lundi 13 avril 2026

ETUDE RECHERCHE Quand la solitude devient un signal d’alerte chez les adolescents

 Actualités, Recherche

Quand la solitude devient un signal d’alerte chez les adolescents

Mis en ligne le 09 avril 2026 sur https://www.ch-le-vinatier.fr/*

Chez les adolescents confrontés au suicide d’un proche, le sentiment de solitude est fréquent. Une étude récente explore son rôle dans l’apparition d’idées suicidaires et montre qu’il est étroitement lié à la souffrance dépressive.

Une vulnérabilité accrue après un événement traumatique

Lorsqu’un adolescent est confronté au suicide ou à une tentative de suicide dans son entourage, il peut traverser une période de grande vulnérabilité. Parmi les difficultés rapportées, le sentiment de solitude revient souvent.

Ce constat pose une question importante : ce sentiment joue-t-il un rôle direct dans le risque suicidaire, ou reflète-t-il une souffrance plus large, notamment liée à la dépression ?

L’étude vise à mieux comprendre cette articulation pour orienter plus finement la prévention.

Une approche basée sur l’observation des parcours

Les chercheurs ont analysé les données de plus de 5 000 adolescents américains suivis sur plusieurs années.

Ils ont examiné :

  • l’exposition à un suicide ou une tentative dans l’entourage
  • le sentiment de solitude ressenti par les adolescents
  • l’évolution des idées suicidaires et des tentatives de suicide

Ils ont également pris en compte d’autres éléments importants, en particulier les symptômes dépressifs présents au départ, afin de mieux comprendre ce qui relève spécifiquement de la solitude.

Solitude et risque suicidaire : des liens à nuancer

Les résultats indiquent que les adolescents qui se sentent seuls après une telle expérience présentent davantage de pensées suicidaires et de tentatives de suicide.

Cet effet apparaît surtout dans la période qui suit l’événement.

Cependant, lorsque l’on tient compte de la dépression, le lien entre solitude et comportements suicidaires s’atténue fortement. Cela suggère que la solitude est souvent associée à un état dépressif, qui joue un rôle central dans le risque observé.

La solitude comme signal d’attention

Ces résultats invitent à considérer la solitude comme un signal important, sans pour autant la voir comme un facteur isolé.

Repérer un adolescent qui s’isole après un tel événement peut permettre d’identifier plus tôt une souffrance psychique, en particulier dépressive.

Ils ouvrent ainsi des pistes pour renforcer l’accompagnement dans ces situations, en prêtant attention à la fois aux relations sociales et à l’état émotionnel des jeunes concernés.

Découvrir l’article 

 

source https://www.ch-le-vinatier.fr/actualites-23/quand-la-solitude-devient-un-signal-dalerte-chez-les-adolescents-1511.html?no_cache=1&cHash=7c057ccd35b16b30124a7ed6ab7bc41f 

MANIFESTATION 28/05/26 Strasbourg (67) La Vague Orange : une marche citoyenne pour sensibiliser au trouble de la personnalité borderline et à la prévention du suicide

La vague Orange

Travaux de recherche Recherche sur la prise en charge du risque suicidaire dans les foyers de la PJJ

Travaux de recherche

Recherche sur la prise en charge du risque suicidaire dans les foyers de la PJJ

Publié le 09 avril 2026 https://www.justice.gouv.fr/*

La direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) a soutenu une recherche intitulée : « Accompagner des adolescents présentant un risque suicidaire en foyer : un état des lieux des difficultés et des ressources des professionnels », réalisée par la sociologue Myriem Auger.

Les jeunes suivis par la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) présentent de multiples vulnérabilités sur le plan de la santé, y compris la santé mentale, comme le montre la récente étude nationale sur la santé des jeunes suivis par la PJJ. 13,5 % des jeunes interrogés déclarent avoir déjà fait une tentative de suicide (26 % des filles et 12 % des garçons). La recherche sur les caractéristiques psychosociales des jeunes placés au pénal fait également le constat d’un état de santé mentale dégradé chez les jeunes placés, lesquels se caractérisent notamment par une exposition fréquente à des expériences adverses durant l’enfance (61 % des jeunes déclarent par exemple avoir subi de la maltraitance émotionnelle et 47,5 % de la maltraitance physique) et par une prévalence élevée des symptômes psychotraumatiques. Dans ce contexte, la DPJJ a souhaité disposer d’analyses sur le risque suicidaire dans les foyers de la PJJ, dans l’objectif d’améliorer la prévention et la prise en charge de ce risque.

Cette recherche s’inscrit dans la continuité d’un projet financé par l’Observatoire national de la protection de l’enfance sur la prévention et la prise en charge du risque suicidaire dans les établissements relevant de l’Aide sociale à l’enfance (Charles et. al. 2024). Elle complète cette étude par une enquête dans les unités éducatives d’hébergement diversifié (UEHC) relevant de la PJJ, afin d’analyser les ressources disponibles et les obstacles à la protection des jeunes présentant un risque suicidaire.

Elle met en lumière plusieurs axes de travail pour que les professionnels puissent mieux protéger ces jeunes : améliorer la transmission d’informations au moment du placement ; former les professionnels à la prise en charge du risque suicidaire ; renforcer le travail partenarial pour faciliter l’orientation vers les soins en santé mentale. L’auteure invite également à cultiver et valoriser les pratiques de « care », reposant sur des gestes du quotidien, peu formalisés mais essentiels dans l’accompagnement des adolescents présentant un risque suicidaire dans les foyers.

Le soutien de la DPJJ à ce travail s’inscrit dans le cadre de son plan national de prévention du suicide des mineurs et jeunes majeurs (2024-2027). L’objectif du plan est de conforter l’action des professionnels au service d’une sécurisation des prises en charge. En 2025, aucun suicide de mineurs n’a été à déplorer dans les établissements de placement, ni en détention, mais, la prévention du risque suicidaire reste une priorité au regard de la fragilité de la santé mentale des jeunes placés et des tentatives de suicide repérées.

Suite à l’organisation de groupes de travail, des fiches destinées à mieux détecter et accompagner ce risque suicidaire en hébergement seront publiées en 2026. Par ailleurs, la réforme des modalités de placement à la PJJ, qui prévoit à partir de septembre 2026 la transformation des UEHC et des centres éducatifs fermés en unités judiciaires à priorité éducative (UJPE), compte parmi ses objectifs l’amélioration de la prise en charge de la santé des jeunes placés, et plus principalement la santé mentale.

jeudi 9 avril 2026

MAJ La Fondation FondaMental lance Before Anyone Else (BAE), une application mobile gratuite de prévention du suicide pour les jeunes

Before Anyone Else (BAE) : une application mobile de prévention du suicide

A l’occasion de la Journée mondiale de la santé, la Fondation FondaMental annonce le lancement de Before Anyone Else (BAE), une application mobile gratuite destinée aux jeunes de 12 à 17 ans confrontés à des idées ou comportements suicidaires. Communiqué.

Développée par la Fondation FondaMental avec le CHU de Montpellier (Pr. Philippe Courtet), l’INSERM (Dr. Margot Morgiève), le CHU Robert Debré (Dr. Vincent Trebossen), avec le soutien de l’association ASMA (Dr. David Soffer) et de la Région Île-de-France dans le cadre d’une Question d’Intérêt Majeur sur la santé mentale des jeunes, l’application permet aux adolescents de suivre leur état émotionnel et de construire, avec leurs proches, un plan d’action concret pour mieux gérer les moments difficiles.

Depuis la pandémie, la Fondation FondaMental alerte sur la détérioration persistante de la santé mentale des jeunes, marquée par des niveaux élevés d’anxiété, de dépression et de pensées suicidaires. Grâce au soutien de la Région Île-de-France, elle a développé, dans le cadre d’une Question d’Intérêt Majeur, un ensemble d’outils concrets pour aider les jeunes Franciliens confrontés à ces difficultés, comme MyMood ou la plateforme LENA.

Une application conçue par des experts, avec et pour les jeunes

Avec BAE, la Fondation franchit une nouvelle étape en proposant une application gratuite pour aider les adolescents confrontés à des idées suicidaires à mieux comprendre leur état émotionnel, à identifier les signes d’alerte et à mobiliser rapidement leurs proches ou leurs soignants en cas de crise. L’application complète l’accompagnement médical et psychologique existant, offrant un soutien concret et accessible au quotidien.

BAE a été développée par une équipe pluridisciplinaire composée de psychiatres, psychologues, sociologues, en collaboration avec des jeunes ayant vécu des idées ou comportements suicidaires, et sous l’impulsion de Philippe Courtet, professeur de psychiatrie à l’Université de Montpellier et chercheur à la Fondation FondaMental.

Un dispositif sécurisé pour renforcer le lien adolescent–parents–soignants

BAE permet à l’adolescent de suivre son état au quotidien et de constituer un plan de vigilance en collaboration avec ses parents et son médecin.

L’application repose sur une triade de profils connectés : l’adolescent, le parent et, si nécessaire, le professionnel de santé. Chaque utilisateur peut suivre et partager des informations de manière contrôlée et sécurisée, renforçant ainsi le dialogue et le soutien familial et médical. L’adolescent peut décider, à chaque étape, ce qu’il souhaite partager avec son entourage de confiance.

Un plan d’action sur-mesure pour affronter les moments difficiles

Lors de son inscription, l’adolescent est invité à remplir son espace personnel pour identifier ses signaux d’alerte (déclencheurs, pensées ou émotions à risque…), choisir ses personnes de confiance, et organiser un plan d’action en lien avec ses parents et son médecin incluant stratégies de régulation émotionnelle, traitements, mais aussi des films, musiques ou lieux rassurants pour lui.

L’application offre plusieurs fonctionnalités :

  • Des auto-évaluations quotidiennes et spontanées permettant de mesurer l’état émotionnel de l’utilisateur et de détecter des signes de détresse.
  • Une liste de projets personnels pour noter ses projets motivants et garder une trace de ses activités positives.
  • Un plan d’action personnalisé avec six modules interactifs : contacter un proche, exercices de relaxation, souvenirs positifs, lieux rassurants, musique et films/séries favoris.
  • Un accès rapide à l’aide : un bouton « J’ai besoin d’aide » permet de contacter rapidement ses proches ou les services d’urgence (3114 ou SAMU).
  • Un journal pour permettre à l’utilisateur d’écrire librement ses pensées, émotions et expériences quotidiennes

Important : BAE ne remplace pas un suivi médical ou psychologique. Les réponses de l’application ne sont pas analysées en temps réel par un professionnel de santé. En cas de détresse, il est recommandé de contacter immédiatement le 3114.

Télécharger BAE sur iOS

Télécharger BAE sur Android

Communiqué de presse du 7 avril 2026.

source https://www.santementale.fr/2026/04/before-anyone-else-bae-une-application-mobile-de-prevention-du-suicide/


***


La Fondation FondaMental lance Before Anyone Else (BAE), une application mobile gratuite de prévention du suicide pour les jeunes

Publié le 2 avril 2026  https://www.fondation-fondamental.org

Le 7 avril 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé, la Fondation FondaMental annonce le lancement de BAE, une application mobile gratuite destinée aux jeunes de 12 à 17 ans confrontés à des idées ou comportements suicidaires. 

Développée par la Fondation FondaMental avec le CHU de Montpellier (Pr. Philippe Courtet), l’INSERM (Dr. Margot Morgiève), le CHU Robert Debré (Dr. Vincent Trebossen), avec le soutien de l’association ASMA (Dr. David Soffer) et de la Région Île-de-France dans le cadre d’une Question d’Intérêt Majeur sur la santé mentale des jeunes, l’application permet aux adolescents de suivre leur état émotionnel et de construire, avec leurs proches, un plan d’action concret pour mieux gérer les moments difficiles.

Depuis la pandémie, la Fondation FondaMental alerte sur la détérioration persistante de la santé mentale des jeunes, marquée par des niveaux élevés d’anxiété, de dépression et de pensées suicidaires. Grâce au soutien de la Région Île-de-France, elle a développé, dans le cadre d’une Question d’Intérêt Majeur, un ensemble d’outils concrets pour aider les jeunes Franciliens confrontés à ces difficultés, comme MyMood ou la plateforme LENA.

Une application conçue par des experts, avec et pour les jeunes

Avec BAE, la Fondation franchit une nouvelle étape en proposant une application gratuite pour aider les adolescents confrontés à des idées suicidaires à mieux comprendre leur état émotionnel, à identifier les signes d’alerte et à mobiliser rapidement leurs proches ou leurs soignants en cas de crise. L’application complète l’accompagnement médical et psychologique existant, offrant un soutien concret et accessible au quotidien.

BAE a été développée par une équipe pluridisciplinaire composée de psychiatres, psychologues, sociologues, en collaboration avec des jeunes ayant vécu des idées ou comportements suicidaires, et sous l’impulsion de Philippe Courtet, professeur de psychiatrie à l’Université de Montpellier et chercheur à la Fondation FondaMental. 

Un dispositif sécurisé pour renforcer le lien adolescent–parents–soignants 

BAE permet à l’adolescent de suivre son état au quotidien et de constituer un plan de vigilance en collaboration avec ses parents et son médecin. 

L’application repose sur une triade de profils connectés : l’adolescent, le parent et, si nécessaire, le professionnel de santé. Chaque utilisateur peut suivre et partager des informations de manière contrôlée et sécurisée, renforçant ainsi le dialogue et le soutien familial et médical. L’adolescent peut décider, à chaque étape, ce qu’il souhaite partager avec son entourage de confiance. 

Un plan d’action sur-mesure pour affronter les moments difficiles

Lors de son inscription, l’adolescent est invité à remplir son espace personnel pour identifier ses signaux d’alerte (déclencheurs, pensées ou émotions à risque…), choisir ses personnes de confiance, et organiser un plan d’action en lien avec ses parents et son médecin incluant stratégies de régulation émotionnelle, traitements, mais aussi des films, musiques ou lieux rassurants pour lui. 

L’application offre plusieurs fonctionnalités :

  • Des auto-évaluations quotidiennes et spontanées permettant de mesurer l’état émotionnel de l’utilisateur et de détecter des signes de détresse.  
  • Une liste de projets personnels pour noter ses projets motivants et garder une trace de ses activités positives.
  • Un plan d’action personnalisé avec six modules interactifs : contacter un proche, exercices de relaxation, souvenirs positifs, lieux rassurants, musique et films/séries favoris.
  • Un accès rapide à l’aide : un bouton « J’ai besoin d’aide » permet de contacter rapidement ses proches ou les services d’urgence (3114 ou SAMU). 
  • Un journal pour permettre à l’utilisateur d’écrire librement ses pensées, émotions et expériences quotidiennes

Important : BAE ne remplace pas un suivi médical ou psychologique. Les réponses de l’application ne sont pas analysées en temps réel par un professionnel de santé. En cas de détresse, il est recommandé de contacter immédiatement le 3114.

Avec BAE, nous voulons rappeler à chaque jeune qu’il n’est jamais seul face à ses difficultés. L’application a été pensée avec eux, pour leur donner des repères simples et immédiats, les aider à mobiliser leurs proches et leur offrir un soutien concret, au quotidien comme dans les moments de crise.

Philippe Courtet, professeur de psychiatrie à l’Université de Montpellier, responsable du service Urgences et Post-urgences psychiatriques au CHU de Montpellier, Président de la section de suicidologie de l’European Psychiatric Association (EPA) et chercheur à la Fondation FondaMental

La santé mentale des jeunes est un enjeu majeur pour notre société. Avec BAE, la Région Île-de-France soutient une solution concrète, innovante et accessible, qui permet d’accompagner les adolescents dans les moments de fragilité et de renforcer le lien avec leurs proches et les professionnels de santé. Fidèle à son engagement en faveur du bien-être des jeunes Franciliens, la Région agit pour faire émerger des outils utiles, construits avec les experts et adaptés aux besoins du terrain.

Valérie Pécresse, Présidente de la Région Île-de-France

Le lancement de BAE illustre pleinement notre engagement, aux côtés de la Région Île-de-France, à proposer des solutions concrètes et innovantes pour répondre aux enjeux de la santé mentale des jeunes.

Marion Leboyer, Professeure de psychiatrie à l’Université Paris Est Créteil, Directeur adjoint du Département de psychiatrie et addictologie des Hôpitaux universitaires Henri Mondor, Directrice du laboratoire INSERM de psychiatrie translationnelle (U955) et Directrice générale de la Fondation FondaMental

La Région Île-de-France et les jeunes  

La Région Île-de-France agit de manière résolue en faveur des jeunes, en investissant dans leur santé, leur bien-être et leur avenir. Au-delà de son engagement pour la santé mentale, elle déploie des politiques ambitieuses en matière d’orientation, de logement, d’emploi, de transports et de lutte contre les inégalités. En accompagnant les jeunes Franciliens à chaque étape de leur parcours, la Région affirme sa volonté de construire avec eux un territoire plus solidaire, plus inclusif et plus innovant.

Contact Presse : 

Mathilde Couderc – mathilde.couderc@agence-constance.fr – 07 57 68 30 62

 

Source https://www.fondation-fondamental.org/actualites/la-fondation-fondamental-lance-before-anyone-else-bae-une-application-mobile-gratuite-0 

 

1er post le 09/04/26 

vendredi 3 avril 2026

PROGRAMME Haute autorité de santé Programme pluriannuel « santé mentale et psychiatrie » 2025-2030

PROGRAMME HAS Haute autorité de santé Programme  pluriannuel « santé mentale et psychiatrie » 2025-2030
Validé par le Collège le 20 novembre 2024
Mis à jour en mars 2026

 Travaux inscrits au programme pluriannuel « santé mentale et psychiatrie » 2025-2030 :

 Thème 5. Santé mentale et psychiatrie de la personne âgée

2. Idées et conduites suicidaires chez la personne âgée : prévention, repérage, évaluation et prise en charge 

 Le taux de décès par suicide augmente fortement avec l’âge, en particulier chez les hommes. Il était
en 2017 de 5,9 pour 100 000 hommes de 15 à 24 ans et de 49,5 pour 100 000 hommes de 75 ans ou
plus (8).
Dans le cadre de la conférence de consensus « La crise suicidaire : reconnaître et prendre en
charge », elle a été décrite comme souvent peu apparente et difficile à reconnaître chez la personne
âgée. La détermination à se donner la mort a également été identifiée comme augmentant avec
l’âge (90), un ratio de l’ordre de quatre tentatives de suicide pour un suicide étant rapporté pour les
personnes de plus de 65 ans contre un ratio de 200 tentatives pour un suicide pour les personnes de
moins de 25 ans (89, 91).
Plusieurs facteurs de risque spécifiques ont été identifiés : « âge supérieur à 75 ans, le sexe masculin,
la perte du conjoint, les maladies somatiques (notamment celles sources de handicap ou de douleur),
les changements d’environnement (comme l’entrée en maison de retraite ou une admission à l’hôpital),
la perte des rôles, l’isolement, les conflits et la maltraitance, la dépression (quasiment constante même
si ses manifestations ne sont pas toujours typiques), l’existence de moyens de suicide par mort vio-
lente […] » (90).
Les EIGS en lien avec des suicides et tentatives de suicide de patients font par ailleurs partie des EIGS
les plus déclarés (92). Ils continueront à faire l’objet d’un suivi dont les résultats seront exploités pour
en tirer des enseignements pour la sécurité du patient.
➔ Dans ce contexte, le travail envisagé visera à produire des recommandations de bonne
pratique pour mieux prévenir, repérer, évaluer et prendre en charge les idées et con-
duites suicidaires chez la personne âgée

...


10. Autres thèmes

2. Prévention, repérage, évaluation et prise en charge des idées et conduites suicidaires chez les exploitants et salariés agricoles 

Les transformations du secteur agricole en pleine mutation génèrent de nombreux facteurs de risques
(charge mentale, injonctions paradoxales et incertitudes) liés à la pression de la rationalisation écono-
mique (performance, crises sanitaires ou énergétiques, cohérence éthique, etc.), aux pressions tech-
nologiques et numériques (capacités de développement atteintes, etc.) et à la pression politique et
démocratique (inflation normative, attentes sociétales [souveraineté alimentaire et transition écolo-
gique], etc.). Ces transformations s’accompagnent d’une érosion de l’entraide au sein de ce corps
social traditionnellement solidaire et de forts déséquilibres entre vie professionnelle et vie personnelle.
Dans ce contexte, de nombreux agriculteurs se trouvent en situation de mal-être et présentent un
risque suicidaire élevé (162-164). Ces difficultés sont dures à repérer en raison notamment de l’ab-
sence de médecine du travail ou équivalent, la situation étant encore plus compliquée pour les salariés
que pour les exploitants, en particulier pour les salariés en situation de travail dissimulé.
➔ La HAS a été saisie dans le cadre de la feuille de route pour la prévention du mal-être et
pour l’accompagnement des agriculteurs et des salariés agricoles pour élaborer des recom-
mandations de bonne pratique en vue d’améliorer « la prévention, le repérage, l’évaluation et la prise en charge des idées et conduites suicidaires chez les exploitants et salariés agricoles » (165). 

 

ACCES DOCUMENT https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2026-03/dir1/programme_pluriannuel_sante_mentale_psychiatrie_2025-2030.pdf 

AUVERGNE RHONE ALPES Agissons ensemble pour la prévention du suicide – LUCIOLE n°2, la newsletter santé mentale

Agissons ensemble pour la prévention du suicide – LUCIOLE n°2, la newsletter santé mentale
Actualité

Lettre d'information

Pour prévenir le suicide, ce 2ème numéro de Luciole met en lumière des initiatives, des ressources et des actions qui montrent qu’il est possible d’agir ensemble.

CANADA GUIDE Intervenir auprès de la personne à risque de suicide vivant avec un trouble neurocognitif

Intervenir auprès de la personne à risque de suicide vivant avec un trouble neurocognitif

Webinaire automne 2025 - Lancement du Guide

Vous désirez offrir l'atelier d'appropriation du guide/outils dans votre milieu?

Poster De Conférence Etude exploratoire sur le deuil après suicide : Du deuil traumatique à la croissance post-traumatique

Poster De Conférence Année : 2026



Etude exploratoire sur le deuil après suicide : Du deuil traumatique à la croissance post-traumatique

Joanne Dubail (1) , Alice Einloft Brunnet (1) , Marie-Claire Gay (1)
1 CliPsyD - Clinique, Psychanalyse, Développement

Mots clés

Deuil après suicide Approche processuelle Postvention du suicide Rétablissement Croissance post-traumatique Deuil traumatique  


Fichier principal
Poster Cn2r 2026_Dubail et al.pdf (388.75 Ko) Télécharger le fichier




Joanne Dubail, Alice Einloft Brunnet, Marie-Claire Gay. Etude exploratoire sur le deuil après suicide : Du deuil traumatique à la croissance post-traumatique. 3ème colloque scientifique du Cn2r : Soutien social & psychotraumatismes, Mar 2026, Paris, France. , 2026. ⟨hal-05561371⟩


lundi 30 mars 2026

AUTOUR DE LA QUESTION Parler de son mal-être ou de ses difficultés psychologiques : résultats de l’enquête CoviPrev, mai 2022-septembre 2023

Parler de son mal-être ou de ses difficultés psychologiques : résultats de l’enquête CoviPrev, mai 2022-septembre 2023
Clément Mertens (clement.mertens@santepubliquefrance.fr), Enguerrand du Roscoät, Christophe Léon, Linda Lasbeur, Ingrid Gillaizeau
Santé publique France, Saint-Maurice
Soumis le 13.10.2025 // Date of submission: 10.13.2025
Publication BEH N° 8 - 24 mars 2026 Télécharger le numéro PDF

Résumé

Introduction –

En France comme à l’international, les troubles psychiques ont fortement augmenté au cours de la dernière décennie, avec une hausse marquée des états anxieux et dépressifs. Dans ce contexte, investiguer les comportements de recherche d’aide en santé mentale apparaît comme un enjeu crucial pour favoriser une prise en charge précoce. Cette étude a pour objectif d’identifier les principaux facteurs associés au fait de parler de son mal-être ou de ses difficultés psychologiques
(ME-DP), à la lumière des types d’interlocuteurs sollicités.

Méthode –

Les données étudiées sont issues des vagues 34 à 37 de l’enquête CoviPrev (mai 2022-septembre 2023), réalisée selon une méthode d’échantillonnage par quotas avec participants recrutés au sein d’un Access panel. Au total, 8 010 individus ont été interrogés sur l’ensemble des quatre vagues d’enquête, dont 2 919 ont déclaré avoir ressenti un ME-DP au cours de l’année précédant leur réponse à l’enquête. Des analyses bivariées ont d’abord été menées sur le fait d’avoir parlé de son ME-DP, avec une distinction en fonction des types d’interlocuteurs sollicités. Les facteurs associés au fait d’avoir parlé du sujet ont enfin été recherchés par la mise en œuvre d’un modèle de régression de Poisson avec variance robuste.

Résultats –

Dans notre sous-échantillon de personnes ayant ressenti un ME-DP au cours des 12 derniers mois, environ un individu sur deux a déclaré en avoir parlé à quelqu’un. Une interaction significative entre le sexe et l’âge a été relevée : les jeunes hommes (18-24 ans) ont autant déclaré que les jeunes femmes avoir parlé de leur ME-DP, utilisant davantage des canaux de communication alternatifs (ligne d’écoute téléphonique, réseaux sociaux, association, etc.). À l’inverse, les hommes âgés de plus de 65 ans sont ceux qui ont le moins souvent déclaré en avoir parlé. Outre le sexe et l’âge, les principaux facteurs associés étaient les problèmes de santé chronique, le fait de se percevoir en mauvais état de santé, de vivre seul ou d’avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois. En revanche, résider en zone rurale et un état dépressif étaient associés à une plus faible probabilité d’avoir parlé de son ME-DP.

Conclusion –

Une proportion élevée de personnes en état de mal-être ou de difficultés psychologiques déclarent n’en parler à personne, ni à leur entourage ni auprès de professionnels de santé. Ces résultats soulignent l’importance de déployer des actions pour faciliter la parole autour de la souffrance psychique et réduire la stigmatisation, en accordant une attention particulière aux personnes ayant le moins tendance à s’exprimer à ce sujet.

https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2026/8/2026_8_1.html

INITIATIVE Doubs Suicide des agriculteurs : trois élèves voudraient briser le tabou

Doubs Suicide des agriculteurs : trois élèves voudraient briser le tabou

Hugo, Mathieu et Ethan, trois lycéens en BTS agricole au lycée Granvelle de Dannemarie-sur-Crète, dans le Doubs, ont décidé de s’attaquer à un sujet compliqué dans le cadre de leurs études. Ils vont créer un flyer et une vidéo sur le thème de la détresse des agriculteurs. Ils voudraient que l’on parle plus de ce sujet.

Didier Fohr - 28 mars 2026
Mathieu Wanner, Hugo Houpin et Ethan Choquet mènent un projet sur un sujet tabou : le suicide des agriculteurs. Ils voudraient contribuer à sa prévention.  Photo Franck Lallemand
Mathieu Wanner, Hugo Houpin et Ethan Choquet mènent un projet sur un sujet tabou : le suicide des agriculteurs. Ils voudraient contribuer à sa prévention. Photo Franck Lallemand

« Nous sommes concernés plus ou moins directement », dit Mathieu. « Mais c’est un sujet qui nous inquiète. Nous serons bientôt acteurs du monde agricole et nous voulons parler de ce phénomène. Faire de la prévention. Contribuer à notre manière. C’est pour ça qu’on a voulu lancer ce projet. »

Mathieu est fils d’agriculteur et destiné à reprendre l’exploitation familiale. Hugo et Ethan viennent d’autres horizons mais s’orientent, eux, vers le métier de vétérinaire en passant par un BTS agricole ME (Métiers de l‘élevage). « C’est un sujet sur lequel beaucoup de gens travaillent. Nous avons pros des contacts avec Solidarité Paysans ou encore la Mutualité sociale agricole (MSA) qui fait un gros boulot. Et puis il y a d’autres acteurs. Mais étrangement dans le monde paysan, on n’en parle pas tellement. Il y a encore un énorme tabou. »

Normes et crises

Dans un rapport sur la santé mentale des agriculteurs en 2023 , l’Assemblée Nationale a rappelé que les agriculteurs sont plus exposés de 46 % que les autres professions au risque de suicide. Si les chiffres sont difficiles à confirmer, les trois lycéens citent un chiffre : en 2015, on comptait un suicide d’agriculteur par jour en France.

« Il faut dire que le nombre d’agriculteurs a diminué de moitié en dix ans dans le pays », ajoute Ethan. « Les exploitations sont beaucoup plus grandes et il y a plus d’isolement. Il y a aussi le poids des normes. Il y a aussi les crises à répétition, quand ce n’est pas le prix du lait. En trois ans, il y a eu la FCO (fièvre catarrhale ovine, la MHE (maladie hémorragique épizootique) et la DNC (Dermatose nodulaire contagieuse). Notre idée est de réaliser un flyer pour alerter les acteurs du monde paysan, inviter à réfléchir et puis surtout informer sur les aides qui existent », explique Ethan. « Nous voulons aussi réaliser une vidéo qui sera diffusée le jour de la présentation de nos travaux ».

Inviter à réfléchir

Les trois garçons confient aborder le sujet avec un peu d’inquiétude. « C’est notre futur, celui de nos collègues. Ce n’est pas forcément rassurant. Il y a aussi l’agribashing, ces normes qui s’accumulent, nous sommes montrés du doigt. Et les vétérinaires ont pris cher aussi pendant la DNC alors qu’ils ne faisaient que leur travail… C’est une bonne raison pour inviter tout le monde à réfléchir à l’agriculture qu’on veut. Et puis nous voulons aussi transmettre notre travail aux élèves qui nous succéderont pour qu’ils puissent le reprendre à leur compte ».

La présentation est prévue fin mai. Dans la classe de Mathieu, Ethan et Hugo, certains élèves sont plus touchés que d’autres, parfois directement. C’est aussi pour eux et tous les autres, aux familles endeuillées, que les trois veulent se battre avec toute leur énergie.

https://www.estrepublicain.fr/economie/2026/03/28/suicide-des-agriculteurs-trois-eleves-voudraient-briser-le-tabou 

vendredi 27 mars 2026

Etude criminologique du filicide-suicide. Comprendre pour prévenir

Etude criminologique du filicide-suicide. Comprendre pour prévenir
Institut Robert Badinter

Le projet d’une étude criminologique du filicide-suicide – à savoir l’homicide d’enfants par un parent, suivi du suicide ou de la tentative de suicide de ce dernier – s’inscrit dans un contexte national de lutte contre les violences intrafamiliales. Ce phénomène soulevant des questionnements éthiques, sociaux et cliniques, il importait de l’étudier au prisme de l’interdisciplinarité et avec une méthodologie adaptée.

Établis à partir des données recueillies dans les Instituts médico-légaux et les tribunaux judiciaires, deux corpus analytiques complémentaires ont été constitués afin de permettre une étude circonstanciée à partir des cas identifiés dans le quart Sud-Est de la France à partir de 2010. Un premier corpus repose sur l’exploitation de données médico-légales à partir de l’examen des expertises thanatologiques réalisées sur réquisition judiciaire de décès (victime(s) et auteur·rice) dans les ressorts des Instituts médico-légaux de Grenoble, Lyon et Marseille. Le second intègre l’ensemble des données collectées à partir des dossiers judiciaires ouverts dans le cadre d’une enquête de flagrance ou d’une information judiciaire.

Plutôt que de réduire le filicide-suicide à un geste impulsif ou à une pathologie isolée, cette étude propose une lecture systémique et plurifactorielle du passage à l’acte. On observe tout d’abord que la terminologie en usage pour qualifier le filicide-suicide est inadéquate. Fondée sur le mode chronologique du déroulement des faits, le suicide étant nécessairement consécutif au geste homicide, elle a pour effet de marginaliser le suicide dans la compréhension du processus criminologique. En croisant les facteurs de vulnérabilité et les événements déclencheurs ou précipitants, la grille d’analyse adoptée témoigne
ensuite de l’intrication singulière de mécanismes défensifs, de traumatismes, de représentations parentales et de contextes socio-affectifs qui fragilisent les tentatives de généralisation ou la validation des typologies utilisées jusqu’ici pour décrire ce phénomène.

Par-delà l’analyse des trajectoires individuelles, cette recherche s’intéresse à la manière dont la considération du filicide-suicide est travaillée par les dynamiques sociétales. La nécessité d’établir la responsabilité pénale d’un individu occulte la réalité émotionnelle et psychique du passage à l’acte. En sacrifiant à l’injonction sensationnaliste propre au fait divers, l’exposition médiatique nuit également à l’intelligibilité du phénomène criminologique. Enfin, l’adoption d’un cadre théorique fondé sur l’analyse des rapports sociaux infantistes – marqués par des asymétries structurelles entre adultes et enfants – met en lumière la manière dont les enfants victimes sont privés de leur statut de sujets autonomes, tant dans le filicide que dans son traitement judiciaire.

Résumé en anglais / English version below
Publication
18 Mar. 2026
Référence / Cote
21.51
Auteur•rice•s
Jérôme FERRAND, Catherine BLATIER, Virginie SCOLAN
Editeur
IRB
Collection Rapports de recherche
Disciplines
Criminologie, Droit, Histoire, Médecine, Psychologie
Nombre de page
204 pages 

jeudi 12 mars 2026

AUTOUR DE LA QUESTION Santé mentale et incarcération : comprendre l’impact de la prison

Santé mentale et incarcération : comprendre l’impact de la prison

À l’entrée en prison, de nombreuses personnes détenues présentent des marqueurs de vulnérabilité psychique, tels qu’un passé de troubles psychiatriques ou d’addictions. De nouveaux travaux révèlent que les semaines qui suivent cette période sont des moments clés en matière de prévention du suicide et de sevrage. Ils indiquent aussi que, si la prévalence des troubles psychiatriques semble globalement stable au cours de l’incarcération, les situations varient largement d’une personne à l’autre. 

S’il est bien établi que les troubles psychiatriques sont surreprésentés dans les prisons françaises, aucune recherche n’avait jusqu’à présent suivi l’évolution de la santé mentale en milieu carcéral.

C’est à cette lacune que répond l’étude « Épidémiologie psychiatrique longitudinale en prison » (EPSYLON) menée entre 2022 et 2025 dans près d’une dizaine de maisons d’arrêt. Voici ses conclusions.


Une vulnérabilité majeure dès l’entrée en détention

Ce projet national s’est appuyé sur une enquête sociologique et une étude épidémiologique menée en trois temps de mesure, auprès de 1 000 personnes détenues au sein de sept établissements pénitentiaires répartis sur quatre directions interrégionales des services pénitentiaires (DISP). Pour ce volet quantitatif, toutes les personnes entrantes dans les établissements qui ont fait l’objet de l’enquête ont été successivement incluses (entre janvier et juillet 2024 pour les hommes, et entre janvier et septembre 2024 pour les femmes). Elles ont ensuite bénéficié de trois entretiens d’évaluation de leur santé mentale avec des enquêtrices indépendantes (à l’entrée en prison, à trois mois et à neuf mois).

Le premier résultat marquant de l’enquête réside dans les multiples marqueurs de vulnérabilité identifiés dès l’entrée en prison. À l’arrivée en détention, plus des deux tiers des répondants présentent un trouble psychiatrique ou addictologique, actuel ou passé. Plus d’un répondant sur dix a déjà été hospitalisé en psychiatrie et la quasi-totalité des personnes interrogées a été exposée à des évènements potentiellement traumatiques.

Cette vulnérabilité s’accompagne de niveaux élevés de précarité sociale : une personne sur deux vivait hors logement personnel avant l’incarcération et 30 % des répondants étaient au chômage. À cela s’ajoutent des parcours judiciaires précoces, 27 % des personnes ayant connu au moins une mesure pénale durant leur minorité.

Une apparente stabilité qui cache une réalité contrastée

Dans l’ensemble, notre étude met en évidence une relative stabilité de la prévalence des troubles psychiatriques en maison d’arrêt au cours du temps : à chacun des temps de mesure – à l’entrée, à trois mois et à neuf mois – environ 40 % des personnes évaluées présentent un trouble psychiatrique ou addictologique actuel.

Seules les prévalences du risque suicidaire et des addictions diminuent au cours des trois premiers mois de détention. Ces risques restent cependant particulièrement élevés, y compris après les premiers mois de détention, tout comme les niveaux des troubles psychiques.

Ce phénomène semble traduire les difficultés spécifiques de l’entrée en prison. Il souligne combien cette période constitue un moment clé du parcours carcéral, appelant une vigilance accrue en matière de prévention du suicide et de prise en charge du sevrage.

Ce constat est largement étayé par le volet qualitatif de notre enquête, qui montre que l’entrée en détention est vécue comme une expérience profondément déstabilisante, tant du fait des ruptures qu’elle génère dans les parcours biographiques des personnes détenues que des conditions d’incarcération au sein du quartier nouveaux arrivants, systématiquement décrites comme particulièrement éprouvantes.

Par ailleurs, l’apparente stabilité de la fréquence des troubles au cours de la détention masque en réalité des trajectoires individuelles extrêmement variées, marquées par des améliorations ou des dégradations de la santé mentale.

Ces résultats peuvent être interprétés à la lumière de facteurs propres à l’environnement carcéral. Le sentiment d’isolement évoqué par un tiers des répondants est par exemple associé à une détérioration de la santé mentale. Il en est de même pour l’expérience de violences en détention, rapportée par un participant sur cinq.

Notre enquête met également en évidence l’insuffisance de l’accès au travail, à une formation ou à des activités, alors même qu’il s’agit d’un déterminant de la santé mentale bien identifié en milieu pénitentiaire.


Quelles pistes d’amélioration ?

Alors que le ministère de la Justice a annoncé en début d’année vouloir mettre en place des établissements pénitentiaires consacrés à l’accueil des personnes détenues souffrant de troubles psychiatriques, notre enquête montre à quel point l’environnement carcéral peut être délétère pour la santé mentale.

Nos résultats permettent d’envisager plusieurs axes d’amélioration, respectueux des grands principes éthiques du soin en prison. Il apparaît indispensable d’accompagner l’entrée en prison, d’améliorer les conditions de détention et d’optimiser l’accès aux soins en milieu pénitentiaire afin de garantir une qualité de soins équivalente à celle offerte en population générale.

Pour autant, ces mesures, seules, ont toutes les chances de s’avérer insuffisantes dans un contexte où les prisons françaises font face à une surpopulation carcérale inédite. Au-delà des soins en prison, il importe donc de repenser l’amont en luttant contre les inégalités sociales de santé afin d’améliorer le dépistage et la prise en charge des troubles psychiatriques, mais aussi faciliter l’orientation des personnes souffrant de troubles sévères vers des dispositifs sanitaires.

https://theconversation.com/sante-mentale-et-incarceration-comprendre-limpact-de-la-prison-275328 

ETUDE RECHERCHE SUEDE Différences liées au sexe dans le risque familial et les composantes génétiques des tentatives de suicide : une étude de cohorte basée sur un registre en Suède

Les intentions suicidaires chez les parentes au premier degré pourraient augmenter le risque de suicide chez les femmes. 

D’après article 11 mars 2026https://scienmag.com/*  Suicidal Intentions in First-Degree Female Relatives Could Elevate Women’s Risk of Suicide

Une étude de cohorte populationnelle novatrice, récemment publiée dans le BMJ Mental Health, met en lumière des nuances complexes, liées au sexe, dans les fondements familiaux et génétiques des tentatives de suicide. Cette vaste étude suédoise, basée sur des registres, révèle que si l'hérédité génétique contribue de manière significative au risque de tentative de suicide chez les deux sexes, la plus forte incidence chez les femmes ne peut s'expliquer uniquement par des facteurs génétiques, ce qui souligne le rôle crucial des influences environnementales et sociales spécifiques au sexe.

Chaque année, près de 700 000 personnes se suicident dans le monde, et des différences persistantes et bien documentées existent entre les hommes et les femmes : les hommes ont tendance à mourir plus fréquemment par suicide, tandis que les femmes ont environ deux fois plus de risques de faire une tentative de suicide. Malgré la reconnaissance des facteurs génétiques impliqués dans le risque suicidaire, ceux-ci n’expliquent pas entièrement ces disparités marquées entre les sexes. Cette étude examine rigoureusement l’interaction entre la génétique et l’environnement familial partagé grâce à une analyse approfondie de plus de trois millions d’individus nés en Suède entre 1963 et 1998, intégrant des données sur les hospitalisations, les diagnostics psychiatriques et la mortalité sur plusieurs décennies.

Les chercheurs ont utilisé un cadre longitudinal pour suivre des individus de l'âge de 10 ans jusqu'à l'âge adulte, en garantissant un âge minimum de 21 ans à la fin de 2019, ce qui a permis d'établir un profil de risque longitudinal complet. La composition de la cohorte était équilibrée entre les sexes, avec des différences minimes dans la répartition par âge, permettant des analyses comparatives précises selon le sexe. Au sein de cette vaste population, environ 3 % ont fait au moins une tentative de suicide, les femmes représentant 55 % de ce sous-groupe, confirmant ainsi les différences entre les sexes observées précédemment dans les comportements suicidaires.

L'évaluation du risque familial révèle un constat particulièrement marquant : les tentatives de suicide se concentrent fortement au sein des familles proches. Les dyades mère-enfant présentent un risque plus de trois fois supérieur si la mère a des antécédents de tentatives de suicide, ce qui souligne la transmission potentielle du risque par des voies à la fois génétiques et environnementales. L'analyse des paires de liens de parenté – frères et sœurs germains, demi-frères et sœurs, et parents et enfants – met en lumière les variations du risque familial, important chez les apparentés au premier degré et atténué chez les apparentés au deuxième degré, conformément aux schémas de partage génétique attendus.

De façon surprenante, l'étude révèle des risques accrus au sein des relations familiales entre personnes de même sexe. Les paires de sœurs présentent un risque presque quatre fois plus élevé, un niveau seulement dépassé par les paires mère-fille et sœur-sœur, comparativement aux paires père-fils ou frère-frère. Cette agrégation familiale liée au sexe suggère des interactions complexes entre la vulnérabilité génétique et des facteurs environnementaux ou sociaux spécifiques au sexe, qui potentialisent les risques de tentative de suicide chez les femmes au sein des familles.

Pour quantifier les contributions respectives des facteurs génétiques et environnementaux, les auteurs ont utilisé des modèles sophistiqués sur un sous-ensemble de paires de frères et sœurs germains et demi-frères et sœurs par alliance. Leur analyse confirme une héritabilité d'environ 42 % pour les tentatives de suicide, constante chez les deux sexes, mettant en lumière une architecture génétique significative sous-jacente au comportement suicidaire. L'environnement familial partagé explique une proportion plus faible, mais statistiquement significative (environ 4 %), soulignant que, bien qu'influents, les facteurs familiaux sont secondaires par rapport aux facteurs génétiques dans la transmission du risque suicidaire.

Les comorbidités psychiatriques se sont révélées être des médiateurs cruciaux dans les tentatives de suicide : 76 % des personnes ayant tenté de se suicider présentaient des troubles psychiatriques documentés, contre seulement 15 % chez celles n’ayant pas fait de tentative. Il est à noter que les troubles psychiatriques étaient plus fréquents chez les femmes ayant tenté de se suicider, en particulier les troubles liés à l’usage de substances, qui présentaient les associations génétiques les plus fortes. Ces résultats confortent l’idée que les maladies psychiatriques, notamment les troubles liés à l’usage de substances, constituent d’importants endophénotypes qui, en convergeant avec une prédisposition génétique, augmentent le risque suicidaire.

Bien que exhaustive, cette étude demeure observationnelle, ce qui limite les inférences causales. De plus, son champ d'application géographique et démographique, restreint aux jeunes Suédois, peut limiter la généralisation des résultats à des populations plus larges et plus diversifiées. Néanmoins, la description détaillée des regroupements familiaux et de l'héritabilité spécifiques au sexe apporte des preuves convaincantes contre le déterminisme génétique comme unique facteur expliquant les différences entre les sexes en matière de comportements suicidaires.

Les auteurs préconisent un élargissement du programme de recherche, mettant l'accent sur les interactions hormonales, neurobiologiques et environnementales nuancées susceptibles de moduler différemment le risque entre les hommes et les femmes. Ils émettent l'hypothèse que le regroupement des tentatives de suicide selon le sexe au sein des familles pourrait être lié à des expositions environnementales communes et à des dynamiques socioculturelles qui nécessitent des investigations ciblées.

En conclusion, cette étude de registre à grande échelle met en lumière un modèle multifactoriel du risque de tentative de suicide, dans lequel la prédisposition génétique, bien que significative, ne suffit pas à expliquer les différences observées entre les sexes. L'importance accrue des interactions gène-environnement, notamment celles agissant de manière spécifique au sexe, ouvre des perspectives essentielles pour l'élaboration de stratégies de prévention adaptées. Ces approches doivent intégrer les dimensions biologiques, psychologiques et sociales afin de mieux atténuer le risque de suicide et de réduire le fardeau disproportionné que représentent les tentatives de suicide pour les femmes.

Cette étude marquante inaugure une nouvelle ère dans la recherche sur le suicide, soulignant l'impératif de décrypter l'imbrication complexe des facteurs génétiques et environnementaux au sein des systèmes familiaux et selon le sexe. Seule cette approche intégrative permettra d'affiner les interventions cliniques et les politiques de santé publique afin de répondre aux besoins hétérogènes des personnes vulnérables au suicide.

Article Title: Sex differences in familial risk and genetic components of suicide attempts: a register-based cohort study in Sweden
News Publication Date: 10-Mar-2026
Web References: http://dx.doi.org/10.1136/bmjment-2025-302082
Keywords: Suicide, Substance abuse, Genetic disorders, Gender studies, Social psychology


Source https://scienmag.com/suicidal-intentions-in-first-degree-female-relatives-could-elevate-womens-risk-of-suicide/ 

« Je veux que notre histoire serve à d’autres parents »… Un père raconte la crise suicidaire de sa fille adolescente

« Je veux que notre histoire serve à d’autres parents »… Un père raconte la crise suicidaire de sa fille adolescente

santé mentale•Dans son roman graphique « Le Passage », Mathieu Persan raconte le choc, la peur et la culpabilité d’un père face à la profonde dépression de sa fille de 15 ans

Lise Abou Mansour, Publié le 11/03/2026 

 «Une déflagration ». Lorsque Mathieu Persan, illustrateur et auteur, a appris que sa fille âgée de 15 ans traversait une crise suicidaire, il est resté sidéré. Abasourdi. Mais surtout, transi de peur. Effrayé par l’idée que son enfant, aspiré dans un gouffre de tristesse, ne s’ôte la vie. Dans son roman graphique Le passage (Editions Hachette), en librairie ce mercredi, le quadragénaire raconte son histoire (l’interview vidéo est à retrouver en tête de cet article). Celle d’un père démuni face à la profonde dépression de sa fille. Celle d’un couple qui se démène pour que son ado soit prise en charge dans une structure adaptée. Celle d’une enfant en souffrance qui se bat contre le mal qui la ronge.

Si Mathieu Persan souhaitait écrire le livre à quatre mains avec sa fille, il l’a finalement écrit seul, après de longues conservations avec elle afin de s’approcher au mieux de la réalité. Résultat : un roman graphique rempli de métaphores et de phrases poétiques retranscrivant très justement les pensées d’une personne souffrant de dépression et celles d’un père désemparé mais déterminé à aider son enfant.

La culpabilité d’un père

Dans son roman, l’auteur compare cette maladie à une pieuvre. Une pieuvre qui prend tout chez sa fille. Son énergie. Ses envies. Ses amis. Son sourire. Sa légèreté. Ses rêves. « On parle souvent de la dépression dans la société, de la tristesse et du manque d’énergie qu’elle engendre, mais je ne pensais pas que cette maladie pouvait à ce point annihiler la vie », reconnaît le père de deux enfants.

Tout au long du récit, Mathieu Persan aborde la question de la culpabilité. Celle de sa fille, qui ne comprend pas pourquoi elle est « si triste » alors qu’elle a « tout » pour être heureuse et se sait « privilégiée ». Mais aussi la sienne. « Je n’ai rien vu et pourtant j’étais aux premières loges, se désole-t-il. Chez un adolescent, beaucoup de comportements nous semblent normaux, comme le fait de ne pas ranger sa chambre ou de passer beaucoup de temps sur les écrans. Mais cette attitude peut être le symptôme de quelque chose de plus grave. »

Les droits reversés à des associations

Le père de famille a décidé d’écrire cet ouvrage pour que son expérience puisse servir à d’autres parents. « J’avais la sensation de vivre quelque chose de grave et de très marquant et je n’avais pas de repères culturels sur lesquels m’appuyer. Quand vous vivez une rupture amoureuse, il y a plein de films et de livres qui en parlent. C’est la même chose pour n’importe quel drame de la vie. Mais quand un parent a peur pour son enfant et que son enfant est en prise à la dépression, je n’avais pas de référence. C’est la raison pour laquelle j’ai voulu raconter mon histoire. »

Tous les droits d’auteur du livre seront versés à des associations qui œuvrent pour la santé mentale. Car l’auteur déplore le « peu de services, de cliniques, de places » et les « mois d’attente » afin d’être pris en charge, alors que la santé mentale est, pour la deuxième année consécutive, la grande cause nationale de 2026.

L’interview vidéo est à retrouver en tête de cet article.

Si vous ressentez des idées suicidaires ou êtes proche d’une personne qui en a, vous pouvez appeler le numéro national Souffrance et Prévention du Suicide au 31 14 (écoute gratuite et confidentielle 24h/24 et 7 J/7).

https://www.20minutes.fr/societe/4205309-20260311-veux-histoire-serve-autres-parents-pere-raconte-crise-suicidaire-fille-adolescente?

 ***

Nouveauté
Le Passage Mathieu Persan
11/03/2026


Elle. Depuis quelques semaines, elle a du mal à se lever. Le noir l’aspire petit à petit. Elle a 15 ans, la vie devant elle. Mais la vie est devenue un fardeau trop lourd à porter.
Lui. C’est son père. Au début, il a mis ça sur le compte de l’adolescence. Depuis ses 15 ans à lui, tout a tellement changé. La planète, Internet, les réseaux sociaux… Le monde qu’il croyait un peu comprendre lui échappe, et ses certitudes aussi.
Lui, c’est moi. Elle, c’est ma fille. Ce livre est l’histoire d’une famille frappée par la dépression adolescente. Le passage est notre récit à deux voix. Ce sont mes mots et mes images, et ceux que j’ai choisis pour elle, avec son accord, pour témoigner.
Avec sincérité, sensibilité, mais aussi humour et poésie, Mathieu Persan nous offre un regard essentiel et sans fard sur la santé mentale des jeunes.

Tous les droits d'auteur de ce livre seront reversés à des associations œuvrant pour la santé mentale des jeunes.

https://www.hachette-pratique.com/livre/le-passage-9782017251071/ 

lundi 9 mars 2026

ETUDE RECHERCHE USA la solitude pourrait jouer un rôle clé dans l’apparition des idées suicidaires

Solitude: ce facteur invisible qui pourrait déclencher les idées suicidaires
Sarah Jaoui  6 mars 2026 https://www.mieuxvivre.ma/*

Une étude publiée dans la revue scientifique JAMA révèle que la solitude pourrait jouer un rôle clé dans l’apparition des idées suicidaires. En amplifiant les effets de l’anxiété et de la dépression, le sentiment d’isolement apparaîtrait comme un facteur psychologique majeur, longtemps sous-estimé par la recherche.

La solitude est souvent décrite comme un sentiment banal, presque anodin. Beaucoup de personnes disent s’être déjà senties seules à un moment de leur vie, sans que cela ne paraisse alarmant. Pourtant, la recherche scientifique commence à montrer que ce ressenti pourrait jouer un rôle beaucoup plus profond dans la santé mentale. Une étude publiée le 4 mars dans la revue scientifique JAMA Network Open suggère en effet que la solitude pourrait constituer un facteur clé dans l’apparition des idées suicidaires.

Selon les chercheurs, l’isolement social ne serait pas seulement une conséquence des troubles psychologiques comme l’anxiété ou la dépression. Il pourrait aussi agir comme un mécanisme intermédiaire, renforçant progressivement la détresse mentale jusqu’à favoriser l’émergence de pensées suicidaires. Cette hypothèse vient éclairer un phénomène que de nombreux spécialistes observent depuis plusieurs années : la solitude semble s’imposer comme un enjeu majeur de santé publique dans les sociétés contemporaines.

Une étude menée sur plus de 62 000 personnes

Pour comprendre ce phénomène, les chercheurs ont analysé les données de plus de 62 000 adultes participant au programme de recherche américain All of Us, une vaste initiative scientifique lancée par les National Institutes of Health. Les participants ont répondu à plusieurs questionnaires évaluant leur état de santé mentale, notamment leurs symptômes d’anxiété, de dépression, leur niveau de solitude et la présence éventuelle d’idées suicidaires.

Les résultats montrent que ces quatre dimensions sont étroitement liées. Les personnes présentant davantage de symptômes anxieux ou dépressifs rapportaient plus souvent des pensées suicidaires. Mais surtout, les analyses statistiques ont mis en évidence un rôle particulier du sentiment de solitude. Celui-ci apparaît comme un facteur qui relie ces troubles psychologiques aux idées suicidaires, en amplifiant progressivement leur impact.

Autrement dit, l’anxiété ou la dépression peuvent conduire certaines personnes à se replier sur elles-mêmes, à éviter les interactions sociales ou à se sentir incomprises par leur entourage. Ce retrait social nourrit alors un sentiment d’isolement qui, à son tour, peut intensifier la détresse psychologique et augmenter le risque de pensées suicidaires.


Un mécanisme psychologique progressif

Ce phénomène ne se produit généralement pas de manière brutale. Il s’inscrit plutôt dans un processus progressif. Les troubles anxieux peuvent rendre certaines situations sociales difficiles à vivre : parler en public, rencontrer de nouvelles personnes ou même maintenir des interactions quotidiennes peut devenir source de stress. La personne peut alors réduire peu à peu ses contacts sociaux.

La dépression, de son côté, s’accompagne souvent d’une perte d’intérêt pour les activités habituelles et d’un sentiment de fatigue émotionnelle. Les personnes concernées peuvent se sentir détachées du monde qui les entoure, avoir l’impression de ne plus trouver leur place dans les relations sociales ou se persuader qu’elles constituent un fardeau pour les autres.

Dans ces conditions, la solitude ne se limite pas à l’absence de relations. Elle devient un ressenti intérieur, parfois même lorsque la personne n’est pas réellement isolée. Ce sentiment d’être seul face à ses difficultés peut alors renforcer les pensées négatives et la détresse psychologique.

Une «épidémie de solitude» dans les sociétés modernes

Les résultats de l’étude s’inscrivent dans un débat plus large sur la montée de la solitude dans de nombreux pays. Aux États-Unis, l’ancien Surgeon General Vivek Murthy avait déjà alerté en 2023 sur ce qu’il qualifiait d’« épidémie de solitude ». Selon plusieurs enquêtes, une part croissante de la population déclare se sentir régulièrement isolée ou manquer de relations sociales significatives.

Plusieurs facteurs sont souvent évoqués pour expliquer cette évolution. Les transformations du travail, l’urbanisation, l’individualisation des modes de vie ou encore l’usage intensif des technologies numériques peuvent réduire les interactions sociales directes. Les réseaux sociaux permettent certes de rester connectés, mais ils ne remplacent pas toujours les relations humaines profondes. 

La pandémie de Covid-19 a également contribué à accentuer cette tendance dans certaines populations. Les périodes de confinement et la réduction des contacts sociaux ont pu fragiliser les liens relationnels, notamment chez les personnes déjà vulnérables sur le plan psychologique.

Pourquoi la solitude peut affecter la santé mentale

Les chercheurs avancent plusieurs pistes pour expliquer pourquoi la solitude pourrait influencer les pensées suicidaires. Sur le plan psychologique, le manque de relations de soutien peut réduire la capacité à faire face aux difficultés de la vie. Les interactions sociales jouent en effet un rôle important dans la régulation des émotions et dans la construction du sentiment d’appartenance.

Lorsqu’une personne se sent isolée, elle peut avoir l’impression que personne ne comprend ce qu’elle traverse. Cette perception peut renforcer des pensées négatives sur soi-même, alimenter un sentiment de désespoir et accentuer la perception d’un avenir sans issue.

Certaines études suggèrent également que la solitude pourrait avoir des effets biologiques. Elle serait associée à des modifications du système immunitaire et à une augmentation de certains marqueurs inflammatoires. Ces processus physiologiques pourraient influencer le fonctionnement du cerveau et contribuer à l’apparition de troubles psychologiques.


Un facteur souvent négligé dans la prévention

Traditionnellement, la prévention du suicide s’est surtout concentrée sur le traitement des troubles psychiatriques, notamment la dépression et l’anxiété. Les approches thérapeutiques incluent généralement la psychothérapie, les traitements médicamenteux ou des programmes de soutien psychologique.

Les résultats de la nouvelle étude suggèrent toutefois que la solitude pourrait constituer une cible complémentaire pour les stratégies de prévention. Renforcer les liens sociaux, encourager les activités collectives ou développer des réseaux de soutien pourraient contribuer à réduire une partie du risque.

Cela ne signifie pas que la solitude soit la seule cause des pensées suicidaires. Les chercheurs rappellent que ces phénomènes sont complexes et multifactoriels. De nombreux éléments peuvent intervenir, notamment les conditions de vie, les traumatismes, les difficultés économiques ou les problèmes de santé mentale.

Cependant, la prise en compte du sentiment d’isolement pourrait permettre d’identifier plus tôt certaines situations de vulnérabilité et d’agir avant que la détresse ne s’aggrave.


Les limites de l’étude

Comme toute recherche scientifique, cette étude comporte certaines limites. Les données analysées reposent sur des questionnaires remplis par les participants à un moment donné, ce qui ne permet pas d’établir avec certitude une relation de cause à effet. Il est donc possible que les liens entre solitude, troubles psychologiques et idées suicidaires soient plus complexes qu’ils n’apparaissent dans les analyses.

Par ailleurs, l’échantillon étudié est principalement composé d’adultes américains ayant volontairement participé au programme de recherche. Les résultats ne peuvent donc pas être automatiquement généralisés à l’ensemble de la population mondiale.

Malgré ces limites, l’étude apporte un éclairage important sur la manière dont les différents facteurs psychologiques peuvent s’entrelacer dans l’apparition des idées suicidaires.


Repenser la place des liens sociaux

Au-delà de ses résultats scientifiques, cette recherche invite à réfléchir plus largement au rôle des relations humaines dans la santé mentale. Les liens sociaux ne se limitent pas à un simple aspect de la vie quotidienne : ils constituent un élément fondamental du bien-être psychologique. 

Se sentir compris, soutenu et intégré dans un réseau de relations peut agir comme un facteur protecteur face aux difficultés de la vie. À l’inverse, le sentiment d’isolement peut fragiliser les individus et rendre plus difficile la gestion des épreuves.

Dans un monde où les interactions sociales évoluent rapidement, ces questions prennent une importance croissante. La solitude, longtemps considérée comme une expérience individuelle, apparaît désormais comme un enjeu collectif qui concerne la santé publique.

Les chercheurs espèrent que leurs travaux encourageront de nouvelles initiatives visant à renforcer les liens sociaux et à lutter contre l’isolement. Car derrière les chiffres et les analyses statistiques, une réalité simple se dessine : le besoin de connexion humaine reste l’un des fondements essentiels de l’équilibre psychologique.

Solitude et idées suicidaires

La solitude peut-elle augmenter le risque d’idées suicidaires?
Oui. Plusieurs études scientifiques montrent que la solitude est associée à un risque plus élevé d’idées suicidaires. Le sentiment d’isolement peut intensifier la détresse psychologique et renforcer les effets de troubles comme l’anxiété ou la dépression.

Pourquoi la solitude affecte-t-elle la santé mentale?
La solitude peut réduire le sentiment d’appartenance et de soutien social. Or, les relations humaines jouent un rôle important dans la régulation des émotions. Lorsqu’une personne se sent isolée, elle peut avoir davantage de pensées négatives et se sentir seule face à ses difficultés.

Quel lien existe entre anxiété, dépression et solitude?
L’anxiété et la dépression peuvent entraîner un retrait social. Les personnes concernées peuvent éviter certaines interactions ou perdre l’envie de participer à des activités sociales. Ce retrait peut renforcer la solitude, qui à son tour aggrave la détresse psychologique.

La solitude est-elle devenue un problème de santé publique?
Oui, de nombreux chercheurs et institutions de santé considèrent aujourd’hui la solitude comme un enjeu majeur de santé publique. Dans plusieurs pays, les études montrent qu’une part importante de la population se sent régulièrement isolée, ce qui peut avoir des conséquences sur la santé mentale et physique.

Comment lutter contre le sentiment de solitude?
Renforcer les liens sociaux est l’une des stratégies les plus efficaces. Participer à des activités collectives, maintenir des relations régulières avec ses proches ou s’engager dans des associations peut aider à réduire le sentiment d’isolement et à améliorer le bien-être psychologique.


Source scientifique

Musacchio Schafer K., Franklin J., Embí P.J., Walsh C.G. Loneliness, Anxiety Symptoms, Depressive Symptoms, and Suicidal Ideation in the All of Us Dataset. JAMA Network Open, publié le 4 mars 2026. DOI : 10.1001/jamanetworkopen.2026.0596.