mardi 26 juin 2012

PARLEMENT EUROPEEN CRISE ET SANTE MENTALE

Surendettement et santé mentale : le coût humain de la crise Affaires économiques et monétaires / Santé publique − 25-06-2012 - sur www.europarl.europa.eu
La santé mentale peut être perturbée en temps de crise.

Plan sociaux, chômage, précarité mais aussi incertitudes liées à la crise économique ont un impact sur la santé mentale des Européens. Les troubles psychologiques et les suicides sont en augmentation, selon une récente étude. "Pas question donc de sacrifier la sécurité sociale sur l'autel de l'austérité", affirment les eurodéputés.

Le 19 juin, un atelier consacré à la "santé mentale en temps de crise" a été organisé au Parlement par la commission de l'environnement et de la santé publique. Elle a réuni experts et eurodéputés. Car il y a urgence. Selon une récente étude, une augmentation de 1 % du taux de chômage entraîne une hausse presque équivalente du nombre de suicides, de l'ordre de 0,8 %.

Pour Glenis Willmott, Britannique et membre du groupe Socialistes & démocrates (S&D), en période de crise, cette question de la santé mentale mérite une attention spéciale. Il rappelle qu'en Grèce, "les suicides ont augmenté de 40 % dans la première moitié de 2011". C'est pourquoi la "prévention doit jouer un rôle de premier plan dans le programme européen de santé 2014-2020".

David McDaid, un expert de la London School of Economics, le "surendettement multiplie les chances de développer une dépression, de l'anxiété et des troubles obsessionnels compulsifs". Pour éviter de telles situations, "les services sociaux doivent être soutenus par une stratégie d'investissements". Des solutions doivent être trouvées pour aider ceux et celles qui se retrouvent dans des situations d'endettement.

Un réseau efficace de services sociaux

Pour Jose Luis Ayuso-Mateos, professeur en psychiatrie de l'Université autonome de Madrid, "certains facteurs socio-économiques augmentent le risque de souffrir de troubles mentaux ainsi que le taux de suicide : les conditions économiques, l'absence de soutien social, la culture nationale". Selon lui, les expériences passées ont montré qu'en période de crise, "les Etats doté d'un système social solide ne voient pas leur taux de suicide augmenter".

Durant la réunion, Roberto Bertollini, le représentant de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) auprès de l'UE, a quant à lui suggéré des mesures pour réduire les coûts humains de la crise économique : "des stratégies axées sur l'emploi et l'aide contre le surendettement, l'amélioration des services de santé et le renforcement de la solidarité familiale".

USA : facteurs de risques pensée suicidaire et anciens combattants

Les variations dans l'expérience de combat peut se traduire plus tard dans la pensée suicidaire chez les anciens combattants, selon Shira Maguen, Ph.D., du San Francisco VA Medical Center, et ses collègues. Dans leur rapport en ligne sur les anciens combattants de la guerre du Vietnam dans la revue "Depression and Anxiety" , les chercheurs ont constaté que les anciens combattants ayant vécu des expériences d'homicides dans la guerre étaient plus susceptibles de déclarer des idéations suicidaires. Ceux qui ont des expériences d'homicides qui ont également été diagnostiqués avec le syndrome de stress post-traumatique, la dépression ou les troubles de toxicomanie une avait probabilité encore plus élevée de vivre l'idéation suicidaire.
Comprendre les facteurs qui sous-tendent les tendances suicidaires pourraient aider à sauver des vies. Pour les deux dernières années, les forces armées américaines ont perdu plus de troupes par suicide que par combats. «Les expériences de meurtre ne sont pas systématiquement examinés lors de l'évaluation du risque de suicide», a écrit Maguen et ses collègues. "Nos résultats ont des implications importantes pour la réalisation d'évaluations de risque de suicide chez les vétérans de la guerre."
* étude en ligne en anglais " Killing in Combat May Be Independently Associatedwith Suicidal Ideation" - Shira Maguen, Ph.D. Thomas J. Metzler, M.A., Jeane Bosch, M.P.H. Charles R. Marmar, MD Sara J. Knight, Ph.D. Thomas C. Neylan, MD1, 2012


SOURCE : alert.psychiatricnews.org du 20 juin 2012 "More Killing Experience in War Means More Suicidal Thoughts"

Variations in combat experience may be reflected later in suicidal thinking among veterans, according to Shira Maguen, Ph.D., of the San Francisco VA Medical Center, and colleagues. In their online report on Vietnam War veterans in the journal Depression and Anxiety, the researchers found that veterans with more killing experiences in the war were twice as likely to report suicidal ideation than were veterans with little or no such experience. Those with greater killing experiences who were also diagnosed with posttraumatic stress disorder, depression, or substance use disorders had even higher likelihood of experiencing suicidal ideation.

Understanding the factors that underlie suicidality might help save lives. For the last two years, the U.S. Armed Forces have lost more troops to suicide than to combat. “Killing experiences are not routinely examined when assessing suicide risk,” wrote Maguen and colleagues. “Our findings have important implications for conducting suicide risk assessments in veterans of war.”

To read much more about suicidality among war veterans, see Psychiatric News here. To learn the latest clinical and research findings on treating posttraumatic stress disorder, see Clinical Manual for Management of PTSD from American Psychiatric Publishing.


info +++

Killing in Combat May Be Independently Associated with Suicidal Ideation  Shira Maguen, Ph.D.1, 2  Thomas J. Metzler, M.A.(1, 2)  Jeane Bosch, M.P.H.(1) Charles R. Marmar, MD(3) Sara J. Knight, Ph.D.(1, 2) Thomas C. Neylan, MD(1, 2)
1San Francisco VA Medical Center, San Francisco, CA
2University of California, San Francisco, San Francisco, CA
3New York University Langone Medical Center, New York, NY
Correspondence should be addressed to Shira Maguen, Ph.D., San Francisco VA Medical Center, PTSD Program (116-P), 4150 Clement St. Phone: (415) 221-4810 x 2511 Fax: (415) 379-5562, Email: Shira.Maguen@va.gov.

Keywords: Suicide; Killing; Depression; Stress Disorders, Post-Traumatic; War; Veterans

Abstract
Background: The United States military has lost more troops to suicide than to combat for the second year in a row and better understanding combat-related risk factors for suicide is critical. We examined the association of killing and suicide among war veterans after accounting for PTSD, depression, and substance use disorders.

Methods: We utilized a cross-sectional, retrospective, nationally representative sample of Vietnam veterans from the National Vietnam Veterans Readjustment Study (NVVRS). In order to perform a more in depth analysis, we utilized a sub-sample of these data, the NVVRS Clinical Interview Sample (CIS), which is representative of 1.3 million veterans who were eligible for the clinical interview by virtue of living in proximity to an interview site, located within 28 standard metropolitan regions throughout the United States.

Results: Veterans who had higher killing experiences had twice the odds of suicidal ideation, compared to those with lower or no killing experiences (OR = 1.99, 95% CI = 1.07-3.67), even after adjusting for demographic variables, PTSD, depression, substance use disorders, and adjusted combat exposure. PTSD (OR = 3.42, 95% CI = 1.09-10.73) depression (OR = 11.49, 95% CI = 2.12-62.38), and substance use disorders (OR = 3.98, 95% CI = 1.01-15.60) were each associated with higher odds of suicidal ideation. Endorsement of suicide attempts was most strongly associated with PTSD (OR = 5.52, 95% CI = 1.21-25.29).

Conclusions: Killing experiences are not routinely examined when assessing suicide risk. Our findings have important implications for conducting suicide risk assessments in veterans of war.
étude en ligne en anglais " Killing in Combat May Be Independently Associatedwith Suicidal Ideation" -

lundi 25 juin 2012

USA guide de prévention du suicide dans les ecoles secondaires

PREVENTING SUICIDE:  A Toolkit for High Schools - 2012
U.S. DEPARTMENT OF HEALTH AND HUMAN SERVICES Substance Abuse and Mental Health Services AdministrationCenter for Mental Health Serviceswww.samhsa.gov
 230 pages
Lien http://store.samhsa.gov/shin/content//SMA12-4669/SMA12-4669.pdf

PLAN

Introduction
Chapter 1: Getting Started
Getting Started Tools
Tool 1.A: Suicide Prevention: Facts for Schools
Tool 1.B: Chart of School Staff Responsibilities
Tool 1.C: Chart of Community Partners
Tool 1.D: Risk and Protective Factors and Warning
Signs Factsheets
Tool 1.E: Data on Youth Suicide
Tool 1.F: Suicide and Substance Abuse Information Sheet
Tool 1.G: Suicide and Bullying Information Sheet
Tool 1.H: The Implications of Culture on Suicide
Prevention Information Sheet
Tool 1.I: Checklist of Suicide Prevention Activities
Tool 1.J: Matrix of School-Based Suicide Prevention Programs
Tool 1.K: Suicide Prevention Registries Information Sheet
Chapter 2: Protocols for Helping Students at Risk of Suicide
Protocols for Helping Students at Risk of Suicide Tools
Tool 2.A: Questions for Mental Health Providers
Tool 2.B: Protocol for Helping a Student at Risk of Suicide
Tool 2.B.1: Suicide Risk Assessment Resources
Tool 2.B.2: Self-Injury and Suicide Risk Information Sheet
Tool 2.B.3 Guidelines for Notifying Parents
Tool 2.B.4: Parent Contact Acknowledgement Form
Tool 2.B.5: Guidelines for Student Referrals
Tool 2.B.6: Student Suicide Risk Documentation Form
Tool 2.C: Protocol for Responding to a Student Suicide Attempt
Tool 2.D: Guidelines for Facilitating a Student’s Return to School
Chapter 3: After a Suicide

After a Suicide Tools
Tool 3.A: Immediate Response Protocol
Tool 3.A.1: Sample Script for Office Staff
Tool 3.A.2: Sources of Postvention Consultation
Tool 3.A.3: Guidelines for Working with the Family
Tool 3.A.4: Guidelines for Notifying Staff
Tool 3.A.5: Sample Announcements
Tool 3.A.6: Sample Letter to Families
Tool 3.A.7: Talking Points for Students and Staff after a Suicide
Tool 3.A.8: Guidelines for Memorialization
Tool 3.A.9: Guidelines for Working with the Media
Tool 3.B: Long-Term Response Protocol
Tool 3.B.1: Guidelines for Anniversaries of a Death
Chapter 4: Staff Education and Training
Staff Education and Training Tools
Tool 4.A: Matrix of Staff Education and Training Programs
Chapter 5: Parent/Guardian Education and Outreach
Parent/Guardian Education and Outreach Tools
Tool 5.A: Parent/Guardian Education and Outreach Programs
Tool 5.B: Suicide Prevention and Schools: Facts for Parents
Chapter 6: Student Programs
Student Programs Tools
Tool 6.A: Types of Student Programs Information Sheet
Tool 6.B: Matrix of Student Programs
Chapter 7: Screening
Screening Tools
Tool 7.A: Matrix of Screening Programs
Tool 7.B: Ideas for Maximizing Parental Response Rate
Resources
Handouts.
Contributors

DOSSIER "Dépression" sur futura-sciences.com

Dépression : de la déprime au burn-out - 25/06/2012 Dossier spécial sur www.futura-sciences.com/ 

Sommaire
  1. Dépression : de la déprime au burn-out
  2. Les symptômes de la dépression et ses signes
  3. De la dépression légère à la dépression majeure
  4. Troubles de l'humeur : symptômes dépressifs, déprime et dépression saisonnière
  5. Burn-out et dysthymie
  6. Dépression postpartum et dépression masquée
  7. Les troubles bipolaires, ou psychose maniacodépressive
  8. Les causes psychologiques de la dépression : choc émotionnel, stress...
  9. Les causes biologiques de la dépression : dérèglement de sérotonine, dopamine...
  10. Les complications de la dépression : rechute, addictions
  11. Suicide et dépression
  12. Proches de dépressifs : un soutien à donner et à recevoir
  13. Dépression de l'adolescent, du nourrisson et de l'enfant
  14. Drogue, scarifications... les états dépressifs chez les adolescents
  15. Le traitement de la dépression
  16. Les suivis médicamenteux dans le traitement de la dépression
  17. Les psychothérapies contre la dépression : la psychothérapie analytique
  18. Les thérapies comportementales et cognitives
  19. Traitements alternatifs de la dépression : la luminothérapie
  20. Électrochocs et stimulation magnétique transcrânienne
  21. Dépression : l'hygiène de vie est la meilleure prévention
  22. Roland Jouvent : interview d'un spécialiste de la dépression

MAROC CASABLANCA « Suicide et changements sociaux au Maroc »

Le taux de suicidalité atteint 24% : Le suicide fait des ravages parmi les jeunes Casablancais
sur www.libe.ma/ - 23/06/2012

La situation est grave et ne cesse d'empirer. Au cours d'une conférence organisée en milieu de semaine à Casablanca par la Fondation de la Mosquée Hassan II, le Pr. Driss Moussaoui, président de l'Association mondiale de psychiatrie sociale, en a dressé un tableau assez sombre. « Le suicide est un phénomène qui a commencé à prendre de plus en plus d'ampleur au Maroc. La fréquence de suicide parmi les individus de plus de 15 ans est de 16%. »
Cette conférence sous le thème : « Suicide et changements sociaux au Maroc », a été l'occasion pour le Pr. Moussaoui de mettre en lumière ce phénomène étranger à la société marocaine. Chiffres à l'appui, il a indiqué que « le suicide est un phénomène qui touche tous les âges ou presque, les deux sexes et toutes les classes sociales ». A titre d'exemple, il a mis en exergue une réalité frappante, selon laquelle « le taux de suicide chez les adolescents casablancais dépasse les 24% ».
Le Pr. Moussaoui, qui occupe aussi le poste de directeur du Centre collaborateur de l'OMS en santé mentale et en neurosciences, le fameux 36, a expliqué l'étendue de ce phénomène par le changement identitaire profond et par le délitement des liens sociaux que connaît le Maroc actuel. Selon lui, «le suicide a toujours existé mais semble devenir de plus en plus fréquent du fait des changements sociaux au Maroc et dans le monde. C'est aussi un tabou qui continue à résister à toutes les données scientifiques dans le domaine». Dans ce sens, il a précisé que malgré l'absence de chiffres officiels, le nombre de suicides rapportés par la presse augmente d'année en année.
Par ailleurs, il a fait part des facteurs poussant au suicide, notamment les troubles mentaux de type dépression, les troubles paniques, la schizophrénie ou trouble bipolaire. A ce titre, il a souligné que 10% de schizophrènes ou de bipolaires meurent par suicide. Parmi les autres facteurs poussant au suicide, il a cité la distension du lien social et l'isolement, les crises par dépassement des capacités d'adaptation et ce qu'il a appelé « l'accélération du temps partout dans le monde, y compris au Maroc ».
Le Pr. Moussaoui a, par ailleurs, rappelé que l'Organisation mondiale de la santé estime que le nombre de décès par suicide dans le monde au cours des 30 dernières années est supérieur à celui des décès par le sida. A cet égard, il s'est exclamé : « Pourquoi tout le monde parle de sida et personne ou presque de suicide?» avant d'affirmer qu'il y a plus de morts par suicide dans le monde que d'homicides, de victimes de guerres et de décès par accidents de la circulation. En matière de thérapie, il a affirmé que « la prévention du suicide se doit d'être en même temps médicale, en particulier à travers le diagnostic et le traitement de la dépression, qui est le principal facteur de risque, mais aussi des mesures sociales pour rendre la vie dans les villes et dans les campagnes plus humaine et moins dure».
Mohamed Taleb

+ du congrès :

sur mediating-numerique.com/fmh2ma/
 Suicide et changements sociaux au Maroc, Dr. Driss Moussaoui
Le 20 juin 2012
 Professeur à la Faculté de Médecine de Casablanca, Président de l’Association Mondiale de Psychiatrie Sociale, Directeur du Centre Collaborateur avec l’OMS en Santé Mentale et en Neurosciences, Membre de l’Académie Nationale de Médecine (France)

Le suicide a toujours existé mais semble devenir de plus en plus fréquent du fait des changements sociaux au Maroc et dans le monde. C’est aussi un tabou qui continue à résister à toutes les données scientifiques dans le domaine.
L’Organisation Mondiale de la Santé estime le nombre de décès par suicide dans le monde durant les 30 dernières années comme étant supérieur à celui des décès par Sida. Tout le monde parle de Sida et personne ou presque de suicide. Il y a plus de morts par suicide dans le monde que d’homicides, de victimes de guerres et que de décès par accidents de la voie publique réunis.
Le premier livre sur le suicide a été écrit en 1897 par le père de la sociologie moderne, Emile Durkheim. Son hypothèse de travail était l’anomie (état d'une société caractérisée par une désintégration des normes qui règlent la conduite des hommes et assurent l'ordre social). Cela a à voir avec l’identité et avec les liens sociaux, et reste d’actualité, y compris au Maroc. Un travail fait à Casablanca sur « Pratique religieuse, lien social et tentative de suicide » dans les années 90 avait démontré ce lien.
Le Maroc actuel se caractérise par un changement identitaire profond et par le délitement des liens sociaux. Malgré l’absence (volontaire) de chiffres officiels, le nombre de suicides rapportés par la presse augmente d’année en année : jusqu’à 9 suicides différents ont été rapportés en une seule journée. Le suicide touche tous les âges ou presque, les deux sexes et toutes les classes sociales. Les chiffres dont nous disposons actuellement concernent la « suicidalité », qui va de la préférence de la mort à la vie jusqu’à la planification d’un acte suicidaire. Dans la population générale marocaine de plus de 15 ans, la fréquence de suicidalité est de 16% ; chez les adolescents casablancais, ce chiffre dépasse les 24%.
Par ailleurs, des suicides à leur tour ont provoqué des mouvements sociaux (Amina Filali au Maroc) et politiques (Mohamed Bouazizi en Tunisie) importants.
Le principal facteur de risque du suicide est un trouble mental de type dépression, trouble panique, schizophrénie ou trouble bipolaire. En effet, 10% de schizophrènes ou de bipolaires meurent par suicide. Les principaux facteurs sociaux de suicide sont la distension du lien social et l’isolement d’un côté, ainsi que les crises par dépassement des capacités d’adaptation d’autre part (théorie de l’échec social ?)L’accélération du temps partout dans le monde, y compris au Maroc, est peut-être un facteur social d’augmentation du risque de dépression et donc de suicide.
La prévention du suicide se doit donc d’être en même temps médicale, en particulier à travers le diagnostic et le traitement de la dépression, qui est le principal facteur de risque, mais aussi des mesures sociales pour rendre la vie dans les villes et dans les campagnes plus humaine, moins dure.

vendredi 22 juin 2012

Empêcher le suicide en réduisant l'accès aux méthodes les plus létales

Empêcher le suicide en réduisant l'accès aux méthodes les plus létales

(PARIS ©AFP / 22 juin 2012 11h55) - Pour empêcher le suicide qui fait chaque année quelques 900.000 morts dans le monde, une étude publiée vendredi par la revue britannique Lancet préconise de réduire l'accès à certaines des méthodes les plus létales.
Il s'agit des armes à feu, principalement utilisées aux Etats-Unis, et des pesticides (taux de mortalité de 75%) en Asie et en Amérique latine, précise l'étude dirigée par le Pr Paul Yip, du centre de recherche sur les suicides de l'université de Hong Kong.
Bien que certaines personnes puissent ensuite avoir recours à d'autres méthodes, la plupart ne le font pas ou lorsqu'elles le font, les moyens utilisés sont moins dangereux et associés à une mortalité inférieure, relève le Pr Yip.
L'empoisonnement, principalement par les pesticides, est à l'origine de la moitié des suicides enregistrés en Inde (un des pays qui a un taux de suicide parmi les plus élevés du monde avec 187.000 suicides en 2010), selon une autre étude sur l'Inde, publiée par Lancet dans un numéro spécial sur le suicide.
Les taux de suicide en Inde sont nettement plus importants dans les zones rurales et notamment chez les femmes, proportionnellement plus nombreuses à se donner la mort que leurs homologues occidentales, selon l'étude.
Car si le ratio des suicides hommes/femmes est de trois à un dans les pays développés, selon des estimations de l'OMS, il tombe à 1,5-1 en Inde et même à un-un en Chine, selon Michael R. Phillips et Hui G Cheng, du centre de recherche sur le suicide de l'Université Jiaotong de Shanghai.
Chez les adolescents et les jeunes de moins de 25 ans (164.000 suicides chaque année), qui font l'objet de deux études spécifiques, la prévention passe aussi par un accès plus restreint aux méthodes les plus couramment utilisées.
Le Dr Alexandra Pitman, de l'University College de Londres, mentionne le retrait en Ecosse en 2005 du co-proxamol, un médicament à base de paracétamol et de dextropropoxyphène (connu en France sous le nom Di-Antalvic, également retiré du marché), ainsi que des limitations des importations de pesticides au Sri Lanka qui avaient abouti à une diminution des suicides chez les jeunes gens. Elle relève toutefois qu'une méthode très utilisée en Grande-Bretagne comme la pendaison peut naturellement difficilement être contrée.
De nombreux pays ont mis en œuvre des programmes de prévention du suicide fondés sur la détermination de groupes ou d'individus à risques, mais le passage à l'acte reste extrêmement difficile à prévoir.
Ces programmes, relève Lancet dans un éditorial, sont largement inexistants dans les pays à faibles et à moyens revenus où se produisent 84% des suicides répertoriés dans le monde.
Parmi les mesures préconisées figurent, outre la limitation de l'accès aux méthodes les plus létales, une meilleure compréhension et une décriminalisation du suicide ainsi qu'une responsabilisation des médias visant à éviter le sensationnalisme lorsqu'ils parlent du phénomène.
(©AFP / 22 juin 2012 11h55)


info + :
-Références article cité : "Means restriction for suicide prevention" - Prof Paul SF Yip PhD a b, Prof Eric Caine MD c d, Saman Yousuf FCPS a, Shu-Sen Chang PhD b, Kevin Chien-Chang Wu PhD e f, Dr Ying-Yeh Chen ScD g h - The Lancet, Volume 379, Issue 9834, Pages 2393 - 2399, 23 June 2012
a Department of Social Work and Social Administration, University of Hong Kong, Hong Kong SAR, China
b Center for Suicide Research and Prevention, University of Hong Kong, Hong Kong SAR, China
c Center for the Study and Prevention of Suicide, Department of Psychiatry, University of Rochester, Rochester, NY, USA
d VA Center of Excellence for Suicide Prevention, Canandaigua, NY, USA
e Department of Social Medicine, National Taiwan University College of Medicine, Taipei, Taiwan
f Department of Psychiatry, National Taiwan University Hospital, Taipei, Taiwan
g Taipei City Psychiatric Centre, Taipei City Hospital, Taipei, Taiwan
h Institute of Public Health and Department of Public Health, National Yang-Ming University, Taipei, Taiwan


Correspondence to: Dr Ying-Yeh Chen, 309 Songde Road, XinYi District, Taipei City 110, Taiwan

Summary

Limitation of access to lethal methods used for suicide—so-called means restriction—is an important population strategy for suicide prevention. Many empirical studies have shown that such means restriction is effective. Although some individuals might seek other methods, many do not; when they do, the means chosen are less lethal and are associated with fewer deaths than when more dangerous ones are available. We examine how the spread of information about suicide methods through formal and informal media potentially affects the choices that people make when attempting to kill themselves. We also discuss the challenges associated with implementation of means restriction and whether numbers of deaths by suicide are reduced.

Suicide au travail : une étude dégage 4 profils à risque

 Suicide au travail : une étude dégage 4 profils à risque

Suicide au travail : une étude dégage 4 profils à risque

Par Nathalie Alonso sur cadremploi.fr

Depuis la série noire de suicides chez France Télécom, le mal-être au travail est devenu un sujet d’angoisse chez les dirigeants d’entreprises et les DRH qui se résument en 3 lettres : RPS, comme risques psycho-sociaux. Une étude, qui sera présentée le 21 juin lors de la 9e édition des rencontres Psycho, organisée par le cabinet Psya, leur donne des clés pour lutter contre le risque suicidaire en milieu professionnel.
Conduite par l'université de Rennes, cette enquête rappelle au préalable que le lieu du passage à l’acte, qu’il soit la maison ou le lieu de travail importe peu, d’autant plus que la loi (notamment l’article L.4121-1 du Code du travail) rend l’employeur « responsable de la santé physique et mentale du salarié ». « La responsabilité de l’entreprise doit toujours être prise en considération y compris sur le plan humain, confirme la psychologue Astrid Hirschelmann, maître de conférences à l'université de Rennes et responsable de l’étude. L’entreprise est donc un lieu de lien social, de soutien et de ressources pour les personnes en détresse, y compris dans leur vie privée."

Lieux et raisons du passage à l’acte

Les chercheurs de Rennes 2 ont ainsi dégagé quatre cas « cliniques » fréquemment rencontrés (et détectables) en la matière :
- L’appel au secours au travail pour détresse personnelle
- Le suicide dans un lieu privé avec jugement d’incompétence professionnelle
- Les propos suicidaires mêlant des problèmes d’ordre privé répétés en entretien avec la DRH
- Le suicide au travail après mise en cause pour harcèlement ou dépréciation
« L’idée était de s’intéresser au lieu et aux raisons du passage à l’acte », résume Astrid Hirschelmann. « On constate que les professionnels sont plutôt bien documentés sur les indicateurs de risques suicidaires mais, dans ce domaine, ce qui fonctionne encore le mieux pour repérer ces situations à temps, c’est le bon sens et l’intuition », fait valoir Astrid Hirschelmann.

Jusqu’où aller pour aider un salarié en difficulté

Or pour la psychologue, l’étude, qui a porté aussi bien sur des grandes que des petites entreprises du privé et du public, montre qu’ « il est très difficile pour les professionnels de faire la part des choses entre les facteurs privés ou professionnels d’un mal-être au travail ». Le croisement de ces univers apparemment bien séparés laisse les entreprises très souvent démunies sur la nature de la réponse à apporter. « Elles se demandent jusqu’où elles doivent aller pour aider les personnes », rapporte Mme. Hirschelmann. Or le fait qu’un salarié se suicide à la maison pour des raisons personnelles ne peut laisser l’entreprise neutre. »
Pour les chercheurs, les entreprises gagneraient à mettre en place une meilleure communication horizontale et verticale, pour désamorcer des risques de suicides ou au contraire pour repérer les tentatives de chantage au suicide. « Il faut promouvoir la communication entre le salarié et son manager tout comme entre le DRH et le médecin du travail », mais aussi « favoriser des entretiens individuels plus réguliers avec les salariés, instaurer une cellule de veille », ou encore parmi d’autres recommandations : « passer d’un management de contrôle à un management de soutien ».

Nathalie Alonso © Cadremploi.fr

MANIFESTATION SAINT DENIS 93 - 26 juin 2012

Invitation Midi-Santé « Santé des jeunes et décrochage scolaire » le mardi 26 juin 2012, à la Maison de la Santé  Publié le 21 juin 2012  sur www.maisondelasante.fr


Troubles des conduites alimentaires, troubles du sommeil, consommation de substances
psycho-actives, épisodes dépressifs, comportements suicidaires¹, prises de risque
inconsidérées,… : pour désigner les actes qui expriment le mal-être adolescent, on parle
désormais de souffrance psychique (notion introduite par le Haut comité de la santé publique
en 2000). Celle-ci touchait déjà 15% des 11-18 ans² en 2002.
Les situations de forte précarité, ruptures familiales, ruptures d’hébergement chez bon
nombre de familles dionysiennes constituent certainement un facteur supplémentaire de
risque de souffrance psychique des jeunes.
En quoi les problèmes de santé des adolescents peuvent être facteurs de décrochage scolaire ?

En quoi la spirale de l’échec scolaire induit chez certains jeunes un sentiment de
dévalorisation de soi, un mal-être, un isolement, une souffrance psychique, éléments favorisant eux-mêmes le décrochage scolaire ?
Comment se déroule la plupart du temps le processus de décrochage scolaire ? Peut-on définir
des profils de «décrocheurs » ?
Quelle est la place de l’infirmier scolaire dans la prévention du décrochage scolaire et la prise
en charge des décrocheurs ? Quelle est la place du médecin généraliste ?
Comme passer du décrochage au « décollage scolaire » grâce à la mise en réseaux des acteurs de santé (médecins généralistes, infirmiers scolaires, médecin scolaire, CMP enfant, Casado, point accueil jeunes …) avec tous les acteurs au contact des jeunes (Education Nationale, Ville, réussite éducative, associations…) ?

Voilà autant de questions qui pourront être abordées, au cours de cette rencontre Midi-Santé,
sous l’éclairage de :
– Patrick Vimont, infirmier scolaire au Lycée L’ENNA
– Frédéric Gagnet, chef de service secondaire et supérieur à la direction enseignement de la
Ville de Saint-Denis
– Fernando Manzoni et Marie-Ange Moreno, médiateurs prévention violence de l’Education
Nationale
– Sophie Stavroulakis, enseignante (Education Nationale) à CASADO

D’autres acteurs intervenant dans la prévention ou bien la prise en charge du décrochage
scolaire seront également présents : réussite éducative, Point accueil jeunes,…
Pour rappel, les midi-santés sont organisés chaque mois et permettent aux professionnels des
champs sanitaire et social de Saint-Denis de :
– mieux repérer les ressources locales en santé
– favoriser l’échange de pratiques professionnelles
– améliorer leurs connaissances en santé publique
– travailler en réseau.
Une collation vous sera offerte lors de cette rencontre.
Nous vous remercions de confirmer votre participation par téléphone (01 42 43 80 55), par
mail (maisondelasante@gmail.com) ou bien par fax (01 424 43 30 96) en indiquant vos nom, prénom, structure de rattachement, fonction, mail et téléphone.
Si vous avez des expériences à partager ou des questions en relation avec le sujet, n’hésitez pas à nous en faire part en amont de la rencontre.

Partenaires associés à l’organisation de cette rencontre :
CASADO,
Education Nationale,
Direction enseignement de la Ville,
Point accueil jeunes,
Projet de réussite éducative.

______________________________________________________________________
¹ La France est l’un des pays où les 15-24 ans se suicident le plus, avec environ 600 décès par an (40 000 tentatives de
suicide par an) selon le rapport « Adolescents en souffrance » de la Défenseure des enfants (2007)
² Xavier Pommereau, Rapport sur la santé des jeunes, 2002



Contacts :
Maison de la santé
Tél. : 01 42 43 80 55
Fax : 01 42 43 30 96
Mail : maisondelasante@gmail.com
Adresse : 47, rue Jean-Jaurès 93200 Saint-Denis

Ce que le médecin doit savoir sur la dépression

Ce que le médecin doit savoir sur la dépression, Torsten Berghändler dans PrimaryTeaching&Learning - PrimaryCare 2012;12: no 11, (3 pages), PrimaryCare - Journal suisse de médecine de premier recours
 "La prise en charge de base de médecine interne générale joue un rôle déterminant dans le diagnostic et le traitement de la dépression; le patient se rend rarement en premier lieu chez le psychiatre.

A TÉLÉCHARGER ICI

Plan
Importance épidémiologique de la dépression
Dépression masculine
Dépression et burn-out
Causes et diagnostics différentiels de la dépression
Traitement de la dépression
Psychopharmacothérapie antidépressive
Psychothérapie
Dépression et sport
Luminothérapie

Source info Actualités CISMeF

jeudi 21 juin 2012

SENAT PROPOSITION DE RÉSOLUTION création d'un observatoire des suicides et des conduites suicidaires en France


N° 542
SÉNAT
SESSION ORDINAIRE DE 2011-2012
Enregistré à la Présidence du Sénat le 21 mai 2012
PROPOSITION DE RÉSOLUTION
PRÉSENTÉE EN APPLICATION DE L'ARTICLE 34-1 DE LA CONSTITUTION,
tendant <à la création d'un observatoire des suicides et des conduites suicidaires en France>,
PRÉSENTÉE
Par Mmes Isabelle PASQUET, Annie DAVID, Laurence COHEN, MM. Guy FISCHER, Dominique WATRIN, Mmes Éliane ASSASSI, Marie-France BEAUFILS, MM. Michel BILLOUT, Éric BOCQUET, Mmes Nicole BORVO COHEN-SEAT, Cécile CUKIERMAN, Michelle DEMESSINE, Évelyne DIDIER, MM. Christian FAVIER, Thierry FOUCAUD, Mme Brigitte GONTHIER-MAURIN, MM. Robert HUE, Gérard LE CAM, Michel LE SCOUARNEC, Mme Mireille SCHURCH et M. Paul VERGÈS,
Sénateurs
EXPOSÉ DES MOTIFS
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Mesdames, Messieurs,
On connait mal aujourd'hui les raisons qui conduisent les femmes et les hommes à décider de mettre fin à leur vie et de ce fait, la prévention est insuffisante ou inopérante. <« La question lancinante du suicide> est devenue incontournable dans le débat public. Elle touche les seniors, les jeunes, les familles mais aussi les entreprises, le monde agricole, les ministères, les services publics (police, pénitentiaire, hôpitaux...). Le pire serait de continuer à discuter de cette question dramatique sans que rien ne se fasse et qu'<au bout du compte un suicide> puisse devenir banal voire acceptable ». C'est sur la base de ce constat que des chercheurs, des professionnels de santé, des sociologues, des associatifs, des syndicats ont <lancé et soutenu un appel demandant la création d'un observatoire des suicides et des conduites suicidaires en France>. Une mobilisation qu'entendent soutenir les auteurs de cette proposition de résolution, persuadés que seule la création de cet observatoire permettrait <de mieux appréhender les phénomènes suicidaires pour mieux> les prévenir.
La création d'un tel observatoire, que le Conseil économique et social recommandait déjà en 1993 sous l'impulsion du professeur Michel Debout, n'a pas seulement <vocation à mesurer, quantifier le nombre de suicides en France>. Les données dont on dispose aujourd'hui permettent de considérer que chaque année 130 000 personnes tentent de se suicider et que malheureusement, 11 000 de ces tentatives aboutissent à la mort. La création de cet observatoire permettrait assurément un meilleur traitement statistique, quant à lui indispensable à une approche de santé publique et d'analyse sociale. Cette approche pourrait par exemple nous permettre de mieux comprendre pourquoi la France est <parmi les pays européens dont le taux de suicide> est le plus important. Celui-ci est par exemple deux fois plus élevé qu'en Espagne ou qu'en Grande Bretagne.
La vocation d'un observatoire - <des suicides et des conduites suicidaires en France> - doté de moyens financiers propres, devrait lui permettre, comme le préconise « l'Appel des 44 », « de mener des études épidémiologiques et cliniques ». Grâce à elles, les pouvoirs publics et les acteurs de la société civile pourraient enfin disposer d'éléments fiables et précis leur permettant de disposer <de connaissances précises « quant aux populations les plus exposées ou encore leurs caractéristiques, leurs lieux de vie et leurs conditions de travail (ou de chômage) et l'évolution dans le temps du taux de suicide » et aux incidences de certains événements ou de certaines évolutions de la société>.
L'indépendance de cet observatoire constitue un élément essentiel afin que ses travaux soient libres et que ses conclusions et recommandations ne puissent souffrir d'aucune suspicion.
<Le phénomène suicidaire, ses causes et les réponses préventives> qu'il conviendrait d'apporter interrogent nécessairement notre société et les pouvoirs publics. Christian Baudelot, Roger Establet et Saadi Lahlou écrivaient déjà <en 1987 que « l'expérience statistique accumulée depuis cent ans enseigne que le taux de suicide> est un indicateur social particulièrement sensible à la nature des relations que nouent entre eux les membres d'un groupe social ou d'une société ». <Ces mêmes auteurs, constatant l'évolution constante du nombre de suicides de 1950 jusqu'en 1982, la dernière année retenue pour leur étude (Données sociales de l'INSEE 1987 p. 456)> concluaient : <« La montée du suicide au cours des dix dernières années en France> renvoie donc à une dégradation ou un affaiblissement dans notre société des éléments de cohésion et d'intégration ». Ce constat ne peut qu'interroger celles et ceux qui ont <suivi le 7 février 2012 le discours de présentation du plan d'action contre le suicide, présenté par Mme Nora BERRA, alors secrétaire d'État chargée de la santé>, dans la mesure où elle n'a <prononcé ni les mots crise, précarité ou chômage, comme si le suicide> ne devait être appréhendé que sous le seul angle individuel.
Cela se vérifie dans le monde du travail. <Les suicides intervenus au sein des entreprises Orange ou La Poste en pleine réorganisation, ou encore dans l'Inspection du travail> - où la logique de qualité est progressivement remplacée par une exigence de productivité - démontrent combien ceux qui travaillent peuvent souffrir d'une désorganisation ou d'une forme de direction dès lors qu'elle a pour conséquence de broyer l'humain. Ou quand elle retire tout sens au travail, au point que celui-ci n'est plus vécu comme un élément de cohésion, de fraternité, de confort économique et social ou encore d'émancipation, mais comme un générateur de souffrances. Ainsi, selon François Beck - sociologue à l'INPES et auteur de l'enquête du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publiée le 13 décembre 2011 : « Si le fait d'avoir un emploi est <reconnu comme un facteur protecteur vis-à-vis du suicide, certaines situations professionnelles caractérisées par une exposition à des contraintes psychosociales (généralement désignées sous le terme de « stress »)> sont reconnues comme délétères pour la santé psychique, et pourraient constituer <un élément déclencheur dans la survenue de syndromes dépressifs et/ou des conduites suicidaires> ». Pourtant, <le suicide lié à des causes professionnelles demeure trop souvent réduit à une présupposée fragilité du salarié, sans doute afin d'éviter un questionnement de plus grande ampleur sur le travail> lui-même.
Il se vérifie <aussi pour les personnes en situation de dépendance ou de handicap où le suicide demeure trop souvent appréhendé comme une fatalité contre laquelle rien> ne peut être fait. C'est ainsi que sont éludées les questions fondamentales de la détresse psychique des personnes en situation de handicap, ou des conséquences néfastes de l'exclusion sociale dont elles sont victimes, du fait d'un urbanisme qui les assigne à résidence, d'un marché du travail qui les plonge dans la précarité économique, ou encore d'une approche encore trop stigmatisante, réduisant la personne en situation de handicap à ce dernier.
Il se vérifie encore auprès des jeunes, pour qui le suicide est, avec 16,6 % des causes de décès des 15-24 ans, la seconde cause de mortalité. Là encore, la tentation est grande de n'appréhender le passage à l'acte que sous l'aspect psychologique, émotionnel ou de ne rechercher ses motivations que dans le cercle familial. Cette approche est insuffisante et il faut rechercher dans la société toute entière les éléments qui conduisent à faire <penser à l'adolescent, voire à l'enfant, que le suicide> constitue la seule solution pour faire cesser une situation qui génère de la souffrance. À cet égard, le rapport du professeur Boris Cyrulnik - « Quand un enfant se donne la mort » - Édition Jacob - remis en septembre dernier à la ministre de la jeunesse et des sports est éloquent. En réaffirmant l'importance de recréer pour et autour de l'enfant, « un environnement sécurisant », il démontre combien la société a progressivement basculé d'une logique de bienveillance à une logique de suspicion. Au point que certains n'hésitent plus à considérer que plutôt que d'investir dans une politique préventive destinée au développement de l'enfant, il faudrait, dès trois ans, mesurer sa potentielle dangerosité.
Ce rapport et les conditions de sa réalisation sont exemplaires, au sens littéral, c'est-à-dire qu'ils doivent servir d'exemple.
Parce que <les causes du suicide> sont multifactorielles, il faut se doter d'un outil qui permette une approche tout aussi multifactorielle. Comme le rappelait le communiqué de presse du secrétariat d'État à la jeunesse et à la vie associative du 29 septembre 2011 rendu public à l'occasion de la remise du rapport précédemment cité : « Le travail réalisé repose sur une approche pluridisciplinaire mêlant neurobiologie, biochimie, psychologie, sociologie et autres disciplines qui doit nous permettre d'éviter le piège de la causalité unique et le risque de stigmatisation qui pourrait lui être associé ». Ce travail, il convient aujourd'hui de le poursuivre dans une même démarche, au sein d'un observatoire composé d'intervenants et d'experts d'horizons, de centres d'intérêts et de compétences, de natures et de fonctions divers. Cette pluralité d'acteurs, d'approches, travaillant en toute indépendance, est la garantie que l'observatoire qui pourrait être créé aurait pour mission, comme le présente Denis Garnier, « non pas de rechercher des coupables, mais d'identifier des causes pour trouver des réponses ». Car la finalité de « l'Appel des 44 », comme celle de la création d'un tel observatoire, est bien de sauver de vie, en favorisant la prévention et en permettant une meilleure interaction entre l'ensemble des acteurs chargés de la détection, de la prévention, et le cas échant, du soin.
PROPOSITION DE RÉSOLUTION
ARTICLE UNIQUE
Le Sénat,
Vu l'article 34-1 de la Constitution,
Vu les articles 1 à 6 de loi organique n° 2009-403 du 15 avril 2009 relative à l'application des articles 34-1, 39 et 44 de la Constitution,
Vu le chapitre VIII bis du Règlement du Sénat,
<Considérant que le suicide> ne peut pas être considéré comme une fatalité et que tout doit être mis en oeuvre afin de les prévenir,
Souhaite <la création d'un observatoire des suicides et des conduites suicidaires en France.