vendredi 3 février 2017

MAROC Communiqué de l'Association Sourire de Reda Campagne annuelle à l'occasion du 5 février, Journée nationale de prévention du suicide des jeunes




Top départ pour un mois de février riche en actions de communication et de sensibilisation.
 

Campagne annuelle à l'occasion du 5 février, Journée nationale de prévention du suicide des jeunes 

Initiée en 2015, la campagne STOP AU SILENCE, réalisée par l'agence Mosaik et la société de production Sigma, souligne l’importance pour les jeunes d’exprimer leur souffrance afin de se sentir mieux et ​ainsi ​éviter​ l'isolement qui peut conduire​ ​au​ passage à l’acte. 

La campagne démarre aujourd'hui sur Hit Radio avec les premiers spots.
Meryeme Bouzidi Laraki, Présidente de Sourire de Reda, sera l'invitée de Doc Samad dans son émission "On t'écoute" à minuit.

Grâce à la générosité de nos partenaires médias :
- Diffusion de nos spots radio sur Atlantic Radio, Chada FM, Hit Radio, Med Radio, MFM et Radio Mars à partir du 5 février.
- Annonces-presse dans Assabah, L'Economiste, Nafs et Telquel.
- Bannières et capsules vidéos sur plusieurs site web comme, Avito, Chouf TV, Hibapress, El Botola, SanTeV, We Love Buzz.
- Des affiches 4x3 dans Casa.





Samedi 4 février : Pièce de théâtre à la FOL "A mon âge je me cache pour fumer"
Merci à la troupe Kalima'T qui se produit à la Fol samedi soir au profit de Sourire de Reda.
Une très belle pièce, engagée et pleine d'émotions.
50 dirhams. Billes en vente sur place


Dimanche 5 février à partir de 11h : Ateliers - Brunchs créatifs et sensoriels à la FOL

Un dimanche original, créatif et plein de saveurs !

Des professionnels passionnés animeront bénévolement 8 ateliers sur l'expression des émotions : Argile, Collage, Mandala, Maquillage, Danse impro,Théâtre d'improvisation, Parcours sensoriel et Espace d'expression.
Trois espaces pour le brunch régaleront vos papilles :
- Beldi avec La Sqala
- Healthy avec Ish
- Vegan avec Damanjot
Sans oublier la présence du studio Y'a Pas Photos.

N'hésitez pas à nous rejoindre, seul, en couple ou en famille !




Les Murs du Sourire 

Bien que notre thématique soit grave, nous souhaitons développer des actions porteuses de valeurs joyeuses et positives. 
C'est pourquoi nous nous sommes associés à ED et Placebo, célèbres artistes du street art, pour créer des Murs du Sourire. 
Ces talents au grand coeur vont réaliser une performance sur le thème «Créer – Sourire – Vivre» en graffant des murs de Casablanca. Leur créativité donnera lieu à deux magnifiques fresques urbaines que vous pourrez découvrir la semaine prochaine à la Médina et au Marché Central.
Ce sera l'occasion pour le réalisateur Actarus de faire deux belles vidéos qui seront diffusées sur les réseaux sociaux.
Merci également à l'Association Sqala, la Fondation Noufissa Pharma5 et L'Uzine pour leur précieux soutien.




Conférence de presse à La Sqala jeudi 9 février à 9h
- Bilan de notre activité et chiffres clés.
- Présentation des premières photos des murs. 
- Animation par Younes Lahiaoui, Directeur Général de Nafs et consultant en développement personnel, d'un atelier spécialement destiné aux journalistes sur "les bonnes pratiques de communication et d’utilisation de l’image dans le traitement médiatique du suicide".

Nous remercions chaleureusement tous nos partenaires sans qui ces actions n'auraient pu être menées ainsi que tous ceux qui nous soutiennent tout au long de l'année, entreprises et bénévoles. 
Merci d'être à nos côtés. 
Nous sommes tous engagés pour aider les jeunes en souffrance à retrouver le sourire.

Meryeme Bouzidi-Laraki et Véronique Fima

-- 
Sourire de Reda
Association marocaine, pour venir en aide aux jeunes en souffrance et prévenir le suicide
Administration
Tel: + 212 5 22 87 47 40 Gsm: + 212 6 62 58 95 70

jeudi 2 février 2017

Inauguration du Centre Popincourt (75) ce soir à 19h..en préparation

Répétition du concert de 19h30 pour l'inauguration du Centre Popincourt à l'occasion des JNPS

ETUDE RECHERCHE Groupes de soutien pour enfants et adolescents endeuillés par suicide quelle efficacité ?

Support groups for children and adolescents bereaved by suicide: lots of interventions, few evidence
Katia Journot-Reverbel a,  Jean-Philippe Raynaud a,  Eric Bui b, Alexis Revet a, ,
a CHU de Toulouse, Hôpital La Grave, Service Universitaire de Psychiatre de l’Enfant et de l’Adolescent, 31059 Toulouse cedex 9, France
b Psychiatry Department, Massachusetts General Hospital/Harvard Medical School, Boston, MA
Received 9 September 2016, Revised 30 December 2016, Accepted 27 January 2017, Available online 1 February 2017
 
Bien que de nombreuses interventions différentes soient proposées pour les enfants et adolescents suicidés, peu de données existent concernant leur efficacité. Cette revue de la littérature a porté sur les interventions psychosociales ciblant spécifiquement les enfants et les adolescents endeuillés par le suicide afin d'essayer de proposer quelques lignes directrices thérapeutiques valables pour les cliniciens. Nous n'avons trouvé que deux articles ciblant spécifiquement les enfants ou les adolescents: les deux semblaient montrer une certaine efficacité dans la réduction de certaines variables psychosociales (anxiété, dépression ...) chez les enfants suicidés mais les résultats étaient limités par des problèmes méthodologiques. Cet examen ne fournit pas de recommandations fondées sur des données probantes pour les enfants endeuillés au suicide et souligne le besoin crucial de recherche dans ce domaine.
Correspondence to: Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (SUPEA), CHU de Toulouse, Hôpital La Grave, TSA60033, 31059 Toulouse cedex 9, France. Tel.: +33 561777874; fax: +33 561777902.
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0165178116315426

ETUDE RECHERCHE Les lignes directrices de l'EPA sur le traitement et la prévention du suicide doivent être adaptées pour lutter contre les épidémies de suicide dans la région du Pôle Nord et d'autres communautés autochtones

Les lignes directrices de l'EPA sur le traitement et la prévention du suicide doivent être adaptées pour lutter contre les épidémies de suicide dans la région du Pôle Nord et d'autres communautés autochtones

Titre original : The EPA guidance on suicide treatment and prevention needs to be adjusted to fight the epidemics of suicide at the North Pole area and other autochthonous communities
P. Charlier a, b, , J. Malaurie c D. Wasserman d V. Carli d M. Sarchiaponee C. Dagenais-Everell a, f,,C. Herve a, b
a UVSQ/EA 4569, Paris-Descartes University, 78180 Paris, France
b CASH & IPES, 92000 Nanterre, France
c EHESS, 75013 Paris, France
d National Centre for Suicide Research and Prevention of Mental Ill (NASP), Karolinska Institute, Stockholm, Sweden
e Medicine and health Science Department, University of Molise, Via De Santis, 86100 Campobasso, Italy
f McGill University, Montreal, Canada
Received 19 October 2016, Revised 9 November 2016, Accepted 10 November 2016, Available online 30 January 2017
Corresponding author at: Section of Forensic and Medical Anthropology, UFR of Health Sciences, EA 4569 Paris-Descartes, 2, avenue de la Source-de-la-Bièvre, 78180 Montigny-Le-Bretonneux, France. Tel.: +33 1 70 42 92 72.

De plus en plus, le suicide des jeunes dans la communauté inuite gagne en importance, la fréquence au Groenland passant de 14,4 (1960-64) à 110,4 pour 100 000 personnes-années (2010-11). Les énormes changements culturels et éducatifs des 20 dernières années et le rôle de la mondialisation, en particulier de l'influence occidentale sur cette communauté, peuvent être à l'origine d'une telle «épidémie» de suicide dans cette région culturelle. Récemment, une organisation politique représentant la communauté inuite au Canada (ITK pour Inuit Tapiriit Kanatami) a lancé une Stratégie nationale de prévention du suicide chez les Inuits (NISP) en se fondant sur les spécificités de cette communauté par rapport à la civilisation occidentale. En fait, non seulement la communauté inuite canadienne est préoccupée par ces épidémies de suicide, mais aussi par de nombreux autres groupes autochtones. Dans ce contexte, les orientations de l'European Psychiatric Association (EPA) sur le traitement et la prévention du suicide doivent être adaptées aux besoins des personnes autochtones.

La HAS planche sur le burn-out

La HAS planche sur le burn-out
Rozenn Le Saint et François Desriaux
Article Web - 31 janvier 2017  sante-et-travail.fr/la-has-planche-sur-le-burn-out_fr_art_641_78317.html

La Haute Autorité de santé (HAS) prépare des recommandations à l’attention des médecins pour la prise en charge thérapeutique et l’accompagnement des personnes atteintes de burn-out. En excluant la prévention et en intégrant la fragilité psychologique individuelle, la démarche inquiète des médecins du travail.


Le burn-out, ou syndrome d’épuisement professionnel, a le vent en poupe. Sa reconnaissance comme maladie professionnelle est l’un des chevaux de bataille de Benoît Hamon, vainqueur dimanche soir de la primaire socialiste. Et, depuis juin 2016, une mission d’information emmenée par le député frondeur Gérard Sebaoun, lui-même ancien médecin du travail, planche sur ce thème à l’Assemblée nationale. Son rapport devrait sortir d’ici la fin du premier trimestre.
Selon nos informations, la Haute Autorité de la santé (HAS) a également été saisie de cette question par un courrier de Marisol Touraine daté du 27 avril 2016. Dans les documents de travail de la HAS auxquels Santé & Travail a eu accès, il est indiqué que la ministre de la Santé a souhaité « l’élaboration de recommandations de bonne pratique à destination des médecins du travail et des médecins généralistes sur le repérage, la prévention et la prise en charge du syndrome d’épuisement professionnel (SEP) ou burn-out, ainsi que sur l’accompagnement des personnes lors de leur retour au travail ». Cette demande s’inscrit dans le troisième plan santé au travail (PST3), lequel prévoit de s’attaquer à la prévention des risques psychosociaux (RPS), notamment à celle du burn-out.
Exit la prévention
Sauf que, d’après les documents que nous nous sommes procurés, la version du projet de « fiche mémo »[1] soumise à des experts de différentes disciplines, à des associations de patients et à des organismes de recherche a d’emblée écarté la prévention. « Ces recommandations se limitent au volet clinique du thème : l’action sur le milieu et l’organisation du travail est exclue du champ de ces recommandations », peut-on lire dans le préambule. Celle-ci est « néanmoins indispensable dans une démarche de prévention primaire, secondaire ou tertiaire du burn-out », affirme l’un des documents de la HAS. Mais elle est renvoyée à un groupe de travail associant l’ensemble des responsables des ministères du Travail et de la Santé et des partenaires qui aborderont cette question dans le cadre du PST3.
Un choix qui étonne et inquiète plusieurs spécialistes de santé au travail que nous avons consultés. Ainsi, pour l’un d’entre eux, « ce “saucissonnage” n’est pas pertinent, surtout que les recommandations de la HAS s’adressent certes aux généralistes, mais aussi aux médecins du travail, lesquels sont chargés d’une mission exclusivement préventive ».
Pour Philippe Davezies, chercheur en médecine et santé au travail, « la confusion de départ [avant la saisine de la HAS, NDLR], c’est d’avoir fait du burn-out une maladie. Cela fausse tout le raisonnement. Le syndrome d’épuisement professionnel est une manifestation de la souffrance au travail, une spirale dangereuse qui peut déboucher sur des pathologies psychiques classiques, comme la dépression, ou sur des pathologies somatiques chroniques, comme les pathologies cardiaques. Pour éviter de basculer dans la maladie, la voie la plus sûre est d’aider les salariés à penser et à exprimer les conflits de logique non discutés auxquels ils se trouvent confrontés en situation de travail et qu’ils affrontent dans l’isolement ».

Fragilité personnelle

Une autre approche de la HAS sème le trouble chez les professionnels de la santé au travail : celle des caractéristiques personnelles des sujets (traits de personnalité, antécédents dépressifs…) comme facteurs de risque du burn-out. Certes, le projet de fiche mémo discuté prend bien soin de préciser que « ces facteurs individuels ne peuvent servir qu’à préconiser une prévention renforcée, et ne sauraient bien sûr en aucun cas constituer un élément de sélection des travailleurs », mais la mention de tels facteurs choque plusieurs de nos interlocuteurs des services de santé au travail. « Evoquer les fragilités personnelles comme un terreau propice au développement du burn-out n’incite pas à la réflexion sur les mesures collectives destinées à prévenir ce risque lié à l’organisation du travail », regrette l’un d’entre eux. D’autant que le rapport d’élaboration de la HAS, qui a servi de base à l’établissement de la fiche mémo, rappelle qu’en l’état actuel des données scientifiques il est impossible d’établir un lien de causalité entre ces caractéristiques personnelles et le syndrome d’épuisement professionnel.

Rôle clé du médecin du travail

Au-delà de ces aspérités, on retiendra du projet de fiche mémo que la HAS invite d’abord les médecins du travail à s’interroger sur les conditions de travail et les six catégories de facteurs de RPS tirés du rapport de Michel Gollac : l’intensité et l’organisation du travail inadaptées, les exigences émotionnelles importantes, l’autonomie inadaptée, les relations de travail dégradées, les conflits de valeurs et l’insécurité de l’emploi. Dans la partie consacrée à la prise en charge des victimes d’épuisement professionnel, sujettes « au risque suicidaire, aux troubles de l’adaptation, anxiodépressifs, syndromes post-traumatiques chroniques », la HAS préconise que « le médecin traitant se [mette] en contact avec le médecin du travail (sous réserve de l’accord du malade) pour alerter et avoir un éclairage sur le lieu de travail ». Elle souligne également le rôle clé du médecin du travail et de l’équipe pluridisciplinaire dans la préparation au retour à l’emploi du salarié traumatisé par ses conditions d’exercice professionnel.


A LIRE, A VOIR AILLEURS SUR LE WEB
– L’article de L’Express sur l’accord signé à La Poste par la CFDT sur les conditions de travail des facteurs. La CGT consulte ses adhérents avant de se prononcer, Sud refuse de parapher le texte.
– L’intervention de Marisol Touraine à l’Assemblée nationale sur La Chaîne parlementaire du 24 janvier 2017. La ministre de la Santé propose de revoir « complètement les conditions d’aptitude » à certains métiers qui excluent les diabétiques, suite à la pétition lancée par la Fédération française des diabétiques.
– L’article de Libération du 26 janvier sur l’ouverture du deuxième procès AZF.
Rozenn Le Saint et François Desriaux
Article Web - 31 janvier 2017

http://www.sante-et-travail.fr/la-has-planche-sur-le-burn-out_fr_art_641_78317.html

Lancement d’une grande enquête nationale. Santé mentale des jeunes et futurs médecins

Lancement d’une grande enquête nationale. Santé mentale des jeunes et futurs médecins
Communiqués de presse InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale *



Mardi 31 janvier 2017

Les jeunes et futurs médecins sont des catégories de soignants particulièrement touchées par le risque
suicidaire. Une étude internationale publiée dans le JAMA fin 2016, a annoncé ces chiffres : 11,1% de risques
suicidaires chez les étudiants en médecine et 27,2% de dépression.

Nous n’avons à ce jour que peu d’informations quant aux déterminants des risques psycho-sociaux des jeunes et futurs médecins.

C’est pourquoi, à l’initiative de l’ISNI, les structures jeunes (ANEMF, ISNAR-IMG, ISNCCA et ISNI) ont décidé d’agir pour évaluer l’importance du problème, identifier les facteurs favorisants et apporter des solutions adaptées et concrètes.

Nous avons travaillé de concert pour réaliser une grande enquête nationale auprès des externes, internes, chefs de clinique assistant(e), assistant(e)s hospitalo-universitaires et assistant(e)s spécialistes. Cette enquête permettra de mieux comprendre les mécanismes déterminants de la souffrance psychique des jeunes et futurs médecins.

Les résultats, disponibles au printemps 2017, feront l’objet d’un travail approfondi afin de mettre en place un ambitieux plan de prévention et de prise en charge des risques  psycho-sociaux à destination des jeunes professionnels de santé.

La qualité des soins est tributaire du bien-être des soignants !
Pour l’ISNI, Oliver LE PENNETIER, Président
Pour l’ISNAR-IMG, Camille TRICART, Présidente
Pour l’ANEMF, Antoine OUDIN, Président
Pour l’ISNCCA, Alexis LEPETIT, Président par interim
Contacts presse :

Olivier LE PENNETIER – Président de l’ISNI – president@isni.fr | 06.50.67.39.32
Leslie GRICHY – Vice-présidente questions sociales de l’ISNI – questionssociales@isni.fr | 06.31.20.05.86
Camille TRICART – Présidente de l’ISNAR-IMG – president@isnar-img.com | 06.73.07.53.01
Stéphane BOUXOM – Porte-parole de l’ISNAR-IMG – porteparole@isnar-img.com | 06.73.07.52.85
Antoine OUDIN – Président de l’ANEMF – president@anemf.org | 06.45.87.97.02
Clément LE ROUX – Vice-président Santé Globale de l’ANEMF – santeglobale@anemf.org | 06.06.45.15.02
Alexis LEPETIT – Président par interim de l’ISNCCA – president@isncca.org | 01.45.87.85.43
Ludivine NOHALES – Vice-présidente de l’ISNCCA – ludivine.nohales@gmail.com | 06.32.52.72.57

Version PDF de l’article

https://www.isnar-img.com/sante-mentale-jeunes-futurs-medecins-lancement-dune-grande-enquete-nationale/

PRESSE Dépression : trop peu diagnostiquée et trop peu traitée

Dépression : trop peu diagnostiquée et trop peu traitée
Une personne sur dix souffrira d'au moins un épisode de cette maladie au cours de sa vie.
Lochouarn, Martine
Le Figaro, no. 22542
Le Figaro, lundi 30 janvier 2017, p. 16
Santé
PSYCHIATRIE C'est une des maladies les plus fréquentes, au nom si banalisé qu'on oublie parfois ce qu'il signifie vraiment. « Pour le médecin, parmi les symptômes de la dépression, deux ont une sensibilité et une spécificité telles que leur présence continue pendant plus de 15 jours suffit à repérer de façon fiable une authentique dépression : l'humeur dépressive, c'est-à-dire la tristesse que rien n'arrive à distraire, et l'anhédonie, la perte de la capacité à éprouver du plaisir avec ce que l'on aime faire en temps normal » , explique le Pr Pierre-Michel Llorca, psychiatre (CHU Clermont-Ferrand). En France, une personne sur dix souffre au cours de sa vie d'un épisode dépressif caractérisé - une dépression vraie - qui peut être unique ou récidiver. Et environ 30 % des patients en médecine générale présentent à un moment un ou plusieurs symptômes dépressifs : ceux cités, mais aussi fatigue matinale, troubles du sommeil, troubles alimentaires, sentiment de culpabilité, difficulté à se concentrer, idées noires...
« Il est important de consulter alors son médecin en raison des conséquences possibles de la dépression, insiste le Pr Christophe Lançon, psychiatre (hôpital Sainte-Marguerite, Marseille). On sait qu'un suicide sur deux survient chez quelqu'un qui fait ou a fait une dépression. Même si la dépression n'est pas directement responsable du suicide, elle est un facteur de risque important qu'on peut réduire en la soignant. »
Des facteurs de vulnérabilité au suicide permettent de repérer un risque accru de passage à l'acte. « Une tentative de suicide antérieure ou des antécédents familiaux de suicide, la maltraitance précoce augmentent ce risque et doivent être recherchés, explique le Pr Philippe Courtet, psychiatre (CHU Montpellier). Plus le risque est imminent et le soutien de l'entourage faible, plus le médecin aura tendance à hospitaliser . » Mieux former les médecins généralistes au diagnostic, à l'évaluation de la gravité et au traitement de la dépression est efficace dans la prévention du suicide.
Le médecin va aussi demander un bilan sanguin pour éliminer une cause médicale à cet état dépressif. « Ne pas faire ce minimum constitue une perte de chance pour les patients » , insiste le Pr Lançon. « Outre l'augmentation du risque suicidaire, la dépression retentit aussi sur la santé en perturbant des fonctions majeures de l'organisme comme le sommeil, l'alimentation, la libido... » , indique le psychiatre. Or le risque de récidive est élevé - 50 % après un premier épisode dépressif - et même un épisode unique laisse une vulnérabilité.
La dépression reste cependant très sous-diagnostiquée, et pas uniquement en médecine générale. « Dans des maladies inflammatoires comme la sclérose en plaques ou les rhumatismes, la dépression, beaucoup plus fréquente, semble favorisée par l'inflammation chronique. Un événement de vie grave comme un infarctus peut déclencher une dépression qui est un facteur de moins bon pronostic d'évolution de l'infarctus. Des cardiologues américains prescrivent d'ailleurs à titre préventif des antidépresseurs après un infarctus » , indique le Pr Llorca, pour qui « il faudrait systématiser la détection de la dépression dans ces pathologies graves » .
Sous-diagnostiquée, la dépression est aussi sous-traitée. Si l'intensité de la dépression le justifie, le médecin peut prescrire un antidépresseur choisi en priorité parmi ceux qui ont le moins d'effets secondaires notamment comme les inhibiteurs de recapture de la sérotonine. Mais il faut suivre de près les malades en début de traitement, et commencer à faibles doses pour réduire ces effets secondaires. « Il n'y a pas d'outil pour prédire si un patient va mieux répondre à tel ou tel antidépresseur et le choix reste assez empirique. Souvent, la dose ou la durée de prescription sont insuffisantes » , indique le Pr Llorca. Un délai de quatre à six semaines est recommandé pour juger de l'efficacité. Pour le Pr Lançon, « il est irréaliste de demander à un patient d'attendre quatre à six semaines avant une amélioration. Il faudrait pouvoir réévaluer le traitement après trois ou quatre jours pour mieux adapter les doses . »
Ce traitement antidépresseur doit être poursuivi au moins six à huit mois après la disparition complète de tous les symptômes initiaux pour éviter un risque de rechute. Associées aux antidépresseurs, les psychothérapies, en particulier cognitivo-comportementales, ont démontré leur efficacité, tout comme la sismothérapie dans les dépressions graves. L'efficacité de la stimulation magnétique transcranienne a surtout été évaluée dans les dépressions résistantes aux antidépresseurs et nécessite des équipements complexes. La meilleure connaissance des bases biologiques de la dépression ouvre aussi de nouvelles perspectives. « Ainsi, la kétamine, un anesthésique général très puissant contre la douleur, offre un recours majeur dans la prévention du suicide en « cassant » immédiatement les idées suicidaires. Elle est en cours d'essais cliniques, il faut donc attendre » , explique le Pr Courtet.

ILE DE LA REUNION le projet Zécrisbus

"Il faut développer la politique de prévention des suicides"
jponinballom
Jeudi 2 février 2017 actus.clicanoo.re
3 questions à… Danon Lutchmee. L’anthropologue, formatrice et directrice de l’Association Prévention Suicide, présente ce soir une conférence sur la prévention du suicide à Saint-Pierre.
Officiellement, il y a eu 95 suicides en 2016. C'est plus que les morts sur les routes. Et pourtant, on voit plus de messages pour la sécurité routière… Estimez-vous que les pouvoirs publics oublient les personnes suicidaires dans leur campagne de prévention ?
Les campagnes de prévention du suicide sont en effet moins importantes que celles de la sécurité routière. On en est toujours à environ une centaine  de suicides par an à La Réunion et pourtant, les aides et subventions pour la prévention n'ont pas beaucoup augmenté. L'État, comme d'ailleurs les citoyens, n’est pas toujours à l'aise pour parler de cette problématique car le sujet reste encore trop tabou. Si on augmente les moyens, je suis convaincue que les chiffres baisseraient. Déjà, à APS, nous voyons tout ce qu'on pourrait faire comme prévention mais, faute de moyens, on n'ose pas entreprendre de nouveau projet.
On voit environ 10 millions d'euros pour toute la crise requin alors que, pour la prévention du suicide, ce sont de maigres finances qui sont allouées. J'espère que dans le prochain plan régional de prévention, on développera une nouvelle politique de prévention du suicide à La Réunion.
Que faudrait-il mettre en place concrètement ?


Concrètement, il serait urgent de former davantage les familles sur la connaissance de cette problématique, leur expliquer les causes du mal-être et de la souffrance des personnes -en partie liée à notre environnement familial et social. On doit également leur montrer les conséquences du mal-être qui pousse au suicide, leur apprendre à repérer les signes précurseurs chez les personnes vulnérables. Et à aller vers les personnes en difficulté car elles ne viennent pas spontanément demander de l'aide par honte ou par crainte du regard des autres.
Vous travaillez sur le projet Zécrisbus. En quoi cela va consister ?
Depuis la dernière journée nationale de prévention du suicide en février 2016, et forte de notre expérience d'écoute sur notre numéro vert (0262 35 69 38), il était important d'élaborer ce projet de Zécrisbus. Le Zécrisbus est un bureau mobile qui sillonnerait les Hauts de notre île pour se rapprocher des personnes vulnérables et qui ont des difficultés à gérer leurs situations de vie. APS souhaite proposer à ce public de rédiger leurs documents administratifs ou leur donner des renseignements sur les possibilités d'insertion sociale et professionnelle. Zécrisbus ne sera qu'un premier maillon dans la chaîne des aides possibles. Deux personnes (un écrivain social et une chargée sociale) accueilleront les personnes dans le Zécrisbus pour rédiger et échanger avec elles. Le Zécrisbus fera connaître son passage par le biais des associations et des collectivités. Nous pensons atteindre 2 000 à 3 000 personnes dans l'année. Pour l'instant, nous avons déjà le soutien financier du Crédit Agricole, le soutien logistique de la Case Zouzou et nous attendons d'autres soutiens. C'est un projet qui ne peut se faire qu'avec notre réseau de partenaires et le soutien de tous.
 

Entretien : J.P-B.
Conférence-débat "Relier, communiquer et prendre soin pour prévenir le suicide à la Réunion" ce 2 février à 18 heures à l’amphi IFS au CHU de Saint-Pierre.

http://actus.clicanoo.re/article/soci%C3%A9t%C3%A9/1426953-il-faut-d%C3%A9velopper-la-politique-de-pr%C3%A9vention-des-suicides

Bordeaux : au centre Abadie, on aide les jeunes suicidaires grâce à la musique

Bordeaux : au centre Abadie, on aide les jeunes suicidaires grâce à la musique

Par Mélanie Juvé, France Bleu Gironde jeudi 2 février 2017 *
Le docteur Xavier Pommereau et les adolescents de l'atelier Live. © Radio France - Mélanie Juvé

Pour la journée mondiale de prévention du suicide, le centre Jean Abadie de Bordeaux qui prend en charge des adolescents qui ont fait des tentatives de suicide, a ouvert les portes d'un de ses ateliers, celui de musique. Il permet d'accompagner les jeunes pour qu'ils expriment leur mal-être.

Dans une petite pièce du centre Abadie, six adolescents répètent plusieurs fois "Stairway to Heaven", une célèbre chanson de Led Zeppelin. Chacun à sa place, à la guitare, au piano, au chant ou a la batterie.

Depuis cinq ans, les adolescents accueillis à l'Unité Médico-Psychologique de l'Adolescent et du Jeune Adulte (UMPAJA) viennent à l'atelier de musique Live, un des ateliers d'expression que propose le centre.

Le docteur Xavier Pommereau, chef du service qui prend en charge ces jeunes, est à la guitare avec eux pendant presque deux heures. Car ici, les soignants s'impliquent dans les tous les ateliers. Un moyen de libérer la parole des jeunes grâce à une création commune.

"Ça m'aide tous les jours" — Mylène, 17 ans.

"Ce que les ados supportent mal, c'est le psy retranché derrière son bureau qui analyse tout sans rien dire, explique le Dr Pommereau. Ils sont capables de montrer qu'ils vont mal mais ils ne sont pas capables de l'exprimer avec des mots et surtout pas à quelqu'un qui ne renvoie rien ! Le principe thérapeutique qu'on fait ici, c'est qu'on met la main à la pâte aussi."

Et ça marche. "Ça m'aide tous les jours en tant que thérapie et aussi en tant que plaisir, confie Mylène*, 17 ans. Au final on se connaît tous bien, il y a une énorme ambiance et toutes les semaines on a hâte de venir ici, de jouer avec tout le monde. C'est une passion."
Deux jeunes filles à l'atelier Live. © Radio France - Mélanie Juvé

A la batterie, il y a Lucas*. Venir ici, c'est important pour lui : "Pour me défouler, évacuer un petit peu, se détendre. Et avec l'esprit de groupe aussi, c'est pas mal".
Une transformation de la souffrance

"Ce n'est pas un atelier d'occupation, ajoute Xavier Pommereau. C'est un atelier de création, de production et de transformation de la souffrance que ces jeunes peuvent avoir en quelque chose qui fait du bien. Quand ils sortent de l'atelier Live en général ils sont détendus, et nous aussi parce qu'on prend du plaisir avec eux."

Les jeunes participent aux ateliers en fonction de leur compétences et de ce qui les intéresse. Il y en a un différent pour chaque jour de la semaine, comme l'atelier de cuisine, ou la confection de masques. Les adolescents du groupe de musique se produiront au Rocher de Palmer à Cenon le 10 février prochain, dans le cadre d'O21/s’Orienter au XXIe siècle, un événement du journal Le Monde .

*Les prénoms ont été modifiés.
https://www.francebleu.fr/infos/societe/bordeaux-au-centre-abadie-aide-les-jeunes-suicidaires-grace-la-musique-1485972069

BELGIQUE LITTERATURE JEUNESSE Les poissons d’Océane

Les poissons d’Océane,  Auteur : Nathalie Slosse,  Illustrations: Rosalie Van Waeyenberge & Agnes Loonis
Editeur: Talismanneke
octobre 2016
Prix indicatif: 5,00 €

« Les poissons d’Océane » est un livret pour rendre le thème du suicide abordable avec de jeunes enfants. Océane connaît tous les poissons de l’aquarium de son papy. Saphir, un des poissons, se comporte de façon étrange. Un jour il saute hors de l’eau. Heureusement son papy le trouve à temps et le sauve en le remettant dans l’aquarium. Mais une seconde fois Océane et son papy seront trop tard. Avec l’aide de son papy, Océane essaie de comprendre.
verso OcéaneLe livret est petit, mais il a une double fonction. D’un côté il y a l’histoire d’Océane et sur le côté verso la famille et les amis sont invités à apporter une touche personnelle au dessin en noir et blanc, de façon à rendre visible leur soutien et leur amitié. Ainsi l’enfant recevra en un coup d’oeil le message chaleureux de tous les gens qui sont là pour l’aider à supporter la perte douloureuse.
Les livrets peuvent être commandés uniquement chez l’asbl Talismanneke au prix de 5 € / pièce (également disponible en Néerlandais: “Océane en haar visjes »). Envoyez nous un mail pour passer votre commande.

Cliquez ici pour lire l’histoire sur la rencontre entre l’auteure et la seule et unique Océane.

En savoir Plus http://talismanneke.be/fr/project/les-poissons-doceane/