Prendre en charge et prévenir le risque suicidaire du patient détenu - 25/12/18
Aymeric Lapp a, ⁎ : Cadre de santé, Annabelle Mille a : Infirmière, Jean-Pierre Bouchard b : Psychologue, directeur
a UHSA, Centre psychothérapique de Nancy, 1, rue du Docteur-Archambault, 54520 Laxou, France
b Institut
psycho-judiciaire, Unité pour malades difficiles, centre hospitalier de
Cadillac, 10, avenue Joseph-Caussil, 33410 Cadillac, France
La revue de l'infirmière Vol 67 - N° 246
P. 28-29 - décembre 2018
Implantées
à partir de 2010, les unités hospitalières spécialement aménagées ont
pour vocation de répondre aux besoins en santé mentale des personnes
détenues. Elles peuvent recevoir, en hospitalisation complète, des soins
psychiatriques appropriés à leurs besoins. Une équipe nancéenne
témoigne de sa pratique avec un focus sur la prévention vis-à-vis du
risque suicidaire.
Prévention du suicide Source http://www.crous-orleans-tours.fr/action-sociale/prevention-du-suicide/ Le suicide n’est pas une fatalité.
Prévention, repérage et orientation ciblée parviennent à réduire
efficacement les tentatives de suicide, les réitérations du geste et les
phénomènes de contagion. La détection précoce est le gage de cette
amélioration.
Au sein de notre établissement nous sommes tous acteurs de prévention.
Le service social du Crous d’Orléans-Tours a participé à un groupe de
travail piloté par l’association VIES 37 sur l’élaboration d’une
« Carte de prévention du suicide à destination des jeunes ».
Cette carte met l’accent sur l’importance de parler du suicide, de
communiquer auprès de ses proches, d’une personne de son choix ou d’une
structure ressource pour toute question relative au suicide. Carte postale de prévention du suicide
Le risque de suicide est plus élevé chez les vétérinaires de petits animaux et femmes vétérinaires D'après article Suicide Risk Highest Among Small Animal, Female Veterinarians 20/12/2018 www.americanveterinarian.com/*
Selon un nouveau rapport du CDC, près de 1 vétérinaire s'est suicidé chaque mois depuis 1979. Les praticiens des animaux de compagnie sont les plus exposés. Par Amanda Carrozza Sur les quelque 400 vétérinaires décédés par suicide au cours des 36 dernières années, 75% travaillaient dans la pratique des animaux de compagnie.
Cette statistique qui donne à réfléchir a été incluse dans une nouvelle étude des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) publiée dans le dernier numéro du Journal of the American Veterinary Medical Association. Statistiques stupéfiantes Bien que de multiples études aient démontré que le taux de suicide chez les vétérinaires est plus élevé que dans la population générale, cette étude est la première à démontrer une augmentation de la mortalité par suicide chez les femmes vétérinaires. Les résultats ont montré que les femmes sont 3,5 fois plus susceptibles de se suicider que l'ensemble de la population et que les vétérinaires masculins sont environ deux fois plus susceptibles de mourir par suicide. Plus de 60 % des vétérinaires aux États-Unis sont des femmes.
Selon le rapport de l'étude, la proportion de femmes vétérinaires décédées par suicide est restée stable à 10% depuis 2000, mais le nombre de décès a régulièrement augmenté au cours de cette période. Les résultats d'une étude antérieure de National Institute for Occupational Safety and Health ont montré que les femmes vétérinaires présentaient une prévalence plus élevée de facteurs de risque de suicide, notamment la dépression, les idées suicidaires et de tentatives de suicide antérieures.
Pour l’étude du CDC, les chercheurs du NIOSH ont examiné les dossiers de 11 620 vétérinaires décédés entre 1979 et 2015. Les données de l’étude proviennent du Centre national des statistiques sur la santé du CDC et de l’American Veterinary Medical Association (AVMA), qui tient à jour un ensemble de données sur les décès de tous les vétérinaires américains connus. Ces sources fournissaient l'âge, le sexe, la race, la position clinique et la spécialisation des espèces. À l'aide d'un logiciel spécialisé, les chercheurs ont calculé des ratios de mortalité proportionnels afin de comparer les décès par suicide chez les vétérinaires avec ceux de la population américaine dans son ensemble. Les ratios ont indiqué que le suicide représentait une plus grande proportion de décès chez les vétérinaires.
Comme dans la population générale, les armes à feu étaient la méthode de suicide la plus couramment utilisée par les vétérinaires. Ce qui ressort cependant, c'est que 37 % des décès par suicide chez les vétérinaires ont été causés par des empoisonnements pharmaceutiques. C'est 2,5 fois plus que l'intoxication pharmaceutique chez la population en général. Soixante-quatre pour cent des décès chez les femmes et 32% des décès chez les hommes dans la profession provenaient de ce type d'empoisonnement.
"Cette étude met en lumière un problème complexe dans cette profession", a déclaré le directeur du CDC, Robert R. Redfield, MD. "En utilisant ces connaissances, nous pouvons travailler ensemble pour réduire le nombre de suicides chez les vétérinaires."
Prévention du suicide: un effort de l'industrie Le suicide est la 10ème cause de décès aux États-Unis et les données du CDC indiquent qu'il est à la hausse. Les facteurs spécifiques à la profession de vétérinaire pouvant contribuer au suicide sont notamment les suivants:
Exigences élevées en matière de pratique, comme les longues heures de travail, la surcharge de travail et les responsabilités en matière de gestion de la pratique. Ratio élevé de la dette d'études par rapport au revenu Faible équilibre entre vie professionnelle et vie privée L'accès à la solution d'euthanasie utilisée pour les animaux et la formation pour calculer une dose qui pourrait aussi être mortelle pour les humains.
Alors que la conversation autour de la fatigue, de l'épuisement éthique et de l'importance du bien-être mental et émotionnel se poursuit plus fréquemment, beaucoup de travail reste à faire. Heureusement, des ressources supplémentaires deviennent disponibles. MightyVet a été lancé plus tôt cette année dans le but de combler un vide dans l’éducation vétérinaire en veillant à ce que les vétérinaires soient informés des défis auxquels ils seront confrontés dans la pratique et qu’ils en soient préparés. Grâce à des cours en ligne gratuits et à un programme de mentorat, le groupe espère aider les professionnels vétérinaires à réussir dans leur carrière et dans leur vie personnelle. Not One More Vet iest un groupe de soutien en ligne fondé en 2014 qui est depuis devenu un groupe international de vétérinaires qui se réunissent sur Facebook pour apporter une oreille attentive à leurs pairs. En outre, l’AVMA dispose d’un certain nombre de ressources sur le bien-être mental, notamment sur la façon d’aider les collègues dont vous craignez être victimes de pensées suicidaires.
If you are in crisis, please seek help immediately by calling 800-273-8255 or contact the National Suicide Prevention Lifeline’s Crisis chat team.
Nouvelles voies pour la mise en œuvre du dépistage universel du risque de suicide dans les établissements de santéD'apres article New Pathways for Implementing Universal Suicide Risk Screening in Healthcare Settings https://www.nimh.nih.gov/* 20 décembre 2018
• Communiqué de presse Le modèle pourrait aider les hôpitaux à mieux identifier et aider les jeunes à risque de suicide
Un nouveau rapport, rédigé en partie par des chercheurs de National Institute of Mental Health (NIMH), qui fait partie du National Institutes of Health, fournit des conseils sur la mise en œuvre du dépistage universel du risque de suicide chez les jeunes en milieu médical. Le rapport décrit un moyen pour les hôpitaux de faire face à la hausse du taux de suicide de manière souple et en tenant compte de ressources limitées.
Rien qu'en 2016,, selon les Centers for Disease Control and Prevention, plus de 6 000 jeunes de moins de 25 ans sont morts par suicide aux États-Unis. Des études ont montré qu'une majorité de jeunes décédés par suicide se sont rendus chez un fournisseur de soins de santé ou un milieu médical au cours du mois précédant leur mort. Les interactions de ces jeunes avec le système de santé font du milieu médical un lieu idéal pour positionner les efforts d'intervention en cas de suicide.
«Le suicide est une préoccupation majeure pour la santé publique et la détection précoce est une stratégie de prévention essentielle», a déclaré Joshua A. Gordon, directeur du NIMH, M.D., Ph.D. «Une partie du portefeuille de recherche en prévention du suicide de NIMH se concentre principalement sur le test et la mise en œuvre de stratégies efficaces pour identifier les personnes à risque de suicide. Les résultats de ces travaux de recherche sont sur le point de faire une réelle différence et de sauver des vies. "
En 2007, The Joint Commission (TJC) a publié un objectif national relatif à la sécurité des patients, qui exige que tous les patients en santé comportementale qui se présentent dans des hôpitaux psychiatriques ou généraux soient soumis à un dépistage du risque de suicide. Cependant, après avoir examiné leurs données, ils ont découvert que plus du quart des suicides en milieu hospitalier avaient lieu dans des unités de santé non comportementales et que les patients à risque passaient par les services d'urgence, les unités de soins hospitaliers et les cliniques externes sans être détectés. Cette prise de conscience a conduit la TJC, en 2016, à recommander que tous les patients se présentant en milieu médical soient soumis à un dépistage du risque de suicide. Bien qu'il s'agisse d'une bonne pratique, le dépistage universel peut peser lourd sur les ressources des hôpitaux et autres établissements de soins de santé. Le rapport, publié dans Psychosomatics, présente un nouveau système de plan clinique à 3 niveaux, offrant une méthode souple et soucieuse des ressources pour mettre en œuvre le dépistage universel du risque de suicide dans les établissements de soins de santé pédiatriques. Le système a été créé par un sous-comité international du groupe de travail Pathways in Clinical Care, au sein du comité des enfants physiquement malades de l'Académie américaine de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent.
Le modèle de plan clinique comprend trois composants principaux. Le premier consiste en une sélection initiale de tous les jeunes à l'aide de l'outil Ask Suicide-Screening Questions (ASQ) créé par NIMH IRP. L'ASQ est le premier outil de dépistage développé spécifiquement pour détecter le risque de suicide chez les patients pédiatriques. Il est disponible en 14 langues et nécessite environ 20 secondes pour son administration. Le deuxième niveau de dépistage est l'étape la plus critique et nécessite une brève évaluation de la mise en sécurité vis à vis du suicide (brief suicide safety assessment (BSSA)), qui prend environ 10 à 15 minutes à administrer. Cette mesure est utilisée pour classer le risque de suicide d’une personne (risque faible, élevé ou imminent) en fonction des réponses aux questionnaire et du jugement clinique, guidant la décision du clinicien en vue des prochaines étapes. Le troisième niveau de dépistage, si jugé nécessaire lors du BSSA, implique une évaluation complète de la sécurité par un fournisseur de soins de santé mentale agréé. L'objectif de cette évaluation est d'aborder les questions de sécurité et d'établir un plan d'intervention.
Les décisions concernant les soins aux patients sont prises à chacune des trois étapes de l’évaluation et dépendent de la vision clinique associée aux réponses aux questionnaires.
"Des cliniciens de toute l'Amérique du Nord se sont réunis pour s'attaquer à cette crise chez les jeunes d'une manière faisable, cohérente et flexible qui peut être adaptée à chaque système où des jeunes suicidaires sont présents ", a déclaré le Dr Maryland Pao, directeur clinique du NIMH Intramural Research Program et un auteur du document.
Le modèle de plan clinique présenté dans ce rapport est accompagné d'une variété de ressources pour aider les établissements de soins de santé à mettre en œuvre le modèle décrit (par exemple, la boîte à outils . the ASQ Toolkit). On espère que le modèle de plans cliniques décrit dans ce rapport pourra être utilisé dans les établissements de soins de santé pour mettre en œuvre le dépistage universel des jeunes de manière efficace - de manière à identifier les jeunes à risque de suicide et à sauver des vies.
Selon Lisa Horowitz, Ph.D., M.P.H., clinicienne scientifique du programme de recherche intra-muros du NIMH et auteure de l'article, " ces voies permettent aux systèmes de soins de santé de mettre en œuvre de façon pratique le dépistage du risque de suicide chez tous les patients. C'est ainsi que les chercheurs et les cliniciens peuvent s'associer pour répondre à l'appel à l'action afin de réduire le taux de suicide et de sauver de jeunes vies."
About the National Institute of Mental Health (NIMH): The mission of the NIMH is
to transform the understanding and treatment of mental illnesses
through basic and clinical research, paving the way for prevention,
recovery and cure. For more information, visit the NIMH website. About the National Institutes of Health (NIH):
NIH, the nation's medical research agency, includes 27 Institutes and
Centers and is a component of the U.S. Department of Health and Human
Services. NIH is the primary federal agency conducting and supporting
basic, clinical, and translational medical research, and is
investigating the causes, treatments, and cures for both common and rare
diseases. For more information about NIH and its programs, visit the NIH website. NIH…Turning Discovery Into Health®
S.O.S Amitié : Derrière "Le Père Noël est une ordure", la réalité des écoutes
Première publication : 21/12/2018 https://www.france24.com*
S.O.S Amitié
Texte par : Ana Benabs
Si "Le Père Noël est une Ordure" est un monument de la culture populaire en France, le métier qu'il prétend dépeindre, lui, est beaucoup moins connu. Reportage dans une permanence de S.O.S Amitié, où des bénévoles se relaient au standard 24h/24.
"Il n'y a pas de pancarte sur la porte, les voisins ne savent pas vraiment qui travaille dans ce local". Mardi 18 décembre, 21h30, Alain Mathiot le président de S.O.S Amitié France nous ouvre la porte de l'une des 50 permanences de S.O.S Amitié, située en banlieue parisienne. Reconnue d'utilité publique en 1967, l'association a reçu plus de 672 000 appels en 2017. Un nombre en légère augmentation par rapport à 2016 (663 000 appels).
De S.O.S Amitié, les gens connaissent souvent la pièce de théâtre devenue film "Le Père Noël est une Ordure", interprétée par la troupe du Splendid. Quarante ans plus tard, le long-métrage est devenu culte mais la profession parodiée beaucoup moins. Et derrière les Pierre et Thérèse du film se cachent de vrais bénévoles, bien éloignés de la bande à Jugnot.
21h45, une quinzaine de personnes sont réunies dans une pièce dont les murs sont décorés par quelques affiches d'expositions artistiques. "On vient de terminer notre réunion de partage", m'explique Alain Mathiot. "On en fait une toutes les trois semaines, pour que les écoutants puissent vider leur sac en compagnie d'un psychothérapeute". De l'importance d'être soi-même écouté, après avoir entendu le mal-être des autres pendant des heures.
Les écoutants
Autour de la table, il y a Martine*, une ancienne professeure d'EPS à la retraite, qui n'a "jamais eu assez de temps pour être à l'écoute des difficultés de ses élèves" et a souhaité mettre son temps à profit au sein de S.O.S Amitié, il y a cinq ans de cela. Christiane*, elle aussi retraitée, a été attirée par le "sérieux de l'association, rassurant pour une débutante". Et d'autres, jeunes, moins jeunes, hommes, femmes, se relaient 4 heures par semaine au standard de l'association. Ce sont en majorité des femmes (75 %) qui occupent ces postes de bénévoles.
"Une chose est sûre, c'est que les personnes du film n'auraient jamais pu être écoutants dans la vraie vie", nous répond le psychothérapeute présent à la réunion, quand on évoque "Le Père Noël est une ordure". En effet, pour devenir écoutant, il faut d'abord passer une étape de sélection, puis suivre une courte formation centrée sur les critères essentiels de S.O.S Amitié : le respect de l'anonymat et de la non-directivité, c'est-à-dire laisser à l'appelant la liberté de s'exprimer comme il le souhaite, sans intervenir ni chercher à le guider.
Une campagne de prévention réalisée par S.O.S Amitié (2016) S.O.S Amitié
Après la théorie, il y a ensuite la pratique qui se fait d'abord en "double-écoute", c'est à dire en étant accompagné d'un écoutant déjà formé pendant 4 à 6 mois environ. Mais il y a aussi l'expérience personnelle, "qui doit servir, mais ne pas submerger", explique Paul. "Le plus important, c’est la résilience." Et l'acceptation de l'anonymat, qui signifie par conséquent que les écoutants ne sauront jamais ce qu'il adviendra à l'appelant une fois le téléphone raccroché. Par exemple, si un individu évoque un désir suicidaire puis interrompt la conversation, le bénévole doit impérativement se résigner à vivre sa vie sans jamais savoir si celle de l'appelant continue ou non.
Une sonnerie qui ne s'interrompt jamais
Aux alentours de 22h30, Paul* se rend dans la salle d’écoute, accompagné d'Alain Mathiot. Un bureau, un ordinateur dans lequel il faudra rentrer certaines données comme la durée de l’appel ou son type, deux chaises, et bien sûr un téléphone. Rien d’autre. "Vous allez voir, ça va sonner dans deux secondes", dit Paul* en activant sa ligne. Un instant plus tard, le téléphone retentit une première fois, mais la personne au bout du fil raccroche presque immédiatement. "Ça c’est un appel de contrôle. C’est quand la voix ne convient pas à l’appelant, il raccroche pour parler à quelqu’un d’autre", commente Paul.
Car il y a en effet plusieurs types d’appels : nouveau, rappel, régulier, compulsif, contrôle, muet, blague et erreur. "Les deux derniers sont assez rares", explique Alain. Quand on demande ce que signifient les autres catégories, il détaille : "les réguliers sont ceux qui vont appeler pour recharger les batteries avant de partir au travail, par exemple. Ou bien ceux qui ont vécu quelque chose de violent récemment, comme le décès d’un proche. Ils vont alors appeler pendant plusieurs mois, pour s’en remettre". Les appels compulsifs, quant à eux, sont effectués par "des gens qui passent leur journée à appeler, sans arrêt. La seule chose qui les motive, c’est que l’on décroche". Et les "muets" sont ceux qui ont seulement besoin d'une présence, de savoir qu'il y a quelqu'un de l'autre côté du fil.
"Je suis là pour vous écouter, vous téléphonez pour dire ce que vous avez envie de dire"
Deuxième appel, même chose : l’appelant raccroche. Puis troisième appel, une personne commence à discuter avec Paul. "Je suis là pour vous écouter, vous téléphonez pour dire ce que vous avez envie de dire", dit-il d’une voix très calme. La personne parle, laisse des silences, Paul relance, pose quelques questions, respecte les pauses. 18 minutes plus tard, fin de l’appel. "Je pense que la personne s’est endormie au téléphone", dit Paul. "Mais je dis peut-être ça pour me rassurer, il faut accepter de ne pas savoir ce qu’il va se passer ensuite". Au téléphone, l’appelant a raconté une histoire d’inceste datant de l'enfance, jamais avouée à personne.
"C’est très rare qu’une personne se confie comme ça, dès le premier appel", dit Paul à Alain, l’air un peu sonné. "On a de plus en plus de personnes qui se confient sur des abus sexuels. C’est sans doute un fait générationnel, la parole se libère doucement", continue-t-il. "Les gens ont besoin d’être écouté, et gratuitement. C’est ce qui nous manque dans notre société actuelle". Et l’écoute, c’est la promesse de SOS Amitié. "Nous ne sommes pas le SAMU, ni les services sociaux. Les gens nous appellent pour qu'on les apaise, c'est tout ce que l'on peut promettre".
Pas de "petit appel"
Si tous les appels ne sont pas aussi intenses que ce dernier, "il n'y a pas de petit appel" explique Paul*. "Tout à l'heure, une personne m'a parlé pendant vingt minutes des gilets jaunes, avant de finir par me confier des pensées suicidaires". Mais il y a aussi des discussions anodines, des bribes de conversations peu alarmantes, et c'est là toute la clé de S.O.S Amitié. "On nous demande nos statistiques de 'sauvetage', mais on n'en sait rien", continue Alain. "La prévention du suicide s'effectue souvent après une tentative. Nous, on est là pour désamorcer les prémices de ces idées, avant même un éventuel passage à l'acte."
Désamorcer, à l'instant T où la personne appelle. Car avec la mutualisation des appels partout en France, l'appelant peut tomber sur n'importe quel bénévole, à n'importe quel moment du jour et de la nuit. Il n'a pas de patient, de clientèle, de suivi. Impossible de demander à parler à un écoutant en particulier, "nous sommes une plateforme d'écoute, pas des médecins traitants", ajoute Alain.
Pas de fidélisation donc, mais une présence continue toute l'année. "Les gens nous disent parfois : 'mon psychiatre est parti en vacances, il m'a dit d'appeler S.O.S Amitié en cas de besoin'.", raconte Paul, avant de se remettre en ligne. Il assurera l'une des 8 permanences effectives en région parisienne jusqu'à minuit, avant de passer le combiné au prochain écoutant.
* Tous les prénoms ont été modifiés
S.O.S. Amitié offre, à tous ceux qui choisissent d’appeler, la possibilité de mettre des mots sur leur souffrance et, ainsi, de prendre le recul nécessaire pour retrouver le goût de vivre. Le site donne les numéros d’appel de chaque région et offre aussi un service d’écoute web (anonymat, confidentialité et non directivité). Numéro d’appel commun : 09 72 39 40 50 Site internet : https://www.sos-amitie.com/ https://www.france24.com/fr/20181220-sos-amitie-reportage-pere-noel-social
Ah ça casse l’ambiance ? Bah comme ça vous voyez ce que je vis un peu.
Une fois sur deux le reste de l’année vous interviewez des gens qui font des téléfilms sur l’inceste dans le milieu des rescapés de génocides atteints de la maladie de parkinson…
Et pour me lancer généralement vous choisissez le moment juste après que l’invité ait parlé de son chien asthmatique mort dans ses bras ce matin-même…
Pour dire… “Merci on reviendra tout de suite plus en détails sur la mort de Mitaine mais maintenant… la drôle d’humeur de Marina Drollman”
Moi je suis là : “Bonjour aujourd’hui je voulais parler des poignées de porte”
Donc à moi de parler d’un sujet joyeux.
Mais oui c’est joyeux parce qu’en vrai moi j’aimerais parler du fait que ce serait une bonne idée de pas se suicider.
Je vous entends “Qu’est-ce qu’elle est engagée, elle hésite pas à croquer ses contemporains d’une plume acide trempée au vitriol”
Nan mais je le dis je suis contre le suicide après je blâme pas les gens qui se sont suicidés.
Toute façon les gens qui se sont suicidés tu peux rien leur dire.
Moi j’ai plusieurs amis qui se sont suicidés, ils s’en foutent de ce que je raconte.
Les gens qui réussissent leur suicide après ils prennent un de ces melons… t’as beau avoir des arguments sensés ils font la sourde oreille.
J’irai plus loin même si j’aime pas faire des généralités : de manière générale, les gens décédés écoutent très peu.
Pas mettre tout le monde dans le même panier, pas d’amalgame, moi je vous le dis, j’ai de très bons amis décédés, ils n’écoutent pas.
Mais donc moi je m’adresse là aux gens qui pensent au suicide.
Alors déjà je suppose que beaucoup d’entre vous le savent déjà mais : la dépression c’est une maladie.
Ce qui veut dire que comme toute maladie : déjà c’est pas forcément une fatalité, on peut vivre avec.
Y a plein de gens autour de cette table qui font des parcours tout à fait respectables dans le service public malgré syphilis, chlamydia ou ce que dans le jargon médical on appellera “chtouille”.
Et puis si c’est une maladie, c’est pas un truc dont vos proches peuvent vous soigner. C’est même un truc qu’ils peuvent avoir du mal à déceler.
Moi je sais parce que pendant longtemps j’ai été en dépression sans me faire soigner parce que comme c’était venu de manière progressive au bout d’un moment mon entourage s’était habitué.
Ils pensaient que c’était ma nature. Ils voyaient pas le problème. Ils disaient des trucs
“Meuh non faut pas s’inquiéter… C’est juste… On sait comment elle est Marina, elle chiale devant le Bigdil, elle passe ses weekend à fumer des clopes en regardant des corbeaux par la fenêtre, elle part en vacances sur des falaises… c’est Marina quoi.”
Attention ! C’est une maladie pas une personnalité.
On réagit comme ça avec aucune autre maladie.
Mon entourage jamais si ça avait été autre chose ils auraient dit un truc genre “Meuh non faut pas se faire de souci, elle a de la fièvre, elle tousse du sang, c’est Marina”
Du 15 janvier au 2 février 2019 au théâtre de l’Iris de Villeurbanne
(69) une pièce traitant du suicide des jeunes intitulée « Les couteaux
dans le dos »
Prévenir le suicide chez les seniors résidant en établissement médico-social par un accompagnement de la transition du domicile vers les structures de soins de longues durée : travail de Bachelor Canabal Grela, Jordi ; Sousa Vieira, Filipe ; Torri, Sacha ; Ludwig, Catherine (Dir.) Mémoire de bachelor : Haute école de santé Genève, 2018.
Résumé Le vieillissement de la population est un enjeu majeur de la société incluant également le milieu de la santé. La population de 65 ans et plus ne va cesser d'augmenter au cours des prochaines années. Ce travail s'intéresse à cette population grandissante et plus spécifiquement à la problématique du suicide dans cette même population. Dans un premier temps, l'analyse se portera sur la population générale, puis, nous nous focaliserons sur l'impact que peut avoir une entrée en EMS sur ce groupe de personnes.
Création d’une brochure à destination des bailleurs _ CLSM Val d’Oise Est
La brochure a été réalisée dans le cadre du groupe logement du CLSM
Val d’Oise Est comprenant des représentants du pôle de psychiatrie de
Gonesse, l’Association LADAPt, des services logements municipaux, trois
bailleurs, la SIAO, l’UNAFAM et le GEM mille et une Vie.
Ensemble ces partenaires ont construit un projet avec les gardiens d’immeuble comprenant plusieurs étapes :
– dans un premier temps, un questionnaire a été élaboré pour
recueillir leurs besoins et leurs représentations sur les personnes en
souffrance psychique ;
– les membres du groupe de travail ont ensuite co-construit une
réunion de sensibilisation, 90 gardiens du territoire y ont assisté.
– enfin, avec un petit groupe de gardiens volontaires et Pauline
Aubry, graphiste et dessinatrice de BD, nous avons construit la brochure
en nous réunissant régulièrement pendant un an. La brochure a été
rédigée à partir d’histoires réelles rencontrées par les gardiens. Les
solutions proposées à la fin de chaque histoire ont été quant à elles,
réfléchies par un petit groupe de professionnels volontaires issus du
groupe de travail logement.