jeudi 2 novembre 2023

Face au mal-être des agriculteurs dans le Lot, un réseau de sentinelles va veiller sur la profession

 Face au mal-être des agriculteurs dans le Lot, un réseau de sentinelles va veiller sur la profession

  • Une partie des partenaires qui ont reçu Olivier Damaisin, coordinateur national interministériel "mal être en agriculture" (à droite).
    Une partie des partenaires qui ont reçu Olivier Damaisin, coordinateur national interministériel "mal être en agriculture" (à droite). DDM LaeB
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l'essentiel Face au mal-être croissant des agriculteurs, l'Etat a établi une feuille de route qui prévoit notamment le déploiement d'un réseau de sentinelles. Ce dispositif a reçu l'approbation de l'ensemble des partenaires lotois, en premier lieu l'association Agri-Solidarité qui a reçu le coordinateur national interministériel "Mal-être en agriculture", ce mardi.

Aussi beau et agréable soit le cadre de vie dans le Lot, il n'empêche que le mal-être des agriculteurs est bien réel sur ce territoire. Loin d'être épargnée par les difficultés, la profession les cumule... Aléas climatiques récurrents (sécheresse, grêle, inondation...), hausse des prix des intrants, inflation, épuisement et pénibilité du métier, surcharge administrative, agribashing... La liste est longue et l'association Agri-Solidarité voit les besoins et la fragilité des agriculteurs lotois croître d'année en année, tout comme le nombre d'exploitations en difficulté qui ne cesse d'augmenter. "Ce sont 30 à 40 dossiers que nous accompagnons par an", faisait remarquer Alain Lafragette, président d'Agri Solidarité Lot.

Ce mardi, à l'occasion de la tenue du conseil d'administration de l'association, Olivier Damaisin, coordinateur national interministériel "Mal être en agriculture" auprès du ministère de l'Agriculture, a effectué un déplacement dans le Lot. Aux côtés de Claire Raulin, préfète, de Christophe Canal, président de la Chambre d'agriculture , de Nelly Ginestet, vice-présidente du Département, ou encore d'Anne-Marie Couderc, pour la MSA, ils ont détaillé le dispositif des sentinelles qui va se mettre en place.


Objectif : constituer un maillage d'une centaine de sentinelles formées d'ici 2025, un véritable réseau de personnes-ressources

"On s'est aperçu que lorsque l'on parvient à intervenir suffisamment en amont, 80% des agriculteurs accompagnés ont trouvé des solutions et sont restés dans le métier. L'agriculture est l'un des premiers secteurs économiques de ce territoire, il faut garder les hommes sur cette terre", déclarait Alain Lafragette.

C'est dans ce contexte qu’Olivier Damaisin, coordinateur national interministériel, a présenté les sept chantiers lancés par l'Etat qui vont de la prévention au suicide à la reconnaissance des maladies professionnelles, en passant par la conciliation de la vie familiale et professionnelle, etc. "La première problématique du mal-être agricole, faisait-il remarquer, est l'isolement." Ce réseau de sentinelles, fédérant l'ensemble des partenaires et des acteurs du monde agricole, vise donc à détecter les premiers signes de mal-être. L'objectif est de constituer un maillage d'une centaine de sentinelles formées d'ici 2025, un véritable réseau de personnes-ressources.


"Quand Agri Solidarité Lot a été créée en 2011, on faisait surtout face à des problématiques financières et de revenus"

Ce réseau sera un moyen aussi de casser cette spirale de la solitude qui fragilise considérablement le métier, comme l'a rappelé Christophe Canal : "Les agriculteurs se retrouvent seuls pour affronter les différentes problématiques qu'ils rencontrent. Quand Agri Solidarité Lot a été créée en 2011, on faisait surtout face à des problématiques financières et de revenus, d'autant que le Lot fait partie des départements français au revenu moyen agricole le plus bas. Mais, aujourd'hui, la profession subit toutes sortes de pressions et qui sont de plus ne plus prégnantes".

Un exemple soulevé par Alain Lafragette : les alertes et les témoignages de mal-être reçus lors de l'épisode de prédation du loup dans le Lot. "Ce n'était pas la conjoncture actuelle qui désespérait nos paysans, mais l'impact du loup sur leurs troupeaux, la peur de retrouver des animaux morts".

En somme, une vulnérabilité que souhaite contrer l'Etat et dont a fait part Claire Raulin, la préfète : "Nous avons mis en place un comité d'animation départemental en 2022 qui réunit l'ensemble des partenaires. Il permet de se coordonner, d'œuvrer ensemble et de déployer le dispositif d'accompagnement de l'Etat, tout en étant observateurs pour assurer un suivi de la situation des agriculteurs".

Plusieurs numéros sont à disposition des agriculteurs du Lot ou de toute personne qui souhaiterait alerter sur la fragilité de l'un d'eux, pour lui venir en aide. Il s'agit du 31 14 Prévention Suicide ; du 09 69 39 29 19 Agri Ecoute ou du 06 32 64 65 59 pour Agri Solidarité Massif Central ; agrisolidaritemassifcentral@gmail.com