vendredi 14 octobre 2016

LOOS (59) Une unité d’hospitalisation pour les enfants en souffrance psychique

LOOS  Une unité d’hospitalisation pour les enfants en souffrance psychique Par BRUNO TRIGALET (TEXTES)
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En pédopsychiatrie plus encore qu’en psychiatrie pour les adultes, l’hospitalisation est le dernier recours. «  Mais quand la souffrance psychique est telle que rien ne va plus en famille et à l’école, qu’il y a un risque pour l’enfant ou son entourage, que le pronostic vital peut être engagé, en cas d’anorexie sévère par exemple ou de tentative de suicide, il faut une prise en charge totale  ». Le docteur Frédéric Kochman, pédopsychiatre et président de la commission médicale de la clinique Lautréamont, explique en quelques mots l’importance qu’il y avait à ouvrir cette unité.
La clinique Lautréamont, installée sur le site de l’ancienne usine DMC, a été fondée en 2007 par le docteur Sauveur Ferrara. C’était déjà un établissement de soins psychiatriques pour jeunes mais seulement en accueil de jour. Le groupe ORPÉA a racheté la structure loossoise en 2010. Et a ouvert dans le même temps une unité d’hospitalisation complète (30 lits destinés à des adolescents et jeunes adultes de 16 à 25 ans), une autre d’hospitalisation de jour (pour 15 jeunes de 13 à 25 ans) et de nuit (5 lits).
En 2011, l’Agence régionale de santé a lancé un appel d’offres pour l’ouverture de lits d’hospitalisation pour enfants plus jeunes, de 8 à 15 ans. Le groupe ORPÉA a obtenu un agrément pour 11 lits. Un bâtiment tout neuf a été érigé dans l’enceinte de la clinique mais à distance des locaux existants.
Depuis janvier, l’unité accueille en permanence onze enfants. Chaque matin, le bureau des admissions reçoit des enfants accompagnés de leurs parents ou de leurs éducateurs. «  On a déjà une soixantaine d’enfants sur la liste d’attente  » précise Stéphane Désire, le directeur de la clinique.

Des besoins considérables
Ainsi que l’a précisé mardi après-midi Hélène Toussaint, directrice territoriale de l’Agence régionale de santé, la région Hauts-de-France est à la fois la deuxième région la plus jeune de France et celle dont les indicateurs de santé sont les plus mauvais. Mme Toussaint livra quelques autres chiffres : environ 21 000 enfants et adolescents de moins de 16 ans sont soignés en hospitalisation de jour ou complète et un enfant de moins de 18 ans sur trente est en file d’attente aux CMP de la région (centres médico-psychologiques), ce qui est énorme. «  Nos sociétés font beaucoup pour les enfants. On construit des écoles, des crèches, des structures de loisirs mais en matière d’accompagnement des jeunes patients et de la prise en charge des souffrances psychiques, il y a beaucoup à faire, dit le docteur Jean-Claude Marian, fondateur et président d’ORPÉA, leader européen du marché privé de la prise en charge des dépendances. Et les besoins sont considérables.  » On comprend d’ailleurs qu’un projet d’aménagement du premier étage de l’unité est déjà sur les rails afin d’augmenter sa capacité d’accueil, une fois que l’agrément de l’ARS pour les lits supplémentaires sera accordé.

Clinique Lautréamont, 1, rue de Londres à Loos. Tél. : 08 26 10 99 90.



Une hospitalisation moyenne de 12 jours

«  La durée de séjour est courte, de douze jours en moyenne, explique le docteur Kochman. Mais le programme est intensif : les jeunes patients ont des journées bien remplies avec plusieurs heures de thérapie, des séances avec une psychomotricienne, un professeur de sport qui leur fait faire un tas d’activités dont de l’équithérapie  ». «  Il y a aussi dans l’équipe, complète Blandine Delignon, deuxième médecin pédopsychiatre qui intervient dans l’unité, six infirmiers, une cadre de santé, deux éducateurs, deux aides-soignants, deux psychologues, une assistante sociale, un art-thérapeute, une secrétaire responsable des admissions et deux agents  ».

Troubles d’enfance
Les locaux sont lumineux, la décoration gaie, les chambres spacieuses et dotées d’un équipement moderne ; il y a des salles d’activités, une salle de télé équipée d’un vidéoprojecteur, un jardin et une terrasse où ils peuvent faire du sport et se détendre. «  Mais pas de télé dans les chambres, parce que nombre d’entre eux sont atteints de cyberdépendances  » précise M. Kochman.
Les principales pathologies que présentent les enfants sont les troubles de l’humeur (comme la bipolarité), les troubles déficitaires de l’attention, les troubles obsessionnels compulsifs. Il peut aussi y avoir des enfants souffrant de troubles anxieux, d’autisme, d’addictions, notamment les cyberdépendances, et aussi des troubles du comportement alimentaire (anorexie prépubère, boulimie). Ou même de schizophrénie infantile. Il y a très peu d’unités d’hospitalisations publiques ou privées de cette nature. C’est pourquoi les enfants hospitalisés ici viennent parfois d’assez loin, du Pas-de-Calais ou du Douaisis, notamment. Les enfants sont orientés vers l’unité par des médecins. La clinique, conventionnée par la Sécurité sociale et agréée par les mutuelles s’inscrit dans l’offre globale de soins psychiatriques régionale.

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