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lundi 2 mars 2020

Publications du CREDOC tous autonomes et fragiles à la fois

"Tous autonomes et vulnérables à la fois" - Etat des lieux des publics fragiles
BERHUET Solen, CROUTTE Patricia, DE BARTHES Jeanne, HOIBIAN Sandra
Cahier de recherche N°C348

Résumé

Les termes de « vulnérabilité » et de « fragilité » ont peu à peu pris une place grandissante dans les discours des pouvoirs publics et des médias pour désigner une multitude de situations : du handicap à la pauvreté, de la précarité professionnelle à la relégation territoriale, etc. La liste est longue et contingente des travaux qui analysent ces phénomènes A l’heure où une réflexion est entamée au niveau institutionnel sur une possible fusion et simplification de différents minimas sociaux, et alors que différents mouvements sociaux (Gilets Jaunes, grèves relatives à la réforme des retraites) pointent les projecteurs sur différents types de difficultés, il nous a paru intéressant de tenter de dresser un état des lieux de la mesure de différentes vulnérabilités. 

 ***

Dépasser la vision figée d'une fracture sociale: tous autonomes et fragiles à la fois
BERHUET Solen, CROUTTE Patricia, DE BARTHES Jeanne, HOIBIAN Sandra

Consommation & Modes de Vie N°CMV310 février 2020


Résumé

L’image d’une société française « fracturée » revient à intervalles réguliers dans le débat public avec, d’un côté, des individus entrepreneurs d’eux-mêmes, autonomes, dynamiques et sans difficultés particulières et, de l’autre, des personnes « fragiles », publics des politiques sociales enferrés dans un chômage de longue durée, en prise avec des problèmes de santé, etc. L’enquête Conditions de vie et Aspirations du CRÉDOC bat en brèche cette vision dichotomique. Elle montre que les deux tiers de la population se trouvent confrontés à au moins une des six situations de fragilité étudiées dans l’enquête : pauvreté monétaire, handicap ou santé dégradée, relégation territoriale, isolement et solitude, précarité professionnelle, difficultés de logement. Et un tiers fait face à plusieurs de ces difficultés. Il n’existe donc pas d’un côté des personnes autonomes et de l’autre des publics fragiles, mais des moments de vie, des accidents de parcours qui peuvent faire basculer une personne dans une situation où l’écheveau des difficultés devient complexe à démêler. Plutôt que de mettre en place des politiques sociales conçues pour des personnes considérées comme intrinsèquement fragiles, et tenter de réparer ou d’amoindrir les difficultés qu’elles rencontrent, ces résultats invitent à davantage agir en prévention dans une logique d’investissement social qui bénéficiera au plus grand nombre.

Accès https://www.credoc.fr/download/pdf/4p/CMV310.pdf
Source https://www.credoc.fr/publications/depasser-la-vision-figee-dune-fracture-sociale-tous-autonomes-et-fragiles-a-la-fois

samedi 25 mai 2019

Vivre avec un handicap après une tentative de suicide de Anne Boissel

Vivre avec un handicap après une tentative de suicide
Anne Boissel

Anne Boissel, docteur en psychopathologie psychanalytique, psychologue clinicienne, maître de conférences en psychologie clinique, Laboratoire crfdf (ea 7475), université de Rouen Normandie.
Dans Handicap et mort (2018), pages 185 à 199

Les handicaps générés par les actes suicidaires font l’objet de peu d’études, de peu de récits cliniques ou de témoignages. C’est un double tabou qu’affrontent les survivants : celui du suicide et celui du handicap. Et le regard porté sur eux n’est pas amène. Ils suscitent chez ceux qui les accompagnent au minimum des interrogations, de la sidération, de l’incompréhension, souvent de la colère et de l’agressivité, et rarement de l’empathie ou de la sollicitude.
Rappelons que le suicide a été de tout temps un objet de controverses, voire de mesures punitives. Il met en jeu une interrogation fondamentale : juger par soi-même si la vie vaut ou pas la peine d’être vécue (Camus, 1942). Il remet en question l’ordre social et la volonté divine.
Joanne André (2014) nous rappelle l’étymologie du mot « suicide ». Suicide vient de sui caedere, se tuer soi-même. Il apparut au xvie siècle. Auparavant, le suicide était assimilé à un homicide, « homicide de soi-même », un « péché plus mortel que la fornication ». Comme elle le note encore, l’utilisation du verbe « se suicider » double la responsabilité de l’acte de son auteur puisque, contenue dans le sui, la forme réfléchie vient la redoubler tel un pléonasme.
L’homme étant considéré comme la propriété de Dieu, l’Église refuse les funérailles aux suicidés et ses biens sont confisqués.
Des prises de position opposées se feront entendre, notamment chez des humanistes comme Montaigne qui consacre un long chapitre au suicide dans le livre 2 de se…

Plan

Le suicide
Quelques points d’histoire
Quelques données
Les tentatives de suicide
Parcours de soin et impact sur les professionnels
Rencontre en centre de rééducation
Le handicap extrême et les tentatives de suicide
Du côté des soignants
Du côté des familles
Conclusion

Source https://www.cairn.info/handicap-et-mort--9782749262284-page-185.htm

vendredi 7 décembre 2018

AUTOUR DE LA QUESTION rapport Solitude ET handicap ou maladie chronique : la double peine


Vulnérabilité & précarité
Solitude ET handicap ou maladie chronique : la double peine
30/11/2018 https://www.fondationdefrance.org *

A cause de la fatigue, des problèmes de mobilité, du temps consacré aux soins ou aux démarches administratives… le handicap ou la maladie chronique deviennent vite des obstacles à la vie sociale. Pour la première fois, cette « double peine » fait l’objet d’une étude menée par la Fondation de France.
Depuis 2010, la Fondation de France dresse chaque année un état des lieux de l’évolution des solitudes en France. L’édition 2018 de cette enquête quantitative et qualitative, menée avec le CREDOC entre mai et juillet[1], s’est intéressée spécifiquement à la solitude des personnes en situation de handicap ou souffrant de maladies chroniques.  32% d’entre eux se sentent seuls « tous les jours ou presque » ou « souvent », une proportion plus élevée qu’en population générale (+10 points). Ce sentiment de solitude constitue une source de souffrance pour un peu plus de 8 personnes concernées sur 10.
Comment « mesurer » la solitude ?
Sont considérées comme isolées les personnes ayant des contacts « moins de plusieurs fois par mois », avec les réseaux de sociabilité : famille, amis, voisins, collègues, membres d’une association. 12% des personnes souffrant d’un handicap ou d’une maladie chronique sont ainsi en situation objective d’isolement, soit 3 points de plus que dans la population globale. Mais c’est surtout la question du sentiment de solitude qui fait apparaître une écart important , de 10 points.

La difficile articulation entre handicap / maladie et vie sociale
52 % des personnes porteuses d’une maladie ou d’un handicap déclarent en effet que leur maladie ou leur handicap a des incidences négatives sur leurs sorties quotidiennes. En cause : la douleur, la fatigue, ainsi que les difficultés de mobilité. A 65 % elles sont, en effet, limitées dans leurs capacités physiques (12 % dans leurs capacités psychiques et 16 % dans d’autres capacités). Cette situation les oblige à renoncer à entretenir une vie sociale, parfois de manière temporaire, en fonction des périodes de crise ou de répit… mais aussi parfois définitivement.
Les témoignages montrent que le temps consacré au handicap ou à la maladie, pour les soins ou les démarches administratives, empiète sur les autres temps de la vie, sur les moments passés entre amis ou en famille. Dans certaines situations, toute l’énergie des personnes est mobilisée dans cette prise en charge, les contacts se réduisent aux soins… ne laissant plus de place à une vie sociale choisie.

L’isolement, un facteur associé à d’autres difficultés
Le handicap ou la maladie chronique favorisent l’isolement et cette « double peine » s’applique à tous les domaines de la vie ! C’est le cas pour la scolarité : 73 % des personnes déclarant un handicap ou une maladie et isolées ont un niveau de formation inférieur au baccalauréat (vs 63 % des personnes en situation de handicap ou ayant une maladie chronique mais non isolées).
Arrêts de travail prolongés ou répétés, licenciement pour inaptitude, retraite anticipée pour invalidité sont autant de freins pour l’emploi des personnes souffrant d’un handicap ou d’une maladie chronique. 58 % de ces personnes qui sont également isolées estiment que leur situation a un impact négatif sur leur vie professionnelle (vs 46 %). Au final, cette fragilité devient économique car 31 % ont de bas revenus (vs 23 %), ce qui peut entraîner une réduction des moments de sociabilité ayant peu de moyens financiers pour sortir ou accueillir des proches à la maison.

Infographie Solitude 1
La « peur » d’être un poids
Le handicap comme la maladie chronique représentent un terreau fertile pour un isolement généralement douloureux : 50 % des personnes en situation de handicap ou de maladie chronique se sentent fréquemment seules (vs 41 % des personnes isolées mais n’ayant ni handicap ni maladie). 83 % en souffre, vs 77 % des personnes isolées sans handicap ou maladie.
Ces personnes isolées sont aussi celles qui se disent le moins soutenues par leur famille (9 % seulement vs 18 %). Elles comptent plus sur les professionnels de santé (74 %) que leur famille (63 %) en cas de difficultés.
S’engage alors un cercle vicieux : 48 % des personnes isolées en situation de handicap ou de maladie ont souvent le sentiment d’être « un poids pour leurs proches » (vs 33 % pour les autres et 21% pour l’ensemble de la population) ; et  51 % limitent leurs relations pour éviter cette situation.

Infographie solitude





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« L’isolement aiguise les sentiments négatifs des personnes atteintes d’un handicap ou d’une maladie chronique. Tous les pans de leur vie quotidienne sont touchés. Elles souffrent souvent d’une faible estime d’elles-mêmes, ce qui impacte leur vie professionnelle et les liens sociaux. Pour combattre ce cercle vicieux la Fondation de France soutient des centaines de projets.»
Axelle Davezac, directrice générale de la Fondation de France



A télécharger
La synthèse de l'étude




https://www.fondationdefrance.org/fr/solitude-et-handicap-ou-maladie-chronique-la-double-peine-0

jeudi 19 juillet 2018

"Le secret d'Annie" : le court-métrage de l'Unisda pour sensibiliser au risque de détresse psychologique des personnes sourdes ou malentendantes

"Le secret d'Annie" : le court-métrage de l'Unisda pour sensibiliser au risque de détresse psychologique des personnes sourdes ou malentendantes est disponible !
source Unisda12 juillet

L'enquête nationale menée par l’Unisda en 2010 et celle du Baromètre Santé Sourds et Malentendants conduite par Santé publique France en 2011/2012 ont mis en lumière l’existence et la gravité du mal-être des personnes sourdes ou malentendantes ou ayant des troubles de l’audition qui, par rapport à la population générale :
- sont près de trois fois plus en situation de détresse psychologique ;
- ont cinq fois plus d’idées suicidaires ;
- ont fait, au cours de leur vie, deux à trois plus de tentatives de suicide.
A la suite de ces enquêtes, un court-métrage « Le Secret d’Annie » a été produit par l’UNISDA (et la participation du Bucodes Surdifrance, de la Société centrale, de la FNSF Fédération Nationale des Sourds de France, de l'AFIDEO, de France Acouphènes, de l'Arpada, de l'ACFOS et de la Fédération 3977 contre la maltraitance), avec le soutien de Santé publique France (ex-INPES) et du Groupe Klesia, pour servir de support pédagogique de sensibilisation au risque de détresse psychologique des personnes sourdes et malentendantes ou ayant des troubles de l’audition.
Ce court-métrage de 11 minutes est composé de deux parties :
- La première partie (5 minutes) met en scène Annie, malentendante, invitée à une soirée conviviale par une nouvelle collègue de travail. Durant le dîner, Annie pourtant joviale au départ, se renferme sur elle-même, et finit par se retrouver à l'écart du groupe d'amis… Ce film permet de souligner combien ce handicap invisible peut avoir de répercussions importantes sur la fatigue, l'image de soi, les relations en société, et conduire à une forte souffrance psychologique.
- La seconde partie (6 minutes) donne la parole à des représentants associatifs (Bucodes SurdiFrance, FNSF, Afideo, France Acouphènes) pour expliquer les raisons de la détresse psychologique des personnes sourdes et malentendantes ou ayant des troubles de l’audition, et proposer des comportements adaptés pour mieux les accompagner. Le film complet est disponible (avec sous-titrage et interprétation en LSF) pour les formateurs et les associations en le demandant à l'UNISDA (en précisant son mode d'emploi et les publics visés) : contact@unisda.org
Nos objectifs :
1 - Sensibiliser à la prévention du risque de détresse psychologique les acteurs professionnels en relation avec des personnes ayant une surdité ou des troubles de l’audition (notamment, prévention des pensées suicidaires et du passage à l’acte chez les jeunes) ;
2 – Améliorer le repérage des signes de souffrance psychologique ainsi que les stratégies d’intervention précoce.
Bande annonce https://www.facebook.com/487370610296/videos/10160579219015297/

mardi 20 décembre 2016

AUTOUR DE LA QUESTION Les HandiPsys : jeu de sensibilisation aux handicaps psychiques

Les HandiPsys : jeu de sensibilisation aux handicaps psychiques créé par KESKI
Communiqué de presse du  vendredi 25 Novembre 2016 via 24presse.com*

La loi de 2005 reconnaît explicitement que les troubles psychiques peuvent être à l’origine d’une situation de handicap. Les troubles psychiques sont malgré tout encore méconnus tant au sein de notre société que dans le contexte professionnel. Dans l’esprit des Handispensables (sur le handicap), des Hinvisibles (sur les handicaps invisibles), KESKI met en jeu le handicap psychique pour que le "vivre et travailler ensemble" ne soit plus un enjeu mais une réalité.

"Les HandiPsys" : le jeu pour s’informer sur les troubles psychiques

"Les HandiPsys" est un jeu de cartes éventail papier pour mieux comprendre les troubles psychiques. Il permet de tester ses connaissances, de prendre conscience de leurs impacts au quotidien et en situation professionnelle pour faciliter la relation.

Le jeu aborde les troubles suivants : troubles bipolaires, troubles anxieux, schizophrénie, dépression, addictions, troubles sévères de la personnalité.



Composition du jeu

Pour chaque type de troubles, il y a 5 cartes qui parlent du handicap :
- cartes "Enigmes" et "Informations clés" pour mieux comprendre le trouble
- carte "Situations gâchettes" pour appréhender les phénomènes amplificateurs
- carte "Attitudes" et "Management" afin de s’approprier les comportements adaptés au travail que l’on soit collègue ou manager
- des cartes "Informations génériques" viennent compléter les connaissances et interpeller sur différents sujets : différence handicap mental et handicap psychique, idées reçues, manifestations au travail, aménagements organisationnels, peurs, déni, communication, stigmatisation…

Ce jeu de cartes se joue seul ou en groupe, chaque carte comporte au recto une question et sa réponse au verso, chacune complétée par une illustration humoristique.
"Le jeu est le moyen idéal pour traiter de sujets jugés complexes. C’est une porte d’entrée pour apporter des éléments d’informations, provoquer la discussion et faire évoluer les attitudes. L’objectif est d’amener les joueurs, seuls ou en groupe à changer leur regard pour favoriser le vivre ensemble", précise Benoît Carpier, créateur du jeu et dirigeant de KESKI.

Les Ateliers Autonomes - Les HandiPsys : une déclinaison du jeu pour des sensibilisations de groupe interactives
Dans le même esprit que son jeu de carte nomade, KESKI a développé une version Atelier Autonome Les HandiPsys pour offrir aux professionnels des Ressources Humaines un outil d’animation sur ce sujet.
En entreprise, au sein d’une collectivité, la mallette composée de 42 fiches (déclinées à partir du jeu de cartes) permet à l’animateur d’organiser et provoquer l’interactivité sur le sujet.
Elaboré en colaboration avec l'UNAFAM
Des spécialistes de chacun des troubles ont participé à la construction du jeu aux côtés de KESKI. L’UNAFAM a également contribué au contenu du jeu "Les HandiPsys" grâce à son expérience sur les troubles psychiques et son accompagnement pour favoriser l’inclusion sociale. (L’UNAFAM est une association qui accueille, soutient et informe les familles confrontées aux troubles psychiques. Elle contribue à l’élaboration de la politique de santé dans le domaine de la psychiatrie et défend les familles et les malades auprès des élus et des responsables.)

"Les HandiPsys" est commercialisé directement par KESKI sur son site Internet et sur ses sites partenaires.

A propos de KESKI
KESKI, www.keski.fr, est une société experte en création d’outils ludo-pédagogiques de sensibilisation à destination de tous publics. Sa mission est de développer des concepts d’animation ludiques et pédagogiques pour donner des clés de compréhension sur des sujets complexes ; briser les tabous et changer les regards ; générer de nouvelles attitudes pour mieux vivre ensemble.

KESKI conçoit, fait fabriquer en ESAT et distribue des outils pédagogiques prêts-à-jouer (Les Handispensables, Les Clefs de Dys, Les Hinvisibles, Les Discriminables…).
KESKI conseille et accompagne les entreprises et collectivités dans la conception et la réalisation sur-mesure de leurs outils de sensibilisation.
KESKI a été créée en 2009 par Benoît Carpier.
Plus d'informations : www.keski.fr
Communiqué libre de tous droits de diffusion.

* http://www.24presse.com/les_handipsys____jeu_de_sensibilisation_aux_handicaps_psychiques_cree_par_keski_-9919033.html


lundi 8 août 2016

OUTILS Douai - Des soignants conçoivent un support pour favoriser la communication : « Compréhension de l'état psychique du patient ne pouvant s'exprimer oralement »

AU COEUR DU METIER Douai - Des soignants conçoivent un support pour favoriser la communication
par Aurélie TRENTESSE.

L'équipe soignante du centre hospitalier de Douai ** a réalisé un support de communication visant à améliorer la prise en charge de patients ne pouvant pas s'exprimer oralement. Explications.
L'équipe soignante du centre hospitalier de Douai a conçu le support de communication « Compréhension de l'état psychique du patient ne pouvant s'exprimer oralement » afin de faciliter le recueil d'informations.
Comment communiquer avec un patient atteint de surdité, ne parlant pas français ou ayant des séquelles consécutives à un AVC ? Afin de répondre à cette question et pour améliorer la prise en charge de ces patients, l'équipe soignante (infirmiers, aides-soignants) du Centre d'Accueil et de Crise du CH de Douai (59) a conçu un support de communication spécifique. L'imagier « Compréhension de l'état psychique du patient ne pouvant s'exprimer oralement » permet ainsi de réaliser un recueil de données, d'aborder des aspects sociaux, somatiques mais aussi psychiques (émotions, ressentis…).

Pouvoir accueillir tous les patients
L'idée de créer cet outil nous est venue lorsque nous avons accueilli un patient sourd dans notre service, qui avait été agressé, explique un soignant. Notre service accueille des patients en situation de crise (traumatismes psychologiques, crise clastique ou suicidaire...). Les soins sont basés sur des traitement médicamenteux mais aussi et surtout sur des prises en charge psychothérapeutiques (entretiens médecins, psychologues, infirmiers). La communication est donc essentielle et indispensable. Nous avions besoin d'un outil simple, facile à utiliser et compréhensible par tout le monde. Un support qui permettrait de comprendre et répondre rapidement aux besoins du patient, qu'il ait un handicap physique ou mental (surdité, séquelles AVC...) ou qu'il parle une langue étrangère.
80 illustrations pour favoriser la communication
L'imagier « Compréhension de l'était psychique du patient ne pouvant s'exprimer oralement » du centre hospitalier de Douai est disponible en format de poche (A5) et se compose de 80 pages d'illustrations réalisées par Gérald Douay avec l'aide de ses collègues et du Centre pour « santé surdité » de Lille. Le guide est découpé en cinq chapitres qui portent sur :
  • le personnel soignant et le règlement du service ;
  • le recueil de données et les soins ;
  • les aspects somatiques ;
  • les aspects psychologiques (état émotionnel, ressentis, sentiments, hallucinations…) ;
  • les antécédents psychologiques ou psychiatriques, les facteurs de risques.
Une échelle de temps figure également en annexe afin d'évaluer la durée des symptômes.
imagier douleur
Concrètement, ce support de communication permet de :
  • recueillir rapidement un maximum de renseignements sur le patient au moment de l'accueil dans le service ;
  • contacter des personnes sur qui l'équipe peut s'appuyer (famille, éducateurs, médecins généralistes) ;
  • établir une alliance thérapeutique ;
  • apaiser les tensions et éliminer les risques d'agressivité ou d'auto-agressivité du patient dus à un manque de communication ou une incompréhension.
Cet outil répond ainsi à bien des problématiques mais, si nécessaire, un entretien plus approfondi peut être effectué en présence d'un interprète (langue des signes ou langue étrangère). Dix exemplaires vont être imprimés et utilisés dans les services. Pour que l'ensemble des équipes puissent en bénéficier, il est également disponible en ligne (PDF). Comme tout outil, il ne demande qu'à évoluer et s'améliorer. N'hésitez pas à faire part de vos idées ou suggestions à l'équipe du CH de Douai !
Aurélie TRENTESSE Journaliste Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com @ATrentesse
* Source http://www.infirmiers.com/profession-infirmiere/presentation/douai-soignants-concoivent-support-pour-favoriser-communication.html

jeudi 19 mai 2016

RECOMMANDATIONS ANESM Spécificités de l’accompagnement des adultes handicapés psychiques

Spécificités de l’accompagnement des adultes handicapés psychiques

Ces recommandations de bonnes pratiques professionnelles sont inscrites au programme de travail 2014-2015 de l’Anesm au titre de la qualité de vie.  
Avec un chapitre SOUTENIR LES PERSONNES AYANT ÉTÉ CONFRONTÉES À L’ACTE SUICIDAIRE

Champ et objectif

Cette programmation répond aux profondes transformations engendrées par la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », qui « reconnaît » le handicap psychique et a impulsé le développement ou la création de nouveaux dispositifs d’accompagnement dans le champ social et médico-social (les Savs, les Samsah, les résidences accueils, etc.). Dans le même temps, des dispositifs créés et animés par les usagers, les Groupes d’entraide mutuelle (GEM) ont vu le jour. Ces recommandations accompagnent cette évolution du secteur social et médico-social en identifiant les pratiques professionnelles qui concourent à une prise en compte des attentes et besoins spécifiques des adultes handicapés psychiques, qu’ils vivent dans un logement individuel ou un habitat collectif.
Les personnes concernées sont celles ayant une limitation d’activités ou de participation sociale en raison de troubles durables et substantiels.
Pour ces recommandations, le choix est fait de retenir les personnes handicapées en raison des conséquences de la schizophrénie ou des troubles affectifs bipolaires sévères.
Les professionnels qui accompagnent des personnes ayant d’autres troubles dont les conséquences sociales et les besoins en accompagnement sont proches pourront en outre y trouver des repères utiles.
Le handicap psychique se caractérise par :
  • le caractère variable et intermittent des troubles ;
  • le besoin d’un suivi médical régulier ;
  • des capacités intellectuelles préservées, même si des troubles cognitifs sont souvent associés ;
  • une incapacité, très souvent, de demander de l’aide de la part de la personne ;
  • la stigmatisation liée à la méconnaissance et à la crainte qu’inspire le handicap psychique ;
  • l’isolement et la rupture du lien social.
Les personnes ayant une déficience associée (intellectuelle, motrice, sensorielle) à leur handicap psychique, font partie du périmètre des recommandations.
Les personnes ayant des troubles ponctuels et légers, une détresse psychologique, et/ou des « comportements-problèmes » ne font pas partie du périmètre des recommandations.
Toutefois, les professionnels accompagnant ces publics pourront trouver des repères dans ces recommandations en raison de certaines problématiques communes.
En effet, les recommandations sont à destination de l’ensemble des professionnels des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Essms au sens de l’article L. 312-1 du code de l’action sociale et des familles-Casf) du secteur du handicap qui accueillent des adultes handicapés psychiques. Elles s’adressent à l’ensemble des Essms quelque soit le mode d’accompagnement proposé :
  • services à domicile (Samsah et Savs mais également les Ssiad et Saad ) ;
  • services mandataires judiciaires à la protection des majeurs ;
  • accueil de jours et établissements et services d’aide par le travail (Esat) ou de formation professionnelle (Crp-Cpo) ;
  • hébergements collectifs (foyer d’hébergement, Mas, Fam, foyer de vie).
Les professionnels des Essms qui accueillent des jeunes adultes de plus de 18 ans (Ime, Itep, Sessad, etc.) sont également concernés.
Cette recommandation s’adresse aussi bien aux Essms spécialisés dans l’accueil de personnes handicapées psychiques, qu’à celles qui accueillent des publics diversifiés.
Les destinataires indirects des recommandations sont les professionnels qui accueillent ce public :
  • dans les Essms qui ne relèvent pas du champ du handicap (les Chrs, les services de la protection de l’enfance (dans leurs missions d’aide à la parentalité), les Ehpad , etc.) ;
  • dans les établissements et services qui ne sont pas des Essms au sens de l’article L. 312-1 du Casf (les maisons relais, les résidences accueils, les mandataires judiciaires indépendants, etc.) ;
  • dans les établissements de santé et les cabinets de médecine ville.

 Les recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP)

 La version intégrale des recommandations (avec sommaire interactif intégré) est consultable ci-contre au format PDF

Recommandations   PDF - (1.6 Mo)
Synthèse   PDF - (561.7 ko)
Décison portant adoption des RBPP PDF - (79.8 ko)
Lettre de cadrage PDF - (424.4 ko) 

http://www.anesm.sante.gouv.fr/IMG/pdf/ANESM-RBPP-Handicap_psychique-Mai_2016.pdf

lundi 22 février 2016

SUISSE RECHERCHE ETUDE Maladies neurologiques et suicide : de la neurobiologie au manque d’espoir

Maladies neurologiques et suicide : de la neurobiologie au manque d’espoir
Alessandra Costanza, Marc Baertschi, Kerstin Weber, Alessandra Canuto
Rev Med Suisse N° 461 2015;402-405 
Contact auteur(s)  Alessandra Costanza  Service des urgences  Unité d’accueil et d’urgences psychiatriques (UAUP)  Département de médecine communautaire, de premier recours et des urgences  HUG, 1211 Genève 14  alessandra.costanza@hcuge.ch
Marc Baertschi  Service de psychiatrie de liaison et d’intervention de crise (SPLIC)  Département de santé mentale et de psychiatrie HUG, 1211 Genève 14 marc.baertschi@hcuge.ch 
Kerstin Weber Service de psychiatrie de liaison et d’intervention de crise (SPLIC) Département de santé mentale et de psychiatrie HUG, 1211 Genève 14 kerstin.weber@hcuge.ch
Alessandra Canuto Service de psychiatrie de liaison et d’intervention de crise (SPLIC) Département de santé mentale et de psychiatrie HUG, 1211 Genève 14 alessandra.canuto@hcuge.ch

Articles thématiques : psychiatrie de liaison
Résumé
Les maladies neurologiques exposent à un risque élevé de conduites suicidaires et constituent un domaine privilégié pour explorer la nature hétérogène des mécanismes sous-jacents. Elles sont en effet caractérisées par des atteintes de nature strictement biologique pouvant toucher à des systèmes postulés à la base de la vulnérabilité neurobiologique au suicide. En même temps, elles interrogent des sujets existentiels comme le manque d’espoir dû – pour plusieurs conditions particulièrement invalidantes – à l’absence de traitements. Une approche clinique laissant de l’espace à une écoute inconditionnelle peut se révéler protectrice face à un passage à l’acte. Ceci parle aussi du rôle du psychiatre de liaison qui essaie de transformer en questionnement une situation sans espoir ou, simplement, d’être là quand on ne peut rien faire.
lire la suite http://www.revmed.ch/rms/2015/RMS-N-461/Maladies-neurologiques-et-suicide-de-la-neurobiologie-au-manque-d-espoir

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ou sur http://www.revmed.ch/rms/2015/RMS-N-461/Maladies-neurologiques-et-suicide-de-la-neurobiologie-au-manque-d-espoir

mardi 15 décembre 2015

Personnes sourdes ou malentendantes : un handicap méconnu, une population vulnérable

BEH n°42-43 (15 décembre 2015)
Personnes sourdes ou malentendantes : un handicap méconnu, une population vulnérable
Personnes sourdes ou malentendantes : améliorer la communication et l’accessibilité de la société pour améliorer leur santé
Données épidémiologiques sur les surdités bilatérales sévères et profondes en France pour les générations 1997 à 2005
Pensées suicidaires, tentatives de suicide et violences subies chez les populations sourdes et malentendantes en France. Résultats du Baromètre santé Sourds et malentendants, 2011-2012
Handicap auditif, limitations et déficiences fonctionnelles : principaux résultats de l’enquête Handicap-Santé 2008-2009, France
Les unités régionales hospitalières d’accueil et de soins pour les sourds
Lire le BEH

Article Lié

Les sourds vulnérables face aux violences et à la dépression
Une étude sur 3 000 personnes sourdes ou malentendantes met en lumière un risque plus important d'idées suicidaires et d'être victime de violences. Source AFP
Publié le 15/12/2015 Le Point.fr

Une étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) explique que les sourds et les malentendants sont nettement plus susceptibles d'avoir des idées suicidaires, de faire des tentatives de suicide et de subir des violences, y compris sexuelles, que les personnes entendantes.

Des chercheurs de l'Institut de veille sanitaire (InVS) et de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) ont en effet interrogé près de 3 000 personnes de plus de 15 ans et vivant avec une acuité auditive réduite. Ils ont découvert que chez ces personnes, les pensées suicidaires au cours des douze derniers mois étaient cinq fois plus fréquentes et les tentatives de suicide étaient trois fois plus importantes au cours de la même période que dans la population générale. Pour expliquer cette situation, les chercheurs avancent la fatigue liée à l'effort de communication ainsi que « les gênes et les douleurs » occasionnées par les troubles de l'audition.
Une plus grande vulnérabilité

« Dans la surdité, le handicap s'éprouve surtout par des possibilités d'information et de communication réduites avec, potentiellement, des conséquences très négatives sur la qualité des échanges et des relations sociales et donc sur la qualité de vie et le bien-être », relèvent-ils dans leur étude. Mais les sourds et les malentendants sont également deux à trois fois plus susceptibles de faire l'objet de violences physiques ou psychologiques, voire de violences sexuelles, que la population générale.

Selon les chercheurs, ces violences sexuelles se retrouvent chez d'autres handicapés souffrant de limitations d'activités « pouvant induire une plus grande vulnérabilité », mais nécessiteraient d'être étudiées de manière approfondie. Plus de cinq millions de personnes souffrent d'un handicap auditif de moyen à sévère en France, dont 360 000 souffrent de limitations auditives très graves ou totales, selon des estimations fournies par l'enquête Handicap-Santé. Sur ces personnes, 330 000 ont eu des problèmes auditifs avant l'âge de 20 ans, dont les trois quarts avant 6 ans. Après 80 ans, plus d'une personne sur deux a des problèmes auditifs au moins légers.

Selon une autre étude publiée par le BEH, 0,58 enfant sur 1 000 est né entre 1997 et 2005 avec des surdités bilatérales sévères, parfois associées à d'autres déficiences (intellectuelles, motrices...). La compensation des difficultés d'audition se fait principalement par l'usage de prothèse auditive. Mais, selon le BEH, entre 1 million et 1,1 million de personnes seulement portaient un appareil auditif en 2008, alors que deux millions déclaraient en avoir besoin.

http://www.lepoint.fr/societe/les-sourds-vulnerables-aux-violences-et-a-la-depression-15-12-2015-1990129_23.php 



POST SUR LE MEME SUJET http://blogdinfosuicide.blogspot.fr/2015/12/barometre-sante-2011-2012-resultats.html

mardi 8 décembre 2015

Baromètre santé 2011 2012 résultats concernant la santé des sourds et malentendants


Baromètre santé Des résultats inédits concernant la santé des sourds et malentendants

L’Inpes a réalisé une enquête sur la santé des personnes sourdes, malentendantes ou ayant des troubles de l’audition. Elle s’est appuyée sur une mobilisation exceptionnelle des institutions, professionnels et associations concernés. Menée par l’Inpes en partenariat avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) en 2011/2012, le Baromètre santé sourds et malentendants (BSSM) paraît dans son intégralité (296 p.) et sous forme d’une synthèse (12 p.). Il délivre des informations inédites sur des indicateurs clés sur les perceptions et comportements sur la santé de ces populations, et suggère des recommandations pour la mise en place d’actions concrètes pour améliorer leur santé.
Le Baromètre santé sourds et malentendants (BSSM) a été motivé par un double constat : le manque de données sur la santé des populations sourdes et malentendantes qui échappent aux enquêtes généralement réalisées par téléphone et les risques encourus pour leur santé du fait de vivre avec un accès restreint aux informations et à la communication.
Méthode
L’enquête a été réalisée à partir d’un questionnaire auto-administré en ligne auquel près de 3 000 personnes ont répondu. Aucun échantillon préalable n’a été constitué, l’objectif était d’obtenir une diversité de répondants quant à l’âge, au niveau de surdité ou au niveau de gêne engendré par les problèmes d’audition, le moment de leur survenue dans la vie, la langue avec laquelle les personnes sont le plus à l’aise pour communiquer (le français ou la langue des signes française (LSF)). Pour ce faire, le questionnaire a été adapté en LSF, tandis qu’une large publication de l’enquête s’est opérée via différents réseaux (associatifs, institutionnels, professionnels de santé) et moyens de communication (publipostage électronique, bandeaux sur des sites internet, prospectus et affiches, articles, etc.).
Le BSSM est une déclinaison du Baromètre santé 2010, enquête en population générale qui interroge les perceptions et les comportements liés aux prises de risques et à l’état de santé de la population résidant en France métropolitaine. Le questionnaire du Baromètre santé 2010, pris comme base, a été écourté afin que le remplissage du questionnaire ne dépasse pas trente minutes. Le parti pris a été de réduire le nombre de questions et de conserver un maximum de sujets de santé. Des thèmes importants aux yeux des personnes concernées ont aussi été ajoutés ou étoffés : santé au travail, parentalité et questions directement en lien avec la surdité ou les troubles de l’audition.
Recommandations
Le BSSM propose des résultats inédits sur la santé mentale, la santé au travail, l’accès à l’information et aux soins, les consommations de tabac, d’alcool et de cannabis, ou encore la sexualité et les prises de risques dans ce domaine.
Il recommande de porter une attention particulière sur l’accès aux soins et à l’information sur la santé, en particulier pour les personnes ayant des difficultés d’accès à la lecture, et de renforcer les pratiques préventives en matière de sexualité.
Afin de prévenir et de prendre en charge les états de souffrance psychologique particulièrement saillants et présents chez les personnes ayant répondu à l’enquête, l’ouvrage indique trois pistes de réflexions prioritaires:
sur l’accès au travail et l’amélioration des conditions de travail, fortement associés aux états de souffrances psychologiques ;
sur la mise à disposition de prises en charge adaptées des troubles psychiques et du risque suicidaire ;
sur les moyens de lutter contre les violences subies et plus généralement contre la stigmatisation de ces populations sourdes et malentendantes.

Extraits "Pour autant, quelle que soit la situation du point de vue de l’audition, la perception de la santé, en particulier psychique, semble très dégradée parmi les personnes interrogées dans le Baromètre santé sourds et malentendants (BSSM) en comparaison de la population générale. Ainsi, le niveau de détresse psychologique est de 45,9% dans le BSSM versus 16,7 % dans le Baromètre santé 2010. Deux fois plus de personnes concernées par une surdité et/ou des troubles de l’audition jugent leur santé plutôt mauvaise (22,1%vs 9,8%). Le s pensées suicidaires dans les douze derniers mois sont cinq fois plus fréquentes (21,3% vs 3,9 %) et les tentatives de suicide au cours de la vie presque trois fois (13,9 % vs 5,5 %). La souffrance psychique est majorée en cas d’acouphènes ou d’hyperacousie.
Dans tous les cas, l’environnement social semble jouer un rôle dans le mal-être de ces populations : d’autres études mettent en évidence des attitudes de stigmatisation et des discriminations fortement vécues par les personnes concernées. La vie avec une surdité implique des formes de violences subies plus fréquentes, ce
que confirment les données du BSSM. Pour la majorité, on peut imaginer que les possibilités limitées de communiquer et des formes d’isolement subi sont en jeu. La santé psychique semble se dégrader avec certaines limitations qui y sont liées : quand la communication demande beaucoup d’efforts et entraîne une fatigue, quand les capacités à lire sont réduites, ou encore quand des incapacités physiques sont associées."
Des perspectives d’amélioration sont à chercher dans une meilleure information sur ces questions auditives et leurs conséquences auprès de la population générale, mais aussi des professionnels concernés. Le développement des prises en charge adaptées et les questions d’accès à l’information et à la communication impliquant les aides humaines et matérielles restent d’actualité.
La prévention du suicide et les perspectives de mieux-être passent par l’adaptation de programmes de prévention aux populations sourdes, malentendantes et/ou souffrant de troubles de l’audition et par la formation des professionnels.
...
" Que ce soit pour les pensées suicidaires au cours des douze derniers mois ou les tentatives de suicide au cours de la vie, les raisons professionnelles sont davantage invoquées qu’en population générale (43,6%
vs 35,9 % pour les pensées suicidaires, p<0,05 ; et 23,4 % vs 10,7 % pour les tentatives de suicide, p<0,001). Par ailleurs, les personnes interrogées dans le cadre de cette enquête sont nettement plus nombreuses à avoir déjà consommé des médicaments « pour les nerfs ou pour dormir » au cours de leur vie (51,2% vs 35 ,1 % en population générale) ou à avoir déjà suivi une psychothérapie (28,7 % vs 10,8 %) [14, 15] " 






AUTRES DONNEE LIRE LE RAPPORT


Pour en savoir plus
Vidéo de présentation des premiers résultats du BSSM en langue des signes française. Audrey Sitbon, à la Cité de la santé, 2014, 28 min.
Sitbon A., dir. Baromètre santé sourds et malentendants 2011/2012. Saint‑Denis : Inpes, coll. Baromètres santé, 2015 : 296 p.
Synthèse du Baromètre santé sourds et malentendants, 12 p.
Présentation de l'enquête et premiers résultats dans le numéro 29 de la collection « Évolutions » (décembre 2013).
Questionnaire du Baromètre santé sourds et malentendants (BSSM) 2011.
Rubrique Baromètre santé sourds et malentendants (BSSM) du site Internet de l’Inpes


source : http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/equilibre/numeros/120/bssm.asp

mardi 1 décembre 2015

ETUDE RECHERCHE ANGLETERRE Politique publique et impacts /critique débat

Rapport de recherche
«Tout d'abord, ne pas nuire»: les évaluations d'invalidité sont elles associés à des tendances négatives en matière de santé mentale? Une étude longitudinale écologique
titre original : ‘First, do no harm’: are disability assessments associated with adverse trends in mental health? A longitudinal ecological study
B Barr 1, D Taylor-Robinson 1, D Stuckler 2, R Loopstra 2, A Reeves 2, M Whitehead
1 Université de Liverpool, Liverpool, Royaume-Uni
2 Oxford University, Oxford, UK
Correspondance Dr B Barr, ministère de la Santé publique et de la politique, Institut de psychologie, santé et société, Université de Liverpool, Whelan Building, Liverpool L69 3GB, Royaume-Uni; b.barr@liverpool.ac.uk
Publié en ligne le 16 Novembre 2015
J Epidemiol Community December 2015, Volume 69, Issue 12

Contexte :  En Angleterre entre 2010 et 2013, un peu plus d'un million des principaux bénéficiaires de la pension d'invalidité de travail avait vu réévaluer leur admissibilité à l'aide d'une nouvelle évaluation des capacités de travail. les Médecins et organisations des droits des personnes handicapées ont soulevé des inquiétudes sur le fait que cela a eu un effet négatif sur la santé mentale des demandeurs, mais il n'y a pas d'études au niveau de la population explorant ses effets sur la santé ou des politiques similaires.

Méthode L'étude utilise la régression multivariée afin de déterminer si la variation de la tendance dans les réévaluations, dans chacune des 149 autorités locales en Angleterre, a été associée à des différences dans les tendances locales sur les suicides, les problèmes de santé mentale autodéclarés et le taux de prescription d'antidépresseurs, tout en ajustant les conditions et les tendances de base dans d'autres facteurs connus pour influer sur les problèmes de santé mentale.

Résultats à chaque 10 000 personnes supplémentaires réévaluées dans chaque zone a été associée un supplément de 6 suicides (95% CI 2 à 9), 2700 cas de problèmes de santé mentale signalés (95% CI 548-4840), et la prescription d'un 7020 antidépresseurs supplémentaires (95% CI 3930 à 10100). Le processus de réévaluation a été associé avec les plus fortes hausses de ces résultats pour la santé mentale défavorables dans les zones les plus défavorisées du pays, l'accroissement des inégalités de santé.

Conclusions Le programme de réévaluation de personnes sur les pensions d'invalidité en utilisant l'évaluation de la capacité de travail a été indépendamment associés à une augmentation des suicides, des problèmes de santé mentale autodéclarés et la prescription d'antidépresseur. Cette politique peut avoir des conséquences indésirables graves pour la santé mentale en Angleterre, ce qui pourrait être supérieur o tous les avantages qui résultent du déplacement des personnes hors des prestations d'invalidité.
http://jech.bmj.com/content/early/2015/10/26/jech-2015-206209

Article sur le sujet
Une analyse lie 590 suicides de handicapés à l’incitation au travail
Par : Jacqueline Charpentier Le : 20 novembre 2015 sur http://actualite.housseniawriting.com/sante-actualite/2015/11/20/une-analyse-lie-590-suicides-de-handicapes-a-lincitation-au-travail/10713/

L’Angleterre voulait réduire le nombre de personnes qui pouvaient prétendre aux allocations de handicapés. Mais cette mesure d’austérité économique a provoqué le suicide de 590 personnes et plus de 725 000 handicapés ont été obligés de passer sous antidépresseurs.

Les chercheurs suggèrent que les avantages de la suppression des allocations sont largement neutralisés par les effets néfastes avec un retour de levier qui incitera d’autres personnes à demander l’aide de l’État. Depuis 2010, l’Angleterre a diminué ou supprimé les allocations de handicapés de plus de 1 million de personnes. De nombreux observateurs estiment que les critères d’éligibilité sont trop sévères et cela a provoqué une pression insoutenable sur des handicapés qui ne pouvaient pas travailler et qui ont été poussés au suicide.

Il était difficile de mesurer ces critiques. Le département des pensions et du travail n’a pas voulu publier les données médicales sur les handicapés qui avaient perdu leurs allocations. C’est pourquoi Ben Barr de l’université de Liverpool et ses collègues se sont tournés vers les données de la santé mentale au niveau local. Ils ont mesuré les évolutions de la situation après que les handicapés aient perdu leurs allocations.

L’équipe a découvert que sur les 149 autorités locales qui ont été réajustées de 2010 à 2013, le taux de suicide et de souscription aux antidépresseurs avait augmenté. Le nombre de personnes, qui rapportaient des problèmes mentaux, est passé à 275 000. Cependant, l’augmentation du suicide et des antidépresseurs était uniquement valable chez les personnes qui étaient en âge de travailler. Cela implique que c’est le programme du gouvernement, à l’incitation du travail, qui est directement responsable de ces suicides et de l’utilisation des antidépresseurs.

L’analyse a exclu les autres facteurs, car elle s’est concentrée uniquement sur la période après la réduction ou la suppression des allocations de handicapés. Les effets étaient plus graves dans les régions à faible revenu ce qui a exacerbé les problèmes de santé des plus pauvres.
Les effets de l’austérité

Sur les personnes qui ont été réévaluées, un cinquième a totalement perdu ses allocations selon Barr. De plus, le processus de réévaluation est stressant et peut prendre des mois. Même si à la fin, certains ont pu garder leurs aides sociales, la longue période d’incertitude a eu des impacts négatifs. De plus, il n’est pas clair si l’austérité gouvernementale a incité les handicapés à travailler. Dans les pays qui ont appliqué des politiques similaires, on a découvert que les handicapés ont fini par demander des allocations de chômage ce qui neutralise totalement la prétendue austérité.

Et cette étude prouve sa pertinence quand on regarde les impacts de l’austérité en général et elle nous montre aussi les chemins complexes vers le suicide et l’addiction aux antidépresseurs selon David Gunnel de l’université de Bristol. De 2008 à 2010, ce chercheur a identifié 1 000 suicides supplémentaires en Angleterre ainsi que 40 000 tentatives de suicide qui étaient tous liés à la récession économique. Mais le suicide lié au chômage peut baisser si on aide correctement les chômeurs, notamment les jeunes. On peut les aider à trouver du travail et à les former. Il faudrait demander à l’Angleterre si elle estime que la solution à la récession économique passe par une récession de sa population.
Source : Journal of Epidemiology & Community Health

lundi 30 novembre 2015

ETUDE CHERCHE USA : L'impact du handicap sur l'acceptabilité du suicide ?

Le suicide est il une option ? : L'impact du handicap sur l'acceptabilité du suicide dans le cadre de la dépression, de la suicidalité et des facteurs démographiques

Titre original Is suicide an option?: The impact of disability on suicide acceptability in the context of depression, suicidality, and demographic factors
Emily M. Lund a, Michael R. Nadorff b, E. Samuel Winer c, Kathleen Seader d
a Utah State University, USA
b Mississippi State University, Baylor College of Medicine, USA
c Mississippi State University, USA
d Utah State University, Utah State Office of Rehabilitation, USAReceived 20 May 2015, Revised 21 July 2015, Accepted 12 August 2015, Available online 8 September 2015
Correspondence to: Department of Special Education and Rehabilitation, Utah State University, 2860 Old Main Hill, Logan, UT 84322, USA.
emily.m.lund@gmail.com, emily.lund@aggiemail.usu.edu

Le suicide est un problème majeur de santé publique et clinique, en particulier chez les personnes handicapées. Néanmoins, la recherche sur l'acceptabilité du suicide chez les personnes handicapées n'a pas été directement comparé  avec l'acceptabilité relative du risque suicidaire chez les personnes avec et sans handicap.
Un échantillon en ligne de cinq cents adultes américains ont lu cinq paires de vignettes sur les personnes qui avaient des idées suicidaires après un facteur de stress de la vie. Chaque paire contenait une condition avec un handicap et sans handicap ; une sixième paire de vignettes discutait des idées suicidaires chez une personne âgée et contenait des conditions d'invalidité physiques et cognitives. Les participants ont rempli des questions concernant l'acceptabilité relative des tendances suicidaires pour chaque vignette ainsi que des items  démographiques et des mesures de tendances suicidaires, symptômes dépressifs, et d'attitude envers le handicap.Résultats

Dans les cinq paires de vignette, les tendances suicidaires a été considéré comme nettement plus acceptable dans l'état d'invalidité; Cela était vrai même lorsque les participants eux-mêmes avait un handicap ou des amis ou des membres de la famille ayant un handicap. La suicidalité, la symptomatologie dépressive, et plus les attitudes négatives envers les personnes handicapées ont prédit une plus grande acceptabilité dans les deux conditions; pas de facteurs prédit de plus grandes différences entre les deux conditions.ConclusionsLa plus grande acceptabilité sociale de tendances suicidaires chez les personnes handicapées peut être pris par des personnes handicapées qui sont suicidaires comme une autorisation implicite de mettre fin à sa vie. L'impact potentiel de ces influences sociales doit être évaluée et traitée par les cliniciens et les défenseurs de la prévention du suicide

http://www.jad-journal.com/article/S0165-0327%2815%2930266-4/abstract

lundi 7 septembre 2015

TRIBUNE POINT DE VUE/ DEBAT La parole aux acteurs de terrain "Le suicide boiteux"



La parole aux acteurs de terrain...

Le suicide boiteux

de Christophe Gerbaud, Psychosociologue.
(Qu'infosuicide.org remercie pour sa réflexion et partage.
N’hésitez pas à réagir )
7/09/2015

Face au handicap (invisible), comment ne pas se tuer à petits feux ?
Toutes les données sociologiques convergent. Les personnes handicapées ne travaillent statistiquement pas. Ou, si elles travaillent, cela procède soit d'emplois sous-qualifiés (ouvriers, petits employés voire dans le meilleur des cas agent de maîtrise) soit, dans certains cas, largement minoritaires (- d'1 / 100 de la population handicapés française) qui s'affirme professionnellement à travers son handicap via une dynamique "d'empowerment" (c'est-à-dire : de prise de pouvoir sur une "dite" vulnérabilité, ou incapacité). Comment tenir face à un tel constat, ne pas se suicider ? L'indifférence d'un monde capitalisé, l'industrialisation des êtres, les divers refus ( d'emplois, de vie amoureuse, affective ou sexuelle), de ressentis négatifs, par une population "normopathe" qui sur les réseaux sociaux impose sa "vie heureuse", "glamour", "bien-pensante" etc.). L'imposition d'un modèle "straight" auquel la personne handicapée qui cherche à s'intégrer aux normes sociales en vigueur aspire presque systématiquement vers une vraie tension névrotique (entre les impératifs formels d'apparence contemporaine et la subjectivité qui "hurle" son "désespoir"). Le désespoir, en vient de proche en proche à être le seul pan citoyen sur lequel il soit possible de se raccrocher. Ce désespoir est consubstantiel de l'angoisse. Le constat social est patent. Par devers la subjectivité, ce sont toujours les apparences qui "gagnent la mise" - parfois l'esprit vient alimenter le corps mais en dernier lieu c'est toujours le corps qui a raison. Digérer son handicap est toujours difficile. Le handicap (invisible, dans certains cas) porte certains sujets à masquer leur situation aporétique (sans issue) par des images de vie par procuration (enfants à éduquer, vacances à l'étranger, voyages professionnels, situations accomplissantes "tout confort" - etc.). Si tout le monde porte un handicap, sans le savoir, le problème reste néanmoins d'en avoir conscience. Or, la connaissance de l'unicité psychique et de l'impasse sociale ne peut émerger dans les consciences que la réalité reste absconde, sombre et trop lourde à porter. On ne peut jamais maîtriser intégralement la réalité. La seule lucidité induit le suicide. Et ce dernier n'est pourtant pas une solution, cependant il demeure un devenir de liberté, toujours possible - en devenir.

Lorsque l'on n'a aucune conviction politique (déçue) qui nous habite, nous n'avons aucune raison d'être désespérés. L'espoir est contraire à la résignation disait Camus. La jeunesse de nos jours (celle qui va de 1975 à 1980, la mienne) a grandi sans convictions politiques. Face aux handicaps, aux accidents, à la mort, nous sommes tous aveugles. Et l'angoisse de la mort est sublimée à travers l'engagement politique. Le chemin va se terminer et vite. Mais je souhaite conserver la lutte contre tous rapports de pouvoirs.
L'horizon psychique de la personne handicapée-dépressive est vide. Toute indifférence vis-à-vis du sujet offusque, est insupportable à la fois pour des raisons affectives (traumas de l'enfance par exemple) sociales (déclassement ou sentiment de non reconnaissance) et évidement biologiques dans la mesure où les sens sont nettement moins en éveil par rapport à un état enthousiaste, lyrique ou hystérique. Dans quelle mesure la dépression tient aux structures sociales, au mal-être du sujet individuel ? La compréhension de cette dernière tient toujours aux diverses grilles d'analyse (institutionnelle, cognitive, biologique, psychanalytique etc.) Si la dépression reste une énigme, beaucoup de situations dépressives restent aussi une zone obscure du savoir, non comprises par l'environnement extérieur à la manière du suicide, qui, la plus part du temps n'est pas entendu.
Encore faudrait-il étudier les différents sens de la dépression face au handicap et sa conséquence : le suicide. Cela mériterait une histoire ... Même la frustration doit faire rire, il faut savoir la dépasser ; comme la mort, elle fait de l'humour noir.

mardi 29 juillet 2014

CANADA : Comprendre et prévenir le risque suicidaire chez les personnes présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme

Comprendre et prévenir le risque suicidaire chez les personnes présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme : consultation d’experts Rapport faisant état de travaux conjoints du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie (CRISE-UQÀM) et du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle
et en troubles envahissants du développement de Montréal Cécile Bardon, Daphné Morin, Anne-Marie Ouimet, Chantal Mongeau
Février 2014
http://internet.crditedmtl.ca/wp-content/uploads/2014/07/Risque-suicidaire-DITSA-Consultation-experts.pdf

jeudi 3 juillet 2014

La parole aux acteurs de terrain... Le suicide dans le champ du grand handicap

Le suicide dans le champ du grand handicap
de Lucas Bemben, Psychologue clinicien
(Qu'infosuicide.org remercie pour ce texte de réflexions engagées et pertinentes!)
3/07/2014

 Le suicide est un sujet particulièrement sensible au sein des établissements dans lesquels vivent des personnes en situation de grand handicap. Souvent frappée de tabou, l’expression suicidaire de ces sujets (aux grandes limitations motrices et mentales) est pourtant une réalité qu’il conviendrait de penser.
Accompagner l’être dans le cheminement de son existence suppose, en effet, d’être en mesure d’entendre sa souffrance malgré l’absence de langage qu’induit le handicap mental profond.

En premier lieu, il parait intéressant de s’intéresser aux raisons possibles de ce tabou particulier. Outre les réflexions classiques concernant le suicide et sa difficulté de représentation ; une forme particulière de déni semble exister quant à l’expression d’une volonté de mort chez le sujet poly ou plurihandicapé. L’expérience clinique institutionnelle peut nous aider à penser ce déni comme une intrication particulièrement complexe, associant idéologie soignante et altération de spécularité.

En ce qui concerne l’idéologie, il est frappant de constater que l’expression suicidaire du sujet est bien souvent ignorée en raison du cadre de pensée institutionnel. En effet, l’épistémè dominante à l’aube du 21ème siècle, dans ces établissements, est celle d’une préservation optimale de la vie. Chaque action soignante comporte l’intention éthique d’offrir les meilleures conditions d’existence possibles. N’est-il pas difficile, dans cette situation, de percevoir la volonté de mort d’un sujet, alors même qu’il est essentiellement perçu comme porteur d’un élan vital à accompagner au mieux ?
La mort comme anéantissement de l’être, au sein d’une structure cherchant à stimuler tous les processus de la vie, est un paradoxe qui n’est pas sans conséquence sur le regard professionnel.
Au même titre qu’il est impossible de regarder l’avers et le revers d’une pièce simultanément, se focaliser sur la pulsion de vie peut induire une cécité à l’expression, parfois discrète, d’une pulsion de mort chez le sujet qui ne peut l’acter ou la dire de la même manière qu’une personne valide.

Cela nous amène à une autre particularité du champ professionnel spécialisé dans le grand handicap : l’altération de spécularité. Le handicap, dans ses stigmates corporels et ses conséquences sur l’intellection, peut prêter à une certaine fragilité d’identification. S’identifier, c’est aussi reconnaître en soi ce que nous avons de semblable à l’Autre. Quand cet Autre a une morphologie atypique ou ne peut saisir le langage, il peut se produire une diffraction : le reflet se brise en une image qui peine à faire sens au sein de notre psychisme. Cette ombre du handicap peut amener le meilleur des professionnels à oublier une position éthique fondamentale : ce qu’il nous faut accompagner, c’est le sujet porteur de handicap, et non le handicap porté par un sujet. Cet oubli de la radicalité du sujet peut entraver la perception de son désir de mort. Comment envisager que cet être, qui ne parle ni ne pense comme moi, peut porter en lui les germes d’une volonté de destruction assez puissante pour mettre en péril son existence ? N’est-il pas, en raison de sa déficience mentale, ce que nos anciens nommaient un « bienheureux » ?

Le reflet brisé, au sein d’une idéologie soignante ancrée dans le processus vital, peut donc amener l’institution à ne pas considérer comme possible l’expression mortifère de ces sujets singuliers. Il ne s’agit pas de négliger l’expression de leur souffrance, mais plutôt de la concevoir à travers un prisme psycho-idéologique qui ne met pas en lumière certaines de ses dimensions potentielles.

Pourtant, l’expression d’un désir de mort peut se retrouver chez ces sujets, qui nous rappellent alors deux réalités essentielles : l’émotion, en tant qu’éprouvé, n’a pas besoin de QI pour exister. Une émotion telle que la peine peut se transformer en ressenti de tristesse, puis en sentiment de désespoir. Nul besoin de mot ou de concept abstrait : il s’agit d’une dimension existentielle et non cognitive. Voici une réalité : le grand handicap limite la pensée et le mouvement, mais pas l’être.

Lors d’une expression suicidaire, une seconde réalité se fait jour : l’acte suicidaire est une possibilité du sujet quel que soit son handicap. Bien entendu, le risque létal est réduit par les limitations motrices (il est complexe pour une personne tétraplégique de se défenestrer, convenons-en), mais est-ce là l’essentiel ? En considérant l’acte comme un geste qui pose le sujet dans la réalité de son désir, ne peut-on pas considérer que l’acte symbolique de suicide a autant de valeur psychologique qu’un passage à l’acte réellement dangereux pour la santé corporelle? 


Lorsqu’une personne se balance dans son fauteuil roulant en regardant la route, au sein d’un véhicule en marche, et nous regarde en nous disant « partir, ciel », n’est-elle pas en train de nous manifester une réelle volonté d’anéantissement? Dans ce geste fantasmé de « tomber du véhicule », n’y a-t-il pas autant de violence pour elle-même que si elle était en mesure de l’exécuter dans la réalité de l’empirie ? Un symbole, aussi ténu soit-il, est une pensée. En actant symboliquement sa propre destruction, l’être que nous avons en face de nous ne détruit-il pas le fondement de sa propre existence ? La grande souffrance, créant l’illusion qu’il n’y a d’autres choix que la mort pour faire taire la douleur, se passe bien de grands discours. Un simple mot, ou un regard rempli d’angoisse se fixant sur la route qui défile, suffisent pour comprendre à quel point la psyché peut être submergée. Que le handicap limite l’expression verbale ou motrice du geste suicidaire n’a pas lieu de nous faire oublier l’essentiel : un acte suppose un sujet. Un acte de mort suppose un sujet en souffrance.

Ainsi, il semble essentiel de saisir que le rapport du sujet à sa propre mort transcende la cognition et l’intellection. La prévention du suicide en structure spécialisée dans le grand handicap suppose donc une vision claire des choses : le geste suicidaire est une réalité à prendre en compte au sein d’une prise en charge globale. Que l’acte soit conventionnel ou non, dangereux ou non, peu importe : il reste la marque d’un désir émanant d’un psychisme débordé par la souffrance. Ne pas pouvoir parler ou montrer à grand bruit cette souffrance ne devrait pas oblitérer la capacité soignante à tout de même l’entendre pour ce qu’elle est. Au sein de ces institutions spécialisées, l’action soignante pourra d’ailleurs s’appuyer sur son ancrage dans les processus de vie pour soutenir le sujet.

Pour lever un peu ce tabou du suicide dans le champ du grand handicap, pourquoi ne pas commencer par parler de la mort et du deuil ? Au sein d’une réflexion éthique sur l’anéantissement de l’être et ses conséquences sur les endeuillés, peut-être est-il possible de dessiner un autre rapport institutionnel à la réalité de la mort ? Par ailleurs, réfléchir au deuil, c’est également réfléchir aux conséquences possibles d’un suicide au sein d’une institution.

C’est à cette réflexion que le site psymas vous invite, au travers de son périodique « Repères éthiques ». Ce dernier, parlant de mort et de deuil dans le champ du handicap, vise à permettre échanges et partages d’expérience. Le chapitre concernant le suicide en structure, particulièrement, cherche à initier une réflexion sur les conséquences d’un tel geste au sein d’un établissement, et, par là, appuie la nécessité d’une prévention qui ne saurait être uniquement celle de la récidive.