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lundi 17 octobre 2022

MàJ Haute Autorité de Santé Flash sécurité patient - Suicide Mieux vaut prévenir que mourir - MESURER & AMÉLIORER LA QUALITÉ

Professionnels  Sécurité du patient  S’engager dans un dispositif  Flash sécurité du patient
Flash sécurité patient - Suicide Mieux vaut prévenir que mourir
Date de validation : avril 2022
Documents : 2
Flash sécurité patient - Mis en ligne le 08 sept. 2022 has-sante.fr

La France fait partie des pays européens les plus touchés par le suicide. En effet, en 2016, on comptait 9 300 décès par suicide en France métropolitaine. A ce chiffre s’ajoutent environ 200 000 tentatives de suicide par an donnant lieu à un contact avec le système de soins. Le suicide est la première cause de mortalité chez les 25-34 ans et la deuxième chez les 15-24 ans, après les accidents de la voie publique.
Objectifs
En partageant le retour d’expérience des professionnels confrontés à ces évènements indésirables graves associés aux soins (EIGS), ce flash permet : d’alerter les professionnels de santé et les équipes de soin de la survenue d’EIGS qui auraient été évités par une évaluation du risque suicidaire ;
de sensibiliser les professionnels de santé à la prévention des suicides de patients ;
de contribuer à la diminution des risques d’erreurs liées à la prise en charge des patients suicidaires ;
de renforcer l’information et la formation des personnels de soin sur les bonnes pratiques d’évaluation et de prise en charge des patients suicidaires.

Pour que cela ne se reproduise pas :

L’analyse des EIGS fait apparaitre plusieurs causes profondes principales à ces évènements : le défaut de sécurisation des locaux, la surcharge de travail, le manque de formation en psychiatrie et santé mentale des professionnels de santé, le défaut d’organisation du service et le défaut de communication entre les équipes.

Pour aider à prévenir et à prendre en charge les patients ayant un risque suicidaire : Penser à repérer systématiquement le risque suicidaire ;
Penser à repérer les troubles de l’humeur ;
Penser à informer sur les dispositifs de soutien existants (exemples : VigilanS, SOS Amitié France[1]…) ;
Ne pas négliger la postvention[2]. .

[1] 31 14
Numéro SOS Amitié France : 01 40 09 15 22.
[2] La postvention comprend les actions développées par, avec ou pour les survivants d’un suicide, dans le but de faciliter leur rétablissement, et pour prévenir les issues négatives, incluant les tentatives de suicide – www.infosuicide.org/guide/postvention/
Documents Flash sécurité patient - " Suicide Mieux vaut prévenir que mourir "
Documents complémentaires Note de cadrage Flash Sécurité Patient - Février 2021
Service Évaluation et Outils pour la Qualité et la Sécurité des Soins (EvOQSS) 

Source https://www.has-sante.fr/jcms/p_3363656/fr/flash-securite-patient-suicide-mieux-vaut-prevenir-que-mourir 

 

ARTICLES SUR LE SUJET


Suicides en structures médico-sociales : agir avec des mesures préventives

Publié le 28/09/2022 • Par Laure Martin •
Ma Gazette
La Haute Autorité de santé (HAS) a publié en septembre des préconisations afin de réduire le nombre de suicides et tentatives de suicides au sein des établissements médico-sociaux et sanitaires. Des mesures préventives sont à instaurer.

Le processus suicidaire est parfois considéré comme énigmatique, imprévisible, inéluctable au point de ne pas être inscrit dans la prévention, alors même qu’il est classé de façon universelle dans les morts évitables ou du moins partiellement.

Par ailleurs, le suicide occupe une position particulière parmi les Événements indésirables graves associés aux soins (EIGS) pouvant survenir lors de la prise en charge d’un patient car il génère souvent un sentiment d’échec et de culpabilité chez les professionnels de santé et incite parfois à une remise en question professionnelle et institutionnelle.

Face à ces constats et après l’analyse de 795 cas déclarés de suicides et tentatives de suicide de patients dans le cadre du dispositif de déclaration des EIGS (mars 2017-juin 2021), la HAS en a identifié les circonstances et les causes, à la fois générales et propres à certaines catégories de la population et partage des recommandations, notamment pour les personnes âgées.

Des caractéristiques propres aux personnes âgées

D’après les données de l’Observatoire national des personnes âgées, un suicide sur trois concerne une personne âgée, majoritairement des personnes de 75 ans ou plus.

« Dans cette tranche d’âge, la mort par suicide a plus de chances d’être imputée, à tort, à une cause naturelle ou accidentelle (erreurs dans la prise de traitement, chutes par exemple) », met-il en garde. Des caractéristiques spécifiques aux personnes d’âge avancé ont été mises en évidence telles que des crises suicidaires plus insidieuses que chez les sujets plus jeunes ; un effet masquant des affections somatiques qui prennent le devant de la scène conduisant à moins explorer d’autres causes au mal-être ; une détermination importante ; des tentatives plus planifiées ; une moindre résistance physique ; et un recours à des moyens plus létaux.

En plus des facteurs de risque de suicide communs aux autres âges de la vie, d’autres sont spécifiques aux personnes âgées tels que les expériences de deuil, de perte, de séparation et de solitude ou encore les symptômes physiques continus tels que les maladies en phase terminale, les maladies physiques aiguës et les douleurs chroniques.

Des périodes à risque ont également été identifiées, dont le mois qui précède l’entrée dans un Ehpad et le mois suivant l’admission.
Des mesures à mettre en place

Pour agir, la HAS préconise d’abord de travailler sur les idées reçues, qui peuvent constituer un frein à la mise en place de politique préventives. Parmi elles, le fait de penser que les personnes parlant du suicide ne vont pas passer à l’acte et inversement, que le suicide est un acte de liberté à respecter, notamment pour les sujets d’âge avancé ou encore que de poser des questions sur le suicide peut l’inciter.

Par ailleurs, elle recommande de mettre en place des mesures concernant la sécurisation de l’environnement (locaux et matériel). Certes la limitation de l’accès aux moyens ne réduit pas la souffrance du patient mais elle lui indique qu’il est dans un lieu où la protection est une valeur concrète. D’autant plus que la crise suicidaire est souvent temporaire. A titre d’exemple, les mesures de prévention de la pendaison et de la strangulation – premier moyen utilisé en population générale – doivent porter sur les points de fixation (porte-manteaux, potences, poignées de porte et de fenêtres, entrées de serrure, montants de lit, robinets) ou les objets pouvant servir de lien (vêtement, ceinture, lacets, drap, cordon électrique, cordon de sonnette, tuyau de douche).

Il faut aussi envisager la prévention de la chute d’un lieu élevé, deuxième moyen utilisé, en limitant l’accès aux terrasses, aux escaliers de secours, aux balcons ou encore aux fenêtres qui peuvent être ouvertes ou brisées. De fait, la conception d’unités de soins situées en rez-de-chaussée pour les patients suicidaires ou suicidants est recommandée.

Autre recommandation : élaborer un plan personnalisé de sécurité, tenant compte de la mise en sécurité de la personne quant à l’accès aux moyens de suicide et visant à préparer le parcours du patient dans les heures et jours qui viennent. Cette anticipation porte sur les souffrances que pourrait éprouver le patient et vise à développer les stratégies pour faire face aux difficultés et à l’aggravation de la crise suicidaire.

Enfin, un point d’attention doit être porté sur l’organisation des soins et du service avec notamment l’évaluation du risque suicidaire ou la surcharge de travail ou encore l’isolement du patient.


Références Pour lire l'intégralité du rapport : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-09/rapport_les_sucides_et_tentatives_de_suicide_de_patients_juillet_2022.pdf

Source https://www.lagazettedescommunes.com/826820/suicides-en-structures-medico-sociales-agir-avec-des-mesures-preventives/

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Analyser les suicides et tentatives de suicides en milieu de soins

A partir de l’analyse des 795 cas de suicides et tentatives de suicides déclarés dans le cadre du dispositif national de déclaration des événements indésirables graves associés aux soins entre mars 2017 et juin 2021, la HAS publie aujourd’hui :

  • le rapport d’analyse des circonstances et des causes de ces 795 évènements assorti d’enseignements et préconisations aux établissements en vue de réduire leur survenue ;
  • un nouveau « Flash sécurité patient », illustré par 4 cas pour sensibiliser les professionnels de santé à la gestion des risques de suicides et tentatives de suicide.

Les suicides et tentatives de suicide occupent par leur nature une position particulière parmi les événements indésirables pouvant survenir lors de la prise en charge d’un patient en établissement de santé ou lors de l’accompagnement d’une personne en structure sociale ou médico-sociale. Par cet acte, la personne se met en effet en danger intentionnellement en vue de mettre fin à une souffrance insoutenable.

Ces événements génèrent souvent un sentiment d’échec et de culpabilité chez les professionnels. Tous les secteurs délivrant des soins sont concernés par la survenue de suicides et tentatives de suicides : les établissements de santé, les institutions médico-sociales et la ville. Aucun secteur n’échappe à ce risque, même si les services de psychiatrie sont les premiers déclarants de suicides et tentatives de suicide.

La nature intentionnelle du geste conduit souvent à considérer la prévention du risque de suicide comme quasi-impossible. Pourtant le suicide est classé de façon universelle dans les morts évitables ou, tout du moins, partiellement évitables. Même si les meilleurs résultats obtenus par les programmes de prévention ne permettront jamais d’éviter tous les suicides, il est établi que la mise en œuvre d’un programme (ou projet) d’établissement, de moyens et de formations et une meilleure connaissance des contextes de survenue des suicides permettent de prévenir ces événements.

Le suicide ou tentative de suicide, un événement sentinelle

Le suicide ou la tentative de suicide d’un patient doit être considéré comme un événement sentinelle[1]. A la fois grave et fréquent au sein des établissements sanitaires et médico-sociaux, il doit, lorsqu’il survient, faire l’objet d’une analyse approfondie par les équipes.

Avec l’analyse des 795 cas qui lui ont été déclarés, la HAS a poursuivi quatre objectifs :

  • identifier les circonstances et les causes de ces événements ;
  • en tirer des enseignements ;
  • proposer des préconisations afin de réduire leur survenue ;
  • initier une communication sur ce sujet sensible, notamment par l’illustration de situations concrètes dans le Flash Sécurité Patient.

Tout ceci afin de stimuler une réflexion des professionnels et de l’ensemble des personnels des établissements et structures.

Des préconisations à plusieurs niveaux pour réduire le nombre de suicides et tentatives de suicides

Les trois causes profondes récurrentes identifiées par les équipes dans les déclarations de cas de suicides et tentatives de suicide sont le manque de sécurisation des locaux, l’absence d’évaluation du risque suicidaire et les défauts organisationnels.

Pour y répondre, la HAS rappelle les préconisations qui s’appliquent à tous :

  • Définir les objectifs de prévention du suicide au sein de l’établissement (projet ou programme d’établissement).
  • Sécuriser l’environnement en limitant notamment l’accès aux moyens possibles de suicide comme :
    • les points de fixations et liens pour la pendaison ou la strangulation,
    • l’accès aux terrasses, escaliers et fenêtres,
    • les sacs plastiques et sacs poubelles pouvant servir d’objet de suffocation,
    • les médicaments, objets coupants ou en verre cassable, briquets et sèche-cheveux.
  • Évaluer le risque de suicide du patient sur la base de facteurs multidimensionnels comme les antécédents personnels (anciennes tentatives de suicides, addiction en phase de sevrage, dépression, troubles de la personnalité…) ou la survenue d’événements négatifs (perte, conflits, problèmes financiers, dates anniversaires traumatiques, annonce d’un diagnostic ou de soins lourds…).
  • Évaluer la situation clinique du patient.
  • Construire un plan personnalisé de sécurité quant à l’accès aux moyens de suicide et au parcours du patient dans l’immédiat et dans les jours à venir.
  • Savoir gérer l’événement quand il survient (postvention).
  • Gérer la sortie d’hospitalisation d’un patient qui a fait une tentative de suicide avec par exemple le dispositif VigilanS.
  • Penser aux secondes victimes, les soignants, en les formant, les informant, les accompagnant.
  • Améliorer la culture sécurité, notamment par l’utilisation du guide d’évaluation du risque de suicide ou la déclaration des cas.
  • Rappeler les droits des personnes malades et en fin de vie.

Ces préconisations sont déclinées par secteur d’activité de façon plus spécifique : établissements de santé mentale (avec des préconisations particulières pour les soins sans consentement et le recours à la chambre d’isolement), établissements Médecine, chirurgie, obstétrique (MCO) et Soins de suite et de réadaptation (SSR), établissements d’hébergement de personnes âgées dépendantes (EHPAD).

En synthèse de ces préconisations, 4 messages-clés sont diffusés via un Flash Sécurité Patient consacré à cette thématique :

  • Penser à repérer systématiquement le risque suicidaire;
  • Penser à repérer les troubles de l’humeur;
  • Penser à informer sur les dispositifs de soutien existants (exemples : VigilanS, SOS Amitié France …);
  • Ne pas négliger la postvention (la gestion de l’événement quand il survient).

Retrouvez sur le site internet de la HAS, l’intégralité du rapport et le « Flash sécurité patient » relatifs au suicide.

[1] Guide pédagogique de l’OMS pour la sécurité des patients – traduction HAS

 https://www.santementale.fr/2022/09/analyser-les-suicides-et-tentatives-de-suicides-en-milieu-de-soins/

Acces au rapport https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2022-09/rapport_les_sucides_et_tentatives_de_suicide_de_patients_juillet_2022.pdf

 

mardi 1 février 2022

MàJ Haute Autorité de Santé Recommandation de bonne pratique : Idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent : repérer, évaluer et orienter la prise en charge

Idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent : repérer, évaluer et orienter la prise en charge
Communiqué de presse - Mis en ligne le 30 sept. 2021 30 septembre 2021

En France, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes. Les tentatives de suicide ont un retentissement psychologique et social très lourd, en plus des blessures et de la potentielle invalidité à long terme auxquelles il faut faire face. Pour tenter de prévenir ces événements, il est important de ne pas banaliser les idées suicidaires et d’y apporter une écoute attentive pour trouver une réponse rapide et adaptée. La HAS publie des recommandations de bonne pratique pour les professionnels chargés de repérer, évaluer et orienter les enfants et adolescents pouvant présenter un risque suicidaire à court, moyen ou long terme.

Depuis plus de 30 ans, le suicide représente la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans et la 5ème cause de mortalité chez les moins de 13 ans. En 2016, 26 décès par suicide ont été enregistrés chez les moins de 15 ans et 352 chez les 15-24 ans, soit des taux respectifs de 0,3 et 4,5 pour 100 000 habitants.
Les professionnels en contact quotidien avec des enfants et adolescents se posent de nombreuses questions concernant les idées suicidaires : quels sont les principes généraux pour le repérage, la prise en charge et le suivi ? Comment repérer et évaluer les idées suicidaires ? Comment prévenir le passage à l’acte ?
Reconnaitre et prendre en charge un enfant ou un adolescent à risque suicidaire peut s’avérer délicat et demande un engagement collectif. Dans ce contexte et dans le cadre de son programme « Psychiatrie et santé mentale » 2018-2023, la HAS a décidé de mettre à jour ses recommandations de bonne pratique de prévention, repérage, évaluation et prise en charge des idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent à destination de l’ensemble des professionnels se trouvant régulièrement au contact d’enfants et d’adolescents. Ces recommandations sont adaptées aux différents maillons constituant la chaine de prise en charge (professionnels des urgences, acteurs de soins de 1ère ligne, hospitaliers et de 2ème ligne, professionnels non cliniciens, décideurs).
A terme, les objectifs sont multiples : réduire la fréquence des passages à l’acte, la mortalité, les handicaps et les incapacités résultant de tentatives de suicide et diminuer les nouvelles tentatives de suicide.

 Les idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent ne doivent pas être banalisées

Le suicide est un sujet tabou, douloureux et intime. Il est très difficile, surtout chez les plus jeunes, d’accepter de demander de l’aide concernant sa santé mentale. Il est commun de penser que la période de l’adolescence est difficile pour tout le monde et propice aux idées suicidaires, et il arrive très souvent que celles-ci soient donc banalisées. Pourtant, selon une enquête IPSOS pour la Fondation Pierre Deniker¹, 95% des jeunes sont globalement heureux et intéressés par la vie.

Parmi les signes qui doivent alerter, on retrouve : un changement brutal du comportement, la consommation fréquente de drogue ou d’alcool, les actes d’automutilation ou encore les propos suicidaires, qui ne doivent jamais être pris à la légère. Le repérage des enfants et des adolescents suicidaires repose sur une écoute active et un questionnement direct. Il est donc important de prendre au sérieux la parole de tous les enfants et adolescents qui expriment ces idées et de leur apporter une réponse réactive et adaptée. Par ailleurs, il est primordial de noter que le fait de poser de façon explicite la question à un enfant ou un adolescent sur la présence d’idées suicidaires n’induira pas de telles idées ou même un passage à l’acte.

 Des recommandations pour permettre aux différents acteurs de première ligne d’évaluer le risque suicidaire

Pour orienter l’échange avec les enfants et les adolescents, les professionnels disposent de plusieurs outils qui peuvent les guider dans la conduite de la consultation mais qui ne remplacent pas une écoute attentive et un questionnement direct :

  • Le Bullying Insomnia Tobacco Stress Test (BITS) aborde des points tels que la qualité du sommeil, le stress lié au travail scolaire et à l’ambiance familiale, les maltraitances, le tabagisme...
  • L’Ask Suicide-Screening Questions (ASQ) est utile lors des consultations pour des difficultés en lien avec la santé mentale ou lorsque des difficultés se révèlent au cours de la consultation. Celui-ci aborde directement les idées suicidaires.
  • La Columbia Suicide Severity Rating Scale peut aider pour un état des lieux des idées suicidaires et du risque potentiel de passage à l’acte à court, moyen ou long terme.

Pour une appréciation plus complète du risque suicidaire, un entretien avec l’enfant ou l’adolescent dans un contexte propice doit être réalisé : lieu adéquat, climat d’empathie, de non-jugement et de bienveillance, respect de la confidentialité. Celui-ci sera complété par le recueil d’informations auprès du ou des titulaires de l’autorité parentale ainsi que d’autres personnes, dans le respect du secret médical (infirmier et/ou médecin scolaire, médecin traitant, pédiatre, etc.) tout en prenant systématiquement en compte l’environnement de l’enfant et de l’adolescent, en particulier ses interactions avec sa famille et ses pairs. Ces échanges permettront notamment de recueillir des éléments sur d’éventuels problèmes liés au harcèlement sur les réseaux sociaux. D'autres entretiens différés pourront faire suite, dont le délai d’organisation doit être inversement proportionnel au niveau d’urgence et de vulnérabilité estimé.

 Le risque de vulnérabilité ou d’urgence suicidaire doit déterminer la prise en charge

L’évaluation d’une crise suicidaire de l’enfant ou de l’adolescent repose sur l’estimation du niveau d’urgence et de vulnérabilité, qui déterminera la suite de la prise en charge :

  • L’urgence suicidaire correspond à la probabilité que la personne adopte une conduite suicidaire potentiellement létale sur le court terme. Celle-ci ne doit jamais être sous-estimée. Elle nécessite l’appréciation du niveau de souffrance ou de douleur psychique, la caractérisation des idées suicidaires, la recherche d’un scénario suicidaire, l’estimation du niveau d’intentionnalité suicidaire et la recherche de facteurs dissuasifs.
  • La vulnérabilité suicidaire correspond à la probabilité que la personne adopte une conduite suicidaire sur le moyen ou le long terme. Celle-ci est liée aux facteurs de risque, tels que les antécédents personnels et familiaux, l’existence d’un trouble psychiatrique ou encore de difficultés d’ordre familial, et les facteurs de protection présentés par la personne, notamment le soutien social, la cohésion familiale, la spiritualité et les croyances religieuses.

Tout enfant ou adolescent ayant fait une tentative de suicide récente doit être orienté vers un service d’urgences, quel que soit le niveau d’urgence suicidaire actuel.

 Si l’enfant ou l’adolescent présente des idées suicidaires mais n’a pas fait de tentative de suicide récente, la conduite à tenir est fonction de l’évaluation de l’urgence suicidaire :

  • Si l’urgence suicidaire est élevée (inquiétude quant à un passage à l’acte imminent), l’enfant ou l’adolescent est envoyé aux urgences ;
  • Si l’urgence suicidaire est faible à moyenne, l’enfant ou l’adolescent est orienté vers une prise en charge ambulatoire de deuxième ligne (telle qu’un centre médico-psychologique ou un centre médico-psycho-pédagogique, un psychiatre libéral, ou selon le territoire une Maison des adolescents).

En dehors des situations d’urgence élevée, une réévaluation peut être reconduite à 2 ou 3 jours afin de préciser le niveau d’urgence et de vulnérabilité.

Pour éviter un nouveau passage à l’acte, il est recommandé de recourir au plan de sécurité. Il s’agit d’une intervention souple, de mise en œuvre relativement simple et dont l’efficacité est soutenue par des éléments de preuve, en particulier chez l’adolescent après une tentative de suicide. Celui-ci comprend :

  • L’identification des signaux d'alarme associés à une aggravation de la crise suicidaire,
  • Le renforcement des stratégies de coping²;
  • La sécurisation de l'environnement en limitant l'accès aux moyens de suicide ;
  • La mobilisation du réseau social de proximité ;
  • Le renforcement de l'adhésion au suivi et mise à disposition de ressources en cas d'urgence.

 ¹ Enquête réalisée en ligne par IPSOS auprès de 603 jeunes de 15 à 25 ans, 601 parents d’enfants de 11 à 25 ans et 235 enseignants, réalisée du 2 au 12 février 2016

² Ensemble des procédures et des processus qu'un individu peut imaginer et installer entre lui et un événement qu’il juge inquiétant, voire dangereux, afin d'en maîtriser les conséquences potentielles sur son bien-être physique et psychique.

Source https://www.has-sante.fr/jcms/p_3289297/fr/idees-suicidaires-chez-l-enfant-et-l-adolescent-reperer-evaluer-et-orienter-la-prise-en-charge

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Idées et conduites suicidaires chez l’enfant et l’adolescent : prévention, repérage, évaluation, prise en charge

Recommandation de bonne pratique - Mis en ligne le 30 sept. 2021

L’objectif de ce travail est l’élaboration de recommandations dans le but d’améliorer le repérage, l’évaluation, la prise en charge et le suivi des enfants et adolescents ayant des idées suicidaires ou des conduites suicidaires.

Après une présentation des définitions et des quatre principes généraux de la prévention du suicide, la recommandation comporte les parties suivantes :

  • Comment identifier les enfants et adolescents suicidaires ou à risque suicidaire ?
  • Comment évaluer une crise suicidaire de l’enfant ou de l’adolescent ?
  • Comment orienter ?
  • Comment prendre en charge la crise suicidaire en aigu ?
  • Prise en charge hospitalière
  • Plan de sécurité
  • Accompagnement de moyen et long terme
  • À la sortie d’un séjour hospitalier ou des urgences

Documents

 source https://www.has-sante.fr/jcms/p_3288864/fr/idees-et-conduites-suicidaires-chez-l-enfant-et-l-adolescent-prevention-reperage-evaluation-prise-en-charge


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Idées suicidaires de l’enfant et de l’adolescent : quelle prévention ?

Stéphanie Lavaud 31 janvier 2022 https://francais.medscape.com/*

France – La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié en octobre dernier de nouvelles recommandations consacrées à la « prévention des idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent ». Lors du congrès de l’Encéphale 2022, le Dr Charles-Edouard Notredame (MCU-PH dans le service de Psychiatrie de l'Enfant et de l'Adolescent du CHU de Lille), qui a co-dirigé ce travail, est revenu sur les nouveautés de ce texte, tandis que son collègue, le Dr Vincent Trebossen, psychiatre de l'enfant et de l'adolescent à l’hôpital Robert Debré (Paris) a abordé l’impact de la pandémie Covid-19 sur la santé mentale des jeunes [1].

Suicide : 2ème cause de décès chez les 15-24 ans

Avec 23 cas chez les 5-14 ans en 2017 et 312 chez les 15-24 en 2017, le suicide des enfants et des adolescents reste rare. « Néanmoins rapporté aux chiffres de la mortalité à ces âges-là, ces chiffres prennent de l’importance puisque le suicide représente alors 14% de la part de la mortalité chez les 15-24 ans et se place en 2ème position de la cause des décès dans cette tranche d’âge », a rapporté le Dr Charles-Edouard Notredame.

Avant la crise Covid, c’était 8 adolescents de 17 ans sur 100 qui disaient avoir eu des idées suicidaires tandis que 14 avaient fait une tentative de suicide hypothéquant leur pronostic vital. Des chiffres préoccupants « car des études ont montré qu’une tentative de suicide à l’adolescence péjorerait, indépendamment de toute pathologie psychiatrique, le risque vital et fonctionnel et augmenterait le risque de troubles psychiatriques ultérieurement, de même que celui d’avoir davantage de troubles somatiques, de souffrir d’isolement et d’avoir besoin d’aide sociale », a expliqué le psychiatre lillois. Cette hypothèque de l’avenir des jeunes après une tentative de suicide, justifie, pour l’orateur, « l’effort considérable à mener en termes de prévention. »

Le fort impact Covid

Et ce d’autant qu’il y a véritablement un avant et un après Covid quant à la santé mentale des jeunes. Depuis 2019, les chiffres ont littéralement explosé avec plus de 126% de passages aux urgences pour des idées suicidaires chez les 11-17 ans, et une augmentation de 30% des tentatives de suicide. « Et le début 2022 est très inquiétant avec des données qui sont déjà le double de 2021 », a précisé le psychiatre lillois.

Un constat inquiétant corroboré par le Dr Vincent Trebossen, qui a vu une nette augmentation des passages aux urgences de l’hôpital Robert Debré (Paris) à partir de septembre 2020, surtout chez les moins de 15 ans, par rapport aux années précédentes. « Il est indéniable que le Covid a eu un impact sur la santé mentale », a affirmé le psychiatre parisien. S’il y a une tendance à l’augmentation depuis 2010, on assite à une nette accélération ces derniers mois, a-t-il précisé.

C’est donc dans ce contexte tendu que la HAS a procédé à la mise à jour des recommandations en matière de prévention, de repérage, d’évaluation et de prise en charge des idées suicidaires chez l’enfant et l’adolescent, parue en octobre 2021, alors que les dernières dataient de 1998. « L’idée a été de capitaliser sur les anciennes pour en faire de nouvelles », a expliqué le Dr Notredame, qui a copiloté ce travail.

Plusieurs changements de paradigme

Parmi les changements de paradigme retenus figure le fait de ne plus mettre de limites d’âge aux recommandations pour les adolescents et les jeunes suicidants, mais de les étendre à la tranche allant de 11 à 25 ans, compte-tenu que l’adolescence est « sous-tendue par un processus développemental biopsychosocial », explique le psychiatre lillois. Autre grand principe : les idées suicidaires de l’enfant ou de l’adolescent ne doivent plus être banalisées, il faut, autrement dit, « en finir avec l’idée communément admise que tout ado a des idées suicidaires ou que faire une tentative de suicide à l’adolescence, c’est normal » sachant qu’il existe un « continuum » allant des pensées suicidaires au suicide complété. « Il est largement étayé que les personnes qui adoptent des conduites suicidaires préparatoires sont exposées à un surrisque de tentatives de suicide futures, et que le fait d’avoir fait une tentative de suicide augmente à son tour le risque de mourir de suicide. De même, les idées suicidaires augmentent la probabilité d’une tentative de suicide ultérieure, voire d’un suicide complété », peut-on lire dans les recommandations.

En termes de prise en charge, il s’agit par exemple « de ne plus préconiser de façon systématique l’hospitalisation car de nombreux autres dispositifs sont nés depuis [les dernières recommandations], des dispositifs ambulatoires, des dispositifs originaux ou renforcés, des suivis étroits tels l’Asma à Marseille ou à VigilanS, le dispositif permettant de recontacter les jeunes après une tentative de suicide. On peut donc désormais s’appuyer sur des dispositifs post-hospitaliers et on a décidé aussi de mutualiser les différentes solutions qui peuvent être mises en œuvre après une tentative de suicide », a considéré le psychiatre.

Autre changement en termes de priorités et des enjeux de la prévention du suicide : passer sur le mode collectif. « S’il y avait à l’époque, une volonté de mobiliser le sanitaire, on veut aujourd’hui aller plus loin » et faire en sorte d’engager « la responsabilité collective, avec la nécessité d’une mobilisation de l’ensemble des acteurs de la prévention, supposant une meilleure coordination de l’action de ses acteurs dans le respect du champ de responsabilité et de compétence de chacun », a-t-il précisé.

Changement de vocabulaire : « appeler un chat, un chat »

Un point sur lequel les auteurs de la recommandation se sont montrés « un peu pointilleux, voire exigeant » est celui du vocabulaire employé pour désigner les conduites et pensées relatives au suicide. « Premièrement, on a préconisé d’arrêter de parler de « suicide accompli ou réussi » ou de « tentative de suicide ratée » parce que nous avons voulu vider la terminologie autour des conduites suicidaires de toutes dimensions morales », explique le Dr Notredame, « en considérant que ce n’est jamais une réussite de se suicider, que ce n’est jamais un échec de faire une tentative de suicide ». « Deuxièmement, on a évité tout ce qui est « idées noires, tentative de suicide, parasuicide » pour appeler un chat, un chat. Si on veut faire de la prévention et de la recherche exigeantes, il faut pouvoir avoir des terminologies précises sans utiliser des éléments de pudeur ». Le champ du vocabulaire faisant référence au champ pénal est aussi à bannir. Ainsi on parlera non plus de « récidives suicidaires mais de ré-itération suicidaire », ne pas dire « commettre un suicide mais plus simplement, se suicider. » De même, essayer d’éviter les termes « menaces de suicide ou chantage au suicide » qui sont aussi très connotés moralement, a indiqué le Dr Notredame.

Une approche globale, développementale, éco-systémique et pro-active

Sinon, de façon plus générale, les auteurs de la recommandation HAS ont souhaité « ancrer quatre principes forts de la prévention du suicide, à savoir une approche globale, développementale, écosystémique et proactive », a rappelé le psychiatre lillois.

« L’approche globale, c’est une approche multi-niveau, ciblée, impliquée, sélective et universelle. Cela signifie qu’elle est multimodale, conjuguant différentes actions, multidisciplinaires, avec différents champs pouvant être convoqués, mais aussi multi-secteurs, englobant le sanitaire, le médico-social, le social, l’éducatif.... L’approche développementale signifie, elle, que l’on prend en compte les besoins et les modalités d’action spécifiques à l’enfant et à l’adolescent », a décrypté le psychiatre. Par approche éco-systémique, comprendre que la famille doit tenir une place importante dans la prise en charge de conduites suicidaires. « Dans l’approche proactive, exit le temps où l’on attendait que l’adolescent soit motivé ou soit en demande, pour le prendre en charge. L’idée, c’est d’aller au-devant des enfants et des adolescents, et d’assumer le fait qu’ils ont des difficultés (surtout les ados) à demander de l’aide (surtout quand ils ne vont pas bien) ».

Le but de toute cette démarche est de « structurer une chaine de prévention depuis la détection qui s’appuie sur le repérage et le dépistage, puis l’évaluation de l’urgence et de la vulnérabilité suicidaire, l’orientation vers les bonnes ressources et, enfin, la prise en charge en termes de protection, de soins et d’accompagnement », a précisé l’orateur. « Nous avons proposé que toute cette chaîne s’appuie sur la structuration de parcours territoriaux auprès des acteurs de primaire et de seconde ligne », a-t-il poursuivi, avant de promouvoir, pour clore son intervention la ligne de prévention du suicide 3114 (voir encadré ci-dessous) mise en place fin 2021.

De nouveaux outils

Si la période pandémique a été (et est encore) une période très difficile en termes d’impact psychologique sur les enfants et les adolescents, elle a aussi vu émergé de nouveaux outils à destination de la population, a fait remarquer la Pre Priscille Gerardin, responsable de la pédopsychiatrie au CHU de Rouen, qui co-animait la session. Le Dr Vincent Trebossen a ainsi souligné la création du site de ressources clepsy.fr qui regroupe de nombreuses fiches pratiques, conçues par les professionnels du Centre d’Excellence des Troubles Neurodéveloppementaux de l'Hôpital Robert Debré AP-HP (InovAND) sous la houlette du Dr Benjamin Landman, pour accompagner les familles dans leur quotidien. (Lire Des fiches pour aider les parents d’enfants en difficulté pendant le confinement). Le Dr Notredame a, quant à lui, fait la promotion du numéro national de prévention du suicide mis en place le 1er octobre dernier. Gratuit et confidentiel, le 3114 permet une prise en charge sanitaire des personnes ayant des idées suicidaires 7j/7 et 24h/24, sur tout le territoire national.

https://francais.medscape.com/voirarticle/3608079#vp_1

 

jeudi 4 novembre 2021

SUISSE Prévention du suicide : Nouveaux documents pour les professionnels, les personnes suicidaires et les proches

La prévention du suicide au cours d’une prise en charge psychiatrique
d'apres https://www.bag.admin.ch/*

Le risque de suicide des patients pendant ou juste après un séjour en clinique psychiatrique est élevé. Aussi l’OFSP a-t-il lancé en 2018, en collaboration avec la Conférence suisse des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS), un projet visant à prévenir le suicide pendant et après un séjour en institution.


ACTUEL

Octobre 2021: Suite à la publication des recommandations pour les professionnels de la santé « Prévention du suicide après un séjour hospitalier » (été 2019, voir l’activité partielle 3 ci-dessous), l'OFSP a développé plusieurs documents afin de soutenir la mise en œuvre de cet objectif. Ces outils s'adressent aux professionnels, aux personnes suicidaires et aux proches. Nous demandons aux professionnels de les distribuer aux personnes suicidaires et aux proches ainsi que de travailler avec, eux-mêmes. Les documents peuvent être commandés gratuitement auprès de l'Office fédéral des constructions et de la logistique (OFCL) en utilisant le numéro de commande correspondant. Les versions numériques sont disponibles ici, en format PDF. Veuillez noter que les versions imprimées sont plus attrayantes, notamment pour l'utilisation des cartes d'urgence.
OFSP, Brochure « Soutenir les proches de personnes suicidaires. Recommandations au personnel soignant des soins psychiatriques. », 2021 (PDF, 972 kB, 01.11.2021)

OFSP, Flyer « En cas de pensées suicidaires : parler peut sauver (avec carte d'urgence). Informations pour les personnes concernées et leurs proches. », 2021 (PDF, 820 kB, 27.10.2021)

OFSP, Outil d’auto-assistance « Plan d’urgence (avec carte d'urgence). Pour les personnes ayant des pensées suicidaires. », 2021 (PDF, 592 kB, 27.10.2021)

OFSP, Brochure « Séjour hospitalier pour personnes en crise suicidaire. Informations pour les proches. », 2021 (PDF, 3 MB, 27.10.2021)

5 % des suicides surviennent lors d’un séjour dans une unité psychiatrique. Par ce projet, l’OFSP et la CDS veulent favoriser l’échange de connaissances entre professionnels en soins psychiatriques. Il s’inscrit dans l’objectif n° 5 du plan d’action : « Les personnes qui présentent un risque de suicide ou qui ont tenté de se suicider bénéficient d’un suivi et de soins rapides, spécifiques et adaptés à leurs besoins ».

Mise en œuvre
Trois premières activités partielles ont été définies conjointement avec les organisations associées au projet :
Rendre compte de l’état des connaissances au plan international au travers d’une étude de la littérature
Recenser les approches et les lignes directrices existantes en ce qui concerne la suicidalité dans les cliniques psychiatriques
Formuler des recommandations en matière de prévention du suicide lors de la transition entre le séjour en clinique psychiatrique et la prise en charge ambulatoire

Organisations associées
1. Recherche bibliographique sur les suicides et les tentatives de suicide pendant et après un séjour en clinique psychiatrique
La fondation Dialog Ethik a, sur mandat de l’OFSP, effectué en 2018 une étude systématique de la littérature consacrée aux suicides et aux tentatives de suicide survenus pendant ou après un séjour dans un établissement psychiatrique (voir le document ci-dessous). L’accent était mis sur les points suivants :
Défis inhérents au travail psychiatrique que posent le suicide et la tentative de suicide pendant ou après un séjour en institution ;
causes et facteurs de risque ;
évaluation du risque de suicide et mesures de prévention ;
aspects éthiques.

2. Analyse de la situation concernant la prévention du suicide dans les cliniques psychiatriques

L’OFSP a établi en 2018 une cartographie des approches et des lignes directrices existantes concernant les tendances suicidaires à partir des informations recueillies auprès des membres de Swiss Mental Healthcare (SMHC), association faîtière des cliniques psychiatriques en Suisse (voir le document ci-dessous). L’enquête montre que de nombreuses cliniques psychiatriques ont récemment élaboré des concepts et des orientations en ce qui concerne la suicidalité. Il convient d’en observer les effets sur la prévention du suicide pendant un séjour en clinique psychiatrique.

3. Recommandations pour la prévention du suicide après un séjour hospitalier
Les organisations associées ont débuté l’année 2018 par l’élaboration de recommandations concernant la prévention du suicide lors de la transition entre le séjour hospitalier et la prise en charge ambulatoire. Les recommandations visent à permettre au patient de vivre ce passage comme une simple étape dans son parcours thérapeutique et à reprendre sa vie quotidienne en toute sécurité. Elles s’adressent en premier lieu aux comités de direction et aux cadres des services psychiatriques hospitaliers ainsi qu’aux professionnels assurant la prise en charge et le traitement de patients après leur séjour en service psychiatrique. Au nombre de sept, les recommandations ont été publiées en août 2019 dans la brochure « Prévention du suicide après un séjour hospitalier » (voir rubrique Documents ci-dessous). L’OFSP a chargé Socialdesign de rédiger un rapport sur les aspects financiers de ces recommandations (voir rubrique Documents ci-dessous).
En complément du projet partiel 3, l’OFSP a chargé Ecoplan de mener une recherche pour étudier le rôle des proches des personnes suicidaires et de élaborer des recommandations pour soutenir les proches, à l'attention des hôpitaux et des professionels du domaine de la psychiatrie stationnaire (voir synthèse dans la rubrique Documents ci-dessous). Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme de promotion « Offres visant à décharger les proches aidants 2017-2020 ».

Documents

Documents élaborés dans le cadre du plan d’action national pour la prévention du suicide :
OFSP, Brochure « Soutenir les proches de personnes suicidaires. Recommandations au personnel soignant des soins psychiatriques. », 2021 (PDF, 972 kB, 01.11.2021)
OFSP, Flyer « En cas de pensées suicidaires : parler peut sauver (avec carte d'urgence). Informations pour les personnes concernées et leurs proches. », 2021 (PDF, 820 kB, 27.10.2021)
OFSP, Outil d’auto-assistance « Plan d’urgence (avec carte d'urgence). Pour les personnes ayant des pensées suicidaires. », 2021 (PDF, 592 kB, 27.10.2021)
OFSP, Brochure « Séjour hospitalier pour personnes en crise suicidaire. Informations pour les proches. », 2021 (PDF, 3 MB, 27.10.2021)
OFSP et groupe de projet Prévention du suicide après un séjour hospitalier, brochure « Prévention du suicide après un séjour hospitalier. Recommandations à l’attention des professionnels de la santé », 2019, version complétée 2021 (PDF, 697 kB, 10.11.2021)
ECOPLAN, rapport « Besoins des proches de personnes souffrant de troubles psychiques », sur mandat de l'OFSP, 2020 (en allemand, résumé en français) (PDF, 1 MB, 07.08.2020)
Socialdesign, rapport « Prévention du suicide après un séjour hospitalier – aspects financiers », sur mandat de l’OFSP, 2019 (PDF, 726 kB, 10.09.2019)
Stiftung Dialog Ethik, Bericht « Literaturrecherche zu Suiziden und Suizidversuchen während und nach Psychiatrieaufenthalt », sur mandat de l’OFSP, 2018 (en allemand, résumé en français) (PDF, 1 MB, 31.07.2019)
Enquête de l’OFSP sur les concepts/recommandations/mesures liés au suicide dont disposent les membres de SMHC, 2018 (PDF, 453 kB, 31.07.2019)
Dernière modification 28.10.2021

Source https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/strategie-und-politik/politische-auftraege-und-aktionsplaene/aktionsplan-suizidpraevention/suizidpraevention-psychiatrische-versorgung.html

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Prévention du suicide : Nouveaux documents pour les professionnels, les personnes suicidaires et les proches

01.11.2021 https://www.npg-rsp.ch*

Les professionnels sont invités à les distribuer aux personnes suicidaires et à leurs proches ainsi qu'à travailler eux-mêmes avec ces outils

lundi 12 avril 2021

Consensus - Recommandations Prise en charge du patient adulte à présentation psychiatrique dans les structures d’urgences , Recommandations de Bonne Pratique Clinique SFMU 2021

Consensus - Recommandations
Prise en charge du patient adulte à présentation psychiatrique dans les structures d’urgences , Recommandations de Bonne Pratique Clinique SFMU 2021

Recommandations validées par le CA SFMU le 31/03/2021 


Extraits :

"L’identification du risque suicidaire lors de la prise en charge préhospitalière du patient (en régulation notamment) est essentielle. La formation des médecins du SAMU à l’évaluation du risque suicidaire s’intègre à la priorité ministérielle visant à réduire la mortalité par suicide en France. Il est donc nécessaire de former les personnels des SAMU à la détection de ces facteurs.Les tentatives d’autolyse avec passage à l’acte (intoxication, traumatisme...) nécessitent une première évaluation dans les SU de la sévérité et des conséquences induites 5 par le geste suicidaire, et la réalisation éventuelle d’examens complémentaires. L’expression d’idées suicidaires, autant que le passage à l’acte suicidaire, doit faire l’objet d’une évaluation psychiatrique une fois la prise en charge somatique finalisée (cf. section 2.3)."

...
2.3 Évaluation du risque suicidaire
Les SU prennent en charge de manière courante des patients suicidaire ou suicidant (après le passage à l’acte). L’apparition d’idées suicidaires et a fortiori le passage à l’acte est à comprendre comme l’acutisation d’un processus pathologique sous-jacent. Il existe donc une réelle opportunité de détecter le risque suicidaire dans nos structures, d’autant plus que proposer un suivi permet de diminuer la morbi-mortalité [18][19]. L’évaluation du risque suicidaire par l’urgentiste est possible en s’aidant de différents outils décrits dans la littérature sous forme de score de risque sans qu’aucun n’ait montré sa supériorité sur les autres. Une des échelles validées aux urgences est la Manchester Self-Harm rule qui se base sur quatre points : antécédents d’autolyse ?, antécédents de prise de traitement à visée psychiatrique ?, utilisation de benzodiazépines dans la tentative d’autolyse actuelle ?, traitement par psychotrope en cours ? Les patients qui ont un score nul sont beaucoup moins a risque de récidive [20] . Un des critères majeurs de l’évaluation initiale reste de demander dès l’accueil IOA, puis lors de l’entretien médical s’il existe encore une velléité suicidaire. Dans ce cas, le risque de récidive précoce y compris en intra hospitalier est non nul. L’évaluation de la stratégie de prise en charge d’orientation d’un patient suicidaire ou suicidant est complexe. De fait, l’évaluation psychiatrique doit être systématique [21]. La prise en charge du patient psychiatrique nécessite une surveillance et une sécurisation des lieux. En dehors des situations où il existe un risque vital somatique, les SU ne sont pas structurellement prévues pour cela et des unités de santé mentale au sein des services d’urgences devraient être le plus possible implémentées lorsque cela est possible. 8 La décision d’hospitalisation ou de non-hospitalisation doit être conjointe entre le médecin psychiatre et le médecin urgentiste. Le lieu d'hospitalisation en soins libres ne dépend pas forcément du secteur dont dépend le patient, contrairement aux hospitalisations sans consentement. La recherche d’une place d’hospitalisation en psychiatrie reste de la responsabilité du psychiatre, le transfert se faisant après accord entre ce dernier et le service d’aval. En cas de fugue, la déclaration administrative doit être systématique avec demande de recherche justifiée auprès des forces de l’ordre s’il existe un risque suicidaire, si le patient présente des idées délirantes ou s’il existe une hétéro dangerosité.

Télécharger le fichier joint

Source https://www.sfmu.org/fr/vie-professionnelle/outils-professionnels/consensus/prise-en-charge-du-patient-adulte-a-presentation-psychiatrique-dans-les-structures-d-urgences-/con_id/540

vendredi 5 mars 2021

SUISSE Guide “Parler du suicide et de la santé mentale sur les réseaux sociaux”


Documents
Guide “Parler du suicide et de la santé mentale sur les réseaux sociaux”

 

Ces dernières semaines la question du suicide et de la santé mentale a pris de l’ampleur dans le débat public comme sur les réseaux sociaux. Face à la crise du COVID, nombre d’entre nous sont confronté.e.x aux défis qui affectent de plus en plus le moral et les émotions.

Les témoignages à ce sujet se multiplient, et des personnalités très suivies sur les réseaux sociaux se sont également fait le relai de ces messages poignants.

Briser le tabou sur le suicide est bénéfique pour la prévention. Mais il s’agit d’un sujet sensible, qui doit être abordé avec la plus grande délicatesse pour éviter tout risque d’incitation.

Pour soutenir le travail des utilisateur.ice.x et créateur.ice.x de contenu sur les réseaux sociaux, STOP SUICIDE a créé ce guide, qui présente quelques points de repère pour parler du suicide avec bienveillance. Il est destiné à toute personne qui souhaite s’exprimer en ligne sur le suicide et la santé mentale. À partager à volonté !

STOP SUICIDE peut également vous aider et vous conseiller dans la production de contenus sur ces sujets. N’hésitez pas à nous contacter !

Télécharger le guide !

vendredi 11 décembre 2020

Souffrance et travail : Suicides : le « Guide pratique des ayants-droit » mis à jour.

Suicides : le « Guide pratique des ayants-droit » mis à jour.
10 décembre 2020 par La Rédaction www.souffrance-et-travail.com/*

L’un de vos proches s’est suicidé et vous êtes persuadé que ce suicide a une origine professionnelle.

L’objet de ce guide est de vous aider dans les démarches que vous aurez à faire.

Malgré la douleur et les nombreuses tâches qui sont liées à tout décès, il est en effet important que vous réunissiez rapidement les conditions les plus favorables pour faire aboutir votre demande, et vous permettre de déclencher ces démarches quand vous serez prêts à le faire.

Il est suggéré que vous preniez d’abord connaissance de ce document dans son ensemble, sans consulter les notes de bas de page, ni les annexes. Celles-ci vous seront peut-être utiles plus tard, quand vous en serez à chaque étape des démarches.

Vous vous engagez dans un parcours du combattant, qui peut durer plusieurs années, et qui comportera de longues périodes d’attente et des phases d’accélération brutale, pour respecter un délai de recours ou d’appel. A partir de maintenant, conservez et classez soigneusement les originaux et des copies de tous les documents que vous envoyez ou recevez, et tous les accusés de réception des lettres recommandées.

N’oubliez pas cependant que vous n’êtes pas seuls, et que des professionnels sont également susceptibles de vous aider et de vous conseiller dans le traitement de votre situation.

Le présent guide traite donc pour l’essentiel des démarches à opérer après le suicide d’un proche, dès lors que vous l’estimez lié – totalement ou en partie – à son travail, afin d’en obtenir reconnaissance. La « procédure » à suivre et les conseils spécifiques en cas de tentative de suicide sont portés dans une annexe.

Il est conçu comme une information sur vos droits, et pas comme une liste de procédures à mettre obligatoirement en œuvre si vous ne le souhaitez pas.


https://www.souffrance-et-travail.com/wp-content/uploads/GUIDE-ayants-droit-2020.pdf

À télécharger également :
le panoptique à mettre en lien avec le guide « Daniellou » actualisé au 22 janvier 2020.

Suicide Au TravaiL


https://www.souffrance-et-travail.com/magazine/dossiers/suicide/suicides-le-guide-pratique-des-ayants-droit-mis-a-jour/

vendredi 6 novembre 2020

AUTOUR DE LA QUESTION Évaluation et prise en charge des syndromes psychotraumatiques - Enfants et adultes - Note de cadrage HAS

Évaluation et prise en charge des syndromes psychotraumatiques - Enfants et adultes - Note de cadrage

Recommandation de bonne pratique - Mis en ligne le 06 nov. 2020

Contexte de la demande

La HAS a été saisie par la DGS et la DGOS sur plusieurs thèmes entrant dans le cadre du psychotraumatisme : 

  • L’évaluation, le diagnostic et la prise en charge du psychotraumatisme lié aux violences, chez l’enfant et chez l’adulte : élaboration d’outils pour les professionnels du psychotraumatisme ;
  • La prise en charge des femmes victimes de violences

Cette seconde demande s’intègre dans le 5ème plan de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux femmes (2017-2019) présenté le 23 novembre 2016 par la ministre des familles, de l'enfance et des droits des femmes. Le plan intègre une action intitulée « Garantir la prise en charge psychologique des femmes victimes de violences » (action 24), dont la coordination est confiée à la DGOS.

La HAS a réalisé et publié en 2019 une recommandation de bonne pratique et des fiches pratiques sur le repérage des femmes victimes de violences.

L’élaboration de la recommandation dont il est question dans cette note de cadrage permettra de compléter la recommandation sur le repérage des femmes victimes de violences en abordant la prise en charge. Par ailleurs, une recommandation spécifique pour les professionnels de santé de premier recours sur la prise en charge des mutilations sexuelles féminines a été publiée par la HAS en février 2020.

Objectif

Élaborer des recommandations de bonnes pratiques cliniques et des outils pour les professionnels, pour le repérage, le diagnostic et la prise en charge du psychotraumatisme chez le bébé, l’enfant et l’adulte (dont la personne âgée en Ehpad), prenant en compte les dimensions psychologique, psychiatrique, somatique, juridique et sociale du psychotraumatisme.

Cibles de ce projet

Patients, usagers

Toute personne, bébé, enfant, adolescent, adulte (dont personne âgée en Ehpad), ayant subi, pour l’avoir vécu personnellement ou en avoir été témoin, un événement porteur d’une menace d’atteinte à la vie et/ou à l’intégrité physique et ce, de façon unique ou répétée. Cela inclut également l’annonce d’un tel événement ayant touché un proche.

Ce type d’événement recouvre les cas suivants :

  • Violences volontaires physiques et sexuelles : maltraitance, abus, violences et exploitation sexuelles ;
  • Accidents graves : accidents de la route, de transport, au travail, au domicile ;
  • Morts violentes par suicide, homicide ou accident ;
  • Catastrophes naturelles, technologiques, accidentelles ;
  • Attaques de masse, attentats ;
  • Violences politiques et les guerres, les déplacements forcés ;
  • Expositions traumatiques dans le cadre de l’exercice professionnel (soldats, policiers, pompiers, soignants, aidants, reporters de guerre, milieu carcéral, etc.) ;
  • Situations de harcèlement institutionnelles, scolaires, professionnelles.

Professionnels

  • Médecins : Médecins généralistes, Urgentistes, Pédiatres, Psychiatres (de l’adulte / de l’enfant et de l’adolescent), Médecins légistes, Gériatres, Gynécologues, Médecins du travail, Médecins et infirmiers scolaires, Médecins militaires et de la police nationale
  • Psychologues, psychomotriciens, psychothérapeutes
  • Professionnels du social et médico-social
  • Professionnels de l’éducation nationale
  • Paramédicaux : Infirmiers, Aides-soignants, Ambulanciers, Secouristes
  • Professionnels du système répressif et judicaire : Avocats, Magistrats, Juristes
  • Gendarmes, Policiers, en particuliers officiers de police judiciaire formés au recueil de la parole de l’enfant

Services et structures cibles principales

  • Professionnels libéraux
  • Service de médecine légale
  • Services de pédiatrie
  • Services de psychiatrie de l’adulte et de l’enfant/adolescent, unités parents-bébés
  • Services médico-psychologiques régionaux pénitentiaires (SMPR)
  • Services spécialisés dans l’accueil et l’accompagnement des femmes victimes de violences
  • Services d’addictologie
  • Services d’urgence
  • Unités d'Accueil Pédiatriques Enfants en Danger (UAPED)
  • Protection de l’enfance (incluant la Protection maternelle et infantile [PMI], l’Aide Sociale à l’Enfance [ASE] et la protection judiciaire de la jeunesse [PJJ])
  • Médecine scolaire
  • Services de santé au travail
  • Établissements, services et dispositifs spécialisés dans l’accueil et l’accompagnement des personnes sans-abri
  • Établissements sociaux et médico-sociaux
  • Cellules d’urgence médico-psychologique (CUMP)
  • Unités Médico-Judiciaires (UMJ)
  • Services de santé des armées (dont gendarmerie) : centre médicaux et hôpitaux d’instruction des armées, services d’intervention médico-psychologiques des armées, services psychiatriques des hôpitaux d’instruction des armées ; et de la police nationale 
  • Secouristes
  • Permanences d’accès aux soins de santé (PASS)
  • Associations de victimes
  • Associations d’usagers

Modalités de réalisation

Ces recommandations seront réalisées en lien avec le centre national de ressources et de résilience (CN2R).

Dans la mesure où les modalités et les acteurs du repérage et de la prise en charge diffèrent entre les adultes et les bébés/enfants/adolescents, tant au niveau sanitaire que juridique, il est proposé de mettre en place deux groupes de travail distincts pour les adultes d’une part, et pour les bébés/enfants/adolescents d’autre part.

Documents

Évaluation et prise en charge des syndromes psychotraumatiques - Enfants et adultes - Note de cadrage 

 

source https://www.has-sante.fr/jcms/p_3215922/fr/evaluation-et-prise-en-charge-des-syndromes-psychotraumatiques-enfants-et-adultes-note-de-cadrage

samedi 11 juillet 2020

A SUIVRE L'équipe du programme Papageno travaille au déploiement national d'un dispositif pour les établissements sanitaires ou médico-sociaux confrontés à des suicides parmi les personnels

Ressources humaines
Face à un suicide, des "plans blancs" préparés en amont peuvent aider hôpitaux et Ehpad
Publié le 10/07/20 https://www.hospimedia.fr/*

L'équipe du programme Papageno travaille au déploiement national d'un dispositif pour les établissements sanitaires ou médico-sociaux confrontés à des suicides parmi les personnels. Des plans de crise pourront être préparés en amont pour limiter les conséquences délétères de tels drames au sein des structures.

Pour limiter les effets de la survenue d'un suicide au sein d'un établissement, un plan de crise doit être élaboré en amont en mobilisant notamment les personnels des urgences, comme ce médecin du Samu au CH de Pontoise. (Amélie Benoist/BSIP)

https://www.hospimedia.fr/actualite/articles/20200710-ressources-humaines-face-a-un-suicide-des-plans

Recommandation de bonne pratique HAS Tentatives de suicide et risque suicidaire chez l’enfant et l’adolescent : prévention, évaluation, prise en charge - Note de cadrage


Tentatives de suicide et risque suicidaire chez l’enfant et l’adolescent : prévention, évaluation, prise en charge - Note de cadrage
Recommandation de bonne pratique - Mis en ligne le 10 juil. 2020 has-sante.fr




Contexte

Cette note de cadrage contient les informations relatives au thème « Tentatives de suicide et risque suicidaire chez l’enfant et l’adolescent : prévention, évaluation, prise en charge » inscrit au programme de travail 2019 de la Haute Autorité de santé.

Le thème est une auto-saisine de la HAS. Il fait partie des travaux réalisés dans le cadre du programme pluriannuel « Psychiatrie et santé mentale » 2018-2023 de la HAS.


Objectif

L’objectif est l’élaboration de recommandations dans le but d’améliorer le repérage, l’évaluation, la prise en charge et le suivi des enfants et adolescents suicidants et à risque suicidaire.


Destinataires

Les recommandations sont destinées aux intervenants du secteur sanitaire, social et médicosocial, de l’Education nationale et du secteur associatif notamment : médecins généralistes, médecins scolaires, infirmières scolaires, urgentistes, infirmières d’accueil des urgences, psychiatres, infirmières de psychiatrie, psychologues, pédiatres, pharmaciens, éducateurs spécialisés, assistantes sociales…




vendredi 26 juin 2020

ETUDE RECHERCHE Le suicide de patients hospitalisés en psychiatrie : analyse qualitative de huit cas à l’hôpital Sainte-Anne à Paris et recommandations

Communication
Le suicide de patients hospitalisés en psychiatrie : analyse qualitative de huit cas à l’hôpital Sainte-Anne à Paris et recommandations
Psychiatric inpatient suicides: Analysis of a series of eight cases at Sainte-Anne hospital in Paris and recommendations

Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique
Available online 23 June 2020
In Press, Corrected Proof


Résumé
Le taux de suicide à l’hôpital psychiatrique est élevé. L’amélioration du repérage des patients à risque suicidaire et de la prévention du passage à l’acte durant l’hospitalisation est nécessaire. Dans le cadre d’un groupe de travail d’évaluation des pratiques professionnelles sur le risque suicidaire à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, nous avons étudié huit cas de suicide de patients hospitalisés entre 2009 et 2018. Cette étude qualitative a porté sur les retours d’expériences (REX) des équipes multidisciplinaires de soins et la lecture des dossiers médicaux. L’analyse montre que tous les patients de notre étude présentaient des antécédents personnels de tentatives de suicide (notamment avec un moyen violent), dont la moitié d’entre eux durant un séjour hospitalier antérieur. La majorité des décès par suicides sont intervenus lors d’un week-end ou d’un jour férié et à l’intérieur même des unités d’hospitalisation. Le moyen de suicide le plus fréquemment retrouvé était la pendaison. Au regard des résultats de notre série de cas et des données de la littérature, l’histoire suicidaire personnelle est le facteur de risque de passage à l’acte en milieu hospitalier le plus fréquent. Toutefois, la prédictibilité du suicide reste faible en pratique clinique et tous les patients hospitalisés en psychiatrie devraient être considérés à haut risque de suicide durant l’hospitalisation et à la sortie. En amont, la prévention du suicide à l’hôpital repose avant tout sur la sécurisation du milieu hospitalier (inventaire à l’entrée, mobilier anti-suicide, blocage de l’accès aux hauteurs et de l’ouverture des fenêtres, etc.). La formation spécifique et répétée des équipes soignantes au risque suicidaire, la couverture de la permanence des soins, la mise en place de procédures d’évaluation et de surveillance, ainsi que la transmission et la traçabilité systématiques de ce risque sont également des actions organisationnelles de prévention des actes suicidaires à l’hôpital. Au niveau individuel, la qualité du contact avec le patient, le travail avec l’entourage et le traitement actif de la maladie mentale et de ses comorbidités sont essentiels. Après une tentative de suicide ou un suicide survenu à l’hôpital, le partage systématique d’expérience devrait être institué afin d’améliorer les pratiques. La mise en œuvre de mesures de postvention pour le soutien aux autres patients et aux soignants de l’unité, ainsi qu’à l’entourage, devrait compléter le dispositif.
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S000344872030189X