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jeudi 22 décembre 2022

ETUDE RECHERCHE Mise en œuvre du groupe de psychoéducation "GPS - Groupe de prévention du suicide" sur l'unité d'hospitalisation de courte durée du CH Saint Jean de Dieu à Lyon

Psychoéducation : six mémoires de la promo 2022 à parcourir !

Chaque année, dans le cadre du Diplôme Universitaire de Psychoéducation, les étudiants réalisent un mémoire de fin d’études. Ce mémoire leur permet de développer un outil de psychoéducation en lien avec les besoins des usagers qu’ils rencontrent au quotidien dans leur pratique. Les thèmes sont donc aussi variés que les besoins des usagers. Cette année, les étudiants ont développé et mis en œuvre : un programme sur le stress adapté aux équipes mobiles, un programme sur l’utilisation des écrans chez les enfants et adolescents, un programme de prévention du suicide dans une unité d’hospitalisation de courte durée, un programme sur la vie affective et la santé sexuelle, un programme sur l’alimentation, et enfin un programme sur les troubles dépressifs et anxiodépressifs.

Chaque année, nous mettons en ligne les meilleurs mémoires de la promotion, afin que d’autres étudiants et professionnels puissent en bénéficier pour développer leur propre programme de psychoéducation. Vous pouvez y accéder en cliquant sur le titre du mémoire qui vous intéresse.


ZOOM SUR :

Mise en œuvre du groupe de psychoéducation "GPS - Groupe de prévention du suicide" sur l'unité d'hospitalisation de courte durée du CH Saint Jean de Dieu à Lyon
Auteurs : LE CROM Clara, Auteur
Type de document : Mémoire
Editeur : Université Claude Bernard Lyon 1, 2022
Autre Editeur : Lyon : Centre ressource de réhabilitation psychosociale
Format : 41
Note générale : Mémoire soutenu pour l'obtention du DU de Psychoéducation.
Langues: Français
 
Résumé : INTRODUCTION
PRÉSENTATION
1. Parcours personnel dans la psychoéducation
2. Hôpital Saint Jean de Dieu
3. UHCD
MISE EN PLACE DU GROUPE DE PSYCHOÉDUCATION « GPS » SUR L’UNITÉ DE L’UHCD À L’HÔPITAL DE SAINT JEAN DE DIEU
1. Réflexions à l’origine du projet
2. Conception du groupe
PRÉSENTATION DU GROUPE DE PRÉVENTION DU SUICIDE OU « GPS »
1.Objectifs
2. Séances
3. Population cible
4. Fonctionnement et encadrement
5. Techniques d’animations
6. Bilans éducatifs pré et post groupe
7. Livret
MISE EN OEUVRE
1. Déroulement des séances
2. Participation
ANALYSE DU PROGRAMME
DISCUSSION ET PERSPECTIVES
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
ANNEXES
Diplôme spécialisé : Diplôme Universitaire de Psychoéducation 

Documents numériques (1)


LE_CROM_Mémoire.pdf
Adobe Acrobat PDF 

Source https://rehabilitation.reseaudoc.org/index.php?lvl=notice_display&id=2709

samedi 12 février 2022

ETUDE RECHERCHE NOTICE ARTICLE A comprehensive study of medically serious suicide attempts hospitalized in France: incidence and associated factors

A comprehensive study of medically serious suicide attempts hospitalized in France: incidence and associated factors

Julien Corbé 1
1 Thèses d'exercice et mémoires - UFR de Médecine Montpellier-Nîmes
Résumé : Contexte : les personnes faisant des tentatives de suicide médicalement graves (Medically Serious Suicide Attempt (MSSA)) partagent un certain nombre de caractéristiques avec celles qui se suicident et présentent un risque élevé de suicide ultérieur. Les études menées jusqu'à présent ont surtout porté sur des échantillons cliniques ; une étude épidémiologique au niveau national permettra d'établir des profils à risque et des parcours de soins dans cette population. Méthodes : nous avons exploré la base de données nationale française des sorties d'hôpital (Programme de Médicalisation des Systèmes d'Information, PMSI) pour identifier toute MSSA ayant eu lieu entre 2012 et 2019. Des informations démographiques et médicales pertinentes ont été collectées sur la première MSSA de chaque patient avec une période de washout de deux ans. Résultats : le nombre de premières MSSAs s’est élevé à 81 959 cas sur 8 ans, avec un âge moyen de 45,8 ans et 53,6 % de femmes. L'incidence était plus élevée chez les femmes (18.1 contre 17.3 pour 100 000 personnes-années). La méthode de suicide la plus courante était l'auto-intoxication médicamenteuse (64,9 % des cas). En comparaison, les méthodes violentes étaient associées à une mortalité et à des comorbidités plus élevées et étaient plus fréquentes chez les hommes. Les troubles mentaux les plus fréquents étaient les troubles de l'humeur (55,6 %) et les troubles de l’usage de substances (46,2 %). Une minorité de survivants de MSSAs ont été hospitalisés en psychiatrie (32,5 %), principalement des femmes. Conclusions : les MSSAs sont fréquentes et faciles à identifier. Il est nécessaire de renforcer la continuité des soins psychiatriques pour cette population étant donné le risque élevé de suicide ultérieur, et les faibles taux d'hospitalisation en psychiatrie après une MSSA. Une prise en charge spécifique ciblant cette population pourrait réduire les écarts de traitement.
https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-03563477
Contributeur : Faculté de Médecine Um
Soumis le : mercredi 9 février 2022

Julien Corbé. A comprehensive study of medically serious suicide attempts hospitalized in France: incidence and associated factors. Human health and pathology. 2021. ⟨dumas-03563477⟩ 

jeudi 10 février 2022

NOTICE ARTICLE Suicidant

Suicidant
R. Wallaert , D. Baillon-Dhumez, N. Dantchev
Service de psychiatrie, Unité de psychiatrie, Hôtel-Dieu, AP-HP, 1, place du parvis Notre-Dame, 75004 Paris, France
Auteur correspondant.
 
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le Thursday 10 February 2022
- 09/02/22
[24-153-B-20] - Doi : 10.1016/S1241-8234(22)45986-4
Résumé

Le suicide, responsable d'environ 10 500 décès en France chaque année, avec près de 200 000 tentatives de suicide recensées, constitue un problème majeur de santé publique. Le risque de décès par suicide est plus important chez les hommes que chez les femmes et chez les sujets âgés comparativement aux sujets jeunes. La présence d'une comorbidité psychiatrique ou somatique augmente le risque de récidive suicidaire. Plus de 80 % des suicidants passent par un service d'urgence. Seul un quart d'entre eux sera hospitalisé dans un service de psychiatrie. La prise en charge des suicidants aux urgences hospitalières s'effectue de manière pluridisciplinaire. Du fait de l'amnésie consécutive aux intoxications médicamenteuses volontaires, les suicidants qui ne sont pas hospitalisés en services de psychiatrie devraient pouvoir rester un temps suffisamment long aux urgences, afin de planifier la suite de la prise en charge. On considère que 10 % des sujets qui ont fait une tentative de suicide finissent par décéder de suicide dans les dix ans qui suivent cette tentative. Une approche préventive s'avère donc indispensable lorsqu'une personne a réalisé une tentative de suicide. Cette problématique constitue un paradigme de choix pour une réflexion sur la mission de prévention des services d'urgences.

Mots-clés : Suicide, Tentative de suicide, Crise suicidaire, Urgences, Dépression, Prévention
Plan
Introduction
Suicide en France : données épidémiologiques
Crise suicidaire
Comorbidité psychiatrique liée aux conduites suicidaires
Parcours des patients suicidants
Prise en charge des suicidants dans les services d'urgences
Place des urgences dans la prévention du suicide
Déclaration de liens d'intérêts

☆ Les annexes indiquées dans ce PDF sont présentes dans la version étendue de l'article disponible sur www.em-consulte.com/.

☆☆ Pour citation, ne pas utiliser la référence ci-dessus de cet article, mais la référence de la version originale publiée dans EMC - Médecine d'urgence 2020;14(4):1-11 [25-150-A-20]. 

https://www.em-consulte.com/article/1500978

jeudi 16 décembre 2021

CANADA Trousse d’outils cliniques en prévention du suicide destinée au gestionnaire et à l’employé Services urgence et unités d’hospitalisation - Pratique de soins sécuritaire

Trousse d’outils cliniques en prévention du suicide destinée au gestionnaire et à l’employé
Services urgence et unités d’hospitalisation - Pratique de soins sécuritaire

Direction adjointe des soins infirmiers en collaboration avec la Direction des services multidisciplinaires. 2021-12-10
http://letourdelest.ca/wp-content/uploads/trousse-prevention-du-suicide_services-urgence-et-unites-hospitalisation_14-12-2021.pdf

lundi 28 juin 2021

ETUDE RECHERCHE : Une modalité de prise en charge de jeunes adultes psychotiques suicidants en institution psychiatrique

Une modalité de prise en charge de jeunes adultes psychotiques suicidants en institution psychiatrique
Souad Dehbi *
Psychologue clinicienne au GHU Paris Psychiatrie & neurosciences, Paris, France
L'Information Psychiatrique
Volume 97, numéro 5, Mai 2021

Les tentatives de suicide dans un contexte de psychose continuent d’interroger les soignants d’une part, à cause de la fréquence et la gravité des passages à l’acte et d’autre part, parce qu’elles se distinguent des passages à l’acte suicidaire dans d’autres pathologies. Nous présenterons, dans une première partie, comment certaines modalités de traitement institutionnel permettent qu’une dynamique de soins limite les effets délétères du risque des passages à l’acte. Nous donnerons ensuite quelques repères psychanalytiques pour penser l’adolescence et la psychose émergente afin d’aider à saisir la problématique d’un jeune homme âgé de 20 ans ayant fait de nombreuses tentatives de suicide dans un contexte de psychose. Enfin, je montrerai les potentialités que peut permettre un suivi psychothérapique au côté d’un travail pluridisciplinaire.

Mots-clés : premier épisode psychotique, jeune adulte, tentative de suicide, récidive suicidaire, prise en charge, hospitalisation psychiatrique, psychothérapie, cas clinique
DOI : 10.1684/ipe.2021.2268
Page(s) : 397-401
Année de parution : 2021

source https://www.jle.com/fr/revues/ipe/e-docs/une_modalite_de_prise_en_charge_de_jeunes_adultes_psychotiques_suicidants_en_institution_psychiatrique_320421/article.phtml

vendredi 22 janvier 2021

Programme Haute Autorité de Santé "psychiatrie et santé mentale" : une démarche de coconstruction

 

[Interview croisée] Psychiatrie et santé mentale : une démarche de coconstruction

Article HAS - Mis en ligne le 20 janv. 2021

Le 2è programme de travail pluriannuel « psychiatrie et santé mentale », fondé, comme le précédent, sur une démarche de coconstruction, intègre des travaux relatifs aux champs sanitaire, médico-social et social, dans le but d’améliorer les parcours de santé et de vie des patients. Amélie Prigent, du service des bonnes pratiques (SBP) et le Dr Yvan Halimi, psychiatre et président du comité de suivi « psychiatrie et santé mentale » de la HAS, en présentent ici les spécificités et les avancées.

Le programme pluriannuel et le comité de suivi

Pourquoi la HAS a-t-elle mis en place un programme pluriannuel et un comité de suivi sur le thème de la psychiatrie et de la santé mentale ?

Amélie Prigent : « C’est à la suite de nombreuses saisines institutionnelles adressées à la HAS sur le thème de la psychiatrie et de la santé mentale qu’en 2012 il a été décidé de travailler à la cohérence et à la priorisation des travaux grâce à un programme de travail pluriannuel et à la constitution d’un comité de suivi. Le premier programme de ce type, qui est le seul à la HAS à être dédié à une discipline, a ainsi couvert la période 2013-2017 et a principalement inclus des recommandations et des guides de bonnes pratiques. A la suite des retours positifs sur la démarche et la méthode développées pour ce premier programme, un second programme pluriannuel a été élaboré pour la période 2018-2023. La version actualisée vient d’être mise en ligne, onze nouveaux travaux y sont intégrés par rapport à la version de 2018. Quatre grands thèmes sont abordés : droits des patients et sécurité en psychiatrie ; troubles mentaux sévères et persistants et handicap psychique ; pédopsychiatrie ; psychiatrie, santé mentale et addictions. En complément des recommandations et guides de bonnes pratiques qui seront produits sur ces thèmes, le programme 2018-2023 intègre également les travaux de développement d’indicateurs dans le champ de psychiatrie et de la santé mentale, les travaux relatifs à la certification des établissements de santé, etc. »

Yvan Halimi : « Un programme de travail dédié à la psychiatrie et à la santé mentale se justifie également par la complexité, dans cette discipline, de l’intrication des facteurs bio-psycho-sociaux. La HAS doit tenir compte de cette intrication tout en se gardant des risques en miroir des postures scientistes ou idéologiques, et de clivage entre recherche fondamentale et pratiques soignantes sur le terrain. Cette approche décloisonnée pluridisciplinaire doit ainsi intégrer recherche clinique, neurosciences, sciences humaines et sociales, recherche en soins infirmiers, épidémiologie, recherche sur les politiques publiques de santé, etc. Elle doit aussi prendre en compte les expériences et modèles étrangers mais en veillant à les référer à leurs contextes historiques, culturels et législatifs pour évaluer les conditions de leur faisabilité en France. C’est ainsi qu’à notre dernier comité de suivi, le Dr Alain Grégoire a présenté le dispositif de psychiatrie périnatale qu’il a mis en place au Royaume-Uni. »

Le principe de coconstruction

Quel a été l'apport des professionnels de santé et des patients dans la démarche ? Comment sont-ils intégrés ? En quoi consiste ce principe de coconstruction ? 

Yvan Halimi : « En psychiatrie les vérités mathématiques sont plutôt rares et les plus grandes réussites sont souvent le fruit d’un travail de coconstruction par l’ensemble des acteurs concernés, la contribution de chacun étant le meilleur garant de l’appropriation de la démarche dans l’évolution des pratiques au quotidien. Parmi ces acteurs, il faut insister sur l’importance du dialogue avec les patients et leurs proches, levier essentiel par l’éclairage de leurs expériences vécues, pour questionner et améliorer nos pratiques de prévention et de soins. Il faut toutefois souligner que la mise en œuvre sur le terrain des productions de la HAS suppose des professionnels formés et en nombre suffisant. »

La pédopsychiatrie, un nouveau thème

La pédopsychiatrie est un des nouveaux thèmes abordés dans le plan 2018-2023. Quels sont les besoins actuels dans ce domaine ?

Yvan Halimi : « De nombreux rapports sur la pédopsychiatrie ont souligné la difficulté d’accès aux soins et les disparités régionales dans la prise en charge et le repérage précoce, alors même que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) nous rappelle que 50 % des pathologies psychiatriques de l’adulte commencent avant 16 ans... Il faut donc agir tôt, voire très tôt au vu du développement actuel des connaissances sur la psychiatrie du bébé et sur la psychiatrie fœtale, notamment les travaux sur l’attachement et l’épigénétique. Tous ces travaux soulignent le besoin de continuité pour l’enfant d’un environnement sécurisant, cohérent et fiable. Car l’enfant n’est pas un adulte miniature, c’est un être en plein développement dont l’approche diagnostique et thérapeutique doit toujours s’inscrire dans une perspective dynamique et évolutive, la place des parents étant bien entendu essentielle.

En outre, les équipes pluridisciplinaires de pédopsychiatrie, dont le centre de gravité est l’ambulatoire, doivent veiller à une bonne coordination avec leurs multiples partenaires : pédiatres, médecins généralistes, éducation nationale, protection de l’enfance, travailleurs sociaux, etc.

À cet égard, il importe de toujours rappeler qu’au-delà des symptômes et comportements, la pédopsychiatrie est avant tout une médecine de la construction du sujet, sujet narratif dans son histoire. C’est dans cet esprit que la HAS a fait de cet enjeu majeur de santé publique l’une de ses priorités. »

Quels sont les travaux en cours et à venir à la HAS pour répondre aux problématiques identifiées en pédopsychiatrie ? 

Amélie Prigent : « Nous avons, sur le thème pédopsychiatrie, identifié cinq priorités, qui vont de la période périnatale à la période de transition entre services de pédopsychiatrie et services de psychiatrie adulte. Parmi elles, un travail sur le repérage, l’évaluation, la prise en charge et le suivi des enfants et des adolescents suicidants ou à risque suicidaire a été engagé cette année. Deux autres sujets sont en cours de cadrage : le premier porte sur la prévention, le diagnostic et la prise en charge des troubles psychiques pendant la période périnatale, le deuxième traite de la coordination entre les services de protection de l’enfance et les services de pédopsychiatrie et vise à améliorer l’accès aux soins psychiques et la continuité de ces soins pour les enfants relevant de la protection de l’enfance. Les travaux sur ces deux sujets devraient démarrer en 2021. Ultérieurement, un travail sera également conduit en vue d’améliorer la continuité de la prise en charge entre services de pédopsychiatrie et services de psychiatrie adulte. »

Droits des patients et sécurité en psychiatrie

Sur le thème des droits des patients et de la sécurité en psychiatrie, quels sont les besoins identifiés ?

Yvan Halimi : « La psychiatrie est la seule discipline où le soin peut impliquer une restriction des libertés individuelles pour restaurer des espaces de liberté psychique altérés par la maladie. Car le patient qui ne demande pas de soins est parfois celui qui en a le plus besoin, le rôle de l’entourage s’avérant alors essentiel. Ces soins sans consentement doivent garder le souci constant d’articuler qualité des soins, respect des libertés individuelles et souci de sécurité. Leur objectif primordial sera l’évolution vers des soins librement consentis par la construction d’une alliance thérapeutique avec les patients.

C’est dire l’importance de l’éclairage de leurs expériences vécues et de notre partenariat avec les patients et leurs proches afin de garantir leurs droits en termes d’accessibilité et de continuité des soins, de respect de leur dignité, de leur intimité et de leurs libertés individuelles. Aussi nous avons veillé à coconstruire avec eux nos travaux sur des sujets particulièrement sensibles et délicats à aborder tels que le guide « mieux prévenir et prendre en charge les moments de violence dans l’évolution clinique des patients adultes lors des hospitalisations en services de psychiatrie », les recommandations « isolement et contention en psychiatrie générale », le travail sur les « programmes de soins » ou encore prochainement « échange et partage d’informations en psychiatrie ».

Le besoin d’harmonisation des pratiques est à la mesure des très fortes disparités départementales constatées dans ce domaine. »

Quels sont les travaux réalisés et à venir à la HAS pour répondre à ces problématiques ? 

Amélie Prigent : Le Dr. Halimi a cité plusieurs travaux du thème « droits des patients et sécurité en psychiatrie », qui faisait déjà partie du 1er programme pluriannuel. Parmi eux, le travail sur les « programmes de soins psychiatriques sans consentement » (soins sans consentement en dehors de l’hospitalisation à temps plein) est actuellement en cours de finalisation. Le programme de soins y est abordé comme une étape du parcours, il est construit avec la préoccupation constante de l’implication du patient et d’une alliance thérapeutique, dans l’objectif d’un retour, dès que possible, à des soins librement consentis. Ce travail va donner lieu à un guide qui sera publié début 2021. La thématique des droits des patients et de la sécurité en psychiatrie est également abordée dans le cadre des travaux de développement d’indicateurs de qualité et de sécurité des soins en psychiatrie et santé mentale et dans la certification des établissements de santé pour la qualité des soins.

Articulation des champs sanitaire, médico-social et social

En quoi l’articulation des champs sanitaire, médico-social et social est-elle essentielle en psychiatrie et santé mentale ? 

Yvan Halimi : « En psychiatrie, la bonne évolution d’un grand nombre de patients va dépendre d’une double démarche : soigner et accompagner. Celle-ci doit être synergique et construite dans la durée. Elle doit s’adapter à la variabilité des troubles psychiatriques et aider le patient au quotidien en privilégiant l’inclusion en milieu ordinaire dans l’accès et le maintien dans l’emploi et la scolarisation, l’accès à la vie sociale et culturelle, l’accès au logement... Ces réponses doivent être coconstruites avec les personnes concernées en prenant en compte leurs attentes, leurs capacités et leur degré d’autonomie, mais aussi avec l’ensemble des acteurs des champs sanitaire, médico-social et social.

Ce travail en réseau décloisonné et sous-tendu par une culture partagée, est en effet indispensable pour assurer la sécurisation du parcours du patient en évitant les ruptures et les incohérences lors d’un changement de prise en charge ou de structure d’accueil.

Si la circulaire de mars 1960 sur la politique de secteur avait déjà insisté sur l’importance en psychiatrie de cette collaboration sanitaire/médico-social et social, il est certain que la loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 a représenté une étape déterminante par le passage d’un projet d’établissement à un projet territorial de santé mentale coconstruit par l’ensemble des acteurs, usagers et professionnels, en intégrant les actions de prévention et de soins, de réadaptation et de réinsertion sociale.

C’est dans le même esprit que l’élargissement en avril 2018 des missions de la HAS aux champs médico-social et social va contribuer à améliorer la continuité des parcours de soins et de vie des patients et de leurs proches. »

Concrètement, comment cette articulation entre les différents secteurs se traduit-elle à la HAS ?

Amélie Prigent : « Effectivement, comme l’a indiqué le Dr Halimi, la HAS a étendu son périmètre aux secteurs social et médico-social en 2018. Une nouvelle organisation s’est alors mise en place. Elle s’appuie sur une commission réglementée, la commission de l’évaluation et de l’amélioration de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (CSMS), qui définit les orientations et valide les travaux d’une nouvelle direction de la qualité de l'accompagnement social et médico-social (DiQASM). Cette direction élabore des recommandations de bonnes pratiques concernant la protection de l’enfance, l’accompagnement des personnes âgées et des personnes en situation de handicap et le secteur de l’inclusion sociale. Elle développe également le dispositif d’évaluation de la qualité dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux. Du côté du programme « psychiatrie et santé mentale », nous avons, dans une première étape, en 2018, intégré des projets de recommandations spécifiques aux secteurs social et/ou médico-social et en lien avec la psychiatrie et la santé mentale. Il s’agit maintenant d’aller plus loin. Aujourd’hui, nous travaillons à des travaux communs aux champs sanitaire, médico-social et social, pour répondre aux différents enjeux dont parlait Yvan Halimi. Il est par exemple possible de citer le travail sur la coordination entre les services de protection de l’enfance et les services de pédopsychiatrie.

Le programme « psychiatrie et santé mentale » de la HAS, élaboré à un temps donné pour 5 ans, est bien sûr évolutif. Entre-temps de nouvelles saisines sont adressées à la HAS, de nouveaux besoins émanent du terrain. À titre d’exemple, dans le contexte de la pandémie de Covid-19, nous élaborons des « réponses rapides » visant à favoriser la continuité des soins ambulatoires pour les patients souffrant de troubles psychiques ou encore à prévenir et prendre en charge la souffrance des professionnels du monde de la santé. La dernière fiche « réponses rapides » a été mise en ligne tout récemment, le 24 novembre 2020.

 


Consulter le programme "psychiatrie et santé mentale"

* Propos recueillis par Citizen press. Les propos tenus dans cet article sont sous la responsabilité de leur auteur.

Source https://www.has-sante.fr/jcms/p_3232907/fr/-interview-croisee-psychiatrie-et-sante-mentale-une-demarche-de-coconstruction

***

Info plus

Extrait du programme "psychiatrie et santé mentale :
"5. Améliorer la prévention, l’évaluation et la prise en charge des tentatives de suicide et du risque suicidaire chez l’enfant et l’adolescent
Ce sujet fera notamment l’objet d’une réflexion sur l’opportunité d’une actualisation des recommanda-tions de bonnes pratiques« Prise en charge hospitalière des adolescents après une tentative de suicide » produites par l’Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé (ANAES) en 1998 (46).Il est inscrit au programme de travail de la HAS(47)

(46)  Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé. Recommandations de bonne pratique « Prise en charge hospitalière des adolescents après une tentative de suicide ». Paris: ANAES;1998.
(47) Haute Autorité de santé. Tentatives de suicide et risque suicidaire chez l’enfant et l’adolescent: prévention, évaluation, prise en charge –Note de cadrage. Saint-Denis La Plaine: HAS; 202

vendredi 4 septembre 2020

TEMOIGNAGE Maël, 18 ans : Après une tentative de suicide, «le service psychiatrique m’a redonné goût à la vie»

« Cette hospitalisation m’a rendu plus fort et m’a appris qu’il ne fallait pas forcément garder ses problèmes pour soi. » 

Mercredi 02 septembre 2020  Ouest France sur https://saint-brieuc.maville.com*

 Maël a 18 ans. Il est étudiant à Brest. Après une tentative de suicide, son témoignage a été recueilli par les journalistes de la Zone d’expression prioritaire, lors d’ateliers avec des jeunes.

La Zone d’expression prioritaire (Zep) collecte la parole des jeunes de 14 à 28 ans lors d’ateliers d’écriture encadrés par des journalistes. Ces témoignages sont ensuite publiés par des médias. Ouest-France a choisi d’être l’un d’eux. Tous les mois, le premier mardi, dans le journal et sur ouest-france.fr, on peut lire ces récits de vie, comme celui de Maël, étudiant à Brest, qui a fait une tentative de suicide.

«Dix-sept : c’est le nombre de médicaments que j’ai ingérés le jour où j’ai tenté de me suicider. Un mois : c’est la durée de mon hospitalisation. C’était il y a trois ans, en seconde. À cette époque, rien n’allait malgré le sourire sur mon visage. L’envie de quitter ce monde, et mes problèmes familiaux.

J’ai ingéré ces médicaments au lycée et je me suis réveillé le lendemain à l’hôpital. Un médecin m’a expliqué que j’avais deux possibilités : me faire hospitaliser dans un hôpital spécialisé en psychiatrie, ou intégrer un service spécifique au CHU de Brest, réservé aux personnes de 15 à 25 ans ayant commis des gestes suicidaires.

Je ne voulais qu’une seule chose : rentrer chez moi. Mais ce choix ne m’était pas proposé. J’ai choisi le « moins pire » : mon hospitalisation dans le service spécialisé pour les jeunes.

« Quarante-huit d’observation en arrivant »

En arrivant, un médecin m’a expliqué brièvement comment fonctionnait le service, il m’a demandé si j’avais des objets contondants (je devinais facilement que c’était pour éviter d’éventuelles scarifications), et mon téléphone afin d’éviter les contacts avec l’extérieur pendant au moins deux jours. Ces quarante-huit heures servaient d’observation mais permettaient aussi de couper tout lien afin de pas être perturbé.

Ensuite, on m’a donné une sorte d’emploi du temps et des règles à respecter : le téléphone n’est accepté que vingt minutes le matin et vingt minutes le soir, une pause cigarette le matin et une le soir, aucune sortie autorisée sauf si on en fait la demande. Des entretiens réguliers avec un médecin allaient être mis en place mais aussi des ateliers afin d’extérioriser ses sentiments et son mal-être.

Des visites étaient autorisées mais honnêtement, cela me faisait mal de voir des gens dans ces circonstances… Je n’ai accepté que très peu de visites, seulement de la famille. Je ne voulais en aucun cas que mes amis me voient dans cet état, et encore moins qu’ils s’inquiètent pour moi, qui suis une personne souriante, à l’écoute des autres, toujours prête à aider.

« On s’aidait les uns les autres »

Au début de mon hospitalisation, je me demandais si j’allais réellement m’en sortir ou au contraire si j’allais sombrer encore plus. Heureusement que les autres personnes hospitalisées sont venues très vite vers moi. Elles m’ont beaucoup aidé à traverser cette période difficile. J’ai rencontré des jeunes qui sont passés par les mêmes choses que moi. On s’aidait les uns les autres.

Ça m’a permis de parler avec des gens qui ressentaient vraiment la même chose que moi. On essayait de ne pas y penser même si, au début, il fallait bien savoir pourquoi chacun était là… Et puis après on a arrêté, et on a parlé de plein d’autres choses. On avait des permissions, on pouvait sortir pendant une heure et demie. On se baladait, on faisait les magasins…

Nous avions aussi des activités en groupe afin de dire chacun notre ressenti. Par exemple, dire ce qui nous passait par la tête en piochant un mot dans un regroupement de bouts de papier. Toutes les activités étaient axées sur nos émotions. Le médecin qui m’accompagnait, un homme grand, tout fin, souriant, était à l’écoute. Je sentais qu’il était vraiment là pour m’aider, pour que je m’en sorte.

« Cette hospitalisation m’a rendu plus fort mentalement »

Au fil des jours qui défilaient et des activités qui s’accumulaient, intérieurement j’allais mieux. Je récupérais la joie de vivre qui s’était éteinte il y a quelques semaines de cela. Trois semaines après mon hospitalisation, je me sentais mieux, j’avais extériorisé mes émotions.

Assez vite, je n’ai attendu qu’une chose : la sortie définitive pour pouvoir revoir mes amis et ma famille. Mais j’avais quelques appréhensions sur le fait que mon entourage ne me voit plus de la même manière, qu’il me regarde comme une personne instable émotionnellement.

Je m’étais trompé sur toute la ligne. Mes amis et ma famille n’attendaient qu’une chose, c’est de me revoir avec le sourire aux lèvres. Lorsque je suis rentré, tout le monde était content mais aussi soulagé que j’aie surmonté tout ça. Avec ma famille, on a parlé de ce qu’il s’était passé, de comment je me sentais maintenant. Les amis, ils ont fait comme si rien ne s’était passé et que j’étais toujours la même personne. Heureusement.

 Ouest France Mercredi 02 septembre 2020  Maël, 18 ans : Après une tentative de suicide, «le service psychiatrique m’a redonné goût à la vie»


https://saint-brieuc.maville.com/actu/actudet_-mael-18-ans-apres-une-tentative-de-suicide-le-service-psychiatrique-m-a-redonne-gout-a-la-vie_fil-4256133_actu.Htm

 

     

lundi 6 juillet 2020

ETUDE RECHERCHE Non-présentation à l'hôpital suite à une tentative de suicide: une enquête nationale

Non-presentation at hospital following a suicide attempt: a national survey
Fabrice Jollant (a1) (a2) (a3) (a4), Keith Hawton (a5), Guillaume Vaiva (a6) (a7) (a8), Christine Chan-Chee (a9), Enguerrand du Roscoat (a9) (a10) et Christophe Leon (a9)
Informations sur l’auteur affichées

(a1)
1 Department of psychiatry, University of Paris (Paris-Descartes University), Paris, France
(a2) 2 GHU Paris Psychiatrie et Neurosciences, Sainte-Anne Hospital, Paris, France 
(a3) 3 McGill Group for Suicide Studies, McGill University, Montréal, Canada
(a4) 4 CHU de Nîmes, Nîmes, France 

(a5) 5 Department of Psychiatry, Centre for Suicide Research, University of Oxford, Warneford Hospital, Oxford, UK 
(a6) 6 Department of Psychiatry, University of Lille, Lille, France
(a7) 7 Academic Hospital (CHU) of Lille, Lille, France
(a8) 8 SCA Laboratory CNRS-UMR 91-93, Lille, France
(a9) 9 National Agency of Public Health (Santé Publique France), Saint-Maurice, France
(a10) 10 LAPPS, EA 4386, Université Paris Ouest Nanterre-La Défense, Nanterre, France
DOI: https://doi.org/10.1017/S0033291720002305
Publié en ligne par Cambridge University Press: 03 Juillet 2020



Résumé
Background
A few previous studies suggest that a large number of individuals do not present at hospital following a suicide attempt, complicating recurrence prevention and prevalence estimation.
MethodsData were extracted from a regular phone survey in representative samples of the French population aged 18–75 years old. Five surveys between 2000 and 2017 collected data about the occurrence of a previous suicide attempt and subsequent care contacts. A total of 102,729 individuals were surveyed. Among them, 6,500 (6.4%) reported a lifetime history of suicide attempt.
Results
Following their last suicide attempt, 39.3% reported they did not present to hospital (53.4% in 18–24 year-olds), with limited changes in rates with time. Risk factors for non-presentation were being male [adjusted odds ratio = 1.3, 95% confidence interval (1.1–1.5)], living with someone [1.2 (1.0–1.4)], being a non-smoker [1.4 (1.2–1.6)], and being younger at time of attempt [0.97 (0.96–0.98) per year]. Of those who did not present to hospital, only 37.7% reported visiting a doctor or a psychiatrist/psychologist after their act v. 67.1% in those who presented to hospital (as a second health contact). In both cases, half disclosed their act to someone else. Prevalence rates of suicide attempts reported in community were 4.6 times higher than those in hospital administrative databases.
Conclusions
This survey at a national level confirmed that a large proportion of individuals does not go to the hospital and does not meet any health care professionals following a suicidal act. Assessment of unmet needs is necessary.

https://www.cambridge.org/core/journals/psychological-medicine/article/nonpresentation-at-hospital-following-a-suicide-attempt-a-national-survey/AC0BF1DB18837128174A4A69604A2616#

vendredi 26 juin 2020

ETUDE RECHERCHE Qui fait quoi dans les services d'urgence pour assurer la récupération de la mémoire après un auto-empoisonnement ? Une enquête sur les centres hospitaliers universitaires en France

Opinion
Who is doing what in emergency departments to ensure memory recovery after self-poisoning? A survey of university hospital centers in France
Available online 3 June 2020
In Press,
Highlights
Deliberate self-poisoning (DSP) with a drug constitutes the majority of suicide attempts.
Most ingested drugs in DSP are known to lead to cognitive impairment.
In 2006, an expert from the American College of Emergency Physicians Clinical Policies (Subcommittee on Critical Issues in the Diagnosis and Management of the Adult Psychiatric Patient in the Emergency Department) recommended that, in order to achieve adherence to the care instructions provided, cognitive recuperation should have occurred before a psychiatric assessment is conducted.
We investigate how the clinicians perform this cognitive evaluation in their current practice in psychiatric emergency department of University Hospital in France.
Summary
Introduction
Suicide prevention is a critical issue, and is related to the care and follow-up provided after a suicide attempt. This treatment is, however, linked to a patient's ability to memorize the information given to them in the emergency department, even though their memory may be impaired due to the drugs ingested after a self-poisoning suicide attempt. There is therefore a recommendation that a patient's cognitive-function should be evaluated in these circumstances. The aim of this study was to examine how this advice is applied in practice.
Methods
We performed a telephone survey of the 30 teaching hospitals in France. The psychiatric team at each center was asked about the cognitive tests or other methods they employed to evaluate a patient's cognitive-function. We also examined the other markers used.
Results
Only one of the hospitals contacted used a cognitive test. The others determined cognitive recuperation based on factors such as clinical opinion, vigilance or the plasma half-life of the drugs ingested.
Conclusion
There was no consensus on whether and which cognitive tests should be used following a self-poisoning suicide attempt. Indeed, these tests were very rarely employed. Most of the hospitals contacted used clinical markers, even though these have major limitations. The issue of conducting cognitive evaluations after deliberate self-poisoning must therefore be addressed in order to harmonize clinical practice throughout the country.
Keywords
Cognitive assessment
Deliberate self-poisoning

ETUDE RECHERCHE Le suicide de patients hospitalisés en psychiatrie : analyse qualitative de huit cas à l’hôpital Sainte-Anne à Paris et recommandations

Communication
Le suicide de patients hospitalisés en psychiatrie : analyse qualitative de huit cas à l’hôpital Sainte-Anne à Paris et recommandations
Psychiatric inpatient suicides: Analysis of a series of eight cases at Sainte-Anne hospital in Paris and recommendations

Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique
Available online 23 June 2020
In Press, Corrected Proof


Résumé
Le taux de suicide à l’hôpital psychiatrique est élevé. L’amélioration du repérage des patients à risque suicidaire et de la prévention du passage à l’acte durant l’hospitalisation est nécessaire. Dans le cadre d’un groupe de travail d’évaluation des pratiques professionnelles sur le risque suicidaire à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, nous avons étudié huit cas de suicide de patients hospitalisés entre 2009 et 2018. Cette étude qualitative a porté sur les retours d’expériences (REX) des équipes multidisciplinaires de soins et la lecture des dossiers médicaux. L’analyse montre que tous les patients de notre étude présentaient des antécédents personnels de tentatives de suicide (notamment avec un moyen violent), dont la moitié d’entre eux durant un séjour hospitalier antérieur. La majorité des décès par suicides sont intervenus lors d’un week-end ou d’un jour férié et à l’intérieur même des unités d’hospitalisation. Le moyen de suicide le plus fréquemment retrouvé était la pendaison. Au regard des résultats de notre série de cas et des données de la littérature, l’histoire suicidaire personnelle est le facteur de risque de passage à l’acte en milieu hospitalier le plus fréquent. Toutefois, la prédictibilité du suicide reste faible en pratique clinique et tous les patients hospitalisés en psychiatrie devraient être considérés à haut risque de suicide durant l’hospitalisation et à la sortie. En amont, la prévention du suicide à l’hôpital repose avant tout sur la sécurisation du milieu hospitalier (inventaire à l’entrée, mobilier anti-suicide, blocage de l’accès aux hauteurs et de l’ouverture des fenêtres, etc.). La formation spécifique et répétée des équipes soignantes au risque suicidaire, la couverture de la permanence des soins, la mise en place de procédures d’évaluation et de surveillance, ainsi que la transmission et la traçabilité systématiques de ce risque sont également des actions organisationnelles de prévention des actes suicidaires à l’hôpital. Au niveau individuel, la qualité du contact avec le patient, le travail avec l’entourage et le traitement actif de la maladie mentale et de ses comorbidités sont essentiels. Après une tentative de suicide ou un suicide survenu à l’hôpital, le partage systématique d’expérience devrait être institué afin d’améliorer les pratiques. La mise en œuvre de mesures de postvention pour le soutien aux autres patients et aux soignants de l’unité, ainsi qu’à l’entourage, devrait compléter le dispositif.
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S000344872030189X

jeudi 25 juin 2020

ETUDE RECHERCHE Le décès par suicide de personnes ayant connu une hospitalisation en service de psychiatrie

Le décès par suicide de personnes ayant connu une hospitalisation en service de psychiatrie
Source https://www.f2rsmpsy.fr/cartotheque.html

Une probabilité de 0,8% de suicide une année après hospitalisation

Le taux de suicide des personnes souffrant de troubles mentaux est beaucoup plus élevé qu’en population générale. Sans qu’il s’agisse d’un facteur unique, la maladie mentale est très souvent retrouvée dans les autopsies psychologiques des personnes suicidées.

Le statut vital de patients majeurs hospitalisés dans les services de psychiatrie de 9 établissements du Nord - Pas-de-Calais en 2008-2009 a été recherché dans les bases de décès du CepiDc, au 31/12/2013 ; les suicides ont été comptabilisés chez les personnes décédées à cette date, environ 5 ans en moyenne après leur inclusion dans l’étude.

Sur les 13 979 patients de l’étude (7416 hommes et 6563 femmes ; âge moyen 43.6±14.6), 286 étaient décédés par suicide 4,9 années en moyenne après leur date d’inclusion, sur un total de 1454 décès, soit 1/5e des décès. Le suicide représentait la 1re cause de décès (19,8%), devant les cancers (16,1%) et les maladies de l’appareil circulatoire (16,1%).

Probabilité cumulée de décès par suicide de patients ayant été hospitalisés en service de psychiatrie. N=13 979.



Source : F2RSM, étude MoPsy2.

La probabilité cumulée de suicide un an après la sortie d’hospitalisation était de 0,8%, à 2 ans de 1,3% et à 6 ans de 2,5%. C’est au cours de la 1re année que la probabilité de décès par suicide était plus élevée, notamment durant les 6 premiers mois.

Article : Coton C., Plancke L., Amariei A., Kharfalla R., Duhem S., Danel T., Charrel C.-L., Suicide mortality in people with mental disorders. A register-based study in north France, Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, 2020.



. 2020 Jun 17.doi: 10.1007/s00127-020-01892-y. Online ahead of print.
Suicide Mortality in People With Mental Disorders: A Register-Based Study in North France
Laurent Plancke  1   2 Chloé Coton  3   4 Alina Amariei  3 Redha Kharfallah  3   5 Stéphane Duhem  3   6 Thierry Danel  3   6 Claire-Lise Charrel  3   7
Affiliations
1
Regional Federation of Psychiatry and Mental Health Research (Fédération Régionale de Recherche en Psychiatrie Et Santé Mentale) Hauts-de-France, 211 Rue du Général Leclerc, 59350, Saint-André-lez-Lille, France. laurent.plancke@f2rsmpsy.fr.
2 Univ. Lille, CNRS, UMR 8019 - CLERSE - Centre Lillois d'Études et de Recherches sociologiques et Économiques, Lille, France. laurent.plancke@f2rsmpsy.fr.
3 Regional Federation of Psychiatry and Mental Health Research (Fédération Régionale de Recherche en Psychiatrie Et Santé Mentale) Hauts-de-France, 211 Rue du Général Leclerc, 59350, Saint-André-lez-Lille, France.
4 EHESP School of Public Health, Rennes, France.
5 Univ. Lille, Lille, France.
6 University Hospital of Lille, Lille, France.
7 Public Mental Health Establishment Lille-Métropole, Armentières, France.

PMID: 32556377
DOI: 10.1007/s00127-020-01892-y
Abstract

Introduction: Suicide is very common among people with mental disorders. In addition, suicide mortality rates are stable in this group, while they are decreasing in the general population.

Methods: The vital statuses of adult inpatients admitted to French psychiatry departments in 2008-2009 were researched in death databases on 31 December 2013. Suicide probability was calculated using a Kaplan-Meier analysis, and standardized mortality ratios (SMRs) were calculated in relation to the population of the study area.

Results: Among the 13,979 patients included in the study, (7416 men and 6563 women; mean age 43.6 ± 14.6 years), 1454 died in total, among whom 286 died by suicide an average of 4.9 years after the date of their enrolment. The cumulative probability of suicide was 0.8% at 1 year, 1.3% at 2 years and 2.5% at 6 years. The SMR value, which was 1492 for the whole group of patients and was twice as high in women (2494) as in men (1220), decreased with age (from 2078 in patients aged 18-34 years to 1278 in patients aged 75 years or more).

Discussion: Our study confirms that suicide mortality is higher in inpatients admitted to French psychiatry units than in the general population and advocates specific prevention programmes for this group.
Keywords: France; Inpatient stays; Mental disorders; Mortality; SNDS; Suicide.
https://link.springer.com/article/10.1007/s00127-020-01892-y

mardi 28 janvier 2020

NOTICE ARTICLE Conduites suicidaires à l'adolescence


Conduites suicidaires à l'adolescence
 - 27/01/20
[7-0352] - Doi : 10.1016/S1634-6939(19)41418-X
X. Benarous a, b, , M.-J. Guedj c, S. Garny de la Rivière a, J.-M. Guilé a, b, D. Périsse d
a Service de psychopathologie de l'enfant et de l'adolescent, CHU d'Amiens-Picardie, Site Sud, 1, rue du Professeur-Christian-Cabrol, 80054 Amiens, France 
b Inserm U1105, Groupe de recherche sur l'analyse multimodale de la fonction cérébrale, Université Picardie-Jules-Verne-Amiens, chemin du Thil, 80025 Amiens, France 
c Centre psychiatrique d'orientation et d'accueil, Hôpital Sainte-Anne, AP-HP, 1, rue Cabanis, 75014 Paris, France 
d Service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, AP-HP, Sorbonne Universités, 47-83, boulevard de l'Hôpital, 75013 Paris, France 

Auteur correspondant.
Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le mardi 28 janvier 2020
Résumé

Les conduites suicidaires à l'adolescence représentent un problème majeur de santé publique non seulement du fait de leur fréquence mais aussi de leur gravité potentielle. Un peu plus d'un adolescent sur dix rapporte avoir eu des idées suicidaires dans l'année qui précède et environ 4 % d'entre eux auraient déjà tenté de se suicider. Il s'agit de la seconde cause de mortalité à cet âge. Parmi les nombreux facteurs de risque impliqués, les plus importants sont l'existence d'un geste suicidaire antérieur et d'un trouble psychiatrique caractérisé, en particulier dépressif. Chez les adolescents les plus jeunes, l'identification d'une crise suicidaire peut être rendue compliquée par les troubles du comportement à type de réactions agressives et impulsives qui peuvent être au premier plan. Chez les adolescents plus âgés, l'accroissement progressif d'un sentiment de désespoir et des idées de mort peuvent rester longtemps masqués derrières des plaintes banales anxieuses ou psychosomatiques associées à un retrait relationnel ou au contraire à des prises de risque inconsidérées. Si les conduites suicidaires de l'adolescent sont parfois la manifestation d'un trouble psychiatrique caractérisé, le geste suicidaire est quasiment toujours adressé à l'entourage. Il représente alors pour l'adolescent l'ultime moyen de faire entendre une souffrance et un désir de changement indicible. La prise en charge des adolescents après une tentative de suicide fait l'objet de recommandations à la pratique professionnelle : tout adolescent suicidant doit être admis dans un service d'urgence hospitalier où il est évalué sur les plans somatique, psychologique et social. Dans un certain nombre de cas, une hospitalisation spécialisée est indiquée. Une fois la crise suicidaire passée, le relai du jeune et de sa famille vers des professionnels de santé (psychiatre, psychologue) est un enjeu essentiel. Au-delà du repérage diagnostique et du traitement d'un trouble psychiatrique caractérisé, des interventions centrées sur la famille aident à mobiliser au mieux les ressources du système familial pour rendre audible différemment la détresse de l'adolescent et aider chacun à s'y ajuster au mieux.

Mots-clés : Idées suicidaires, Tentative de suicide, Conduites à risque, Dépression, Adolescence

Plan

vendredi 30 août 2019

ETUDE RECHERCHE Conduites suicidaires à l'adolescence

Conduites suicidaires à l'adolescence 


[37-216-H-10]  - Doi : 10.1016/S0246-1072(19)63168-8 

B. Mirkovic, Docteur en médecine, PhD, médecin pédopsychiatre a, b, , M.-A. Podlipski, Docteur en médecine c, d, P. Gerardin, Docteur en médecine, PhD, Professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent c, d, e
a
 Service de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Groupe hospitalier La Pitié-Salpêtrière, 47-83, boulevard de l'Hôpital, 75013 Paris, France
b
 Unité de recherche EA4047, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, France
c
 Pôle de psychiatrie enfants-adolescent, Centre hospitalier du Rouvray, 4, rue Paul-Éluard, 76301 Sotteville-lès-Rouen, France
d
 Laboratoire CRFDP, Normandie Université, Rouen, France
e
 Département de pédiatrie médicale, Fédération hospitalo-universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, Centre hospitalo-universitaire Charles-Nicolle/CH-Rouvray, Rouen, France 

Auteur correspondant.

Psychiatrie Sous presse. Épreuves corrigées par l'auteur. Disponible en ligne depuis le mercredi 28 août 2019

Résumé

Le suicide représente une des principales causes de mortalité, potentiellement évitable, chez les adolescents. Il s'agit d'un phénomène complexe qui constitue l'extrême d'un continuum appelé communément les conduites suicidaires. Au regard des données les plus récentes, il convient de considérer les conduites suicidaires comme résultant d'interactions multiples, bio-psycho-sociales. Une approche développementale et intégrative permet d'avoir une vision plus large dans la compréhension des voies étiopathogéniques. Une perspective évolutive, allant de la période de la grossesse à l'âge adulte, au sein d'un environnement familial et social particulier, est indispensable à la fois pour la compréhension des mécanismes psychopathologiques mais aussi pour l'élaboration des protocoles de prise en charge et de recherche. L'évaluation du risque suicidaire associe à l'évaluation des facteurs de risque celle des facteurs de protection. Les facteurs prédisposants comme les agressions pendant l'enfance constituent une des pistes importantes dans la recherche des mécanismes neurobiologiques associés aux conduites suicidaires. Des éléments de preuve suggèrent que les événements d'adversité précoce peuvent augmenter le risque suicidaire à l'adolescence et à l'âge adulte, par l'intermédiaire des modifications épigénétiques. La prise en charge des adolescents suicidants est difficile et marquée par un important taux de récidive. À ce jour, il n'existe pas de recommandations fondées sur des preuves pour la prise en charge des adolescents suicidants. Il n'existe que très peu de traitements ciblant spécifiquement les tentatives de suicide et ces prises en charge manquent cruellement d'évaluation. La thérapie comportementale dialectique et la thérapie fondée sur la mentalisation semblent être deux pistes ayant montré des résultats encourageants. Les interventions visant à maintenir un contact entre le patient et les services de santé mentale (connectedness care) sont en développement. Les progrès technologiques et les nouveaux modes de communication ont accéléré la recherche dans ce domaine, avec des résultats très encourageants.

Mots-clés : Suicide, Tentative de suicide, Conduites suicidaires, Adolescent, Psychopathologie, Facteurs de risque et de protection, Recommandations

Plan
Introduction
Situation et problématique
Définitions et terminologie
Quelques repères épidémiologiques
Défis des cliniciens et des chercheurs
Modèles de compréhension
Facteurs de risque et facteurs de protection
Aspects morphologiques et neurobiologiques
Aspects génétiques et épigénétiques
Aspects socioanthropologiques et nouveaux modes de communication
Aspects psychopathologiques
Évaluation du potentiel et du risque suicidaire
Prises en charge des adolescents suicidants
Interventions psychosociales
Interventions pharmacologiques
Conclusion et perspectives
Perspectives cliniques
Perspectives de recherche

jeudi 8 août 2019

CALAIS En santé mentale, l’hôpital de Calais se coordonne avec des établissements du littoral

En santé mentale, l’hôpital de Calais se coordonne avec des établissements du littoral
En se coordonnant dans le domaine de la santé mentale, l’hôpital de Calais et trois autres établissements visent à offrir aux patients un parcours et un panel de soins identiques.
La communauté psychiatrique de territoire (CPT) regroupe, depuis le 15 juillet, les centres hospitaliers de Calais, Boulogne-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer, et l’Institut départemental Albert Calmette de Camiers. Le but de ce regroupement est d’adopter une démarche commune dans la mise en œuvre du volet « santé mentale » du programme régional de santé.
Dans ce cadre, la CPT a retenu cinq objectifs prioritaires  : repérer et prendre en charge précocement le risque suicidaire ; développer les prises en charge ambulatoires, sans séjour à l’hôpital ; coordonner les démarches de soin et d’accompagnement social des patients ; assurer la prise en charge des enfants et des adolescents ; promouvoir l’insertion sociale des personnes souffrant de troubles psychiatriques.

Accès aux soins identique En se coordonnant, les établissements visent à offrir aux patients des territoires concernés un parcours et un panel de soins identiques. Et ce, pour assurer l’égalité dans l’accès aux soins en santé mentale, à tous les âges de la vie.


https://www.lavoixdunord.fr/622208/article/2019-08-07/en-sante-mentale-l-hopital-de-calais-se-coordonne-avec-des-etablissements-du

lundi 24 juin 2019

ETUDE RECHERCHE Apport d’un entretien familial d’évaluation systémique et contextuelle dans la prise en charge d’adolescents en soins de crise

Apport d’un entretien familial d’évaluation systémique et contextuelle dans la prise en charge d’adolescents en soins de crise
C.Renou
Pôle est de psychiatrie infanto-juvénile, CMP et HJ de Fontenay-Le Comte, centre hospitalier Georges-Mazurelle, 85026 La Roche-sur-Yon cedex, France
dans Neuropsychiatrie de l'Enfance et de l'Adolescence
Available online 8 June 2019

Résumé
Objectifs
Le premier objectif est de montrer l’intérêt en termes d’évaluation, d’un entretien familial dans une approche systémique et contextuelle pour des adolescents en situation de crise. Le deuxième objectif est d’explorer l’impact des problématiques relationnelles dans la genèse des troubles psychiatriques.
Méthodes
Dans le cadre d’un dispositif de soins pour adolescents, un entretien familial d’évaluation des relations familiales a été proposé en début de prise en charge. Le témoignage de chacun est soutenu par le principe de la partialité multidirectionnelle du thérapeute et par l’éclairage particulier qui est donné à l’aspect éthique des relations familiales suivant l’approche contextuelle. L’analyse du contenu de ces consultations familiales conduit à repérer des difficultés relationnelles, notamment du fait de la parentification et des conflits de loyauté, qui s’opposent à la légitimité constructive.
Résultats
Cette étude repose sur l’analyse de 20 cas cliniques. Les symptômes principaux des adolescents concernés étaient des tentatives de suicide (8 cas), de la dépression (5 cas), des ruptures scolaires (3 cas), des conduites à risque (3 cas) et de l’anorexie (1 cas). L’analyse des 8 cas de tentatives de suicide a mis en évidence 6 situations de conflits de loyauté et 3 de parentification. Sept fois sur 8 les tentatives de suicide étaient associées à une légitimité destructrice.
Conclusions
Cette étude souligne l’intérêt d’un entretien familial contextuel et pose l’hypothèse d’un lien en termes de causalité entre conflit de loyauté et troubles des conduites associées à des formes d’auto-agressivité, pouvant elles-mêmes témoigner de cette légitimité destructrice.

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0222961719300534

lundi 15 avril 2019

Les cliniques psy ont un nouveau site

Les cliniques psy ont un nouveau site


La branche psychiatrie de la FHP lance son nouveau site internet www.fhp-psychiatrie.fr qui valorise la prise en charge au sein des hôpitaux et cliniques psychiatriques privés
.
 
Ce site informe en quelques clics les usagers sur les services proposés par les cliniques psychiatriques privées. Une rubrique dédiée met ainsi en avant l’actualité et les initiatives des 170 établissements.
 
Pour trouver rapidement et facilement une clinique psychiatrique près de chez soi, une carte interactive a été créée. Cet outil dynamique recense l’ensemble des structures psychiatriques privées partout en France et propose un système de recherche efficace par nom de ville.
 
Ce site  contient également un espace réservé aux adhérents de la FHP-Psychiatrie pour partager des informations et retrouver les communications privilégiées du syndicat.
 
 
 

vendredi 5 avril 2019

ETUDE RECHERCHE L’orientation des patients souffrant d’un trouble dépressif aux urgences psychiatriques par le médecin traitant est-elle associée à la décision d’hospitalisation : étude observationnelle

L’orientation des patients souffrant d’un trouble dépressif aux urgences psychiatriques par le médecin traitant est-elle associée à la décision d’hospitalisation : étude observationnelle
P.Chrétien a P.Caillet b F.Bouazzaoui c A.Kaladjian c N.Younes de S.Sanchez a
a
Hôpitaux Champagne Sud, centre hospitalier Troyes, 101, avenue Anatole-France, CS 10718, 10003 Troyes cedex, France
b
CHU de Nantes, 29, chemin de la Basse Gaudinière, 44300 Nantes, France
c
CHU de Reims, 51, avenue Cognacq-Jay, 51100 Reims, France
d
Centre hospitalier de Versailles, 177, rue de Versailles, 78150 Le Chesnay, France
e
EA 40-47, université Versailles Saint-Quentin, 78000 Versailles, France

Received 13 July 2017, Accepted 20 December 2017, Available online 2 March 2018.
Résumé
Introduction
Les troubles dépressifs toucheraient près de 350 millions de personnes dans le monde et seraient la première cause mondiale d’incapacité. Les patients en situation de dépression s’adressent préférentiellement à leur médecin traitant (MT) dans 50–60 % des cas, alors premier interlocuteur. L’objectif de notre étude est d’évaluer si l’orientation des patients souffrant d’un trouble anxiodépressif par un MT aux urgences générales est un facteur associé à l’hospitalisation par rapport aux patients se présentant spontanément pour les mêmes troubles. Notre objectif secondaire est d’identifier les différents profils de patients hospitalisés en urgence pour ces troubles.
Matériel et méthode
Nous avons réalisé une étude transversale sur l’année 2015 ciblant des patients qui ont consulté aux urgences générales du centre hospitalier de Troyes ayant bénéficié d’un avis psychiatrique dans le cadre d’un trouble anxieux ou dépressif.
Résultats
Cinq cent vingt-quatre patients sont inclus. L’analyse univariée montre que l’orientation par le médecin traitant est associée à l’hospitalisation à 57,9 % vs 42,1 % (p = 0,007), et un odds ratio à 1,98 [1,22–3,21] en analyse multivariée. L’analyse par classification hiérarchique ascendante permet d’identifier 3 profils de patients hospitalisés : 1) des patients avec des antécédents psychiatriques connus, des antécédents de suivis passés ou en cours, orientés par un confrère psychiatre avec au moins un traitement psychotrope, la présence de symptômes psychotiques et un risque suicidaire faible par rapport au reste de la population d’étude ; 2) des patients sans antécédents psychiatriques, ni d’antécédents de suivi psychiatrique passé ou en cours, l’absence d’un traitement psychotrope en cours. Ces patients sont adressés par le MT (67 % vs 23 % ; p < 0,001) et leur risque suicidaire était plus élevé (59 % vs 26 % ; p < 0,001) ; 3) des patients pour lesquels le psychiatre avait peu d’informations au moment de la consultation aux urgences.
Conclusions
La pertinence du MT dans l’orientation aux urgences plaide en faveur d’un partenariat et d’un échange précoce entre les médecins traitants et les psychiatres.

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0013700618300277?via%3Dihub

jeudi 28 février 2019

MàJ Résultats - Pratiques des psychiatres dans les Hauts-de-France concernant la prévention et l'évaluation du risque de suicide au sein des établissements de santé mentale

Résultats - Pratiques des psychiatres dans les Hauts-de-France concernant la prévention et l'évaluation du risque de suicide au sein des établissements de santé mentaleRésultats du projet de recherche de Xavier Derache, interne de psychiatrie à Lille





Recherche & Moi - Xavier Derache, ses résultats
Ajoutée le 13 nov. 2018


Source info : https://www.f2rsmpsy.fr/recherche-&-moi-video-du-mois.html


Info sur le recherche

Évaluation et prévention du risque de suicide au sein des établissements de santé mentale : pratiques des psychiatres dans les Hauts de France
Investigateur principal : Xavier Derache, interne de psychiatrie, Lille
Le suicide des patients hospitalisés représente environ 5% des suicides (correspondant à 500 décès annuels appliqué à la France). L’incidence du suicide en hôpital psychiatrique est de 250 pour 100 000 admissions(1). Le risque suicidaire du patient hospitalisé est une préoccupation majeure et quotidienne du personnel des services hospitaliers psychiatriques. En effet, 40% des personnes hospitalisées en psychiatrie expriment leur intention de mettre fin à leurs jours au moment de l’admission ou sont hospitalisées dans les heures qui suivent une tentative de suicide(2). L’impact émotionnel d’un décès par suicide au sein d’une unité de soin n’est pas négligeable. Il renvoie le soignant à des questionnements sur sa responsabilité, sa capacité soignante, sa culpabilité, voire sa propre mort.
Les études s’intéressant au suicide dans les établissements de santé restent peu nombreuses et la plupart des articles scientifiques étudient des données sur un petit nombre de cas et, à notre connaissance, il n’existe pas de recommandations spécifiques concernant l’évaluation du risque suicidaire ou la surveillance du patient hospitalisé en psychiatrie.
La conférence de consensus sur la crise suicidaire (3) évoque les échelles d’évaluation de Beck comme « les plus appropriées en situation de crise suicidaire » mais rappelle que celles-ci n’ont pas démontré leur utilité clinique. De plus, les auteurs recommandent l’utilisation de l’échelle de désespoir de Beck aux urgences mais ne produisent aucune recommandation concernant l’évaluation du patient au cours de son hospitalisation. Enfin, le document ne produit aucune recommandation concernant la prévention du risque de suicide du patient en crise suicidaire hospitalisé dans une unité de psychiatrie.
En l’absence de recommandations spécifiques, les pratiques concernant l’évaluation du risque suicidaire et la surveillance des patients adultes hospitalisés en psychiatrie sont probablement hétérogènes. Cette étude transversale descriptive a donc pour objectif d’appréhender les pratiques régionales des psychiatres en matière d’évaluation et de prévention du suicide au sein des établissements de santé mentale.
1.         Martelli C, Awad H, Hardy P. In-patients suicide: epidemiology and prevention. L’Encephale. 2010 Jun;36 Suppl 2:83–91.
2.         Klein G. Le suicide à l’hôpital psychiatrique. Schweiz Arch Neurol Psychiatr. 2012;163(3):85–91.
3.         Darcourt G, Barbail A, Belmin M, Botbol M. HAS - Conférence de Consensus - La crise suicidaire : reconnaitre et prendre en charge. 2000.
Vous pouvez retrouver les résultats dans l'onglet "Vidéos associées" se trouvant dans la partie "En lien avec ce sujet" ou les lire sous forme de datavisualisation sur le lien de la source
* https://www.f2rsmpsy.fr/evaluation-prevention-risque-suicide-sein-etablissements-sante-mentale-pratiques-psychiatres-hauts-france.html

Téléchargez le PDF Janvier 2019

Contacter Xavier Derache