé mentale et de prévention du suicide. Le rapport national de 2018 examine également les performances du système en matière de santé mentale en examinant les dépenses en santé mentale, les effectifs, l'isolement et la contention, l'engagement et la participation des consommateurs et des aidants, ainsi que les résultats en termes de santé mentale. Il examine également les déterminants sociaux de la santé et leur impact sur la maladie mentale.
Suivi de la réforme de la santé mentale et de la prévention du suicide: rapport national 2018
Monitoring Mental Health and Suicide Prevention Reform: National Report 2018


http://mentalhealthcommission.gov.au/media-centre/news/monitoring-mental-health-and-suicide-prevention-reform-national-report-2018.aspx

CRITIQUE DEBAT REFLEXIONS USA Point de vue sur les obstacles dans la recherche en prévention du suicide

Point de vueTitre original Implications of Zero Suicide for Suicide Prevention Research

Dominic A. Sisti, PhD1; Steven Joffe, MD, MPH1,2 
1Department of Medical Ethics and Health Policy, Division of Medical Ethics, Perelman School of Medicine, University of Pennsylvania, Philadelphia 
2Division of Oncology, Children’s Hospital of Philadelphia, Philadelphia, Pennsylvania
 JAMA. Publié en ligne le 4 octobre 2018. doi: 10.1001 / jama.2018.13083*

Au cours des deux dernières décennies, le nombre de décès par suicide a augmenté de 30%. En 2016, plus de 45 000 personnes se sont suicidées aux États-Unis, faisant du suicide la deuxième cause de décès chez les 10 à 34 ans.1 Les causes de cette augmentation sont multiples: un système de soins de santé mentale fragmenté, épidémie de dépendance aux opioïdes, la possession non réglementée d'armes à feu, stress post-traumatique et autres maladies mentales vécues par les anciens combattants (qui se suicident à des taux plus élevés que la population en général) .2Étant donné la fréquence et le fardeau du suicide, des études d’interventions visant à réduire le nombre de suicides sont nécessaires. Les essais cliniques d’interventions susceptibles de réduire le suicide posent de nombreux problèmes logistiques. Par exemple, le suicide est un événement rare. Par conséquent, les études permettant de détecter une réduction des taux de suicides doivent être très importantes. De plus, les facteurs pronostiques du suicide étant mal définis, il est difficile d'identifier les individus à haut risque à inclure dans les études. De plus, étant donné la nature de la maladie mentale grave, les personnes qui abandonnent les études sur la prévention du suicide risquent davantage de se suicider que celles qui restent dans l'étude, ce qui complique la capacité de ces études à détecter les effets des interventions et peut biaiser les résultats dans des directions imprévisibles.3Toutefois, les chercheurs
qui cherchent à mettre à l'essai des interventions visant à réduire le suicide peuvent également se heurter à des obstacles à la réalisation d’essais conçus de manière optimale qui sont enracinés dans des idées fausses sur l'éthique. Premièrement, Premièrement, les comités d'examen institutionnels (CISR)  peuvent insister pour exclure les personnes ayant des antécédents de tentatives de suicide ou qui sont activement suicidaires. Deuxièmement, on peut s’attendre à ce que les enquêteurs signalent des décès par suicide et des tentatives de suicide comme événements indésirables. Troisièmement, les  CISR peuvent s'opposer à ce que le suicide soit l'objectif principal de l'étude4. De telles objections rendent difficile la réalisation de recherches rigoureuses, éthiques et de grande qualité.Ces objections éthiques à la recherche sur la réduction optimale du suicide sont conformes à la philosophie qui sous-tend le modèle du zero suicide . Développé par la National Action Alliance for Suicide Prevention en partenariat avec des organismes fédéraux et adopté par des systèmes de santé du monde entier, le modèle zéro suicide considère que les décès par suicide, en particulier chez les personnes en traitement, sont entièrement évitables 5.Le modèle du suicide zéro est une aspiration louable à la société. Un corollaire du modèle du suicide zéro, cependant, est que chaque suicide représente un échec coupable de la part des professionnels de la santé. Appliqué dans des contextes de recherche, le modèle limite paradoxalement la capacité des chercheurs à mener des études permettant de réduire l'incidence du suicide et d'aider à atteindre l'objectif du zero suicide zéro.Critères d'inclusion et d'exclusionLe suicide est rarement considéré comme une cible d'intervention spécifique, mais plutôt comme le symptôme d'une maladie mentale grave. Historiquement, les individus suicidaires actifs ont été en grande partie exclus de la participation à toute une gamme d'essais avec intervention. Dans les études sur les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine menés de 1984 à 2001, seuls 10% des essais cliniques incluaient des personnes suicidaires, qui représentent ostensiblement la population qui pourrait le plus bénéficier d'un antidépresseur efficace. En outre, en 2013, aucun essai n'avait été mené pour évaluer l'efficacité d'inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine chez des individus activement suicidaires.6 De récentes lignes directrices de la Food and Drug Administration des États-Unis suggèrent que les participants suicidaires peuvent être inclus dans la recherche sur le trouble dépressif majeur, mais ne traitent pas d'autres maladies mentales graves comme le trouble bipolaire ou la schizophrénie. 7 Certaines équipes de recherche incluent désormais des participants ayant des idées ou des antécédents de suicide, mais continuent d'exclure celles dont les plans et tentatives de suicide sont plus récents ou actifs.Les raisons pour lesquelles les enquêteurs et les CISR peuvent souhaiter exclure les personnes activement suicidaires de la recherche en prévention du suicide sont compréhensibles. Par exemple, les CISR peuvent considérer ces personnes comme particulièrement vulnérables, chercher à les protéger contre les risques associés à la participation à une recherche ou remettre en question leur capacité à donner un consentement éclairé valide.  Les chercheurs peuvent également s'inquiéter - contrairement à aux preuves récentes - que demander des informations sur le suicide aux participants pourrait augmenter la probabilité de se suicider. 8 Toutefois, comme le suggèrent les demandes de couverture d'assurance pour les chercheurs et les établissements qui mènent des essais cliniques liés au suicide, les craintes d'être tenu responsable des suicides des participants contribuent également à exclure les personnes suicidaires de ces essais. 4.Il existe des raisons méthodologiques, déductives et éthiques impérieuses d'inclure des personnes activement suicidaires dans les essais de prévention du suicide.
Lorsque les personnes considérées comme les plus à risque sont exclues des études, les cas de suicide deviennent encore plus rares, d'où la nécessité d'augmenter le nombre de participants pour obtenir une puissance statistique adéquate. En outre, si les individus les plus exposés au risque sont exclus, les résultats des essais ne seront pas généralisés aux populations pour lesquelles ils sont le plus nécessaires. En outre, tant que les traitements habituels ne sont pas interrompus et que l'adhésion à l'essai n'augmente pas de manière prévisible le risque de suicide, les participants ne sont pas désavantagés. Il ne devrait y avoir aucune objection éthique à l’inclusion de ces personnes dans ces enquêtes.Événements indésirables
Tout aussi problématique est l'idée fausse selon laquelle, propre aux essais visant à réduire l'incidence du suicide, les résultats présentant un intérêt devraient simultanément être considérés comme un événement indésirable grave. Dans la recherche en oncologie, par exemple, la mort causée par le cancer du patient n’est pas considérée comme un événement indésirable, sauf circonstances exceptionnelles. Si les décès par suicide ou les tentatives de suicide sont considérés comme des événements indésirables, les participants doivent être avertis par le biais de conversations sur le consentement éclairé et de documents attestant que participer à l’étude pourrait présenter un risque suicidaire, les enquêteurs doivent en informer les CISR et les organismes de réglementation ainsi que l’événement. des suicides ou des tentatives pourraient amener les CISR ou d’autres à exiger des modifications au protocole d’étude ou même la clôture de l’étude. Dans les recherches visant à réduire l'incidence du suicide, cela est incohérent. Plutôt que de traiter les suicides et les tentatives de suicide comme des événements indésirables, les enquêteurs et les comités de surveillance des données et de la sécurité doivent être conscients de la possibilité que des interventions supposées diminuer le nombre de suicides les augmentent paradoxalement. Une surveillance intermédiaire de haute qualité par un organisme d'experts indépendants est essentielle. Mais lorsque l'objectif d'un essai clinique est de réduire le suicide et les tendances suicidaires, les suicides et les tentatives ne doivent pas être considérés comme des événements indésirables.
Choix des points finaux
Si un essai teste une intervention supposée réduire le suicide,
le critère méthodologique idéal est la mort par suicide. Tous les autres paramètres, tels que la tentative de suicide et les idées suicidaires, sont des substituts qui peuvent être en corrélation à des degrés divers avec le critère d'importance clinique du décès par suicide.Dans les essais sur le cancer, le résultat idéal est la survie globale. D'autres paramètres, tels que le taux de réponse et la survie sans progression, sont souvent utilisés, mais sont reconnus comme des substituts (généralement imparfaits) du résultat cliniquement important. Étant donné que les chercheurs, les patients et les CISR ne considèrent pas tous les décès dus au cancer comme évitables, les chercheurs sur le cancer ne sont pas tenus responsables des décès dus à la maladie sous-jacente. Des raisons logistiques liées à la taille de l’échantillon ou à la durée de l’étude peuvent rendre impraticable l’utilisation de la mort par suicide comme critère principal dans un essai clinique. Mais tout comme les oncologues utilisent couramment et éthiquement la survie globale comme critère principal dans les essais sur le cancer, les psychiatres ne devraient pas hésiter, pour des raisons éthiques, à utiliser la mort par suicide comme critère principal dans les essais de prévention du suicide.
Conclusions
Les essais d’interventions visant à réduire le nombre de décès par suicide sont une priorité de santé publique. Pour mener des essais méthodologiquement rigoureux et utiles sur le plan social, il est nécessaire d'inclure les participants présentant le risque de suicide le plus élevé, d'éviter l'erreur consistant à traiter les décès par suicide et les tentatives de suicide comme des événements indésirables, et d'utiliser la mort par suicide comme critère principal lorsque cela est réalisable. Pour démontrer quelles interventions sont efficaces pour réduire l’épidémie de suicide, il est nécessaire de renoncer à la conviction que tout suicide est évitable.

source https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2706416