jeudi 28 juin 2012

Protection de la santé des travailleurs au Danemark et en Suède

Protection de la santé des travailleurs au Danemark et en Suède
13 juin 2012 ( rapport d'information )
Par Mmes Annie DAVID, Jacqueline ALQUIER, Marie-Thérèse BRUGUIÈRE, Christiane KAMMERMANN, Gisèle PRINTZ, MM. Jean-Marie VANLERENBERGHE et Dominique WATRIN au nom de la commission des affaires sociales
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Extraits :   "La prise en compte des nouveaux risques liés à la santé au travail

Le Danemark et la Suède ne connaissent pas, en tout cas jusqu'à présent, de phénomène de suicide au travail>. Cette situation, qui peut être marginalement liée à une question d'appréhension statistique du phénomène, découle de l'importance accordée au bien-être du salarié et aux mesures prises pour le protéger contre le stress.

En matière de prise en charge des risques liés à la santé au travail, le Danemark apparaît aujourd'hui en pointe sur la question des risques psychosociaux (RPS). C'est sans doute ce pays qui, au sein de l'Union européenne, propose l'approche la plus intégrée sur cette thématique en termes tout à la fois de mobilisation des partenaires sociaux, tant au niveau national que sectoriel, de priorité politique, d'établissement d'un corpus juridique au niveau national, de prise en charge collective et de prévention.

Dans son plan d'action 2012-2020, le gouvernement danois a identifié les RPS comme un des risques les plus significatifs pour le futur et le stress comme une des conséquences pour la santé les plus importantes, juste après les maladies cardiovasculaires et avant les accidents et les troubles musculo-squelettiques. Il se fixe un objectif de réduction de 20 % d'ici à la fin de la période.

La prise en compte de la souffrance psychologique au travail date du début des années 1990. Un arrêté danois sur l'exécution du travail impose de tenir compte de la santé mentale du travailleur dans l'organisation du travail et, depuis 2001, il incombe à l'employeur de s'assurer que ses employés ne sont pas victimes de harcèlement moral ou sexuel.

Au Danemark comme dans d'autres pays, notamment la France, certains troubles psychiques peuvent faire l'objet d'une reconnaissance en tant qu'accident du travail, s'ils sont consécutifs à un traumatisme grave (agression par exemple). Mais, seul parmi les Etats de l'Union européenne, le Danemark a complété ces dispositions et récemment inscrit le stress post-traumatique dans ses tableaux de maladies professionnelles reconnues et indemnisées.

Une victime du stress au travail peut donc se voir reconnaître des droits à indemnisation au titre d'un accident du travail si le syndrome post-traumatique est lié à un événement précis mais, si c'est l'organisation du travail elle-même qui est en cause, elle peut également relever de plein droit d'une indemnisation au titre d'une maladie professionnelle. Le Comité des maladies professionnelles, instance paritaire en charge de l'examen des demandes d'indemnisation, peut reconnaître le caractère professionnel des troubles de la santé mentale s'ils ont été causés en tout ou partie par des caractéristiques particulières du travail, spécialement s'il y a <eu des contraintes sur une longue période, en relation avec des situations de violence ou menaces de violence, de harcèlement d'une certaine gravité, de suicide ou de toute autre situation de grave stress> qui ne soit pas typique du travail exercé. Le nombre de pathologies psychiques est passé au Danemark de 3 en 1996, à 231 en 2004 et à 891 en 2010, soit une augmentation de 286 %.

Des actions de prévention sont également menées. L'inspection du travail peut décider d'envoyer des psychologues inspecter l'environnement psychosocial d'une entreprise si elle suspecte cette dernière de connaître des problèmes dans ce domaine et un questionnaire dit « de Copenhague », destiné à mesurer le stress au travail, a été développé par le National Research Centre for the Working Environment (Centre de recherche national sur l'environnement de travail) et repris au niveau européen, notamment par l'Espagne. Un « baromètre du stress » a également été développé par les partenaires sociaux, pour mesurer le degré de stress chez les employés. Il est utilisé par les institutions gouvernementales comme l'inspection du travail. La délégation de votre commission a été particulièrement intéressée par ce dispositif qui devrait être développé au niveau européen.



Problèmes traitables

Effondrement

La préoccupation relative aux RPS existe tout autant en Suède avec une reconnaissance croissante du nombre de cas d'invalidité. Le taux de reconnaissance (nombre d'indemnisations octroyées par rapport au nombre de demandes instruites) est d'ailleurs supérieur à celui du Danemark, malgré l'absence d'inscription du stress post-traumatique sur la liste des maladies professionnelles. La distinction pratique tient à la manière dont les troubles sont appréhendés. Un consensus européen, auquel la France est partie prenante, semble se forger sur la manière d'évaluer les symptômes évaluables médicalement. La délégation de votre commission souhaite donc que la reconnaissance des risques psychosociaux comme facteur de maladies professionnelle puisse progresser rapidement dans les vingt-six Etats de l'Union qui n'ont pas encore fait évoluer leur réglementation.

Au sein des entreprises danoises et suédoises, des politiques de prévention sont mises en place. Elles se fondent principalement sur la mise en place de questionnaires destinés à mesurer le moral et l'efficacité des salariés mais aussi conçus pour repérer les RPS. Par-delà la diversité des pratiques des entreprises, des traits communs se dégagent. L'envoi et la collecte de ces questionnaires, généralement annuels, constituent une part importante de l'activité des services de ressources humaines, leur analyse étant le plus souvent confiée à un cabinet extérieur indépendant. L'évaluation de la hiérarchie est une partie intégrante des questions posées, l'anonymat des réponses pouvant être levé si un cas de harcèlement ou de mal-être est identifié à l'occasion de l'analyse des réponses.

Ces exercices représentent un investissement important ; ils ouvrent un espace de dialogue avec les salariés et sont globalement efficaces pour le bien-être dans l'entreprise. Ils rencontrent toutefois des limites. La délégation de votre commission a pu les identifier au sein de l'entreprise Securitas dont l'objectif est un retour des questionnaires de 80 % mais qui ne parvient à obtenir que 50 % de réponses. Celles-ci permettent, semble-t-il, la construction et le suivi d'indicateurs fiables sur le stress dans l'entreprise. Mais force est de reconnaître que la réticence des salariés à répondre, malgré l'insistance de l'entreprise qui envoie plusieurs courriers à leur domicile, marque une certaine désaffection par rapport au travail. Seules des entreprises industrielles comme Rockwool, ayant construit une culture d'entreprise forte, parviennent à mobiliser leurs salariés pour qu'ils répondent presque tous aux questions qui leur sont posées. Le salariat mobile et relativement précaire, composé notamment d'étudiants, d'entreprises comme Securitas, paraît un obstacle à ce type de fonctionnement.

Mobilité et précarité salariale sont une source d'inquiétude pour les autorités et les syndicats suédois qui y voient une source de fragilisation du modèle de négociation collective fondé sur la participation active des salariés. Le développement de l'emploi intérimaire, qui représente 1,3 % du marché de l'emploi et assure environ 110 000 missions par an, paraît encore limité et est encadré par des règles strictes concernant notamment l'obligation de rémunérer l'intérimaire à hauteur d'au moins 90 % du salaire d'un permanent. Mais en dehors de toute légalité, une main-d'oeuvre cachée et tournante se développe, reposant largement sur l'exploitation d'une main-d'oeuvre immigrée. Les mutations liées à la mondialisation, à la concurrence, à la compétition et à la destruction de l'emploi industriel rendent donc plus difficile la mise en oeuvre des mesures de prévention destinées à protéger la santé physique et mentale des salariés.

Le Danemark et la Suède ont une tradition de réaction rapide aux risques émergents pour la santé des travailleurs : ainsi interdiction dans les années 1970 pour l'amiante et, en Suède, dès les années 1980 pour les RPS. Dans ces deux cas, des mesures nationales ont été rapidement élaborées et, au sein des entreprises, des programmes de prévention ont été mis en place d'une manière qui paraît efficace. Mais des incertitudes se font jour face aux risques nouveaux, notamment ceux liés aux nanotechnologies. Sur cette question complexe, étant donné l'imbrication des enjeux économiques et des incertitudes scientifiques, tant le Danemark que la Suède sollicitent une coopération européenne en matière d'évaluation des risques car leur populations sont en effectif trop réduit pour les mener utilement eux-mêmes.

Les entreprises danoises, soucieuses d'investir dans ces secteurs prometteurs, sont demandeuses de certitudes et de réglementation claire, ce qui a conduit le gouvernement danois à créer un Centre national de nanosécurité, mais son action ne peut s'envisager indépendamment de celles des agences équivalentes dans les autres pays membres de l'Union. Face à l'évolution technologique et à la pression de la concurrence internationale sur les entreprises des Etats membres, c'est donc désormais au niveau européen que les risques liés à la santé au travail doivent être évalués.

De même, la délégation a été très sensible à l'appel lancé par la confédération LO au Danemark pour une mobilisation européenne en faveur de l'interdiction mondiale de l'amiante. C'est là un sujet qui doit réunir l'ensemble des Etats de l'Union européenne.

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IRLANDE ETUDE SOCIOLOGIE : War, peace and suicide

War, peace and suicide: The case of Northern Ireland dans  International Sociology July 2012 vol. 27 no. 4 464-482 auteurs Michael W Tomlinson Queen’s University Belfast, Northern Ireland  Michael W Tomlinson, School of Sociology, Social Policy and Social Work, Queen’s University Belfast, Northern Ireland, BT7 1NN. Email: m.tomlinson@qub.ac.uk

Résumé : L’idée de Durkheim que la guerre réduit le suicide grâce à l'intégration sociale et politique plus forte a été utilisée pour expliquer les tendances suicidaires au cours du conflit d'Irlande du Nord et dans la période de paix. Dans cet article, l'applicabilité de Durkheim est une évaluation critique par le biais d'une étude cas de tendances suicidaires par âge, sexe et cause de décès au cours d'une période de 40 ans. La conclusion principale est que la cohorte des enfants et des jeunes qui ont grandi dans les pires années de violence, au cours des années 1970, ont les taux de suicide les plus élevés et augmente le plus rapidement, et explique la tendance pic de suicides qui ont suivi l'accord de 1998. Contrairement à Durkheim, la hausse récente du suicide implique un ensemble complexe de facteurs sociaux et psychologiques. Il s'agit notamment de l'augmentation de l'isolement social, d' une mauvaise santé mentale découlant de l'expérience du conflit, et de meilleure stabilité politique dans dernière décennie. La transition vers la paix signifie que l'agression externalisée n'est plus socialement approuvée. Elle devient intériorisé.

résumé original :
Durkheim’s idea that war reduces suicide through greater social and political integration has been used to explain suicide trends during the Northern Ireland conflict and in the period of peace. In this article the applicability of Durkheim is critically evaluated through a case study of suicide trends by age, gender and cause of death over a 40-year period. The key finding is that the cohort of children and young people who grew up in the worst years of violence, during the 1970s, have the highest and most rapidly increasing suicide rates, and account for the steep upward trend in suicide following the 1998 Agreement. Contrary to Durkheim, the recent rise in suicide involves a complex of social and psychological factors. These include the growth in social isolation, poor mental health arising from the experience of conflict, and the greater political stability of the past decade. The transition to peace means that externalized aggression is no longer socially approved. It becomes internalized instead.

En savoir plus sagepub.com

COMPLÉMENT DU POST Suicide au travail : une étude dégage 4 profils à risque du 22 juin2012

COMPLÉMENT DU POST Suicide au travail : une étude dégage 4 profils à risque du 22 juin2012

"Le risque de suicide au travail"  sur http://www.conseil-entreprise.org/risque-suicide-travail-n87030.html

Dimension dramatique d’un mal-être, le suicide au travail représente près de 500 victimes par an en France et suscite des inquiétudes légitimes. Il est aussi un enjeu considérable en termes de responsabilités civile, pénale, morale de l’entreprise, sans même évoquer les implications sur sa réputation. Afin de prévenir ce risque majeur il faut pouvoir le reconnaitre, l’évaluer et mettre en place des mesures pour aider le salarié en souffrance.

C’est sur cette dimension que Psya, spécialiste de la prévention et la gestion des Risques Psychosociaux en partenariat avec l’Université de Rennes 2 Haute Bretagne a mené une recherche sur l’évaluation du risque suicidaire au travail.
Les résultats ont été présentés le 21 juin lors des 9èmes rencontres Psycho, organisées par Psya.

Le questionnement et la méthode
Pour mener à bien cette approche, Astrid Hirschelmann, Jean Philippe Melchior, Florence Terrade et deux Ingénieurs de recherche, Anne Winter et Aude Ventéjoux de l’Université de Rennes 2 et de l'Université du Maine avec Patrick Charrier de Psya, ont travaillé sur une base terrain en ateliers soutenue par un guide d’entretien :
-Des ateliers avec des professionnels du milieu de l’entreprise: DRH, médecins du travail, psychologue et membres du CHSCT, à raison de six demi-journées d’entretiens collectifs sur une période de 6 mois, les 3 premiers avec 5 à 7 DRH, les suivants avec des médecins du travail, des psychologues et des membres du CHSCT

-Un guide d’entretien avec 4 axes principaux : la prise en compte des RPS dans l’entreprise ; la qualité des relations sociales dans l’entreprise ; les contextes de changements au cours des cinq dernières années ; les possibilités d’anticipation des problèmes.

Les résultats issus de la lecture clinique des ateliers font apparaitre des thèmes récurrents mais aussi par opposition aux connaissances objectives sur le risque de suicide des participants, une prise en compte importante de leur ressenti ou de leur intime conviction.
Les thèmes les plus souvent évoqués sont la responsabilité de l’entreprise et des cadres dirigeants, l’évaluation de la qualité de vie au travail, l’interprétation des comportements individuels et collectifs, la formation de l’encadrement sur ces questions d’évaluation et de prévention, la difficulté à distinguer sphère privée et professionnelle.

Considérer le suicide comme un processus et non seulement comme un acte.
Une modélisation dynamique des situations de vulnérabilité a été réalisée afin que les professionnels puissent distinguer ce qui dans le risque de suicide, relève de l’ordre des problématiques personnelles et des problématiques professionnelles.

Il s’agit de proposer, sur le mode du diagnostic différentiel, une grille de lecture et d’analyse favorisant l’évaluation des situations vulnérantes complexes et dynamiques.

Quatre situations (voir tableau joint) ont été retenues, combinant raisons privées, raisons professionnelles, suicide (ou tentative) sur le lieu de travail, suicide (ou tentative) sur le lieu privé. Pour chaque cas ainsi identifié, la reconnaissance du risque, la manière dont il se manifeste, les ressources mobilisables pour éviter une aggravation de la situation et les effets sur l’entreprise et ses collaborateurs représentent un cadre référent.
Selon ces quatre types de situation, les répercussions et implications pour l'entreprise et l'environnement du salarié ne sont pas les mêmes. Dans tous les cas, l'acte est porteur de sens et revêt une fonctionnalité propre qu'il s'agit de comprendre.
Les préconisations

Être attentif au réel
Aussi simple et souvent aussi difficile à réaliser, le regard de chacun sur l’autre doit être encouragé. Évaluation
de la qualité de vie au travail, enquête et entretiens pour libérer la parole, formation des managers de
proximité à la vigilance sont autant de moyens à mettre en œuvre pour appréhender les situations de risques
dans l’entreprise.

Gérer humainement ses ressources
Les orientations positives de la direction en matière de RPS doivent se traduire par de nouvelles pratiques sur le terrain : passer d’un management de contrôle à un management de soutien, former l’encadrement de proximité à l’ensemble de la problématique, se doter d’un spécialiste RH hors hiérarchie, s’adresser à chaque fois que nécessaire selon les situations de risques à un acteur extérieur à l’entreprise (consultant, psychologue, assistant social,..)

Créer une zone de partage

Il apparait pour les DRH interviewés qu’il existe des difficultés majeures à travailler en coopération pour ne pas dire en synergie avec la médecine du travail. Cette dernière estime quant à elle que les directions ont trop souvent tendance à ne s’intéresser qu’aux symptômes les plus aigus des RPS, sans vouloir trop se pencher sur les divers facteurs qui en sont à l’origine.

Une zone de partage (service RH, CHSCT, médecine du travail) permettrait de sortir par le haut de nombreuses situations de blocage où l’incompréhension rime souvent avec hostilité.

Développer un nouveau rapport aux salariés
Les maitres mots ne peuvent être que veille, communication et accompagnement. En effet la communication
doit être le vecteur d’une nette amélioration de l’ambiance de travail et favoriser le recul des sentiments d’isolement. Toute situation de mal-être doit pouvoir s’exprimer dans l’entreprise que ce soit dans le cadre d’entretien conventionnel comme l’entretien annuel, mais aussi et surtout par la communication entre collègues rendue particulièrement difficile ces dernières années en raison de l’intensification des charges de travail.

Conclusion
La sincérité. Ces préconisations sont des orientations à explorer et à enrichir dans le contexte unique de chaque entreprise. Elles peuvent conduire à de très nettes améliorations dès lors que la volonté des dirigeants n’est pas feinte.

L’attention. Au croisement de la sphère privée et de la sphère professionnelle, des espaces de vulnérabilité se créent qu’il convient de repérer.
L’évaluation. Situer et évaluer sont deux objectifs avant toute intervention ou régulation.


2. A propos de Psya

Créé en 1997 par Jean-Marie Gobbi, Psya fût parmi les tous premiers cabinets français à proposer des solutions de prévention en matière de santé psychologique.

Dans un premier temps, partenaire des assureurs, Psya conçoit un service d’aide psychologique accessible par téléphone et par internet 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 pour leurs bénéficiaires de manière préventive ou suite à un sinistre.

Le Centre d’Ecoute Psychologique est animé exclusivement par des Psychologues Cliniciens.
Aujourd’hui plus de 700 000 salariés bénéficient en France d’un numéro dédié et gratuit leur permettant d’accéder, de manière anonyme et confidentielle, au Centre d’Ecoute Psychologique Psya qui vient d’être certifié ISO 9001 version 2008.
Puis naturellement, Psya développe de manière progressive et en étroite collaboration avec les entreprises (Direction des Ressources Humaines, CHSCT, médecine du travail), une gamme complète de prestations dans le domaine de la prévention et de la gestion des risques psychosociaux au travail.
Aujourd’hui, 60 collaborateurs - psychologues cliniciens, victimologues, psychologues du travail, ergonomes, psychosociologues, sociologues, consultant RH - tous conscients des enjeux liés à la santé des salariés interviennent, en collaboration avec tous les acteurs de l’entreprise, sur les trois niveaux de prévention :
- Prévention primaire (axe organisationnel) : Audit & Conseil
- Prévention secondaire (axe managérial) : Sensibilisation & Formation
- Prévention tertiaire (axe individuel) : Soutien & Accompagnement
Psya est habilité en qualité d’Intervenant en Prévention des Risques Professionnels «IPRP». L’ensemble de ses intervenants sont diplômés et soumis au code de déontologie de leur profession garantissant ainsi éthique et confidentialité.

Psya, est présent à Paris, Lyon, Rennes, Bordeaux et Marseille ainsi qu’en Espagne et en Italie.
Enfin, Psya est membre de la F.I.R.P.S (Fédération des Intervenants en Risques Psychosociaux).


INFO ++ : Support conférence sur wk-rh.fr http://www.wk-rh.fr/actualites/upload/support%20conf_suicide.pdf

Différents articles sur la revue Lancet de juin ...

NOTES DE LECTURE BIENTÔT EN LIGNE

Suicide affects all of us
The Lancet, Volume 379, Issue 9834, 23–29 June 2012, Pages 2316-2318
E Michael Lewiecki, Sara A Miller


The changing global face of suicide
The Lancet, Volume 379, Issue 9834, 23–29 June 2012, Pages 2318-2319
Michael R Phillips, Hui G Cheng


Suicide mortality in India: a nationally representative survey Original Research Article
The Lancet, Volume 379, Issue 9834, 23–29 June 2012, Pages 2343-2351
Vikram Patel, Chinthanie Ramasundarahettige, Lakshmi Vijayakumar, JS Thakur, Vendhan Gajalakshmi, Gopalkrishna Gururaj, Wilson Suraweera, Prabhat Jha, for the Million Death Study Collaborators


Self-harm and suicide in adolescents Review Article
The Lancet, Volume 379, Issue 9834, 23–29 June 2012, Pages 2373-2382
Keith Hawton, Kate EA Saunders, Rory C O'Connor


Implementation of the “safety first” recommendations and suicide rates
The Lancet, Volume 379, Issue 9834, 23–29 June 2012, Page 2337
Dieneke Hubbeling, Robert Bertram


Implementation of the “safety first” recommendations and suicide rates
The Lancet, Volume 379, Issue 9834, 23–29 June 2012, Page 2337
Jemima Gregory, William E Lee, Alex D Tulloch, Rina Dutta, Simon Wessely

Suicide in young men Review Article
The Lancet, Volume 379, Issue 9834, 23–29 June 2012, Pages 2383-2392
Alexandra Pitman, Karolina Krysinska, David Osborn, Michael King

Means restriction for suicide prevention Review Article
The Lancet, Volume 379, Issue 9834, 23–29 June 2012, Pages 2393-2399
Paul SF Yip, Eric Caine, Saman Yousuf, Shu-Sen Chang, Kevin Chien-Chang Wu, Ying-Yeh Chen
VOIR ARTICLE LIE SUR LE BLOG D'INFOSUICIDE.ORG


Suicide prevention: steps to be taken
The Lancet, Volume 379, Issue 9834, 23–29 June 2012, Page 2314
The Lancet


Implementation of the “safety first” recommendations and suicide rates – Authors' reply
The Lancet, Volume 379, Issue 9834, 23–29 June 2012, Pages 2337-2338
Nav Kapur, David While, Kirsten Windfuhr, Louis Appleby, on behalf of the authors

Keith Hawton: chance favours the prepared mind
The Lancet, Volume 379, Issue 9834, 23–29 June 2012, Page 2333
Niall Boyce

Progress for children: a report card on adolescents
The Lancet, Volume 379, Issue 9834, 23–29 June 2012, Pages 2323-2325
Claudia Cappa, Tessa Wardlaw, Catherine Langevin-Falcon, Judith Diers

FICHE ARTICLE Traitement de la dépression de l'adulte en médecine générale : les antidépresseurs sont-ils efficaces ? Une revue de la littérature

ARTICLE Traitement de la dépression de l'adulte en médecine générale : les antidépresseurs sont-ils efficaces ? Une revue de la littérature. BOUSSAGEON (R.), GILBERT (D.) 1
MEDECINE : REVUE DE L'UNAFORMEC
2012 ; vol. 8 : n° 1 : Pages : 20-23
(1) Société Française de Documentation etde Recherche en Médecine Générale, FRANCE

Résumé / Abstract Contexte: L'efficacité des antidépresseurs, remise en cause dans des méta-analyses incluant des données non publiées, doit être évaluée dans le contexte des soins primaires et psychiatriques ambulatoires. Méthode: Revue systématique des méta-analyses et essais cliniques randomisés dans Pubmed et Cochrane. Résultats: Une première méta-analyse (2 283 patients de soins primaires, suivis en moyenne 8 semaines) montrait une efficacité des antidépresseurs supérieure au placebo: risque relatif d'obtenir une réponse ou une rémission de 1,24 [1,11 à 1,38] pour les tricycliques et de 1,28 [1,15 à 1,43] pour les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine. Une seconde méta-analyse (718 patients de soins psychiatriques ambulatoires) montrait que l'efficacité augmentait avec la sévérité initiale de façon similaire dans les deux classes. Le critère d'efficacité retenu par le National Institute for Clinical Excellence était atteint pour des dépressions « très sévères ». Les deux autres essais cliniques randomisés obtenus n'ont pas montré de différence significative vs placebo. Discussion: Les antidépresseurs ne sont efficaces en médecine générale qu'au-delà d'un seuil de dépression « très sévère » qui s'élève encore si l'on inclut les données non publiées, mais aussi en fonction de l'âge, du choix du patient, et du suivi accompagnant le traitement médicamenteux. Le rapport bénéfice/risque doit prendre en compte les effets indésirables (le risque suicidaire augmente chez le sujet jeune, impact inconnu chez l'adulte). Les recommandations de poursuivre ces traitements 16 à 20 semaines après consolidation ne s'appuient que sur un seul essai prolongé. Conclusion: Des études de longue durée et dépourvues de conflits d'intérêt devraient être menées et systématiquement publiées quels que soient leurs résultats.


Info signalée par la lettre de l'IRDES

"Étude exploratoire des déterminants contextuels du travail liés au suicide"

"Étude exploratoire des déterminants contextuels du travail liés au suicide" présentée au 32è Congrès national de médecine et santé au travail qui s'est tenu à Clermont-Ferrand du 5 au 8 juin.

Présentation : Étude exploratoire des déterminants contextuels du travail liés au suicide J.BAUGÉ (1), M.ROGER (2), G.VALLERY (3)

(1) médecin du travail, AIMT37, 37520 La Riche et réseau VIES37, 37000 Tours. jbauge@aimt37.asso.fr.
(2) psychologue du travail, MTA, 02100 Saint Quentin. magali.roger@mt02.org.
(3) professeur, laboratoire de psychologie appliquée, université de Picardie Jules Verne, 80025 Amiens. gerard.vallery@wanadoo.fr.

Objectif
Recherche de liens entre conduites suicidaires et situations de travail à risque, pour contribuer aux actions de prévention du risque suicidaire dans les entreprises.

Méthode
Etude des cas de suicides ou tentatives connus de 17 médecins de Tours, dans le cadre d’un mémoire de D.U. Stress et Santé au travail (Université de Picardie, Amiens). Approche détaillée du contexte de travail des suicidants lors d’entretiens avec leur médecin du travail. Élaboration d’une grille d’analyse. Cotations (de 0 à 4) des éléments issus du modèle « demande-autonomie au travail » de Karasek et de l’investissement apparent dans le travail. Étude du contexte socioéconomique et du cadre temporel de la conduite suicidaire.


Résultats
Sur les 40 situations suicidaires inventoriées, seules 23, dont le contexte de travail était précisément connu, ont été retenues. Elles concernent 14 suicides (dont 3 sur le lieu de travail) et 9 tentatives (dont 3 sur le lieu de travail).
Si la demande psychologique au travail à laquelle sont soumises les personnes suicidantes est variable, le soutien de la hiérarchie apparaît très faible dans la plupart des cas d’actes suicidaires, notamment pour les tentatives sur le lieu de travail. Au contraire, le soutien des collègues est souvent présent.
La latitude décisionnelle des personnes suicidées est variable. Cependant, pour les personnes ayant effectué une tentative sur le lieu de travail, elle apparaît très faible.
La majorité des parcours des suicidants (suicides aboutis ou tentatives) présentaient un très fort investissement personnel dans le travail.
Dans 12 cas sur 23, il existait un contexte de crise socioéconomique (restructuration, plan social, changement de dirigeant, incertitude sur l’avenir de l’emploi) dans l’entreprise. Dans 14 cas, il existait un dysfonctionnement du management.
Dans 9 cas sur 23, l’évènement suicidaire s’est produit un lundi. La question se pose du rôle du retour au travail dans un milieu délétère comme facteur déclenchant de l’acte.
L’âge des personnes suicidaires est plus élevé que la moyenne (39 ans) des salariés suivis par le service interentreprises. L’âge moyen au moment de l’acte suicidaire est de 44 ans pour les suicides aboutis et de 50 ans pour les tentatives.

Cet abstract vient de paraître dans le n°3, juin 2012, pp.251-252 des Archives des Maladies Professionnelles.

info signalé par Jacques BAUGÉ, médecin du travail

Autres titres des extraits du numéro Archives des Maladies Professionnelles et de l'Environnement, Volume 73, Issue 3, June 2012

- Guide d’accompagnement d’un évènement traumatique en milieu de travail
Archives des Maladies Professionnelles et de l'Environnement, Volume 73, Issue 3, June 2012, Page 252
J.-M. Le Sceller, C. Bergey-Germain, C. Rondel, J.-L. Douillard, D. Vandeweeghe

- Comment évaluer rapidement le risque suicidaire au cours de la consultation de médecine du travail ?
Archives des Maladies Professionnelles et de l'Environnement, Volume 73, Issue 3, June 2012, Page 254
J.-L. Ducher, M.-C. Riol

- Geste suicidaire et travail : enquête aux urgences psychiatriques du CHU de Caen
Archives des Maladies Professionnelles et de l'Environnement, Volume 73, Issue 3, June 2012, Page 251
M. Gehin, M. Raoult-Monestel

mardi 26 juin 2012

ETUDE Mortalité par suicide en Inde: une enquête nationale représentative

Mortalité par suicide en Inde: une enquête nationale représentative Vikram Patel, Chinthanie Ramasundarahettige, Lakshmi Vijayakumar, JS Thakur, Vendhan Gajalakshmi, Gopalkrishna Gururaj,Wilson Suraweera, Prabhat Jha, pour "Million Death Study Collaborators" 
RésuméContexte : L'OMS estime qu'environ 170 000 décès par suicide se produisent chaque année en Inde, mais peu d'études épidémiologiques de suicide ont été fait dans le pays. Nous avons cherché à quantifier la mortalité par suicide en Inde en 2010.Méthodes : Le registre général de l'Inde dans le cadre d'une enquête de mortalité nationale représentatif pour déterminer la cause des décès survenus entre 2001 et 2003 représentant 1,1 millions de foyers sur 6671 petites zones choisies au hasard parmi toutes les parties de l'Inde. Dans le cadre de cette enquête, les agents de terrain ont obtenu des informations sur les causes de décès et les facteurs de risque de suicide à partir de proches collaborateurs ou proches de la personne décédée. Deux des 140 médecins formés ont été répartis de façon aléatoire (stratifié seulement par leur capacité à lire la langue locale dans laquelle chaque enquête a été réalisée) de manière indépendante et anonyme assigner une cause à chaque décès sur la base des rapports de terrain électroniques. Nous avons ensuite appliqué la proportion spécifique à l'âge et le sexe des décès par suicide dans cette enquête aux estimations de l'ONU de 2010 le nombre absolu de décèsen Inde pour estimer le nombre de décès par suicide en Inde en 2010.Résultats Environ 3% des décès étudiés (2684 de 95 335) chez les personnes âgées de 15 ans ou plus étaient dus au suicide, ce qui correspond à environ 187 000 décès par suicide en Inde en 2010 à ces âges correspondant à 26,3 pour 100 000 hommes et 17,5 pour 100 000 femmes de plus de 15 ans. Pour les décès par suicide à l'âge de 15 ans ou plus, 40% des décès par suicide chez les hommes (45 100 114 800) et 5% des décès par suicide chez les femmes (40 500 sur 72 100) s'est produite à l'âge de 15-29 ans. Un individu de 15 ans en Inde avaient un risque cumulé d'environ 1,3% de mourir avant l'âge de 80 ans par suicide, les hommes avaient un risque plus élevé (1,7%) que les femmes ont fait (1,0%) , avec en particulier des risques élevés en Inde du Sud (3,5% chez les hommes et 1,8% chez les femmes). Environ la moitié des décès par suicide étaient dues à l'empoisonnement (principalement des ingestions de pesticides).Taux de suicide d'interprétation de la mort en Inde sont parmi les plus élevés dans le monde. Une grande proportion des décès par suicide surviennent entre les adultes âgés de 15 ans et 29 ans, surtout chez les femmes. Les interventions de santé publique telles que les restrictions dans l'accès aux pesticides pourraient empêcher de nombreux décès par suicide en Inde.

LIRE L'étude accessible en ligne en anglais Patel V et coll. : Suicide mortality in India: a nationally representative survey. Lancet, 2012; 379: 2343-51 http://press.thelancet.com/indiasuicide.pdf 


Info signalée par l'actualité médicale de jim.fr" 187 000 suicides en Inde : et moi et moi et moi ? Publié le 26/06/2012

REVUE DE PRESSE "Comment la tour Eiffel tente de dissuader les suicides"

"Comment la tour Eiffel tente de dissuader les suicides"  25/06/2012 sur www.lefigaro.fr/ Par Caroline Sallé

Extraits : 
Filets, grillages, picots, vidéosurveillance… D'importants moyens de sécurité équipent depuis longtemps le monument.

 Exercice d'entraînement des pompiers du groupement de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux (Grimp).

Exercice d'entraînement des pompiers du groupement de reconnaissance et d'intervention en milieu périlleux (Grimp). Crédits photo : Brigade de Sapeurs-Pompiers de P/Brigade de Sapeurs-Pompiers de P 

"Si le colonel (Frédéric Grosjean concernant l'actu de deux tentatives de suicide en moins de 24h) reconnaît que les pompiers du Grimp «n'étaient pas intervenus depuis un bon moment sur la tour Eiffel», reste que ce genre d'incidents n'a rien d'exceptionnel. La grande dame de fer serait en quelque sorte victime de son succès et de sa surmédiatisation. Du coup, le monument s'est depuis longtemps équipé d'importants moyens de sécurité afin de dissuader les candidats au suicide.

Des grillages hauts de trois mètres courent par exemple le long des escaliers. Des garde-corps bien sûr, mais aussi des filets de protection, des filins, des haies de picots, des caméras anti-intrusion et même des éléments coupants ont été disposés un peu partout sur l'édifice qui culmine à 324 mètres. «À chaque fois qu'une faiblesse a été détectée, nous y avons remédié, assure Jean-Bernard Bros, le président de la Société d'exploitation de la tour Eiffel (Sete). On fait le maximum pour ne pas laisser d'opportunités faciles, on renforce sans arrêts les procédures de sécurité, mais bon, on ne peut pas non plus totalement encager la tour Eiffel.»

Le personnel, formé à repérer les comportements suspects, peut aussi donner rapidement l'alerte. «Et si le pire se produit, ce qui est de moins en moins fréquent, nous mettons toujours en place une assistance psychologique afin de les aider car c'est très traumatisant pour eux», estime Jean-Bernard Bros."


LIRE L'ARTICLE EN ENTIER http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/06/25/01016-20120625ARTFIG00761-comment-la-tour-eiffel-tente-de-dissuader-les-suicides.php



MANIFESTATION INITIATIVE : ART THERAPIE RISQUE SUICIDAIRE ETABLISSEMENT PENITENTIAIRE

l’expression par l’art des jeunes incarcérés sur www.chu-nantes.fr

culture - animations
Du 29 juin 2012 au 30 septembre 2012
Un atelier d’expression picturale à visée thérapeutique dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs d’Orvault.
Contexte
Six établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) ont été créé en France depuis 2007. Celui d'Orvault a ouvert en janvier 2008. Il accueille des jeunes âgés de 13 à 18 ans et instaure l'idée d'une action éducative dans un cadre privatif de liberté. Le risque suicidaire est une préoccupation importante pour les intervenants de cet établissement. Les équipes soignantes du service médico-psychologique régional (SMPR), accompagné de l'administration pénitentiaire de l'EPM et de la protection judicaire de la jeunesse, se réunissent tous les 15 jours autour de réunions dites "commissions de prévention suicide". De ces réunions a émergé la volonté d'enrichir l'offre d'activités thérapeutiques pour ces mineurs incarcérés afin de compléter les dispositifs de prévention du suicide.
Projet
 

Le projet est porté par les soignants du SMPR intervenant à l'EPM d'Orvault grâce aux subventions de l'association de recherche pour promouvoir les soins aux détenus dont l'objet est d'identifier les besoins en santé dans les centres pénitentiaires et d'y répondre par la mise en place d'actions spécifiques. Le projet à visée thérapeutique est la mise en place d'ateliers d'expression picturale par la réalisation de fresques murales. Entourés de professionnels soignants (psychiatre, infirmière) et d'un artiste, 10 jeunes incarcérés réalisent une fresque murale qui fera l'objet d'un vernissage dont ils auront la charge. Ils gèrent les invitations, les affiches pour la communication et la confection des pâtisseries servies pendant l'événement. Le projet s'inscrit dans le repérage de l'acte suicidaire et aide à l'expression réelle ou sublimatoire (par l'art) des jeunes incarcérés. Expression qui conduira les professionnels à repérer les besoins en soins et à les orienter sur les aides existantes (groupe de parole, entretien individuel, activités). L'objectif de ce travail de groupe est de lutter contre le suicide et tout comportement auto-agressif, mais aussi contre l'agressivité et la récidive de violence sur autrui ou sur des biens matériels, contre l'isolement social, et contre la récidive pour les auteurs de violences sexuelles.

Partenaires :
le Groupement régional de santé publique

Implication de la Fondation de France :
la subvention de 10 581€ permet le financement du projet pendant trois ans à raison de trois sessions par an.
Résultats
 

3 sessions de ces ateliers ont été mises en place sur un an, soit 30 adolescents concernés. Ces sessions ont permis de développer une activité spécifique avec un autre groupe de jeunes qui est la confection d'affiches présentant le vernissage.
Contact CHU : Ronan Auffret, responsable projet - tél. : 02.51.77.08.82 ou par mail
Contact FHF: Romain Le blanc - tél. 02.51.83.20.74 ou par mail

FRANCE ANNONCE D'UN CANCER ET RISQUE SUICIDAIRE

Cancer : l’annonce est un moment crucial - sur www.actusoins.com/
21 mai 2012 | Emilie Gillet |

L’annonce d’un cancer augmenterait le risque suicidaire. Cependant, le dispositif d’annonce, tel que mis en place en France depuis 6 ans, recueille une satisfaction importante de la part des patients.

Le risque suicidaire est plus élevé chez les patients cancéreux que dans la population générale : il serait multiplié par 1,5 à 2, voire par 15 dans la première année qui suit le diagnostic.

En général, on incrimine la lourdeur du traitement, les effets secondaires, l’évolution défavorable de la maladie, les complications douloureuses etc…

Mais une récente étude1 suédoise, saluée pour sa rigueur et son ampleur, démontre que c’est bien souvent l’annonce même du diagnostic, et non la progression de la maladie, qui est l’élément déclencheur. Or en France, les IDE jouent un rôle très important dans cette étape, à travers le dispositif d’annonce.

Sur-risque suicidaire juste après l’annonce

D’après les chercheurs suédois, le risque de suicide est multiplié par 12,6 la semaine qui suit l’annonce du diagnostic, des données venant même étayer un lien de causalité comme l’influence de la gravité de la tumeur sur l’importance de ce sur-risque. De même le risque de décès de causes cardiovasculaires est multiplié par 5,6 la semaine suivant l’annonce. En valeur absolue, cela représente un taux de 2,5/1000 personnes années pour le suicide et 116,8/1000 pour les maladies cardiovasculaires.

Cette étude souligne à quel point l’annonce d’un cancer, devenu depuis quelques temps une étape très protocolisée en France, est aussi un moment très sensible. La prise en compte d’autres facteurs de risques, tels que les antécédents psychiatriques, est donc essentielle.

Enquête de satisfaction en France

Et en France justement, qu’en est-il ? Début mai a été rendue publique en France une étude sur l'annonce du diagnostic de cancer et le ressenti des malades par l'Institut national du cancer (INCa), en collaboration avec la DGOS et la Ligue contre le cancer. Elle a été réalisée en 2011, auprès de 908 personnes prises en charge dans 53 établissements. Globalement, il ressort une « satisfaction importante » face au climat de confiance instauré par les soignants ainsi qu’un « ressenti favorable » de l’aide et du soutien apportés par ces soignants. Les personnes interrogées ont également exprimé leur satisfaction par rapport à l'information apportée sur la maladie et les traitements proposés, tant par le médecin que lors du temps d'accompagnement soignant.

Cependant cette étude souligne aussi la mise en place incomplète et très souvent variable d’un établissement à l’autre du dispositif d’annonce. Elle démontre aussi l’importance de la parole donnée aux personnes malades pour adapter au mieux les dispositifs d'accompagnement et de prise en charge.

Si les contours du rôle de l’IDE dans ce dispositif semblent assez clairs2, les retours d’expérience3 et autres enquêtes sont très importants si l’on veut améliorer les protocoles et surtout adapter au mieux les formations des IDE.

Émilie Gillet


Pour aller plus loin :

1 : Fang F et coll.: Suicide and cardiovascular death after a cancer diagnosis. N Engl J Med 2012; 366: 1310-8

2 : Document rédigé par le Réseau Régional de Cancérologie Rhône-Alpes sur le rôle de l’IDE dans le dispositif d’annonce

3 : Compte-rendu de l’activité du dispositif d’annonce à l’Institut de Cancérologie de l’Ouest, par Sandré Bafourd, infirmière à l’hôpital de jour IOC Centre René Gauducheau