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lundi 4 mai 2020

QUEBEC GUIDE ET NORMES La gestion du risque suicidaire et des comportements d’automutilation chez les jeunes hébergés en centre de réadaptation pour jeunes en difficulté d’adaptationCadre de référence clinique

GUIDE ET NORMES La gestion du risque suicidaire et des comportements d’automutilation chez les jeunes hébergés en centre de réadaptation pour jeunes en difficulté d’adaptation
Cadre de référence clinique
Une production de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS ) Direction des services sociaux 2019
https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/ServicesSociaux/INESSS_risque_suicidaire.pdf


AIDE-MÉMOIRE Gestion du risque suicidaire et des comportements d’automutilation
Cet Aide-mémoire à l’intention des intervenants reprend les éléments clés du cadre de référence clinique intitulé La gestion du risque suicidaire et des comportements d’automutilation chez les jeunes hébergés en centre de réadaptation pour jeunes en difficulté d’adaptation [INESSS, 2019]. Pour en apprendre davantage sur ces éléments clés et pour accéder aux références, l’intervenant est invité à consulter le document Repères et le PowerPoint animé accessibles sur le site inesss.qc.ca

https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/ServicesSociaux/Aide-memoire_Risque-suicidaire.pdf

vendredi 13 septembre 2019

ROYAUME UNI Nouvelles directives de prévention du suicide publiées par NICE

Nouvelles directives de prévention du suicide publiées par NICE
d'apres
New Suicide Prevention Guidelines Published by NICE
Peter Russell September 10, 2019

De nouvelles directives visant à réduire les taux de suicide et à aider les personnes endeuillées par un suicide présumé ont été publiées par Le National Institute for Health and Care Excellence (NICE).
Quality standard a été publiée pour coïncider avec la Journée mondiale de la prévention du suicide.

Les chiffres publiés par l’Office for National Statistics (ONS) au début du mois montrent que le taux de suicide au Royaume-Uni a augmenté en 2018 pour la première fois en cinq ans.

Cela incluait une augmentation du nombre de suicides chez les jeunes et le taux de suicide le plus élevé jamais enregistré chez les femmes de moins de 25 ans.

En 2018, 11,2 décès par suicide sur 100 000 personnes ont été enregistrés, contre 10,1 en 2017, selon les chiffres de l'ONS.
 

Partenariats de prévention

Les déclarations de qualité de NICE ont déclaré que:

    Les organisations locales devraient collaborer pour mettre en œuvre diverses interventions visant à prévenir le suicide, notamment en s'attaquant aux facteurs de risque tels que l'automutilation

    Des partenariats multi-agences pour la prévention du suicide pourraient réduire l'accès aux méthodes de suicide

    Les partenariats de prévention devraient adopter un plan médiatique local pour encourager les organes de presse à éviter les informations irresponsables sur les suicides et les comportements suicidaires.

    Les adultes ayant des idées ou des projets suicidaires devraient décider s'ils souhaitent que leur famille, leurs aidants ou leurs amis soient impliqués dans leurs soins.

    Les personnes endeuillées ou touchées par un suicide présumé devraient recevoir des informations et un soutien adapté

Support sur mesure

Prof Gillian Leng, directrice générale adjointe du NICE, a déclaré : "Le suicide peut être une expérience dévastatrice et traumatisante pour toute personne confrontée à la perte d'un être cher. C'est un sujet difficile à aborder et, trop souvent, on ne sait pas très bien quelle aide est disponible.

«Le soutien en cas de deuil peut aider à réduire le risque que les
personnes touchées par un suicide se suicident. Il est important que les fournisseurs de services tels que la police, les hôpitaux, les services d’ambulance et les médecins généralistes identifient les personnes à qui donner des renseignements et leur demandent si elles ont besoin d'aide.

"Personne ne devrait avoir à subir seul la mort inattendue d'une personne qui lui est chère, et en offrant des informations et un soutien sur mesure, les personnes touchées peuvent être soutenues à la fois émotionnellement et concrètement."

Un soutien personnalisé devrait être axé sur les besoins individuels d'une personne, a déclaré NICE. En plus du soutien professionnel, cela pourrait inclure:


Soutien de pairs formés qui ont été endeuillés ou affectés par un suicide ou un suicide présumé ou soupçonné.
Adaptation des habitudes de travail ou au régime dans les établissements de détention et de détention en établissement

Autre soutien identifié dans les guides par Public Health England et la National Suicide Prevention Alliance
Une brochure élaborée par PHE et la NSPA, 
Help is at Hand, a été présentée par NICE comme une bonne ressource pour offrir un soutien émotionnel et pratique aux personnes endeuillées par un suicide présumé.
 

«Il faut en faire plus sur les actes d' automutilation»

Jacqui Morrissey, directrice adjointe de la recherche et de l'influence chez les Samaritains, a commenté: "L'introduction de l'automutilation dans la stratégie nationale de prévention du suicide a été un pas positif dans la bonne direction et nous sommes heureux de constater que l'automutilation chez les jeunes est reconnue Une priorité cette année, mais le gouvernement n'a toujours pas de plan clair sur la manière de toucher ceux qui s'automutilent, en particulier les jeunes et ceux qui ne sont pas engagés dans des services de santé.

"L'augmentation de l'automutilation chez les jeunes est extrêmement préoccupante et nous avons besoin d'une meilleure compréhension de la cause de cette tendance et de la façon dont nous l'inversons. Nous avons également besoin de plus de preuves sur le lien entre l'automutilation et le suicide, sur des moyens efficaces de prévention l'automutilation, et comment mieux soutenir ceux qui s'automutilent ".

L’Irlande du Nord, qui affiche toujours le taux de suicide le plus élevé au Royaume-Uni, a publié une stratégie de prévention du suicide
suicide prevention strategy visant à réduire le nombre de suicides et d’automutilation au cours des cinq prochaines années.

Richard Pengelly, secrétaire permanent au ministère de la Santé, a déclaré que la stratégie visait à réduire les taux de suicide de 10% d'ici 2024. "L'un des objectifs est de fournir des services et un soutien en matière de prévention du suicide, en mettant l'accent sur les zones défavorisées Les taux de suicide sont les plus élevés et les taux de suicide sont 3,5 fois plus élevés que dans les zones les moins défavorisées ", a-t-il déclaré.


https://www.medscape.com/viewarticle/918019

vendredi 12 avril 2019

DOSSIER & ETUDE ET RECHERCHE : la scarification

DOSSIER DE SOS Suicide Phénix 18 mars 2019,

"Durant trois semaines, par la plume du Président de l’association locale SOS Suicide Phénix Nice, nous allons aborder le sujet de la scarification. Dans cette première partie, vous allez comprendre ce qu’est cette pratique et ses origines. 
Lire la suite :La scarification (partie 1 sur 3) – SOS Suicide Phénix
La scarification (partie 1 sur 3) Publiée le 18/03/2019


"Après la première partie sur la découverte de cette pratique et de ses origines, nous allons spécifiquement aborder la question : pourquoi la scarification touche principalement les adolescents ?

sos-suicide-phenix.org
La scarification (partie 2 sur 3) Publiée le 25/03/2019

" Voici la dernière partie consacrée à la scarification. Après avoir vu en première partie les origines et définitions de cette pratique, puis en deuxième partie en quoi cela touchait principalement les adolescents ; nous allons nous interroger sur : pourquoi, les ados ont-ils recours à la scarification et pourquoi il s’agit un nouveau symptôme du mal-être ?

La scarification (partie 3 sur 3) Publiée le 01/04/2019
***
ÉTUDE RECHERCHE 
Actualités AUTOMUTILATION : Ressentir la douleur physique pour échapper à la détresse émotionnelle
Actualité publiée 10/04/2019
Clinical Psychological Science
Cette étude de l’Université Rutgers (New Jersey) décrypte un peu plus la démarche des adolescents et des jeunes adultes qui se blessent intentionnellement pour se concentrer sur la douleur physique et échapper ainsi à leur détresse émotionnelle. Des explications apportées dans la revue Clinical Psychological Science qui doivent aussi sensibiliser à ce comportement relativement courant chez les adolescents : plus de 10% des garçons adolescents et environ 25% des adolescentes « le font » chaque année (Source : US CDC).

« L'expérience de la douleur par l'automutilation non suicidaire reste un comportement mal compris et complexe pour les cliniciens et les familles car elle remet en question le principe selon lequel chacun souhaite éviter la douleur », commente l'auteur principal, Edward Selby, professeur agrégé de psychologie : « Cependant, les personnes qui adoptent ce comportement intentionnellement et à maintes reprises s’infligent des blessures physiques en dépit - ou peut-être en raison- de la douleur physique qu’elles provoquent ». Ces personnes ressentent d’ailleurs la douleur associée à l’automutiliation de différentes manières : certaines ne ressentent que peu ou pas de douleur et d'autres une douleur qu’ils « utilisent » pour « se distraire » de leur détresse émotionnelle.

L’étude a suivi 47 jeunes adultes âgés de 15 à 21 ans qui s’automutilaient régulièrement et qui s’étaient ainsi blessés au moins 2 fois au cours des 2 semaines précédentes. Aucun des participants n'était à risque de suicide ou n'avait été diagnostiqué avec un trouble psychotique, une anorexie menaçant le pronostic vital ou un retard de développement. Près de 70% étaient des jeunes femmes, ce qui reflète le taux plus élevé de femmes que d'hommes qui s'automutilent. À l'aide d'une application pour smartphone conçue spécialement pour cette étude par l’équipe de Rutgers, les chercheurs ont interrogé les participants 5 fois par jour pendant 2 semaines, sur leur intention de se faire mal et sur leur(s) passage(s) à l’automutilation depuis leur dernière évaluation. Les chercheurs ont pu ainsi évaluer la durée de chaque épisode et décrire le comportement de chaque participant : par exemple couper, se mordre, se donner des coups de poing, s’arracher les cheveux, se cogner la tête ou se brûler. Ils ont également évalué la douleur physique correspondante sur une échelle de 0 (aucune douleur) à 10 (extrêmement douloureuse) et la mesure dans laquelle les participants qui s’automutilaient ressentaient 21 émotions différentes (se sentir dépassé ou submergé, triste, en colère, anxieux, solitaire…) avant, pendant et immédiatement après l’acte d’automutilation.
  • 143 épisodes d’automutilation ont été recensés et suivis ;
  • la plupart des participants signalent une douleur intense associée à l’automutilation ;
  • des émotions négatives au début et une douleur moindre lors de l’automutilation sont 2 facteurs associés à une fréquence ou un nombre élevé d’actes d’automutilations au cours d’un épisode ;
  • des émotions négatives et une douleur intense au cours de l’acte sont 2 facteurs associés à une fréquence ou un nombre élevé d'épisodes d’automutilation au cours de la période de suivi de 2 semaines.

Un comportement qui devient rapidement chronique : ces résultats suggèrent que les personnes qui souffrent d'une grande détresse émotionnelle et d'instabilité cherchent à utiliser plus souvent la douleur physique causée par l'automutilation pour soulager leur désespoir. Ensuite, une absence de sensation de douleur au cours de l'automutilation finit par survenir à mesure que le comportement empire et devient chronique, ce qui peut amener ces patients à être moins enclins à venir chercher de l'aide auprès des professionnels.

Les auteurs concluent que les jeunes qui recourent à l’automutilation finissent par ne plus ressentir la douleur comme tout un chacun. Ils appellent les cliniciens interroger ces patients sur leurs expériences de la douleur, afin de comprendre pourquoi ces patients « commencent », à quelle fréquence ils s’automutilent et pourquoi, pour pouvoir réduire bien évidemment, voire pouvoir prévenir ces comportements.

Références: Clinical Psychological Science March, 2019 DOI : 10.1177/2167702618807147 The Dynamics of Pain During Nonsuicidal Self-Injury (Visuel BMJ)

source https://www.santelog.com/actualites/automutilation-ressentir-la-douleur-physique-pour-echapper-la-detresse-emotionnelle

lundi 12 novembre 2018

ETUDE RECHERCHE Royaume Uni : Automutilation dans une cohorte de personnes âgées recevant des soins primaires: incidence, gestion clinique, risque de suicide et autres causes de décès.

D'après article : Le risque de mortalité prématurée est fortement augmenté après automutilation chez le sujet âgé
de Agnès Lara

À retenir
Cette étude de cohorte montre que les sujets âgés s’étant automutilés présentent un risque beaucoup plus élevé de décès de causes non naturelles au cours de l’année qui suit, notamment par suicide. La présence de comorbidités, en particulier psychiatriques, préexistant à ce geste est fréquente. Ces patients reçoivent majoritairement des antidépresseurs, mais sont insuffisamment orientés vers des services psychiatriques. De façon surprenante, les antidépresseurs tricycliques restent souvent prescrits, malgré le risque connu de toxicité fatale en cas de surdose.
Les auteurs encouragent les médecins généralistes à adresser plus systématiquement les patients à un service de psychiatrie après une automutilation, de façon à mettre en place des mesures de prévention et de soutien ciblées dans cette population. Les auteurs soulignent aussi la nécessité d’une plus grande vigilance vis-à-vis des prescriptions d’antidépresseurs tricycliques qui doivent être évités après automutilation selon le NICE (National Institute for health and Clinical Excellence).
Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?
L’automutilation, c’est-à-dire le fait de s’infliger des blessures de quelque nature que ce soit sans volonté de se donner la mort, est connue pour être un facteur de risque majeur de suicide, en particulier chez les seniors (>65 ans). Pourtant, l’incidence des automutilations et leur lien avec la mortalité par causes non naturelles a été très peu étudiée en population âgée et se limite à quelques données hospitalières. Cette étude britannique s’est donc donnée pour objectif d’évaluer l’incidence des automutilations au sein d’une cohorte de sujets âgés en soins primaires. Leur prise en charge, leur éventuelle association avec la présence de troubles psychiatriques et le risque de décès de cause non naturelle (y compris de suicide) ont été analysés.
Conception de l’étude
À partir de la base de donnée britannique Clinical Practice Research Datalink renseignée par les médecins généralistes dans le cadre de leur pratique courante, 4.124 sujets de 65 ans ou plus et disposant d’un diagnostic d’automutilation entre 2001 et 2014 ont pus être identifiés (ingestion de médicaments, autocoupures ou autres). L’existence de troubles psychiatriques et la prescription de psychotropes ont été recherchées chez ceux qui disposaient d’un suivi de plus de 12 mois (n=2.854). Ces données ont été comparées à celles d’une cohorte contrôle (n=48.921) et la mortalité cause spécifique a été analysée.
Résultats
  • Au cours de la période étudiée (13 années), l’incidence des automutilations a été de 4 pour 10.000 personnes-années, concernant autant les hommes que les femmes. Elle était augmentée de 31%  chez les sujets âgés de 75 à 84 ans par rapport à ceux de 65 à 74 ans et de 76% chez les sujets âgés de 85 ans et plus. Des récidives se sont produites chez 14,4% des patients dans l’année suivant l’événement index.
  • Suite à un épisode d’automutilation, seulement 11,7% des sujets ont été adressés à un service psychiatrique dans les 12 mois, et ce chiffre était réduit de 33% dans les régions socialement défavorisées.
  • Des psychotropes étaient davantage prescrits aux plus jeunes (65-75 ans vsles plus de 85 ans), et chez les femmes. Il s’agissait le plus souvent d’antidépresseurs (59% des sujets), et 11,8% d’entre eux se sont vus prescrire des antidépresseurs tricycliques dans l’année suivant l’épisode d’automutilation.
  • Les sujets qui disposaient déjà d’un diagnostic de troubles psychiatriques avant l’événement étaient deux fois plus nombreux dans la cohorte des sujets automutilés que dans la cohorte contrôle, en particulier les sujets atteints de troubles de la personnalité (14 fois plus nombreux) ou de troubles bipolaires (11 fois). Des comorbidités non psychiatriques étaient aussi plus souvent présentes chez les automutilés (+20%).
  • Au cours de l’année suivant l’automutilation, la mortalité de cause non naturelle a été 20 fois supérieure dans la cohorte des sujets concernés par rapport à la cohorte contrôle. Le risque de suicide était en particulier beaucoup plus élevé sur l’ensemble de la période étudiée, avec un hazard ratio de 145,4 [IC95% : 53,9-392,3].

vendredi 11 mai 2018

PARUTION Revue Soins Psychiatrie Adolescence et risque suicidaire

Adolescence et risque suicidaire
SOINS PSYCHIATRIE Vol 39 - N° 316 - mai 2018 P. 1-47
© Elsevier Masson
Sommaire




avant-propos
·Comprendre pour mieux agir

Page :9-9
Jonathan Lachal a, ⁎, b, c : PhD, pédopsychiatre, praticien hospitalier universitaire à la Maison de Solenn, Marie Rose Moro a, b, c : PhD, professeur de psychiatrie, chef de service de la Maison de Solenn

a Université Paris-Descartes, faculté de médecine, Sorbonne Paris-Cité, 15, rue de l’École-de-médecine, 75006 Paris, France
b Maison de Solenn-MDA, hôpital Cochin, 97 boulevard Port-Royal, 75014 Paris, France
c CESP, faculté de médecine, université Paris-Sud, faculté de médecine-UVSQ, Inserm, Université Paris-Saclay, 16, avenue Paul-Vaillant-Couturier, 94805 Villejuif, France
*jonathan.lachal@gmail.com


mise au point
·Un état des lieux du risque suicidaire à l’adolescence
An overview of suicide risk in adolescence
Page :10-13

Jonathan Lachal, Marie Rose Moro, Michel Spodenkiewicz Jonathan Lachal a, ⁎, b, c : PhD, pédopsychiatre, praticien hospitalier universitaire à la Maison de Solenn, Marie Rose Moro a, b, c : PhD, professeur de psychiatrie, chef de service de la Maison de Solenn, Michel Spodenkiewicz c, d : Pédopsychiatre, praticien hospitalier

a Université Paris Descartes, faculté de médecine, Sorbonne Paris-Cité, 15, rue de l’École-de-médecine, 75006 Paris, France
b Maison de Solenn-MDA, hôpital Cochin, 97, boulevard Port-Royal, 75014 Paris, France
c CESP, faculté de médecine, université Paris-Sud, faculté de médecine-UVSQ, Inserm, Université Paris-Saclay, 16, avenue Paul-Vaillant-Couturier, 94805 Villejuif, France
d CEPOI EA 7388, unité de pédopsychiatrie de liaison, pôle de santé mentale, CHU Sud Réunion, Université de la Réunion, avenue Président-Mitterrand, 97448 Saint-Pierre, France

Résumé
Les conduites suicidaires à l’adolescence sont un enjeu majeur de santé publique
Elles font suite à une constellation de difficultés individuelles, relationnelles et environnementales, qui fragilisent le sujet dans une période de grande vulnérabilité
Le soin passe par le lien thérapeutique et l’adaptation de l’environnement de l’adolescent
La prévention est l’affaire de tous, et particulièrement des soignants, qui sont régulièrement sollicités avant un passage à l’acte.Le texte complet de cet article est disponible en PDF.
Mots clés : adolescence, crise suicidaire, prévention, risque suicidaire, santé publique
Plan
Quelques chiffres
Le concept de crise suicidaire
Fragilités individuelles
Fragilités relationnelles
Facteurs liés à l’environnement social et culturel
La prise en charge d’une tentative de suicide
L’urgence de la crise
L’accompagnement thérapeutique
Prévenir les gestes suicidaires
Déclaration de liens d’intérêts

réflexion
·Liens entre conduites automutilatoires et suicidaires chez les adolescents
Links between self-harm and suicidal behaviour in adolescents
Page :14-16
Salomé Grandclerc a, ⁎, b, c  : Pédopsychiatre, chef de clinique assistant à la Maison de Solenn, Jonathan Lachal a, b, c : PhD, pédopsychiatre, praticien hospitalier universitaire à la Maison de Solenn salome.grandclerc@aphp.fr

a Université Paris Descartes, faculté de médecine, Sorbonne Paris-Cité, 15, rue de l’École-de-médecine, 75006 Paris, France
b Maison de Solenn-MDA, hôpital Cochin, 97, boulevard Port-Royal, 75014 Paris, France
c CESP, faculté de médecine, université Paris-Sud, faculté de médecine-UVSQ, Inserm, Université Paris-Saclay, 16, avenue Paul-Vaillant-Couturier, 94805 Villejuif, France

Résumé
Les conduites automutilatoires et suicidaires sont des enjeux importants de soins à l’adolescence
Elles sont fréquemment associées, ce qui pose la question des liens qui les unissent et des différentes manières de les comprendre
Suicide et automutilations partagent les mêmes facteurs de risque
Certains modèles intégratifs envisagent ainsi les automutilations comme des passerelles permettant d’acquérir une aptitude au suicide
Le passage par le corps et l’acte court-circuite la pensée, et l’intention de mourir associée au geste auto-agressif est difficile à concevoir.Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : adolescence, automutilation, conduite suicidaire, geste auto-agressif, passage à l’acte suicidaire

Plan
Exploration du lien entre suicide et automutilations
Partage de facteurs de risque
Corrélation entre les deux conduites
Distinction entre les deux conduites
Hypothèse de la tolérance à la douleur et de l’aptitude au suicide
L’incapacité à penser la mort
Conclusion
Déclaration de liens d’intérêts

clinique
·Les tentatives de suicide des préadolescents
Suicide attempts in preadolescents
Page :17-21
Maymouna Mourouvaye Payet a, b, ⁎ maymouna.mourouvaye@gmail.com : Interne, pédopsychiatre, Laure Woestelandt a, b : MD, pédopsychiatre
a Université Paris Descartes, faculté de médecine, Sorbonne Paris-Cité, 15, rue de l’École-de-médecine, 75006 Paris, France
b Hôpital Necker-Enfants malades, AP-HP, 149, rue de Sèvres, 75743 Paris cedex 15, France
Résumé
Les tentatives de suicide de l’enfant et de l’adolescent constituent une problématique majeure de santé publique
Bien que le suicide de l’enfant et du préadolescent reste, fort heureusement, peu fréquent, ce phénomène est en constante progression depuis 2009
De nombreuses études ont été menées autour des conduites suicidaires de l’adolescent, mais les tentatives de suicide de l’enfant et du préadolescent sont relativement peu explorées dans la littérature
La prévention est primordiale et fait intervenir les médecins généralistes et pédiatres, mais également les professionnels du milieu scolaire.Le texte complet de cet article est disponible en PDF.
Mots clés : conduite suicidaire, préadolescence, prévention, suicide, tentative de suicide
Keywords : preadolescence, prevention, suicidal behaviour, suicide, suicide attempt

Plan
Aspects épidémiologiques
Les représentations de la mort chez l’enfant
Que faire devant un enfant suicidaire ?
Évaluer le risque suicidaire
Mesurer l’urgence de la situation
Estimer la dangerosité
La prise en charge d’une tentative de suicide
Les recommandations
L’hospitalisation
La stratégie thérapeutique
Prévenir les gestes suicidaires
Prévention primaire
Prévention secondaire
Prévention tertiaire
Prévention scolaire
Prévention sociale
Conclusion
Déclaration de liens d’intérêts

revue de littérature
·Idées suicidaires et tentatives de suicide à l’adolescence en contexte migratoire
Suicidal thoughts and suicide attempts in adolescence among migrants
Page :22-26
Valentina Deriu a : Psychiatre, Laelia Benoit c, d : Psychiatre à la Maison de Solenn, Marie Rose Moro b, c, d : PhD, professeur de psychiatrie, chef de service de la Maison de Solenn, Jonathan Lachal b, ⁎, c, d : PhD, pédopsychiatre, praticien hospitalier universitaire à la Maison de Solenn

a Université Lorraine, Faculté de médecine de Nancy, 9, avenue de la Forêt-de-Haye, 54505 Vandœuvre-lès-Nancy, France
b Université Paris Descartes, faculté de médecine, Sorbonne Paris-Cité, 15, rue de l’École-de-médecine, 75006 Paris, France
c Maison de Solenn-MDA, hôpital Cochin, 97, boulevard Port-Royal, 75014 Paris, France
d CESP, faculté de médecine, université Paris-Sud, faculté de médecine-UVSQ, Inserm, Université Paris-Saclay, 16, avenue Paul-Vaillant-Couturier, 94805 Villejuif, France

Résumé
La migration est une expérience porteuse d’un potentiel de richesse et de créativité pour l’individu, mais qui peut aussi considérablement le fragiliser
Les adolescents migrants et enfants d’émigrés sont particulièrement vulnérables à la souffrance psychique et au suicide
De nombreuses études internationales témoignent d’une prévalence conséquente de passages à l’acte suicidaire chez les migrants et leurs enfants
L’environnement familial dissocié et les conflits intergénérationnels sont autant de facteurs de risque de conduite suicidaire chez ces adolescents
Réétablir des liens en valorisant la culture d’origine, par exemple, contribue au sentiment de continuité culturelle qui est un facteur protecteur du risque suicidaire.Le texte complet de cet article est disponible en PDF.
Mots clés : adolescence, migration, passage à l’acte suicidaire, revue de littérature, risque suicidaire, transculturalité

Plan
Migration et santé mentale
Méthode
Résultats
Un plus grand risque d’idées suicidaires et de TS chez les adolescents migrants
Des facteurs de vulnérabilité
Discussion
Conclusion
Déclaration de liens d’intérêts

étude
·Acceptabilité du dépistage systématique des adolescents suicidants aux urgences
Page :27-29

Gabrielle Stoven a : Interne en psychiatrie, Jonathan Lachal c, d, e : Pédopsychiatre, PHU, Erick Gokalsing b, f : Psychiatre, PH, Lucie Baux a : Pédopsychiatre, PH, Louis Jehel c : Professeur de psychiatrie, Michel Spodenkiewicz a, ⁎, b, c michel.spodenkiewicz@chu-reunion.fr : Pédopsychiatre, PH
a Pôle de santé mentale, CHU Sud Réunion, BP 350, 97448 Saint-Pierre cedex, La Réunion, France
b CEPOI EA 7388, UFR Santé, 1, allée des Aigues-Marines, 97487 Saint-Denis cedex, La Réunion, France
c CESP, Inserm U1178, université Paris-Saclay, 16, avenue Paul-Vaillant-Couturier, 94805 Villejuif, France
d Université Paris Descartes, faculté de médecine, Sorbonne Paris-Cité, 15, rue de l’École-de-médecine, 75006 Paris, France
e Maison de Solenn-MDA, hôpital Cochin, 97, boulevard Port-Royal, 75014 Paris, France
f EPSM de la Réunion, 42, avenue Louis-Aragon, 97420 Le Port, La Réunion, France
Résumé
Les études portant sur les outils de dépistage du suicide à l’adolescence se sont multipliées avec l’essor de questionnaires utilisables aux urgences pédiatriques
Une revue de la littérature établit l’acceptabilité de tels dispositifs
Même si ces outils sont bien acceptés lorsqu’ils sont systématisés, leur utilité est conditionnée par la disponibilité de soins pédopsychiatriques avec un juste équilibre entre la confidentialité de l’adolescent et l’implication parentale.Le texte complet de cet article est disponible en PDF.
Mots clés : adolescent suicidant, dépistage, revue de littérature, risque suicidaire, urgence pédiatrique

Plan
Qu’est-ce que l’acceptabilité ?
De l’opinion à l’implication personnelle
De l’intérêt à l’ambivalence pour le dépistage
Un dépistage mieux accepté par les filles
Des pistes en faveur de la systématisation du dépistage
Conclusion
Déclaration de liens d’intérêts


http://www.em-consulte.com/revue/SPSY/39/316/table-des-matieres/

vendredi 23 mars 2018

ETUDE RECHERCHE USA Risque suicidaire après automutilation chez les adolescents et les jeunes adultes

D'après "Guns tied to high suicide risk for teens with self-harm history Lisa Rapaport reuters.com* du 20/03/2018

(Reuters Health) - Les adolescents et les jeunes adultes qui se blessent sans intention suicidaire ont un risque accru peu de temps après, et le risque accru de décès est plus élevé lorsque des armes sont en cause, selon une étude américaine.

Les chercheurs ont examiné les données sur les demandes d'assurance de plus de 32 000 patients âgés de 12 à 24 ans qui ont été suivis pendant un an après un épisode d'automutilation non mortelle. Contrairement aux tentatives de suicide, qui requièrent une intention suicidaire, les épisodes d'automutilation peuvent également inclure l'empoisonnement, la coupure, les armes à feu ou d'autres méthodes violentes utilisées pour causer des blessures non mortelles.

L'empoisonnement était de loin la méthode la plus courante d'automutilation, représentant 65 pour cent des cas, suivie par une réduction de 18 pour cent, selon l'étude. Les armes à feu ont été utilisées dans un peu moins de 1% des cas.

Toutefois, lorsque les jeunes ont utilisé des armes à feu pour se blesser, ils étaient plus de 35 fois plus susceptibles de se suicider au cours de l'année suivante que les adolescents et les jeunes adultes dont les actes d'automutilation impliquaient d'autres méthodes.
"La façon dont les jeunes se sont blessés était un prédicteur important du risque futur de suicide", a déclaré l'auteur principal de l'étude, le Dr Mark Olfson, chercheur en psychiatrie à l'Université de Columbia à New York.
«Des méthodes plus violentes comportaient un risque beaucoup plus élevé que des méthodes moins violentes », a déclaré M. Olfson par courriel.
L'automutilation non fatale est courante chez les jeunes, et le suicide est la deuxième cause de décès chez les Américains âgés de 15 à 24 ans, les chercheurs notent en pédiatrie. Près d'un tiers des jeunes qui meurent du suicide ont subi des actes d'automutilation non fatals au cours des trois derniers mois de leur vie.
Dans la présente étude, un grand nombre d'adolescents et de jeunes adultes ont récemment reçu un diagnostic de problèmes de toxicomanie ou de problèmes de santé mentale comme la dépression ou l'anxiété. Près de la moitié d'entre eux avaient récemment reçu des soins de santé mentale ambulatoires.
Les jeunes ayant des troubles de la personnalité étaient 55% plus susceptibles d'avoir des épisodes répétés d'automutilation, et le risque augmentait de 65% s'ils recevaient des soins en milieu hospitalier.
Mais environ un jeune sur quatre dans l'étude n'avait aucun diagnostic de problèmes de santé mentale ou de toxicomanie avant de se faire du mal.
L'analyse n'était pas une expérience contrôlée visant à prouver si ou comment la méthode d'automutilation pouvait avoir un impact sur le potentiel des jeunes à se suicider. Une autre limite est que les dossiers de réclamations d'assurance n'ont pas identifié les patients ayant une intention suicidaire.
Une étude distincte en pédiatrie a mis en évidence un autre facteur de risque indépendant du suicide chez les adolescents: l'itinérance.
Les chercheurs ont examiné les données d'enquête sur plus de 62 000 adolescents inscrits à l'école au Minnesota, dont environ 4 600 jeunes sans abri et vivant avec un membre adulte de leur famille.
Les jeunes sans-abri étaient plus susceptibles d'être des garçons, non blancs, pauvres et vivant à l'extérieur des zones urbaines.
Dans l'ensemble, environ 29% de ces adolescents sans abri ont déclaré s'être auto mutilés, 21% ont dit avoir des pensées suicidaires et 9% ont signalé des tentatives de suicide.
Comparativement aux jeunes qui ne sont pas sans abri, les jeunes sans-abri étaient environ deux fois plus susceptibles de déclarer s'être blessés eux-mêmes et d'avoir des pensées suicidaires, et plus de trois fois plus susceptibles de tenter de se suicider.
Cette étude n'était pas non plus une expérience contrôlée conçue pour prouver si ou comment l'itinérance pouvait influencer l'automutilation ou le suicide chez les adolescents.
Pourtant, il offre de nouvelles preuves de la détresse émotionnelle sévère vécue par les jeunes sans-abri, a déclaré l'auteur principal, le Dr Andrew Barnes de l'Université du Minnesota Medical School à Minneapolis.
«Les jeunes qui ont été sans-abri ont souvent eu beaucoup de choses négatives et très stressantes dans leur vie à mesure qu'ils grandissaient», a déclaré M. Barnes par courriel.
"En plus de cela, ils sont plus susceptibles d'être membres de groupes raciaux ou ethniques historiquement opprimés et d'avoir souffert de discrimination, de harcèlement et de marginalisation sociale", a ajouté Barnes. «Tout cela a des répercussions sur le développement sain, non seulement sur la santé mentale, mais aussi sur la santé physique et la réussite scolaire.
Cependant, la stabilité et le soutien peuvent rendre l'automutilation et le suicide moins probables pour ces adolescents vulnérables.
«L'établissement de relations affectueuses et positives avec les parents, les enseignants et l'école de leur enfant réduit le risque de suicide de leurs adolescents», a déclaré Barnes. "De même que la promotion de leur sentiment d'auto-identification positive, le lien avec leur communauté et le sens du but de leurs adolescents."
SOURCE bit.ly/2ppd5Wm and bit.ly/2u2LgZz Pediatrics, online March 20, 2018.



Réf étude mentionée :  Suicide After Deliberate Self-Harm in Adolescents and Young Adults
Mark Olfson, MD, MPH a,  Melanie Wall, PhD a, Shuai Wang, PhD a, Stephen Crystal, PhD b,
Jeffrey A. Bridge, PhD c, Shang-Min Liu, MS a, and Carlos Blanco, MD, PhD d
a
Department of Psychiatry, College of Physicians and Surgeons, Columbia University and the New York State Psychiatric Institute, New York, New York;
b
Center for Health Services Research on Pharmacotherapy, Chronic Disease Management, and Outcomes, Institute for Health, Health Care Policy and Aging Research, Rutgers, The State University of New Jersey, New Brunswick, New Jersey;
c
Center for Innovation in Pediatric Practice, The Research Institute at Nationwide Children’s Hospital and Department of Pediatrics, Psychiatry and Behavioral Health, The Ohio State University, Columbus, Ohio; and
dDivision of Epidemiology, Services, and Prevention Research, National Institute on Drug Abuse, Rockville, Maryland

vendredi 27 octobre 2017

ETUDE RECHERCHE Royaume-Uni De plus en plus d’automutilations chez les très jeunes filles

De plus en plus d’automutilations chez les très jeunes filles
Publié le 23/10/2017 www.jim.fr/*

Le suicide est la deuxième cause de décès après les accidents de la route chez les 10-24 ans. De nombreux travaux ont montré que la moitié des adolescents qui décèdent par suicide ont des antécédents d’automutilation. En savoir plus sur l’incidence et la prise en charge de l’automutilation paraît donc essentiel pour réduire le passage à l’acte suicidaire des adolescents.

Une étude récente, réalisée au Royaume-Uni, est une mine de données pour la mise à jour des connaissances sur le sujet. Les auteurs ont réalisé une étude de population sur les éléments recueillis auprès de 647 patientèles de médecins généralistes. Les auteurs avaient pour objectif d’observer l’évolution de l’incidence des automutilations à travers le temps et leur prise en charge, et d’établir si les automutilations avaient un lien avec une cause de mortalité spécifique. Au total près de 17 mille patients âgés de 10 à 19 ans ont commis un acte d’automutilation entre 2001 et 2014. La moitié d’entre eux était éligible pour une comparaison avec des adolescents du même âge, sexe et appartenant à la même patientèle. Chaque patient a été comparé avec 20 autres, n’ayant pas d’antécédent d’automutilation.

Augmentation d’incidence au fil du temps

Il apparaît que l’incidence annuelle des automutilations est largement supérieure chez les filles (37,4 pour 10 000 vs 12,3 pour 10 000 chez les garçons). Cette incidence annuelle augmente au fil du temps chez les filles et particulièrement chez les très jeunes de 13 à 16 ans entre 2011 et 2014, où elle passe de 45,9 pour 10 000 à 77 pour 10 000. Cette tendance avait déjà été notée dans d’autres études et ne semble pas être liée à un biais, mais plutôt à l’émergence de nouveaux problèmes psychologiques chez les jeunes filles de cet âge. Les auteurs évoquent un mode de vie plus stressant, mais surtout l’exposition aux réseaux sociaux voire l’accès à des sites qui encouragent l’automutilation en réaction à des évènements difficiles. Une étude récente soulignait qu’au-delà de l’âge de 12 ans, 2 fois plus de jeunes filles étaient insatisfaites de leur apparence en 2014 par rapport à 2008. Quant à la différence filles-garçons, elle peut être en partie expliquée par le fait que les premières consultent davantage leur médecin que les garçons du même âge.
Un risque accru de suicide

Plus d’un adolescent sur 4 se voit prescrire un antidépresseur après un épisode d’automutilation. Le recours au psychiatre ou au psychologue est peu fréquent, sans doute le reflet d’un accès difficile aux services de santé mentale, notamment pour les enfants vivant dans un milieu social défavorisé. Ce constat est d’autant plus déplorable qu’il apparaît que les adolescents ayant un antécédent d’automutilation ont 9 fois plus de risque de décéder accidentellement au cours du suivi, particulièrement par suicide (Hazard Ratio 17,5 ; intervalle de confiance à 95 % : 7,6 à 40,5), intoxication alcoolique aiguë ou overdose.

Ces données mettent en relief plusieurs points et particulièrement la nécessité urgente de préciser les causes de cette augmentation des automutilations. Elles indiquent aussi le rôle essentiel des médecins de premier recours et la nécessité d’établir des recommandations pour la prise en charge en soins primaires de ces adolescents en souffrance, prise en charge qui devrait intégrer les familles et le milieu scolaire.

Dr Roseline Péluchon
Références
Morgan C et coll. : Incidence, clinical management, and mortality risk following self harm among children and adolescents: cohort study in primary care.
BMJ 2017;359:j4351

https://www.jim.fr/medecin/actualites/medicale/e-docs/de_plus_en_plus_dautomutilations_chez_les_tres_jeunes_filles_168205/document_actu_med.phtml

jeudi 18 mai 2017

ETUDE RECHERCHE La quête de sens autour des passages à l’acte automutilatoires et suicidaires : apport d’une étude qualitative menée auprès d’adolescents

La quête de sens autour des passages à l’acte automutilatoires et suicidaires : apport d’une étude qualitative menée auprès d’adolescents. Médecine humaine et pathologie. 2016.
Salomé Grandclerc 1
1 UPD5 Médecine - Université Paris Descartes - Faculté de Médecine
THÈSE POUR LE DIPLÔME D’ÉTAT  DE DOCTEUR EN MÉDECINE 2016

Résumé : Suicide et automutilations sont des problématiques majeures du champ de la psychiatrie de l’adolescent. Les automutilations touchent 10% d’entre eux et le suicide est la deuxième cause de mortalité des 15-29 ans. Tous deux posent des problèmes en terme de prise en charge : face aux vécus d’incompréhension des adolescents, soignants et proches se sentent souvent démunis. Il paraît important de remettre du sens sur l’acte pour favoriser les soins. Après une revue de la littérature ayant pour but d’appréhender suicide et automutilations dans leur complexité individuelle, environnementale et socio-culturelle, nous présenterons une étude qualitative, menée auprès de huit sujets entre 14 et 21 ans, ayant présenté au moins un passage à l’acte automutilatoire et / ou suicidaire. L’objectif principal était de proposer une meilleure compréhension des mécanismes conduisant au passage à l’acte ; mais aussi une étude en détail des modalités relationnelles familiales et sociales, et une meilleure évaluation des représentations de l’agression faite à soi de l’adolescent. Nous avons utilisé une méthodologie qualitative, phénoménologique et inductive, particulièrement adaptée à la complexité de l’objet de l’étude. L’analyse thématique phénoménologique a permis de mettre en évidence 14 thèmes principaux, à travers lesquels nous avons pu décrire quatre axes d’expérience chez nos sujets : le rapport à soi ; le rapport à l’autre ; le rapport au corps et le rapport à la mort. Nous discuterons ensuite les aspects originaux de nos résultats et l’implication en pratique clinique de la quête de sens comme travail de subjectivation.
URL : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01505382
Acces doc https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01505382/document

vendredi 23 décembre 2016

ETUDE RECHERCHE Étude des spécificités de l’expérience automutilatoire et suicidaire chez des adolescentes en situation transculturelle

Étude des spécificités de l’expérience automutilatoire et suicidaire chez des adolescentes en situation transculturelle
S. Grandclerc a, , b, c, M.-R. Moro a, b, c,,J. Lachal a, b, c
a Maison de Solenn, MDA Cochin, AP–HP, 97, boulevard de Port-Royal, 75014 Paris, France
b Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, 1, rue Victor-Cousin, 75005 Paris, France
c CESP, University Paris-Sud, UVSQ, Inserm, université Paris-Saclay, bâtiment 300, 91405 Orsay cedex, France

Neuropsychiatrie de l'Enfance et de l'Adolescence Available online 19 December 2016

Résumé
Objectif
Explorer l’expérience subjective automutilatoire et suicidaire d’une population d’adolescentes, enfants de parents migrants en France. Mettre en perspective de leur expérience, celle d’adolescentes issues de familles non migrantes afin de souligner les particularités liées à l’histoire migratoire familiale.
Méthode
Il s’agit d’une étude transversale, observationnelle et exploratoire basée sur une démarche qualitative, phénoménologique et inductive. Le recueil des données s’est appuyé sur deux entretiens semi-structurés menés chez quatre adolescentes de parents migrants et quatre adolescentes de parents non migrants, âgés de 13 à 21 ans, suivies en pédopsychiatrie et ayant présenté au moins un passage à l’acte automutilatoire ou suicidaire. L’analyse des données est réalisée selon la méthode de l’interpretative phenomenological analysis.
Résultats
Les résultats sont exposés autour de trois axes d’expériences : le rapport à soi, le rapport à l’autre et le rapport à la mort, déclinés en dix thèmes. Les différents thèmes viennent mettre en évidence les spécificités dans le vécu des adolescentes de parents migrants, notamment dans le rapport à l’individuel et à l’histoire familiale imprégnée de l’histoire migratoire. Les mécanismes d’affiliation par l’automutilation sont également explorés dans ce contexte particulier de double appartenance culturelle.
Conclusion
La vulnérabilité de la population adolescente issue de parents migrants rend indispensable de penser le soin de manière spécifique. Les particularités dans leur rapport à l’individuel et aux parents sont à prendre en compte dans la prise en charge des conduites auto-agressives de ces adolescentes. Les représentations familiales sont importantes à interroger et à respecter afin de favoriser un récit métissé autour du mal-être de ces adolescentes.

vendredi 29 avril 2016

ETUDE RECHERCHE Les scarifications aux urgences : quelle menace suicidaire ?

Scarifications : les mots pour le dire Aux urgences générales, une majorité de patients présentant des scarifications des poignets ont été admis pour une « tentative de suicide » (TS), terme souvent utilisé à mauvais escient dans ce contexte, comme le montre une étude épidémiologique descriptive multicentrique réalisée en 2015 dans 7 services d’urgences générales de Lille et de son agglomération.
À l’aide d’un questionnaire, les soignants ont interrogé les patients présentant une ou des scarifications auto-infligées datant de moins de 7 jours, isolée(s) ou associée(s) à un autre geste auto-infligé. 58 patients ont répondu. Les résultats, analysés avec l’aide de la Fédération régionale de recherche en psychiatrie et santé mentale (F2RSM) Nord-Pas-de-Calais, évoquent une prépondérance féminine jeune (moins de 36 ans), dont le geste de scarification apparaît non prémédité et réactionnel à une situation de perte symbolique, sans désir de mort significativement associé. Cela peut être un contexte de deuil, de séparation, de difficultés financières, familiales, professionnelles, scolaires ou conjugales. Or, une majorité de ces patients ont été admis pour « TS par scarification », essentiellement des femmes, et une autre partie pour « TS par phlébotomie », surtout des hommes. Cette différence d’attribution entre hommes et femmes, et cette indifférenciation entre tentative de suicide et automutilation procèdent probablement des représentations des soignants sur l’autoagressivité. L’attaque du corps semble questionner une forme de tentative de contenance psychique, lorsque les mots sont insuffisants ou absents (1). Par ailleurs, cette étude montre que pour plus de la moitié des patients, il s’agit d’une récidive de scarification. La douleur infligée au corps, souvent répétée, permet ainsi de pallier les angoisses envahissantes. Il est donc important de considérer ce geste comme une tentative d’apaisement d’une souffrance psychique, afin de proposer au patient une écoute et une aide sécurisantes, laissant progressivement la place aux mots.
Une orientation vers une prise en charge spécifique, du fait de la souffrance psychique et d’un risque élevé de récidive et d’aggravation du geste autoagressif (2), paraît indiquée. Le désamorçage d’une chronicisation de ces comportements nécessite de travailler la demande d’aide dès les urgences. Cette condition est le préalable à une alliance thérapeutique en suivi psychologique ou psychiatrique.
1– Suyemoto KL. The functions of self-mutilation. Clin Psychol Rev. 1998 ; 18(5):531-54.
2– Kuehl S, Nelson K, Collings S. Back so soon : rapid re-presentations to the emergency department following intentional self-harm. N Z Med J. 14 déc 2012 ; 125(1367):70-9

*http://www.santementale.fr/actualites/scarifications-les-mots-pour-le-dire.html

mardi 19 avril 2016

ETUDE RECHERCHE FRANCE Les relations entre l'automutilation non suicidaire et comportement suicidaire à l'adolescence: un examen systématique.

Relations between Nonsuicidal Self-Injury and Suicidal Behavior in Adolescence: A Systematic Review.
Grandclerc S1,2,3, De Labrouhe D1,2,3, Spodenkiewicz M3,4,5,6, Lachal J1,2,3, Moro MR1,2,3.

1Maison de Solenn, Hôpital Cochin, AP-HP, Paris, France.
2Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, Paris, France.
3Université Paris-Saclay, Univ. Paris-Sud, UVSQ, CESP, INSERM, Villejuif, France.
4Service de Psychiatrie de l'Enfant et de l'Adolescent, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière, APHP, Paris, France.
5Université Pierre et Marie Curie, Paris, France.
6Institut de Systèmes Intelligents et Robotique, Paris, France.
PLoS One. 2016 Apr 18;11(4)

Abstract
Nonsuicidal self-injury (NSSI) and suicidal behaviors, both important issues in adolescent health care, are frequently associated and possibly clinically related. Our objective was to explore the views of relations between nonsuicidal self-injury and suicidal behaviors during adolescence and young adulthood (11-25 years) expressed in the scientific (medical and psychological) literature. We adopted a textual approach to the process of synthesis to tell the story of the findings from the included studies. Our narrative systematic review of 64 articles found that they share the same risk factors. Integrated models envision nonsuicidal self-injury as a gateway enabling teens to acquire the capability for suicide. Because suicidal behavior short-circuits thought, it is difficult to conceive an intention to die during adolescents' acts of self-injury. Intention is constructed by the narrative of the act, influenced by numerous elements from the psychopathologic, cultural, religious, and philosophic context. Techniques of mentalizing-based treatments and work on the meaning that adolescents attribute to their behaviors might improve care.
http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371%2Fjournal.pone.0153760

mardi 5 mai 2015

ALGERIE NOTICE ARTICLE Le marquage corporel chez des adolescents homosexuels : un palliatif au suicide ?

Le marquage corporel chez des adolescents homosexuels : un palliatif au suicide ?
par Amel Dehane, Psychologue clinicienne Maître de conférences, université Badji MokhtarAnnaba, Algérie
Le Journal des psychologues
2015/4 (n° 327)   Pages : 80
Éditeur : Martin Média Pages 19 - 24

Premières lignes Se découvrir homosexuel à l’adolescence, notamment en Algérie, pays où l’homosexualité est considérée comme un délit passible d’emprisonnement, plonge ces adolescents dans une crise existentielle pour laquelle le suicide peut sembler la seule issue. L’agir sur le corps, par des coupures, des brûlures... comme une tentative de réponse individuelle à une stigmatisation sociale négative, est révélateur...

Dehane Amel, « Le marquage corporel chez des adolescents homosexuels : un palliatif au suicide ? », Le Journal des psychologues 4/2015 (n° 327) , p. 19-24
URL : www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2015-4-page-19.htm

vendredi 28 novembre 2014

LE BRETON David Adolescence et conduites à risque

Adolescence et conduites à risque
info repérée sur http://resodochn.typepad.fr/resodochn/2014/11/adolescence-et-conduites-%C3%A0-risque.html

 

Sans titreLE BRETON David
Adolescence et conduites à risque
Yapaka, 2014-10, 57 p.
Les conduites à risque sont des manières ambivalentes de lancer un appel aux plus proches, à ceux qui comptent. Elles témoignent de la résistance active du jeune et de ses tentatives de se remettre au monde. En dépit des souffrances qu’elles entraînent, elles possèdent un versant positif, elles favorisent la prise d’autonomie du jeune, la recherche de ses marques, elles sont un moyen de se construire une identité. Elles n’en sont pas moins douloureuses dans leurs conséquences à travers les blessures ou les morts qu’elles entraînent. Mais la souffrance est en amont, perpétuée par une conjonction complexe entre une société, une structure familiale, une histoire de vie. Ces épreuves que les jeunes s’infligent répondent à cette nécessité intérieure de s’arracher à soi-même et de renaître meilleur. Ce sont des rites intimes, privés, autoréférentiels, insus, détachés de toute croyance et tournant le dos à une société qui cherche à les prévenir.

jeudi 30 octobre 2014

RECHERCHE ROYAUME-UNI L’automutilation chez les ados…et après ?

L’automutilation chez les ados…et après ?

Publié le 29/10/2014 sur www.jim.fr/

La prévalence de « l’automutilation » chez les adolescents serait de 13 à 18 %. Ce type de comportement a-t-il des conséquences à long terme sur la santé des adolescents devenus adultes? La réponse à cette question semble essentielle et pourtant les travaux menés sur le sujet jusqu’à présent ont fourni des résultats contradictoires. Dans ces études cependant, l’existence d’une intention suicidaire au moment de l’automutilation paraît être un élément fondamental pour le devenir de l’adolescent.
Une équipe du Royaume-Uni apporte sa contribution à ce sujet. Une enquête a été réalisée auprès de 4 799 adolescents ayant révélé s’être automutilés à l’âge de 16 ans. Les auteurs ont analysés les problèmes mentaux (dépression et anxiété) présents à l’âge de 18 ans, l’utilisation de « substances » (alcool, cannabis, tabac et autres drogues) à l’âge de 18 ans, le niveau scolaire à 16 et 19 ans, la profession à 19 ans et un comportement d’automutilation à 21 ans.
Il en ressort que, quelle que soit l’intention au moment de l’acte d’automutilation, qu’une intention de suicide soit présente ou non, les adolescents qui se sont automutilés à 16 ans sont plus à risque de troubles psychologiques, de récidive d’automutilation, de problèmes de mésusages de substances que la moyenne des personnes du même âge. Cette association est toutefois plus marquée quand est présente une intention suicidaire. Ainsi, un adolescent qui s’automutile à 16 ans a un risque de dépression à 18 ans 2 fois supérieur à ceux qui n’ont jamais eu ce comportement. Ce risque est quadruplé pour l’adolescent de 16 ans qui s’automutile avec une intention suicidaire. Un plus bas niveau d’études ou un plus bas niveau professionnel ne semblent associés qu’aux automutilations avec intention suicidaire.
Les auteurs précisent que, bien qu’il soit difficile d’exclure tout facteur confondant, les résultats ne peuvent être entièrement attribués à des pathologies préexistantes. Cela souligne la nécessité de prendre en charge précocement les adolescents qui s’automutilent, pour identifier une détresse et réduire les risques au long cours, notamment d’addictions et de suicide.
La théorie interpersonnelle du suicide envisage l’automutilation sans intention de suicide comme une porte ouverte à l’automutilation avec intention suicidaire et au suicide, en créant une sorte d’accoutumance à la douleur et à la peur de la blessure.
Dr Roseline Péluchon

lundi 19 mai 2014

AUTOUR DE LA QUESTION : Le mal sur la peau : l’automutilation des ados

Le mal sur la peau : l’automutilation des ados

“Dans ma peau”, de et avec Marina De Van

Se couper, se brûler, se frapper soi-même : l’automutilation gagne de plus en plus d’adolescents. Un sociologue, Baptiste Brossard, éclaire dans un livre, “Se blesser soi-même, une jeunesse autocontrôlée”, les mécanismes de ces pratiques auto-agressives. Un indice d’un mal-être mais aussi d’une volonté d’intégration au monde social.

“Prendre sur soi” : il n’y a pas plus de plus précise et implacable expression courante que celle-ci pour tenter de définir ce qui guide l’étrange pratique de l’automutilation à laquelle se livrent de plus en plus d’adolescents aujourd’hui. Se brûler, se couper, se frapper soi-même… : ces pratiques auto-agressives dont témoignent, depuis les années 90, de nombreux psychiatres pour adolescents, mais aussi des films de cinéma (Dans ma peau de Marina de Van, par exemple) prennent diverses formes.
Si toutes les motifs possibles d’automutilation semblent d’évidence constituer l’indicateur absolu d’un mal-être (comme l’anorexie par exemple), ils échappent un peu à l’entendement, comme si la furie de ce geste butait sur la possibilité de lui conférer un sens rationnel. Or l’automutilation a, d’une certaine manière, un sens, dans la mesure où elle est l’expression d’un sentiment, d’une vie intérieure confuse, analyse le sociologue Baptiste Brossard dans une réflexion documentée sur le sujet, Se blesser soi-même, une jeunesse autocontrôlée.
Selon lui, l’automutilation peut même “être comprise comme une technique de positionnement social”. Refusant tout regard tendant vers l’observation sensationnaliste ou effrayée pour son objet, le sociologue s’en tient à un vrai travail compréhensif, fondé sur de nombreux entretiens avec des ados, notamment à travers des rencontres opérées sur les forums de discussion ou dans des institutions spécialisées. De sorte que l’auteur tient à étudier l’automutilation “comme n’importe quelle autre pratique, le tennis ou l’utilisation des klaxons, la consommation de chocolat ou le travail en intérim”.
Cette méthode en apparence froide et distanciée, conduisant à minorer “l’aspect sensationnel du phénomène étudié au profit d’un horizon plus matérialiste”, ne l’écarte pas pour autant d’une approche sensible ou empathique avec les ados. Le livre oscille entre ces deux horizons heuristiques, afin d’éclairer au mieux le paysage mental de l’automutilation, définie comme “une activité consistant à se blesser soi-même, intentionnellement, régulièrement, sans intention suicidaire, sans reconnaissance sociale”.
Réaction aux tensions
Comprendre dans quelles conditions et à quelles conditions on se blesse soi-même : le projet du livre se fonde sur cette double problématique. Pour affirmer une certitude : “Il n’est pas tant question de la folie d’individus que de la réaction de ces individus aux tensions folles qui composent, jour après jour, la vie sociale.” Au fil de ses conversations, Baptiste Brossard met au jour les tensions que chacun de ces adolescents supporte au quotidien, tant dans leur cadre familial que dans l’institution scolaire. Les conflits avec les parents, les difficultés à communiquer, le stress lié à la réussite, les mésententes avec les profs ou les pairs… sont autant d’injonctions et de frustrations qui pèsent sur les ados.
“L’isolement affectif”, “la non-affiliation aux autres” expliquent en partie la construction d’une prédisposition à la déviance. Le sociologue constate que les blessures auto-infligées émergent souvent à l’adolescence, alors qu’une démarche d’auto-dégradation est déjà entamée depuis des années par des pratiques auto-agressives. L’élément déclencheur renvoie en général à une “situation d’embarras” (Goffman), sans réaction physique ou verbale de la part de l’individu embarrassé.
A la crise d’angoisse, à la sensation de solitude, il faut ajuster une réaction, tout en gardant secrète sa conduite : la stratégie de dissimulation est la condition de l’automutilation. Le paradoxe de l’automutilation, c’est cette tension entre une violence exposée contre soi-même et la “mise en scène” de la discrétion. Exprimer son mal-être sans le rendre visible : c’est aussi toute la gravité d’un geste impossible à saisir ou identifier à ciel ouvert.
“Jeunesse autocontrôlée”
Se blesser est un geste d’autant plus violent, symboliquement, qu’il se cache, à l’abri du regard des autres, épargnés autant que rejetés par un acte individuel et secret. Baptiste Brossard éclaire ainsi l’opération de l’automutilation :
“Se blesser soi-même pour garder la face ; se faire mal plutôt que faire mal aux autres ; éviter d’afficher les marqueurs de l’embarras ; reporter les conflits sur son corps pour ne pas entrer en désaccord avec son entourage ; trouver le meilleur moyen de se soulager d’une crise d’angoisse en restant discret.”
Ces ados embarrassés se perçoivent eux-mêmes comme des êtres fondamentalement atypiques, “en décalage entre plusieurs mondes”, portés par une envie de transgression, dont l’automutilation serait l’horizon le plus naturel, parce que le plus monstrueux. En finir avec l’automutilation, c’est souvent en finir avec l’adolescence elle-même, observe Brossard dans son étude qui éclaire parfaitement en quoi la minorité d’adolescents qui s’automutilent quotidiennement constitue au fond une “jeunesse autocontrôlée”, c’est-à-dire crispée sur son propre malaise, contrariée dans les profondeurs opaques de sa psyché, malmenant sa chair pour trouver une place dans le monde social. Acte transgressif en apparence, l’automutilation ne vise au fond, sous le registre de la souffrance, qu’à se conformer à l’ordre social. Et rêver, comme chez François Truffaut, de se frotter enfin à la peau douce.
Se blesser soi-même, une jeunesse autocontrôlée de Baptiste Brossard,  (Alma éditeur, 352 p, 21 €)
livre

mardi 23 juillet 2013

« Les conditions sociales de l’automutilation juvénile. Une approche sociologique »

Baptiste Brossard , « Les conditions sociales de l’automutilation juvénile. Une approche sociologique », Bulletin Amades [En ligne], 87 | 2013, mis en ligne le 16 juillet 2013, Consulté le 23 juillet 2013. URL : http://amades.revues.org/1550

Baptiste Brossard

Chercheur postdoctoral en sociologie au Centre Maurice Halbwachs (ENS-EHESS-CNRS) Enseignant à l’Université d’Evry Val d’Essonne. Coordinateur du pôle « sociologie » sur le site nonfiction.fr

Dans nos sociétés contemporaines, une partie des adolescents et jeunes adultes, majoritairement des femmes, se blessent eux-mêmes, volontairement, régulièrement, en vue de se soulager d’un « mal-être ». Parce qu’elles désignent un mal de vivre à première vue individuel, ces conduites sont quasi-exclusivement étudiées par les professionnels de la santé mentale qui se centrent sur leur dimension psychologique. 2Cette thèse propose une sociologie empirique des blessures auto-infligées. 

vendredi 29 mars 2013

CANADA RECHERCHE Liens entre l'automutilation et le risque de suicide

Liens entre l'automutilation et le risque de suicide d'après article " Links Between Self-Injury and the Risk of Suicide" sur http://www.psyweb.com/lifestyle/mental-health/links-between-self-injury-and-the-risk-of-suicide - 28/03/2013
(Voir référence et lien de l'étude citée note de bas de post)

Les comportements autodestructeurs sont généralement considérés comme un signe de risque accru de suicide. Beaucoup de gens qui prennent leur propre vie ont une histoire d'automutilation. Cependant, il est également vrai que de nombreuses personnes qui s’auto-mutilent sont en fait à faible risque de suicide.

Y at-il un moyen de déterminer le niveau de risque de suicide?

Le comportement humain, étant toujours imprévisible, rend la détermination du niveau de risque de suicide avec certitude impossible. Même ainsi, il y a des facteurs qui font qu'il est possible d'évaluer ce risque avec une précision accrue.
Qu'est-ce que l'automutilation ou NSSI?

Dans les milieux de la recherche, les comportements autodestructeurs sont souvent appelés auto-blessures non suicidaires (NSSI). les NSSI sont volontaires, altérations ou destructions sur soi des tissus du corps comprenant les brulures, les entailles, coupures et coups sans intention meurtrière.

Selon les dossiers des patients hospitalisés, 30 à 40 pour cent des adolescents et jusqu'à 21 pour cent des adultes pratiquent des NSSI. Bien que ce comportement peut commencer à n'importe quel âge un grand pourcentage d'individus commenceront entre 17 et 24 ans. Comme cette statistique indique, les NSSI sont des importants problèmes de santé chez les étudiants.
Trois niveaux de risque de suicide NSSI

Des recherches récentes* ont mis en évidence trois niveaux de risque de suicide chez les personnes qui s'automutilent. Pour le déterminer, les chercheurs ont examiné différents rapports d'auto-fréquence, le type et l'intensité de l'automutilation, le comportement suicidaire (idées, la planification, le dire aux autres), le bien-être général (stress, humeur , estime de soi, les émotions, l'engagement social, le comportement ), la qualité des relations parent et ami, et l'histoire de la délinquance.

Groupe 1: Risque faible
Plus de deux-tiers de jeunes adultes avec NSSI le comportement correspond à un profil à faible risque pour le comportement suicidaire.
à faible risque est caractérisé par :
  • basse fréquence de l'engagement dans des comportements d'automutilation.
  • niveau plus bas de comportement suicidaire (idées, planification, le dire aux autres).
  • Facteurs de risque psychosociaux (par exemple, l'anxiété , la dépression) sont sensiblement les mêmes que pour les non-auto-mutilants.
  • éprouvent moins de douleur NSSI que les individus à risque modéré ou élevé.
Groupe 2: Risque modéré à plus élevé
  • Ce groupe de personnes:
  • Ont des facteurs plus élevés de risques psychosociaux tels que l'anxiété ou la dépression que les non-auto-mutilant.
  • Ont la fréquence la plus élevée de comportement NSSI des trois groupes.
  • plus grande variété ou nombre plus important de méthodes nocives que les personnes à faible risque.
Groupe 3: Risque le plus élevé
  • Les indicateurs les plus hauts risques de suicide sont les suivants:
  • fréquemment engagé dans des comportements NSSI.
  • Ont les plus hauts facteurs de risque psychosociaux des trois groupes.
  • se livrent fréquemment à des comportements d'automutilation lorsqu'ils sont seuls.
  • ont souvent des comportements ou idées suicidaires (pensées, planification).
Bien que toutes les personnes impliquées dans des NSSI ne soient à risques modérés ou élevés de suicide, toutes les blessures auto-infligées comprennent des risques d'infection et de dommages permanentes des nerfs et tissus. Même les rares automutilations indiquent des problèmes sous-jacents liés à l'appartenance, l'estime de soi, l'anxiété ou à d'autres problèmes qui peuvent être résolus avec l'aide d'un conseiller qualifié .

* L’étude concernée : Hamza CA, Willoughby T (2013) Nonsuicidal Self-Injury and Suicidal Behavior: A Latent Class Analysis among Young Adults. PLoS ONE 8(3): e59955. doi:10.1371/journal.pone.0059955

Article disponible sur : http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0059955?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+plosone%2FPLoSONE+%28PLoS+ONE+Alerts%3A+New+Articles%29