DOCUMENTAIRE. En Vie ! reprendre l’école après l’hôpital psychiatrique, lundi 15 mars à 23h https://france3-regions.francetvinfo.fr* pays de la loire
Au Centre Soins-Etudes Pierre Daguet de Sablé-sur-Sarthe, des
élèves souffrant de troubles psychiques poursuivent leur scolarité avec
courage. Leurs parcours se racontent dans un documentaire touchant de
Réjane Varrod
Il et elles sont jeunes, entre 15 et 25 ans et nous
apparaissent aussi divers que peuvent l’être leurs parcours de vie, mais
avec un point commun : la maladie psychique et la fragilité qui en
résulte les a éloignés de la scolarité. Ce n’est pas de vague à l’âme
passager dont il est question ici, mais de douleur profonde,
persistante, incapacitante. De handicap.
Cette douleur psychique
insupportable qui fait qu’on se scarifie, pour qu’une douleur physique
prenne le dessus, ou pour extérioriser ce que les mots ne savent pas
dire. Ce sont aussi les idées suicidaires, les hallucinations, ou la
dépression sévère, celle qui, comme l’explique Corentin filmé durant son
année de terminale, fait que "tout devient compliqué à faire, se
lever, s’habiller, voir des gens. C’est une sensation de vide, on ne
ressent rien, et quand on ressent quelque chose, ce n’est que du
mal-être." Ce sont encore des histoires familiales où rôde la mort brutale, ou le suicide d'un parent.
Le Centre Soins-Etudes Pierre Daguet de Sablé-sur-Sarthe est l’un des
13 établissements de ce type géré par la Fondation des Etudiants de
France. Il accueille des patients des régions Pays de la Loire,
Bretagne, Centre Val de Loire et du nord de la Nouvelle Aquitaine.
C’est
un établissement de post-cure psychiatrique qui intègre dans ses murs
un lycée. D’une capacité de 105 lits et places, le Centre accueille des
élèves ayant présenté des troubles psychiatriques aigus : psychoses,
névroses, états limites, troubles du comportement alimentaire qui ont
entraîné déscolarisation. Le Centre leur propose une double prise en
charge : thérapeutique avec des professionnels de santé mentale propres à
l’établissement, et pédagogique, assurée par des enseignants de
l’Éducation Nationale.
Réalisatrice de nombreux documentaires sur l’enfance et
l’adolescence, Réjane Varrod a tourné au Centre Pierre-Daguet durant
plusieurs mois en 2020.
On y rencontre Charlotte, qui ne veut pas
qu’on l’appelle Charlotte mais Charlie. L’ado se définit comme
non-binaire, c’est-à-dire ni fille ni garçon. C’est un sujet de conflit
avec ses parents au début du tournage du film. Une fragilité qui
s’ajoute à de longues années de harcèlement scolaire puis à l’apparition
d’hallucinations. "Ma vie c’était ma chambre et mes visites chez
mon psychiatre. Ici, j’ai l’impression qu’on me comprend, et qu’on
m’accepte comme je suis".
Charlie/Charlotte a de très bons
résultats, mais craint que de ce fait, on s'occupe moins de sa
situation. Lors d’une rencontre entre l’équipe médicale, pédagogique et
ses parents, on la rassurera.
Tout autre est le parcours d’Éloïse. Elle croise la drogue et
l’alcool sur son chemin à l’âge de 12 ans. D’abus en abus, des joints
aux toxiques les plus forts, Héloïse a fini par demander son admission "pour reprendre un mode de vie sain, et continuer ma vie sans avoir besoin de quelque chose en plus." Le chemin d’Éloïse, poursuivie par ses démons est semé d’embûches. Mais elle le pressent, "la liberté, on la trouve parfois dans les choses les plus simples".
Avec délicatesse, franchise mais sans brusquerie, Réjane Varrod mène
les entretiens, filme les cours et les soins, assiste aux rencontres
entre parents, soignants et enseignants. Sa patience et son sens de
l’écoute permettent aux lycéens du Centre de se raconter. Que
d’épreuves, de violences, de douleur dans ces vies jeunes qui n’ont
jamais connu l’insouciance, submergés par l'angoisse et taraudés par la
peur de l'échec. Et pourtant, ils et elles se reconstruisent. Mieux : se
réparent.
On est ici pour reprendre sa scolarité, mais aussi sa jeunesse.
Au Centre Pierre-Daguet, le rythme scolaire se module en fonction de
l’état de santé. Trop de fatigue ou de stress, désorientation ? On peut
souffler et suspendre la classe le temps de se rétablir. Corentin en
fait l’expérience et confie à son prof principal : "je n’arrive plus
à me concentrer, et ça me frustre car j’adore apprendre mais là en ce
moment je ne suis pas capable. Et je ne suis pas toujours capable
d’évaluer ce que je suis capable de faire ou pas."
Documentaire
tourné et monté avec tact, accompagné par les notes méditatives d’un
piano qui sonnent juste, En Vie ! suscite l’émotion et l’empathie, et
surtout la compréhension de la réalité concrète des maladies psychiques,
tellement méconnues ou pire, caricaturées.
L’année scolaire
avancera, les progrès acquis avec courage porteront leurs fruits. Un
beau jour de juin au Centre soins-études Pierre-Daguet, on affiche les
résultats du bac. Les mentions sont nombreuses, les équipes soignantes
et éducatives sont fières. C'est l'heure des félicitations, des
applaudissements, des accolades et des embrassades. Sur les visages des
patients-élèves se bousculent larmes et sourires comme une grosse vague
d'émotion. Ce diplôme, leur réussite, ils et elles en connaissent le
prix.
En Vie, un documentaire de Réjane Varrod
co-produit par Cathy Palumbo et Victor Robert 10Point7 Production et
France 3 Pays de la Loire
Wake Up: Stories From the Frontlines of Suicide Prevention
États-Unis | 2020 | 88 minutes Documentaire
Un film de Nate Townsend Synopsis et détails
Quatre histoires sur les services de prévention du suicide, dédiés aux vétérans américains, à la communauté LGBT, aux étudiants universitaires et aux propriétaires d'armes à feu.
Le réalisateur Nate Townsend ouvre "Wake Up : Stories From the Frontlines of Suicide Prevention" avec une reconstitution captivante des tentatives frénétiques de Ryan Candice pour apaiser sa grave anxiété quelques heures avant de s'ôter la vie. Cependant, les moments les plus forts se trouvent dans les interviews et les faits qui renforcent l'objectif de compassion du projet. Présenté dans le cadre du festival de cinéma We Are One (dont la première mondiale aura lieu en ligne le 4 juin), ce documentaire émouvant donne un aperçu complet du suicide à travers l'objectif de quatre segments à risque de la population. Les histoires d'anciens combattants, de la communauté LGBT, d'étudiants et de propriétaires d'armes à feu s'entremêlent alors que le film aborde des questions difficiles afin de résoudre ce problème - un problème aussi difficile qu'une équation mathématique complexe.
Le suicide touche tous les coins de ce pays, de ceux qui sont accablés par des pensées autodestructrices - les défunts et les "survivants de tentative" - à ceux qui tentent de continuer après la tragédie. (Je me compte parmi ces "survivants de la perte", toujours marqués par le décès inattendu de mon brillant et grégaire ami du lycée). Le sujet ne se résume pas à des questions superficielles ; il exige un examen des causes profondes et des meilleures possibilités de traitement. Le film n'élargit pas son champ d'action pour inclure l'impact sur les différentes communautés raciales. Mais en se concentrant sur les segments de population susmentionnés, il permet de discuter des problèmes auxquels ces groupes sont confrontés et des professionnels qui les traitent.
Source https://variety.com/2020/film/reviews/wake-up-stories-from-the-frontlines-of-suicide-prevention-review-1234624003/
L’objectif de la série documentaire Dans ma tête est d’être au plus proche du vécu et de ressenti de 10 jeunes atteints de troubles psychiques, afin de tenter de comprendre au mieux leur quotidien quand on souffre par exemple d’anorexie, de phobie scolaire, de bipolarité ou encore de mal être, de dépression...
Dans chaque épisode, Océane, journaliste et réalisatrice, part à la rencontre d’un.e jeune qui nous raconte son histoire, et définit son trouble avec ses propres mots. Cette série de portraits montre les différentes voies possibles d’épanouissement personnel, de guérison mais aussi, de chemins à suivre, qu’ils soient médicaux ou psychologiques. Dans ma tête contribue à briser les tabous et les clichés qui entourent la santé mentale des jeunes, et donne des clés à celles et ceux qui pourraient se sentir concernés.
Réalisée par Océane Lerouge (Les Haut-Parleurs) – Une coproduction Fablabchannel et TV5Monde et France Télévisions avec la participation du CNC
« Dans ma tête » série documentaire sur la santé mentale des jeunes développée avec l'AP-HP
Réalisé
avec les conseils d’Antoine Pelissolo, chef de service en psychiatrie à
l’hôpital Henri-Mondor AP-HP de Créteil, cette série documentaire sur
la santé mentale en 10 épisodes signée Les Haut-Parleurs montre comment
des jeunes vivent leurs troubles psychiques au quotidien et a été
développée pour Francetv Slash et TV5Monde.
Un quart de la population souffre de troubles mentaux et
neurologiques. En majorité, les plus touchés sont les jeunes. Dans 75%
des cas, ces troubles se déclarent entre 15 et 30 ans.
Dans chaque épisode, Océane Lerouge, journaliste et réalisatrice,
part à la rencontre d’un.e jeune qui nous raconte son histoire, et
définit son trouble avec ses propres mots.
MSA de l’Ariège, un documentaire sur le Mal-être agricole
ParEric d'AzinatTV
Article du
La MSA de l’Ariège a produit un documentaire sur le Mal-être
agricole. Issu du travail avec la cellule d’accompagnement
d’agriculteurs en difficulté sociale, psychologique de la MSA, ce
documentaire qui relate l’expérience de vie d’exploitants agricoles du
pays de Mirepoix et du Pays d’Olmes est en de diffusion dans plusieurs
salles de cinéma au cours de soirées sur le thème. La première fut
présentée au cinéma le Casino de Lavelanet le 7 décembre dernier. L’agriculture, un choix de vie parfois mis à mal par les évolutions
et difficultés auxquelles le métier se trouve confronté : surcharge de
travail, faiblesse des revenus, pression financière, isolement
géographique et social, aléas climatiques ou sanitaires, manque de
reconnaissance, paperasse… Un ensemble de facteurs qui peuvent être
source de mal-être et conduire à la dépression voire au suicide. Pour prévenir les situations de fragilité et éviter aux agriculteurs
de sombrer, la MSA organise le maillage du territoire, engage une forte
mobilisation de ses équipes et de ses élus, propose des accompagnements
personnalisés, développe le travail en partenariat. Dans le cadre de cette politique, la cellule du Mal être de la MSA de
l’Ariège a choisi collectivement avec des agriculteurs en difficulté de
relater leur expérience dans un film documentaire de 30 minutes. La
réalisation a été confiée à Azinat.com TV qui a suivi pendant plus de 5
mois les trois chefs d’exploitation volontaires pour être mis en avant
dans ce film. Une première diffusion a été effectuée le 7 décembre dernier au
Cinéma le Casino de Lavelanet en avant première où ce fût l’occasion
pour des élus de la MSA, psychologues, animateurs de la cellule du
mal-être de faire un point sur une réalité agricole qui parfois ne prête
pas à sourire. Mais l’objectif étant de montrer que, malgré les
difficultés, il faut toujours garder espoir ; pour preuve le titre qui a
été choisi collectivement pour ce film : « Oser pour aller mieux »
Ce film documentaire devrait être diffusé un peu partout en Occitanie
et en France, au cours de soirées « accompagnées » à l’identique de
celle de Lavelanet. Une version courte de 10 minutes est en cours de
montage pour une diffusion plus large sur internet
Info : Le documentaire n'est pour l'instant pas visible de France
La quête d’Alexandre Taillefer pour comprendre le suicide de son fils
Publié le
Un documentaire qui aborde avec délicatesse et profondeur les sujets
encore tabous de la santé mentale et de la cyberdépendance chez les
jeunes.
Photo :
Radio-Canada
Bye, c'est le mot qu'a laissé Thomas, le fils de
l'homme d'affaires Alexandre Taillefer, avant de mettre fin à ses jours.
C'est aussi le nom du documentaire à la fois bouleversant et rempli
d'espoir dans lequel l'ancien dragon tente de donner un sens au suicide
de son fils cyberdépendant. La quête d’un père Thomas s’est enlevé la vie à
14 ans. Deux ans plus tard, son père cherche toujours à comprendre ce
qui l’a poussé à poser ce geste en ne laissant qu’un seul mot en guise
d’adieu : « Bye ». Dans sa quête de solutions pour prévenir le suicide
en ligne, Alexandre rencontre des adolescents, des parents et différents
experts afin de mieux cerner l’ampleur du phénomène de la
cyberdépendance et les enjeux actuels en santé mentale. Alexandre
Taillefer ne veut pas seulement comprendre, il veut que les choses
changent. Une soirée pour susciter la réflexion Toutes les
plateformes de Radio-Canada ont uni leurs forces le 5 décembre pour
faire parler de la cyberdépendance et de la santé mentale des jeunes. Le
documentaire a été présenté en simultané sur ICI Radio-Canada Première,
sur ICI Radio-Canada Télé et sur la page Facebook d'ICI Radio-Canada Télé. Il se trouve maintenant aussi sur Tou.tv.
L'entrepreneur Alexandre Taillefer et des jeunes Photo : Productions Déferlantes
Catherine Perrin a ensuite animé une table ronde sur ICI Radio-Canada Première et sur la page Facebook d’ICI Radio-Canada Première
en compagnie de Magali Dufour, professeure agrégée et directrice des
programmes de deuxième cycle en intervention en toxicomanie à
l’Université de Sherbrooke, Miguel Thériault, coordonnateur aux services
professionnels du centre Le Grand Chemin, Marc Martineau, psychologue,
chercheur en santé mentale avec le Cégep de l’Outaouais, Jérôme
Gaudreault, directeur général de l’Association québécoise de prévention
du suicide et Marie-Ève Cotton, médecin psychiatre à l’Institut
universitaire en santé mentale de Montréal.
Le 6 décembre, Médium large a présenté une entrevue avec Alexandre Taillefer et sa femme, Debbie Zakaib. Une page consacrée aux ressources d’aide Un
jeu-questionnaire portant sur la cyberdépendance et la santé mentale
chez les jeunes, une liste des ressources d’aide offertes et le
documentaire en rattrapage sont aussi sur la page Radio-Canada.ca/bye. Le documentaire est également sur ICI Tou.tv. Bye Artisans du documentaire : Idée originale et entrevue avec Alexandre Taillefer : Jean-Philippe Dion Réalisateurs : Frédéric Nassif et Mathew Mckinnon Compositeur de musique originale : Alexandra Stréliski Recherchistes : Fadwa Lapierre et Arianne Bouchard Producteur au contenu : Mathew Mckinnon Productrice déléguée : Vicky Talbot Producteurs exécutifs : Benoit Clermont et Jean-Philippe Dion Production : Productions Déferlantes
Réalisation de la table ronde à la radio et du Facebook en direct : Sylvain Houde
Suicide, le chemin de la parole (12 septembre 2017)
Par Karine Boppdupont
Publié le sur la1ere.francetvinfo.fr/*
Itinéraires
aborde le thème du documentaire en Nouvelle-Calédonie où 30 personnes
meurent de suicide chaque année. Le suicide est la deuxième cause de
mortalité chez les jeunes. Pourtant le sujet est presque souvent encore
trop tabou.
Poser des mots sur le suicide, poser des mots sur le mal-être, sont
peut-être les premiers pas du chemin vers le bien-être et la prévention
des actes suicidaires. Dans ce film, nous suivons les chemins de parole.
Les slams nous invitent à écouter les maux, à sortir du silence et à
cheminer de l’ombre vers la lumière, du mal-être vers le bien être.
Les
familles témoignent. Les spécialistes partagent des outils de
prévention. Un film qui invite chacun de nous à devenir acteur dans la
prévention du suicide. Un film qui pose au final la question de la
capacité de notre société à créer du bonheur.
Interview des réalisatrices Dominique Roberjot et Christine Della-Maggiora(réalisée par la production Latitude 21 Pacific)
COMMENT EST NÉ LE PROJET DE CE FILM ?
Nous
pensons que l’un des rôles primordial du film documentaire est
d’interroger la société, de parler de sujets qui sont parfois tabous,
qui font peur, avec pour objectif d’ouvrir un espace d’échange, de
réflexion.
Il existe plusieurs sortes de films documentaires: des
films de découverte, de divertissement… Mais le documentaire c’est aussi
poser des questions, interroger le public, être acteur à notre mesure
des changements de société sur des sujets sensibles…
Le suicide
est un sujet douloureux… terrible… Une personne meurt toute les 40 s
dans le monde. Il interroge la capacité de nos sociétés à créer du
bonheur.
Le suicide fait partie de ces sujets (il y en a
d’autres) sur lesquels on a du mal à poser des mots… On en parle peu ou
pas… Ce silence est lié à beaucoup de choses: la pudeur, la difficulté
d’exprimer le mal-être, la peur de la stygmatisation, le tabou…
La
Nouvelle-Calédonie fait partie des pays fortement touchés selon les
chiffres de l’OMS. Qui n’a pas connu un proche où une personne plus
lointaine qui a essayé de passer à l’acte, ou qui est décédée par
suicide sur notre Caillou… Qui ne s’est pas retrouvé un jour face à une
personne en mal-être en se demandant comment l’aider ?
Cela fait un moment déjà que nous voulions traiter ce sujet, mais “COMMENT” en parler?
Il
nous a fallu plusieurs années avant de nous lancer dans ce projet, le
temps de murir une approche filmique qui puisse porter le propos, donner
la parole sans être intrusives, porter un message d’espoir.
VOUS ÉVOQUEZ LE “COMMENT EN PARLER”. QUELLE APPROCHE FILMIQUE AVEZ VOUS CHOISIE ?
Notre
propos n’était pas de faire une enquête sur le suicide. Notre propos
était de nous tourner vers l’humain, vers les familles touchées par le
suicide, afin qu’elles témoignent et partagent leur vécu avec le public
calédonien. Nous voulions également donner des clefs aux spectateurs
pour qu’ils puissent identifier, aider des personnes en mal-être. Et
comme le suicide touche beaucoup la jeunesse, nous voulions que ce film
puisse capter leur attention, même si c’est un sujet douloureux.
Nous avons choisi une écriture filmique qui nous immerge dans 3 mondes différents… Trois mondes complémentaires.
Il y a la réalité des personnes touchées par le suicide et qui témoignent.
Il
y a les interviews posées des spécialistes, qui apportent des
informations, des clefs sur le suicide et sur les outils de prevention
Il
y a le slam… les mots posés sur la mal-être… la danse… Un chemin
d’expression qui vient rapeler tout au long du film que parler ne doit
jamais être un tabou… Des slams qui demandent à être écoutés… pour
rapeler aussi qu’être bienveillant envers l’autre c’est avant tout
l’écouter, lui offrir un espace d’expression.
COMMENT AVEZ VOUS APPROCHÉ LES FAMILLES POUR TÉMOIGNER FACE À LA CAMERA ?
Approcher
les famille a été un long chemin… Ce n’est pas facile de demander à des
personnes en souffrance de témoigner. Nous sommes passées par les
acteurs de la prevention suicide pour établir les premiers liens: les
enquêteurs de l’étude START du CHS, l’association Plein Soleil… Nous
avons également fait fonctionner le bouche à oreille.
Certaines familles ont dans un premier temps accepté de participer, puis la force leur a manqué.
Il
nous a fallu 6 mois pour pouvoir trouver des familles assez fortes
psychologiquement pour témoigner. Nous voulons les remercier…
Si
elles ont témoigné, c’est par ce qu’elle ont compris que notre film est
un espace d’expression et de partage. Leur idée n’était pas de se poser
en victim face au malheur qui a touché leur famille… Elles voulaient
surtout témoigner pour aider d’autres familles, aider les jeunes et les
moins jeunes dans des situations de mal-être.
Au départ, nous
leur avons laissé le choix de témoigner floutés ou à visage découvert
car nous ne voulions pas être intrusives. Mais la questions que nous
avons abordé avec eux à chaque fois étai t: quel message envoyons nous
si vous témoignez floutés ? si vous témoignez à visage découvert ?
La
réponse était toujours la même. Témoigner flouté revenait à envoyer le
message que parler du suicide est tabou… Or le propos des familles est
tout l’inverse… Il faut en parler, il faut briser le silence pour
développer la prévention.
C’est donc un choix délibéré et courageux
de ces familles qui font preuve de beaucoup de force et de courage face à
la douleur, et qui veulent à travers leurs témoignages sensibiliser
les familles, la société en général.
Nous devons aussi ajouter
qu’au départ, nous voulions intégrer dans le film des témoignages de
jeunes qui ont fait des tentatives de suicide et qui vont beaucoup mieux
aujourd’hui… Mais dès les repérages, nous avons compris que cela serait
difficile, voir impossible. En effet, nous avons découvert que ces
jeunes ont peur d’être stigmatisés, comme si parler de leurs moments de
faiblesse était quelque chose d’inavouable, de honteux. Cela nous a
beaucoup interpellées car cela nous montre à quel point encore
aujourd’hui il y a un immense travail à faire pour chacun de nous, pour
être dans une écoute qui ne juge pas, une écoute bienveillante… C’est un
véritable problème de société !
C’est lorsque nous avons pris
conscience de cette difficulté, de l’impossibilité pour certaines
personnes de mettre des mots sur leur douleur, sur leurs pensées
suicidaires que nous avons décidé d’inclure du slam dans le film, pour
DIRE, pour CLAMER ces mots qui restent enfermés dans les coeurs des
personnes en souffrance… Et pour les encourager à parler, eux aussi,
pour changer cette société qui reste encore sur une vision selon
laquelle l’Homme doit être fort pour avoir sa place dans la société et
ne doit pas avoir de fragilités… Alors que nos fragilités ne sont elles
pas la valeur même de notre humanité ?
PARLEZ NOUS DES SLAMS ?
Nous voulions que ces slams interpellent le spectateur…
Notre intention de réalisation était de dire aux uns
“Écoutez… écoutez les mots des autres… écoutez les maux des autres… soyez bienveillants”
et de dire aux autres
“Parlez, ne restez pas cloîtrés, la vie vaut la peine d’être vécue, vous êtes des êtres de lumières, ayez confiance !”
Pour
que ces slams collent à la réalité, nous avons demandé à des collégiens
de nous aider. Nous avons sollicité plusieurs établissements scolaires
pour demander aux enseignants de faire des ateliers de slams avec leurs
classes autour de la thématique du mal-être et du suicide. C’était en
fin d’année (2016) et pas tous les collèges ont répondu à l’appel, mais
nous remercions le collège et les élèves de Hienghène, qui nous ont
envoyé de nombreux textes. Ils nous ont aidé à mieux comprendre les mots
que la jeunesse pose sur cette thématique et leur ressenti. Cela a été
précieux pour l’écriture des slams.
Ces slams racontent une histoire… Ils évoluent de l’obscurité vers la lumière, c’est un message d’espoir.
Yohan Ouchot, Izraela Sanchez et Siman Wenethem ont accepté d’interprêter les slams.
Le
travail que nous avons fait ensemble a été très fort. Il y ont mis leur
savoir, leur Coeur… Ils ont vraiment pris à coeur le sujet et ont
voulu à travers leur art être acteurs aussi de ce film dans le sans
profond du mot ACTEUR…
COMMENT FAIRE UNE PRÉVENTION EFFICACE ?
Nous
avons essayé de donner des clefs sur la prévention dans notre film.
Nous préférons laisser le film répondre à cette question à travers les
mots des spécialistes et des familles.
Ce que l’on peut dire, c’est
que l’une des réponse est dans le titre du film… Il nous a fallu 8 mois
avant de trouver le titre définitif de ce documentaire… Il fallait qu’il
fasse sens… Et le sens que nous avons trouvé après ces quelques mois au
contact des personnes touchées par le suicide et des spécialistes…
C’est LA PAROLE… Elle est au centre de toutes les réflexions
Nous
sommes dans une société dite de communication… Mais communiquons nous
vraiment ?… Il suffit de prendre un peu de distance à une table et
d’écouter les gens parler… Une personne parle d’elle… L’autre rebondit
pour parler de SON expérience On reste superficiel… il y a les joutes de
ceux qui savent mieux que les autres… Mais où est la communication ? A
quel moment arrêtons nous de nous écouter parler, parler avec des mots
qui sont trop souvent les masques volontaires ou involontaires de notre
réalité.
Peut-être que nos sociétés se sont réduites à une communication de façade… De la “COM”, comme on dit.
Peut-être
que nous devrions apprendre ou réapprendre à parler de nous, de qui
nous sommes et surtout apprendre à écouter les autres, à écouter qui ils
sont, sans juger ou vouloir imposer notre réalité… Ce sont les chemins
de la parole, des chemins différents des grandes autoroutes, que pour
beaucoup nous avons peur d’emprunter…
Je ne sais pas si cela fait
sens à votre question du “Comment faire une prévention efficace”, c’est
une réponse vaste mais qui fait écho à chacun de nous, à la famille, à
nos interactions en société…
DANS LE FILM, PLUSIEURS FAMILLES MÉLANÉSIENNES TÉMOIGNENT ET PARLENT DE TABOU… PENSEZ VOUS QUE LES MENTALITÉS ÉVOLUENT ?
On
peut dire que le tabou est très présent dans les cultures
mélanésiennes… Mais il est présent dans toutes les cultures, il prend
juste une forme différente. Cela peut être un tabou lié à la coutume, à
la religion, à la hiérarchie, à la pudeur, au caractère très intime du
mal-être et de la douleur provoquée dans les familles qui ont subi un
suicide… Cela peut être économique, sociétal…
Une personne par
exemple voulait témoigner de ses pensées suicidaires pour le film et
s’est désistée par peur d’être jugée par sa hiérarchie, à son travail…
Le
tabou est partout. Prenons comme exemple l’homosexualité… Combien de
jeunes se suicident car ils ne trouvent pas l’espace pour dire à leur
famille, à leur entourage, qu’ils on une orientation sexuelle différente
de la norme établie ?
Honnêtement, nous ne savons pas si les
mentalités évoluent, nous l’espérons… Ce film est réalisé en ce sens…
Nous avons mis dans les slams les paroles de la très belle chanson de
BARBARA: “PERLIMPINPIN” pour évoquer cela… L’interdit que l’on pose sur
soi ou les autres, le jugement … Ce sont des formes de violence qui
tuent comme des couteaux… C’est à chacun de nous de travailler sur cela…
C’est un problème individuel, communautaire et sociétal….
UNE NOTE POSITIVE POUR FINIR …
Ce film est un film positif !
Son
message au delà de la douleur est de dire que nous sommes tous des
êtres qui avons une place dans ce monde, que la vie est merveilleuse et
que la douleur est passagère… Comme disait Jacques Brel (pour rebondir
sur la chanson française, car le slam, la danse, l’Art de manière
générale sont des outils d’expression):
“Il nous fait regarder ce qu’il y a de beau
le ciel gris ou bleuté
les filles au bord de l’eau
l’ami qu’on sait fidèle
le soleil de demain
le vol d’une hirondelle
le bateau qui revient”
Ce
film est sur la même vibration que cette chanson… Oui, ce film est un
message d’espoir et notre souhait le plus cher en tant que
réalisatrices, c’est qu’il allège les coeurs lourds !
Dans le
générique de début et de fin, nous avons symbolisé cette intention de
réalisation par les bulles de savon, légères, colorées, rayonnantes dans
la lumière, magiques, qui éveillent en nous l’insouciance de l’enfance…
Des bulles pour alléger nos pensées et nos coeurs.
Un documentaire
réalisé pour montrer le travail de prévention du suicide effectué par un
groupe de chauffeurs de taxi de Kilkenny (Irlande) a gagné à Galway Film Fleadh.
'Throwline',
qui raconte l'histoire de Taxi Watch, a fait l'objet d'un visionnage
local à Kilkenny City en mai, mais a eu sa première mondiale au festival
hier.
Il était en course pour le Best Short Documentary, et il a remporté le prix.
Derek Devoy qui a fondé Taxi Watch a déclaré à KCLR Live qu'il était ravi de la reconnaissance.
Ishka Films présente Throwline - un court documentaire de Mia Mullarkey
Un groupe de chauffeurs de taxi à Kilkenny, en Irlande, se regroupent
pour former un groupe de prévention du suicide appelé Taxi Watch.
En position unique pour patrouiller la nuit, les conducteurs gardent la
veille sur les rues et les ponts de la ville et offrent de l'aide à
ceux qui se sentiront démunis. Dans ce court documentaire, l'équipe accompagne les conducteurs la nuit et témoigne de leur monde de secours et de révélations.
Derek Devoy conduit un taxi depuis 15 ans.Après
avoir sauvé un homme d'un saut d'un pont en retard une nuit, Derek se
rend compte que les chauffeurs de taxi sont en mesure d'aider les gens à
leur plus bas moment.L'expérience de Derek en
matière de dépression lui donne l'idée de mettre en place Taxi Watch et
d'aider les personnes se sentant seules ou perdues.En tout temps, les autres chauffeurs de taxi rejoignent Derek et commence un mouvement national.
Documentaire Reprendre le cours de sa vie après un internement psy article du 19 février 2017 sur lecourrier.ch* Iliann Dunand
Immersion dans la vie de trois patients de l’hôpital Belle-Idée à Genève, Le seuil. Sortir d’une unité psychiatrique, de Frank Preiswerk, sonde les difficultés d’un retour à une vie indépendante.
Nicole, Pierre et Véronique sont en séjour à l’hôpital de Belle-Idée à Genève. Arrivés pour des raisons différentes, ils se retrouvent face à des difficultés semblables au moment de préparer leur retour à une vie indépendante après plusieurs mois d’internement. Ils sont les trois protagonistes du récent documentaire de Frank Preiswerk, Le seuil. Sortir d’une unité psychiatrique 1. Le documentaire sera projeté en première à Genève ce jeudi, puis circulera en Romandie 2.
Véronique, la trentaine, a déjà essayé quatre fois de mettre fin à ses jours, ne supportant plus ses dépressions chroniques. Quand elle pense à sa sortie, elle doute. Rongée par l’alcoolisme à petit feu, Nicole est déterminée à rentrer chez elle. Pierre, l’aîné des trois et personnage cocasse, est bipolaire mais s’auto-diagnostique autiste. Il semble heureux à l’hôpital où il donne l’impression d’avoir orchestré son séjour.
Peur de la solitude du domicile
Comment retourner vivre seul, sans accompagnement quotidien, dans un lieu chargé de souvenirs qu’on a quitté en détresse? Frank Preiswerk nous invite à suivre les réflexions des protagonistes sur leur volonté à «faire le pas». Plus que les images, ce sont les mots qui pèsent. Ils traduisent le va-et-vient intérieur, entre aspiration à la liberté, et sécurité de la prise en charge. Ou la peur de la solitude du domicile face aux nombreux liens sociaux créés durant le séjour, aussi bien avec le corps médical qu’avec d’autres patients. L’enjeu est «d’imaginer la suite».
C’est là tout le travail en amont du personnel médical: préparer la personne à ce qu’elle se sente prête. «Ce moment de bascule et tout le travail de préparation ont attiré mon attention, commente Franck Preiswerk. C’est une phase de la prise en charge somme toute peu documentée.» Après plusieurs tentatives, le réalisateur a également pu assister à ce qu’il perçoit comme le cœur philosophique de l’histoire du film et de la psychiatrie: les réunions du personnel où la cohérence de ce qui est mis en œuvre pour les patients est remise en question, critiquée, repensée. Avec des décisions lourdes à la clé: cet individu sera-t-il un jour capable de sortir? Peut-il être privé de liberté «pour son bien?» 1. 85 min, réalisation Frank Preiswerk, 2015. 2. Projections du film à la Haute école de Travail social (HETS) à Genève, du 23 février au 3 mars, avec un débat le dernier soir sur le thème «Pourquoi est-ce si difficile de quitter l’hôpital psychiatrique?»
Dès le 22 février le film sera à l’affiche du Zinéma à Lausanne. D’autres dates en Suisse romande sont en programmation.
Do No Harm : un projet documentaire pour lutter contre les suicides de médecins
Info signalée par lequotidiendumedecin.fr * 30.01.2017
400
médecins américains se suicident chaque année. Et chaque année ce sont
donc 900 000 personnes qui se retrouvent sans soignant. Pour combattre
ce fléau, une réalisatrice américaine, Robyn Symon, a décidé de porter à
l’écran un documentaire sur « l’épidémie de suicide de soignants » dans
son pays. Le film a pu être tourné grâce à la générosité publique et à
l’obtention de fonds pour la réalisation de documentaires. Il sera
dévoilé en milieu d’année 2017.
Sur Internet, une page d'accueil en forme d'appel aux dons Crédit Photo : Do No HarmZoom
La page d’accueil Internet du projet documentaire Do No Harm de
la réalisatrice Robyn Symon est avant tout destinée à collecter des
fonds auprès des familles : on y voit une soignante qui se tient le
visage et un slogan : « Vous avez perdu un étudiant en médecine ou un
médecin par suicide ? Donnez en sa mémoire. Nous avons besoin de votre
aide. » suite de l'article sur abonnement
"Un film exposant l'épidémie silencieuse de suicide des médecins et un
système médical cassé qui met les médecins et les patients à risque." Le film tisse des histoires intimes de médecins suicidaires et de
familles en deuil avec des auteurs les plus vendus et les dirigeants de
l'ACGME, AAMC et AMA qui sont confrontés au pourquoi leurs organisations
ne font pas plus pour protéger les médecins et les patients. DO NOT HARM met en vedette HAWKINS MECHAM, un étudiant en médecine qui tente de se suicider - et survit. Risquant toute sa carrière, il partage courageusement son parcours avec le monde. Vous
rencontrerez la famille de GREG MIDAY, un brillant jeune médecin qui a
pris sa vie, et JOHN AND MICHELE qui vient de perdre leur fils KEVIN
DIETL dans les semaines avant d'être diplômé de l'école de médecine. De plus, nous suivons PAMELA WIBLE M.D., un «ange gardien» pour les médecins suicidaires et leurs familles. Tous s'unissent pour sauver les autres du suicide.
AUSTRALIE "Man Up " s'est lancée une mission de briser le silence autour de la santé
mentale des hommes avec une campagne publicitaire qui raconte
aux hommes "qu'il faut des boules pour pleurer". L'ABC a lancé en octobre une conversation nationale sur le suicide masculin
australien avec sa série Man Up et Gus Worland, personnalité de la radio Triple M, continuera à
partager le message avec une campagne publicitaire.La
série télévisée Man Up rejoint le site ManUp.org.au pour former une
campagne sociale plus large qui vise à encourager la conversation et la
sensibilisation à travers la communauté plus large.
Le spot travaille à passer les notions dépassées de la masculinité qui tuent les hommes australiens. Il vise à communiquer avec les hommes du quotidien, les encourageant à
parler et à s'exprimer, surtout quand ils se sentent déprimés.La
voix off dit: «Pourquoi disons-nous aux garçons d'arrêter de pleurer,
de se durcir, de faire pousser une paire ... F * ck cela. Si vous vous sentez mal, parlez, parce que le silence peut tuer. "Adam
Ferrier, directeur général de Cummins & Partners, déclare: «Tous
les petits garçons et toutes les filles pleurent, il faut survivre. Cependant,
à un certain stade de leur développement, de nombreux jeunes gens
apprennent qu'il n'est pas acceptable de pleurer ou de s'exprimer. Nous voulions réfléchir à l'absurdité de cette situation. "Le
directeur artistique de l'école, Adam Hunt, ajoute: «Il n'y a rien de
plus puissant que les hommes qui voient d'autres hommes pleurer - parce
qu'il arrive si rarement dans les médias, la publicité et la vie réelle.
L'extrême
fin, sur un fond fané, vise à faire ressortir l'émotion de tous les
hommes impliqués - afin que vous vous connectiez et ressentiez ce qu'ils
ressentent. "Man
Up encourage les gens à partager l'annonce, à parler et à encourager
les autres à parler, et surtout à écouter quand ils le font. L'annonce rejoint le site ManUp.org.au pour former une campagne sociale plus large. La série documentaire en trois volets a été financée par la Fondation Movember et l'Université de Melbourne. Épisodes visibles sur http://manup.org.au/
Article Gus Worland faces hard sell to Man Up in bid to tackle suicide ratessmh.com.au*
L'animateur radio Gus Worland se vante qu'il était si chaud dans sa carrière
précédente comme un vendeur d'ordinateur portable, il pourrait "vendre
de la glace aux esquimaux". Maintenant, il est confronté à son plus grand défi encore: vendre des sentiments aux hommes.
Gus Worland souhaite que la vulnérabilité des gars pourrait être perçue comme une force, pas une faiblesse . Photo: Anthony Johnson Worland est le visage de Man Up , une série en trois parties commencée sur ABC en octobre, diffusée dans le cadre de la Semaine de la santé mentale. Le spectacle a les objectifs les plus sérieux derrière sa prémisse: sauver des vies.
«C'est beaucoup plus difficile de vendre des émotions ou des sentiments
que de vendre un peu d'équipement parce qu'au moins lorsque je vendais
l'équipement, je savais qu'ils le voulaient», dit Worland. "Mais celui-ci est difficile parce que peu de mecs pensent qu'ils ont besoin de parler de leurs sentiments."
Il dit qu'il souhaite que la vulnérabilité entre les mecs puisse être perçue comme une force, pas une faiblesse.
«Si c'était ainsi, plutôt que de façon stéréotypée, je pense que nous
serions une nation plus heureuse et plus saine. Il est évident que
beaucoup de gars ne peuvent pas faire face, c'est pourquoi nous perdons
tant de jours et donc Plusieurs années.
L'an dernier, le nombre d'Australiens se suicidant a dépassé 3000 pour la première fois. Sur les 3027 morts, 2292 étaient des hommes. «Tout le monde connaît quelqu'un», dit Worland. "C'est littéralement une crise nationale."
Gus Worland sur le documentaire ABC Man Up.
La série documentaire a été déclenchée par le professeur Jane Pirkis,
directeur du centre de santé mentale de l'Université de Melbourne, qui a
contacté Heiress Films au sujet d'une collaboration.
Financée par une subvention de l'association Movember, le spectacle fait
aussi partie de la recherche universitaire sur l'influence positive des
médias sur les questions de santé mentale et poursuivra sa campagne sur
le site Web manup.org.au . À la base, la campagne vise à faire parler aux hommes.
Ici, «"man up" » ne signifie pas enfermer ou durcir, cela signifie
parler, de pas ne tentez d'étouffer, et que ce n'est pas un signe de faiblesse,
mais plutôt de courage et de force.
Le documentaire mélange des histoires personnelles déchirantes avec la
plus grande bravoure, des idées académiques et une aide pratique pour aider tous les jours les Australiens. Worland est la clé du succès de l'émission. Comme un animateur sur Triple M de l'équipe Grill, l'obsédé de sport "boofhead" - également connu pour sa série télévisée réalité An Aussie Goes Barmy, et ses suites en Inde et dans les Caraïbes est le plus racontable de la personnalité.
Il se déplace sans effort entre la plaisanterie de "blokey" à des
conversations sensibles et émouvantes avec des gens qui ont tenté de se
suicider, ou des histoires de ceux qui ne l'ont pas fait les jours les plus
sombres. Il pleure souvent, menant par l'exemple dans sa quête pour obtenir des hommes pour exprimer leurs émotions.
Il apporte aussi une histoire personnelle qui lui donne son accroche : En
2006, son ami Angus Roberts s'est suicidé à l'âge de 53 ans.
"Il était quelqu'un que j'avais connu toute ma vie et il était un peu
une figure de père, un peu un entraîneur de vie et une vraie légende pour
moi. Il m'a frappé si dur," dit-il. Dans le spectacle il parle de sa colère à son ami de ne pas avoir tendu la main. Il parle de la façon dont il se blâme pour ne pas avoir vu tous les signes. "Il était ce gars incroyable, intouchable, toujours positif," dit-il dans le spectacle. «C'est la chose effrayante du suicide. Ce rocher absolu, cette légende absolue - s'il peut le faire, Dieu nous aide tous. L'épouse RobertsPenny et sa fille Lucy sont présentées dans le spectacle,
et servent comme un rappel brutal des personnes laissées pour faire
face à la suite d'un suicide. Worland, 48 ans, a eu ses propres batailles.
Il a dit qu'à quarante ans il a souffert de ce qu'il appelle une
«crise de la quarantaine», en luttant avec la renommée nouvellement
acquise de sa carrière radio en plein essor, les retombées de la mort de
Roberts et un rapiècement difficile de son mariage. Il a connu un mélange de dépression et d'anxiété, et un véritable interrogatoire d'où il était dans sa vie. Il s'est ouvert à sa famille et quelques amis proches et a commencé à voir un conseiller.
«Je n'ai jamais eu de pensées suicidaires, j'étais juste triste et
j'essayais juste de comprendre pourquoi j'étais triste, et finalement
j'ai réussi à comprendre que ne pas être parfait était OK. Et c'est
juste impossible. Je sais que cela semble idiot maintenant, j'aurais dû
le savoir, mais c'est ce que je luttais et était en prise avec », dit-il.
"Il m'a fallu quelques années pour travailler à travers cela, alors je
peux comprendre quand les hommes me parlent de ne pas être heureux parce
que j'ai été là moi-même." En plus d'une profonde intuition et empathie, Worland apporte également de l'humour et de la lumière à l'émission.
Ailleurs, Worland visite un centre d'appel Lifeline, où il est témoin
de première ligne d'un conseiller parlant à quelqu'un qui a pris une
overdose qui disparaît lors de l'appel (l'expérience a depuis conduit
Worland à s'entraîner en tant que conseiller Lifeline). Mais il y a beaucoup d'espoir affirmant la vie, aussi.
Le spectacle présente les nombreux groupes de soutien incroyable mis en
place par les gars à travers le pays, pour les travailleurs de la
construction, pour le personnel de la défense, pour les communautés
rurales. Peut-être que les scènes les plus inspirantes impliquent une visite à l'école secondaire de son fils Jack de 16 ans.
Jack, 16 ans, et un groupe de garçons de la 10e année participent à un
atelier de Tom Harkin, un coach de développement et une sorte
de "bloke whisperer" qui vise à les amener à repenser ce que les règles sont
d'être un homme. Harkin désarme doucement les adolescents gênés, défensifs et leur donne la confiance pour s'ouvrir.
Il met aisément en place un espace où les garçons parlent de problèmes
qui les dérangent et crient ouvertement l'un devant l'autre.
C'est une salle non remplie de pairs railleurs, mais d'une fraternité
de respect et de soutien, et la transformation est autant une surprise
pour les garçons que n'importe qui. C'est une télévision étonnamment puissante, et montre ce qui peut être réalisé une fois la conversation est décalée. Worland dit qu'il a fait pression pour obtenir le temps d'antenne de Man Up
déplacé 21 heures 30-20:30 de sorte qu'il peut être regardé ensemble
comme une famille, avec ses questions discutées comme une unité après.
Si le spectacle sauve une seule vie, dit-il, alors il aurait fait son
travail, mais il espère qu'il va beaucoup plus large que cela, en
influençant les hommes maintenant et les générations à venir pour
s'exprimer.
"Cela se résume à dire à quelqu'un que vous n'êtes pas OK quand vous
n'êtes pas OK, et arrêter les baratins que tout est doux parce que nous
savons tous que ce n'est pas", dit-il.
"Nous ne creusons jamais [avec d'autres personnes] parce que nous
pensons que ce n'est pas notre affaire." "Eh bien, perdant 2500 mecs
australiens par an - ce que le f ---? Dit-il, incrédule.
"C'est tellement incroyable que ça se passe, alors commençons la
conversation. Si c'est une conversation maladroite, alors c'est une
conversation maladroite, qui s'en soucie, parce que vous pourriez sauver
quelqu'un que vous aimez.
«ayons la conversation maladroite et les avoir pour le reste de
nos vies, ne pas être à leurs funérailles 'Je voudrais avoir
poussé un peu plus, je voulais avoir posé cette question
supplémentaire', parce que ça arrive trop . " Lifeline 13 11 14;MensLine 1300 789 978; beyondblue 1300 224 636 Man Up aère 11 Octobre 20h30, sur ABC.
Des hommes pleurent… pour sauver des vies 17 novembre 2016 par Clemence Bodoc sur madmoizelle.com*
« Les vrais hommes ont le courage de pleurer » : Man Up ! retourne les injonctions à la virilité pour lutter contre le suicide des Australiens, première cause de mortalité des 15-44 ans...
« Pleurer demande du courage » : c’est en l’essence le message de « Man Up », une campagne de prévention contre le suicide, ciblée sur les Australiens.
C’est AJ+ qui condense le problème, dans une vidéo synthétique comme d’habitude, partagée sur Facebook.
Gus Worland, animateur de radio et de télévision, raconte comment le suicide de son meilleur ami l’a mené à réaliser à quel point les hommes ne parlent pas de leurs émotions. C’est cet événement tragique qui l’a poussé à réaliser une série sur la masculinité en Australie, Man Up !. Les effets néfastes de la masculinité
« Man Up » se traduit en français par « sois un homme ! », une dangereuse injonction objet d’un excellent documentaire portant précisément sur les effets néfastes de l’éducation des garçons selon des standards de masculinité exacerbée. C’est, par exemple, le fait de ne pas autoriser les petits garçons à pleurer, à exprimer leurs émotions.
Ce sont précisément ces idées reçues qu’on inculque aux enfants, tous ces stéréotypes qui s’imposent socialement à eux, qui sont dénoncés dans cette habile campagne, sous le slogan provocateur Man Up !.
« Avant qu’on ne puisse parler, pleurer nous permet de survivre. Alors pourquoi dit-on aux garçons de ne pas pleurer ? De se durcir ? « D’avoir des couilles » ?
Arrêtons ça. Si tu te sens mal, parles-en. Parce que le silence peut tuer. Montrer sa douleur, ça demande des tripes. Il faut être « un homme » pour affronter ses émotions. Pleurer demande du courage.
Sois un homme, parles-en. »
Le spot retourne les injonctions à la virilité vers l’ouverture et l’acceptation de soi et de ses émotions : des messages trop peu renvoyés aux garçons, aux adolescents, aux hommes en général. Le suicide, première cause de mortalité chez les Australiens de 15 à 44 ans
Encourager les hommes à « oser pleurer », à ne pas avoir honte d’exprimer leurs émotions, mais au contraire, d’être à l’écoute d’eux-mêmes et de leurs souffrances psychologiques (au même titre que les femmes !) est le coeur de cette campagne de prévention du suicide en Australie.
En effet, le suicide y est la première cause de mortalité des hommes australiens âgés de 15 à 44 ans. Plus de 75% des suicides en Australie sont commis par des hommes ; ces chiffres sont encore plus alarmants lorsqu’on isole les populations LGBT et intersexes.
L’un des facteurs aggravant le recours au suicide chez les hommes est expliqué par la pression sociale très forte exercée sur les représentations de la masculinité.
« Les interactions sociales des hommes sont conditionnées d’un manière qui renforce des normes de stoïcisme, l’indépendance, l’invulnérabilité et l’évitement des émotions négatives.
La conformité aux normes masculines traditionnelles a été associée aux pensées suicidaires, aux tentatives de suicide, à l’abus d’alcool et de stupéfiants, et à une attitude négative envers le fait de chercher de l’aide. »
Man Up veut changer ça en Australie, et pousser les hommes à affronter leurs émotions, à en parler, à ne pas s’enfermer dans la douleur et la colère, par peur du regard et du jugement social. C’est d’ailleurs la conclusion du spot :
« Ce message a été écrit et approuvé par ta mère, ton père, et tous les potes que tu as jamais eu. Ta femme, ton fils, ta fille, ton frère, ta soeur, tu manqueras à tout le monde. Ta petite amie, ton petit ami, la fille du bar à lait, tes voisins proches et lointains. Ton prof, ton chien, ton coiffeur, ton patron, ils seront tous endeuillés par ton départ.
Ces petits mots ont été laissés là pour toi, avec tout l’amour de ceux que tu laisserais derrière… »
Les stéréotypes de genre sont vraiment dangereux
Cette campagne intelligente rappelle que le sexisme nous affecte toutes et tous, à des degrés divers selon nos histoires personnelles et nos caractères. Un rapport du Commissariat général à la stratégie et à la prospective, publié en janvier 2014, pointant déjà ces mêmes dangers pour la santé des jeunes filles et des jeunes garçons en France. Extrait :
« Les jeunes Français•es sont globalement en bonne santé, il ne faudrait pas dramatiser. Mais il est inquiétant de constater que le conditionnement genré opéré depuis la plus petite enfance finit par produire des effets concrets et néfastes sur la santé des adolescent-e-s.
Soucieux de se conformer à leur genre, en pleine construction identitaire, les garçons vont avoir des comportements à risques, davantage de comportements violents. Ils prennent moins soin de leur santé que les filles, qui sont par exemple plus assidues sur les soins bucco-dentaires.
À partir de 15 ans, on constate davantage de problèmes psychologiques chez les filles : estime de soi, troubles du comportement alimentaire… elles sont plus nombreuses à être diagnostiquées en dépression.
« Chez les 15-19 ans, les filles sont environ cinq fois plus nombreuses que les garçons à avoir fait une tentative de suicide durant l’année écoulée (2% contre 0,4 % en 2010).
Cependant, le taux de mortalité des garçons de moins de 24 ans par suicide est trois fois plus élevé que celui des filles. Cela est notamment dû aux modalités employées, les hommes ayant davantage recours à des moyens plus radicaux (pendaison, arme à feu). »
Chère anorexie Documentaire - 2015 87 min Réalisation :Judith Du Pasquier Pays :France Année :2015 Origine :ARTE F À travers les témoignages poignants de malades et de soignants en Europe, une enquête sensible sur l'énigme de l'anorexie, dont la prise en charge ne cesse d'évoluer, à travers des thérapies complémentaires, y compris familiales ou artistiques. Jeûneuses et mystiques au XV e siècle, hystériques et mélancoliques au XIXe... : le rapport au corps et à l'alimentation a toujours suscité des troubles du comportement. Si aujourd'hui l'anorexie, dopée par la mondialisation et le consumérisme, concerne majoritairement des filles, de plus en plus de garçons souffrent de cette pathologie, laquelle conduit plus que nulle autre au suicide. Spirale infernale liée au refus de s'alimenter, à l'idée d'effacement et de la sexualisation du corps à la puberté, l'anorexie, "addiction sans drogue", génère une euphorie. Traumatismes d'enfance, souffrances familiales occultées depuis des générations... : il est souvent difficile d'identifier ses causes. Mais sa prise en charge évolue, au travers des thérapies complémentaires, y compris familiales ou artistiques. "Avide, elle te vole tout" De la France à la Roumanie en passant par l'Allemagne, l'Angleterre et l'Italie, le film enquête avec délicatesse auprès des malades et du personnel soignant - psychiatres et infirmiers - sur l'invasive anorexie. "Avide, elle te vole tout", confie une ancienne malade. "Elle me donnait la sensation d'être vivante, intense, comme droguée", affirme une autre. Au fil des rencontres dans les centres de soins, ce documentaire explore en profondeur cette énigme. Les jeunes femmes témoignent ici avec une lucidité et une force bouleversantes de leur enfer en cours ou passé, de la perception abîmée de leur corps et de leur détermination à le contrôler dans une quête sans fin. Un document empreint d'une puissante humanité. http://www.arte.tv/guide/fr/060825-000-A/chere-anorexie?country=FR
Comment (re)voir ce programme Diffusion : jeudi 17 novembre à 09h25 En ligne du 18 octobre au 17 décembre 2016 Disponible en Europe VOD-DVD Ce programme est disponible en vidéo à la demande ou DVD.
Guyane Camopi : les jeunes s'expriment à travers un film sur le suicide Par Catherine Lama la1ere.francetvinfo.fr/guyane/* Publié le 08 juillet 2016 Au collège Paul Suitman à Camopi, un groupe d’élèves a voulu s’exprimer sur la question du suicide. Membres de l’atelier audiovisuel, ils ont écrit, interprété les rôles et réalisé un court métrage d’une trentaine de minutes. Leur film s’appelle" Larmes amérindiennes".
Les jeunes de Camopi ont voulu s'exprimer sur une problématique grave et préoccupante : le suicide. Une véritable épidémie en pays amérindien où depuis l'an 2000, Camopi a été meurtri par une vingtaine de suicides. Le suicide est d'ailleurs la première cause de mortalité dans ce village du haut Oyapock.
Avec un appareil photo, un micro et l’aide de leurs professeurs, les 17 collégiens de l’atelier 7ème art ont réalisé un court métrage sur le suicide. La fiction est tirée de leur vécu. Il y a quelques mois, deux de leurs camarades se sont donnés la mort. Cet épisode dramatique au sein du collège, ils l'ont vécu de manière très douloureuse. Pour expuger cette douleur, dans ce film, ils ont montré leur réalité, l’alcool, la vie entre tradition et modernité, les déceptions amoureuses et les relations avec les parents parfois difficiles.
Le film s'achève par un nouvel appel à l'aide adressé au président de la République. Le reportage de Laurence Tian-Sio-Po et Olivia Garrett-Alaïs
"La corde sensible" Troubles psychiques et risques suicidaires de Fabian Nagy et Jules de Guillebon
le 1 juillet 2016 signalée par www.psycom.org*
La Corde sensible est un documentaire indépendant réalisé en région
Grenobloise par deux jeunes en service civique à Unis-Cité. Le projet
est entièrement personnel et ne répond à aucune demande, si ce n'est le
besoin constant de parler de l'importance de la santé mentale de chacun.
Il s'agit ici d'un film regroupant une dizaine de témoignages de
différents points de vue afin de délivrer une ouverture sur un débat
essentiellement social.
Le burn-out, la maladie des salariés cramés
Dans le secret du burn out« Je suis perdu » ; « Je sers à rien » ; « Aller travailler, c’est m’enfoncer un peu plus »... Combien sont-ils ceux pour qui le travail est devenu insupportable et qui ont « craqué » ? Des centaines de milliers, apprend-on dans ce saisissant documentaire de Jacques Cotta. Les cas de burn-out ont explosé ces dernières années. Christophe Dejours, psychanalyste, explique : « Ce qui a changé, c’est la solitude. Aujourd’hui, vous souffrez, personne ne bouge. Or la coopération est la base fondamentale de la santé mentale. » Khaled Amoura raconte sa fierté à son entrée à la SNCF. Et sa descente aux enfers lorsque sa direction lui a demandé de « faire la réforme », c’est-à-dire d’instaurer la polyvalence. Dans la fonction publique, les modes de gestion sont désormais calqués sur le privé. Les réductions d’effectifs ont des conséquences souvent dramatiques. Harcèlement, dégradation des conditions de travail, manque de valorisation...
L’épuisement professionnel touche particulièrement l’Education nationale et l’hôpital public. Hervé et Christine Clément, agents hospitaliers, ont tous deux été victimes d’un burn-out. Leur fille, âgée de 16 ans, confie : « Ils ne sont pas comme avant, ils ne seront jamais comme avant. » « Je fais le deuil de ma profession », témoigne une prof. Ce film a le grand mérite de mettre en lumière ces anonymes qui ne bénéficient pas de la reconnaissance au titre de maladie professionnelle. Des invisibles démunis et isolés dans la détresse de plus en plus nombreux.
Le
documentaire réalisé par Cyril DENVERS pour France 5 sur le dispositif
de prévention du suicide des chefs d'entreprise en difficultés
sera diffusé le 13 octobre à 21h40 et s'intitule. les Petits patrons dans la tourmente ci joint la présentation.
Résumé
Les petits patrons, qui représentent 90% des dépôts de bilan
reportés en 2014, paient un lourd tribut à la crise. Bouleversés par ce
drame économique, certains envisagent le suicide, qu'ils entrevoient
comme la seule solution de se libérer de l'échec et de la précarité. En
Charente-Maritime, des artisans et commerçants ont perdu leur entreprise
mais ont pu s'appuyer sur le tribunal de commerce de Saintes, le
premier en France à avoir créé un dispositif de détection du risque
suicidaire et une cellule de soutien psychologique. Plusieurs tribunaux
de commerce ont ainsi adopté ce dispositif, intitulé APESA.
Au
tribunal de commerce de Saintes, une cellule psychologique a été créée
pour prévenir les tendances suicidaires des petits patrons en
difficulté. Une initiative qui commence à essaimer dans d’autres villes…
Les petites et moyennes entreprises sont frappées de
plein fouet par la crise. En 2014, 64 000 d’entre elles ont déposé le
bilan en France, et, pour l’immense majorité, ce sont de très petites
entreprises (moins de dix salariés). Derrière cette réalité, des
milliers d’entrepreneurs luttent pour enrayer la baisse de leur
activité, payer leurs dettes, sauver ce qui peut encore l’être. Des
patrons au bord de la faillite mais aussi, le plus souvent, des hommes
et des femmes pris dans la tourmente économique, psychologiquement
ébranlés par les épreuves traversées.
Entrepreneurs en détresse
A
Saintes, en Charente-Maritime, le tribunal de commerce consacre tous
les lundis aux entrepreneurs en faillite. Dans l’immense majorité, ils
sont artisans ou commerçants et ils viennent pour solliciter la mise en
liquidation judiciaire de leur entreprise. Une procédure collective leur
permettra de geler les dettes associées à leur activité et de
bénéficier d’un plan de remboursement échelonné sur plusieurs années
pour, espèrent-ils, connaître des jours meilleurs. Fabienne Garnier fait
partie de ceux-là. Elle est fromagère sur les marchés et son activité
ne lui donne plus la possibilité de se rémunérer ni même d’honorer ses
charges. Elle vient avec son comptable demander un redressement
judiciaire, qui lui donnerait une chance de sauver son commerce. Après
délibérations, elle sera mise sous la protection du tribunal, qui
l’accompagnera dans la procédure de sauvegarde de son activité. Mais les
juges ont détecté une grande fragilité chez elle. Au bord de
l’épuisement, Fabienne peine à surmonter son stress, elle est
désemparée, perd pied. Elle sera prise en charge par la cellule de
soutien psychologique du tribunal qui, via le dispositif Apesa* né en
2013, est le premier à initier une démarche thérapeutique pour porter
secours aux entrepreneurs en état de détresse.
Idées noires
Marc Binnié, cocréateur du dispositif Apesa avec le psychologue Jean-Luc Douillard.
Mal-être,
manque de sommeil, sentiment de culpabilité, irritabilité, mutisme,
repli sur soi… les petits patrons comme Fabienne sont en souffrance, à
bout de nerfs. « On essaie de faire bonne figure, de tenir droit, de
marcher la tête haute, mais à un moment donné on n’en peut plus, on ne
vit plus », explique Alain, 60 ans, qui a été dirigeant d’une entreprise
de BTP pendant vingt-trois ans avant de faire faillite. Infirmière du
dispositif Apesa, Nathalie Delabarre s’inquiète d’observer un mal plus
profond qu’elle ne l’imaginait : « Ma perception des chefs d’entreprise a
radicalement changé. Que ces gens puissent être aussi atteints
moralement, je n’en avais pas la moindre idée. » Les problèmes de
trésorerie, les dettes qui s’accumulent, une convocation devant une
instance judiciaire, une menace de saisie des biens, l’arrivée des
huissiers à la maison… des menaces, parfois cumulées, qui exposent les
patrons les plus fragiles à des idées sombres. Quotidiennement
confrontés à des drames personnels, les greffiers, les juges et les
mandataires de justice du tribunal de Saintes sont désormais conscients
que le risque suicidaire est bien présent. Ils ont pour mission de
détecter les profils « à risque » et de dispenser aux chefs d’entreprise
qui l’acceptent une prise en charge psychologique. Depuis 2013, la
cellule de soutien du tribunal de commerce de Saintes a déjà essaimé
dans cinq autres villes de France. Pour Marc Binnié, cocréateur du
dispositif Apesa avec le psychologue Jean-Luc Douillard, un tabou est en
train de tomber : « Habituellement, on préfère souffrir en silence. Ce
qui est nouveau, c’est de parler de cette souffrance. » Libérer la
parole pour permettre aux entrepreneurs de s’extraire de la solitude qui
leur fait envisager le pire et les aider à se remettre en ordre de
marche dans un environnement qui a rarement été si hostile… Une idée
dans l’air du temps.
Jean-François Parouty
* Aide psychologique pour les entrepreneurs en souffrance psychologique aiguë.
Documentaire Durée 52’ Auteur-réalisateur Cyril Denvers Production J2F Production / LSD Films, avec la participation de France Télévisions Année 2015