jeudi 21 septembre 2017

INVS Etude Recherche..Les suicides des agriculteurs. Pluralité des approches pour une analyse configurationnelle du suicide.

Les dispositifs de surveillance et les sources de données
Publié le 18/09/2017 invs.santepubliquefrance.fr*

Les suicides des agriculteurs. Pluralité des approches pour une analyse configurationnelle du suicide.

Présentation de la thèse de Nicolas Deffontaines

Nicolas Deffontaines, doctorant en sociologie à l’Institut national de la recherche agronomique - Centre d’économie et de sociologie appliquées à l’agriculture et aux espaces ruraux (Inra - Cesaer), a soutenu sa thèse le 29 mai 2017 à la Maison des Sciences de l'Homme (MSH) de Dijon.
Son travail a bénéficié d'une collaboration avec la direction santé travail de Santé Publique France pour l'étude des données de mortalité des agriculteurs exploitants de 2007 à 2011. L'analyse statistique des déterminants du suicide parmi cette population s'articule à une enquête qualitative collectant les trajectoires de suicidés auprès des « proches éloignés » : collègues voisins, travailleurs sociaux, bénévoles et salariés d'une association d'accompagnement des agriculteurs en difficulté, essentiellement dans des zones d'élevage laitier et allaitant.
Dans sa thèse, Nicolas Deffontaines examine les profils des agriculteurs qui se suicident et étudie les causes sociales qui les poussent à l’acte.
Il rappelle que leur surreprésentation dans les taux de suicide par rapport aux autres catégories socioprofessionnelles est stable dans le temps et dans l’espace. Le phénomène dure depuis au moins quarante ans et quel que soit le territoire occupé, cette profession se suicide davantage que les autres

Le suicide des agriculteurs : un fait social structurel et durable

Ainsi, même si cette réalité a été médiatisée essentiellement à la faveur de la grève du lait de 2009, elle ne se réduit pas à un phénomène conjoncturel qui ne dépendrait que des fluctuations des cours agricoles. L’explication de ce fait social structurel sur le long terme ne se limite pas non plus à la spécificité du « mode de vie » à dominante rurale des agriculteurs.
L’auteur fait aussi le constat qu’il existe des différences à l’intérieur de la profession, les « petits exploitants » se suicidant davantage que les « gros », les célibataires, les veufs ou divorcés plus que les agriculteurs mariés, les Bretons plus que les Languedociens…

Quatre configurations sociales explicatives

Le suicide des agriculteurs est pluriel et pour tenter de mieux le cerner et proposer des actions préventives, Nicolas Deffontaines opte pour une approche qu’il appelle « configurationnelle ». Cette dernière se fonde sur l'articulation de l'analyse statistique des données de mortalité des agriculteurs exploitants et de l’analyse de trajectoires d’agriculteurs suicidés.
À partir de son enquête, il dégage quatre configurations (ou contextes) sociales chez les agriculteurs suicidés qu’il revisite et éclaire à travers la célèbre typologie des formes de suicides (« altruiste », « égoïste » et « anomique ») établie par le sociologue Emile Durkheim dans son livre Le Suicide, paru en 1897.
Testant la pertinence de cette typologie, l’auteur y recourt pour éclairer les quatre contextes sociaux qu’il a observés :
Le suicide fataliste (type oublié par Durkheim)
L'intrication entre la sphère professionnelle et la sphère domestique, sur laquelle se fonde la régulation familiale de l'activité agricole, favorise le suicide fataliste des jeunes exploitants
Le suicide égoïste
Le suicide fréquent d'agriculteurs isolés ou qui connaissent une rupture cumulative des liens sociaux (divorce, tensions avec les pairs…) renvoie au suicide égoïste provoqué par un déficit d'intégration. L’agriculteur ainsi acculé éprouve souvent un sentiment grandissant de disqualification sociale.
Le suicide altruiste
Cette forme de suicide s'incarne dans le cas d'agriculteurs proches de l'âge de la retraite qui éprouvent de grandes difficultés à transmettre leur exploitation, soit parce que leurs enfants ne prennent pas leur suite, soit parce qu’ils ne trouvent pas de repreneur. Il est qualifié comme altruiste pour souligner le fort attachement de la profession à l'égard de la lignée.
Le suicide anomique
Il désigne celui de l'agriculteur fortement investi dans le travail, dans la profession et socialement, et qui perd le sens de cet engagement à mesure que son indépendance statutaire lui paraît menacée. Les causes peuvent être d’ordre économique (crise du lait, par exemple), ou le fait de contraintes administratives trop lourdes (imposition de normes économiques, agronomiques et environnementales…), etc. Son modèle productif est remis en cause. Il ne se reconnaît plus dans le travail qu’il fait. Il craint de perdre l’indépendance pour laquelle il se bat. Les contraintes du métier sont alors vécues d'autant plus négativement qu'elles se heurtent à la liberté d'action, valeur cardinale de la profession. Ce type de suicide tend à affecter davantage les franges moyennes et supérieures des groupes sociaux agricoles.

Les liens sociaux et la famille, facteur majeur de protection contre le suicide
L’auteur conclut que ces quatre configurations confortent l’importance de l'enserrement domestique, le poids du statut consacré par les organismes professionnels agricoles, et plus largement le rôle majeur joué par les liens sociaux, assurant protection et reconnaissance aux individus en matière de prévention du suicide. Il souligne que si l'intégration familiale reste décisive, l'environnement professionnel immédiat à travers les centres d’études techniques agricoles (Ceta), les services de remplacement, les coopératives d’utilisation de matériel agricole (Cuma) et leurs réseaux informels d’entraide entre agriculteurs (chantiers collectifs de paille, foin, ensilage) ainsi que les lieux de sociabilité (chasse, football, associations) exercent également un rôle protecteur.
Pour en savoir plus
Étude sur le suicide en agriculture. Suicide en agriculture, un problème à la loupe. Retour sur l’étude sur le suicide menée par Santé publique France et la CCMSA. Le Bisma, le magazine de la Mutualité sociale agricole (MSA).Posté le 22 novembre 2016
« C’est un fait social structurel sur le long terme ». Interview de Nicolas Deffontaines, doctorant en sociologie à l’Institut national de la recherche agronomique – Centre d’économie et de sociologie appliquées à l’agriculture et aux espaces ruraux. Le Bisma, le magazine de la MSA. Posté le 22 novembre 2016.

mardi 19 septembre 2017

ETUDE RECHERCHE Entretien : La psychoéducation peut-elle diminuer le risque de rechute suicidaire ?

Entretien : La psychoéducation peut-elle diminuer le risque de rechute suicidaire ?
le 15 septembre 2017 
info signalée par psycom.org* source Congrès Français de Psychiatrie **

Le docteur Déborah Ducasse est psychiatre au CHU de Montpellier, dans l’équipe du Professeur Philippe Courtet. Elle a développé avec sa collègue Véronique Brand-Arpon, infirmière-psychothérapeute, le premier programme de psychoéducation -Pepsui- pour les personnes suicidantes dans le cadre d’un PHRC national.
Ce programme s’adresse aux personnes présentant un trouble actuel des conduites suicidaires selon le DSM-5 (i.e., ayant fait une tentative de suicide dans l’année). Il propose un enseignement didactique sur les conduites suicidaires selon le modèle stress-vulnérabilité et vise l’acquisition de compétences psychologiques. Il s’ancre dans les thérapies comportementales dialectiques -TCD-, d’acceptation et d’engagement -ACT- et la psychologie positive.
Déborah Ducasse est l’investigatrice principale de cette recherche qui vise à comparer l’efficacité de ce programme novateur à un groupe contrôle de relaxation. Cinq cent patients vont être recrutés dans treize centres. Ils seront répartis en groupes de dix patients et bénéficieront de dix sessions de deux heures une fois par semaine. Le critère principal d’efficacité sera basé sur le nombre de tentatives de suicides deux ans après les interventions.
Thérapie  comportementale dialectique -TCD-
La TCD est la thérapie gold-standard pour les personnes borderline, qui constituent 2 à 6% de la population générale, et sont à 75% des femmes. 80% des personnes borderline font des tentatives de suicide multiples et 10% meurent par suicide. C’est ainsi le trouble le plus associé aux conduites suicidaires et aux décès par suicide.
La TCD est une thérapie sur mesure pour les personnes borderline car elle permet de mieux gérer : 1) la dysrégulation émotionnelle ; 2) l’impulsivité (i.e., scarifications, achats compulsifs, crises de boulimie…) ; 3) les difficultés dans les relations interpersonnelles liées notamment à la peur de l’abandon et aux relations interpersonnelles instables et intenses ; 4) la dissociation parfois engendrée par la dysrégulation émotionnelle qui entraine une perte temporaire de contact avec la réalité et des périodes transitoires “micro-psychotiques”. Cette thérapie est basée sur la mindfulness, visant à améliorer le positionnement face aux vécus internes (pensées, émotions) engendrés par la réalité, et à augmenter sa capacité à faire des choix conscients pour sa vie dans l’instant présent.
Thérapie d’acceptation et d’engagement -ACT-
L’ACT est une thérapie intégrative qui inclue la mindfulness, l’entretien motivationnel et la thérapie existentielle. Cette thérapie cible l’évitement expérientiel (i.e., la tendance à éviter les pensées et émotions déplaisantes) et la flexibilité psychologique, deux processus transnosographiques. Elle permet de réguler efficacement les émotions, identifier ce qui est vraiment important pour soi dans la vie, et agir dans cette direction.
Psychologie positive
Déborah Ducasse met en garde : Il ne faut pas confondre la psychologie positive avec la pensée positive qui vise à générer des pensées agréables . La psychologie positive permet d’optimiser le fonctionnement humain, en développant des qualités et états affectifs contribuant au bien-être, par exemple la gratitude (ou orientation reconnaissante). Le Dr Ducasse demande ainsi à ses patients : « Citez trois choses pour lesquelles vous avez de la reconnaissance aujourd’hui, pour lesquelles vous pouvez dire « merci »  », en se mettant en contact avec l’importance sous-jacente. Pour les personnes hospitalisées, cela peut-être boire un bol de café chaud apporté par l’infirmière. Cet exercice de gratitude fait écho à celui de « démocratie et douche chaude  » décrit par Christophe André qui consiste à apprendre à se réjouir sous sa douche d’avoir de l’eau chaude et ne pas attendre la panne de chauffe-eau pour gémir. La psychologie positive permet ainsi de s’extraire du pilotage automatique et du phénomène d’habituation hédonique.
** Source Congrès Français de Psychiatrie



* http://www.psycom.org/Actualites/Pour-en-savoir-plus/Entretien-La-psychoeducation-peut-elle-diminuer-le-risque-de-rechute-suicidaire

lundi 18 septembre 2017

Enquête menée par la Fédération nationale des étudiant.e.s en soins infirmiers

Enquête menée par la Fédération nationale des étudiant.e.s en soins infirmiers (Fnesi),

Les résultats de l’enquête sur le bien-être des ESI, le dossier de presse sur le mal-être des étudiant.e.s en soins infirmiers
Depuis maintenant 9 mois, la FNESI mène une enquête sur le bien-être des étudiant.e.s en soins infirmiers. Nous avons obtenu de nombreuses données, issues d’un questionnaire transmis aux ESI en février et mars 2017.
La FNESI a obtenu 14055 réponses, soit plus de 15% des étudiant.e.s en soins infirmiers.
Trois principales thématiques composent l’enquête : la situation financière des étudiant.e.s, leur santé et leur vécu en formation.
Les résultats sont alarmants et révèlent une forte précarité (plus que la population étudiante globale), un état de santé physique et psychologique très dégradé en cours de formation et de nombreux témoignages d’étudiant.e.s en souffrance.
À titre indicatif, plus de 40% des étudiant.e.s en soins infirmiers déclarent consommer des médicaments psychotropes et plus de 30% déclarent faire des crises d’angoisses. Aussi, 1 étudiant.e sur 2 déclare qu’il/elle a vu sa santé physique et psychologique se dégrader au cours de sa formation.
C’est une partie de chiffres alarmants récoltés et qui confirment une altération majeure du bien-être des ESI et nous en avons de nombreux autres.
L’ensemble des informations (résultats, analyses et propositions), sont disponibles dans le Dossier de Presse : Mal-être ESI : il est temps d’agir.
La FNESI, force de propositions, invite donc toute personne à prendre connaissance de ce dossier de presse et rappelle que des engagements doivent être pris rapidement.


Clément GAUTIER – Président : president@fnesi.org – 06.40.81.65.09 Antoine JOURDAN – Vice-président en charge de l’Innovation Sociale : innovation.sociale@fnesi.org – 06.77.58.73.46

Données extraites "Le suicide est aussi présent chez les étudiant.e.s en soins infirmiers. Parmi la population interrogée, 7% déclarent qu’un ESI a tenté de se suicider dans leurs IFSI depuis leurs entrée en formation et 4,7% ont connu  au  moins un cas de suicide dans leur établissement."

source http://fnesi.org/communique-de-presse/18-septembre-2017-dossier-de-presse-mal-etre-des-etudiant-e-s-en-soins-infirmiers-il-est-temps-dagir/

MANIFESTATION Saint-martin d'hères (38) 19/10/2017 Approche psychothérapeutique intégrative dans la prévention des conduites suicidaires

Conférence Thursday 19 October 2017
Approche psychothérapeutique intégrative dans la prévention des conduites suicidaires
12h15-13h30  |  Salle Jacques Cartier, Maison des langues et des cultures
Coordonné par Rébecca Shankland, organisé en collaboration par la MSH Alpes, le LIP et l'UFR SHS, avec le soutien de la Chaire Mindfulness, bien-être au travail et paix économique, GEM. Réalisé avec le soutien financier de l'Inpes et en partenariat avec la revue Sens & Santé.
Conférence du Dr Déborah Ducasse dans le cadre de la nouvelle saison du cycle "Fil Good. Lier la recherche et le bien-être en société"
Avec un décès toutes les 40 secondes, l'Organisation Mondiale de la Santé fait de la prévention du suicide une priorité de santé publique à travers le monde. De nouvelles approches ont été expérimentées en vue de prévenir les rechutes en intégrant différentes pratiques dont les recherches ont fait la preuve de l'efficacité.  Il s'agit ainsi d'enseigner aux patients les connaissances scientifiques actuelles sur les conduites suicidaires, à travers des sessions didactiques et interactives, de leur proposer de développer des compétences psychologiques innovantes pour améliorer la gestion des évènements mentaux douloureux,  ce qui permet de mieux tolérer la détresse et gérer la crise, en orientant également l'attention et les actions vers des dimensions qui redonnent du sens à la vie. Les programmes développés et proposés au CHU de Montpellier s'appuient sur des pratiques issues de la thérapie d'acceptation et d'engagement, de la thérapie comportementale dialectique et de la psychologie positive.
Psychiatre-psychothérapeute au CHU de Montpellier, Déborah Ducasse est formée à la pleine conscience et à la thérapie d’acceptation et d’engagement. Elle est l'auteure avec Véronique Brand-Arpon de Borderline : Cahier pratique de thérapie à domicile(Odile Jacob, 2017).
Entrée gratuite dans la limite des places disponibles
Les conférences du cycle "Fil Good" sont également retransmises en direct dans le hall de la Bibliothèque Droit-Lettres, Enregistrées, les vidéos après montage sont mises en ligne sur nos chaînes YouTube et Podcasts de l'Université de Grenoble.
Entrée gratuite, sans réservation dans la limite des places disponibles (sauf conférence exceptionnelle)
Lieu : Amphithéâtre de la MSH-Alpes, 1221 avenue centrale - Domaine universitaire - Saint-Martin-d'Hères

source info http://www.msh-alpes.fr/en/approche-psychotherapeutique-integrative-prevention-conduites-suicidaires

STRUCTURE RESSOURCE Agriculteurs Réalmont (81) "Psychologue, une profession qui ne doit plus faire peur "

Psychologue, une profession qui ne doit plus faire peur
La Santé près de chez vous Publié le 16/09/2017


Dominique Ramuscello à l'écoute des agriculteurs. / Photo DDM G.C.

Habitant Lautrec mais installé en tant que psychologue à la nouvelle Maison de santé de Réalmont, Dominique Ramuscello nous parle de son métier : psychologue, car, dit-il, «il existe encore une peur d'aller voir un psy». Rencontre.
Quel a été votre parcours avant d'intégrer la Maison de santé ?

Après des expériences dans l'insertion professionnelle, la prévention des risques et l'aide sociale à l'enfance, s'installer en libéral est pour moi une suite logique. Le choix de Réalmont est aussi un engagement citoyen contre la désertification médicale. Participer à l'aventure de la nouvelle maison médicale a un coût mais aussi beaucoup d'avantages, que ce soit en termes de locaux et de travail avec les autres professionnels de santé.

Êtes-vous le seul psychologue dans cet établissement ?

Nous sommes trois psychologues mais nous avons des approches différentes et complémentaires. Pour Réalmont c'est une chance d'avoir une offre aussi diversifiée.

Quel public vous est plus spécialement dédié ?

Mon changement de résidence s'est accompagné d'une nouvelle offre vers le public agricole. J'ai été contacté par la médecine de la MSA pour faire partie du réseau des psychologues dans la prévention des suicides. Ce dispositif a pour objectif d'accompagner les exploitants et salariés agricoles, ainsi que leur famille, en cas de situation de souffrance ou de détresse. Il offre un accompagnement individualisé.

La prévention du suicide est une situation délicate, comment êtes-vous alerté ?
Les personnes qui côtoient les agriculteurs sont des sentinelles sur lesquelles nous comptons. Il y a aussi le travail en équipe pluridisciplinaire de la maison de santé qui permet de diffuser les informations.

Est-ce que le coût des séances est déterminant pour certaines personnes ?
Bien sûr, mais les séances des psychologues validées par la cellule sont prises en charge par la MSA. Une des grandes difficultés pour aller voir un psychologue est la non-prise en charge par la Sécurité sociale, mais cela change petit à petit, et aujourd'hui la consultation psychologique est de moins en moins perçue négativement. Pour ma part, la première séance est non payante. Recueilli par G.C.

samedi 16 septembre 2017

ETUDE RECHERCHE USA Analyse coût-efficacité comparant trois interventions de prévention du suicide dans les services d'urgences de l'hopital général

"Les stratégies de prévention du suicide aux urgences sont rentables"15 septembre 2017 • Communiqué de presse
d'après "
Life-Saving Post-ER Suicide Prevention Strategies are Cost Effective Follow-up postcards less expensive, more effective than usual care: NIH study / www.nimh.nih.gov*

Trois interventions conçues pour le suivi des patients qui sont identifiés avec le risque de suicide dans les services d'urgence des hôpitaux sauvent des vies et sont rentables par rapport aux soins habituels.
Une étude menée par des chercheurs de l'Institut national de la santé mentale (NIMH) a modélisé l'utilisation des approches dans les services d'urgence et a constaté que les trois interventions se comparent favorablement
à un point de référence standard de rentabilité utilisé dans l'évaluation des coûts des soins de santé.
Une intervention, l'envoi de cartes postales ou de lettres après une visite aux urgences, est plus efficace et moins coûteuse que les soins habituels. Le rapport apparaît dans le numéro du 15 septembre de la revue Psychiatric Services.
Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), le suicide est la 10ème cause de décès aux États-Unis; 44 193 personnes sont mortes par suicide aux États-Unis en 2015 (l'année la plus récente pour laquelle des statistiques sont disponibles). Une approche pour réduire le taux de suicide est de diriger les stratégies de prévention dans des groupes ou des milieux à risque élévé. Un exemple est celui des services d'urgence qui, selon les CDC, traitent plus de 500 000 personnes chaque année pour des blessures d'automutilation
.
"Face à une augmentation progressive du taux de suicide, la nécessité de stratégies de prévention efficaces est urgente", a déclaré le directeur de NIMH Joshua Gordon, MD, Ph.D. "Ces résultats de rentabilité ajoutent à l'impulsion pour la mise en œuvre de ces approches pour sauver des vies. Il est important de souligner qu'ils constituent également un argument fort pour l'expansion du dépistage, ce qui nous permettrait d'atteindre un grand nombre de personnes à risque avec des interventions qui sauvent des vies ».
La recherche a révélé que plusieurs interventions axées sur les services d'urgence étaient efficaces pour prévenir les tentatives de suicide après l'urgence, mais aucune n'a été largement diffusée ou adoptée.

Elles sont:

    
Cartes postales: cartes postales de suivi du courrier du personnel hospitalier chaque mois pendant quatre mois à tous les patients identifiés comme étant à risque, puis tous les deux mois pour un total de huit cartes.
    
Traitement téléphonique: un à trois mois après le congé, le personnel hospitalier appelle les patients pour  offrir un soutien et encourager l'engagement dans le suivi du traitement.
    
Thérapie comportementale cognitive: le personnel hospitalier relie les patients à un programme de thérapie cognitivo-comportementale axée sur le suicide.
Chacune de ces interventions a été testée par des essais contrôlés randomisés et a permis de réduire le risque de suicide chez les patients de l'ordre de 30 à 50%. L'étude actuelle étend cette recherche antérieure en estimant la rentabilité de ces interventions, par rapport aux soins habituels. Les chercheurs ont effectué des simulations de Monte Carlo, une méthode d'évaluation des conséquences possibles d'une action lorsque de nombreux facteurs imprévisibles pourraient influer le résultat.
Le logiciels conçu à cet effet permet aux enquêteurs d'effectuer des simulations répétées de la chaîne d'événements suivant choix - dans ce cas, d'autres interventions de prévention du suicide liées aux services d'urgence - avec des valeurs différentes attribuées à des facteurs qui peuvent influencer le résultat.
Des milliers de simulations révèlent l'éventail des résultats possibles et les probabilités de chacun.
Les chercheurs,
sous la direction de Michael Schoenbaum, Ph.D., conseiller principal pour les services de santé mentale, l'épidémiologie et l'économie dans la Division des services et la recherche interventionnelle  de NIMH, ont  modélisés à peu près une année après l'arrivée des patients dans un service d'urgence. La chaîne d'événements qu'ils ont considérée comprenait, l'admission du patient à un service des urgences, le dépistage du risque de suicide, le traitement ou l'hospitalisation aux urgences et les résultats. Cela pouvait également inclure des visites supplémentaires au service des urgences, si la personne envisageait de se suicider ou tentait de se suicider à nouveau pendant la période de suivi.Les chercheurs ont estimé le coût de chaque intervention en combinant des informations sur les services de santé signalées dans des essais cliniques antérieurs et les taux nationaux pour les procédures médicales, les visites au service des urgences et les hospitalisations. L'évaluation de la rentabilité d'une intervention - et la fourniture d'une base pour comparer une intervention à une autre - consiste à estimer le coût de l'atteinte d'un résultat défini en matière de santé. Dans ce cas ci, les chercheurs ont examiné les coûts encourus par rapport aux années de vie (obtenus à la suite de suicides évités) dans la cohorte des cas modélisés dans l'étude.
Par rapport aux soins habituels, l'utilisation de cartes postales réduisait les tentatives de suicide et les décès,  tout en réduisant légèrement les coûts des soins de santé, ce qui en fait une intervention «dominante» en termes de rentabilité. La sensibilisation téléphonique et la thérapie comportementale et cognitive ont réduit les tentatives de suicide et les décès tout en augmentant légèrement les coûts des soins de santé, le premier de 5 900 $ et le dernier de 18 800 $ par année de vie supplémentaire épargnée. Un indice de référence couramment utilisé pour la rentabilité - le montant qu'une société est disposée à payer pour le bénéfice accumulé par une procédure de soins de santé - est de 50 000 $ par année de vie supplémentaire. Et des recherches récentes suggèrent que ce montant est conservateur, c'est-à-dire que notre société est disposée à payer beaucoup plus par année de vie.
Les résultats de la simulation suggèrent que, même si la volonté sociétale de payer est supposée inférieure à 50 000 $,
même si l'on présume que la volonté sociale de payer est inférieure à 50 000 $, les approches seront probablement encore rentables par rapport aux soins habituels. Les soins téléphoniques sont presque sûrs d'être rentables par rapport aux soins habituels si la volonté de payer est de 20 000 $, alors que la probabilité que la thérapie cognitivo-comportementale soit plus rentable est de 67%.



Les auteurs soulignent également que, même si ces approches de prévention étaient largement utilisées, leur impact est limité par la mesure dans laquelle les personnes à risque sont identifiées pour le traitement par le dépistage. Une étude récente a rapporté que le dépistage de tous ceux (18 ans et plus) qui entrent dans un service d'urgence, quel que soit le motif de la visite, a presque doublé le taux d'identification des personnes à risque. Le modèle suggère que le dépistage universel des patients pourrait augmenter considérablement les avantages pour la santé publique de la mise en œuvre des stratégies de prévention modelées dans cette étude.
«Le risque de suicide est relativement fréquent chez les personnes qui recherchent des soins auprès d'un service d'urgence des hôpitaux», a déclaré Schoenbaum. 
"Il est très important pour nous d'identifier de meilleurs moyens de réduire le risque de suicide dans ce groupe et de les mettre en œuvre à grande échelle."

Référence

Modeling the cost-effectiveness of interventions to reduce suicide risk among hospital emergency department patients 
Link to non-government website. For more information, click on Policies in our footer.
. Denchev P et al. Psychiatric Services. Online ahead of print 15 September 2017.
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About the National Institute of Mental Health (NIMH): The mission of the NIMH is to transform the understanding and treatment of mental illnesses through basic and clinical research, paving the way for prevention, recovery and cure. For more information, visit the NIMH website.
About the National Institutes of Health (NIH): NIH, the nation's medical research agency, includes 27 Institutes and Centers and is a component of the U.S. Department of Health and Human Services. NIH is the primary federal agency conducting and supporting basic, clinical, and translational medical research, and is investigating the causes, treatments, and cures for both common and rare diseases. For more information about NIH and its programs, visit the NIH website .
NIH…Turning Discovery Into Health®

* https://www.nimh.nih.gov/news/science-news/2017/life-saving-post-er-suicide-prevention-strategies-are-cost-effective.shtml

vendredi 15 septembre 2017

CANADA/USA CRITIQUE DEBAT REFLEXION La couverture médiatique

Article "Trois ans plus tard: Robin Williams et la couverture sur l’acte que l’on tait"
Parce que la santé mentale et le suicide sont cachés au public depuis tant d’années, beaucoup de désinformation a été faite dans la conscience populaire.
12/09/2017 quebec.huffingtonpost.ca*

Britney Dennison
Conseillère en recherche au sein du programme Men's Health Research et directrice adjointe de l'organisme Global Reporting Centre.
Lucas Jackson / Reuters
La couverture médiatique sur le décès de Robin Williams n’a pas été parfaite.
Il y a trois ans, Robin Williams, l'acteur comique tant aimé, a été retrouvé mort. La police de la Californie a par la suite confirmé un décès par suicide. Une tempête médiatique s'est alors déclenchée : articles, blogues, couverture en direct, reportages télévisuels et déferlement d'émotions sur les réseaux sociaux.
Plus récemment, les réactions du public ont été similaires avec la mort de Chris Cornell, leader des groupes Soundgarden et Audioslave, décédé par suicide en mai dernier, et de Chester Bennington, chanteur principal de Linkin Park, lui aussi mort par suicide, le mois dernier.
La couverture globale est impressionnante, considérant qu'il n'y a pas si longtemps, les médias refusaient de rapporter les cas de suicide.
Depuis des décennies, l'effet d'entraînement est l'argument qu'utilisent les rédacteurs en chef, les journalistes et les universitaires pour justifier l'exclusion du suicide dans les nouvelles.
Les centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies décrivent la « contagion suicidaire » comme un processus voulant que l'exposition au suicide ou au comportement suicidaire d'une ou plusieurs personnes incite d'autres personnes à commettre ou à tenter un suicide. Or, voici où le bât blesse : en choisissant de ne pas relater un problème de santé mentale ou un suicide, les journalistes perpétuent la stigmatisation des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.
Parce que la santé mentale et le suicide sont cachés au public depuis tant d'années, beaucoup de désinformation a été faite dans la conscience populaire.
Parce que la santé mentale et le suicide sont cachés au public depuis tant d'années, beaucoup de désinformation a été faite dans la conscience populaire. Cela a compliqué le travail des journalistes qui souhaitent faire un récit factuel et attentif pour finalement rompre le silence.
Ces sujets complexes sont très délicats à traiter dans l'information, beaucoup plus qu'il n'y paraît. C'est peut-être ce qui explique les reportages que nous avons vus et qui peuvent avoir des répercussions néfastes, comme le reportage de Shepard Smith à Fox News qui a laissé entendre que Robin Williams aurait posé un geste lâche.
Or, parler de suicide est important, car cela permet de briser les mythes et de lutter contre la stigmatisation, mais les journalistes doivent écrire sur le sujet de manière réfléchie et avec de bonnes intentions.
Je me suis entretenue avec Cliff Lonsdale, auteur de Mindset: Reporting on Mental Health qui s'est penché sur la couverture médiatique entourant le suicide et sur la façon dont les médias ont traité le décès de l'acteur. Selon ses propos, pour chaque reportage négatif, on en comptait beaucoup plus ayant traité le sujet sous le bon angle.
Cela confirme, à son avis, le fait que les journalistes essaient maintenant de relever ce défi avec succès. Et beaucoup d'exemples confirment cette tendance.
Comme journaliste, il est important de comprendre le rôle que l'on tient dans la société, soit de trouver ce qui ne fonctionne pas bien et de le mettre au jour. Si l'empereur est nu, c'est au journaliste de le signaler.
Quelle serait donc la première étape pour améliorer les nouvelles et les articles sur la santé mentale et le suicide? D'abord, ne pas avoir peur d'en parler.
Effet de contagion
Beaucoup d'universitaires et de journalistes qui écrivent sur les problèmes de santé mentale ont discrédité la notion de contagion du suicide, tandis que d'autres soutiennent sa validité.
Madelyn Gould, professeure de psychiatrie à l'Université de Columbia, a déclaré dans le New York Times que la contagion du suicide est bien réelle. Son article sur la contagion par les médias et le suicide parmi les jeunes soutient que des suicides en série se produisent lorsque les jeunes sont exposés au suicide d'une autre personne.
De son point de vue, Cliff Lonsdale dit que la science derrière cette théorie pose un problème. Les statistiques sur le suicide, rapportées par Liam Casey dans la revue Ryerson Review of Journalism, révèlent qu'il n'y a pas eu d'augmentation du nombre de suicides après l'attention portée par les médias.
André Picard, journaliste sur les questions de santé, a affirmé dans Mindset que lorsque les médias ont cessé de couvrir les suicides, il n'y a pas eu de baisse notable de cas. Et bien que les médias canadiens aient accordé une attention croissante au cours des dernières années aux cas de suicide chez les adolescents, le taux global de suicide chez les adolescents est demeuré étonnamment stable.
Un autre problème est que la notion de contagion se confond parfois avec l'idée de « suicide par imitation ».
Un autre problème est que la notion de contagion se confond parfois avec l'idée de « suicide par imitation ». Les termes sont souvent utilisés indifféremment, comme dans cet article du Washington Post.
« Selon moi, le suicide par imitation est généralement lié à la méthode. Ce n'est pas la même chose que l'idée de contagion, selon les propos de Lonsdale. Le vrai problème, c'est que la question fait peur aux journalistes. Ils ont l'impression qu'ils devraient se taire sur cette question, donc tout ce qu'ils pourraient apporter de positif n'est pas transmis non plus. »
Ce qu'il faut retenir c'est que le problème n'est pas de rapporter ou non la nouvelle, mais plutôt la manière qu'on choisit de le faire.
Ne pas entrer dans le détail
Même si on a pu laisser croire aux lecteurs que c'était une convention journalistique au lendemain de la mort de Robin Williams, rien ne justifie d'écrire un article exhaustif et détaillé sur un suicide.
Presque tous les grands médias ont rapporté, dans des détails accablants, la méthode utilisée par l'acteur pour s'enlever la vie.
Presque tous les grands médias ont rapporté, dans des détails accablants, la méthode utilisée par l'acteur pour s'enlever la vie. Dans certains articles, que je ne mets pas en lien ici, les titres étaient brutalement explicites : « Voici comment Robin Williams s'est enlevé la vie ».
Non seulement ce type de nouvelle est contraire à l'éthique et irrespectueux, mais il peut aussi avoir des conséquences néfastes. On peut certes contester la notion de contagion du suicide, mais Lonsdale avance qu'il y a parfois une utilisation accrue du moyen employé pour un suicide, particulièrement après une description détaillée dans de nombreux articles.
Donc, annoncer la nouvelle d'un suicide pourrait n'avoir aucun effet incitatif sur une personne pour qu'elle développe des pensées suicidaires, mais cela pourrait convaincre une personne à risque de modifier sa méthode.
On ne sait pas ce qu'on ne sait pas
Un journaliste peut admettre qu'il ne connait pas une chose en particulier, d'ailleurs c'est beaucoup mieux ainsi que de spéculer ou de simplifier.
« Nous avons envie de simplicité. De toute évidence, la dépression a joué un rôle important dans le cas de [Robin Williams], de même que ses problèmes de dépendance. Nous commençons maintenant à voir qu'il avait d'autres problèmes médicaux. En général, ce n'est pas aussi simple que nous le pensons. Les êtres humains sont compliqués et, nous, les journalistes, aimons simplifier. Nous cherchons une raison simple pour tout expliquer dans nos articles et nous en tenir à ça », explique Cliff Lonsdale.
Or, la vie n'est pas aussi simple, surtout dans ce domaine. Lorsque les journalistes relatent un cas de suicide, ils ont l'occasion d'approfondir le sujet et de remettre en question les notions du passé. La complexité ne devrait pas leur faire peur et les empêcher de faire leur travail. Au contraire, cela devrait les forcer à s'améliorer.
Pourquoi, pourquoi et encore pourquoi?
Certains des meilleurs articles sur le suicide de Robin Williams se sont immédiatement éloignés de la question du quoi pour poser la question du pourquoi.
En ce qui concerne les nouvelles choquantes ou tragiques, la tendance est de s'attarder trop longtemps aux détails. Souvent, on oublie d'examiner le contexte et de creuser la problématique.
« Nous devons dépasser l'effet de surprise et nous pencher sur les raisons. Dès que vous vous posez la question, vous êtes déjà probablement sur la bonne voie », ajoute Lonsdale. L'un des meilleurs exemples de ce genre d'articles est celui d'André Picard.
Or, ce n'est pas toujours facile. N'oublions pas qu'André Picard est spécialisé dans les questions de santé et reconnu comme l'un des meilleurs. Il consacre beaucoup de temps à réfléchir à ces problèmes, et on lui accorde beaucoup de place dans un média pour qu'il puisse s'étendre sur un sujet, une condition qui n'est pas à négliger pour de nombreux journalistes généralistes, de nos jours.
« C'est plus difficile pour un journaliste qui traite de questions générales, et on devrait avoir un peu de sympathie pour eux, selon Lonsdale. Au final, nous ne sommes pas aussi mauvais que nous le pensons parfois. Si nous avons un peu plus confiance en ce que nous faisons, nous ne pourrons que nous améliorer. »
La couverture médiatique sur le décès de Robin Williams n'a pas été parfaite.
La couverture médiatique sur le décès de Robin Williams n'a pas été parfaite. De fait, on a vu de malheureux exemples par certains médias très réputés, mais il y a eu aussi des exemples positifs de couverture médiatique.
« Les journalistes ont la possibilité de faire beaucoup de bien dans ce domaine. Oui, nous commettons parfois des erreurs, car elles sont inévitables », rajoute-t-il.
« Si notre intention est de faire de la lumière plutôt que de verser dans le sensationalisme, nous pourrons faire avancer les choses. Nous ferons notre travail de journaliste. Aller dans le sens contraire, c'est s'éloigner de notre mission. »
Ressources utiles
Êtes-vous dans une situation de crise? Besoin d'aide? Si vous êtes au Canada, trouvez des références web et des lignes téléphoniques ouvertes 24h par jour dans votre province en cliquant sur ce lien.

Source http://quebec.huffingtonpost.ca/britney-dennison/trois-ans-plus-tard-robin-williams-et-la-couverture-sur-l-acte-que-l-on-tait-britney-dennison_a_23204882/

AUTOUR DE LA QUESTION RECHERCHE "Rapport sur l'éducation" de l’OCDE

Article presse "Le niveau d'éducation corrélé au risque de dépression
Selon un rapport de l'OCDE, le risque de dépression tendrait à décroître avec l'élévation du niveau d'instruction. Le niveau de revenu lié à l'éducation ne serait pas le seul facteur impliqué.
La rédaction d'Allodocteurs.fr France Télévisions*
Mis à jour le

Selon l’édition 2017 du "Rapport sur l'éducation" de l’OCDE [1], publié ce 12 septembre, l’élévation du niveau d’instruction s’accompagne d’une diminution statistique du risque de dépression. Ces conclusions s'appuient sur une enquête menée en 2014 dans 26 pays européens (étude EHIS 2), ainsi que sur quatre enquêtes nationales pour l’Australie, le Canada, Israël et la Suisse.
En moyenne, dans les pays européens, 8% des personnes âgées de 25 à 64 ans déclaraient "avoir souffert de dépression au cours des douze mois précédant l'entretien". Mais cette prévalence variait significativement selon le niveau de formation, note l’OCDE. Selon les données compilées, en moyenne, le pourcentage de dépressifs est deux fois plus élevé chez les adultes qui ne sont pas diplômés du deuxième cycle de l'enseignement secondaire [2] (12% des personnes interrogées) que chez les diplômés de l'enseignement supérieur (6%).
Des données qui doivent être interprétées avec précaution. Dans le détail, ce rapport varie fortement d’un pays à l’autre. Pour 7 des 30 pays concernés par le rapport de l’OCDE, les données collectées ne permettent pas de conclure à l’existence du phénomène. De même, les différences entre les diplômés du secondaire et ceux du supérieur étaient très variables d'un pays à l'autre, et souvent bien moins marquées qu'entre les non-diplômés et les diplômés.
Des travaux antérieurs ont déjà identifié qu’un niveau de scolarité plus élevé est statistiquement associé à des taux de chômage moindres et des revenus plus élevés, eux-mêmes associés à une prévalence plus faible d'anxiété et de dépression. Mais en prenant en compte le niveau de revenu (ainsi que le facteur du sexe [3] et de l’âge des personnes interrogées), la corrélation entre niveau d’études et dépression reste identifiée pour 14 pays [4]. Les mécanismes en jeu sont donc plus complexes.
Les auteurs notent que, selon un précédent rapport de l’OCDE, l'éducation "contribue au développement d'une série de compétences" qui n'ont pas toutes le même impact sur la dépression. Ainsi, "le renforcement des compétences sociales et affectives, comme l'estime de soi, a plus d'impact que le renforcement [des compétences mathématiques ou littéraires]".
la rédaction d'Allodocteurs.fr, avec AFP

[1] Organisation de Coopération et de Développement Économiques
[2] En France, les personnes qui n'ont pas le baccalauréat.
[3] Les chercheurs notent que le pourcentage de femmes s'estimant dépressives est dans l'ensemble supérieur au pourcentage d'hommes, mais "il diminue plus fortement que celui des hommes sous l'effet de l'élévation du niveau de formation".
[4] Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, France, Hongrie, Italie, Irlande, Islande, Israël, Norvège, Pays-Bas, Portugal, et Slovénie.

*http://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/le-niveau-d-education-correle-a-une-diminution-du-risque-de-depression_2369201.html

MANIFESTATION Conférence « Prévention du suicide » Colmar (68) 26 octobre 2017

Conférence « Prévention du suicide »
26  OCTOBRE 2017

Conférence « Prévention du suicide »


Conférence Débat organisée par le Centre Hospitalier de Rouffach et l’Adapei Papillons Blancs d’Alsace dans le cadre de « la journée mondiale du suicide »

La prévention du Suicide, une affaire de tous, en parler tôt pour agir à temps.
Conférence menée par le Dr. Difa Wirrmann, Dr. Marie-Sa Guillon et M. rené Monami.

Jeudi 26 octobre de 14h à 17h – Résidence Henner – Colmar
Inscription au 06.15.86.27.07

Source info http://adapeipapillonsblancs.alsace/index.php/2017/09/12/conference/

MISE A JOUR MANIFESTATION BLOIS 13/09/2017 Journée technique – Prévention du suicide chez les personnes âgées

Retours sur manifestation Journée technique – Prévention du suicide chez les personnes âgées FRAPS 41 | 13 septembre 2017 | Blois

Loir-et-Cher - Santé  Suicide : ces signes à détecter
15/09/2017 lanouvellerepublique.fr*
La psychologue Marie-Pascale Laurent (à gauche) et le docteur Marc Fillatre, psychiatre, participaient au Rendez-vous santé. - La psychologue Marie-Pascale Laurent (à gauche) et le docteur Marc Fillatre, psychiatre, participaient au Rendez-vous santé.
La psychologue Marie-Pascale Laurent (à gauche) et le docteur Marc Fillatre, psychiatre, participaient au Rendez-vous santé.
Comment reconnaître une personne en crise suicidaire ? Comment l’aider à s’en sortir ? Ces questions ont été abordées, à Blois, au Rendez-vous santé.
L'isolement, un changement de comportement, un manque d'appétit, des troubles du sommeil, de la tristesse sont autant de signes qui doivent alerter l'entourage. C'est le message qu'ont fait passer le docteur Marc Fillatre, psychiatre et président du réseau de prévention du suicide Vies 37, et Marie-Pascale Laurent, psychologue clinicienne, responsable de la prépostvention et formatrice à Vies 37. Ils étaient réunis mercredi dernier, à Blois, lors du Rendez-vous santé, organisé par la Ville de Blois, le centre hospitalier blésois, Harmonie Mutuelle et La Nouvelle République, dont le thème était « Suicide : mieux comprendre pour mieux prévenir ».
Pour expliquer ce qu'était une crise suicidaire, la psychologue est partie d'un exemple qu'elle a lu à la centaine de personnes présentes dans la salle. « Il s'agit du directeur du personnel d'une entreprise de 80 personnes. Depuis deux ans, il ressent une certaine pression de sa hiérarchie. Il doit exiger davantage de son personnel et gérer des conflits. Il a dû reporter ses congés. Il se réveille la nuit. Il a perdu du poids. Il doit aussi faire face au décès de son frère. Avec sa femme, il y a quelques tensions. Elle lui reproche d'être trop préoccupé par son travail. A ce moment-là, que peut ressentir cet homme ?, demande Marie-Pascale Laurent à l'assistance. Quelles solutions peut-il trouver ? » La situation de ce monsieur va empirer… jusqu'au jour où il décide de prendre sa voiture, d'accélérer. Cela finit par un accident où il s'en sort avec une clavicule cassée. « Dans cet exemple, on se rend compte qu'il n'y a pas qu'un seul facteur déclenchant. Cet homme a été envahi par ses émotions. »
" Dans l'immédiat besoin d'une écoute "
Face à son désespoir et à un sentiment de ne plus appartenir à un groupe, souvent une personne ne voit pas d'autres choix que le passage à l'acte. « Dans l'immédiat, quelqu'un en souffrance a besoin d'une écoute, sans nécessairement apporter tout de suite une solution, explique le docteur Fillatre. Il faut reconnecter l'individu à son milieu de vie et l'aider à faire le premier pas vers des professionnels. »
Dans la salle, une infirmière s'interroge sur la scarification. « Ce genre de geste doit alerter, mais pour autant, il ne doit pas être assimilé tout de suite à une crise suicidaire, soulignent les deux intervenants. C'est assez complexe. »
Si certaines personnes indiquent leur intention de se suicider, d'autres ne le verbalisent pas. « Il faut donc être vigilant. »
 
*** 

 Des personnes âgées davantage touchées
15/09/2017 http://www.lanouvellerepublique.fr*
En 2014, en Loir-et-Cher, le taux de décès par suicide des 55 ans et plus pour 1.000 habitants était de 33 contre 19 sur le taux global de toute la population. La coordination départementale de prévention du suicide, animée par la Fédération régionale des acteurs en promotion de la santé de Loir-et-Cher, organisait, mercredi, à Blois, une journée sur cette thématique. Gériatres, psychologues et psychiatres sont intervenus à tour de rôle auprès d'environ 120 personnes intéressées par le sujet. « Parmi les causes de ces suicides chez les personnes âgées, on trouve la dépression et des maladies somatiques qui les font souffrir, souligne Nathalie Gisbert, psychiatre. Les seniors font des tentatives de suicide qui se transforment souvent en décès car leur corps ne les supporte pas. Il faut donc les aider à dépasser ce mal-être : cela passe par des traitements médicamenteux, mais aussi en leur apportant une compagnie, des activités, en les aidant à préparer leur retraite… » Pour le docteur Jean-Pierre Mary, exerçant au service de gérontologie de l'hôpital de Vendôme, une personne qui stoppe son traitement ou qui arrête de s'alimenter fait en quelque sorte une tentative de suicide. « Or, ce phénomène n'est pas assez pris en considération. »

http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/Sante/n/Contenus/Articles/2017/09/15/Des-personnes-agees-davantage-touchees-3225711



 INFO MANIFESTATION



Journée technique – Prévention du suicide chez les personnes âgées FRAPS 41 | 13 septembre 2017 | Blois



La coordination départementale Prévention du Suicide animée par la FRAPS 41 organise, en partenariat avec la Ville de Blois, une journée technique sur la prévention du suicide des personnes âgées.

Le département de Loir et Cher connaît malheureusement un taux de décès par suicide des 55 ans et plus pour 1000 habitants des plus élevés en France. (33 contre 19 sur le taux global de toute la population, sans distinction d’âge).

La journée technique se déroulera le mercredi 13 septembre à Blois, au foyer Escale Habitat, 37 rue Pierre et Marie Curie.

Elle est gratuite et ouverte aux professionnels et bénévoles. Une inscription est demandée en raison du nombre limité de places.
Inscription en cliquant sur le lien ci-contre > https://goo.gl/G3y6LH

La matinée sera consacrée à une plénière et l’après-midi s’articulera autour de 4 ateliers de travail. Vous trouverez le détail de la journée dans le programme en ligne, disponible via ce lien : https://goo.gl/K6Pg7s
Dans le cadre des journées Santé, la ville de Blois propose au grand public en soirée une conférence débat sur la prévention du suicide en présence du Dr FILLATRE de Vies 37, Réseau régional de Prévention du Suicide.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à contacter l’équipe de l’antenne FRAPS de Loir et Cher au 02.54.74.31.53 ou par mail antenne41@frapscentre.org
Plus d’informations :
AFFICHE VD
PROGRAMME DE LA JOURNÉE


1 er post 29/06/2017