vendredi 17 mai 2013

ACTU RAPPORT pour Projet de plan national de lutte contre les discriminations LGBT à l'école et la prévention du suicide chez les jeunes.

Pamiers. Michel Teychenné a rendu son rapport


Publié le 17/05/2013 dur http://www.ladepeche.fr/article/2013/05/17/1628464-pamiers-michel-teychenne-a-rendu-son-rapport.html

Journée internationale contre l'homophobie



Michel Teychenné qui avait été chargé par le ministre de l'éducation nationale, Vincent Peillon d'établir un rapport sur l'homophobie en milieu scolaire (1) a terminé son travail et vient de le remettre au ministre.
«Après sa lecture, nous aurons ensemble une séance de travail sur ce sujet, puis le ministre rendra ces arbitrages avant la fin du mois de juin pour une mise en place des premières actions dès la rentrée 2 013. Le rapport sera alors rendu public.»
Dans quelles conditions s'est déroulée la collecte des éléments ? Pas évident au point de vue documentaire, selon l'auteur de ce travail. «Il n'y a jamais eu de recherche universitaire faite sur ce sujet, rien en particulier sur le harcèlement. Nous sommes très en retard par rapport à d'autres pays. En revanche, j'ai fait la somme des recherches universitaires sur la question du suicide et des jeunes. Ensuite j'ai réuni des groupes de travail avec les associations concernées» Michel Teychenné a auditionné près de 120 personnalités qualifiées issues d'organismes différents, enseignants, syndicats, parents d'élèves, planning familial, le tout dans un partenariat «fructueux avec les associations qui luttent contre l'homophobie à l'école.» Michel Teychenné a donc ensuite rédigé ses propositions sur la formation et la sensibilisation des élèves, formation initiale et continue, en partenariat avec la mission d'Éric Debarbieux, délégué national à la lutte contre le harcèlement et la violence. «J'ai développé aussi un grand volet sur la prévention du suicide chez les jeunes» observe Michel Teychenné. Le suicide chez les homosexuels est quatre fois plus élevé chez les jeunes filles, et dix fois plus chez les garçons. «Ces jeunes ont beaucoup de difficulté à faire accepter leur différence, et ne trouvent rien pour les aider, tant chez beaucoup de parents, qu'au sein des institutions. Il faut donc les aider à passer ce cap !» insiste Michel Teychenné.
1) Projet de plan national de lutte contre les discriminations LGBT à l'école et la prévention du suicide chez les jeunes.


info + :
Programme d’actions gouvernemental contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre
Bilan intermédiaire - 16 mai 2013
A consulter http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fichiers_joints/pag_lgbt_-_bilan_intermediaire.pdf

 Sur http://www.gouvernement.fr/gouvernement/journee-mondiale-contre-l-homophobie-le-gouvernement-agit
Journée mondiale contre l'homophobie : le Gouvernement agit
17/05/2013
Najat Vallaud-Belkacem avec Manuel Valls, Michel Sapin, Geneviève Fioraso, Dominique Bertinotti et Pascal Canfin. Photo : Razak/MDDF
Najat Vallaud-Belkacem avec Manuel Valls, Michel Sapin, Geneviève Fioraso, Dominique Bertinotti et Pascal Canfin. Photo : Razak/MDDF
Il y a six mois le Gouvernement a défini le premier programme d’actions contre les violences et discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre. A l'occasion de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, coup d'oeil sur les actions déjà engagées.
Comme l'attestent les derniers chiffres publiés par les associations 1, l’homophobie est encore une réalité quotidienne en France. A l'automne dernier, le Gouvernement a défini le premier programme d’actions contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre.
Tout était à faire. C’est la première fois qu'un gouvernement français mène une politique interministérielle sur ce sujet.
A l’occasion de la journée du 17 mai, Najat Vallaud-Belkacem, à qui le Premier ministre a confié la mission de superviser ce programme d'actions interministériel, en publie un bilan intermédiaire. Ce programme se décline en quatre axes :
1. lutter contre les violences ;
2. s’appuyer sur la jeunesse pour faire évoluer les mentalités ;
3. agir contre les discriminations au quotidien ;
4. relancer le combat international pour les droits des personnes LGBT.

Les mesures déjà prises :

  • Le Gouvernement a engagé une réforme des systèmes statistiques des ministères de la Justice et de l’Intérieur pour pallier l'absence de mesure officielle des actes commis à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre. Dès 2014, il publiera les chiffres de l’homophobie.
  • Pour lutter contre ces violences, l’accueil des victimes dans les commissariats et les bridages de gendarmerie est amélioré. Dès juin 2013, des modules de formation à la prévention et à la détection des violences homophobes seront proposés aux magistrats, policiers, gendarmes et avocats par l’Ecole nationale de la magistrature.
  • La lutte contre l'homophobie sur les réseaux sociaux fait aussi l'objet de toute l'attention du Gouvernement 2. Le 8 février 2013, Najat Vallaud-Belkacem a réuni les associations et les responsables de Twitter. Un groupe de travail interministériel, rassemblant les ministères de la Justice, de l’Intérieur, des Droits des Femmes et de l’Economie numérique s’est constitué. Le dialogue se poursuit avec Twitter, sous la conduite du ministre de l’Intérieur, en vue de l’élaboration d’un protocole de signalement avec la plateforme Pharos. Mais le Gouvernement a fait savoir à l’entreprise que des sanctions seront rapidement prises si elle demeure en infraction à la législation française. Najat Vallaud-Belkacem a également saisi la commissaire Neelie Kroes de cette question, l’invitant à donner une dimension européenne à cette problématique.
Signature ce 17 mai d'une convention pour le renforcement de la ligne d'écoute de SOS Homophobie
Signature ce 17 mai d'une convention pour le renforcement de la ligne d'écoute de SOS Homophobie

  • La ligne d’écoute téléphonique et la messagerie internet de l’association SOS Homophobie sont renforcées dans le cadre d’une convention signée entre le ministère des Droits des femmes et l’association.
  • Pour renforcer la réponse pénale et lutter contre les propos discriminatoires, les procureurs de la République seront invités par la Garde des Sceaux à traiter les plaintes portant sur des faits homophobes avec la plus grande vigilance. Le 7 février 2013, le Sénat a voté à l’unanimité l’extension de trois mois à un an du délai de prescription applicable aux propos discriminatoires fondés sur le sexe, l’orientation ou l’identité sexuelle, ou le handicap. Cette disposition a été soutenue par la ministre des Droits des femmes.
  • Tous ces efforts n’auraient pas de sens sans que soit engagé un travail en profondeur de lutte contre les stéréotypes. De l’école à l’université, en passant par le milieu du sport, de l'éducation populaire et des médias, des actions sont menées pour lutter contre l’ignorance et les clichés homophobes.
  • Pour donner toute leur place aux familles homoparentales dans la société, le Gouvernement a ouvert le mariage et l'adoption aux couples de même sexe. Les formulaires et les conditions d’accès aux services publics destinés aux familles (services sociaux, centres sportifs, centres de loisirs) seront modifiés pour faire une place aux familles homoparentales.
  • Le Gouvernement agit enfin contre les discriminations qui frappent les salariés. La question des discriminations homophobes sera proposée à l’ordre du jour de la deuxième conférence sociale.
  • L’action du Gouvernement ne se limite pas à nos frontières : la France mène, comme l’a affirmé le président de la République à la tribune des Nations Unies le 25 septembre 2012, un combat historique pour la dépénalisation universelle de l'homosexualité.
Pour plus de détails sur l'action gouvernementale en matière de lutte contre l'homophobie, lire le dossier complet téléchargeable ci-dessous.

  1. Selon le rapport annuel de l'association SOS Homophobie publié le 14 mai, les agressions homophobes ont bondi de 27 % en 2012. 
  2. En 2012, internet rassemble à lui seul 35 % des actes homophobes répertoriés. 
Télécharger
Icône du fichier pag_lgbt_-_bilan_intermediaire.pdf


Webinaire - Les enjeux suicidaires: un défi au quotidien dans les centres de réadaptation en dépendance


Webinaire
- Les enjeux suicidaires: un défi au quotidien dans les centres de réadaptation en dépendance


http://www.crise.ca/fr/webinaire9.asp


22 mai 2013 à En ligne (INT). Signalé par AED-BDSP le 16/05/2013


Organisation

UQAM - Université du Québec - Crise

Résumé
La première partie de ce webinaire portera sur les résultats d’une étude effectuée auprès de 6 551 usagers ayant fait une demande d’aide dans un centre de réadaptation en dépendance. On y présentera les taux d’idéations suicidaires et de tentatives de suicide ainsi que les variables associées à ces comportement chez des personnes en traitement pour toxicomanie.
Soucieux de mieux déceler les moments critiques lors d’une crise suicidaire le Centre Dollard-Cormier – institut universitaire sur les dépendances (CDC-IUD) et Suicide Action Montréal se sont associés pour élaborer une Grille d’estimation de la dangerosité suicidaire en tenant compte notamment des aspects liés à la substance. La seconde partie portera sur la présentation de cet outil.
Avec la participation de
  • Marie Lecavalier
Centre Dollard-Cormier - Institut universitaire sur les dépendances (CDC-IUD)
Biographie: Marie Lecavalier est adjointe à la direction des services à la clientèle du Centre Dollard-Cormier – institut universitaire sur les dépendances (CDC-IUD) elle travaille depuis plus de 30 ans dans le champ de la dépendance.
Hélène Simoneau est chercheure au CDC-IUD et est également membre du RISQ (groupe de Recherche et Intervention sur les Substances psychoactives Québec). Ses recherches visent à améliorer les traitements offerts et la qualité de vie des personnes aux prises avec un problème de dépendance. C'est dans cette perspective qu'elle s'est intéressée au risque suicidaire chez les personnes qui demandent de l'aide dans un centre de réadaptation en dépendance.
  • Hélène Simoneau, PhD
Professeur à l'Université de Sherbrooke
Horaires
  • de 11h à midi (heure de Montréal) soit 17h à 18h (heure de Paris)
Chercheure au CDC-IUD

Thème(s)

Suicide.

Modalités d'inscription

Gratuit

Informations pratiques

Lieu : En ligne.

plate-forme Pharos signalement d’alerte au suicide postées sur Internet

D'après article « Il ne faut pas hésiter à agir » Pierre-Yves Lebeau, en charge de la plate-forme Pharos à la direction centrale de la PJ

Propos recueillis par L.C. | Publié le 9 mars 2013
sur http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/il-ne-faut-pas-hesiter-a-agir-09-03-2013-2627553.php

La cellule de lutte contre la cybercriminalité de la police judiciaire traite chaque jour plusieurs cas d’alerte au suicide postées sur Internet.
La cellule de lutte contre la cybercriminalité de la police judiciaire traite chaque jour plusieurs cas d’alerte au suicide postées sur Internet. (IP3 PRESS/MAXPPP.)


Créée en 2006 pour lutter contre la pédopornographie sur Internet, puis élargie à d’autres crimes et délits (racisme, escroquerie…) en 2009, la cellule de lutte contre la cybercriminalité Pharos (Plate-forme d’harmonisation d’analyse de recoupement et d’orientation des signalements), composée d’une quinzaine de policiers et gendarmes, traite chaque jour plusieurs cas d’alerte au suicide.

Comment expliquez-vous cette recrudescence d’annonces de suicide sur Internet?
PIERRE-YVES LEBEAU.
Nous en avons été les premiers surpris. Cette problématique s’est rapidement imposée et progresse vite : 484 alertes au suicide nous ont été rapportées l’an dernier, contre 214 en 2011 et 76 en 2009. D’abord, les internautes sont plus nombreux, mais aussi plus prompts à réagir. En outre, les hébergeurs et modérateurs de sites, qui ne savaient guère vers qui se tourner avant, nous adressent désormais systématiquement tous les messages qu’ils jugent inquiétants.

Comment agit la plate-forme?
C’est souvent la nuit que les alertes arrivent, alors le matin, pour nous, c’est la course. D’autant que nous n’avons souvent aucune indication du lieu où se trouve la personne suicidaire… Nous contactons d’abord l’hébergeur, afin d’obtenir l’adresse IP (NDLR : sorte de signature de l’ordinateur) de la machine, puis les fournisseurs d’accès à Internet, qui vont nous dire à quelle adresse vit le propriétaire de l’ordinateur. C’est parfois fastidieux, cela peut ne prendre que trente minutes pour localiser quelqu’un, parfois deux heures, voire plus. Dès que c’est fait, nous prévenons les forces de l’ordre localement pour qu’elles interviennent.

Que faire si l’on découvre l’un de ces messages?
Il faut être très pragmatique : nous n’avons pas les moyens de travailler 24 heures sur 24, donc si c’est la nuit, il faut contacter le 17 en priorité. Dans la journée, les internautes doivent nous alerter via notre site spécialement dédié. Il ne faut jamais hésiter à agir. La plupart des gens qui postent ces messages passent vraiment à l’acte. Très souvent, il s’agit d’adolescents dont la famille n’a pas perçu le mal-être. L’intervention des forces de l’ordre permet de crever l’abcès. Si la personne est connectée à Internet, il faut aussi essayer de la garder le plus longtemps possible en ligne pour retarder son passage à l’acte et nous laisser le temps de la localiser.

Quelle est votre principale difficulté?
Les canulars, qui représentant plus de 40% des cas. Et comme nous intervenons systématiquement, en bout de chaîne, ils mettent en danger la vie des autres. Si nous perdons notre temps sur une fausse alerte, nous mettrons plus de temps à identifier quelqu’un qui en a réellement besoin. C’est une infraction, passible d’une amende de 45000 €, et nous exhortons nos collègues à poursuivre.

www.internet-signalement.gouv.fr.

REACTIONS A L ACTU : SUICIDE A l'ECOLE PAROLES DE PROFESSIONNELS

RÉACTIONS A L ACTU : SUICIDE A l'ECOLE ARTICLES D'INTERVIEWS DE PROFESSIONNELS


Suicide à l'école : "Des troubles très lourds pour certains enfants"



Quelles séquelles pour les enfants ayant assisté à la scène de suicide ? Les réponses d'Hélène Romano, psychologue spécialisée dans le psychotraumatisme des enfants.
Un homme d'une cinquantaine d'années s'est suicidé jeudi 16 mai à Paris dans le hall d'une école primaire devant une dizaine d'enfants de cours préparatoire. Certains n'auront aucune séquelle, alors que d'autres, à l'inverse, vont souffrir de troubles post-traumatiques très lourds, prévient Hélène Romano, psychologue clinicienne et psychothérapeute spécialisée dans le psychotraumatisme des enfants, et auteur de "L'enfant face au traumatisme" (2013, Dunod). 
Quelles séquelles peut-on prévoir pour les enfants présents au moment du suicide ?
- Elles seront extrêmement variables : il y aura probablement autant de types de réactions que d'enfants. Un événement traumatique est potentiellement traumatogène, mais pas forcément. On le sait car des morts violentes moins exceptionnelles surviennent parfois à l'école, des accidents par exemple. Certains enfants n'auront aucune séquelle. D'autres à l'inverse vont souffrir de troubles post-traumatiques très lourds, et ne pourront plus aller à l'école.
Les séquelles éventuelles dépendent des ressources dont les enfants disposent avant pendant et après l'événement. Un enfant qui a déjà vécu des traumatismes auparavant est plus vulnérable. Les réactions des proches, parents et professeurs, pendant l'événement est très importante également : certains parviendront mieux que d'autres à les rassurer. Enfin même pour ceux qui sont choqués et qui présentent des troubles, une prise en charge peut permettre d'éviter un traumatisme à vie.
Les enfants qui ont assisté à la scène étaient des élèves de CP. Leur âge a-t-il un impact sur leur façon d'y réagir ?
- On a coutume de dire que les touts-petits ne comprennent pas, qu'ils vont oublier. C'est faux, ils sont encore plus fragiles. On entend que la mort n'a pas de sens avant l'âge de 8-9 ans. C'est vrai que les plus petits ne la comprennent pas, et n'en ont pas la représentation qu'en ont les enfants plus grands ou les adultes, mais ça ne veut pas dire qu'ils ne sont pas impactés. Ils n'ont pas les ressources de l'adulte ou de l'enfant plus grand, et d'autre part sont plus sensibles à la détresse de l'entourage.
6 ans, c'est un peu l'entre-deux. A cet âge on a davantage de ressources pour penser le monde extérieur, pour se rassurer soi-même. On peut se dire "Dans une heure je suis à la maison, je vais être avec maman, il ne se passera rien." Un tout-petit, lui, pensera : "Est-ce que la tête qui explose, ça va arriver à maman ? A moi ?". Souvent, à 6 ans, on a également été plus explosé à la mort, que ce soit celle d'un proche, ou d'un poisson rouge.
Ces enfants ont été pris en charge pour un suivi psychologique par le Samu prévu sur plusieurs jours, a annoncé Vincent Peillon. En quoi cela consiste-t-il, et cela peut-il être suffisant ?
- Cette prise en charge est à penser dans le temps. Il y a l'urgence : protéger de l'impact visuel et sensoriel ceux qui ont directement assisté à la scène. La prise en charge ne sera pas la même pour ceux qui ont vu, ceux qui ont entendu… il faut savoir qui a vu quoi. On sait que l'impact sensoriel est extrêmement violent. Couleurs, sang, odeurs, bruit : les enfants qui ont assisté à des scènes violentes donnent beaucoup de détails. Pour les enfants qui étaient présents dans le hall, il peut y avoir un effet de réactivation, c'est-à-dire qu'ils revivront la scène quand ils entreront à nouveau dans le hall.
Après cette prise en charge immédiate, il est nécessaire de rassurer, sans forcer à parler ou à dessiner comme certains collègues le pensent parfois. Il ne faut pas être dans l'obligation, être disponible pour en parler avec eux, mais uniquement s'ils le veulent.
Le suivi devra ensuite être fait à un mois, à trois mois, puis l'année d'après. Les effets traumatiques peuvent se manifester tout de suite (notamment par des jeux traumatiques où les enfants remettent en scène ce qu'ils ont vécu), ou au contraire beaucoup plus tard, à l'occasion d'un autre décès par exemple. Il peut y avoir un temps de latence jusqu'à ce qu'un élément déclencheur réactive le trauma.
Pour les enfants qui n'ont pas assisté directement au suicide, on n'est pas dans l'urgence. Il ne faut pas psychiatriser d'emblée, mais leur expliquer, leur dire ce qui s'est passé. Il est très important de retrouver le plus rapidement possible le rythme de l'école. Et d'encadrer les parents pour bien prendre en charge les enfants.
Interview de Hélène Romano par Anne-Sophie Hojlo, le jeudi 16 mai 2013

***
Suicide dans une école maternelle : comment prendre en charge les enfants?


PSYCHOLOGIE - Comment prendre en charge les victimes de traumatisme lorsqu'elles sont en bas âge? Alors qu'un homme, dont l'identité n'est pas encore connue, s'est donné la mort devant une dizaine d'enfants dans une classe maternelle jeudi 16 mai, une cellule psychologique a immédiatement été mise en place par le ministère de l'Éducation nationale.

Quelles questions les psychologues poseront-ils aux enfants? Quelles sont les erreurs à ne pas commettre? Quels conseils donner aux parents? Le HuffPost a posé la question à Karen Sadlier, psychologue à l'Institut de victimologie et auteur de L'état de stress post-traumatique chez l'enfant (PUF).

HP: Comment les enfants vont-ils réagir?

KS: Dans ce type de situation, les enfants ont des réactions de stress traumatique. C'est normal, puisque ce dont ils ont été témoins aura été perçu comme une menace vitale. Ils devraient donc exprimer immédiatement des signes d'anxiété, de peur. Ils pourront aussi avoir des difficultés à s'endormir s'ils ne sont pas accompagnés par des adultes ou encore être irritables, ce serait même plutôt bon signe. Lorsque, à la suite d'un événement traumatique, un enfant n'exprime rien c'est qu'il est dans un état dissociatif. Loin de vouloir dire qu'il ne sera pas en souffrance, cela implique que les signes d'anxiété apparaîtront plus tard avec sans doute plus de force.

HP: Comment éviter cela?

KS: Les psychologues vont aider les enfants à verbaliser et à identifier leurs émotions. Tristesse, colère, ils devront aussi se tourner vers leurs parents qui pourront les y aider. L'essentiel est de ne pas laisser l'enfant seul avec l'événement et de récréer un lien de confiance avec un adulte. Les parents devront également être aidés avec la nécessité de prendre en compte cette donnée: l'événement a eu lieu dans une école privée, qui devait être considérée comme plus sûre, le choc n'en sera donc que plus grand.

HP: En maternelle la capacité des enfants à verbaliser est encore limitée, de quelle manière les psychologues vont-ils s'y prendre?

KS: Même en bas âge, les enfants sont capables d'identifier certaines émotions. La peur, par exemple, est très rapidement exprimée et exprimable pour un enfant. Les psychologues poseront des questions simples. De quoi l'enfant a-t-il eu peur? Du bruit? De l'entrée de l'homme dans la pièce? De la maîtresse qui a elle aussi eu peur? A-t-il peur que ça recommence? Les enfants ont aussi d'autres moyens d'exprimer ce qu'ils ressentent, notamment de manière plus ludique. Dessin, pâte à modeler, marionnettes, jeux, il y a différents scénarios. Leur ressentiment pourra s'exprimer dans des jeux avec des figurines, c'est important qu'ils puissent aussi s'exprimer comme cela. Mais dans un premier temps, les psychologues vont être plus directs.

HP: Quelles conséquences à long terme pour ces enfants?

KS: Quand la situation traumatique se résume à un seul événement comme c'est le cas ici, plus les enfants bénéficient du dialogue et de la capacité à s'exprimer dans le cadre de relations de confiance, plus ils sont en mesure d'absorber les symptômes du choc. Mais les souffrances peuvent perdurer s'ils ne trouvent pas ces cadres qui leur permettront de parler. Il en va de même pour les parents. Ils pourront également en parler entre eux, mais il sera peut-être plus simple de discuter directement avec des psychologues.

HP: On ne connaît pas encore l'identité de la personne qui s'est donnée la mort, comment faudra-t-il réagir si l'on se rend compte que c'était une personne connue des enfants?

KS: Cela fera entrer la prise en charge à un niveau de complexité supplémentaire. Dans ce cas, il faudra leur parler de l'individu, de ses problèmes, de sa maladie. Il faudra également leur poser la question de leur sentiment vis-à-vis de la personne? Comment se sentaient-ils avec elle? Quelle relation avaient-ils?

HP: Peut-on parler d'une enfance volée?

KS: La question est d'ordre philosophique et dépend de l'image que l'on se fait de l'enfance. Ce qu'on peut dire c'est que cet événement spectaculaire sera introduit par les enfants dans le cadre de leur expérience d'enfant. Ils sauront que ce type d'événement peut arriver. Dans tous les cas, il faudra continuer d'entretenir cette parole pour qu'ils intègrent cette expérience sans souffrir inutilement.


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Les parents doivent être en capacité de «recueillir l’angoisse des enfants»





INTERVIEW – Nicole Garret-Gloanec est pédopsychiatre au CHU de Nantes et présidente de la Fédération Française de Psychiatrie et invite les parents à ne pas rester sidérés pour être en capacité de «recueillir l’angoisse des enfants»...

Comment accompagner les enfants après cette épreuve?
La meilleure réponse, c’est la réponse qui vient des parents. Ils sont les plus disposés à recueillir l’angoisse des enfants. A partir de là, la question est «comment les professionnels peuvent intervenir auprès des parents pour qu’ils entourent le mieux possible leur enfant?» Les parents peuvent être sous le coup de l’effroi, complètement affolés à l’idée que leur enfant ait pu assister à une telle scène. Et rester sidérés, ce qui les empêcherait d’être en capacité de répondre à leur enfant. Dans un second temps, les professionnels peuvent permettent aux adultes et aux enfants d’en reparler, à distance de l’événement.
Quel impact aura cet événement sur les enfants?  
Pour les enfants, c’est un événement particulièrement dur mais qui fait partie de la vie. Son impact sur eux sera variable en fonction de leur histoire, de la culture de chaque famille, de leur représentation de la mort. Je n’ai jamais été confrontée au cas de figure d’un suicide dans une école. Je dirais que l’effet immédiat peut être équivalent à celui vécu face à un accident ou à un acte particulièrement violent. Il y a la même dimension d’effroi, une volonté d’agressivité en plus.  
Ils peuvent facilement digérer l’événement?
Les enfants savent ce que c’est de tirer, de tuer. Par ailleurs, dans des tas de pays, certains sont confrontés à la guerre. Le psychisme n’est jamais prêt à accueillir ce genre d’événement, c’est le cas pour un adulte, et plus encore pour un enfant. L’événement fera date dans leur esprit. Mais cela n’aboutira pas forcément sur des blessures aux conséquences négatives. Tout traumatisme peut être transformé. Ceux qui n’ont pas trop de fragilités, cela ne les empêchera pas de bien grandir. Pour ceux qui ont déjà des fragilités et vécu d’autres traumatismes, cela peut réveiller des choses de leur propre histoire.  

Propos recueillis par Lucie Romano

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Suicide dans une école : «Ne pas aggraver l'inquiétude des enfants»

INTERVIEW - Le Pr Louis Crocq est psychiatre spécialisé dans les syndromes traumatiques. Il a mis en place le réseau des cellules d'urgence médico-psychologique qui intervient dans l'école parisienne où un homme s'est suicidé jeudi.
LE FIGARO. - Quel peut être l'impact de la vue d'un suicide sur les enfants?
Pr Louis CROCQ. - Il y a d'abord une réaction immédiate. Elle va se manifester de différentes manières: la surprise, la frayeur, l'horreur, un sentiment d'impuissance... Cela peut également passer par des symptômes physiques: pâleur, sueurs, spasmes urinaires… Tout est possible. Des enfants peuvent être pris de logorrhée ininterrompue. Des enfants vont exiger davantage la présence de leurs parents et vouloir dormir avec eux. D'autres ne voudront pas aller à l'école. Le plus à craindre, c'est un état d'indifférence comme s'il ne s'était rien passé.
Peut-on s'attendre à un contrecoup avec des cauchemars?
Les cauchemars et les terreurs nocturnes viennent après. C'est ce qu'on appelle la phase post-traumatique, qui intervient dans les jours qui suivent l'incident. Dans la journée, les enfants vont répéter l'événement dans des jeux, des dessins ou des pensées. Cela alarme souvent les parents, mais c'est une manière pour eux de maîtriser la situation. On a longtemps cru que, comme ils sont des personnalités en devenir, les enfants se reconstruisent plus facilement. Mais ils ont un imaginaire de la mort plus violent et morbide que les adultes.
Quel va être le travail de la cellule d'urgence médico-psychologique?
Elle va entendre tout le monde: les témoins de la scène, ceux qui n'y ont pas assisté directement, les enseignants et les parents. Il y a un premier travail de «désamorçage», qui se fait individuellement ou en petits groupes. Il sert à réduire le débordement d'émotions en mettant des mots sur celles-ci. Un débriefing à l'aide de groupes de parole intervient plus tard dans la semaine. Les enfants pourront ainsi se rendre compte que les autres ressentent les mêmes émotions. Dans tous les cas, une feuille est distribuée aux parents avec les noms des personnes à contacter en cas de crise.
Quel rôle doivent jouer les parents?
Les parents sont aussi très émotionnés par ce drame. Leur premier réflexe est souvent de prendre leur enfant dans les bras et de pleurer. Or ils ne doivent pas aggraver l'inquiétude des enfants. Il s'agit d'être présent sans se montrer trop protecteur. Il faut éviter l'effet miroir: les enfants constatent le désarroi des parents et cela les déconcerte.


USA : RECHERCHE : "Plus de sommeil peut diminuer le risque de suicide chez les personnes souffrant d'insomnie"

Insomnie : un peu plus de sommeil, moins d’idées suicidaires

Source info du 16/05/2013 sur http://www.lequotidiendumedecin.fr/

16/05/2013

En dormant davantage, les sujets insomniaques diminuent leur susceptibilité aux idées suicidaires. Selon une étude de l’université de Pennsylvanie, pour chaque heure de sommeil supplémentaire, un niveau de risque suicidaire, modéré à élevé, est diminué de 72 %. Les chercheurs américains ont mesuré le risque suicidaire à l’aide de la Mini International Neuropsychiatric Interview. Parmi les 471 participants insomniaques recrutés, 73 présentaient un risque suicidaire, faible pour 55 d’entre eux et de modéré à élevé pour les 18 autres. Les sujets non suicidaires ont été exclus de l’analyse. Les résultats ont été ajustés sur l’âge, le sexe, l’origine ethnique, le niveau d’éducation et l’âge de survenue des premiers troubles du sommeil.
Selon les auteurs, si le manque de sommeil est connu pour être associé à la dépression, aux troubles des fonctions exécutives et à de faibles capacités de prise de décision, le lien entre un sommeil de courte durée et l’existence d’idées suicidaires n’avait été que très peu étudié. « Ces résultats soulignent l’importance de rétablir un certain quota de sommeil », souligne le Dr Linden Oliver, l’auteur principal.
› SLEEP, supplément publié en ligne en mai 2013.

Complément info :

"Plus de sommeil peut diminuer le risque de suicide chez les personnes souffrant d'insomnie"
D'après"More sleep may decrease the risk of suicide in people with insomnia" sur
http://www.aasmnet.org/articles.aspx?id=3880American Academy of Sleep MedicineMercredi 15 mai 2013
Une nouvelle étude a révélé un lien entre la durée du sommeil et les pensées suicidaires chez les personnes souffrant d'insomnie.
Les résultats montrent que chaque augmentation d'une heure de durée de sommeil est associée à une diminution de 72 pour cent de la probabilité du risque suicidaire moyen ou élevé, en comparaison avec un faible risque. Les données ont été ajustées pour l'âge, le sexe, la race / l'origine ethnique, l'éducation et l'âge d'apparition des troubles du sommeil.
"Nous avons été surpris par la force de l'association entre la durée du sommeil et le risque de suicide», a déclaré le principal auteur Linden Oliver, MA, coordonnateur de recherche clinique de l'Université du programme de recherche en médecine du sommeil comportemental Pennsylvanie à Philadelphie, "Une diminution de 72 pour cent dans la probabilité du risque suicidaire moyen ou élevé avec une augmentation d'une heure dans le sommeil est intéressant étant donné la petite taille de l'échantillon ".
Le résumé de la recherche a été publiée récemment dans un supplément en ligne de la revue SLEEP, et Oliver présentera les résultats mardi 4 Juin à Baltimore, dans le Maryland,
au congrès SLEEP 2013, the 27th annual meeting of the Associated Professional Sleep Societies LLC

Les données de deux études de l'insomnie ont été fusionnés pour la présente analyse. Parmi les 471 sujets au total, 73 ont indiqué un risque de suicide en utilisant le mini questionnaire neuropsychiatrique internationale, 55 ont été classés comme présentant un risque de suicide faible et 18 ont été classés comme étant à risque modéré ou élevé. Les sujets sans aucun risque de suicide ont été exclus, comme les études des parents sont encore sujets à inscrire
Selon les auteurs, le manque de sommeil est associé à la dépression, la dysfonction exécutive et de mauvaises décisions. Cependant, peu d'études se sont penchées sur le rôle de sommeil de courte durée dans l'idéation suicidaire.
L'American Academy of Sleep Medicine rapporte qu'environ 10 à 15 pour cent des adultes ont un trouble de l'insomnie à la détresse ou une déficience jour. Selon le CDC, le suicide est la 10e cause de décès aux États-Unis, ce qui représente plus de 38.000 décès chaque année.
 
Pour obtenir une copie du résumé,
“Sleep duration as a predictor of moderate/high (vs low) suicide risk in insomnia" (La durée du sommeil comme facteur prédictif du risque de suicide modéré / élevé (vs faible) dans l'insomnie", pour planifier une entrevue avec Mme Oliver ou un porte-parole du AASM, ou pour vous inscrire à une carte de presse pour assister SLEEP 2013,  contacter AASM Coordonnatrice des communications Lynn Celmer lcelmer@aasmnet.org.

UNPS : ENQUÊTE DE RESEAU : Structures de prévention du suicide faites vous connaître!

Pour l'année 2013, l’UNPS a décidé de faire de la réorganisation de la représentativité des structures départementales et régionales œuvrant à la prévention du suicide un axe prioritaire de ses actions.
Nous avons ainsi débuté un large recensement de ce qui existe sur tout le territoire national.

Cette action visera, à terme :

A mieux connaître le problème et les types d’interventions :
- par une meilleure connaissance de la réalité épidémiologique
- en mesurant et décrivant ce qui se fait en France en terme de pratiques de prévention et de prise en charge des conduites suicidaires.
- en évaluant la mise en œuvre des moyens et des actions dans l’esprit d’une démarche qualité associative adaptée (traçabilité, « écrire ce que l’on fait, faire ce que l’on écrit »)
- en identifiant les causes de dysfonctionnements potentiels et les difficultés de mise en œuvre des actions, notamment les préconisations.
- en proposant de nouveaux repères sur la prévention du suicide en France
- en définissant les conditions de généralisation de certaines expérimentations ou actions
- en présentant les informations recueillies dans le cadre des diverses manifestations dont les Journées Nationales, Départementales et Mondiales de Prévention du Suicide.

A mieux coordonner les différents acteurs nationaux :
- en dressant un état des lieux qualifié de la situation des acteurs et des structures en région.
- en favorisant les échanges avec les structures de terrain à propos des améliorations qu’elles proposent et des difficultés qu’elles rencontrent.
- en facilitant une remontée d’informations vers l’UNPS.

A participer activement à l’élaboration d’une politique nationale de prévention du suicide :
- en relayant les demandes et les préconisations de l'UNPS ainsi élaborées vers les structures décisionnelles (Départementales, ARS, Ministères)
- en favorisant la mise en œuvre effective de la stratégie française

Après cette première phase d’identification
, nous reviendrons vers les structures que nous aurons ainsi nouvellement répertoriées pour qu’elles nous présentent plus en détails leurs missions, leurs actions, leurs difficultés et leurs propositions.

Ainsi, toute structure que nous n'aurions pas identifiée aura ainsi la possibilité de se faire connaître de l’UNPS
, en remplissant un formulaire d'identification téléchargeable sur le site de l'UNPS.

jeudi 16 mai 2013

Les travaux du CESE > Travaux publiés > La prévention des risques psychosociaux

Les travaux du CESE > Travaux publiés > La prévention des risques psychosociaux
La prévention des risques psychosociauxTélécharger la note de synthèse
Avis
La prévention des risques psychosociaux
Publié le : 14/05/2013
Traitée par : Section du travail et de l'emploi
Rapporteur/Intervention :
Adopté le : 14/05/2013
Mandature : 2010-2015
Présentation Calendrier Auditions et historique
Si les suicides de salariés et de demandeurs d’emploi ont particulièrement choqué l’opinion publique, ces drames ne sont que la partie émergée d’un phénomène beaucoup plus large et grandissant dénommé « risques psychosociaux ». Après avoir dressé un état des lieux tant de la connaissance de ces risques que des initiatives déjà prises pour les combattre, le CESE formule des recommandations visant à accroître l’effort de prévention en amont des réorganisations et restructurations, à mobiliser les différents acteurs de prévention, notamment le CHSCT et les services de santé au travail, et à développer le dialogue social sur la santé et les conditions de travail, y compris dans la Fonction publique. Il plaide aussi pour une meilleure prise en charge humaine et financière des victimes.
Type de saisine : Autosaisine
Descripteur Eurovoc : psychologie du travail, prévention des risques, fonction publique, santé au travail, entreprise
Domaine Eurovoc : Emploi et travail
http://www.lecese.fr/content/la-prevention-des-risques-psychosociaux 

Surpopulation carcérale : "Un problème dans la plupart des prisons européennes"

Surpopulation carcérale : "Un problème dans la plupart des prisons européennes"du 15/05/2013 sur http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/laurence-neuer/surpopulation-carcerale-un-probleme-dans-la-plupart-des-prisons-europeennes-15-05-2013-1666791_56.php




Les prisons françaises sont surpeuplées. Pour résoudre ce problème de taille, va-t-on construire de nouvelles prisons ? Va-t-on instituer la libération conditionnelle d'office pour tous les condamnés à des peines privatives de liberté ? Quid de l'abolition annoncée des peines planchers et de l'adoption de la contrainte pénale appliquée dans la communauté, nouvelle peine de probation ?

Rapport Raimbourg versus conférence de consensus

Ces questions attendent leurs réponses depuis que les conclusions du jury de la conférence de consensus sur la prévention de la récidive ont été remises au Premier ministre en février. Tout l'enjeu sera d'arbitrer entre les solutions proposées par le jury de consensus et celles que préconise Dominique Raimbourg dans son rapport déposé en janvier 2013, en droite ligne des recommandations du Conseil de l'Europe. Concernant, par exemple, la libération conditionnelle d'office, le rapport du député PS de Loire-Atlantique préconise de n'en faire bénéficier que les personnes condamnées à des peines inférieures à 5 ans, sauf si le juge d'application des peines s'y oppose. Il propose par ailleurs de "contraventionnaliser" certaines infractions, telles que la consommation de cannabis et la conduite sans permis ou sous l'emprise de l'alcool.

Plus de suicides chez les auteurs d'agressions sexuelles

À l'heure actuelle, la France se trouve dans une "situation médiane", souligne un rapport du Conseil de l'Europe (CE) sur la surpopulation carcérale publié début mai. Sauf sur le registre du suicide en prison. Le taux de suicide des détenus, soit 15,5 pour 10 000, est beaucoup plus élevé que dans d'autres pays, statistiquement comparables. En Allemagne, il est de 8,1 pour 10 000 et donc deux fois plus faible. En Angleterre, il est de 6,8 et en Italie de 8 pour 10 000. À quoi doit-on attribuer ce chiffre ? À un problème de gestion des prisons ? À notre type de délinquance ? À la sévérité des sanctions ? "On observe que les suicides sont plus fréquents chez les prévenus que chez les condamnés, ce qui veut dire que si le taux de prévenus est plus important dans tel pays, il y aura plus de suicides", décrypte le démographe Pierre-Victor Tournier, auteur de La prison, une nécessité pour la République (Buchet-Chastel, février 2013).
Le risque suicidaire augmente avec l'âge, mais il est aussi lié à la nature des faits qui ont conduit la personne en prison. "Par exemple, on observe un taux de suicide plus important chez les auteurs d'agressions sexuelles, beaucoup plus nombreux dans les prisons françaises qu'en Allemagne, car les sanctions sont plus sévères dans notre pays", commente Pierre-Victor Tournier.

Des chiffres à manier avec prudence

En revanche, avec une densité carcérale (rapport entre le nombre de détenus et le nombre de places) de 113,4, la situation n'est pas pire en France qu'ailleurs. En septembre 2011, les prisons européennes étaient exploitées au maximum de leur capacité, avec une moyenne de 99,5 détenus pour 100 places, souligne le rapport. Et d'en conclure : "La surpopulation est un problème dans la moitié des administrations pénitentiaires européennes." "Et certainement ailleurs aussi", ajoute Pierre-Victor Tournier.
Car si l'on observe des écarts importants entre par exemple l'Italie, où l'on compte 147 détenus pour 100 places, et l'Allemagne, qui a 91 détenus pour 100 places, ou encore la Roumanie, où l'on dénombre 89 détenus pour 100 places, la réalité est tout autre. "Ces chiffres ne veulent pas dire que ces pays ne connaissent pas de surpopulation carcérale", tempère en effet Pierre-Victor Tournier. D'une part, ces chiffres ne tiennent pas compte du fait qu'il y a des établissements surpeuplés (c'est le cas des maisons d'arrêt en France), d'autres non. En outre, la surpopulation dépend aussi de facteurs tels que la taille de la cellule, par exemple. Ainsi, seulement 4 m2 sont affectés à chaque détenu en Roumanie contre 11 m2 en France.

"Mieux vaut être détenu en Allemagne qu'en France"

Le taux de croissance des détenus tend à diminuer, mais le taux de détention (nombre de détenus pour 100 000 habitants) et donc la surpopulation carcérale interrogent. Le taux moyen de population carcérale en Europe est passé de 149 à 154 détenus pour 100 000 habitants en 2011, mais le nombre de détenus n'augmente pas et ne diminue pas de la même manière dans tous les pays. Là encore, on note des écarts importants : de 72 en Suède à 550 en Russie. En France, ce taux est de 111. "De nombreuses administrations pénitentiaires restent ainsi confrontées au problème de trouver des solutions pour lutter contre la surpopulation", commente le rapport du CE.
"La France est beaucoup plus proche des pays du sud de l'Europe que des pays du nord. Or, il nous faut regarder vers le haut aussi au niveau géographique, et considérer de près la situation de l'Allemagne, de la Finlande ou de la Suède", préconise Pierre-Victor Tournier. Notre voisin européen a en effet connu un phénomène de déflation carcérale important en 10 ans. Il connaît un taux de mortalité en prison de 22 pour 10 000 contre 37 pour 10 000 en France et 28 en moyenne en Europe. Autant dire qu'"aujourd'hui, mieux vaut être détenu outre-Rhin qu'en France", conclut le démographe.

ETUDE SMEREP SANTE DES ETUDIANTS

Stress, difficultés financières et violences chez les étudiants

Le Monde.fr avec AFP | Environ 88 % des étudiants se disent en bonne santé, selon une étude de la mutuelle étudiante Smerep publiée jeudi, un chiffre en baisse par rapport à 2009, où 93 % d'entre eux partageaient ce sentiment (Harris Interactive).
Cette bonne santé s'accompagne d'un mal-être. "Il y a des indicateurs que l'on connaît – le tabagisme et l'alcool – qui nous alarment, mais qui restent contenus et stables. En revanche, il y a une situation d'usure psychologique qui, depuis deux ans, et surtout cette année, remonte très fortement, beaucoup plus qu'avant", souligne Pierre Faivre, vice-président de la Smerep qui mène des enquêtes tous les deux ans depuis une quinzaine d'années.
"ALTÉRATION DU SOMMEIL"
Les deux tiers (66 %) des étudiants interrogés se sentent "régulièrement stressés", et leur nombre "a plus que doublé par rapport à 2005", précise-t-il. Le corollaire est "l'altération du sommeil", en constante progression depuis 2009. Ils sont également 51 % à avoir "perdu confiance ou s'être sentis 'sans valeur, bon à rien'", et 49 % à se sentir "tristes, déprimés et sans espoir" pendant une période de plus de quinze jours au cours de l'année écoulée. Environ 15 % des étudiants ont eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois.
Près d'un étudiant sur cinq (18 %) déclare avoir "déjà été victime de violence dans le cadre de ses études", contre 12 % en 2011. En Ile-de-France, leur nombre a presque triplé, passant de 6 % en 2011 à 16 % en 2013. Ce sont essentiellement des violences verbales (87 % au niveau national et 79 % en Ile-de-France). Suivent les violences psychologiques (40 % et 49 %), les violences physiques (40 % et 21 %) et les violences sexuelles (7 % et 2 %).
La crise économique a des conséquences sur leurs conditions de vie, souligne M. Faivre, qui note que "le budget moyen mensuel des étudiants est de 538 euros, assumé pour plus de la moitié par les parents". Dès lors, près d'un étudiant sur deux (46 %) déclarent rencontrer des difficultés financières, et se soigner "devient de plus en plus dure" : 15 % des étudiants y renoncent. L'enquête a été menée auprès de 500 étudiants représentant un échantillon national et 700 en Ile-de-France.

l'étude sur "la santé des étudiants" réalisée par Harris Interactive du 4 mars au 8 avril.
L'enquête a été menée auprès de 500 étudiants représentant un échantillon national et 700 en Ile-de-France

USA étude La répétition de lésions cérébrales augmente le risque de suicide de soldats

La répétition de lésions cérébrales augmente le risque de suicide de soldats
D'après article "Repeat Brain Injury Raises Soldiers' Suicide Risk"
du 15 mai 2013 sur http://www.sciencedaily.com/15 mai 2013 - Les gens dans l'armée qui souffrent  de plus d'une lésion cérébrale traumatique légère ont un risque significativement plus élevé de suicide, selon une étude menée par le Centre national des études des anciens combattants à l'Université de l'Utah.



Suicide risk as a function of the interaction between depression severity and TBI group. (Credit: Craig Bryan)

Une enquête de 161 militaires qui étaient stationnés en Irak et évalués pour une possible lésion cérébrale traumatique - également connu sous le nom TBI (
traumatic brain injury en anglais )- a montré que le risque de pensées ou de comportements suicidaires mesuré au cours de l'année est augmenté non seulement dans le court terme, mais pendant la vie de l'individu.Le risque de pensées suicidaires augmente significativement avec le nombre de lésions cérébrales traumatiques, même avec d'autres facteurs psychologiques, disent les chercheurs dans un article publié en ligne le 15 mai dans le JAMA Psychiatry, une revue spécialisée de l'American Medical Association.«Jusqu'à présent, personne n'a été en mesure de dire si plusieurs lésions cérébrales traumatiques, qui sont communs chez les anciens combattants, sont associés à un risque plus élevé de suicide ou non", explique l'auteur principal de l'étude, Craig J. Bryan, professeur adjoint de psychologie à l' Université de l'Utah et directeur adjoint du Centre national d'études des anciens combattants . «Cette étude suggère qu'ils le sont, et il fournit des informations précieuses pour les professionnels traitants les militaires et les femmes de combattants blessés pour aider à gérer le risque de suicide."Les résultats ont montré que un patient sur cinq (21,7 pour cent) qui avait déjà subi plus d'une lésion cérébrale traumatique signalent des idées suicidaires  - réflexions ou préoccupation sur suicide - à n'importe quel moment dans le passé. Pour les patients qui avaient reçu une lésion cérébrale traumatique, 6,9 pour cent ont déclaré avoir eu des pensées suicidaires, et zéro pour cent pour ceux qui n'ont pas eu de lésion cérébrale traumatique.
Les augmentations étaient semblables pour des pensées suicidaires pendant l'année précédente plutôt qu'à tout moment : 12 pour cent de ceux qui ont eu plusieurs lésions cérébrales traumatiques avaient éprouvé des idées suicidaires au cours de la dernière année, comparativement à 3,4 pour cent  pour une lésion cérébrale traumatique et zéro pour cent pour aucune lésion cérébrale traumatique.Dans cette étude, une idéation suicidaire a été utilisé comme indicateur du risque de suicide parce que trop peu de patients ont rapporté une histoire de plan de suicide ou avaient fait une tentative de suicide
pour que des conclusions statistiquement valides soient faites.

Les chercheurs ont constaté que plusieurs
lésions cérébrales traumatiques ont également été associés à une augmentation significative des autres symptômes psychologiques déjà liés aux simples traumatismes crâniens et la sévérité des symptômes de commotion, dont la dépression, le trouble de stress post-traumatique ou PTSD. Cependant, seule l'augmentation de la sévérité de la dépression prédit un risque de suicide accru."que le traumatisme crânien et les effets psychologiques résultant augmentent le risque de suicide n'est pas nouvelle», explique Bryan. "Mais savoir que  les lésions cérébrales traumatiques répétitives peuvent rendre les patients plus vulnérables donne un nouvel aperçu pour aider le personnel militaire sur le long terme, en particulier quand ils connaissent une détresse émotionnelle ajoutée dans leur vie."Comment l'étude a été menéePendant une période de six mois en 2009, 161 patients qui ont reçu une blessure cérébrale soupçonnée en service en Irak ont ​​été renvoyées à une clinique de lésions cérébrales traumatiques ambulatoire dans un hôpital de soutien au combat là-bas. Les patients étaient principalement des hommes, moyenne d'âge de 27 ans, avec 6,5 années de service militaire.Le diagnostic de lésion cérébrale traumatique a été faite par un psychologue clinicien spécifiquement formés à l'évaluation, le diagnostic et la gestion de l'état. Seuls les patients présentant une insuffisance légère ou sans lésions cérébrales traumatiques terminaient toutes les évaluations, les patients avec lésion cérébrale traumatique modérée à sévère ont été immédiatement évacués d'Irak.La lésion cérébrale traumatique a été confirmée si au moins un événement clinique avait récemment été présenté ou aggravé après la blessure: une perte de conscience ou de mémoire, altération de l'état mental, un certain déclin neurologique ou de lésions cérébrales.Les patients ont été divisés en trois groupes en fonction du nombre total de lésions cérébrales traumatiques pendant toute leur vie - Zéro, une lésion cérébrale traumatique, et deux ou plus - la plus récente qui était généralement dans les jours précédant immédiatement leur évaluation et leur inclusion dans l'étude.Avec L'utilisation d'outils d'évaluation normalisés, les patients ont été interrogés au sujet de leurs symptômes de dépression, stress post-traumatique, commotions cérébrales et de leurs pensées et comportements suicidaires."Une caractéristique importante de l'étude est que, en étant sur le terrain en Irak, nous avons pu compiler une série de données uniques sur le personnel militaire actif avec le traumatisme crânien », explique Bryan. "Nous avons recueilli des données sur un grand nombre de membres des services dans les deux jours de l'impact."Dans le même temps, parce que les résultats de cette étude sont basés sur un seul échantillon militaire actif clinique dans une zone de guerre dans les jours suivant l'accident - les chercheurs notent que la prudence est recommandée avant de supposer que les résultats de ce groupe particulier s'appliqueront pour chaque autre groupe. Des études avec des échantillons plus larges et menées sur de plus longues périodes de temps seront nécessaires.Pourquoi la lésion cérébrale traumatique est une préoccupation pour le personnel militaireTel que défini par les Centers for Disease Control and Prevention, une lésion cérébrale traumatique est provoquée par une bosse, coup ou choc à la tête, ou un traumatisme crânien pénétrant qui perturbe le fonctionnement normal du cerveau. Les effets peuvent être légers à sévères. La majorité des lésions cérébrales traumatiques qui surviennent chaque année sont des commotions cérébrales ou d'autres formes douces.La lésion cérébrale traumatique  est considéré comme une «blessure de signature» des conflits en Irak et en Afghanistan et est particulièrement préoccupante en raison de la fréquence des commotions dues aux explosions et autres incidents liés au combat. Estimation de la prévalence de lésion cérébrale traumatique pour ceux qui sont déployés dans ces deux pays varie de 8 pour cent à 20 pour cent, selon une étude de 2008.

En outre, selon des études de la RAND Corp, le suicide est la deuxièm que les conflits ont commencé en Irak et en Afghanistan. La prévalence de PTSD,
dépression et toxicomanie ont augmenté aussi, surtout parmi ceux qui étaient dans le combat, et chacun a été montré pour augmenter le risque de comportements suicidaires.«Être au courant du nombre des blessures à la tête d'un patient et la relation avec la dépression et d'autres symptômes psychologiques peuvent nous aider à mieux comprendre, et donc modérer, le risque de suicide au fil du temps», explique Bryan. "En fin de compte, nous aimerions savoir pourquoi les gens ne se tuent pas. Malgré qu'ils soient confrontés à des problèmes et des circonstances semblables, certaines personnes se rétablissent. La compréhension  est le réel but"

référence étude citée : Craig J. Bryan, Tracy A. Clemans. Repetitive Traumatic Brain Injury, Psychological Symptoms, and Suicide Risk in a Clinical Sample of Deployed Military Personnel. JAMA Psychiatry, 2013 DOI: 10.1001/jamapsychiatry.2013.1093