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lundi 24 avril 2023

SUISSE ZOOM SUR "Suivi Filet" de l’équipe de Malatavie : Le suivi filet est un suivi ambulatoire demandé par un thérapeute externe pour un soutien supplémentaire au suivi en cours

Malatavie : Unité de crise pour ados

Le fait d’avoir « mal à sa vie » pendant l’adolescence est normal. Malatavie est une unité multidisciplinaire qui se concentre sur la souffrance des jeunes plutôt que sur leurs pathologies. En effet, durant cette période de vulnérabilité, il faut surtout que les ados puissent trouver de l’aide.

Souvent, ces derniers s’estiment trop « vieux » pour aller chez le pédiatre mais ne souhaitent pas consulter le même médecin que leurs parents. Pourtant, le besoin de se faire entendre est bien réel, et les problèmes nombreux. Malatavie se met à la disposition des jeunes et parie sur cette rencontre.


Les demandes de suivi filet sont à adresser par courriel à l’adresse suivante : Ctai.Ctai@hcuge.ch

mardi 7 février 2023

SUISSE Nouvel outil thérapeutique pour prévenir le risque de suicide chez les adolescents

Nouvel outil thérapeutique pour prévenir le risque de suicide chez les adolescents

 02.02.2023

 

 

AUTRE ARTICLE SUR LE SUJET

Vaud, lundi 23 janvier 2023 sur 24 Heures (Suisse), no. 16522

Suicide des adolescents

Une nouvelle thérapie combat le risque de repasser à l'acte

L'outil AdoASSIP aide les jeunes à « comprendre leur histoire autourde la tentative de suicide » et à réagir si cette crise se répète.

Romaric Haddou

En Suisse, selon une étude de 2017, environ 10% des jeunes ont déjà eu des pensées suicidaires dans les deux dernières semaines et environ 1% des adolescents ont fait une tentative pendant les douze derniers mois. Pour prévenir la récidive, le Service universitaire de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (SUPEA) du CHUV utilise depuis l'automne 2022 un nouvel outil thérapeutique. Intitulé AdoASSIP (pour Attempted Suicide Short Intervention Program for Adolescents), il est en place dans treize cantons et consiste en une thérapie brève qui vise à mobiliser les ressources de l'adolescent et de son entourage. Cheffe de la filière Hospitalisation et urgences/crises au SUPEA, Carole Kapp détaille cette nouvelle méthode.

Comment et par qui a été développé AdoASSIP?

C'est une adaptation de l'outil ASSIP, une thérapie de trois séances qui est destinée aux adultes, utilisée depuis environ quinze ans à Berne et implantée depuis 2021 en Suisse romande. Promotion Santé Suisse a soutenu cette adaptation qui est un peu plus complexe et comprend deux séances supplémentaires. Le but reste de prévenir la récidive chez des personnes ayant déjà fait une tentative de suicide. Pour cela, nous aidons l'adolescent à déculpabiliser, à comprendre et à expliciter cette tentative afin de lui permettre de mobiliser les stratégies à utiliser si ça devait se reproduire. C'est une thérapie qui complète la prise en charge ambulatoire de base, ce n'est pas un substitut.

En quoi consistent ces cinq séances?

Il y a d'abord un entretien préliminaire, en présence du jeune et de ses parents, puis une séance filmée où le thérapeute écoute le récit de l'adolescent. Il faut qu'il parvienne à comprendre ses émotions, ses pensées et ses comportements avant et pendant la tentative de suicide. Très souvent, il fera le lien avec les éléments qui ont engendré cette souffrance ou qui ont déclenché la tentative. Lors du deuxième entretien, on visionne certains extraits du premier afin d'approfondir cette compréhension. Et lors du troisième, le thérapeute présente l'histoire du patient, qu'il a écrite sur la base des rencontres précédentes. Cette histoire sera ajustée avec l'adolescent afin d'être lue aux parents si l'adolescent le souhaite. Un plan de sécurité personnel est aussi élaboré avec des objectifs, des signaux avant-coureurs à repérer et des stratégies en cas de réactivation du processus suicidaire. La cinquième séance est donc une nouvelle rencontre avec les parents afin de leur transmettre l'histoire de leur enfant. Le thérapeute ambulatoire participe aussi.

Cette méthode a-t-elle déjà des résultats?

Nous avons lancé AdoASSIP à l'automne dernier, mais une étude a été menée sur vingt-quatre mois concernant l'efficacité d'ASSIP auprès des adultes. Elle a montré qu'en ajoutant ASSIP à la prise en charge habituelle, on constate une baisse d'environ 80% de la récidive en plus d'une baisse de 72% des jours hospitalisés.

Combien d'adolescents imaginez-vous suivre par année?

À terme, selon les estimations du projet soutenu par Promotion Santé Suisse, environ une cinquantaine par année. Nous fonctionnons sur une base volontaire: pour initier AdoASSIP, il faut que l'adolescent et sa famille souhaitent faire ce travail thérapeutique supplémentaire.

L'implication des parents est-elle impérative?

Oui, il est important que l'environnement de vie soit partie prenante. La prévention n'est pas uniquement l'affaire des spécialistes, elle concerne la famille, les amis, les enseignants, les médecins... AdoASSIP est un dispositif spécialisé mais il y a tout un accompagnement qui doit être fait en dehors. Les décès par suicide restent rares chez les jeunes mais c'est malheureusement toujours la première cause de mortalité chez les 15-29 ans en Suisse.

Contact: adoassip.supea@chuv.ch

 

INFO plus 

Keller, R., Saillant, S., Gysin-Maillart, A., Michaud, L., ASSIP : nouvelle modalité thérapeutique après un geste suicidaire, Rev Med Suisse, 2021/751 (Vol.7), p. 1602–1605. DOI: 10.53738/REVMED.2021.17.751.1602 URL: https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2021/revue-medicale-suisse-751/assip-nouvelle-modalite-therapeutique-apres-un-geste-suicidaire

 

vendredi 12 août 2022

SUISSE ETUDE RECHERCHE Le psychiatre comme « gatekeeper » : une étude qualitative sur le rôle du psychiatre dans les demandes de suicide assisté

Le psychiatre comme « gatekeeper » : une étude qualitative sur le rôle du psychiatre dans les demandes de suicide assisté
Anne-Laure Serra 1  Friedrich Stiefel 2 C É line Bourquin 2
1
Service universitaire de psychiatrie de l’âge avancé, Centre hospitalier universitaire Vaudois (CHUV)et Université de Lausanne, Suisse  <Anne-Laure.Serra@chuv.ch>
2 Service de psychiatrie de liaison, Centre hospitalier universitaire Vaudois et Université de Lausanne, Suisse
Correspondance : A.-L. Serra
Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement Volume 20, numéro 1, Mars 2022

Contexte

En Suisse, dans les situations de demandes de suicide assisté, le psychiatre est mis dans une position de « gatekeeper » lorsqu’on lui demande de se prononcer sur la capacité de discernement et sur l’existence d’un éventuel trouble psychiatrique interférant avec cette capacité et qui empêcherait les patients d’accéder à cet acte.

Objectif

L’étude explore les motifs des demandes de suicide assisté formulées par des patients hospitalisés dans un service somatique du Centre hospitalier universitaire Vaudois ainsi que les enjeux auxquels le psychiatre fait face.

Méthode

L’étude se base sur une analyse rétrospective des rapports psychiatriques, concernant 18 patients de 65 ans ou plus qui ont fait une demande de suicide assisté. Nous avons identifié dans le matériel des motifs manifestes mais aussi des éléments latents, en prenant pour cadre la théorie de l’attachement et une lecture psychodynamique orientée autour des concepts de Moi idéal, Idéal du moi et Surmoi.

Résultats

Différentes catégories de motifs de recours au suicide assisté ont été identifiées dans les demandes des patients. Au niveau latent, des indices d’attachement sécure et insécure, de sentiments sous-jacents de honte et d’abandon et plus rarement de culpabilité ont été relevés. Outre des limites liées à l’état du patient, le rôle de gatekeeper a un impact sur les possibilités d’aborder ou d’utiliser ces éléments de manière thérapeutique avec le patient.

Conclusion

Le psychiatre mis dans un rôle de gatekeeper face au suicide assisté est dans une position peu confortable. Il est amené à penser comment tenir ce rôle tout en demeurant psychiatre de liaison.
accès étude https://www.jle.com/fr/revues/gpn/e-docs/le_psychiatre_comme_gatekeeper_une_etude_qualitative_sur_le_role_du_psychiatre_dans_les_demandes_de_suicide_assiste_321854/article.phtml?tab=texte

lundi 11 juillet 2022

SUISSE "Surmonter la crise suicidaire après une hospitalisation brève"

Surmonter la crise suicidaire après une hospitalisation brève
n° 20 Juillet-Septembre 2022 https://pulsations.hug.ch*
Texte: Yseult Théraulaz

L'Unité hospitalière du Service de psychiatrie de liaison et d’intervention de crise accueille jusqu’à dix personnes en grande détresse psychologique. Au bout de cinq à sept jours, elles repartent avec un suivi thérapeutique planifié et l’espoir de jours meilleurs.

Lorsque rien ne va plus, que la vie semble maussade et que le désespoir s’installe, il est important de savoir qu’une aide existe et qu’il convient de ne pas rester seul ou seule. Comme le dit Stromae dans « L’Enfer », chanson de l’artiste belge évoquant ses idées suicidaires : « J’suis pas tout seul à être tout seul, ça fait déjà ça de moins dans la tête. »

Effectivement, l’artiste est loin d’être seul. Aux HUG, chaque année, l’Unité de crise du Service de psychiatrie de liaison et d’intervention de crise accueille environ 350 patients et patientes en crise suicidaire, soit ayant des idées morbides, soit ayant commis un geste dans le but de se faire du mal, voire de mettre fin à leurs jours. « Ce qui est déterminant, ce n’est pas tant la gravité du geste effectué que l’intention suicidaire », explique le Dr Paco Prada, médecin responsable de l’unité. « Les personnes qui nous sont adressées sont très vulnérables au moment de leur hospitalisation. Elles vivent une crise importante», poursuit-il. Pour le spécialiste, celle-ci se présente comme une rupture abrupte de l’équilibre de la personne : « Il existe plusieurs types d’équilibres, affectif, social, professionnel et psychique, entre autres. Lorsqu’un déséquilibre survient dans un domaine, mais que la personne arrive à compenser avec les autres, il n’y a pas de crise. Par exemple, lors d’une rupture amoureuse, si la personne est bien entourée ou qu’elle s’épanouit au travail, elle devrait surmonter cette épreuve sans perdre totalement pied, ce qui ne sera pas forcément le cas si elle est isolée et sans emploi. »
Une prise en charge intensive

Les personnes qui arrivent dans l’unité de crise sont toujours adressées par des médecins (généralistes ou psychiatres de ville), qui les ont préalablement évaluées, ou par les urgences psychiatriques. Si la durée d’hospitalisation est brève, entre cinq et sept jours, le soin, lui, est intensif : deux entretiens psychothérapeutiques par jour et un entretien de couple ou de famille. « Nous commençons par une phase d’accueil : nous faisons connaissance avec la personne, sa situation, sa détresse et les symptômes dont elle souffre. Nous lui expliquons le fonctionnement de l’unité. Dans un deuxième temps, nous cherchons à comprendre le facteur de crise qui l’a menée à la rupture d’équilibre et travaillons avec elle sur les raisons de son geste. Pendant cette phase, il y a un besoin de reconnaissance de la souffrance. Passé ce stade, nous lui proposons un travail de synthèse et de reformulation de ce qui lui est arrivé. C’est là que nous parvenons à rétablir un certain équilibre personnel. La personne n’est alors plus uniquement une victime, mais devient aussi actrice », détaille le Dr Prada. Les patients et patientes bénéficient aussi de séances de psychomotricité. « Il s’agit d’une approche corporelle dans laquelle nous abordons le vécu corporel, l’intégration du corps dans le vécu. Cette approche permet de mettre en scène, par exemple, l’expression physique de certaines émotions comme la colère et la tristesse », poursuit l’expert.

À la fin de ces trois temps de prise en charge, l’équipe pluridisciplinaire propose de mettre en place le suivi thérapeutique afin que la personne reparte avec des rendez-vous agendés et qu’elle puisse reprendre sa vie avec l’espoir de jours meilleurs.

1000 personnes se suicident chaque année en Suisse, environ 50 dans le canton de Genève.

20-50x plus de tentatives de suicide que de suicides aboutis.

Environ 540 000  personnes ont exprimé des idées suicidaires dans les deux semaines qui ont précédé la réponse au questionnaire de l’Enquête suisse sur la santé de 20171.
1 obsan.admin.ch(link is external)

6,3 ♀/18 ♂ Le taux de suicide en Suisse est de 6,3 femmes pour 100 000 et de 18 hommes pour 100 000.

12-24 Les personnes ayant fait une tentative de suicide sont particulièrement à risque de réitérer leur geste dans les 12 à 24 mois suivant le premier épisode.

50% des personnes ayant fait une tentative de suicide souffrent de dépression, 25 % consomment des substances toxiques.

Témoignage
« Savoir que cette unité existe m’aide à surmonter les moments difficiles »

Lauriane* a été prise en charge à deux reprises dans l’Unité hospitalière des HUG. « J’ai d’abord été admise aux soins intermédiaires, puis l’équipe m’a proposé de m’hospitaliser. Je n’ai pas compris tout de suite pourquoi, car je me sentais tellement mal physiquement à cause de ma tentative de suicide que je ne voyais pas l’urgence de s’occuper de l’aspect psychologique. » Cette première hospitalisation a permis à la trentenaire de faire un travail sur soi et de comprendre son geste : « Pendant le séjour, le suivi psychiatrique est très intense, cela permet d’avancer rapidement. » Quelques mois plus tard, la jeune femme décide de retourner à l’unité sans attendre de commettre à nouveau une tentative de suicide. « Savoir que cette unité existe m’aide à surmonter les moments difficiles. L’équipe soignante est formidable. Nous nous sentons à la fois protégés, mais aussi poussés à agir pour nous en sortir. Ma famille a participé à un entretien et elle est depuis très présente à mes côtés. »

* Prénom d’emprunt. 

 https://pulsations.hug.ch/article/surmonter-la-crise-suicidaire-apres-une-hospitalisation-breve

 

vendredi 17 juin 2022

SUISSE PREPA La plateforme d’information pour la prévention au cabinet médical : Suicidalité

La plateforme d’information pour la prévention au cabinet médical 

"PEPra offre un ensemble de mesures coordonnées pour la prévention dans la médecine ambulatoire de premier recours, en se basant sur les approches et programmes déjà développés par les médecins."

jeudi 20 janvier 2022

ETUDE RECHERCHE SUISSE Travail à temps partiel et autres facteurs de risque professionnels de suicide chez les femmes actives de la cohorte nationale suisse


Travail à temps partiel et autres facteurs de risque professionnels de suicide chez les femmes actives de la cohorte nationale suisse
Publication scientifique
Objectif Le but de cette étude était de décrire les facteurs associés à la mortalité par suicide chez les travailleuses en se concentrant sur les facteurs liés au travail.
Méthodes La population étudiée était constituée de tous les résidents suisses enregistrés lors des recensements nationaux obligatoires de 1990 et / ou de 2000 et étaient liés aux registres d'émigration et de mortalité. Nous avons sélectionné toutes les femmes âgées de 18 à 65 ans et au travail aux dates officielles du recensement. Les variables liées au travail suivantes étaient disponibles : le statut socio-économique, la durée hebdomadaire du travail, le secteur d'activité et l'intitulé du poste codé selon la classification internationale standard des professions (CITP). Le risque de suicide a été modélisé à l'aide d'une régression binomiale négative.
Résultats La cohorte comprenait 1 771 940 femmes et 2 526 décès par suicide correspondant à 24,9 millions d'années-personnes. Les prédicteurs non professionnels les plus importants du suicide étaient l'âge, la période, l'état civil, la religion, la nationalité et les régions géographiques. En tenant compte de ces facteurs, le travail à temps partiel était associé à une augmentation des taux de suicide. Selon les codes du travail, la santé et les activités sociales, en particulier le personnel soignant présentait les risques de suicide les plus élevés.
Conclusion Le suicide chez les travailleuses dépendait de facteurs liés au travail, même en tenant compte d'autres facteurs sociodémographiques. Mots clés Mortalité par suicide · Epidémiologie · Étude de cohorte · Femme · Facteurs professionnels · Travail à temps partiel

Fiche technique
Année de publication  2021

Langue  Anglais
Discipline(s)  Psychologie du travail
Auteur(s)
WILD P., BOVIO N., GUSEVA CANU I.

Référence
International Archives of Occupational and Environmental Health, https://doi.org/10.1007/s00420-020-01629-z 

https://link.springer.com/article/10.1007/s00420-020-01629-z

vendredi 5 novembre 2021

SUISSE Le Toussaint’s Festival brise le tabou du suicide chez les jeunes à coup de théâtre, exposition, conférences, et débats, jusqu’au 7 novembre, Lausanne

Suicide: une jeunesse en deuil

4 novembre 2021
Le Toussaint’s Festival brise le tabou du suicide chez les jeunes à coup de théâtre, exposition, conférences, et débats, jusqu’au 7 novembre au Centre culturel des Terreaux à Lausanne.

Comment annoncer à un adolescent le suicide d’un camarade de classe ou d’un ami de son âge? Comment accompagner ce deuil et les questionnements que suscite un tel décès? Proches et professionnels sont parfois démunis. Pour son édition 2021, le Toussaint’s Festival relève le défi de réunir des spécialistes de la question qui proposent des outils en matière de prévention et de gestion du deuil. Au programme: formations, débats, conférences, exposition et théâtre, jusqu’au 7 novembre au Centre culturel des Terreaux à Lausanne. Initialement prévue l’an passé et repoussée pour raisons sanitaires, la thématique, collant toujours tristement à l’actualité, a tenu bon l’affiche.

«Il y a urgence. Avec les mesures sanitaires mises en place depuis le début de la pandémie, les jeunes souffrent. Nombreux sont ceux qui ont l’impression d’avoir été privés de vie sociale et voient leur jeunesse péjorée», note Alix Noble Burnand, thanatologue, conteuse, directrice et fondatrice du Toussaint’s Festival. Les chiffres en témoignent. En 2020, l’Observatoire suisse de la santé relevait que si le taux de suicide avait chuté de moitié ces trente dernières années chez les 11-25 ans, il reste l’une des premières causes de décès au sein de cette population. Le site ciao.ch, quant à lui, relève une augmentation de 45% des messages suicidaires entre le premier trimestre 2020 et le premier trimestre 2021. Des constats qui ont fait réagir les autorités. Début octobre, le Canton de Vaud a renforcé les prestations de la prévention à la prise en charge médicale des enfants et des jeunes à travers 15 mesures pour un montant d’environ 5 millions de francs.


Rompre le tabou

«Une société qui voit ses jeunes se suicider est une société qui va mal. Et on préfère ne pas en parler. Il faut rompre le tabou qui entoure cette question», affirme Alix Noble Burnand. Le Toussaint’s Festival rassemble donc des spécialistes de la question tant sur la prévention que sur la gestion du deuil. Et parmi les endeuillés justement, il faut compter les jeunes eux-mêmes, dont la prise en charge commence déjà au sein de leur lieu de formation. 

Psychologue spécialisée en psychologie d’urgence, Carol Gachet est aussi la directrice de ICP Intervention de Crise et Prévention. Elle intervient à ce titre notamment dans les écoles et institutions, par délégation de l’Unité de promotion de la santé et de prévention en milieu scolaire vaudois. D’entrée de jeu, le protocole est clair. Aucune communication nommant le suicide n’est faite dès lors que les conclusions officielles de l’enquête de police ne sont pas parvenues à la direction et que celle-ci n’a pris contact avec la famille du défunt. La cellule de crise mise sur pied comprend psychologues, médiateurs, infirmiers scolaires et aumôniers aux côtés de la direction. Ces derniers sont d’ailleurs prévenus avant les élèves. La raison? «Il faut éviter que l’enseignant soit en état de choc en même temps que les élèves, mais lui permettre de prendre de la distance pour faire face aux émotions de la classe», précise Carol Gachet. L’impact de l’événement sur la structure est évalué, les différents groupes impactés identifiés, et c’est l’annonce en classe, suivie de l’état de choc. «Il faut alors ouvrir un espace de parole, une première ventilation aux élèves.» Changer la dynamique de la classe en se regroupant en cercle, dessiner ou sortir du bâtiment pour se réunir ailleurs.


La mise en mouvement

Attendu sur les questions liées à la mort et au deuil, l’aumônier est bien souvent en première ligne dans ces moments-là. «Nous proposons aux élèves de sortir de leur classe pour éviter qu’elle devienne un lieu de deuil. Ce premier mouvement évite de tomber dans l’immobilisme et la sidération», explique Frédéric Steinhauer, aumônier réformé dans les Écoles professionnelles vaudoises. «D’un point de vue neuropsychologique, la mise en mouvement permet de sortir de l’état de choc et de redescendre sur terre», commente Carol Gachet.

«Il est important de normaliser les émotions telles que la colère ou la tristesse des jeunes, qui peuvent avoir des réactions très fortes. Il faut les écouter et les aider à trouver ce qu’ils peuvent en faire», ajoute la psychologue. Frédéric Steinhauer propose d’ailleurs de se réunir dans un lieu «où les jeunes peuvent se recueillir et se restaurer. Nous les faisons participer à l’aménagement du lieu. C’est aussi là que des rituels se créent: une minute de silence, de la musique, allumer une bougie. Et parfois une parole exprimée», énumère l’aumônier. Que dire dans de tels moments? «Pas grand-chose. Il faut rester sensible aux émotions des jeunes présents, valider la sidération et le fait que nous ne sommes pas tous touchés de la même manière par cet événement», explique le pasteur.

Au bout d’une heure, voire deux, parfois plus, les cours reprennent. Mais les élèves, eux, imaginent déjà ce qu’ils souhaitent mettre en place pour la famille du défunt ou en mémoire de leur camarade. «Il est alors essentiel de pouvoir leur dire que cette discussion sera reprise dans un deuxième temps et qu’il soit programmé. Après 48 heures, on est sorti de l’état de choc, les idées sont plus claires», rappelle Carol Gachet. Et d’ajouter que «ce second temps est aussi l’occasion pour la direction d’ouvrir une salle dans laquelle des fleurs, bougies, photos peuvent être disposées, et pourquoi pas un livre souvenir». Quant à la cellule de crise, elle garde une attention particulière aux élèves les plus fragiles.  


Le poids de la culpabilité

Décès brutal, le suicide génère une culpabilité plus aiguë chez les endeuillés. «Elle a une fonction: on tente de se donner du pouvoir par rapport à une situation dans laquelle on se sent impuissant, une situation injuste», analyse Carol Gachet. «C’est un deuil qui pose énormément de questions, car il n’y a pas d’explication», abonde Alix Noble Burnand. Et de poursuivre: «C’est une guerre civile qui se joue dans le for intérieur de l’endeuillé, entre accusation de soi-même et culpabilité et colère face à l’acte de l’autre. Il faut légitimer ses émotions, s’autoriser à les libérer et accepter qu’elles nous habitent. Il faut ensuite faire le tri et travailler sur le souvenir: qu’est-ce qui en moi dit merci? Comment honorer ce qui a existé et qui m’a fait grandir au contact de cette personne?»

Toussaint’s Festival

Jusqu’au 7 novembre, Centre culturel des Terreaux à Lausanne. Programme complet sur: www.toussaints-festival.ch

- «Suicide d’un·e jeune… Quelle prise en charge pour le groupe impacté?», avec Carol Gachet, psychologue spécialisée en psychologie d’urgence, consultante en gestion et communication de crise et directrice de ICP Intervention de Crise et prévention. Vendredi 5 novembre, de 14h à 16h. Prix: 40 fr., attestation à la fin de la formation.

- «Aumônerie en milieu de formation post obligatoire», avec notamment Frédéric Steinhauer, aumônier Écoles professionnelles, samedi 6 novembre de 13h à 14h. Entrée libre.

https://www.reformes.ch/societe/2021/11/suicide-une-jeunesse-en-deuil-suicide-deuil-jeunesse-accompagnement-toussaint-vaud

jeudi 4 novembre 2021

SUISSE Prévention du suicide : Nouveaux documents pour les professionnels, les personnes suicidaires et les proches

La prévention du suicide au cours d’une prise en charge psychiatrique
d'apres https://www.bag.admin.ch/*

Le risque de suicide des patients pendant ou juste après un séjour en clinique psychiatrique est élevé. Aussi l’OFSP a-t-il lancé en 2018, en collaboration avec la Conférence suisse des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS), un projet visant à prévenir le suicide pendant et après un séjour en institution.


ACTUEL

Octobre 2021: Suite à la publication des recommandations pour les professionnels de la santé « Prévention du suicide après un séjour hospitalier » (été 2019, voir l’activité partielle 3 ci-dessous), l'OFSP a développé plusieurs documents afin de soutenir la mise en œuvre de cet objectif. Ces outils s'adressent aux professionnels, aux personnes suicidaires et aux proches. Nous demandons aux professionnels de les distribuer aux personnes suicidaires et aux proches ainsi que de travailler avec, eux-mêmes. Les documents peuvent être commandés gratuitement auprès de l'Office fédéral des constructions et de la logistique (OFCL) en utilisant le numéro de commande correspondant. Les versions numériques sont disponibles ici, en format PDF. Veuillez noter que les versions imprimées sont plus attrayantes, notamment pour l'utilisation des cartes d'urgence.
OFSP, Brochure « Soutenir les proches de personnes suicidaires. Recommandations au personnel soignant des soins psychiatriques. », 2021 (PDF, 972 kB, 01.11.2021)

OFSP, Flyer « En cas de pensées suicidaires : parler peut sauver (avec carte d'urgence). Informations pour les personnes concernées et leurs proches. », 2021 (PDF, 820 kB, 27.10.2021)

OFSP, Outil d’auto-assistance « Plan d’urgence (avec carte d'urgence). Pour les personnes ayant des pensées suicidaires. », 2021 (PDF, 592 kB, 27.10.2021)

OFSP, Brochure « Séjour hospitalier pour personnes en crise suicidaire. Informations pour les proches. », 2021 (PDF, 3 MB, 27.10.2021)

5 % des suicides surviennent lors d’un séjour dans une unité psychiatrique. Par ce projet, l’OFSP et la CDS veulent favoriser l’échange de connaissances entre professionnels en soins psychiatriques. Il s’inscrit dans l’objectif n° 5 du plan d’action : « Les personnes qui présentent un risque de suicide ou qui ont tenté de se suicider bénéficient d’un suivi et de soins rapides, spécifiques et adaptés à leurs besoins ».

Mise en œuvre
Trois premières activités partielles ont été définies conjointement avec les organisations associées au projet :
Rendre compte de l’état des connaissances au plan international au travers d’une étude de la littérature
Recenser les approches et les lignes directrices existantes en ce qui concerne la suicidalité dans les cliniques psychiatriques
Formuler des recommandations en matière de prévention du suicide lors de la transition entre le séjour en clinique psychiatrique et la prise en charge ambulatoire

Organisations associées
1. Recherche bibliographique sur les suicides et les tentatives de suicide pendant et après un séjour en clinique psychiatrique
La fondation Dialog Ethik a, sur mandat de l’OFSP, effectué en 2018 une étude systématique de la littérature consacrée aux suicides et aux tentatives de suicide survenus pendant ou après un séjour dans un établissement psychiatrique (voir le document ci-dessous). L’accent était mis sur les points suivants :
Défis inhérents au travail psychiatrique que posent le suicide et la tentative de suicide pendant ou après un séjour en institution ;
causes et facteurs de risque ;
évaluation du risque de suicide et mesures de prévention ;
aspects éthiques.

2. Analyse de la situation concernant la prévention du suicide dans les cliniques psychiatriques

L’OFSP a établi en 2018 une cartographie des approches et des lignes directrices existantes concernant les tendances suicidaires à partir des informations recueillies auprès des membres de Swiss Mental Healthcare (SMHC), association faîtière des cliniques psychiatriques en Suisse (voir le document ci-dessous). L’enquête montre que de nombreuses cliniques psychiatriques ont récemment élaboré des concepts et des orientations en ce qui concerne la suicidalité. Il convient d’en observer les effets sur la prévention du suicide pendant un séjour en clinique psychiatrique.

3. Recommandations pour la prévention du suicide après un séjour hospitalier
Les organisations associées ont débuté l’année 2018 par l’élaboration de recommandations concernant la prévention du suicide lors de la transition entre le séjour hospitalier et la prise en charge ambulatoire. Les recommandations visent à permettre au patient de vivre ce passage comme une simple étape dans son parcours thérapeutique et à reprendre sa vie quotidienne en toute sécurité. Elles s’adressent en premier lieu aux comités de direction et aux cadres des services psychiatriques hospitaliers ainsi qu’aux professionnels assurant la prise en charge et le traitement de patients après leur séjour en service psychiatrique. Au nombre de sept, les recommandations ont été publiées en août 2019 dans la brochure « Prévention du suicide après un séjour hospitalier » (voir rubrique Documents ci-dessous). L’OFSP a chargé Socialdesign de rédiger un rapport sur les aspects financiers de ces recommandations (voir rubrique Documents ci-dessous).
En complément du projet partiel 3, l’OFSP a chargé Ecoplan de mener une recherche pour étudier le rôle des proches des personnes suicidaires et de élaborer des recommandations pour soutenir les proches, à l'attention des hôpitaux et des professionels du domaine de la psychiatrie stationnaire (voir synthèse dans la rubrique Documents ci-dessous). Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme de promotion « Offres visant à décharger les proches aidants 2017-2020 ».

Documents

Documents élaborés dans le cadre du plan d’action national pour la prévention du suicide :
OFSP, Brochure « Soutenir les proches de personnes suicidaires. Recommandations au personnel soignant des soins psychiatriques. », 2021 (PDF, 972 kB, 01.11.2021)
OFSP, Flyer « En cas de pensées suicidaires : parler peut sauver (avec carte d'urgence). Informations pour les personnes concernées et leurs proches. », 2021 (PDF, 820 kB, 27.10.2021)
OFSP, Outil d’auto-assistance « Plan d’urgence (avec carte d'urgence). Pour les personnes ayant des pensées suicidaires. », 2021 (PDF, 592 kB, 27.10.2021)
OFSP, Brochure « Séjour hospitalier pour personnes en crise suicidaire. Informations pour les proches. », 2021 (PDF, 3 MB, 27.10.2021)
OFSP et groupe de projet Prévention du suicide après un séjour hospitalier, brochure « Prévention du suicide après un séjour hospitalier. Recommandations à l’attention des professionnels de la santé », 2019, version complétée 2021 (PDF, 697 kB, 10.11.2021)
ECOPLAN, rapport « Besoins des proches de personnes souffrant de troubles psychiques », sur mandat de l'OFSP, 2020 (en allemand, résumé en français) (PDF, 1 MB, 07.08.2020)
Socialdesign, rapport « Prévention du suicide après un séjour hospitalier – aspects financiers », sur mandat de l’OFSP, 2019 (PDF, 726 kB, 10.09.2019)
Stiftung Dialog Ethik, Bericht « Literaturrecherche zu Suiziden und Suizidversuchen während und nach Psychiatrieaufenthalt », sur mandat de l’OFSP, 2018 (en allemand, résumé en français) (PDF, 1 MB, 31.07.2019)
Enquête de l’OFSP sur les concepts/recommandations/mesures liés au suicide dont disposent les membres de SMHC, 2018 (PDF, 453 kB, 31.07.2019)
Dernière modification 28.10.2021

Source https://www.bag.admin.ch/bag/fr/home/strategie-und-politik/politische-auftraege-und-aktionsplaene/aktionsplan-suizidpraevention/suizidpraevention-psychiatrische-versorgung.html

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Prévention du suicide : Nouveaux documents pour les professionnels, les personnes suicidaires et les proches

01.11.2021 https://www.npg-rsp.ch*

Les professionnels sont invités à les distribuer aux personnes suicidaires et à leurs proches ainsi qu'à travailler eux-mêmes avec ces outils

mardi 21 septembre 2021

SUISSE CAMPAGNE #làpourtoi

Là pour les autres
Sur https://minds-ge.ch/ signalé par STOP SUICIDE
Le 10 septembre a eu lieu la Journée Mondiale de la Prévention du Suicide. minds profite de cette occasion pour mettre en lumière l’acteur local STOP SUICIDE. Cette année, la campagne 2021 de Stop suicide #làpourtoi met à l’honneur ses bénévoles à travers une série de portraits vidéo et nous rappelle le rôle fondamental de l’entraide et des relations humaines. Chaque semaine à partir du 6 septembre, STOP SUICIDE partagera le portrait d’un.e bénévole sur facebook et instagram.

STOP SUICIDE a été fondée en 2000 par des collégien.ne.s genevois.es confronté.e.s au suicide d’un camarade et au silence des adultes et des institutions. L’association, aujourd’hui devenue professionnelle, est reconnue d’utilité publique et s’engage pour prévenir le suicide des 15-29 ans par différents projets.

Une campagne dédiée au bénévolat

La Journée Mondiale de Prévention du Suicide a été lancée en 2003 par l’OMS et l’Association internationale pour la prévention du suicide pour lutter contre ce problème majeur de santé publique. Le suicide fait 700’000 de morts par an dans le monde. En Suisse, il est la première cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 29 ans.

“Les personnes qui ont pensé au suicide (…) ça peut être n’importe qui, ça peut toucher tout le monde” – Nicolas

C’est justement cette semaine du 10 septembre 2021 que STOP SUICIDE a choisie pour démarrer sa nouvelle campagne, qui met à l’honneur l’équipe des bénévoles de l’association.



Les liens qui nous unissent

Les bénévoles remplissent des tâches variées, notamment lors de séances de brainstorming ou d’événements. Au-delà de leurs contributions pratiques, les bénévoles incarnent le slogan de l’association: #LÀPOURTOI. Chaque membre du groupe est formé pour identifier les personnes à risque suicidaire et pouvoir leur venir en aide. Ils et elles deviennent ainsi des relais de la prévention auprès de leur propre entourage, contribuant à étendre le réseau de soutien pour les personnes en difficulté.

“Ce qui m’a le plus plu c’est justement ce partage, qui je pense aurait été moins authentique si je n’avais pas eu les outils apportés par STOP SUICIDE, et surtout j’ai eu l’impression d’avoir pu lui être utile” – Benjamin, bénévole

Il ne faut pas sous-estimer l’importance de la participation de chacun et chacune à la prévention. Même s’il existe bien sûr des structures officielles auxquelles nous pouvons faire appel dans les moments difficiles, nous bénéficions tout autant de l’aide des personnes qui nous entourent dans notre vie quotidienne. La société repose sur une multitude de liens entre les gens, prêts à se soutenir mutuellement. Ces relations existent entre ami.e.s, membres de la famille, mais parfois aussi entre voisin.e.s ou collègues, voire entre inconnu.e.s.

Le bénévolat est un exemple de cette ouverture vers l’autre, cette volonté d’être là quand les choses vont bien comme quand elles vont moins bien.

Comme le dit la campagne de STOP SUICIDE, “nous sommes toutes et tous acteur-ice-x de la prévention”. Les bénévoles, mais aussi nous, le public, pouvons contribuer à lutter contre le suicide. La première étape, et la plus importante, est d’avoir envie d’être là pour les autres.

“Il y a un garçon qui avait eu des pensées suicidaires qui est venu se confier à moi, on a beaucoup discuté, et je sais aussi que ça l’a beaucoup aidé. Et c’est à ce moment là que je me suis rendue compte que même une personne qu’on ne connaissait pas du tout pouvait être à l’écoute.”
Laure, bénévole

La magie des relations humaines

La beauté des relations d’entraide, c’est qu’elles sont bénéfiques pour toutes les personnes qui y participent. Bien sûr, c’est une expérience positive pour la personne qui reçoit de l’aide. Mais ça l’est aussi pour celle qui la donne! De nombreuses études montrent qu’aider autrui diminue l’anxiété, les problèmes de sommeil, la dépression, et augmente le sentiment de satisfaction de la vie, le bonheur, et l’estime de soi.Une précision tout de même, trop d’altruisme peut être néfaste pour la santé et peut parfois conduire au burn out ! En réalité, deux heures de bénévolat par semaine suffisent pour en ressentir les bienfaits.

“Le bonheur est quelque chose qui s’acquiert en le donnant” – François, bénévole

minds s’implique pour favoriser ces échanges humains fondamentaux. ​​Si encourager à parler de ce qui ne va pas est un leitmotiv de la promotion de la santé mentale, il n’est pas toujours évident de trouver, de l’autre côté, une véritable écoute. Qu’elle semble anodine, ou qu’on la croie réservée aux psys, l’écoute est une vraie rencontre, un pont entre soi et l’autre. En réponse à la crise sanitaire que nous traversons, La Main Tendue et minds s’associent autour d’un projet de cercles d’écoute.




C’est l’écoute qui permet la parole
La Main Tendue et minds s’associent autour d’un projet de cercles d’écoute.


Savoir être à l’écoute

Alors que peut-on faire pour venir en aide à quelqu’un ? Être là, disponible, prêt.e à tendre l’oreille. Cette démarche, qui peut paraître simple, est une véritable rencontre, un pont entre soi et l’autre. La plupart des bénévoles interrogé.e.s s’accordent sur le fait que, quand on va mal, il est essentiel de le dire à quelqu’un.

“Si j’ai un conseil à donner à quelqu’un qui ne va pas bien et qui a des envies suicidaires, même si je sais que c’est très difficile, c’est ‘parles-en autour de toi!’” – Bruno, bénévole

Pour chaque personne qui ose se confier, il doit y avoir une personne prête à l’écouter. L’écoute n’a pas pour but de conseiller, de résoudre, de débattre, mais seulement de recueillir ce que l’autre souhaite partager, sans jugement.

“Pour me ressourcer (…) ce qui m’aide énormément c’est de téléphoner à ma meilleure amie, pas pour qu’elle essaie de trouver des solutions à mes problèmes, mais juste pour que je puisse me confier.” – Nicolas, bénévole

Cette campagne, en plus de saluer l’engagement des bénévoles de STOP SUICIDE, nous rappelle également à quel point nos relations aux autres comptent. Si nous en avons les ressources, faire du bénévolat ou apporter son soutien à un.e proche en difficulté peut faire des miracles pour nous comme pour autrui. C’est d’autant plus le cas dans le cadre de la lutte contre le suicide, où un peu d’attention à l’autre peut parfois sauver une vie.


“Faire partie de STOP SUICIDE, ça m’a apporté le sentiment d’être utile.” – Iana, bénévole

Cet automne, mettons en valeur les relations sociales ! minds publiera dans quelques semaines son prochain dossier, qui porte sur l’importance du contact humain pour notre santé mentale.


Où trouver de l’aide en cas de besoin?

Parler et être écouté.e
La Main Tendue – 143 – quelqu’un à qui parler – composer le 143, gratuit et anonyme, 7j/7 24h/24 ou demander une aide par mail
Information et prévention
Stop Suicide – pour la prévention du suicide des jeunes en Suisse
Autres ressources
Psycom, Santé mentale info – Quand on a des pensées suicidaires
SantéPsy – pour la promotion de la santé mentale des cantons latins


Sources
WHO, Suicide
Post S.G. (2011), It’s good to be good: 2011 5th annual scientific report on health, happiness and helping others, The International Journal of Person Centered Medicine, 1(4), 814-829

https://minds-ge.ch/2021/09/10/la-pour-les-autres/

jeudi 1 juillet 2021

NOTICE ARTICLE SUISSE Le paradoxe du genre dans le suicide : des pistes explicatives et pas mal d’incertitudes



Le paradoxe du genre dans le suicide : des pistes explicatives et pas mal d’incertitudes
Laurent Michaud, Service de psychiatrie de liaison, Département de psychiatrie, CHUV
1011 Lausanne  laurent.michaud@chuv.ch
Sebastien Brovelli Service de psychiatrie de liaison, Département de psychiatrie, CHUV
1011 Lausanne  sebastien.brovelli@chuv.ch
Céline Bourquin Service de psychiatrie de liaison, Département de psychiatrie, CHUV
1011 Lausanne  celine.bourquin@chuv.ch
Dans Revue Medicale Suisse 30 Juin 2021 N°744-2 -

Médecine et genre

Résumé

Le paradoxe du genre dans le suicide renvoie au fait que les hommes se suicident plus que les femmes, alors que ces dernières font plus de tentatives de suicide. Ce phénomène s’expliquerait par l’influence du genre dans ce qui détermine les idées et les conduites suicidaires. Des manifestations différentes de la souffrance psychologique pourraient d’abord conduire à un défaut de reconnaissance des dépressions masculines. Ensuite, au niveau même des comportements suicidaires, les hommes optent pour des moyens plus létaux et l’évolution de leur processus suicidaire est plus rapide, entre autres en lien avec le fait qu’ils consomment plus fréquemment des substances. Les cliniciens et les chercheurs devraient prendre ces différences en considération dans leur approche, sans réduire hommes et femmes à leur appartenance de genre. 

https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2021/revue-medicale-suisse-744-2/le-paradoxe-du-genre-dans-le-suicide-des-pistes-explicatives-et-pas-mal-d-incertitudes

jeudi 10 juin 2021

MàJ SUISSE Genève Musée éphémère en plein air : Labyrinthe intéractif Ado les Sens, Adolescence et Risque suicidaire du 3 au 13 juin 2021

MàJ 10/06/2021 :

En raison des visites présidentielles, les dates d’ouverture du Labyrinthe Ado les Sens, actuellement installé au Parc la Grange à Genève, ont du être aménagées comme suit :

Du 7 au 11 juin pour les établissements scolaires et de formation uniquement – sur inscription

 Du 19 au 23 juin pour le grand public

 

Un labyrinthe plonge dans les méandres de l'adolescence


Une exposition interactive consacrée à l'adolescence et au risque suicidaire est à découvrir jusqu'au 13 juin dans Le Parc La Grange à Genève. Conçue comme un labyrinthe, l'exposition Ado-Les-Sens permet de s'interroger et de s'informer sur cette période compliquée.

 
"Ado-Les-Sens", une exposition conçue comme un labyrinthe et consacrée à l'adolescence et au risque suicidaire a pris place au bas du Parc La Grange à Genève.
ATS

La crise sanitaire a eu un impact exacerbé sur les personnes les plus fragiles et en particulier les adolescents, a relevé jeudi devant la presse Bernard Sabrier, président de la Fondation Children Action, à l'origine de cette exposition. Le labyrinthe symbolise l'impasse mais aussi la possibilité de s'en sortir en suivant le fil d'Ariane, a-t-il expliqué.

«Souvent le labyrinthe est intérieur, propre à chacun», a relevé le professeur François Ansermet, membre du conseil de la Fondation. Il faut aider les jeunes à s'inscrire dans la vie, a-t-il ajouté. La sortie du labyrinthe passe aussi par la créativité, selon le professeur. Cette exposition utilise précisément l'art comme vecteur de prévention et de communication.





Miroirs déformants

Installée au bas du Parc La Grange, cette structure de 300 m2 aux couleurs vives se voit de loin. Gratuite et ouverte à tous, ce parcours à ciel ouvert a été mis sur pied avec la collaboration des étudiants du Centre de formation professionnelle des arts. Des jeunes qui sont passés par l'unité de crise des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) MALATAVIE ont aussi amené leurs témoignages.

Le labyrinthe permet d'explorer de nombreux thèmes, dont les ruptures à l'adolescence avec une soixantaine d'affiches et de vidéos. Un test interactif interroge la pratique de chacun par rapport aux comportements à risques. Il est aussi question de genre et de sexualité et d'image de soi avec des miroirs déformants et brisés.

L'amour, la passion et les émotions surgissent avec violence dans les dédales du labyrinthe. Le visiteur peut se perdre au gré de ses interrogations. Au final, il trouve la sortie, parfois ébranlé par ce voyage émotionnel. Des informations sur les structures de soutien figurent en bonne place.


Nouvelle structure en 2023

Créée en 1996, l'unité de crise MALATAVIE s'adresse aux jeunes de 13 à 25 ans qui ont des idées suicidaires ou ressentent un mal-être profond. En 2019, cette unité a pris en charge 24 jeunes ayant fait une tentative de suicide et 38 en 2020. Cette augmentation se confirme en 2021 avec 18 adolescents pris en charge entre janvier et mai en 2021.

Une ligne téléphonique (022 372 42 42) ouverte 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 répond aux jeunes en détresse. Le nombre d'appels a explosé depuis le début de la pandémie. En 2019, 881 avaient fait appel à cette ligne, 1332 en 2020 et déjà 1056 en 2021. Les effets de la pandémie, qui engendre une perte de repères et renforce l'isolement, sont flagrants.

Cette prise en charge des jeunes va se renforcer avec l'ouverture en 2023 d'une Maison de l'enfant et de l'adolescent dédiée aux patients de 0 à 25 ans. Elle offrira une chaîne de soins complète en un seul lieu. Elle accueillera aussi des activités culturelles et sportives accessibles à toutes et tous. Les coûts de ce projet s'élèvent à 82 millions de francs.

https://www.bluewin.ch/fr/infos/suisse/un-labyrinthe-plonge-dans-les-meandres-de-ladolescence-737621.html


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Genève Parc La Grange Genève

Labyrinthe – Ado les Sens (du 4 au 13 juin 2021, Parc La Grange, Genève) Parc La Grange Genève
Labyrinthe - Ado les Sens (du 4 au 13 juin 2021

Labyrinthe – Ado les Sens (du 4 au 13 juin 2021, Parc La Grange, Genève) Parc La Grange, 4 juin 2021-4 juin 2021, Genève.

Labyrinthe – Ado les Sens (du 4 au 13 juin 2021, Parc La Grange, Genève)
du vendredi 4 juin au dimanche 13 juin à Parc La Grange
Pensé comme un musée éphémère en plein air, le Labyrinthe Ado-Les-Sens invite les visiteurs à parcourir un chemin surprenant et à découvrir des installations interactives originales en lien avec l’adolescence. Sur près de 300 m2, les visiteurs seront appelés à contempler, participer, s’interroger, se laisser surprendre et s’informer sur des thèmes tels que les émotions, le genre et la sexualité, l’amour et la passion, la perception, le harcèlement ou encore l’image de soi. Gratuite et accessible à tous, cette exposition utilise l’art comme vecteur de prévention et de communication.

Entrée libre
Campagne de sensibilisation autour de l’adolescence et du risque suicidaire
 

En raison des visites présidentielles, les dates d’ouverture du Labyrinthe Ado les Sens, actuellement installé au Parc la Grange à Genève, ont du être aménagées comme suit :

Du 7 au 11 juin pour les établissements scolaires et de formation uniquement – sur inscription

Du 19 au 23 juin pour le grand public

 
 
1er post 22/05/2021