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jeudi 17 novembre 2022

AUTOUR DE LA QUESTION ETUDE ET RECHERCHE STIGMAPRO : pour des pratiques en santé mentale moins stigmatisantes

STIGMAPRO : pour des pratiques en santé mentale moins stigmatisantes
Publié le 15 novembre 2022 https://www.santementale.fr/*

Dans sa dernière newsletter du mois de novembre 2022, le Groupement de coopération sanitaire (GCS) pour la recherche et la formation en santé mentale propose une interview de Kévin-Marc Valéry, Docteur en psychologie, neuropsychologue, enseignant chercheur à l’université de Bordeaux et coordinateur du projet de recherche STIGMAPRO qui interroge la stigmatisation dans les pratiques professionnelles en santé mentale.

Kévin-Marc Valéry présente STIGMAPRO :
STIGMAPRO est un programme de recherche sur la stigmatisation dans les pratiques professionnelles en santé mentale. A ma connaissance, c’est le seul programme de ce type en France. Il a été initié par l’Université de Bordeaux et le Centre hospitalier de Jonzac, grâce au soutien financier de l’ARS Nouvelle Aquitaine. Son objectif est de créer une intervention visant à réduire la stigmatisation dans les pratiques des professionnels de la santé mentale. Je parle bien des pratiques, car nous ne considérons bien sûr pas les professionnels comme fondamentalement stigmatisants. Par contre, il existe des pratiques plus stigmatisantes que d’autres. Les contacts auprès des professionnels de santé mentale et les situations dans les services sont identifiées dans la littérature comme la plus grande source de stigmatisation selon les personnes qui ont un diagnostic de schizophrénie et leurs familles*. C’est une plus grande source de stigmatisation que la stigmatisation dans l’emploi ou les médias par exemple. C’est pourquoi nous avons décidé de travailler sur ce sujet. Ce programme, sur trois ans, s’inscrit dans une démarche d’evidence-based practice (i.e. pratique basée sur les preuves). Cela signifie qu’il s’appuie sur des savoirs scientifiques, sur l’expertise des professionnels et sur l’expérience des personnes le plus directement concernées. Pour garantir cela, STIGMAPRO est dirigé par un comité scientifique qui comprend des chercheurs de différentes disciplines (psychologie clinique, neuropsychologie, psychiatrie, psychologie sociale, santé publique, économie de la santé), des professionnels de santé mentale (psychologues, psychiatres, ergothérapeutes, médiateurs de santé pairs, cadres infirmiers, directeurs institutionnels), des représentants des usagers (Club House de Bordeaux, Luc Vigneau…) et de leurs familles (UNAFAM), des acteurs de la lutte contre la stigmatisation (CCOMS, Psycom) et des décideurs institutionnels (ARS, directeur du CH de Jonzac). STIGMAPRO comporte également un volet sur les solutions, donc sur les pratiques pouvant être recommandées pour être moins stigmatisant.

La suite de cette interview est à lire ici • A lire aussi dans la revue Santé mentale N° 269 – Juin 2022 « Les soignants, source de stigmatisation ? »

source https://www.santementale.fr/2022/11/stigmapro-pour-des-pratiques-en-sante-mentale-moins-stigmatisantes/ 

 



Kévin-Marc VALERY
Enseignant Chercheur Temporaire à l'Université de Bordeaux. Psychologue Clinicien, Neuropsychologue, Docteur en Psychologie. Coordinateur du projet de recherche STIGMAPRO.

STIGMAPRO : des pistes pour des pratiques en santé mentale moins stigmatisantes

Pouvez-vous nous présenter STIGMAPRO ?
STIGMAPRO est un programme de recherche sur la stigmatisation dans les pratiques professionnelles en santé mentale. A ma connaissance, c’est le seul programme de ce type en France. Il a été initié par l’Université de Bordeaux et le Centre hospitalier de Jonzac, grâce au soutien financier de l’ARS Nouvelle Aquitaine. Son objectif est de créer une intervention visant à réduire la stigmatisation dans les pratiques des professionnels de la santé mentale. Je parle bien des pratiques, car nous ne considérons bien sûr pas les professionnels comme fondamentalement stigmatisants. Par contre, il existe des pratiques plus stigmatisantes que d’autres. Les contacts auprès des professionnels de santé mentale et les situations dans les services sont identifiées dans la littérature comme la plus grande source de stigmatisation selon les personnes qui ont un diagnostic de schizophrénie et leurs familles*. C’est une plus grande source de stigmatisation que la stigmatisation dans l’emploi ou les médias par exemple. C’est pourquoi nous avons décidé de travailler sur ce sujet.
Ce programme, sur trois ans, s’inscrit dans une démarche d’evidence-based practice (i.e. pratique basée sur les preuves). Cela signifie qu’il s’appuie sur des savoirs scientifiques, sur l’expertise des professionnels et sur l’expérience des personnes le plus directement concernées. Pour garantir cela, STIGMAPRO est dirigé par un comité scientifique qui comprend des chercheurs de différentes disciplines (psychologie clinique, neuropsychologie, psychiatrie, psychologie sociale, santé publique, économie de la santé), des professionnels de santé mentale (psychologues, psychiatres, ergothérapeutes, médiateurs de santé pairs, cadres infirmiers, directeurs institutionnels), des représentants des usagers (Club House de Bordeaux, Luc Vigneau…) et de leurs familles (UNAFAM), des acteurs de la lutte contre la stigmatisation (CCOMS, Psycom) et des décideurs institutionnels (ARS, directeur du CH de Jonzac). STIGMAPRO comporte également un volet sur les solutions, donc sur les pratiques pouvant être recommandées pour être moins stigmatisant.

Où en êtes-vous des différentes phases de ce travail ?
Nous avons commencé avec une revue de littérature internationale. Puis, nous avons fait une enquête qui visait à mesurer la stigmatisation chez les professionnels et à identifier les facteurs associés à une diminution de cette stigmatisation. Ses résultats viennent d’être publiés**. Nous venons de pré-tester l’intervention STIGMAPRO, créée par notre conseil scientifique, sur la base des leviers identifiés contre la stigmatisation. Elle prend la forme d’ateliers pour les professionnels, en présence de familles et d’usagers. Nous étudions désormais les résultats de cette étude pilote afin d’évaluer si elle est viable et de lui donner une forme définitive, normalement début 2023. Nous mènerons ensuite un essai contrôlé pour évaluer son efficacité. Nous recherchons actuellement des financements pour lancer cette dernière phase avant le possible déploiement de cette intervention, afin de terminer le programme STIGMAPRO et de potentiellement proposer cette intervention à des services.

Quels facteurs associés à moins de stigmatisation dans les pratiques en santé mentale avez-vous identifiés ?
Le premier point est de concevoir le handicap psychique comme un continuum et non comme une catégorie, telle qu’elles sont définies dans les classifications des maladies. Les classifications aident à comprendre, mais ne correspondent pas à la réalité des maladies psychiques. La notion de continuum est plus proche de cette réalité des processus psychologiques. Ce que nous apprend STIGMAPRO, c’est que plus le professionnel a une vision catégorielle, plus il porte de stigmatisation dans sa pratique. Ce qui n’est pas étonnant puisqu’il s’agit de coller une étiquette puis de faire des généralités sur la personne. L’important est d’en être conscient et de pouvoir sensibiliser les professionnels à une certaine flexibilité par rapport à ces concepts. Stigmatiser, c’est réduire la personne a une seule de ses facettes, à un seul de ses attributs discréditants, en oubliant tous ses autres traits identitaires et en la réduisant, par exemple, à un diagnostic. Et de faire des généralités abusives. Le fait que des personnes, parce qu’elles ont un diagnostic de schizophrénie, soient moins invitées à participer à leurs soins que les personnes ayant d’autres diagnostics, comme nous l’indique la littérature internationale, c’est de la stigmatisation.
Un second facteur associé à une diminution de la stigmatisation est de percevoir les similitudes entre soi et les personnes accompagnées. C’est très en lien avec la notion de continuum : si je considère que la personne est très différente de moi, parce qu’elle a été rangée dans telle catégorie, qu’elle a une certaine chimie de cerveaux, etc., je vais être moins enclin à considérer que nous ne sommes au fond, pas si différents. Découvrir ces similitudes peut passer par le dévoilement de soi lors de l’entretien clinique, c’est à dire s’ouvrir pour partager une difficulté commune et les stratégies mises en place pour y faire face. L’intervision entre professionnels, le partage d’expérience sur la manière de susciter cet échange sur les similitudes, peut aider à y parvenir. La littérature montre ainsi que la neutralité est bien moins efficace dans la relation thérapeutique. Elle montre aussi que le dévoilement de soi doit respecter certaines règles et bien sûr ne pas tomber dans le travers qui consiste à centrer le propos sur l’accompagnant et pas sur l’accompagné.
Un troisième facteur porte sur le sentiment d’utilité dans son travail : les professionnels qui déclarent moins de stigmatisation déclarent également se sentir plus utiles. Là encore, la littérature nous montre que les professionnels qui stigmatisent se sentent moins bien dans leur travail et éprouvent moins le sentiment d’accomplissement et de bien-être au travail. L’organisation du service joue ici un rôle important, car elle peut pousser n’importe quel soignant à être stigmatisant, même sans le vouloir.
Un quatrième facteur associé à une moindre stigmatisation est d’utiliser des pratiques orientées-rétablissement.


*Subjective experiences of stigma. A focus group study of schizophrenic patients, their relatives and mental health professionals. Social Science & Medicine (2003)
Stigma and mental health professionals: a review of the evidence on an intricate relationship, International Review of Psychiatry (2007)
**Part of the solution yet part of the problem: factors of schizophrenia stigma in mental health professionals - International Journal of Psychiatry in Clinical Practice, octobre 2022

lundi 7 novembre 2022

TEMOIGNAGE "Quand tu es en dépression, savoir qu’il y a des mains tendues, ça fait un bien fou" Le témoignage poignant d’une ado azuréenne

"Quand tu es en dépression, savoir qu’il y a des mains tendues, ça fait un bien fou" Le témoignage poignant d’une ado azuréenne

En France, un quart des 16-24 ans se déclarent malheureux, selon une récente enquête Opinion way pour le Psychodon. Plus préoccupant, 24 % des jeunes de cette tranche d’âge disent avoir des pensées suicidaires. Derrière ces données se cache une forêt de réalités différentes, intimes. Dont celle de Lola, 16 ans. Depuis deux ans, cette adolescente azuréenne est en proie à la dépression, aux conduites suicidaires, à des troubles alimentaires. Avec sa mère, Maud, elle a choisi de mettre des mots sur ce qu’elle traverse et de les partager. Ensemble, elles aimeraient briser le tabou de la santé mentale, apaiser celles et ceux que ce mal-être isole, mais aussi chercher des solutions.

Aurélie Selvi - aselvi@nicematin.fr Publié le 06/11/2022https://www.varmatin.com*
recit
Une jeune azuréenne de 16 ans raconte le douloureux chemin pour sortir de la dépression. Aurélie Selvi

Elles sont assises côte-à-côte dans le salon familial, décoré aux couleurs d’Halloween. Lola, 16 ans, sweat shirt large, longs cheveux bruns ondulés, visage angélique, regard doux et perçant à la fois. Maud, la quarantaine, sourire franc, affable, robe printanière pour un après-midi d’automne version été indien.

"Aujourd’hui, on est sur un gros coup de mou. Parce que je pense à la rentrée de lundi. Et rien que de m’imaginer devant le lycée, je ne peux pas", glisse Lola, élève de première, qui fêtait il y a deux soirs Halloween avec ses copines et profitait alors d’une parenthèse de légèreté.

Ces montagnes russes émotionnelles, voilà deux ans que la jeune fille, frappée par la dépression avec trouble du comportement alimentaire et conduite suicidaire, cohabite avec. Sous le regard de sa mère, elle tient à expliquer, retracer. Sans néanmoins trop s’exposer. Pour cette raison, son prénom et celui de sa mère ont été changés.


L’élément déclencheur

"J’ai toujours été anxieuse. Petite, j’avais des TOC, peur des catastrophes, peur que quelqu’un meurt… La dépression, c’est depuis 2 ans à peu près. Tout a commencé quand on m’a détecté un zona, une maladie chronique très douloureuse. Le médecin m’a d’abord dit que ça passerait en une semaine. Puis le délai s’est allongé", explique la jeune fille.

Peu de temps après ce diagnostic, Lola commence à noter dans son téléphone "des petits trucs" qu’elle ressent et qui lui semblent inhabituels: "épuisement", "flemme et procrastination", "moins faim", "peur d’être seule", "perte de concentration", "se mordre les lèvres" ou encore "peur d’embêter tout le monde quand j’ai besoin d’aide"...

Jusqu’alors très active, passionnée par la gym, investie dans la protection de l’environnement, intéressée par le développement personnel, Lola commence à se recroqueviller. Elle explique: 

"Je me suis rendue compte qu’il y avait un problème quand j’ai commencé à ne plus avoir d’espoir que ça puisse aller mieux"

Trois mois après le diagnostic de sa maladie chronique, des idées suicidaires s’invitent dans sa tête, sans pour autant la surprendre. Sa "première TS" (tentative de suicide), la jeune fille confie la faire "uniquement pour que la douleur s’arrête, pas dans une envie déterminée d’arrêter de vivre". Lola en fera plusieurs, en secret, sans rien en dire à sa famille "par peur de les inquiéter". Ce sont des amies à qui elle se confie qui iront voir la CPE du collège. Puis viendront les hospitalisations, plus ou moins longues, en hôpital pédiatrique…

Une réalité "difficile à comprendre"

C’est au cours de l’une de ces hospitalisations en urgence que les mots sont posés par les soignants: "dépression", "TCA" (troubles des conduites alimentaires). "L’entendre de la bouche des médecins m’a fait quelque chose", se remémore Maud, la mère de Lola, qui fait face à une réalité qu’elle cherche toujours à comprendre, sans jamais nier le mal-être de sa fille.

"La dépression, personne dans mon entourage n’en avait souffert. De la voir perdre sa joie de vivre, plus envie de lire, plus envie de rien, je n’ai pas compris", Maud, mère de Lola 

"Ce qui est difficile, c’est justement d’accepter de ne pas comprendre. Le plus dur, ce sont les idées suicidaires, la peur qu’elle passe à l’acte, la peur de la perdre", ajoute la maman, gorge serrée.

"La dépression, ça met tout de côté. Les passions d’avant, c’est pas que tu ne les aimes plus mais elles ne déclenchent plus la flamme en toi. Tu deviens neutre, comme indifférent à tout ça", explique l’adolescente.

Peu à peu, Lola et Maud acceptent une réalité: celle des méandres de la maladie mentale. "On parle ici d’alchimie du cerveau, pas d’une jambe cassée à réparer", note la mère, qui reste convaincue que sa fille va s’en sortir. Tous ces moments passés auprès d’elle à l’hôpital, pour des séjours plus ou moins longs, ont aussi ouvert Maud à des questionnements sur la prise en charge de la santé mentale des jeunes.

"Créer une vraie parenthèse de quiétude"

"De manière générale, je trouve que la réponse donnée aujourd’hui par les institutions à ce mal-être est essentiellement médicamenteuse. OK mais cela ne peut pas être que ça, pointe Maud. Dans un monde idéal, je pense que ces jeunes devraient être pris en charge dans un lieu totalement neutre, qui ne ressemble pas à une chambre d’hôpital, qui s’apparente à une vraie parenthèse et leur permette de faire une vraie pause. Quand je vois les copines qu’a rencontrées Lola à l’hôpital qui mentent à leur psy, qui s’ennuient toute la journée dans un lit, je me dis que ces jeunes en souffrance ont besoin plus que tout d’être écoutés, entendus, de vider leur sac dans un lieu de quiétude qui les protège", plaide cette mère de famille, qui précise "partager un ressenti de maman" sans aucune envie de tirer à boulet rouge sur le lieu où sa fille est suivie.

 De ces passages à l’hôpital, Lola retient surtout ces rencontres "qui font du bien" avec des enfants de son âge qui traversent la même réalité.

"Dans la maladie, tu te sens vraiment seule, c’est même l’un des principaux symptômes", Lola, 16 ans

Le plus important à ses yeux: se savoir entourée: "Quand tu es en dépression, savoir qu’il y a des mains tendues, même si tu ne les prends pas, ça fait un bien fou".

"La dépression, ça met tout de côté", Lola (le prénom a été changé), 16 ans. Aurélie Selvi.

Briser le tabou de la santé mentale des jeunes

Au-delà de son cas personnel, Lola constate aussi que l’anxiété est très présente dans la vie de ses copines et porte un regard lucide sur sa génération.

"Ce qui nous stresse le plus? Les cours, toujours les cours. Personnellement, je me suis mis la pression dès le collège, même si j’ai toujours eu de bons résultats. On sent qu’on entre dans la cour des grands, qu’il faut assurer. Puis au lycée, tu dois choisir tes spécialités, ton orientation avec Parcours sup… C’est beaucoup", glisse-t-elle.

Dans son entourage, d’autres camarades sont concernés par la dépression. Toujours sur le fil, Lola confie, quant à elle, ne pas perdre espoir.

"A un moment, ça ira mieux. Il faut être patient, c’est bateau, mais c’est vraiment ça. D’ici là, j’essaie maintenant juste de m’appliquer une chose : ne jamais prendre de décision quand ça va mal mais en parler", Lola, 16 ans

En témoignant aujourd’hui, la jeune fille et sa mère tiennent surtout à envoyer un message aux jeunes touchés comme aux personnes qui les entourent: "la dépression, ce n’est pas une honte mais une vraie maladie, complexe et difficile à vivre! Il faut l'accepter, en parler, y compris quand on est l’aidant", lance la mère.

Lola rebondit:  "et cette maladie ne nous définit pas! Si y a bien un truc qui m’énerve, c’est qu’on dise que je suis dépressive. Non, je souffre de dépression mais je ne suis pas que ça, je suis plein d’autres choses". Assise à ses côtés, Maud renchérit: "tu es une sœur, une cousine, une amie sur qui on peut compter, une bonne élève..." "La maman de 6 poissons et d’un hamster", rigole Lola. "Une gymnaste, une personne engagée… Tu es Lola", conclut sa mère.

https://www.varmatin.com/psycho/quand-tu-es-en-depression-savoir-quil-y-a-des-mains-tendues-ca-fait-un-bien-fou-le-temoignage-poignant-dune-ado-azureenne-805425
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mardi 7 décembre 2021

AUTOUR DE LA QUESTION BELGIQUE "Normal", la web-série qui déconstruit les idées reçues sur les troubles de la santé mentale

"Normal", la web-série qui déconstruit les idées reçues sur les troubles de la santé mentale


© Tous droits réservés 

Marion Jaumotte
Publié le jeudi 25 novembre 2021
Une personne sur six souffre de problèmes de santé mentale en Europe et en parler ouvertement n'est pas toujours chose aisée. Pour casser les clichés et tenter de mieux comprendre les personnes atteintes de maladies mentales, nous vous conseillons de regarder "Normal", une web-série proposée par RTBF Webcréation et qui donne la parole à 6 personnes vivant avec des troubles d'ordre psychologique.

Iels s'appellent Franek, Jade, Florine, Marc, Arthur et Lula et iels souffrent d'anorexie, de schizophrénie, de dépression, de bipolarité... Face caméra, ces six jeunes se confient et racontent leur récit, sans filtre. Iels nous invitent à voir le monde avec leurs yeux, afin de faire tomber les barrières et les clichés qui entourent les maladies dont ils souffrent.

Au travers de ces rencontres touchantes et sincères, les auteurs Pablo Crutzen, Benoit Do Quang et Pierre Leo, questionnent ainsi la notion de normalité au sein de notre société. Des témoignages précieux et nécessaires.


Episode 1: Franek
"Franek partage son combat contre l'anorexie mentale et comment il le gagne, jour après jour."
Episode 2: Jade
"Jade, 20 ans, nous parle de la mélancolie, de la déréalisation et des crises existentielles qui jalonnent sa vie."
Episode 3: Florine
"Florine témoigne de sa longue histoire psychiatrique et de l'importance de l'amour inconditionnel."
Episode 4: Marc
"A 26 ans, Marc souffre de troubles schizo-affectifs. Il témoigne de ses internements et surtout de l'importance de séparer l'humain du diagnostic."
Episode 5: Arthur
"Etudiant de 24 ans, Arthur témoigne de ses états dépressifs contre lesquels il se bat depuis 8 ans."
Episode 6: Lula
"Diagnostiquée avec un trouble bipolaire depuis ses 18 ans, Lula nous partage son histoire et son quotidien." 

 Épisodes a voir https://www.rtbf.be/culture/pop-up/detail_normal-la-web-serie-qui-deconstruit-les-idees-recues-sur-les-troubles-de-la-sante-mentale-marion-jaumotte?id=10882075

lundi 25 octobre 2021

AUTOUR DE LA QUESTION La FRM démêle 10 idées reçues sur la perception des Français concernant les maladies psychiatriques.


La FRM démêle 10 idées reçues des Français

A l'occasion de la Journée mondiale de la Santé Mentale le 10 octobre 2021, la Fondation pour la Recherche Médicale a dévoilé les résultats de sa première étude menée avec l’Ifop sur la perception des Français concernant les maladies psychiatriques.

Parce que les idées reçues sur ces pathologies persistent, la FRM se mobilise pour changer le regard porté sur ces maladies et convaincre de la nécessité d'amplifier les recherches dans le domaine.


Voir les idées reçues
Télécharger le guide

https://www.frm.org/upload/pdf/guide-de-la-sante-mentale-frm.pdf 

 

Source https://www.frm.org/semaine-sante-mentale

mardi 5 octobre 2021

AUTOUR DE LA QUESTION / DESTIGMATISATION SANTE MENTALE Comment les sportifs de haut niveau brisent le tabou de la dépression : "Dire qu'on ne va pas bien, c'est très courageux"



Comment les sportifs de haut niveau brisent le tabou de la dépression : "Dire qu'on ne va pas bien, c'est très courageux"
Article rédigé par   Benoît Jourdain
France Télévisions *
Publié le 03/10/2021 07:05
Temps de lecture : 9 min.

Image d'illustration d'un sportif de haut niveau qui consulte un psychologue. (PIERRE-ALBERT JOSSERAND / FRANCEINFO)


Cette maladie psychique n'épargne pas les athlètes, qui ont aujourd'hui moins de mal à l'évoquer publiquement. Les témoignages récents de la tenniswoman Naomi Osaka ou de la gymnaste Simone Biles en sont la preuve.

La tête délicatement posée sur le dos de sa main, Naomi Osaka peine à finir ses phrases. Son regard s'évade. Ses yeux laissent filer quelques larmes. Malgré la souffrance, la tenniswoman japonaise tente de faire bonne figure face aux journalistes qui attendent ses premiers mots après son élimination à l'US Open, à New York, début septembre. "C'est vraiment dur d'articuler. J'ai l'impression d'en être à un stade où j'essaie de comprendre ce que je veux faire. Honnêtement, je ne sais pas quand je vais jouer mon prochain match. Je pense que je vais arrêter pendant un moment", glisse la championne, en plein désarroi.

Numéro 1 mondiale ou pas, pourquoi cacher ses failles ? Désormais, certains sportifs de haut niveau n'attendent plus la retraite pour révéler leur mal-être. Dans leur discours, le mot "dépression" n'est plus tabou. Outre Naomi Osaka, la gymnaste Simone Biles ou le basketteur DeMar DeRozan, sur Twitter, ont récemment osé évoquer publiquement leur santé psychique.
L'image du super-héros

Ces confessions étonnent parfois le grand public. "Dans l'imaginaire, les champions sont invulnérables, on imagine qu'ils ne sont que des sportifs, mais ils ont eu une vie, une enfance, parfois des traumas, comme Simone Biles qui a été victime d'agressions sexuelles", rapporte Meriem Salmi, psychologue psychothérapeute, responsable du suivi psychologique des athlètes à l'Insep de 2000 à 2013.

"On touche au mythe du champion et donc de l'invulnérabilité de l'athlète."
Meriem Salmi, psychologue psychothérapeute
à franceinfo

Meriem Salmi se bat depuis plus de trente ans pour imposer dans la société le sujet des pathologies mentales chez les sportifs. Les choses avancent, selon elle, car "le nombre d'athlètes qui en parlent augmente". Cela prend du temps. La préparation mentale est entrée peu à peu dans les mœurs, mais l'accompagnement psychologique au sens large "était vu jusqu'à présent comme un problème". "Cela n'avait pas lieu d'être, les athlètes pouvaient entendre : 'Si tu n'es pas assez fort, tu n'as pas ta place ici'", assure-t-elle.

Nathalie Crépin, psychologue du sport au Centre ressources en optimisation de la performance et en psychologie du sportif (Crops) à Lille, confirme : "Avant, si un sportif avouait qu'il consultait un psychologue, il pouvait entendre qu'il était fou ou faible, c'était difficile à gérer. Son encadrement pouvait lui dire qu'il n'avait rien à faire là s'il ne pouvait pas encaisser les sacrifices et la charge de stress et de travail".

C'est exactement ce qui a poussé Théo Nonnez, 21 ans, à ranger définitivement son vélo, un soir de février 2021. Cet ancien cycliste de l'équipe Continentale Groupama-FDJ, champion de France junior en 2016, a "complètement craqué", raconte-t-il à franceinfo. "J'en parlais à des amis très proches, mais c'est délicat de m'ouvrir en interne, concède l'ex-coureur. Lorsque tu veux faire carrière, évoquer ce problème c'est comme se tirer une balle dans le pied. C'est se mettre à découvert. Je voulais m'en sortir par moi-même, je ne voulais pas montrer que j'étais faible", analyse celui qui s'est réorienté vers un BTS communication.

Souffrir en silence, Cédric Anselin l'a aussi vécu. Aujourd'hui enseignant dans un centre de formation de Norwich (Royaume-Uni), cet ancien footballeur de 44 ans a côtoyé Zinédine Zidane à Bordeaux, fréquenté les équipes de France de jeunes, disputé une finale de Coupe de l'UEFA (1996) et a fini par sombrer dans la dépression. "Ma carrière s'est arrêtée parce qu'un entraîneur ne voulait plus de moi, explique-t-il à franceinfo. J'étais poussé vers la sortie alors que je pensais n'avoir fait aucune faute". Ecarté dans son club de Norwich, il est gagné par la solitude. "Je ne voulais plus être dans un vestiaire, lâche-t-il. Cela ne sert à rien de faire le plus beau métier du monde si on n'est pas heureux."
La dépression, blessure d'un autre genre

La dépression peut surgir à tout moment. Une mise au ban, une blessure, un problème personnel... Le corps a beau être entraîné, si la tête ne suit pas, l'élan est brisé. Quand le mal est physique, aucun sportif ne rechigne à en parler. "On est dans le corps-objet, acquiesce Nathalie Crépin. La souffrance est acquise dès le plus jeune âge, elle est normale, parfois nécessaire et c'est même vu comme un facteur d'efficacité et de performance." Mais s'épancher sur son mal-être est plus compliqué, même "si les femmes ont plus de facilités à exprimer les choses", note Meriem Salmi. "Dans la société, on sait qu'elles consultent plus que les hommes, mais pour le sport de haut niveau, les chiffres n'existent pas encore", ajoute la psychologue. "On peut se plaindre d'un genou, ça n'engage pas l'intime, illustre-t-elle. Avec les problèmes mentaux, on est dans une autre dimension dont il ne faut pas avoir honte".

La tenniswoman japonaise Naomi Osaka, la tête cachée sous une serviette durant une rencontre de l'US Open, à New York (Etats-Unis), le 3 septembre 2021. (ED JONES / AFP)

Cette honte s'accompagne parfois de la culpabilité de décevoir un entourage qui a beaucoup sacrifié pour voir vos rêves aboutir et les vit parfois par procuration. "Je me disais que c'était moi le problème, je ne pouvais pas ne pas être heureux, j'étais payé pour exercer ma passion, je bénéficiais d'un super matériel", témoigne Théo Nonnez. Malgré ces conditions idéales pour être performant, son goût de pédaler disparaît lentement. Jusqu'à la crise, lorsqu'il fond en larmes, un jour, sur son vélo.


"Je n'ai pas osé le dire tout de suite, j'ai dû attendre quasiment un an avant d'en parler, j'aurais dû le faire bien avant."
Théo Nonnez, 21 ans, ancien cycliste
à franceinfo

"Il n'y a rien de mal à dire qu'on ne va pas bien, c'est même très courageux de l'admettre, abonde Cédric Anselin. Il faut en parler le plus vite possible, sinon la dépression s'aggrave." Ce que confirme l'ancien tennisman américain Mardy Fish dans le documentaire de Netflix qui lui est consacré : "Si je n'avais pas consulté, je ne serais peut-être plus là aujourd'hui."

"Plus on traite tôt la dépression, plus on peut la soigner rapidement", insiste Meriem Salmi, qui a suivi certains sportifs "très, très abîmés" avant les JO de Tokyo et a eu le bonheur de les voir s'envoler pour le Japon. Tenue par le secret professionnel, elle n'en dit pas davantage, mais "si on a une prise en charge sérieuse, répète-t-elle, on s'en sort". Immensément attendue à Tokyo, Simone Biles a rapidement abandonné l'épreuve par équipe, victime de "pertes de figure". Elle est finalement réapparue quelques jours plus tard pour glaner le bronze à la poutre. Mais à quel prix : "J'aurais dû abandonner bien avant Tokyo", a-t-elle confié au New York Magazine (en anglais).

Parler pour soigner. Parler pour ne pas atteindre le point de non-retour, comme le gardien de but allemand de Hanovre Robert Enke, qui s'est suicidé le 10 novembre 2009. "Longtemps, il a cru qu'il trouverait le ressort nécessaire pour rebondir, écrit le romancier Bernard Chambaz dans son essai, Plonger (Gallimard, 2011), où il se penche sur le destin tragique d'Enke. Il a espéré qu'il le trouverait en touchant le fond. Mais aujourd'hui, il a la conviction qu'il n'y a pas de fond. Et il a beau savoir que c'est contraire à sa nature et aux usages, il a le sentiment que la seule liberté qui lui reste, c'est le suicide."

D'autres sportifs ont tenté de mettre fin à leurs jours, comme l'ancien rugbyman et capitaine du XV de France, Pascal Papé. Après une blessure au dos lors du Tournoi des six nations en 2013 qui l'oblige à mettre sa carrière entre parenthèses, l'ex-deuxième ligne du Stade français traverse une dépression, tente de se suicider, avant d'être admis en hôpital psychiatrique. "Il y a à ce moment-là un mélange de fatigue, de tristesse, de dégoût de soi. Je ne suis bien que quand je dors, or je n'y arrive pas. Alors, j'ai eu envie de dormir pour toujours", raconte-t-il en 2016 à L'Equipe Magazine (pour abonnés).
Des barrières à faire sauter

Pour éviter d'en arriver là, rien ne vaut la prévention et l'accompagnement. Ainsi, Nathalie Crépin réalise 200 bilans psychologiques par an, tous sports confondus. Ils sont obligatoires pour tous les athlètes de haut niveau, mineurs et majeurs, qui doivent s'y soumettre une fois par an, selon l'arrêté du 16 juin 2006 voulu par Jean-François Lamour, alors ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative.

Avec la crise du Covid-19 et les confinements, le fait de consulter un psychologue s'est "normalisé" dans la société civile, remarque Nathalie Crépin. Une banalisation qui infuse dans le monde sportif. Et il n'y a pas de raison que cela en soit autrement puisqu'"il n'y a pas moins de pathologies dans le sport de haut niveau que dans la société. C'est le début de la fin d'un tabou, se réjouit-elle. Les sportifs viennent plus facilement consulter sans donner la raison de leur visite".

"La libération de la parole est venue avec le temps", emboîte Meriem Salmi, qui accompagne Teddy Riner depuis plus de seize ans. Même s'il n'a jamais fait état de dépression au cours de sa carrière, le poids lourd a enfoncé certaines portes et fait avancer la pratique, constate sa psychologue. Très vite, il a assumé son accompagnement psychologique.

"Je ne sais pas si tout le monde est encore convaincu de l'utilité du psychologue, il va falloir encore du temps pour imprégner le monde sportif et l'encadrement. Il faut rendre les sportifs à l'aise pour évoquer le sujet."
Meriem Salmi

à franceinfo

"Voilà pourquoi il est important que les fers de lance puissent s'exprimer. Cela aidera les moins connus à le faire aussi", estime Nathalie Crépin. En confiant son mal-être, Théo Nonnez a eu de nombreux retours et parfois de la part de personnalités "assez connues". Mais il ne crie pas victoire tout de suite. Selon lui, ce processus d'acceptation de la dépression chez l'athlète de haut niveau prendra encore du temps. Et lui, comme d'autres, est toujours prêt à accompagner ceux qui souffrent. "J'ai grandi avec ça, pourquoi ne pas utiliser mon expérience pour aider les gens autour de moi, conclut Cédric Anselin. Ça me fait du bien, c'est encore plus incroyable que de jouer face à l'AC Milan à San Siro." Théo Nonnez et Cédric Anselin s'en sont sortis. Naomi Osaka, elle aussi, est sur le bon chemin puisqu'elle songe finalement à un retour : "J'ai de nouveau cette envie, a-t-elle clamé le 27 septembre dans l'émission "The Shop" sur HBO. Ce ne serait pas vraiment important de gagner ou de perdre, je veux juste avoir le plaisir d'être de retour sur le court." Pour laisser couler sur ses joues des larmes de joie ?

https://www.francetvinfo.fr/sports/comment-les-sportifs-de-haut-niveau-brisent-le-tabou-de-la-depression-dire-qu-on-ne-va-pas-bien-c-est-tres-courageux_4764095.html

vendredi 3 septembre 2021

USA AUTOUR DE LA QUESTION Rencontrez Gizmo, le chien de thérapie derrière un nouveau programme national de santé mentale pour les enfants

Rencontrez Gizmo, le chien de thérapie derrière un nouveau programme national de santé mentale pour les enfants

La mission de Gizmo est d'aider les enfants à acquérir des compétences d'adaptation et à commencer à se remettre de la pandémie.


Titre original Meet Gizmo, the therapy dog behind a new, national mental health curriculum for kids7 juin 2021, 19:09 UTC / Source : https://www.today.com/* signalé pare https://sprc.org/ le 3/07/2021
Par Ronnie Koenig

Guizmo est un petit chien avec une grande mission : aider les enfants à guérir de la pandémie de COVID-19. Face à la montée en flèche des problèmes psychologiques et émotionnels chez les enfants, ce chien d'un kilo et demi est à l'origine d'un nouveau programme d'enseignement, "Gizmo's Pawsome Guide to Mental Health", qui sensibilisera les enfants des écoles américaines à la santé mentale.




https://www.instagram.com/p/BxSQ9K8AuUy/


"Les enfants ont été extrêmement réceptifs à cet adorable chiot et à son message", a déclaré par courriel à TODAY Helen Pridgen, vice-présidente des programmes de la Fondation américaine pour la prévention du suicide, qui a participé à la création du programme. "Gizmo aide les enfants à comprendre qu'il y a des choses qu'ils peuvent faire pour s'aider eux-mêmes quand ils se sentent tristes, en colère ou inquiets".


Gizmo the therapy dog is the face of a new kids' mental health curriculumGizmo, le chien de thérapie, est le visage d'un nouveau programme de santé mentale pour les enfants.
Selon son propriétaire, Jen Adams, Gizmo a un don naturel pour détecter les moments où les gens sont tristes.

Ce mélange de bichon maltais, de papillon et de chin japonais s'est lancé dans le travail de chien de thérapie après avoir été approché par un adolescent sur un sentier de randonnée alors qu'il n'était qu'un chiot, a raconté sa propriétaire, Jen Adams, à TODAY.

 "Il s'est glissé sur les genoux du garçon. J'ai demandé au garçon s'il était d'accord avec ça. Il n'a pas répondu mais a commencé à caresser doucement Gizmo alors que des gouttes de larmes coulaient de ses yeux", se souvient-elle. "Une dame est arrivée sur le sentier et a demandé si c'était mon chien. J'ai répondu que oui. Elle m'a dit : "Votre chien le sait. C'est mon fils, et il vient d'apprendre que son père est décédé dans un tragique accident". Depuis lors, j'ai remarqué que Guizmo a un sens aigu pour savoir quand quelqu'un souffre, et il veut immédiatement aider."

L'objectif du nouveau programme, rédigé du point de vue de Guizmo, est d'apprendre aux jeunes enfants à prendre soin de leur santé mentale en reconnaissant les signes d'alerte et en développant des stratégies d'adaptation saines.
Gizmo the therapy dog is the face of a new kids' mental health curriculumLe chien de thérapie Gizmo est le visage d'un nouveau programme de santé mentale pour les enfants.
Le programme de santé mentale de Gizmo est mis en œuvre dans son État d'origine, le Connecticut.Jen Adams


"Nous avions besoin d'un moyen qui soit accessible, acceptable et qui réduise la stigmatisation liée à la santé mentale", a déclaré par courriel à TODAY Heather Spada, une professionnelle de la santé mentale qui a aidé à créer le programme d'études avec l'organisme à but non lucratif United Way.

Gizmo a été impliqué dans l'effort de création d'un programme scolaire de santé mentale pour les enfants lorsque Andrea Iger Duarte, qui travaille au Connecticut Department of Mental Health and Addiction Services, l'a vu lors d'un événement où il travaillait comme chien de thérapie.

"Andrea a été témoin de l'utilité de Gizmo pour entrer en contact avec le public et distribuer les documents", a déclaré Spada. "Tout ce qu'il fallait faire, c'était de l'installer confortablement dans un panier sur la table des matériaux et les gens venaient tout de suite le voir. ... Cela a conduit au livre".

Gizmo the therapy dog is the face of a new kids' mental health curriculum
La couverture du "Pawsome Guide de Gizmo sur la santé mentale". Jen Adams

« Gizmo's Pawsome Guide to Mental Health » est actuellement mis en œuvre dans 100 salles de classe du Connecticut avec plus de 3 000 enfants. Un déploiement plus important est prévu pour la prochaine année universitaire. Le guide est également accessible au public en ligne.


Ronnie Koenig

https://www.today.com/pets/therapy-dog-gizmo-leads-national-mental-health-program-kids-t220473

lundi 9 août 2021

Jusqu’à quel point les réseaux sociaux lèvent-ils le tabou sur les troubles psychiques ?

Jusqu’à quel point les réseaux sociaux lèvent-ils le tabou sur les troubles psychiques ?
Usbek & Rica *  Pauline Porro - 6 août 2021

Dans les œuvres de fiction, par la voix de célébrités… Jamais les troubles psychiques n’ont été si présents dans l’espace public. Une visibilité croissante à laquelle la crise du Covid n’est pas étrangère. En la matière, les réseaux sociaux font office d’espace d’expression privilégié. Comment comprendre cette libération de la parole numérique ? Mais surtout, jusqu’à quel point contribue-t-elle réellement à une véritable prise de conscience sociétale plus globale ?


Kristine souffre de bipolarité de type 2 et de cyclothymie. Lors d’une période de down particulièrement sévère, elle décide de créer la page cyclothymia.and.bipolar sur Instagram. « Je me suis dit qu’il devait bien exister quelque part quelqu’un qui souffrait de bipolarité et qui comme moi ne parvenait pas à être comprise par ses proches. »

 « J’ai toujours été très seule avec ma maladie, confie Julie, 30 ans, qui souffre de dépression chronique et d’anorexie mentale restrictive. À la suite de mon diagnostic en 2019, cela ne s’est pas arrangé ».

Afin de sortir de sa solitude, l’idée d’ouvrir un compte Instagram fait son chemin. Elle lance alors la page depression_sans_pression. Lorsqu’elle est hospitalisée sous contrainte en raison d’un risque suicidaire, elle témoigne au jour le jour de son quotidien sur son compte, où 1188 abonnés la suivent.


Je voulais mettre en évidence la gravité de la maladie mais également faire connaître le traitement hospitalier qui nous est réservé. Je voulais témoigner et surtout dénoncer

Sandra*, détentrice du compte Instagram Noire et Bipolaire

C’est suite à une hospitalisation particulièrement traumatique que Sandra* suit les conseils d’une amie psychologue et crée sa page Instagram, Noire et Bipolaire. « Je voulais mettre en évidence la gravité de la maladie mais également faire connaître le traitement hospitalier qui nous est réservé. Je voulais témoigner et surtout dénoncer. »
23,7 millions de publications pour #depression

À l’instar du compte de Kristine, Sandra ou de Julie, les réseaux sociaux regorgent de pages consacrées aux troubles psychiques et psychiatriques. En la matière, Instagram fait figure d’application reine. Sur le réseau social, le hashtag #depression culmine à 23,7 millions de publications, celui de #bipolar à 2,5 millions. À tel point que les psychologues en font désormais un lieu d’information et de promotion incontournable.

Ouvrir un espace d’échanges ou d’aide mutuelle, volonté de dédramatiser et de démystifier la maladie, dénoncer les failles du système médical… les raisons qui poussent à médiatiser sa maladie mentale sur les réseaux sociaux sont multiples. En agissant comme révélateur, les réseaux sociaux participent d’un phénomène de libération de la parole autour de la maladie mentale, notamment pour le jeune public.


« La crise a suscité des idées suicidaires. Auparavant, on se battait pour lever les tabous liés à la santé mentale, mais désormais, on se permet beaucoup plus de communiquer sur ses maux, et de les assumer publiquement. »

Vanessa Lalo, psychologue clinicienne, spécialiste des pratiques numériques

Pour Vanessa Lalo, psychologue clinicienne, spécialiste des pratiques numériques, la visibilité croissante des troubles psychologiques sur les réseaux sociaux est incontestable. Surtout, elle constate « une augmentation de ce que l’on montre en termes de pathologies mentales sur les réseaux sociaux ». [1] [2] Pour la clinicienne, l’épreuve du confinement est également passée par là. « La crise a suscité des idées suicidaires. Auparavant, on se battait pour lever les tabous liés à la santé mentale, mais désormais, on se permet beaucoup plus de communiquer sur ses maux, et de les assumer publiquement. »

La Pop culture, autre relais fondamental

Pour la clinicienne, la question dépasse cependant largement le cadre des réseaux sociaux : « il s’agit d’un mouvement de grande ampleur. Des personnes très influentes annoncent être dépressifs, bipolaires, anxieux. » Mariah Carey, Kanye West, Selena Gomez… nombreuses sont les célébrités, surtout transatlantique, à avoir réalisé leur coming-out en la matière. Là encore, ce sont souvent via les réseaux sociaux que cette parole se fait entendre.

Dans le monde du sport, la levée du tabou s’est notamment illustrée cette année par la décision de la tenniswoman Naomi Osaka, quadruple gagnante du Chelem, de renoncer à Roland-Garros afin de « préserver sa santé mentale ». Teddy Riner, le judoka le plus titré de l’histoire, a lui médiatisé son suivi psychologique dans « Teddy », le documentaire qui lui a été consacré en 2020. Au Jeux Olympiques de Tokyo, la gymnaste Simone Biles a marqué les esprits en se retirant du concours général par équipe, déclarant qu’elle devait « lutter contre ses démons » et « préserver sa santé mentale ». C’est sur Instagram que la gymnaste la plus médaillée de l’Histoire a choisi de donner les détails de sa décision. Le phénomène n’est pas inédit : avant eux, Michael Phelps, ou encore André Agassi avaient évoqué publiquement leur combat contre la dépression. Une libération de la parole relative cependant : les troubles de la santé mentale affecteraient jusqu’à 35 % des athlètes d’élite à un stade ou à un autre de leur carrière, selon les chiffres du CIO.

Cette plus grande visibilité s’observe également sur le terrain de la production culturelle. D’après le psychiatre Jean-Victor Blanc, auteur de l’ouvrage Pop and Psy (Plon, 2019), les troubles mentaux seraient aujourd’hui beaucoup mieux représentés et documentés dans les œuvres de fiction. Les séries 13 Reasons why, Mental, Atypical, Euphoria, En Thérapie (Arte) ou Dans ma tête, tentent (avec plus ou moins de succès) de sortir des clichés sur la maladie mentale et de coller davantage à la réalité. Une évolution salvatrice et révélatrice d’un changement de paradigme, selon lui.
La visibilité des malades, une histoire de lutte

S’approprier sa maladie en décidant de la rendre visible, cela n’a pas toujours été possible. « L’histoire de la visibilisation des malades dans l’histoire de la médecine, qu’il s’agisse de personnes souffrant de troubles somatiques ou de troubles mentaux, c’est toujours une histoire de lutte, détaille le philosophe Guillaume Le Blanc. Cette visibilité, le savoir-pouvoir médical ne la confère pas facilement. »

Au XIXe siècle, la médecine envisage le malade comme un obstacle entre le médecin et la pathologie. C’est contre cette conception de la médecine que le médecin et philosophe Georges Canguilhem s’érige en 1943 avec sa thèse de médecine qui deviendra ensuite son ouvrage majeur, Le Normal et le Pathologique. « Canguilhem permet de penser que la relation thérapeutique est une relation fondamentalement clinique, ce qui signifie qu’il n’existe pas de maladie sans un individu malade qui perçoit une précarité de son intégrité corporelle et mentale », explique Guillaume Le Blanc. Canguilhem remet ainsi le malade au centre de la discipline médicale. Un préalable théorique indispensable pour que le malade se constitue enfin comme sujet, acteur de sa maladie.

L’histoire de la médecine peut en effet se comprendre comme une histoire de la promotion du malade. Les luttes sociales, menées par des collectifs de personnes psychiatrisées, ne sont pas absentes de cette évolution. En France, c’est notamment le cas du Groupe information asile (GIA), créé au début des années 1970 contre « l’usage répressif et normatif de la psychiatrie » ou de la Fédération Nationale des Associations d’usagers de la Psychiatrie (Fnapsy), créée en 1992, dans un registre moins contestataire.
Un risque de réduire les personnes à leurs troubles psychiques ?

Dans L’invisibilité sociale (PUF, 2009), Guillaume Le Blanc a réalisé un travail philosophique sur la question des normes et sur les processus d’invisibilisation de certaines existences. « L’une des manières de rendre une personne invisible, c’est de la survisibiliser, d’attacher à cette personne une ou plusieurs caractéristiques qui vont retenir toute l’existence. Si on identifie constamment une personne à un trait dominant, paradoxalement, on ne la voit plus telle qu’elle est, mais seulement à travers un symbole qui finit par devenir un trompe-l’œil. »

« Personne ne se revendique paranoïaque, pervers narcissique, ou fou. Le côté « déficitaire » de la maladie, lui, reste masqué et n’est jamais revendiqué »

Pierre Sidon, psychanalyste

Les réseaux sociaux, en ce qu’ils définissent et figent les identités à travers les profils, comportent ainsi le risque de réduire les personnes aux troubles dont elles souffrent. Donc, paradoxalement, à les invisibiliser. Pour le psychanalyste Pierre Sidon, le besoin d’identification est, pourtant, précisément au cœur du phénomène : « La revendication d’une identité, via les réseaux sociaux mais pas seulement, aujourd’hui peut passer par l’appropriation d’un diagnostic. » Quant à la plus grande visibilité des troubles psychiques, le psychanalyste est sceptique : « personne ne se revendique paranoïaque, pervers narcissique, ou fou. Le côté « déficitaire » de la maladie, lui, reste masqué et n’est jamais revendiqué. »

« Cela invisibilise dans le même temps les personnes qui sont-elles-même réellement dans la marge. Je ne suis pas sûre que l’enfant autiste qui tourne en rond tout seul chez lui a une plus grande visibilité… »

Mardi Noir

Même réserve du côté d’Emmanuelle Laurent. Plus connue sous le nom de Mardi Noir, la psychologue, autrice récemment de Êtes-vous bien sûr d’être normal ? (Flammarion, juin 2021) a contribué à travers sa chaîne Youtube « Psychanalyse toi la Face » à populariser les concepts lacaniens et dédramatiser le suivi psy – elle évoque régulièrement son analyse, qui dure depuis 15 ans. Pour elle, la plus grande visibilité des troubles psychiques est une illusion. « Cela invisibilise dans le même temps les personnes qui sont-elles-même réellement dans la marge. Je ne suis pas sûre que l’enfant autiste qui tourne en rond tout seul chez lui a une plus grande visibilité… »


Et de fait, en France, malgré une relative libération de la parole sur les réseaux sociaux et une production culturelle plus inclusive sur ses questions, le tabou autour de la santé mentale demeure. Selon une enquête réalisée en décembre 2020 par YouGov et Qare (une plateforme de téléconsultation), un Français sur dix aurait consulté un psy entre le premier confinement et l’enquête. 20 % d’entre eux n’en auraient parlé à personne. Plus éloquent, 87 % des personnes interrogées n’oseraient pas parler de leurs problèmes de santé mentale avec leur famille. « Dans beaucoup de milieux, ce n’est pas la norme de dire que l’on a rendez-vous chez le psy », abonde Mardi Noir.

Pourtant, pour Sandra, le constat est net : sa page Instagram contribue à aider les personnes en situation de détresse psychique : « Cela m’aide car je me sens utile, autant auprès des malades, que des familles, ou que des personnels de santé. » Idem pour Julie : « On se sent pas mal inutile lorsque l’on est en dépression. Et très clairement, ma page m’aide à me sentir utile. »
« Ce n’est pas en communiquant sur Instagram que les gens iront mieux »

Du côté des psychanalystes en revanche, l’utilité thérapeutique de cette pratique est questionnée. Pour Mardi noir, « La santé mentale et l’offre de soins psychologiques vont très mal dans notre pays. Pour moi, ce qui permet d’aller mieux c’est d’aller voir des professionnels de santé. Parler de sa maladie mentale sur les réseaux sociaux peut soulager, mais ce n’est pas en communiquant sur les réseaux sociaux que les gens vont aller mieux. »

Psychanalyste, Pierre Sidon est également psychiatre et directeur du CSAPA UDSM, un centre d’addictologie à Champigny-sur-Marne. « En institut comme en libéral, je reçois de nombreuses personnes qui viennent avec une souffrance ou une addiction liée à la consultation de sites, des écrans en général, des réseaux sociaux en particulier. » Dans un rapport de 2017 qui a fait date, la Royal Society for Public Health classait Instagram comme le pire réseau social pour la santé mentale et le bien-être des jeunes. Sur les réseaux sociaux, la parole sur la maladie mentale se libère, certes. Mais gare à ce que les remèdes ne soient pas pire que les maux…

*Le prénom à été changé

* https://usbeketrica.com/fr/article/jusqu-a-quel-point-les-reseaux-sociaux-levent-le-tabou-societal-sur-les-troubles-psychiques

vendredi 6 août 2021

AUTOUR DE LA QUESTION La FIFA lance la campagne #ReachOut afin de promouvoir une meilleure santé mentale

La FIFA lance la campagne #ReachOut afin de promouvoir une meilleure santé mentale
2 août 2021 source https://www.fifa.com/*


FIFA Legends et invités spéciaux partagent leurs histoires dans une campagne soutenue par l'Organisation mondiale de la santé (OMS)

Teresa Enke : "La dépression est une maladie, pas une faiblesse."

La FIFA a lancé #ReachOut, une campagne visant à sensibiliser aux symptômes des troubles mentaux, à encourager les gens à demander de l’aide lorsqu’ils en ont besoin et à agir au quotidien pour améliorer la santé mentale de chacun.

Soutenue par d’illustres footballeurs – anciens comme actuels – la FIFA entend souligner l’importance d’une meilleure sensibilisation aux questions de santé mentale.
À l’occasion du lancement, Gianni Infantino, Président de la FIFA, a déclaré : « Cette campagne est très importante pour sensibiliser aux troubles de santé mentale et encourager des conversations qui peuvent permettre de sauver des vies.
À travers la Vision 2020-2023 de la FIFA, nous nous engageons à mettre le football au service de la société, et je remercie les joueuses et joueurs impliqués ainsi que Mme Enke, qui ont tous apporté leur pierre à l’édifice de cette initiative remarquable.


"La dépression et l’anxiété touchent sans cesse plus de personnes dans le monde, et les jeunes sont particulièrement vulnérables. Le fait d’en parler à sa famille, à ses amis ou à un professionnel de la santé peut être vital. La FIFA est fière de lancer cette campagne, pour encourager les gens à demander de l’aide – #ReachOut." La campagne fait intervenir plusieurs FIFA Legends, dont Aline, Vero Boquete, Cafu, Laura Georges, Luis García, Shabani Nonda, Patrizia Panico, Fara Williams et Walter Zenga. FIFA.com s’est également entretenu avec l’ancien attaquant de l’équipe britannique olympique et des Bolton Wanderers, Marvin Sordell, ainsi qu’avec Sonny Pike, considéré en son temps comme la future star du football anglais à 14 ans, à propos de leur expérience de la dépression. Teresa Enke a pour sa part évoqué la douleur liée au suicide d’un être cher ainsi que son travail au sein de la Fondation Robert Enke. La dépression touche plus de 260 millions de personnes dans le monde, tandis que près de la moitié des troubles de santé mentale se déclarent avant l’âge de 14 ans. Le suicide est la quatrième cause de décès chez les 15-29 ans. En ce qui concerne les footballeurs actifs, 23% ont signalé des troubles du sommeil, tandis que 9% disent souffrir de dépression et 7% d’anxiété. Chez les anciens joueurs, ces chiffres augmentent : 28% ont du mal à trouver le sommeil et la dépression et l’anxiété touchent respectivement 13% et 11% d’entre eux (source : FIFPRO). Le télétravail, le chômage, la fermeture des écoles et l’isolement social ont affecté des millions de personnes dans le monde entier pendant la pandémie de Covid-19. En conséquence, la situation des personnes souffrant de troubles mentaux, qui ont eu beaucoup plus de mal à avoir accès aux traitements, a été plus difficile que jamais.

"Alors que la pandémie de Covid-19 se poursuit, il faut absolument prendre soin de notre santé mentale et physique", a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. "Notre organisation se réjouit de soutenir la campagne #ReachOut, menée par la FIFA, pour encourager les gens à parler de leur santé mentale." La campagne de sensibilisation vidéo met en scène des FIFA Legends, des joueuses et joueurs actuels ainsi que des invités prestigieux, qui ont apporté leur soutien à cette initiative et parfois même partagé leur propre expérience. La campagne est diffusée sur les plateformes numériques de la FIFA, tandis que des outils multimédias sont à disposition des 211 associations membres de la FIFA et des agences de presse pour faciliter sa diffusion en Europe et au-delà.




https://www.fifa.com/fr/about-fifa/organisation/news/la-fifa-lance-la-campagne-reachout-pour-une-meilleure-sante-mantale

vendredi 5 mars 2021

En Inde, le sujet sensible de la santé mentale

En Inde, le sujet sensible de la santé mentale

Anne-Charlotte Peltier — 4 mars 2021 http://www.slate.fr*
La tradition et la culture du collectif laissent peu de place à l'expression d'un mal-être, dont souffrent de nombreux Indiens.

Au moins 15% des Indiens majeurs auraient besoin d'une aide psychologique.

En 2018, la star de Bollywood Deepika Padukone avait bouleversé l'Inde en se confiant sur la dépression qu'elle avait traversée. Ce faisant, elle avait levé le voile sur le tabou qui entoure la santé mentale en Inde, alors qu'1 Indien sur 5 serait en souffrance.

Structure familiale fragilisée, montée de l'individualisme, migration vers les villes, transition de la tradition à l'industrialisation... Les changements qu'a connus l'Inde ces dernières décennies ont entraîné une perte de repères et une confusion au sein de la population, qui se solde aujourd'hui par un véritable mal-être mental.

D'après le rapport National mental health survey (NMHS), commandé par le gouvernement en 2015, 15% des Indiens de plus de 18 ans auraient besoin d'une aide psychologique. Les troubles les plus fréquents seraient la dépression, l'anxiété, la schizophrénie, la bipolarité et l'addiction aux substances psychoactives. La population active d'âge moyen, les personnes âgées et les adolescents seraient les plus touchés.

Cependant, parmi les divers facteurs qui expliquent la difficulté d'une prise en charge efficace de la population, la stigmatisation qui entoure les personnes atteintes de troubles est l'un des plus importants.

Une lourde stigmatisation des problèmes de santé mentale

Un véritable tabou entoure les questions de santé mentale au sein de la population. Un sondage de Statista estime que pour 60% des Indiens interrogés, les maladies mentales viennent d'un manque de discipline et de volonté. Les troubles psychiques sont perçus comme une faiblesse, et donc comme une honte entachant l'honneur de l'individu et de sa famille.

Cette croyance, alimentée par la méconnaissance qui entoure les troubles psychiques, entraîne la stigmatisation des personnes qui souffrent. D'après un autre sondage, lancé en 2018 par The Live Love Laugh Foundation, 68% des personnes interrogées estiment qu'il ne faut confier aucune responsabilité aux individus souffrant de troubles psychiques.
«Le discours est entouré de honte, même lors des séances avec mes patients, c'est une question très délicate à aborder.» Lamia Bagasrawala, psychothérapeute

Par tradition, une personne souffrante se tourne presque toujours en premier lieu vers un guérisseur local traditionnel. Le rapport de la National mental mealth survey l'explique ainsi: «C'est sans doute car il est accepté dans notre société que quelqu'un soit possédé par des démons ou des esprits diaboliques. En revanche, personne ne veut être désigné comme “mentalement malade” car c'est associé à la discrimination et au stigma.»

Lamia Bagasrawala, psychothérapeute à Mumbai, le constate également auprès de ses patients: «Tout ce qui touche à la santé mentale est stigmatisé, les gens ont tendance à n'envisager la psychothérapie qu'en dernier recours. En Inde, on parle beaucoup de nos émotions, mais nous n'avons pas le vocabulaire adapté pour parler de santé mentale. Le discours est entouré de honte, même lors des séances avec mes patients, c'est une question très délicate à aborder.»

Pour elle, ces tabous pèsent d'autant plus sur les hommes: «Mes patients masculins ont encore plus de mal à se confier et à admettre leur souffrance car cela va à l'encontre de l'idée traditionnelle de l'homme qui ne doit jamais flancher, ni afficher ses émotions.»

La prégnance de la tradition et la culture du collectif laissent donc peu de place à l'expression d'un mal-être, limitant ainsi l'accès aux soins.

Le difficile accès aux soins

L'Inde est confrontée à un enjeu de prise en charge: d'après l'OMS, on compte trois psychiatres par million d'habitants… Le rapport NMHS estimait à 88% pour la dépression et à 60% pour la schizophrénie l'écart entre le nombre d'individus souffrant de ces maladies et celui de personnes effectivement prises en charge.

D'après Lamia Bagasrawala, cela s'explique en partie par le tabou qui entoure le domaine. «Jusqu'à peu, la psychologie n'était pas considérée comme une discipline à part entière à l'université, contrairement à l'ingénierie ou la médecine. C'est en partie pour cela qu'on manque de praticiens.»

Accéder aux soins passe aussi et surtout par l'accès à l'information et il y a, en Inde, de fortes disparités économiques. Tout le monde n'a pas internet et la plupart de la documentation est en anglais, il est donc impossible pour une partie de la population de se renseigner sur les enjeux de la santé mentale. Ce n'est que récemment qu'un effort a été fait pour informer les citoyens en utilisant les différents dialectes selon les localités. La télévision et la radio s'emparent également du sujet, mais c'est dans la révolution numérique, accélérée par la pandémie, que se trouve probablement l'issue.

Le virage de la thérapie online

En effet, si l'accès à internet est très inégal, la plupart des Indiens possèdent aujourd'hui un téléphone avec WhatsApp ou FaceTime, rendant les échanges avec un psychologue plus faciles. Le recours à la thérapie en ligne était déjà très répandu en Inde avant la crise liée au Covid-19, car il permettait de pallier le manque de praticiens et leur répartition inégale sur le territoire.

Une plateforme comme MindPeers, située à New Delhi, propose des sessions de thérapie en ligne et fait des campagnes sur les réseaux sociaux pour démocratiser la démarche.
Le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes Indiens.

Depuis le début de la pandémie, le recours à des sessions en ligne, individuelles comme groupées, a explosé. «Je consultais déjà beaucoup sur internet mais depuis la crise du Covid, toutes mes séances sont en ligne, témoigne Lamia. Le fait que ce soit online rend la thérapie beaucoup plus accessible et la dédiabolise. Surtout, la pandémie a mis l'accent sur la santé mentale.» Un mal pour un bien? À bien des égards, le tabou semble voler en éclats.

À l'échelle gouvernementale et locale, l'Inde s'active pour rétablir le bien-être de ses habitants.
Une prise de conscience nationale et des initiatives locales

Le gouvernement indien a entrepris un grand travail de fond pour améliorer la santé mentale de sa population. Le rapport NMHS, impulsé par le ministère de la Santé et de l'Aide sociale à la famille, a constitué une des premières étapes. Le gouvernement s'est également attelé au problème du suicide, prédominant en Inde.

D'après l'OMS, le taux de suicide en Inde en 2016 était de 16,5 pour 100.000 personnes, là où la moyenne mondiale se situe à 10,5 pour 100.000. Parmi les populations les plus concernées, on trouve les jeunes entre 15 et 29 ans, chez qui le suicide est la première cause de mortalité.

Mais ce fléau peut se prévenir. Le Mental Act Health de 2017, qui dépénalise le suicide et ses tentatives, constitue une première étape dans l'appréhension des problèmes de santé mentale au sein de la population indienne. En plus d'un plan à l'échelle nationale, c'est au niveau local que se joue l'amélioration du bien-être de la population indienne. La diversité et la taille du pays demande d'étudier des situations très différentes et spécifiques selon les régions.

À l'échelle locale, des initiatives et des associations se mettent en place pour encourager les gens à consulter et battre la stigmatisation du mal-être mental. Beaucoup d'initiatives ont été prises ces dernières années. La helpline iCall offre par exemple un suivi thérapeuthique en anglais par téléphone. Elle a été mise en place par le Mariwala health initiative (MHI), un organisme de financement chargé d'initiatives pour la santé mentale. Le but est de permettre aux personnes les plus marginalisées d'avoir accès aux soins.
«Dawa-Dua», réconcilier médecine et spiritualité

Comme souvent en Inde, le besoin de concilier tradition et progrès mène à des innovations intéressantes. Ainsi est né le concept de «Dawa-Dua», soit la «prière-traitement», à Erwadi, une petite ville du Tamil Nadu.

Erwadi est depuis 500 ans un lieu de pèlerinage musulman car elle abrite la tombe et le sanctuaire d'un descendant du prophète Mahomet. Ce lieu saint réputé pour guérir les personnes dites possédées voit défiler chaque année des milliers de pèlerins en quête de guérison.

Depuis peu, la ville a mis en place une clinique pour offrir aux pèlerins un diagnostic, des soins et un traitement psychiatrique en complément de leur pèlerinage. Les patients sont invités à consulter tout en continuant leur prière et les rites religieux, donnant ainsi naissance au concept de «Dawa-Dua». Il permet également la prise en charge médicale des patients sans que l'honneur de la famille ne soit atteint, dans le respect des croyances et des traditions.

http://www.slate.fr/story/204503/inde-sante-mentale-sujet-sensible-honte-tabou-depression-suicide-discrimination-peur-tradition

jeudi 10 décembre 2020

ROYAUME UNI / USA : 11 artistes hip-hop qui avaient quelque chose à dire sur la santé mentale


11 artistes hip-hop qui avaient quelque chose à dire sur la santé mentale 

D'apres article 11 hip-hop artists who had something to say about mental healt - Université de Cambridge Par Craig Brierley https://www.cam.ac.uk/stories/hiphoppsych

Avertissement: cet article contient des paroles explicites et des références au suicide et aux abus sexuels.

Plus tôt cette année, le rappeur britannique Dave a remporté le Brit Award 2020 de l'album de l'année pour son premier album studio Psychodrama , devenant ainsi le deuxième artiste à remporter à la fois ce prix et le très convoité Mercury Prize.

L'album suit les séances de thérapie de Dave, alors qu'il discute de ses frères aînés et de l'impact que leurs condamnations en prison ont eu sur lui, ainsi que de ses luttes avec la santé mentale et des défis auxquels sont confrontés les jeunes noirs de la classe ouvrière en Grande-Bretagne.

Le critique musical du Guardian , Alexis Petridis, a souligné la nature stimulante de l'album , faisant référence à la piste spécifique Lesley, qui décrit avec des détails déchirants les retombées d'une relation abusive, en écrivant: «Dans un monde où les artistes semblent terrifiés à l'idée que leur public frappe le bouton d'avance rapide… c'est une grande demande de confronter les auditeurs avec un morceau de rap de 11 minutes, surtout lorsque le sujet est aussi sinistre que celui de Lesley ». Mais il a fait l'éloge de l'album, le décrivant comme «vraiment captivant» et «l'album le plus audacieux à sortir de la renaissance du hip-hop britannique. C'est peut-être aussi le meilleur ».



Alors que Psychodrama était un album important et célébré à juste titre, ce n'était pas la première fois que le hip-hop s'attaquait aux problèmes de santé mentale - et c'est ce que disent les Drs Akeem Sule et Becky Inkster, co-fondatrices de l'entreprise sociale Hip Hop Psych , fait du genre un outil si précieux pour comprendre certaines des causes et déclencheurs sous-jacents des problèmes de santé mentale et pour lutter contre la stigmatisation qui les accompagne souvent.

«Plus que jamais, les artistes hip-hop reconnaissent publiquement leurs problèmes de santé mentale, font la promotion de campagnes anti-stigmatisation autour de la santé mentale et normalisent la recherche d'un traitement pour des problèmes de santé mentale», écrivent- ils aujourd'hui dans BMJ Opinion . Dans leur article, Sule et Inkster mettent en lumière certains des artistes hip-hop et des chansons qui remontent à l'émergence du genre dans les années 1970 qui ont mis en lumière la santé mentale.

Cela peut sembler un article peu orthodoxe à paraître sur une plateforme du BMJ - le British Medical Journal - mais Sule et Inkster le disent - et leur travail plus généralement - vise à encourager les professionnels de la santé à rechercher de nouvelles façons d'ouvrir des conversations sur santé mentale avec leurs patients.

«Le hip-hop se connecte avec des groupes difficiles à atteindre, en particulier les hommes de la communauté noire. Les communautés sous-représentées courent un risque plus élevé de développer des problèmes de santé mentale, sont plus susceptibles de connaître une détérioration des résultats de santé mentale, en partie à cause des disparités socio-économiques, et sont moins susceptibles d'utiliser les services de santé mentale.

Il existe d'autres obstacles qui empêchent les jeunes et les jeunes adultes noirs vulnérables de recevoir un soutien, disent-ils. «La stigmatisation entourant les problèmes de santé mentale est répandue dans les communautés mal desservies et constitue un obstacle important à l'accès aux services de santé. La discrimination, les préjugés et le manque de compétences culturelles de la part des prestataires de soins peuvent également entraîner des besoins non satisfaits, une présentation tardive des symptômes et une qualité moindre des soins.

Hip Hop Psych lui-même vise à combler le fossé entre la communauté médicale et la culture hip-hop en rendant les informations médicales plus accessibles, en développant des ressources pertinentes et sensibles à la culture, et en organisant des événements anti-stigmatisation dans des contextes allant des conférences en médecine à boîtes de nuit aux prisons.

Le hip-hop a indéniablement créé un espace sûr pour discuter de la santé mentale, disent Inkster et Akeem. «Depuis la conception du genre il y a près de 50 ans, les récits progressistes du hip-hop parlent de plus en plus de la santé mentale et il est indéniable que cela contribue à lutter contre la stigmatisation. Les artistes hip-hop s'expriment franchement à travers leur forme d'art, et cela peut aider les gens du monde entier à reconnaître leurs propres luttes intérieures.



Becky Inkster et Akeem Sule, cofondateurs de Hip Hop Psych (Crédit: Bria John)
Voici quelques-uns des artistes dont le travail, comme celui de Dave, a abordé des problèmes de santé mentale - de la révélation de certaines des causes sous-jacentes à la révélation de leurs propres luttes contre la dépression et l'anxiété, en passant par l'encouragement des autres à demander de l'aide et du soutien.

1. The Message – Grand Master Flash and the Furious Five


Dans les années 1970, des rappeurs pionniers tels que Grand Master Flash et les Furious Five étaient des `` épidémiologistes de rue '' qui documentaient les conditions de vie difficiles et les inégalités sociales qui pourraient nuire à la santé mentale. Leur hit de 1982 The Message décrit un monde de pauvreté, de privation, de criminalité et de violence.

Ne me poussez pas Parce que je suis proche du bord J'essaie de ne pas perdre la tête C'est comme une jungle parfois, ça me fait me demander comment je m'empêche de sombrer


2. So Many Tears - Tupac


Dans les années 1980 et 1990, les problèmes de santé mentale ont commencé à apparaître plus explicitement dans les paroles, mais souvent camouflés dans la masculinité. Le «gangsta rap» traditionnel dépeint le machisme et décourage la faiblesse. Alors que les sujets `` doux '' étaient encore généralement tabous, des indices de vulnérabilité s'insinuent dans des chansons telles que Mind Playing Tricks On Me des Ghetto Boys, qui dépeignait des hallucinations et des délires. So Many Tears de Tupac donne un aperçu du côté émotionnel de la `` vie de voyou '' en décrivant des signes de traumatisme et de dépression:

Maintenant je suis perdu et je suis fatigué Tellement de larmes je suis suicidaire alors ne reste pas près de moi Mes mouvements sont un pas calculé, pour me rapprocher Pour embrasser une mort précoce

3. Drop The World – Lil Wayne (featuring Eminem)


La relation entre la santé mentale et la masculinité est complexe, car les sociétés promeuvent parfois des récits comme «les hommes forts ne pleurent pas» ou «ses émotions ont eu raison de lui». De telles vues négatives des hommes exprimant leurs émotions sont considérées comme un «signe de faiblesse»; cependant, les hommes de moins de 50 ans courent un risque accru de se suicider et sont moins susceptibles de demander de l'aide lorsqu'ils vivent une crise de santé mentale. Un conflit intérieur discordant entre la colère et la tristesse est décrit dans la chanson Drop The World de Lil Wayne (avec Eminem).

La haine dans mon cœur, l'amour dans mon esprit J'ai vu des nuits pleines de douleur, les jours sont les
mêmes Tu gardes le soleil, sauve-moi la pluie que je cherche mais ne trouve jamais, blessé mais ne pleure jamais Et quand ça devenait trop lourd j'ai mis mes fardeaux de côté Alors je pourrais ramasser le monde et je le laisse tomber sur ta putain de tête

Lil Wayne a parlé une fois de s'être tiré une balle dans la poitrine accidentellement quand il était jeune, mais a révélé plus tard dans ses paroles et ses interviews que c'était une tentative de mettre fin à sa vie: «... quand j'ai tenté de me suicider, je ne suis pas mort, je me souviens comment fou j'étais ce jour-là… tu dois le laisser partir avant que ça ne gêne ».

4. Stormzy sur Channel 4 News

Dans les années 2000 et surtout 2010, les rappeurs commençaient de plus en plus à montrer un côté plus sensible du hip-hop, reconnaissant les luttes contre la dépression et l'anxiété. En 2017, le rappeur britannique Stormzy a parlé de ses propres batailles intérieures et de la raison pour laquelle il était important que les autres sachent que la dépression peut affecter n'importe qui.

5. Cleaning Out My Closet – Angel Haze


En 2012, Angel Haze a remixé la chanson d'Eminem Cleanin 'Out My Closet, produisant une chanson qu'elle a ensuite décrite comme «… probablement la chanson la plus réelle que j'ai jamais enregistrée», une chanson candide, explicite et dérangeante sur les abus sexuels dans l'enfance.

Il y a une histoire derrière chaque cicatrice que je montre
J'ai réussi, c'est un moi que personne n'a jamais eu avant
J'ai dû ouvrir mes blessures, j'ai dû saigner jusqu'à ce que je l'arrête
Merci de m'avoir rejoint ici pour nettoyer mon placard


6. Broski – Krept and Konan


L'année dernière, les artistes britanniques Krept et Konan ont sorti Broski, dans lequel ils ont essayé de donner un sens à la perte de leur ami, qui a tragiquement pris sa vie.

Parfois, être fort n'est pas assez fort
A tous ceux qui gardent les choses en bouteille
Je veux juste vous faire savoir que vous n'êtes pas seul
Décrochez le téléphone, ne souffrez pas tout seul


7. 1-800-273-8255 – Logic

Le rappeur Logic s'est associé à la National Suicide Prevention Lifeline, publiant une chanson appelée 1-800-273-8255 sur un appelant de la hotline suicide qui obtient du soutien. Lorsque Logic a interprété la chanson aux Grammys aux côtés de survivants du suicide, les appels à la National Suicide Prevention Lifeline ont triplé.

Je veux enfin être en vie (enfin je veux être en vie)
Je veux enfin être en vieJe
ne veux pas mourir aujourd'hui (hé)
Je ne veux pas mourir

8. Sell out – Rico Nasty

Un certain nombre d'artistes féminines ont également abordé la santé mentale à travers le hip-hop. Sur son dernier album Anger Management , Rico Nasty transforme les expressions de rage et de colère en une forme d'autonomisation. Le morceau Sell Out décrit comment son «expression de colère est une forme de rajeunissement» et comment elle s'est habituée à ses émotions pour s'aider elle-même et aider les autres.

Les gens te détestent parce que tu es différent et concentré Les
gens me détestaient alors je l'ai retourné
et j'ai tourné mes émotions en quelque chose que vous pouviez tous chanter
parce que certains d'entre vous ont traversé la même merde que j'ai traversée

9. Man on the Moon – Kid Cudi

Ces dernières années, en plus de s'ouvrir sur leurs problèmes, certains rappeurs notables ont contribué à réduire la stigmatisation en approuvant la thérapie. L'un de ces défenseurs est le rappeur Kid Cudi, qui a publié sur les réseaux sociaux le fait de se rendre dans un centre de traitement de santé mentale pour patients hospitalisés, ce qui a déclenché une réaction extrêmement positive de ses fans. Ses chansons telles que Man on the Moon résonnent émotionnellement avec ses fans - un commentaire sous la vidéo YouTube pour cette piste se lit comme suit: «Si vous écoutez cela, c'est probablement pour une raison, gardez la tête haute les gars (: tout ira bien ».

Ferme mes yeux, cache-toi dans l'obscurité
C'est un appel à l'action, un appel à tous
Tout ce que je fais, c'est essayer de le rendre simple
Ceux qui compliquent les choses
Ne jamais être félicité
Je suis différent sous tous les aspects


10. 4:44 – Jay Z

Un autre défenseur majeur de la thérapie est Jay Z, qui, en 2018, a parlé à Van Jones de CNN du «ridicule» de la stigmatisation entourant les problèmes de santé mentale et a déclaré qu'il aimerait voir des thérapeutes dans les écoles. Son album 4:44 documente ses propres expériences de thérapie, menant à des chansons telles que la chanson titre où Jay Z s'excuse pour son comportement, essayant de se faire pardonner ce qu'il a fait.

Je m'excuse parce qu'au mieux, vous êtes l'amour
Et parce que je ne suis pas à la hauteur de ce que je dis, je suis

Le Dr Sule et le Dr Inkster sont membres du Département de psychiatrie et associés de recherche de l'Université de Cambridge au Wolfson College.

Si vous traversez une période difficile ou si vous pensez que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue, il est important d'en parler à quelqu'un. Si vous ne vous sentez pas à l'aise de parler à votre famille ou à vos amis, il existe un certain nombre d'organisations qui peuvent offrir des conseils et un soutien ou simplement quelqu'un à qui parler.
Samaritans

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Campaign Against Living Miserably (CALM)

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Papyrus

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Childline

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