Cyberharcèlement chez les jeunes : 49 % des victimes ont déjà pensé au suicide
08/11/2022
Par Le HuffPost avec AFP
Selon une étude, 60 % des jeunes adultes de 18 à 25 ans ont déjà subi du cyberharcèlement, avec des conséquences parfois très graves sur leur santé mentale.
Plus d’un jeune adulte sur deux a déjà été victime de cyberharcèlement.
HARCELEMENT EN LIGNE - Les chiffres font froid dans le dos. Selon une étude financée par la Caisse d’Epargne et publiée par e-Enfance mardi 8 novembre 2022, plus d’un jeune adulte sur deux (60 %) a déjà été harcelé sur Internet. « Une proportion énorme », souligne auprès de l’AFP Justine Atlan, la directrice générale de cette association de protection de l’enfance sur internet. D’autant que parmi les victimes, 49 % ont déjà pensé au suicide.
L’étude, réalisée par l’institut Audirep auprès d’un échantillon de 1 209 jeunes âgés de 18 à 25 ans, montre les conséquences « lourdes » du cyberharcèlement sur la santé physique et mentale des victimes : 69 % d’entre elles déclarent avoir subi des insomnies, des troubles de l’appétit ou ressenti du désespoir, et 51 % ont failli tomber dans des comportements d’addiction à l’alcool ou à la drogue.
Le phénomène peut prendre plusieurs formes, comme des insultes, des moqueries ou le partage de photos sans le consentement de la personne concernée.
Par ailleurs, la majorité des victimes y ont été confrontées pour la première fois avant 21 ans. « Il s’agit d’un âge où les jeunes sont parfois très seuls et se trouvent dans une situation précaire. Pour autant, ils ont besoin de socialisation de cet âge, ce qui les amène à prendre des risques » en ligne, explique Justine Atlan, alors que la journée nationale de lutte contre le harcèlement aura lieu dans deux jours, jeudi 10 novembre 2022.
Une activité de plus en plus intense sur les réseaux
« Les usages continuent à s’amplifier, les jeunes ont plusieurs messageries, s’inscrivent sur différents réseaux sociaux, ce qui multiplie le facteur de risque de subir du cyberharcèlement », décrit Justine Atlan. Les plateformes les plus utilisées sont celles où l’on dénombre le plus de signalements pour du cyberharcèlement. « Pour cette tranche d’âge, ça va être plus TikTok que Facebook », indique-t-elle, alors que les jeunes déclarent avoir en moyenne un compte sur huit réseaux sociaux différents.
90 % des jeunes adultes estiment d’ailleurs que leur temps passé sur internet et les réseaux sociaux a augmenté, dont 59 % « beaucoup plus », à cause du développement massif des réseaux sociaux, de la crise du Covid et des différents confinements. Cette période a également facilité l’augmentation de conduites à risques sur internet et les réseaux sociaux, et 64 % des jeunes estiment s’y exposer.
L’étude ne permet en revanche pas de définir un profil type de victime, à cause de leur nombre très important. Elle relève toutefois qu’un peu plus d’hommes, de non diplômés, inscrits sur un plus grand nombre de réseaux sociaux et à des jeux en ligne, sont concernés.
Comment lutter ?
Afin de lutter contre le cyberharcèlement, 62 % des jeunes adultes interrogés veulent la mise en place d’un suivi psychologique renforcé pour les victimes. Ils sont aussi 52 % à souhaiter avoir accès à de l’aide ou de l’information de la part d’une association qui lutte contre les cyberviolences.
Parmi lesquelles E-Enfance, qui a commandé cette étude. L’association gère le 3018, numéro national pour les victimes de violences numériques. Il a connu cette année une hausse des cas traités : environ 25 000 de janvier à septembre 2022, contre 19 000 sur l’ensemble de l’année 2021, selon Justine Atlan.
L’autre numéro d’écoute, le 3020, s’adresse aux familles et aux victimes d’une situation de harcèlement scolaire entre élèves. Il a également connu « une nette progression des appels traités » cette année, a indiqué à l’AFP Murielle Cortot Magal, directrice générale de l’association EPE-IDF (École des parents et des éducateurs d’Île-de-France), qui gère cette plateforme téléphonique.
Cette année, le numéro a enregistré 22 000 appels jusqu’à septembre 2022, contre 17 000 sur l’ensemble de l’année 2021. Les cas traités émanant majoritairement de parents, avec un fort taux d’appels pour des élèves de CM1, CM2, 6e et 5e.
jeudi 10 novembre 2022
SONDAGE Cyberharcèlement chez les jeunes : 49 % des victimes ont déjà pensé au suicide
mardi 26 octobre 2021
CANADA ETUDE RECHERCHE PRESENTATION PROJET DE RECHERCHE prévention du suicide chez les victimes de cyberintimidation
Prévention du suicide chez les victimes de cyberintimidation
vendredi 12 février 2021
Prévention Des copains bienveillants et volontaires agissent pour éviter le harcèlement à l’école
Des copains bienveillants et volontaires agissent pour éviter le harcèlement à l’école
Publié le 10/02/2021 • Par Nathalie Perrier prévention sécurité, Innovations et Territoires, Régions
Service prévention police municipale de Mougins Des élèves des classes du primaire et des collèges de Mougins dans les Alpes-Maritimes repèrent et signalent les agressions sur leurs pairs.
Ma Gazette
[Mougins (Alpes-Maritimes) 18 500 hab.] A Mougins, les enfants ne sont pas seulement victimes, auteurs ou complices de harcèlement, ils peuvent aussi être acteurs de la prévention. Selon le ministère de l’Education nationale, un élève sur dix serait victime de harcèlement à l’école, soit 700 000 élèves. Par honte ou peur des répressions, la plupart se taisent. Pour les inciter à rompre le silence, la ville expérimente depuis 2019 le dispositif « copains bienveillants ».
Le principe ? Des élèves, volontaires, attentifs et vigilants, prêts à recueillir les confidences d’un camarade en difficulté, repérer les situations problématiques et en référer aux adultes de la communauté éducative. « Le harcèlement est un fléau, avec des conséquences souvent dramatiques : absentéisme, décrochage scolaire, isolement, voire suicide, constate Richard Galy, le maire. La principale difficulté étant le repérage des victimes, nous avons voulu trouver parmi leurs pairs des personnes ressources à qui elles pourraient plus facilement se confier. »
Des policiers formés
En janvier 2019, la ville envoie deux de ses policiers municipaux participer à la formation « harcèlement en milieu scolaire » proposée par la brigade de prévention de la délinquance juvénile de la gendarmerie (BDPJ) de Cagnes-sur-Mer qui teste un dispositif proche dans un collège du département. Quelques mois plus tard, « copains bienveillants » est mis en place dans les écoles primaires. Piloté par la police municipale en partenariat avec l'Education nationale, il se déploie dans les six écoles (niveaux CM1 et CM2) et les deux collèges de la ville (de la sixième à la troisième), soit auprès de 2 000 élèves. « Nous avons adapté le dispositif de la BDPJ aux plus jeunes, dès la fin du primaire, explique Hervé Houste, brigadier-chef principal du pôle prévention de la police municipale. Plus nous abordons tôt le problème, plus nous désamorçons des comportements, on dédramatise l'entrée en classe de 6E et nous tissons des liens avec les enfants que nous suivrons au collège. »
« Pas des balances »
Concrètement, en début d'année, Hervé Houste et son complice Anthony Maccario, brigadier du service « prévention », interviennent dans les classes pour expliquer ce qu'est le harcèlement - « à ne pas confondre avec des chamailleries ». Ils insistent sur l'importance du dialogue - « vous n'êtes pas des balances » - et présentent les adultes ressources à qui les enfants peuvent s'adresser au sein de leur établissement. En primaire, une première heure de sensibilisation a auparavant été dispensée aux élèves par la psychologue scolaire. « Nous travaillons à l'aide de supports qui parlent aux élèves : le clip Fragile du chanteur Soprano, le single Ma jolie de Claudio Capeo, la vidéo de la campagne de 2019 Non au harcèlement, explique Hervé Houste. Le but, c'est de libérer la parole, d'amener les enfants à nous parler d'eux, de situations de harcèlement dont ils ont été victimes, témoins ou auteurs. »
L'an dernier, les copains bienveillants ont repéré et signalé cinq situations de harcèlement. Immédiatement traitées par la communauté éducative ou la police, elles ont aussitôt pris fin.
Contact : pôle « prévention » de la police municipale, serviceprevention@villedemougins.com
Une violence répétée
Moqueries, insultes, surnoms désobligeants, coups... Le harcèlement prend plusieurs formes. Il s'agit, selon la définition de l'Education nationale, d'une violence physique ou psychologique répétée qui s'exerce sur une personne souvent isolée, dans une relation de dominant /dominé. En France, 700 000 élèves sont victimes de harcèlement scolaire, dont 380 000 de manière sévère. La plupart n'osent pas se confier. Le harcèlement scolaire peut avoir des
conséquences dramatiques : absentéisme, décrochage scolaire, troubles, changement de comportement.
https://www.lagazettedescommunes.com/720533/des-copains-bienveillants-et-volontaires-agissent-pour-eviter-le-harcelement-a-lecole/
vendredi 8 novembre 2019
Fiches pratiques de Service.public.fr Violences scolaires, harcèlement, provocation au suicide : quels recours pour la victime ?
- « Non au harcèlement » au 3020 : ce service accueille les jeunes ou les parents, victimes ou témoins de harcèlement à l'école. Il est ouvert tout au long de l'année du lundi au vendredi de 9h à 20h et le samedi de 9h à 18h, sauf les jours fériés, appel et service gratuits depuis un téléphone fixe ou mobile ;
- « Net Écoute » au 0800 200 000 : pour poser vos questions de façon anonyme et confidentielle sur le harcèlement en ligne. Ce service est ouvert du lundi au vendredi de 9h à 19h, appel et service gratuits.
Pour des faits commis par un mineur de plus de 13 ans, la loi prévoit une peine de prison pouvant aller de 6 à 18 mois (selon les circonstances aggravantes) et une amende maximale de 7 500 €.
lundi 19 août 2019
ETUDE RECHERCHE Intimidation associée à une augmentation du nombre de tentatives de suicide chez les 12-15 ans
newstrotteur-fr 3* 16/08/2019
Une nouvelle étude dans le Journal de l'Académie américaine de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (JAACAP), publié par Elsevier, indique que la victimisation par l'intimidation peut augmenter le risque de tentatives de suicide chez les jeunes adolescents d'environ trois fois plus dans le monde.
"Dans le monde, environ 67 000 adolescents se suicident chaque année et ont identifié des facteurs de risque modifiables pour adolescent le suicide est une priorité de santé publique ", a déclaré l'auteur principal Ai Koyanagi, MD, et chercheur au Parc Sanitari Sant Joan de Deu, à Barcelone, en Espagne.
Les résultats sont basés sur des données représentatives au niveau national recueillies dans le cadre de l'enquête mondiale sur la santé en milieu scolaire menée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) (OMS), qui est une enquête en milieu scolaire menée dans de nombreux pays du monde.
L'étude portait sur 134 229 adolescents scolarisés âgés de 12 à 15 ans de 48 pays répartis dans cinq régions de l'OMS, dont l'Afrique, les Amériques, la Méditerranée orientale, l'Asie du Sud-Est et le Pacifique occidental. L'échantillon comprenait neuf pays à revenu élevé, 33 pays à revenu moyen et 6 pays à faible revenu.
Les chercheurs ont constaté que plus de 30% des adolescents avaient été victimes d'intimidation au cours des 30 derniers jours. Les adolescents qui ont été victimes d'intimidation étaient environ trois fois plus susceptibles de déclarer avoir tenté de se suicider que ceux qui ne l'avaient pas été, quelle que soit leur région.
La Dre Koyanagi et son équipe ont également constaté que plus les adolescents étaient intimidés, plus ils risquaient de signaler une tentative de suicide. Comparativement aux participants qui n'ont pas été victimes d'intimidation, le fait d'intimider plus de 20 jours au cours des 30 derniers mois a été associé à une probabilité 5,51 fois plus grande de signaler des tentatives de suicide.
"La forte prévalence de la victimisation par l'intimidation et le risque substantiellement accru de tentatives de suicide dépendant de la dose chez les adolescents victimes d'intimidation, constatés dans notre étude, mettent en évidence le besoin urgent de mettre en œuvre des interventions efficaces et fondées sur des preuves pour lutter contre l'intimidation. des suicides d'adolescents et suicide tentatives dans le monde entier ", a conclu le Dr Koyanagi.
*https://newstrotteur.fr/2019/08/16/intimidation-associee-a-une-augmentation-du-nombre-de-tentatives-de-suicide-chez-les-12-15-ans-2/
en savoir plus :
Materials provided by Elsevier.
Références:
Ai Koyanagi, Hans Oh, Andre F. Carvalho, Lee Smith, Josep Maria Haro, Davy Vancampfort, Brendon Stubbs, Jordan E. DeVylder. Bullying Victimization and Suicide Attempt Among Adolescents Aged 12–15 Years From 48 Countries. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry, 2019; DOI: 10.1016/j.jaac.2018.10.018 https://jaacap.org/article/S0890-8567(19)30209-6/fulltext
lundi 15 juillet 2019
AUTOUR DE LA QUESTION ETUDE RECHERCHE CANADA USA SUEDE L'intimidation commence à la maison, dit une nouvelle étude
Si je viens d'un milieu où j'ai été victimisé par les adultes qui m'entourent et mon tempérament a fait que j'ai continué à camper ce rôle-là à l'école (sans rien dire) et sans que mes parents m'équipent pour me défendre (...) je finis par me convaincre que c'est normal et que c'est mon rôle à moi, a-t-il dit. Et on a l'autre qui dit, "hey je vois comment on agresse, donc je vais agresser à mon tour".
jeudi 28 mars 2019
AUTOUR DE LA QUESTION CANADA Un nouvel outil pour traiter de l’intimidation dans les médias
source https://www.inspq.qc.ca* 26 mars 2019
Un nouvel outil suggérant des pistes pour aborder le sujet de l’intimidation dans les médias est mis en ligne aujourd’hui par l’INSPQ en partenariat avec le ministère de la Famille. Découlant du Plan d’action concerté pour prévenir et contrer l’intimidation 2015-2018 (lien externe s'ouvrant dans une nouvelle fenêtre), cet outil Web s’adresse aux professionnels des médias de l’information, aux étudiants en journalisme, aux personnes intervenant auprès des victimes et des auteurs d’intimidation de même qu’au grand public.
La manière dont les médias traitent de l’intimidation, qu’il s’agisse d’un cas précis ou de la problématique en général, et l’utilisation qui est faite de ce terme peuvent avoir un effet sur la perception de cette problématique au sein de la population. « On a constaté que le terme était parfois utilisé comme « fourre-tout », ce qui peut alimenter une certaine confusion », explique Dominique Gagné, conseillère scientifique à l’INSPQ.
Des réponses à des questions
Pour y voir plus clair, l’INSPQ a rassemblé les meilleures données probantes sur l’intimidation dite traditionnelle et l’intimidation en ligne. Cette nouvelle trousse média présente toute l’information pertinente et répond à une multitude de questions telles que :
- Qu'est-ce que l'intimidation?
- Combien de personnes sont touchées?
- Quelles sont les causes et les conséquences?
- Que pouvons-nous faire?
- Quelle est l’ampleur de l’intimidation en ligne chez les jeunes?
- Que pouvons-nous faire?
- Vers quels organismes d'aide se tourner?
De plus, l’INSPQ s’est inspiré des meilleures pratiques en matière de traitement journalistique du phénomène de l’intimidation et des principaux constats d’une analyse de la couverture médiatique de cette problématique dans la presse écrite québécoise pour suggérer quelques recommandations. Celles-ci peuvent s’appliquer à toute personne ayant à intervenir dans les médias ou dans l’espace public. En résumé, il s’agit de bien définir l’intimidation et d’en comprendre les caractéristiques, afin de transmettre une information juste et crédible sur le phénomène. Il est aussi important de varier les points de vue et de privilégier le recours aux experts et aux sources officielles pour remettre en contexte les différentes situations faisant l’objet d’une couverture médiatique.
Finalement, l’INSPQ aborde le lien entre l’intimidation et le suicide. « Comme le suicide d’une personne victime d’intimidation est un phénomène rare, mais généralement abondamment couvert par les médias, il importe de ne pas présenter ce geste comme étant un résultat direct d’une situation d’intimidation », constate Dominique Gagné. La trousse rappelle ainsi la manière de traiter du suicide dans les cas d’intimidation.
Quelques faits saillants
Environ 20 % des jeunes Canadiens seraient victimes d’intimidation dite traditionnelle. Malgré le fait que les jeunes soient souvent ciblés en raison de leurs caractéristiques individuelles (ex. : apparence, poids, expression de genre), il faut aller au-delà de ces caractéristiques et s’intéresser au contexte dans lequel ils évoluent afin de mieux comprendre le phénomène et pouvoir le prévenir. L’intimidation peut entraîner différentes conséquences pour les auteurs et les victimes qui peuvent perdurer dans le temps. Les personnes qui vivent de l’intimidation peuvent ressentir de l’insécurité et de l’angoisse et développer une faible estime de soi, de l’anxiété ou des symptômes de dépression. Il est important de savoir que ce phénomène peut être contré et ses conséquences atténuées par différents facteurs comme la qualité des relations sociales et les compétences personnelles et sociales des personnes qui en sont la cible. La réaction de l’entourage, du milieu et des personnes qui sont témoins des gestes posés peut également avoir une influence. L’intimidation en ligne est un phénomène relativement récent et peu documenté. « En raison du caractère anonyme et potentiellement viral de certains gestes posés en ligne, les conséquences pourraient être encore plus importantes pour les jeunes qui en sont victimes », de conclure Dominique Gagné.
Pour consulter cette trousse média sur l’intimidation : www.inspq.qc.ca/intimidation
jeudi 7 mars 2019
ETUDE RECHERCHE Cybervictimisation et suicidalité chez les étudiants français de premier cycle : Un modèle de médiation
a School of psychology, University of Ottawa, Ottawa, ON K1N 6N5, Canada
b Department of psychology, UQAM, Québec, Canada
c Department of sexology, UQAM, Québec, Canada
d Laboratory Psy-DREPI EA 7458, Department of psychology, Université Bourgogne Franche Comté, Dijon, France
Contexte
La plupart de la littérature scientifique sur la cyberintimidation et les conséquences psychosociales associées est basée sur des échantillons d'adolescents. En outre, malgré leurs contributions, les rares études sur les adultes en émergence ont été menées sur des échantillons de petite taille ou à site unique. La présente étude visait à documenter la prévalence de la cyberintimidation parmi les étudiants universitaires en France et le lien entre la cyber-victimisation, la détresse psychologique et le suicide.
Les méthodes
L'échantillon comprenait 4 626 étudiants français. Les participants ont répondu à une échelle de cyberintimidation qui mesurait la fréquence de victimisation et de détresse associée. Les idées et tentatives suicidaires et les abus émotionnels de la part des parents ont également été évalués.
Résultats
La prévalence de la cybervictimisation était plus élevée chez les garçons que chez les filles. Les cyber-victimes des deux sexes ont signalé plus d'idées et de tentatives de suicide que les non-victimes. Le modèle médiatisé montre un role médiateur de la détresse psychologique associée à la cybervictimisation sur la relation entre cyberintimidation et suicidalité.
Limites
L’étude s’appuyait sur un plan transversal; il n’était donc pas possible d’observer les trajectoires développementales de la cybervictimisation, ni la causalité entre les variables. En outre, un questionnaire plus complet évaluant différentes formes de cybervictimisation aurait permis d'examiner de nouvelles formes de cybervictimisation et leurs impacts.
Conclusion
Cette étude avec un large échantillon conduit à des indices importants pour les programmes de prévention et d'intervention. Il souligne que la cyberintimidation ne concerne pas uniquement l'adolescence; mais aussi un problème de jeunes adultes associé à des conséquences négatives.
https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0165032718323668?via%3Dihub
vendredi 1 mars 2019
CANADA REFLEXION CRITIQUE DEBAT Internet, la sécurité des jeunes et le problème de «Juvenoia»
Il n’y a aucun jeu, logiciel ou application qui a le pouvoir de rendre suicidaire, ou de pousser cette personne-là à passer à l’acte.
Le phénomène, ce n’est pas le Momo Challenge ou le Blue Whale Challenge. Le phénomène, c’est un adulte qui est un prédateur et qui rentre en contact avec un jeune et qui le fait chanter. Ça peut être de la sextorsion, ça peut être des menaces ou des trucs comme ça, et c’est ça, le réel phénomène. On parle de cybercriminalité.
Ce service est disponible partout au Québec, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
Ailleurs au Canada : 1 833 456-4566
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1155877/momo-challenge-blue-whale-suicide-faux-cyberintimidation
vendredi 9 février 2018
ROYAUME UNI Campagne cyber-harcèlement « Bedtime Stories ».
https://parismatch.be*
Parce que le cyber-harcèlement peut parfois pousser au suicide, une association britannique le rappelle dans une campagne choc intitulée « Bedtime Stories ».
En guise de comptine pour s’endormir, les propos font plutôt froid dans le dos. Avant de sombrer sur l’oreiller, nombreux sont les jeunes qui traînent sur les réseaux sociaux pour tomber dans une trappe à cauchemars. Mais en plus de hanter leur nuit, ces cauchemars les poussent parfois à commettre le pire…
Histoire d’horreurPour sensibiliser au cyber-harcèlement et son impact sur la santé mentale de nos têtes blondes, l’association britannique PAPYRUS – Prevention of the Young Suicide (« prévention du suicide des jeunes ») a lancé une campagne publicitaire choc. Diffusée ce lundi 5 février, la vidéo intitulée « Bedtime Stories » et repérée par le Huffington Post UK dénonce un fléau de plus en plus grand, à travers la banalité du quotidien.
« Bonne nuit, sal*** ! »Bordée dans son lit, une fillette d’une dizaine d’années écoute attentivement un conte que lui raconte sa mère. Mais l’histoire censée être enchanteresse se transforme vite en histoire d’horreur. « Tu n’as pas d’amis », « tout le monde te déteste », « tu es grosse et faible », déballe la maman le sourire aux lèvres sur fond de comptine musicale. « J’espère que tu vas mourir », poursuit l’adulte sur un air de moins en moins sympathique avant de conclure son histoire par un direct : « Bonne nuit… sal*** ! » La lumière s’éteint brusquement et la jeune fille se retrouve seule, devant son écran et la peur au visage.
Aucune échappatoireAvec cette vidéo coup de poing, l’association PAPYRUS vient dénoncer le cyber-harcèlement dont peuvent être victimes les 11-18 ans. Et surtout pointer du doigt les risques de suicide qui en résultent.
Un message qui fait écho au récent message de la reine des Belges, engagée personnellement dans une campagne de sensibilisation contre le cyber-harcèlement. « Ne permettez pas que le harcèlement en ligne bouleverse la vie de quelqu’un », avait-elle déclaré dans une capsule vidéo adressée aux jeunes victimes de cyber-harcèlement.
https://parismatch.be/actualites/societe/114518/quand-le-cyber-harcelement-pousse-au-suicide-le-clip-choc-qui-denonce
mardi 16 janvier 2018
ETUDE RECHERCHE CANADA Les Adolescents qui ont été sévèrement maltraités alors qu'ils étaient enfants à risque plus élevé de pensées suicidaires, de problème de santé mentale
d'après "Teens who were severely bullied as children at higher risk of suicidal thoughts, mental health issue." ScienceDaily. ScienceDaily, 15 January 2018. <www.sciencedaily.com/releases/2018/01/180115094240.htm>.
Date: Le 15 janvier 2018
Source: Journal de l'Association médicale canadienne
Selon de nouvelles recherches, les adolescents qui ont été sévèrement maltraités pendant leur enfance par leurs pairs sont plus à risque de souffrir de problèmes de santé mentale, y compris des pensées et des comportements suicidaires.
"Nos constatations ont montré une tendance générale, chez environ 15 % des enfants, à être exposés aux niveaux les plus graves de victimisation depuis le début de leurs études jusqu' à la transition vers l'école secondaire", écrit la Dre Marie-Claude Geoffroy, Groupe McGill d'études sur le suicide, Université McGill, Montréal (Québec), avec ses coauteurs. "Ces enfants étaient plus à risque de présenter des symptômes dépressifs ou dysthymiques invalidants ou de souffrir d'anxiété et de suicidalité à l'adolescence que les enfants moins sévèrement victimisés, même après que nous ayons tenu compte d'une pléthore de facteurs d élément perturbateur évalués pendant l'enfance.
L'étude a examiné les données de l'Étude longitudinale du Québec sur le développement de 1363 enfants nés en 1997-1998 qui ont été suivis jusqu' à l'âge de 15 ans. Les chercheurs ont évalué les enfants de 6,7,8,8,10,12 et 13 ans en se fondant sur l'auto-évaluation de la victimisation par les pairs. Les participants provenaient d'un éventail de milieux socioéconomiques et de structures familiales, avec un peu plus de femmes (53 %) que d'hommes. Ils ont été classés en trois catégories: victimisation faible ou nulle, victimisation modérée et victimisation grave.
Les enfants victimes de la victimisation grave par les pairs étaient deux fois plus susceptibles de déclarer une dépression ou une humeur déprimée à l'âge de 15 ans que les enfants victimes d'une victimisation faible ou nulle, et trois fois plus susceptibles de déclarer de l'anxiété. Le plus troublant, c'est que le groupe de victimisation grave était près de 3,5 fois plus susceptible de signaler des pensées suicidaires graves ou des tentatives de suicide que le groupe non ou faible.
Les enfants qui ont subi une victimisation modérée n'étaient pas plus à risque de signaler des problèmes de santé mentale.
Environ 59 % des participants avaient été victimes d'une certaine victimisation par les pairs au cours des premières années de l'école primaire, bien qu'elle ait généralement diminué à mesure que les enfants grandissaient.
"Bien que la victimisation par les pairs commence à diminuer vers la fin de l'enfance, les individus du groupe suivant une trajectoire grave étaient encore exposés au plus haut niveau de victimisation au début de l'adolescence", écrivent les auteurs.
"Nos résultats, comme ceux de nombreuses autres études, suggèrent que la victimisation grave par les pairs peut contribuer au développement de problèmes de santé mentale à l'adolescence. Par conséquent, il est important de prévenir la victimisation grave au début de la vie", disent-ils.
Ils recommandent vivement de lancer des initiatives de prévention d'intimidation avant que les enfants n'entrent à l'école.
Les chercheurs soulignent que l'autodéclaration de la victimisation constitue une limite de l'étude.
L'étude a été menée par des chercheurs de l'Université McGill, de l'Université de Montréal, du CHU Sainte-Justine Research Center et de l'Université du Québec à Montréal, Montréal (Québec), de l'Université Laval (Québec), de la Tomsk State University, Tomsk (Fédération de Russie), du King's College London (Londres, Royaume-Uni), de l'Université de Bordeaux (Bordeaux, France) et du University College Dublin (Dublin, Irlande).
références études mentionnée Childhood trajectories of peer victimization and prediction of mental health outcomes in midadolescence: a longitudinal population-based study Marie-Claude Geoffroy, Michel Boivin, Louise Arseneault, Johanne Renaud, Léa C. Perret, Gustavo Turecki, Gregory Michel, Julie Salla, Frank Vitaro, Mara Brendgen, Richard E. Tremblay, Sylvana M. Côté. . Canadian Medical Association Journal, 2018; 190 (2): E37 DOI: 10.1503/cmaj.170219
http://www.cmaj.ca/content/190/2/E37
lundi 8 janvier 2018
BELGIQUE ARTICLE Suicide : bien en parler, pour sauver des vies
D'après le Pr Gwendolyn Portzky, coordinatrice du centre flamand de prévention du suicide (VLESP), ces deux exemples illustrent parfaitement le rôle majeur que peut jouer la presse dans la prévention de ce type de drame. C'est pour cette raison qu'une série de recommandations ont été formulées en Belgique et au-delà pour aider les médias à tenir un discours responsable lorsqu'ils sont amenés à parler du suicide. " Je donne peut-être un peu l'impression de tomber dans l'hyperbole, mais la manière de parler du suicide peut vraiment sauver des vies. Dans un monde idéal, la médiatisation de ce geste devrait être un levier vers une aide adaptée. Mais dans les faits, c'est encore trop souvent le contraire qui se passe : les drames relayés dans la presse en provoquent d'autres. "
Identification Imaginez par exemple un adolescent mal dans sa peau qui pense à en finir. Un matin, il découvre dans le journal qu'un jeune de 17 ans a mis fin à ses jours en se jetant sous un train. L'article s'attarde avec moult détails sur le harcèlement dont il a été victime et sur une récente rupture sentimentale qui pourrait avoir précipité son geste, concluant qu'il ne voyait sans doute plus d'autre issue. " C'est exactement le type de discours qui peut déboucher sur des suicides par imitation, comme l'ont clairement démontré une série d'études. Bien sûr, les jeunes confrontés à un problème de harcèlement et qui broient du noir ne vont pas pour autant tous se jeter sous un train, mais le risque est sensiblement accru. Et chaque détail supplémentaire augmente la probabilité qu'ils se reconnaissent dans la victime, qu'ils s'identifient à elle. Si vous leur dites en outre comment elle s'y est prise pour mettre fin à ses jours, cela revient presque à leur fournir une solution toute faite et un mode d'emploi ! "
Un autre discours particulièrement néfaste est celui qui consiste à ramener le suicide à un facteur unique ou à lui donner explication simpliste. " Le drame suscite toujours un grand besoin de comprendre pourquoi la personne s'est ôté la vie. Il est alors tentant d'évoquer un problème de harcèlement, un récent licenciement, un procès perdu, un divorce... Si ces éléments peuvent certainement jouer un rôle, ils ne sont jamais le seul facteur. Des recherches ont par exemple démontré l'importance d'éléments neurobiologiques et génétiques, mais aussi de troubles psychiatriques comme la dépression. Il est important, lorsqu'on parle du suicide, de bien le recadrer dans son contexte complexe et multifactoriel. "
Alimentez l'espoir ! Heureusement, les médias peuvent aussi jouer un rôle de prévention. " Nous le mentionnons dans nos directives : lorsque vous évoquez un suicide, essayez de donner la parole à des personnes qui y ont pensé mais qui ont réussi à surmonter leurs difficultés en en parlant avec leurs proches ou en faisant appel à une aide professionnelle, par exemple. Le public des médias verra ainsi que même une situation apparemment sans issue ne l'est pas forcément. Il est capital d'alimenter l'espoir de trouver d'autres solutions plus constructives ! "
Ses contacts réguliers avec la presse ont permis au Pr Portzky de constater par elle-même combien la plupart des rédactions prennent au sérieux les recommandations en matière de suicide, même si cela reste toujours un peu pour elles un exercice de corde raide. La pression à laquelle elles sont souvent soumises ne leur laisse en effet pas toujours le temps ou la possibilité de respecter les directives à la lettre, sans compter que celles-ci sont parfois tout simplement en porte-à-faux avec des considérations journalistiques.
Prenons un cas réel d'un jeune homme qui s'est suicidé il y a quelques mois après une affaire de sexting*. Alors que les directives conseillent de ne pas en parler, la question de savoir si ce sexting peut plus largement être une cause de suicide se pose. Sachant qu'il s'agit d'un phénomène auquel nombre de jeunes et de parents sont actuellement confrontés et qui suscite beaucoup d'interrogations, la problématique peut avoir clairement une pertinence sociétale. Certains médias ont donc décidé de consacrer un reportage au sexting avec beaucoup d'explications, mais sans s'attarder sur le suicide proprement dit. Et en proposant un discours positif, dans la lignée des directives aux médias, avec des interviews d'élèves de secondaire sur la manière dont ils avaient affronté ce problème.
Un tabou ? Passer sous silence des événements qui sont de nature à bouleverser la collectivité peut donner à tort l'impression que ce qui s'est produit n'est pas grave ou pas important. Et les journalistes sont parfois interpellés par des proches de personnes qui se sont suicidées, qui s'indignent que l'on parle peu du suicide, alors qu'il n'est pas rare. Il s'agit donc toujours de trouver un juste équilibre entre clarté et prudence... mais l'information sur le suicide ne peut pas non plus être enrobée au point que les gens ne savent plus de quoi on parle.
Gwendolyn Portzky souligne que l'objectif des directives n'est en aucun cas d'éluder la question. " Nous aussi, nous nous battons pour briser le tabou. Je comprends d'ailleurs très bien la position délicate des médias et j'espère que les rédactions voient plutôt dans nos directives des conseils de prudence dans la diffusion de l'information qu'une volonté de l'interdire. Nous voulons être un partenaire constructif, pas une sorte de police des médias ! "
* Sexting : diffusion ou partage de photos ou messages à caractère sexuel par le biais de GSM ou autres médias mobiles.
Pour en savoir plus. : https://www.preventionsuicide.be/fr/professionnels/relations-presse.html
*http://www.levif.be/actualite/sante/suicide-bien-en-parler-pour-sauver-des-vies/article-normal-779403.html
jeudi 9 mars 2017
la Police Nationale avertit sur les dangers des defis sur les réseaux sociaux
6 mars, 18:38 ·
Vous êtes nombreux à nous signaler le #bluewhalechallenge, qui pousse les participants à l’auto-mutilation, l’isolement et au suicide sur les réseaux sociaux. Soyez intelligents, ne vous laissez pas influencer. Aucun défi ne mérite de risquer votre vie !
Nous rappelons que le fait de provoquer au suicide d’autrui est passible de lourdes peines (5 ans d’emprisonnement et 75 000€ d’amende). La propagande ou publicité en faveur de produits, d’objets, ou de méthodes préconisés comme moyen de se donner la mort est également répréhensible.
Si vous craignez pour votre sécurité ou celle d’un proche, contactez les services d’urgence en composant le 17 (POLICE) ou le 15 (SAMU).
Des organismes existent également pour apporter conseils et assistance aux personnes vulnérables.
Contactez notamment netecoute au 0 800 200 000 ou le 119 (Enfance en Danger).
Police Nationale 6mars
jeudi 3 juillet 2014
DONNEES BREVES RAPPORT GROUPE DE TRAVAIL INTER MINISTÉRIEL SUR LA LUTTE CONTRE LA CYBERCRIMINALITÉ
Auteur(s) : ROBERT Marc FRANCE. Ministère de la justice; FRANCE. Ministère de l'économie et des finances; FRANCE. Ministère de l'intérieur; FRANCE. Ministère des petites et moyennes entreprises, de l'innovation et de l'économie numérique
Date de remise : Juin 2014
Le rapport rappelle entre autre dans quelques lignes transversales la question de la prévention du suicide sous plusieurs angles
- la lutte et répression de la provocation et l'incitation au suicide interdite et réprimé par la loi
- le harcelement et "l' impact sur la santé mentale, voire, exceptionnellement, de tentatives de suicide ou même de suicides (3 en2013 suite à des harcèlements)"
- le Chantage à la web-cam"à l'origine d'après le rapport de suicides en France
- ainsi que l'intervention en cas de signalements avec PHAROS, "484 procédures d'urgence vitale (annonces de suicide) ont été traitées en 2012" sur 119.788 signalements
Placée au sein de l'O.C.L.C.T.I.C., la plate-forme officielle PHAROS de signalement des contenus illégaux ou des activités illégales sur Internet est animée par des policiers et des gendarmes qui traitent les signalements des internautes
Voir le rapport http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/144000372-proteger-les-internautes-rapport-sur-la-cybercriminalite?xtor=EPR-526
mardi 17 décembre 2013
CANADA : DEBAT Le lien entre cyberintimidation et suicide serait trop vite établi
Alison Auld
, La Presse Canadienne (HALIFAX, N.-E.)
16 décembre 2013 http://techno.lapresse.ca/nouvelles/internet/201312/16/01-4721570-le-lien-entre-cyberintimidation-et-suicide-serait-trop-vite-etabli.php
Illustration La Presse
Les récits se multiplient sur l'écran d'ordinateur de Carol Todd avec une régularité bouleversante: il s'agit d'expériences aux contours similaires qui brossent un portrait du suicide chez des jeunes qui ont souvent eu à subir les tourments de la cyberintimidation.
À certains égards, ces récits rejoignent le drame vécu par sa propre fille Amanda, une élève de 15 ans qui s'est enlevé la vie il y a un an à la suite de mois de harcèlement à l'école et dans Internet autour d'images de son corps publiées en ligne.
L'un des éléments communs à ces décès est le lien de cause à effet établi par les médias, les politiciens et les parents entre l'intimidation incessante et la décision de la victime de mettre fin à ses jours.
Mais Mme Todd et certains experts de la santé estiment que l'interconnexion que plusieurs établissent tend à trop simplifier le suicide chez les jeunes et la cyberintimidation, au détriment de la reconnaissance d'enjeux complexes de santé mentale qui entrent généralement en ligne de compte dans ces tragédies.
«L'histoire d'Amanda, quand vous analysez tous les morceaux, est très complexe», a fait valoir Mme Todd, à son domicile de Port Coquitlam, en Colombie-Britannique, ajoutant que sa fille avait des troubles d'apprentissage qui nuisaient à sa capacité d'adaptation.
«Je n'aime pas trop quand on dit qu'Amanda a été tuée par la cyberintimidation. Ce ne fut pas le cas, et je ne crois pas qu'il y a suffisamment de soutien pour les enjeux de santé mentale chez les jeunes, ce qui explique ultimement pourquoi ils s'enlèvent la vie», a-t-elle soutenu.
Le suicide d'Amanda Todd, et plusieurs autres encore, ont incité des gouvernements à travers le pays à se pencher sur un problème jugé croissant pour les jeunes qui ne peuvent échapper aisément aux travers de l'Internet.
En Nouvelle-Écosse, Rehtaeh Parsons, âgée de 17 ans, a été débranchée des appareils qui la maintenaient en vie à la suite d'une tentative de suicide en avril. Sa famille croit qu'elle s'est suicidée suite à plusieurs mois de cyberintimidation. Elle soutient que l'adolescente a été victime de harcèlement pendant des mois après la publication d'une photo sur Internet témoignant d'une agression sexuelle dont elle aurait été victime en novembre 2011.
Jamie Hubley, un adolescent de l'Ontario ouvertement gai, a décrit dans une note la douleur de l'intimidation et de la dépression, avant de s'enlever la vie en 2011.
Des liens trop simplistes ?
Ces cas, parmi d'autres encore aux États-Unis, ont braqué les projecteurs sur la cyberintimidation et ses effets sur les jeunes, recueillant une vaste couverture médiatique et incitant les appels à des actions gouvernementales.
Le docteur Jitender Sareen, psychiatre et enseignant à l'université du Manitoba, estime qu'une bonne partie de la couverture médiatique présente la notion simple que la cyberintimidation cause le suicide, négligeant de possibles enjeux de santé mentale.
«Être cyberintimidé peut être la goutte qui fait déborder le vase, mais les médias et les politiciens simplifient, à certains moments, à une corrélation de l'intimidation qui cause le suicide, a-t-il évoqué à Winnipeg. La vaste majorité des gens qui subissent de l'intimidation ne meurent pas par suicide.»
M. Sareen utilise l'exemple d'une personne souffrant d'une maladie pulmonaire qui meure finalement d'une simple grippe, pour expliquer que bon nombre de jeunes qui s'enlèvent la vie après avoir été intimidés souffraient déjà de problèmes de santé mentale, qui affectaient leurs capacités d'adaptation.
Une étude réalisée en 2012 sur 41 cas de suicides d'adolescents a montré que 32% d'entre eux souffraient de troubles de l'humeur, tandis que 15% comptaient des symptômes de dépression.
Dans la foulée de la mort de Rehtaeh Parsons, le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a mis en place une loi sur la «cybersécurité» destinée à donner des outils aux gens pour tenter de restreindre la cyberintimidation, et de poursuivre s'ils en sont victimes ou si leurs enfants le sont.
Le gouvernement Harper a dévoilé fin novembre les grandes lignes d'un projet de loi destiné à combattre la cyberintimidation. La mesure interdirait la distribution non consensuelle d'images intimes, autoriserait un juge à ordonner le retrait d'images intimes de l'Internet, et permettrait à un juge d'ordonner la saisie de l'ordinateur, du téléphone cellulaire ou d'un autre appareil mobile utilisé pour commettre l'infraction.
Au Québec, une loi avait été adoptée en juin 2012 - la Loi visant à prévenir et à combattre l'intimidation et la violence à l'école. Cette loi prévoit l'obligation pour tout établissement d'adopter et de mettre en oeuvre un «plan de lutte contre l'intimidation et la violence», qui inclurait des mesures de prévention, ainsi que de soutien ou d'encadrement lorsqu'un acte d'intimidation est constaté, en plus de sanctions disciplinaires applicables.
mardi 26 novembre 2013
CAMPAGNE "Agir contre le harcèlement à l'École"
http://www.education.gouv.fr/cid75274/agir-contre-le-harcelement-a-l-ecole.html
Vincent Peillon, ministre de l'éducation nationale, a lancé la campagne "Agir contre le harcèlement à l'École", aux côtés d'Éric Debarbieux, délégué ministériel chargé de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire, et en présence des personnalités qui ont choisi de s'engager aux côtés du ministère dans cette campagne. D'après les enquêtes effectuées, on peut estimer que 10 % des écoliers et des collégiens rencontrent des problèmes de harcèlement et que 6 % d'entre eux subissent un harcèlement que l'on peut qualifier de sévère à très sévère. Huit nouvelles mesures pour agir contre le harcèlement à l'École ont été présentées le mardi 26 novembre 2013.
"Harcèlement : briser la loi du silence"
Huit mesures pour agir contre le harcèlement à l’École
Que faire face à une situation de harcèlement
La lutte contre le harcèlement est l’affaire de tous
Six fiches pour savoir quoi faire
Guide de prévention de la cyberviolence entre élèves
Annexes
"Harcèlement : briser la loi du silence"
Vincent Peillon, ministre de l'éducation nationale
"Si le climat scolaire est le plus souvent propice aux apprentissages dans les écoles et les établissements scolaires, nous y découvrons chaque jour trop de cas de harcèlement.
Qu’il s’agisse de brimades, de racket, d’insultes, de messages intimidants, ou encore de violences physiques, nous ne pouvons accepter que nos enfants soient victimes de ce genre de comportements.
Parce qu’il est souvent dissimulé ou insidieux, le harcèlement n’est pas facilement détecté par les adultes, qu’il s’agisse des parents, des enseignants ou de l’ensemble des personnels de l’éducation.
Le harcèlement est source d’humiliations, si bien que les victimes osent rarement évoquer les souffrances qu’elles traversent. Et, dans bien des cas, des élèves, témoins de ces faits, préfèrent se taire.
Nous ne lutterons efficacement contre le harcèlement à l’école qu’en brisant cette loi du silence.
Pour y parvenir, nous engageons une action résolue, qui passe par la sensibilisation du grand public aux multiples formes de ce phénomène.
Je tiens à remercier les personnalités qui ont accepté de faire partager leur expérience, souvent très douloureuse, d’anciennes victimes de harcèlement. Leur parole est un signe d’espoir pour tous ceux qui connaissent aujourd’hui le même sort.
Si chacun prend conscience de ce qu’est le harcèlement et des signes qui permettent de le repérer, alors chaque situation pourra être identifiée et des solutions pourront être recherchées.
Au-delà de la sensibilisation, nous engageons un effort important visant à mieux former les personnels de l’éducation nationale pour faire face au harcèlement, et à améliorer les outils de prise en charge des cas avérés. J’adresse par ailleurs une instruction à l’administration, visant à prêter une attention toute particulière au cyberharcèlement qui a connu un développement significatif ces dernières années.
L’École refondée que j’appelle de mes voeux doit être une École bienveillante - une École à l’écoute du mal-être de certains de ses élèves, prête à entendre leurs témoignages et à leur venir en aide.
Je fais pleinement confiance à l’ensemble de la communauté éducative pour se montrer à la hauteur de cette exigence ; nous le devons à nos élèves et à leurs parents.
Huit mesures pour agir contre le harcèlement à l’École
Un site Internet rénové : agircontreleharcelementalecole.gouv.fr
Le site du ministère de l’éducation nationale présentant les actions engagées pour lutter contre le harcèlement a été actualisé pour mettre des outils innovants à disposition des parents, des élèves et des professionnels de l’éducation.31 référents académiques à l’écoute des victimes et des témoins
Dans chaque académie, le traitement des cas de harcèlement est piloté par un acteur identifié, garant du respect du droit et des procédures permettant de trouver des solutions. C’est également ce "référent harcèlement" qui coordonne les actions de formation et de sensibilisation au niveau de l’académie.2 clips-vidéo pour sensibiliser aux enjeux du harcèlement
Le ministère de l’éducation nationale s’est associé à deux personnalités, la chanteuse Chimène Badi et le champion d’Europe d’athlétisme Christophe Lemaitre, qui ont accepté de témoigner de leur expérience d’anciens élèves victimes de harcèlement.6 fiches pour savoir quoi faire
Face à une situation de harcèlement, il n’est pas toujours facile de savoir à qui parler, vers qui se tourner, etc. Pour les élèves victimes ou témoins d’actes de harcèlement, pour des parents inquiets pour leurs enfants, le ministère propose des fiches répondant à leurs questions les plus fréquentes et les accompagnant dans leurs démarches.Un plan de formation
Pour mieux identifier et mieux traiter les situations de harcèlement entre élèves, un effort important est engagé en faveur d’une formation spécifiquement dédiée aux enjeux du harcèlement.10 dessins animés pour sensibiliser les écoliers
Et si on s’parlait du harcèlement est une série de 10 dessins animés thématiques, accompagnés de guides pédagogiques permettant d’engager la discussion avec les élèves des écoles primaires sur les sujets liés au harcèlement.Un guide pour lutter contre la cyberviolence
Diffusé sur le site education.gouv.fr, un guide est destiné à aider les personnels à mieux prévenir, identifier et traiter le phénomène de la cyberviolence ; cela passe notamment par une plus grande sensibilisation des élèves aux risques liés aux technologies de l’information et de la communication, et par une meilleure formation de leur esprit critique. Il est accompagné d’une instruction passée aux recteurs, dasen et chefs d’établissement.Jusqu’à 2 000 € pour récompenser les meilleures initiatives
Le prix "Mobilisons-nous contre le harcèlement" est organisé pour susciter les initiatives d’élèves en matière de prévention du harcèlement (affiches, vidéo, etc.). Les récompenses serviront à financer des projets de sensibilisation et de formation.Le gymnase - Agir contre le harcèlement à l’école par EducationFrance
Le prix "Mobilisons-nous contre le harcèlement" est organisé pour susciter les initiatives d’élèves en matière de prévention du harcèlement (affiches, vidéo, etc.). Les récompenses serviront à financer des projets de sensibilisation et de formation.
Que faire face à une situation de harcèlement
La lutte contre le harcèlement est l’affaire de tous
Un enjeu éducatif majeurLa prévention du harcèlement et la lutte contre le harcèlement dans les écoles et les établissements du second degré constituent un enjeu éducatif majeur : le fait d’être victime ou auteur de harcèlement entre élèves peut être à l’origine de difficultés scolaires, d’absentéisme, voire de décrochage, et peut aussi engendrer, chez les élèves, de la violence ou des troubles de l’équilibre psychologique et émotionnel. C’est notamment le cas du harcèlement qui passe par les outils de communication numérique, le cyberharcèlement, dont le développement est aujourd’hui un sujet de préoccupation pour tous les acteurs de l’éducation.
D’après les enquêtes effectuées, on peut estimer que 10 % des écoliers et des collégiens rencontrent des problèmes de harcèlement et que 6 % d’entre eux subissent un harcèlement que l’on peut qualifier de sévère à très sévère.
(Note d’information 11-14 MEN-DEPP, première enquête nationale de victimation au sein des collèges publics, réalisée auprès de 18 000 élèves en octobre 2011.)
La loi pour la refondation de l’École de la République du 8 juillet 2013 prévoit que la lutte contre toutes les formes de harcèlement constitue une priorité pour chaque établissement d’enseignement scolaire.
Savoir reconnaître une situation de harcèlement entre élèves
Il est nécessaire d’identifier le harcèlement en tant que tel pour apporter les réponses les plus adaptées. Or, toute violence ne constitue par un fait de harcèlement. L’élément constitutif du harcèlement est la répétition des comportements agressifs ou violents.
Cette violence est susceptible d’être exercée sous diverses formes : verbale, physique, morale, voire sexuelle.
L’usage des nouvelles technologies peut parfois favoriser, accroître ou induire des situations de harcèlement. On parle alors de cyberharcèlement. Les médias numériques, et en particulier les médias sociaux, présentent des risques qu’il ne faut pas sous-estimer et auxquels le système éducatif doit apporter des éclairages et des réponses. L’École doit contribuer au bon usage des médias sociaux et être systématiquement présente en cas de cyberharcèlement dont seraient victimes des élèves ou des personnels.
Pour lutter efficacement contre le harcèlement, il convient d’abord de l’identifier. Dans les écoles et les établissements scolaires, chacun doit connaître la réalité du phénomène. Parce que la lutte contre le harcèlement est l’affaire de tous, une campagne de sensibilisation est lancée le 27 novembre 2013 et diffusée notamment sur France Télévisions.
Elle traduit une volonté politique forte visant à doter l’École d’outils opérationnels de lutte contre le harcèlement. Cette politique repose sur trois axes essentiels :
- la sensibilisation aux dangers du harcèlement
- la diffusion d’outils de prise en charge des situations de harcèlement
- la généralisation de formations adaptées à ces situations
I. Sensibiliser chacun aux dangers du harcèlement
Une campagne de sensibilisation, portée par d’anciennes victimes de harcèlement
L’objectif de la nouvelle campagne de sensibilisation est de donner à chacun les moyens d’agir. Élève – victime ou témoin –, parent, enseignant et personnel scolaire : chaque personne concernée par le harcèlement doit pouvoir prévenir ce danger et, quand il existe, intervenir en le signalant et en accompagnant l’élève qui en est victime.Trop souvent, les élèves victimes de harcèlement font le choix du silence et du repli sur eux-mêmes parce qu’ils ont peur et parfois honte de se confier. À force d’humiliations et d’isolement, ils finissent par se sentir dévalorisés. Ils perdent confiance en eux et doutent de leur propre valeur.
En prenant pour ambassadeurs des personnalités qui ont elles-mêmes subi des faits de harcèlement et qui sont désormais nationalement reconnues, la campagne entend montrer aux jeunes qui sont aujourd’hui victimes de harcèlement qu’ils n’ont aucune raison de se laisser intimider ou rabaisser.
Il s’agit avant tout, grâce aux témoignages de ces personnalités, de redonner confiance à ces jeunes pour les encourager à ne plus se laisser faire et à briser la loi du silence en parlant, autour d’eux, de ce qu’ils vivent et de ce qu’ils subissent.
Ces témoignages seront présentés sous forme de films courts, diffusés à la télévision, sur le web et sur les réseaux sociaux en particulier.
Ils complètent les ressources d’ores et déjà disponibles sur le site web agircontreleharcelementalecole. gouv.fr, qui rassemble de nombreux outils pédagogiques à destination des équipes, mais aussi des informations précieuses pour les parents et pour les élèves, témoins ou victimes de harcèlement.
Le gymnase - Agir contre le harcèlement à l’école
Chimène Badi, artiste, témoigne de son expérience d’ancien élève victime de harcèlement.
La classe - Agir contre le harcèlement à l’école
Christophe Lemaitre, champion d’Europe du 100 mètres témoigne de son expérience d’ancien élève victime de harcèlement.
Des conseils pour agir contre le harcèlement
Que peut faire un écolier, un collégien ou un lycéen lorsqu’il est victime de harcèlement ? Lorsqu’il voit qu’un de ses camarades est harcelé ? Quelles démarches les parents doivent-ils engager lorsqu’ils craignent que leur enfant subisse un harcèlement ?Autant de questions auxquelles l’École se doit d’apporter des réponses. Tel est le but des fiches qui figurent dans ce dossier et qui donnent des conseils pratiques adaptés à chaque situation. Au nombre de six, elles s’adressent aux parents et aux élèves, selon que ces derniers sont témoins ou victimes de harcèlement, écoliers ou élèves de l’enseignement secondaire.
Elles permettent à chacun d’accéder à un contact auprès de qui on peut rechercher efficacement une solution adaptée à sa situation : soit en parlant de la situation avec un adulte de l’établissement scolaire, soit en composant l’un des numéros verts dédiés à l’aide aux victimes et aux témoins de harcèlement à l’école.
Enfin, elles rappellent les principes fondamentaux des droits de l’enfant et mettent en garde contre les réponses violentes, qui ne font qu’aggraver les problèmes rencontrés.
Des dessins animés à destination des écoliers
L’association Les petits citoyens, partenaire du ministère de l’éducation nationale, déjà à l’origine d’un livret pédagogique à succès, a réalisé dix dessins animés thématiques permettant d’aborder les sujets liés au harcèlement.Intitulée "Et si on s’parlait du harcèlement ?", cette série de dessins animés sera diffusée sur le site web agircontreleharcelementalecole.gouv.fr. Chaque épisode est accompagné d’un guide pédagogique (réalisé par la délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre la violence en milieu scolaire) qui permet d’engager la discussion.
Les 10 épisodes de la série "Et si on s’parlait du harcèlement ?"
- définition du harcèlement : "Le harcèlement qu’est-ce que c’est ?"
- la loi du silence : "Stop au silence !"
- le rejet, l’importance de la sociabilité juvénile : "Non à l’exclusion"
- la place du rire : «Ce n’est pas drôle !"
- le phénomène de groupe: "Mauvaise influence"
- la cyberviolence : "Internet et pas net !"
- les différences, notamment vestimentaires : "Des apparences trompeuses"
- le racket : "Le racket c’est pas du jeu"
- la violence ne résout pas les conflits : "Ça va trop loin !"
- le voyeurisme, le sexisme : "Laisse les filles"
Un prix pour récompenser la mobilisation des jeunes
Le prix "Mobilisons-nous contre le harcèlement à l’école", lancé à la rentrée 2013 vise à sensibiliser enfants et adultes au phénomène du harcèlement et à susciter la mise en place de projets dans les écoles, établissements et structures concernés. Les jeunes sont invités à créer une vidéo ou une affiche sur le thème du harcèlement et/ou du cyberharcèlement. Les lauréats académiques ou nationaux recevront entre 1 000 et 2 000 euros pour mettre en place un projet de lutte contre le harcèlement dans leur établissement.Le concours est ouvert aux écoles, établissements et structures périscolaires et extrascolaires pour les jeunes de 8 à 18 ans ; la participation à ce prix est obligatoirement collective.
Une page dédiée (http://eduscol.education.fr/cid72752/prix-mobilisons-nous-contrele- harcelement.html) permet aux professionnels d’accéder, par académie, au règlement intérieur dans son intégralité ainsi qu’à de nombreuses ressources en ligne.
II. Prendre en charge les cas de harcèlement
La sensibilisation vise à libérer la parole des victimes et des témoins de harcèlement ; cela doit contribuer à mettre au jour les situations de harcèlement, qu’il convient ensuite de prendre en charge de façon appropriée.Chargés de coordonner l’action de toute une académie en matière de lutte contre le harcèlement à l’école, les "référents harcèlement" ont un rôle-clé à jouer dans la prise en charge des cas identifiés.
Afin d’accompagner les professionnels dans leur tâche, le ministère met à leur disposition un protocole de traitement des cas de harcèlement, qui les aide à prendre les bonnes décisions.
Un "référent harcèlement" dans chaque académie
Tous les recteurs ont désigné un cadre de leur académie pour exercer les fonctions de référent harcèlement. La mission de ces référents consiste à coordonner le suivi du traitement éducatif des situations d’élèves victimes, à relayer auprès des acteurs locaux et à organiser les actions de formation sur le territoire de l’académie.À l’écoute des élèves, des parents et des personnels concernés par les situations de harcèlement, ils sont responsables des plateformes téléphoniques d’appel mises en place dans chaque académie. En annexe à ce dossier figure la liste des numéros de téléphone correspondant à ces plateformes académiques.
Les référents académiques pilotent et centralisent le traitement des cas de harcèlement identifiés : en répondant aux appels adressés à ces plateformes ; en traitant les courriers et les e-mails reçus par l’académie et qui concernent des faits de harcèlement ; en suivant les signalements adressés à la plateforme nationale.
Ils assurent dès lors le suivi de la situation en lien direct avec les établissements concernés et veillent à ce que le cas soit traité dans le cadre du droit, notamment au regard des exigences exprimées par la Commission nationale informatique et libertés. Enfin, ils effectuent, au niveau de l’académie, les bilans statistiques qui permettent de suivre l’évolution des faits de harcèlement en milieu scolaire.
Un protocole de traitement des situations de harcèlement destiné aux professionnels
Diffusé sur le site "Éduscol" ( http://eduscol.education.fr/cid55921/le-harcelement-enmilieu-scolaire.html) et présenté en annexe de ce dossier, un protocole-type de traitement des situations de harcèlement dans les écoles et les établissements publics locaux d’enseignement est mis à la disposition des responsables de ces écoles et de ces établissements.Il a vocation à les aider à faire face aux différentes situations qu’ils peuvent rencontrer en détaillant, étape par étape, ce qu’il convient de faire en cas de harcèlement, en évoquant :
- l’accueil de l’élève victime, des témoins ou de l’auteur des faits ; la rencontre avec les parents ; le suivi au sein de l’établissement
- l’appui des référents académiques ou départementaux en charge du harcèlement, qui peut être sollicité si nécessaire
- la dimension éducative des sanctions, qui est essentielle à la résolution et au dépassement des problèmes liés au harcèlement
Un guide pour lutter contre la cyberviolence
Si les médias numériques et en particulier les médias sociaux offrent de nombreuses opportunités d’expression, de collaboration, d’accès à la culture et à la connaissance, ils présentent aussi des risques que l’on ne peut sous-estimer. Par des usages inappropriés, ils peuvent en effet favoriser, accroître ou induire des situations de violences en les prolongeant et en les démultipliant via Internet.Aussi une sensibilisation des élèves, de leurs familles et des personnels est-elle indispensable à l’École.
À cet effet, la formation des élèves aux droits et aux devoirs liés à l’usage d’Internet et des réseaux sociaux est une des dispositions de la loi pour la refondation de l’École de la République du 8 juillet 2013.
Diffusé sur le site education.gouv.fr et présenté dans ce dossier, un guide a été réalisé afin d’aider les équipes éducatives, les chefs d’établissements et les responsables académiques à mieux prévenir, identifier et traiter les phénomènes de cyberviolence. Celle-ci peut prendre de nombreuses formes : brimades, insultes, menaces, discriminations, usurpation d’identité, violations de l’intimité, diffusion d’images à caractère pornographique ou de scènes de violence, etc.
Dans ce guide, accompagné d’une instruction adressée aux recteurs, aux DASEN et aux chefs d’établissement, l’accent est mis sur la nécessité d’informer les élèves, de les sensibiliser et de développer leur esprit critique. Des conseils juridiques et des recommandations sur les conduites à tenir (prise en charge de la victime, démarche de fermeture d’une page d’un réseau social, sanctions disciplinaires de l’auteur, dépôt de plainte...) y sont présentés afin de permettre aux chefs d’établissement d’agir, en lien avec les parents, dans le cadre légal. À travers des exemples concrets, le guide offre des modèles de traitements possibles pour différentes situations de harcèlement.
III. Mieux former les personnels
Pour mieux identifier et mieux traiter les situations de harcèlement entre élèves, il est primordial de renforcer la formation des adultes qui interviennent en milieu scolaire. C’est pourquoi un effort est engagé en faveur d’une formation spécifiquement dédiée aux enjeux du harcèlement.La formation de formateurs
Un programme de formation de formateurs est conduit par la délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre la violence en milieu scolaire à l’École supérieure de l’éducation nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche (Esen). Il dure trois ans et concerne des publics variés : référents académiques et départementaux "harcèlement", personnels sociaux et de santé, référents "gestion de classe", membres des équipes mobiles de sécurité.L’objectif de ces formations est de créer une culture commune de prévention entre ces différents personnels afin de coordonner l’action d’équipes académiques interprofessionnelles. Le contenu porte principalement sur la reconnaissance des signes de harcèlement, sur le traitement des situations par le respect de procédures précises, et aussi sur l’intégration de la dimension du "climat scolaire" comme levier essentiel de prévention.
Les formateurs, de retour dans leurs académies respectives, organisent à leur tour des sessions de formation pour les personnels impliqués mais également pour des équipes d’établissement.
Par ailleurs, des formations et des conférences à l’attention du grand public sont proposées par la délégation ministérielle de prévention et de lutte contre les violences en milieu scolaire, afin d’accompagner les académies et les partenaires de l’école qui le souhaitent.
Enfin, il est essentiel de rendre les élèves acteurs de la prévention. En agissant sur les témoins, et en leur faisant prendre conscience des conséquences du harcèlement, il sera possible de le faire réellement reculer dans les écoles et les établissements. Il importe donc d’impliquer les élèves, notamment les délégués de classe et les élus représentant les élèves dans les différentes instances, et de les sensibiliser par des actions de formation. Certains d’entre eux peuvent ainsi être formés pour animer à leur tour des séquences de sensibilisation auprès de leurs pairs et des plus jeunes.
Six fiches pour savoir quoi faire
- Conseils aux victimes : élèves de l’école primaire
- Conseils aux victimes : collégiens et lycéens
- Conseils aux parents des victimes
- Conseils aux témoins : élèves de l’école primaire
- Conseils aux témoins : collégiens et lycéens
- Conseils aux témoins : parents
Guide de prévention de la cyberviolence entre élèves
Consulter le document "Guide de prévention de la cyberviolence entre élèves"Annexes
Annexe 1 : Coordonnées des plateformes téléphoniques "Harcèlement" dans chaque académieAnnexe 2 : Protocole de traitement des situations de harcèlement dans les écoles et les établissements publics locaus d'enseignement
Annexe 3 : instruction adressée aux recteurs, aux DASEN et aux chefs d’établissement sur la prévention et le traitement de la cyberviolence entre élèves
Consulter les annexes
- Enjeux
- Redonner du sens aux sanctions scolaires
- Mesurer pour mieux identifier, comprendre et lutter contre les différentes formes de violences en milieu scolaire
- Renforcer la présence des adultes dans les établissements
- Former les enseignants et les personnels de l’Éducation nationale
- Lutter contre les violences sexistes et homophobes
- Lutter contre le harcèlement à l'École
- Prévenir les jeux dangereux
- La sécurisation des établissements scolaires
Note d'information - N° 13.26 - novembre 2013
Neuf élèves sur dix déclarent se sentir bien au collège et avoir de bonnes relations avec leurs enseignants en 2013. Les insultes, les vols de fournitures scolaires et les moqueries sont les atteintes les plus courantes dont ils peuvent souffrir. Les faits de violence grave touchent une minorité de collégiens, mais environ 13 % des élèves déclarent des atteintes du type cyber-harcèlement.
La perception du climat scolaire par les collégiens reste très positive
- Qu'est-ce que le harcèlement ?
- Centre de ressources
- Que faire ? Qui contacter ?
- Actualités
- etc.
agircontreleharcelementalecole.gouv.fr
[Refondons l'École] - Dossier de presse - Vincent Peillon - 26/11/2013
Mise à jour : novembre 2013
