vendredi 2 octobre 2015

BRETAGNE Centre Ouest Enquête pour mieux prévenir recherche des témoignages.

Suicide. Enquête pour mieux prévenir en Centre Ouest Bretagne

Rostrenen - 24 Août http://www.ouest-france.fr/suicide-enquete-pour-mieux-prevenir-en-centre-ouest-bretagne-3639041


Dans le Pays Cob, le risque s’avère deux fois supérieur à la moyenne nationale (+ 116 %). | DR

Travaillant sur le risque suicidaire en Pays Centre Ouest Bretagne, une psychologue recherche des témoignages.

Psychologue, doctorante et formatrice en prévention du risque suicidaire, Céline Bigault-Kopp travaille actuellement à une étude sur le suicide en Centre Ouest Bretagne (Cob) dans le cadre d’un doctorat de psychologie et de psychopathologie cliniques.

Pourquoi le pays Cob ? Parce que si la Bretagne est la région la plus touchée par le suicide en France, le Centre Ouest Bretagne présente, avec le pays de Guingamp, le plus fort taux de mortalité par suicide.

Pour essayer de comprendre ce qui fait la particularité de pays Cob, Céline Bigault a besoin de recueillir des témoignages. « Je cherche à m’entretenir avec des personnes qui ont perdu un proche par suicide (il y a plus d’un an pour le deuil, moins de dix ans pour la mémoire), afin d’essayer de déterminer les facteurs de risques les plus opérants sur le territoire. » L’enjeu est de mieux cibler la prévention, de l’adapter à la réalité locale.
Contact : 06 51 22 63 67, étude_suicide_COB@yahoo.fr

Autre article
Carhaix Suicide. Une étude pour mieux comprendre
Article http://www.letelegramme.fr/finistere/carhaix/suicide-une-etude-pour-mieux-comprendre-02-10-2015-10796400.php du 2 octobre 2015 / Dominique Morvan /

Céline Kopp-Bigault va décrypter les spécificités du pays Cob en matière de suicide. Il y a deux fois plus de suicide en moyenne en pays Cob qu'ailleurs en Bretagne. Pour tenter de comprendre pourquoi et mieux y remédier, Céline Kopp-Bigault mène une thèse de doctorat sur le sujet. La psychologue et étudiante à l'université de Strasbourg et à l'UBO cherche des témoignages. Pourquoi mener cette étude sur le suicide ? Je suis psychologue donc je reçois pas mal de gens en souffrance. Et n'étant pas originaire de Bretagne mais d'Alsace, j'ai constaté un écart entre ma pratique antérieure où je n'avais quasiment pas de personne en crise suicidaire et, ici, où j'en ai énormément. L'Alsace est statistiquement inférieure à la moyenne nationale et en Bretagne, les taux sont largement au-dessus. Comment l'explique-t-on ? Il y a eu beaucoup d'études qui ont été faites en particulier sociohistoriques. Elles mettaient en avant le traumatisme de la guerre 14-18, au fait que peu d'hommes bretons en sont revenus, à la perte d'identité, le changement de langue maternelle. Tout cela crée des constellations familiales avec des difficultés à parler, à accepter de l'aide. Et un tempérament particulier qui fait qu'on reste dans son coin, on s'isole. C'est culturel ? C'est une des hypothèses. Mais ces études sont anciennes. L'idée de ma thèse, c'est déjà de ne pas étudier toute la Bretagne parce que je ne suis pas certaine qu'on puisse comparer ce qu'il se passe en Centre-Bretagne avec ce qu'il se passe à Rennes. Je souhaite faire une analyse locale sur le pays Cob pour comprendre, parmi toutes ces hypothèses, ce qui agit et pouvoir ainsi lutter de manière préventive. Le pays Cob est encore plus touché que la Bretagne ? Oui. Ici, il y a 36 décès par suicide pour 100.000 habitants et la moyenne bretonne est à 18. Il y a deux fois plus de suicides en pays Cob que dans le reste de la Bretagne. Pourquoi ? On ne sait pas. C'est justement l'objectif de ma thèse. Il y a plusieurs dimensions à analyser. D'abord essayer d'en savoir davantage : est-ce deux fois plus sur tout le territoire ? Ou à certains endroits ? Il faut aussi analyser l'impact collectif : s'il y en a tant, quel effet cela a sur le groupe social ? Et puis les trajectoires de vie des personnes et leurs souffrances pour essayer de comprendre ce qui fait mal. Sait-on déjà si cela touche plus les hommes, les femmes, les jeunes ? Une étude a été faite par le pays Cob sur l'année 2011 donc on ne peut pas généraliser. Elle démontrait que ce sont les hommes les plus touchés, comme partout en France. En revanche, c'est la tranche 25-34 ans qui était la plus touchée en 2011. Ce qui est une spécificité par rapport à la France et à la Bretagne mais, n'ayant qu'une année de référence, on ne sait pas s'il s'agit d'un pic ou pas. Mon étude se faisant sur dix ans, on pourra voir la variation des taux. Le niveau socio-économique doit forcément jouer... C'est une des hypothèses que l'on ne peut exclure comme l'alcoolisme mais il n'y en a jamais qu'une. Le suicide est toujours un problème multifactoriel. Ce n'est pas parce qu'on est un ouvrier peu qualifié qu'on va se suicider. Peut-être que le profil multifactoriel du Cob est spécifique. Pour le savoir, vous recherchez des témoignages ? Oui. Je cherche des personnes qui ont perdu un membre de leur famille par suicide entre 2003 et septembre 2014 (des personnes originaires du Cob ou qui y habitaient) pour me raconter cette histoire de vie et les effets que cela a eu sur eux. Plus j'aurai de témoignages, plus ça sera intéressant pour la précision de la recherche. Cela se passe lors d'un entretien individuel. Je peux me déplacer si nécessaire. Au-delà de cette étude, que conseillez-vous aux personnes avec des pensées suicidaires ? Il ne faut pas rester seul avec sa souffrance. En cas d'urgence, il faut contacter le 15 ou 18. Sinon, il faut en parler à son médecin traitant ou avec un professionnel dans un centre médico-psychologique. On peut aussi téléphoner à SOS Suicide (01.45.39.40.00) disponible 24 h sur 24, sept jours sur sept. Les idées suicidaires, ce n'est pas une fatalité ou quelque chose de normal. Cela peut être accompagné et on peut soulager la souffrance. Contact Céline Kopp-Bigault au 06.51.22.63.57 ou à etude_suicide_cob@yahoo.fr

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire