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lundi 11 mars 2024

CANADA Expériences avec le suicide : les communautés africaines, caribéennes et noires du Canada

Expériences avec le suicide : les communautés africaines, caribéennes et noires du Canada

Chaque année, environ 4500 personnes meurent par suicide au Canada. Si les données disponibles permettent d’expliquer les disparités entre les sexes et les groupes d’âge en ce qui concerne les tendances en matière de suicide, notre compréhension de l’expérience propre aux divers groupes est lacunaire. Par conséquent, notre connaissance des facteurs qui influent sur le risque de suicide et, par conséquent, sur les approches efficaces de prévention du suicide au sein des communautés africaines, caribéennes et noires (ACN) demeure limitée. La Commission de la santé mentale du Canada a mis au point la présente ressource en collaboration avec un groupe de personnes issues des communautés ACN ayant un savoir expérientiel passé et présent sur le suicide, ceci dans le but de mieux saisir le vécu de ces communautés en matière de suicide. Voici les objectifs de la ressource :

  • Mettre en lumière les réalités des gens touchés par le suicide du point de vue des personnes ayant une expérience passée et présente dans les communautés ACN au Canada, en les situant dans un contexte plus large incluant la stigmatisation, le racisme systémique et les barrières systématiques à l’accès.
  • Formuler des recommandations à l’intention des décideurs politiques, des chercheurs et des prestataires de services afin d’éliminer la stigmatisation, de faciliter l’accès aux soins et d’améliorer la prestation de services pour les personnes touchées par le suicide dans les communautés ACN au Canada.
  • Mettre à disposition des ressources culturellement adaptées et accessibles aux membres des communautés ACN concernés par le suicide.

Le contenu de la présente ressource est basé sur les conclusions tirées de l’analyse documentaire et sur les expériences et les contributions transmises par les personnes ayant un savoir expérientiel.

jeudi 17 novembre 2022

AUTOUR DE LA QUESTION ETUDE ET RECHERCHE STIGMAPRO : pour des pratiques en santé mentale moins stigmatisantes

STIGMAPRO : pour des pratiques en santé mentale moins stigmatisantes
Publié le 15 novembre 2022 https://www.santementale.fr/*

Dans sa dernière newsletter du mois de novembre 2022, le Groupement de coopération sanitaire (GCS) pour la recherche et la formation en santé mentale propose une interview de Kévin-Marc Valéry, Docteur en psychologie, neuropsychologue, enseignant chercheur à l’université de Bordeaux et coordinateur du projet de recherche STIGMAPRO qui interroge la stigmatisation dans les pratiques professionnelles en santé mentale.

Kévin-Marc Valéry présente STIGMAPRO :
STIGMAPRO est un programme de recherche sur la stigmatisation dans les pratiques professionnelles en santé mentale. A ma connaissance, c’est le seul programme de ce type en France. Il a été initié par l’Université de Bordeaux et le Centre hospitalier de Jonzac, grâce au soutien financier de l’ARS Nouvelle Aquitaine. Son objectif est de créer une intervention visant à réduire la stigmatisation dans les pratiques des professionnels de la santé mentale. Je parle bien des pratiques, car nous ne considérons bien sûr pas les professionnels comme fondamentalement stigmatisants. Par contre, il existe des pratiques plus stigmatisantes que d’autres. Les contacts auprès des professionnels de santé mentale et les situations dans les services sont identifiées dans la littérature comme la plus grande source de stigmatisation selon les personnes qui ont un diagnostic de schizophrénie et leurs familles*. C’est une plus grande source de stigmatisation que la stigmatisation dans l’emploi ou les médias par exemple. C’est pourquoi nous avons décidé de travailler sur ce sujet. Ce programme, sur trois ans, s’inscrit dans une démarche d’evidence-based practice (i.e. pratique basée sur les preuves). Cela signifie qu’il s’appuie sur des savoirs scientifiques, sur l’expertise des professionnels et sur l’expérience des personnes le plus directement concernées. Pour garantir cela, STIGMAPRO est dirigé par un comité scientifique qui comprend des chercheurs de différentes disciplines (psychologie clinique, neuropsychologie, psychiatrie, psychologie sociale, santé publique, économie de la santé), des professionnels de santé mentale (psychologues, psychiatres, ergothérapeutes, médiateurs de santé pairs, cadres infirmiers, directeurs institutionnels), des représentants des usagers (Club House de Bordeaux, Luc Vigneau…) et de leurs familles (UNAFAM), des acteurs de la lutte contre la stigmatisation (CCOMS, Psycom) et des décideurs institutionnels (ARS, directeur du CH de Jonzac). STIGMAPRO comporte également un volet sur les solutions, donc sur les pratiques pouvant être recommandées pour être moins stigmatisant.

La suite de cette interview est à lire ici • A lire aussi dans la revue Santé mentale N° 269 – Juin 2022 « Les soignants, source de stigmatisation ? »

source https://www.santementale.fr/2022/11/stigmapro-pour-des-pratiques-en-sante-mentale-moins-stigmatisantes/ 

 



Kévin-Marc VALERY
Enseignant Chercheur Temporaire à l'Université de Bordeaux. Psychologue Clinicien, Neuropsychologue, Docteur en Psychologie. Coordinateur du projet de recherche STIGMAPRO.

STIGMAPRO : des pistes pour des pratiques en santé mentale moins stigmatisantes

Pouvez-vous nous présenter STIGMAPRO ?
STIGMAPRO est un programme de recherche sur la stigmatisation dans les pratiques professionnelles en santé mentale. A ma connaissance, c’est le seul programme de ce type en France. Il a été initié par l’Université de Bordeaux et le Centre hospitalier de Jonzac, grâce au soutien financier de l’ARS Nouvelle Aquitaine. Son objectif est de créer une intervention visant à réduire la stigmatisation dans les pratiques des professionnels de la santé mentale. Je parle bien des pratiques, car nous ne considérons bien sûr pas les professionnels comme fondamentalement stigmatisants. Par contre, il existe des pratiques plus stigmatisantes que d’autres. Les contacts auprès des professionnels de santé mentale et les situations dans les services sont identifiées dans la littérature comme la plus grande source de stigmatisation selon les personnes qui ont un diagnostic de schizophrénie et leurs familles*. C’est une plus grande source de stigmatisation que la stigmatisation dans l’emploi ou les médias par exemple. C’est pourquoi nous avons décidé de travailler sur ce sujet.
Ce programme, sur trois ans, s’inscrit dans une démarche d’evidence-based practice (i.e. pratique basée sur les preuves). Cela signifie qu’il s’appuie sur des savoirs scientifiques, sur l’expertise des professionnels et sur l’expérience des personnes le plus directement concernées. Pour garantir cela, STIGMAPRO est dirigé par un comité scientifique qui comprend des chercheurs de différentes disciplines (psychologie clinique, neuropsychologie, psychiatrie, psychologie sociale, santé publique, économie de la santé), des professionnels de santé mentale (psychologues, psychiatres, ergothérapeutes, médiateurs de santé pairs, cadres infirmiers, directeurs institutionnels), des représentants des usagers (Club House de Bordeaux, Luc Vigneau…) et de leurs familles (UNAFAM), des acteurs de la lutte contre la stigmatisation (CCOMS, Psycom) et des décideurs institutionnels (ARS, directeur du CH de Jonzac). STIGMAPRO comporte également un volet sur les solutions, donc sur les pratiques pouvant être recommandées pour être moins stigmatisant.

Où en êtes-vous des différentes phases de ce travail ?
Nous avons commencé avec une revue de littérature internationale. Puis, nous avons fait une enquête qui visait à mesurer la stigmatisation chez les professionnels et à identifier les facteurs associés à une diminution de cette stigmatisation. Ses résultats viennent d’être publiés**. Nous venons de pré-tester l’intervention STIGMAPRO, créée par notre conseil scientifique, sur la base des leviers identifiés contre la stigmatisation. Elle prend la forme d’ateliers pour les professionnels, en présence de familles et d’usagers. Nous étudions désormais les résultats de cette étude pilote afin d’évaluer si elle est viable et de lui donner une forme définitive, normalement début 2023. Nous mènerons ensuite un essai contrôlé pour évaluer son efficacité. Nous recherchons actuellement des financements pour lancer cette dernière phase avant le possible déploiement de cette intervention, afin de terminer le programme STIGMAPRO et de potentiellement proposer cette intervention à des services.

Quels facteurs associés à moins de stigmatisation dans les pratiques en santé mentale avez-vous identifiés ?
Le premier point est de concevoir le handicap psychique comme un continuum et non comme une catégorie, telle qu’elles sont définies dans les classifications des maladies. Les classifications aident à comprendre, mais ne correspondent pas à la réalité des maladies psychiques. La notion de continuum est plus proche de cette réalité des processus psychologiques. Ce que nous apprend STIGMAPRO, c’est que plus le professionnel a une vision catégorielle, plus il porte de stigmatisation dans sa pratique. Ce qui n’est pas étonnant puisqu’il s’agit de coller une étiquette puis de faire des généralités sur la personne. L’important est d’en être conscient et de pouvoir sensibiliser les professionnels à une certaine flexibilité par rapport à ces concepts. Stigmatiser, c’est réduire la personne a une seule de ses facettes, à un seul de ses attributs discréditants, en oubliant tous ses autres traits identitaires et en la réduisant, par exemple, à un diagnostic. Et de faire des généralités abusives. Le fait que des personnes, parce qu’elles ont un diagnostic de schizophrénie, soient moins invitées à participer à leurs soins que les personnes ayant d’autres diagnostics, comme nous l’indique la littérature internationale, c’est de la stigmatisation.
Un second facteur associé à une diminution de la stigmatisation est de percevoir les similitudes entre soi et les personnes accompagnées. C’est très en lien avec la notion de continuum : si je considère que la personne est très différente de moi, parce qu’elle a été rangée dans telle catégorie, qu’elle a une certaine chimie de cerveaux, etc., je vais être moins enclin à considérer que nous ne sommes au fond, pas si différents. Découvrir ces similitudes peut passer par le dévoilement de soi lors de l’entretien clinique, c’est à dire s’ouvrir pour partager une difficulté commune et les stratégies mises en place pour y faire face. L’intervision entre professionnels, le partage d’expérience sur la manière de susciter cet échange sur les similitudes, peut aider à y parvenir. La littérature montre ainsi que la neutralité est bien moins efficace dans la relation thérapeutique. Elle montre aussi que le dévoilement de soi doit respecter certaines règles et bien sûr ne pas tomber dans le travers qui consiste à centrer le propos sur l’accompagnant et pas sur l’accompagné.
Un troisième facteur porte sur le sentiment d’utilité dans son travail : les professionnels qui déclarent moins de stigmatisation déclarent également se sentir plus utiles. Là encore, la littérature nous montre que les professionnels qui stigmatisent se sentent moins bien dans leur travail et éprouvent moins le sentiment d’accomplissement et de bien-être au travail. L’organisation du service joue ici un rôle important, car elle peut pousser n’importe quel soignant à être stigmatisant, même sans le vouloir.
Un quatrième facteur associé à une moindre stigmatisation est d’utiliser des pratiques orientées-rétablissement.


*Subjective experiences of stigma. A focus group study of schizophrenic patients, their relatives and mental health professionals. Social Science & Medicine (2003)
Stigma and mental health professionals: a review of the evidence on an intricate relationship, International Review of Psychiatry (2007)
**Part of the solution yet part of the problem: factors of schizophrenia stigma in mental health professionals - International Journal of Psychiatry in Clinical Practice, octobre 2022

vendredi 5 mars 2021

En Inde, le sujet sensible de la santé mentale

En Inde, le sujet sensible de la santé mentale

Anne-Charlotte Peltier — 4 mars 2021 http://www.slate.fr*
La tradition et la culture du collectif laissent peu de place à l'expression d'un mal-être, dont souffrent de nombreux Indiens.

Au moins 15% des Indiens majeurs auraient besoin d'une aide psychologique.

En 2018, la star de Bollywood Deepika Padukone avait bouleversé l'Inde en se confiant sur la dépression qu'elle avait traversée. Ce faisant, elle avait levé le voile sur le tabou qui entoure la santé mentale en Inde, alors qu'1 Indien sur 5 serait en souffrance.

Structure familiale fragilisée, montée de l'individualisme, migration vers les villes, transition de la tradition à l'industrialisation... Les changements qu'a connus l'Inde ces dernières décennies ont entraîné une perte de repères et une confusion au sein de la population, qui se solde aujourd'hui par un véritable mal-être mental.

D'après le rapport National mental health survey (NMHS), commandé par le gouvernement en 2015, 15% des Indiens de plus de 18 ans auraient besoin d'une aide psychologique. Les troubles les plus fréquents seraient la dépression, l'anxiété, la schizophrénie, la bipolarité et l'addiction aux substances psychoactives. La population active d'âge moyen, les personnes âgées et les adolescents seraient les plus touchés.

Cependant, parmi les divers facteurs qui expliquent la difficulté d'une prise en charge efficace de la population, la stigmatisation qui entoure les personnes atteintes de troubles est l'un des plus importants.

Une lourde stigmatisation des problèmes de santé mentale

Un véritable tabou entoure les questions de santé mentale au sein de la population. Un sondage de Statista estime que pour 60% des Indiens interrogés, les maladies mentales viennent d'un manque de discipline et de volonté. Les troubles psychiques sont perçus comme une faiblesse, et donc comme une honte entachant l'honneur de l'individu et de sa famille.

Cette croyance, alimentée par la méconnaissance qui entoure les troubles psychiques, entraîne la stigmatisation des personnes qui souffrent. D'après un autre sondage, lancé en 2018 par The Live Love Laugh Foundation, 68% des personnes interrogées estiment qu'il ne faut confier aucune responsabilité aux individus souffrant de troubles psychiques.
«Le discours est entouré de honte, même lors des séances avec mes patients, c'est une question très délicate à aborder.» Lamia Bagasrawala, psychothérapeute

Par tradition, une personne souffrante se tourne presque toujours en premier lieu vers un guérisseur local traditionnel. Le rapport de la National mental mealth survey l'explique ainsi: «C'est sans doute car il est accepté dans notre société que quelqu'un soit possédé par des démons ou des esprits diaboliques. En revanche, personne ne veut être désigné comme “mentalement malade” car c'est associé à la discrimination et au stigma.»

Lamia Bagasrawala, psychothérapeute à Mumbai, le constate également auprès de ses patients: «Tout ce qui touche à la santé mentale est stigmatisé, les gens ont tendance à n'envisager la psychothérapie qu'en dernier recours. En Inde, on parle beaucoup de nos émotions, mais nous n'avons pas le vocabulaire adapté pour parler de santé mentale. Le discours est entouré de honte, même lors des séances avec mes patients, c'est une question très délicate à aborder.»

Pour elle, ces tabous pèsent d'autant plus sur les hommes: «Mes patients masculins ont encore plus de mal à se confier et à admettre leur souffrance car cela va à l'encontre de l'idée traditionnelle de l'homme qui ne doit jamais flancher, ni afficher ses émotions.»

La prégnance de la tradition et la culture du collectif laissent donc peu de place à l'expression d'un mal-être, limitant ainsi l'accès aux soins.

Le difficile accès aux soins

L'Inde est confrontée à un enjeu de prise en charge: d'après l'OMS, on compte trois psychiatres par million d'habitants… Le rapport NMHS estimait à 88% pour la dépression et à 60% pour la schizophrénie l'écart entre le nombre d'individus souffrant de ces maladies et celui de personnes effectivement prises en charge.

D'après Lamia Bagasrawala, cela s'explique en partie par le tabou qui entoure le domaine. «Jusqu'à peu, la psychologie n'était pas considérée comme une discipline à part entière à l'université, contrairement à l'ingénierie ou la médecine. C'est en partie pour cela qu'on manque de praticiens.»

Accéder aux soins passe aussi et surtout par l'accès à l'information et il y a, en Inde, de fortes disparités économiques. Tout le monde n'a pas internet et la plupart de la documentation est en anglais, il est donc impossible pour une partie de la population de se renseigner sur les enjeux de la santé mentale. Ce n'est que récemment qu'un effort a été fait pour informer les citoyens en utilisant les différents dialectes selon les localités. La télévision et la radio s'emparent également du sujet, mais c'est dans la révolution numérique, accélérée par la pandémie, que se trouve probablement l'issue.

Le virage de la thérapie online

En effet, si l'accès à internet est très inégal, la plupart des Indiens possèdent aujourd'hui un téléphone avec WhatsApp ou FaceTime, rendant les échanges avec un psychologue plus faciles. Le recours à la thérapie en ligne était déjà très répandu en Inde avant la crise liée au Covid-19, car il permettait de pallier le manque de praticiens et leur répartition inégale sur le territoire.

Une plateforme comme MindPeers, située à New Delhi, propose des sessions de thérapie en ligne et fait des campagnes sur les réseaux sociaux pour démocratiser la démarche.
Le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes Indiens.

Depuis le début de la pandémie, le recours à des sessions en ligne, individuelles comme groupées, a explosé. «Je consultais déjà beaucoup sur internet mais depuis la crise du Covid, toutes mes séances sont en ligne, témoigne Lamia. Le fait que ce soit online rend la thérapie beaucoup plus accessible et la dédiabolise. Surtout, la pandémie a mis l'accent sur la santé mentale.» Un mal pour un bien? À bien des égards, le tabou semble voler en éclats.

À l'échelle gouvernementale et locale, l'Inde s'active pour rétablir le bien-être de ses habitants.
Une prise de conscience nationale et des initiatives locales

Le gouvernement indien a entrepris un grand travail de fond pour améliorer la santé mentale de sa population. Le rapport NMHS, impulsé par le ministère de la Santé et de l'Aide sociale à la famille, a constitué une des premières étapes. Le gouvernement s'est également attelé au problème du suicide, prédominant en Inde.

D'après l'OMS, le taux de suicide en Inde en 2016 était de 16,5 pour 100.000 personnes, là où la moyenne mondiale se situe à 10,5 pour 100.000. Parmi les populations les plus concernées, on trouve les jeunes entre 15 et 29 ans, chez qui le suicide est la première cause de mortalité.

Mais ce fléau peut se prévenir. Le Mental Act Health de 2017, qui dépénalise le suicide et ses tentatives, constitue une première étape dans l'appréhension des problèmes de santé mentale au sein de la population indienne. En plus d'un plan à l'échelle nationale, c'est au niveau local que se joue l'amélioration du bien-être de la population indienne. La diversité et la taille du pays demande d'étudier des situations très différentes et spécifiques selon les régions.

À l'échelle locale, des initiatives et des associations se mettent en place pour encourager les gens à consulter et battre la stigmatisation du mal-être mental. Beaucoup d'initiatives ont été prises ces dernières années. La helpline iCall offre par exemple un suivi thérapeuthique en anglais par téléphone. Elle a été mise en place par le Mariwala health initiative (MHI), un organisme de financement chargé d'initiatives pour la santé mentale. Le but est de permettre aux personnes les plus marginalisées d'avoir accès aux soins.
«Dawa-Dua», réconcilier médecine et spiritualité

Comme souvent en Inde, le besoin de concilier tradition et progrès mène à des innovations intéressantes. Ainsi est né le concept de «Dawa-Dua», soit la «prière-traitement», à Erwadi, une petite ville du Tamil Nadu.

Erwadi est depuis 500 ans un lieu de pèlerinage musulman car elle abrite la tombe et le sanctuaire d'un descendant du prophète Mahomet. Ce lieu saint réputé pour guérir les personnes dites possédées voit défiler chaque année des milliers de pèlerins en quête de guérison.

Depuis peu, la ville a mis en place une clinique pour offrir aux pèlerins un diagnostic, des soins et un traitement psychiatrique en complément de leur pèlerinage. Les patients sont invités à consulter tout en continuant leur prière et les rites religieux, donnant ainsi naissance au concept de «Dawa-Dua». Il permet également la prise en charge médicale des patients sans que l'honneur de la famille ne soit atteint, dans le respect des croyances et des traditions.

http://www.slate.fr/story/204503/inde-sante-mentale-sujet-sensible-honte-tabou-depression-suicide-discrimination-peur-tradition

lundi 9 juillet 2018

AUTOUR DE LA QUESTION FORMATION Paris Octobre 2018 Changer les regards sur la santé mentale

Changer les regards sur la santé mentale

Psycom transmet son expertise de lutte contre la stigmatisation par des formations courtes à destination des acteurs de la santé mentale.
Cette formation éclairent les acteurs de la santé mentale sur les concepts de la stigmatisation et de la discrimination, les méthodologies d'actions et les approches pédagogiques favorables à l'intégration des personnes concernées par des troubles psychiques.
Théoriques et pratiques, elles sont construites avec des experts (communication, anthropologie, psychologie, prévention, santé mentale) et des personnes concernées par des troubles psychiques.
"Changer les regards sur la santé mentale : des outils pour agir" - En partenariat avec l'Université Paris 8
Durée : 3 jours (+ 1 en option) - Lieu : Paris 14e
Les préjugés, amalgames et incompréhensions sur les questions de santé mentale sont nombreux dans notre société. Faire évoluer les idées reçues est devenu un véritable enjeu de santé publique, car cette méconnaissance retarde l’accès vers le soin et l'accompagnement et a des conséquences importantes sur les personnes vivant avec des troubles psychiques, qui peuvent souffrir d’exclusion et de rejet.
Contenu
Cette formation permet de comprendre les mécanismes de stigmatisation et discrimination à l'oeuvre dans le champ de la santé mentale et de réfléchir sur ses propres stéréotypes et attitudes. Elle explore les méthodologies de changement et présente des outils pratiques, indispensables à la mise en place de projets et d’actions de lutte contre la stigmatisation, dans des contextes variés comme : au sein d’institutions ou d’associations, auprès d’un large public durant les Semaines d’Information en Santé Mentale (SISM), sous forme d’évènements ou de formations. Grâce à ces outils, issus d’une méthode qui a fait ses preuves, les participants seront à même de travailler avec les personnes directement concernées par les problématiques de santé mentale (patients et proches) et de comprendre les mécanismes de stigmatisation pour mieux agir.
Cette formation alterne des apports théoriques et pratiques, en utilisant une pédagogie participative.
Compétences visées
  • Identifier les mécanismes discriminatoires et les représentations sociales de la santé mentale,
  • Construire un projet de lutte contre la stigmatisation, de la réflexion à l’évaluation,
  • Agir dans une dynamique participative, en particulier avec les personnes directement concernées,
  • Comprendre les enjeux de l'information et la communication autour d’un événement traitant de santé mentale.
En option, 1 journée sur les outils :
  • S’approprier des outils d’animation qui visent à changer le regard sur les troubles psychiques (arbre aux idées reçues, bibliothèque vivante, Abaque, photolangage, etc..
Public visé
Cette formation s'adresse aux professionnels de santé, de l’éducation, du social, associations d’usagers et de proches, groupes d’entraide mutuelle, citoyens ou encore élus locaux développant des projets sur la santé mentale.
Prochaines dates
  • Du lundi 15 au mercredi 17 octobre 2018 + journée optionnelle le jeudi 18 octobre 2018, à Paris 14e.
Tarif : 450 € + 150 € pour la journée optionnelle
Informations : 01 45 65 73 95 ou
                            01 49 40 70 70 ou  ou sur le site de l'Université Paris 8
Téléchargez le programme de la formation
Formation Changer les regards sur la santé mentale 2018 (pdf - 419,02 ko)

vendredi 7 juillet 2017

ETUDE RECHERCHE ROYAUME UNI Les points de vue et les perspectives des médecins généralistes sur la non-adhésion des patients aux soins primaires avant le suicide

titre article original : GPs' views and perspectives on patient non-adherence to treatment in primary care prior to suicide.
Saini P1, Chantler K2, Kapur N3.
1Department of Health Services Research , NIHR CLAHRC NWC, University of Liverpool , Liverpool , UK.
2 School of Social Work, University of Central Lancashire , Preston , UK , and.
3 Centre for Mental Health and Risk, University of Manchester , Manchester , UK.
 J Ment Health. 2017 Mars Pages 1-8
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28635435 

traduction infosuicide
 
Les points de vue et les perspectives des médecins généralistes sur la non-adhésion des patients aux soins primaires avant le suicide
AbstraitContexte: Les personnes qui ne respectent pas leurs schémas thérapeutiques risquent davantage de se suicider, mais ces problèmes sont relativement inexplorés dans les services de soins primaires.
Objectif: Explorer les points de vue et perspectives des médecins généralistes sur les raisons pour lesquelles les patients en contact avec des services de santé mentale au cours de l'année précédant le suicide étaient non adhérents au traitement avant leur décès.
Méthode: Au total, 198 entrevues en face-à-face semi-structurées avec des médecins généralistes de personnes décédées par suicide. Les entrevues ont été transcrites textuellement et analysées en utilisant une approche thématique.
Résultats: Les thèmes suivants ont été conceptualisés à partir des entrevues avec les médecins généralistes: (i) «Manque de perspicacité ou de déni?» Se rapporte à ce que les médecins généralistes perçoivent que leurs patients ne connaissant pas leur maladie psychiatrique; (Ii) «Manque de choix de traitement» traite de la compréhension par les médecins généralistes des choix de traitement des patients; (Iii) «Services de comorbidité et double diagnostic» désigne la disponibilité du traitement chez les patients suicidaires avec deux ou plusieurs diagnostics de santé mentale.
Conclusions: pour la prévention du suicide, il est crucial pour les professionnels de la santé d'évaluer les patients et de gérer les causes possibles de non-adhésion. Les politiques visant à accroître l'adhésion au traitement, à améliorer les services de diagnostic double ou à proposer des traitements alternatifs pour répondre aux besoins individuels des patients peuvent aider à atteindre les meilleurs résultats pour la santé et potentiellement prévenir le suicide.

samedi 1 juillet 2017

EUROPE RECHERCHE ETUDE mpact de la campagne de sensibilisation à la dépression OSPI-Europe dans quatre régions européennes

Public attitudes toward depression and help-seeking: Impact of the OSPI-Europe depression awareness campaign in four European regions

Elisabeth Kohls a, d, , , Evelien Coppens b, Juliane Hug c, d, Eline Wittevrongel b,
Chantal Van Audenhove b, Nicole Koburger c, Ella Arensman e, András Székely f,
Ricardo Gusmão g, Ulrich Hegerl a, c, d
a Department of Psychiatry and Psychotherapy, Medical Faculty, University Leipzig, Leipzig, Germany
b LUCAS Center for Care Research and Consultancy, KU Leuven, Leuven, Belgium
c Depression Research Centre, German Depression Foundation, Leipzig, Germany
d European Alliance Against Depression (EAAD), Leipzig, Germany
e National Suicide Research Foundation and Department of Epidemiology and Public Health, University College Cork, Ireland
f Institute of Behavioural Sciences, Semmelweis University, Budapest, Hungary
g Instituto de Saúde Pública, Universidade do Porto (ISPUP), Porto, Portugal
Journal of Affective Disorders Volume 217, 1 August 2017, Pages 252–259
Received 15 September 2016, Revised 28 February 2017, Accepted 2 April 2017, Available online 8 April 2017
https://doi.org/10.1016/j.jad.2017.04.006

Les attitudes du public envers la dépression et la recherche d'aide: impact de la campagne de sensibilisation à la dépression OSPI-Europe dans quatre régions européennes

- Nouveaux points de vue sur la visibilité et l'efficacité d'une campagne de sensibilisation du public dans quatre régions européennes.
- Moins de stigmatisation personnelle de la dépression dans les régions d'intervention par rapport aux régions témoins.
- Les répondants interrogés dans la région d'intervention signalent plus d'ouverture à la recherche d'une aide professionnelle par rapport aux régions de contrôle.•
- Les résultats dépassent les recherches antérieures concernant les effets sur le comportement de recherche d'aide et la diffusion des sites d'intervention.

Les campagnes publiques sont des moyens efficaces pour réduire la stigmatisation dans le cadre de programmes d'intervention à niveaux multiples.

Les attitudes du public vis-à-vis de la dépression et de la recherche d'aide sont des facteurs importants qui influent sur les personnes déprimées pour obtenir une aide professionnelle et un traitement adéquat. OSPI-Europe est un programme de prévention du suicide à plusieurs niveaux comprenant une campagne de sensibilisation du public. Il a été mis en place dans quatre régions de quatre pays européens (Allemagne, Hongrie, Irlande et Portugal). Cet article rapporte les résultats de l'évaluation de la campagne, y compris la visibilité et les effets de la campagne sur la stigmatisation associée à la dépression et à la recherche d'aide.
Méthodes
Une enquête générale représentative sur la population (N = 4004), y compris des mesures sur la stigmatisation personnelle, la stigmatisation perçue, l'ouverture à l'aide, la valeur perçue de l'aide et les variables sociodémographiques a été menée dans les quatre régions d'intervention et quatre régions de contrôle dans une section transversale pré- Post élaboration.
Résultats
La campagne de sensibilisation du public a été considérablement plus visible en Allemagne et au Portugal par rapport à l'Irlande et à la Hongrie. La visibilité a été modifiée par l'âge et les années de scolarité. La stigmatisation personnelle, la stigmatisation perçue et l'ouverture à l'aide professionnelle ont considérablement varié dans les quatre pays. Les répondants dans les régions d'intervention ont montré beaucoup moins de stigmates de dépression personnelle que les répondants dans les régions témoins après la campagne. Les répondants de la région d'intervention qui connaissaient la campagne ont signalé plus d'ouverture à la recherche d'une aide professionnelle que les répondants qui ne l'étaient pas.
Conclusion
La campagne de sensibilisation OSPI-Europe était visible et a produit des résultats positifs. Dans le même temps, il s'est avéré difficile de montrer des effets forts, mesurables et sans ambiguïté, ce qui correspond aux études précédentes. Les campagnes de sensibilisation du public menées au sein d'OSPI-Europe peuvent contribuer à améliorer les attitudes et les connaissances sur la dépression dans le grand public et produire des effets synergiques, en particulier lorsque la diffusion des matériels de sensibilisation est simultanément renforcée par d'autres niveaux d'intervention d'un programme d'intervention à plusieurs niveaux .

http://www.jad-journal.com/article/S0165-0327(16)31548-8/fulltext

lundi 26 décembre 2016

SUISSE MEMOIRE EN LIGNE Nos attitudes : un outil dans la prévention des récidives suicidaires chez les adolescents hospitalisés en soins généraux

Nos attitudes : un outil dans la prévention des récidives suicidaires chez les adolescents hospitalisés en soins généraux
Cerreto, Naema ; Grezet, Marine ; Messmer, Maïssa ; Petermann, Monique (Dir.)
Mémoire de bachelor : Haute Ecole Arc Santé, 2015. Soins infirmiers

Résumé Problématique : La prévention du suicide des adolescents est un réel enjeu de santé publique. En effet, des lésions auto-infligées, ou tentatives de suicide chez des adolescents sont à l’origine de 691 admissions en 2009 en Suisse. D’après Alvin (2000), 200 adolescents de 15-19 ans et 600 jeunes adultes de 20-24 ans meurent chaque année par suicide en France. Les tentatives de suicide seraient quant à elles trente fois plus fréquentes que les suicides. Dans 40 à 75% des cas, un professionnel de la santé a été consulté au cours du mois précédent le décès. Les adolescents de 15 à 19 ans constituent, en Suisse, la catégorie de personne qui enregistre le taux d’hospitalisation le plus élevé. Il apparaît que toute infirmière en soins généraux peut être confrontée, dans l’exercice de sa pratique, à un adolescent présentant des comportements suicidaires. Sachant qu’un grand nombre de tentatives de suicide sont suivies de récidives, nous sommes convaincues que l’infirmière tient une place centrale dans la prévention de ces comportements et leurs récidives. Le premier contact avec l’adolescent est primordial et détermine la mise en place d’une relation de confiance. Malheureusement, les études montrent qu’un grand nombre de jeunes se sont sentis jugés et stigmatisés par le personnel soignant. But : L’objectif de cette revue de littérature est de comprendre les facteurs qui influencent les attitudes des infirmières face à des adolescents présentant des comportements suicidaires. Et également de dégager les diverses solutions proposées par les experts afin d’améliorer ces attitudes dans le but de prévenir les récidives de tels comportements chez les jeunes. Concepts abordés : Les concepts abordés dans ce travail sont ceux de la prévention, de l’attitude professionnelle, de l’adolescent et du suicide. Méthode : Douze articles ont été sélectionnés dans les bases de données PUBMED et CINAHL d’après une série de critères et sur la base d’une question formulée à travers les quatre dimensions PICO. Une lecture critiques de ces articles en fonction de la grille adaptée de Fortin (2010) nous a permis l’analyse des diverses composantes de cette problématique ainsi que la mise en évidence de propositions pour la pratique. Résultats : Les divers articles mettent en lumière que les attitudes des infirmières varient en fonction de plusieurs déterminants. L’élément principal qui en ressort concerne les perceptions des soignants face aux comportements suicidaires qui sont souvent fondées sur des inexactitudes et de fausses croyances. Il en résulte alors une ignorance et une marginalisation de la demande d’aide de ces jeunes. Plusieurs propositions ont été abordées par les chercheurs, en particulier la participation à des formations spécifiques ainsi qu’un travail d’introspection personnelle. Conclusion : Les infirmières qui travaillent dans les services de soins généraux sont susceptibles de détenir un grand nombre d’attitudes face à des jeunes personnes présentant des comportements suicidaires. Ces attitudes vont déterminer l’orientation de la prise en charge et conditionner la compliance au suivi de ces jeunes. L’habileté des soignants à communiquer de manière adéquate avec cette population est alors le meilleur outil thérapeutique dont ils disposent pour promouvoir l’efficacité de leurs interventions et de fait prévenir les récidives suicidaires. Il est fondamental, dans cette perspective, de donner les moyens aux soignants de comprendre leurs attitudes et de pouvoir les améliorer.

http://doc.rero.ch/record/259420?ln=fr


jeudi 8 décembre 2016

ETUDE RECHERCHE l’impact de la stigmatisation affectant les survivants au suicide d’un proche

Quel est l’impact de la stigmatisation affectant les survivants au suicide d’un proche? somapsy.org * 25 nov. 2016


Quel est l’impact de la stigmatisation affectant les survivants au suicide d’un proche?

Historiquement, la stigmatisation associée au suicide a revêtu des connotations tant religieuses que légales. Le suicide a longtemps été perçu comme un acte immoral et criminel et, par conséquent, les personnes touchées par le décès par suicide d’un être cher ont souvent été confrontées à un rejet social.

Aujourd’hui, malgré sa diminution, la stigmatisation persiste et les survivants de cet impact continuent de se sentir rejetés, jugés et développent également un sentiment de honte et de culpabilité. Cette stigmatisation peut entraîner le développement de troubles mentaux sévères.

L’article est le résultat d’une étude détaillée qui analyse l’expérience et le ressenti de ces survivants. Les auteurs du rapport ont souligné quatre aspects importants : le sentiment de culpabilité, de honte et de jugement de la part des autres ; le sentiment de solitude et de rejet de la part des amis ou même de la communauté ; et le sentiment de ne pas avoir droit à la parole et d’être responsable du malaise des autres.

Les résultats de l’étude montrent que la stigmatisation affectant les survivants au décès par suicide d’un proche a un impact négatif sur leurs relations et leurs comportements. Bien souvent, ils ne disposent pas de l’espace nécessaire pour expliquer leur histoire, ce qui rend leur processus de deuil plus compliqué. Ce silence empêche les survivants d’avoir la possibilité de donner du sens à leur perte, de conserver le lien et les moments heureux partagés avec leur proche.

Parfois, certains survivants refusent, en raison de la stigmatisation elle-même, de rechercher de l’aide pour surmonter le décès d’un proche, du partenaire ou d’un ami. Les auteurs insistent donc sur le fait qu’il est nécessaire de bien comprendre les réflexions de ces personnes pour améliorer la communication et les relations personnelles.

L’article souligne aussi le fait que les professionnels de santé ne savent pas ou ne se sentent pas très à même de soutenir les survivants. En ce sens, comme avec les relations familiales, les survivants affirment que les relations avec les professionnels de la santé sont souvent tendues, ce qui réduit d’autant plus la possibilité d’offrir un soutien à ces personnes et de les aider à reconceptualiser leur deuil. Les auteurs recommandent donc l’amélioration de la formation des professionnels de la santé pour mieux comprendre les besoins spécifiques des survivants au décès par suicide.

Voir plus d’information: “Recommandations pour développer un plan d’action pour la prévention du suicide” – Publications Soma&Psy: http://somapsy.org/fr/publications-reseau-somapsy/

Source : Peters K, Cunnigham C, Murphy G i Jackson D. ‘People look down on you when you tell them how he died’: Qualitative insights into stigma as experienced by suicide survivors. International Journal of Mental Health Nursing, Juin 2016. Disponible sur : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26889754

* http://somapsy.org/fr/limpact-la-stigmatisation-affectant-les-survivants-au-suicide/


Article cité
Int J Ment Health Nurs. 2016 Jun;25(3):251-7. doi: 10.1111/inm.12210. Epub 2016 Feb 18. 'People look down on you when you tell them how he died': Qualitative insights into stigma as experienced by suicide survivors.
Peters K 1, Cunningham C 2, Murphy G 3, Jackson D 4,5.

1 School of Nursing & Midwifery, Western Sydney University.
2 Thomas Embling Hospital, Melbourne, Australia & School of Nursing & Midwifery, Western Sydney University.
3 School of Nursing & Midwifery, Western Sydney University, Sydney.
4 School of Health, University of New England, Armidale, New South Wales, Australia.
5 Faculty of Health & Life Sciences, Oxford Brookes University, Oxford, UK.

Abstract

This paper aims to present findings that convey how people felt stigmatized after the loss of a loved one to suicide. A qualitative design was used for the purpose of this study. Data were collected using in-depth, face-to-face interviews. Audio-recordings of the interviews were transcribed and thematically analyzed. Ten people bereaved by suicide participated in the study. Four themes emerged from the data namely: Feeling blamed, shamed and judged; Feeling isolated/rejected by friends and community; Feeling silenced and Feeling the burden of others' discomfort. Findings show that stigmatization of the bereaved by suicide had detrimental effects on their relationships and their help seeking behaviours. Further, due to stigma imposed on them by others, participants were denied the opportunity to tell their stories which further complicated their grieving process. Further education and training is required for health professionals to enhance understanding of the specific needs of those bereaved by suicide.

© 2016 Australian College of Mental Health Nurses Inc.
KEYWORDS:
bereavement; relationships; social stigma; social support; suicide

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26889754

samedi 3 septembre 2016

AUTOUR DE LA QUESTION ETUDE/RECHERCHE: Voir le bon côté des maladies mentales

Voir le bon côté des maladies mentales
Publié le 02/09/2016 sur jim.fr/
La plupart des recherches sociologiques sont consacrées aux aspects négatifs des maladies mentales, notamment au problème de la stigmatisation, y compris l’auto-stigmatisation (self-stigma, qualifiée aussi de « stigmatisation interne »), c’est-à-dire les perceptions négatives du sujet sur sa propre affection psychiatrique. Mais des chercheurs des États-Unis évoquent une question rarement traitée, symétrique de la précédente : la possibilité d’ « opinions positives » concernant les maladies mentales, autrement dit la tendance à voir plutôt « le bon côté des choses. » Même si cette référence constitue bien sûr une vision caricaturale d’une telle tendance à un « incorrigible optimisme », on peut songer ici à la célèbre chanson Always look on the bright side of life (Prenez toujours la vie du bon côté)[1] clôturant le film de Monty Python, La Vie de Brian [2].
Les opinions positives sur la problématique psychiatrique (positive beliefs about mental illness) ont été évaluées chez 332 patients (dont 52,7 % de femmes) âgés de 18 à 70 ans (âge moyen = 32,44 ans ; déviation-standard = 13,18 ans). Le nombre moyen d’hospitalisations en psychiatrie dans leurs antécédents est de 1,72 (déviation-standard = 0,71). Chez les participants évalués par le MINI (Mini International Neuropsychiatric Interview) [3], les diagnostics établis reflètent une grande « variété de troubles » (avec un total supérieur à 100 % car plusieurs diagnostics peuvent coexister) : dépression majeure (71,6 % des cas), trouble bipolaire (24 %), troubles de l’humeur avec caractéristiques psychotiques (11,6 %), psychose (7,6 %), trouble panique (36 %), etc.

Positiver, une utilité clinique ?

Les auteurs observent que les croyances sur la maladie mentale « affectent la façon dont les individus peuvent faire face à leurs symptômes », l’idée d’aspects positifs (comme une créativité ou une cognition accrues) pouvant représenter un bénéfice secondaire dans l’adversité, proche du concept philosophique d’amor fati[4] résumé par l’aphorisme de Friedrich Wilhelm Nietzsche, « Ce qui ne me tue pas me rend plus fort. » Moins fréquente chez les personnes âgées et les femmes, cette tendance à « positiver » sa maladie mentale se révèle plus marquée en cas de troubles bipolaires et tend à augmenter lors du traitement.  L’importance de cette vision positive des choses et ses changements au cours du traitement sont associés à l’évolution clinique, notamment en termes de niveau dépressif et de bien-être. Un renforcement des pensées positives lors du traitement est associé à une réduction de la labilité émotionnelle, seulement chez les patients sans trouble bipolaire.
Malgré son manque de diversité ethnoraciale dans l’échantillon limitant la généralisation des résultats , l’étude illustre l’importance de cette appréciation positive, liée de façon significative à des caractéristiques démographiques, au diagnostic et à l’évolution clinique.  Des recherches ultérieures devraient déterminer, en fonction des différents diagnostics, si des interventions pour renforcer cette vision positive présentent « une utilité clinique. »
[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Always_Look_on_the_Bright_Side_of_Life & https://www.youtube.com/watch?v=SJUhlRoBL8M
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Monty_Python_:_La_Vie_de_Brian
[3] http://narr.bmap.ucla.edu/docs/MINI_v5_002006.pdf
[4] https://fr.wikipedia.org/wiki/Amor_fati
Dr Alain Cohen

jeudi 28 avril 2016

ETUDE RECHERCHE Les inégalités de santé mentale chez les hommes homosexuels et bisexuels en Angleterre, Ecosse et Pays de Galles: une grande enquête transversale communautaire

Etude présentée dans l' article "Étude américaine Suicide : les hommes homosexuels sont six fois plus exposés avant 26 ans" par Audrey Vaugrente  Publié le 28.04.2016 pourquoidocteur.fr*

Les homosexuels et bisexuels de plus de 45 ans souffrent moins de troubles mentaux et font moins de tentatives de suicide que les jeunes. Ceux-ci sont six fois plus exposés.
Double peine pour les jeunes homosexuels et bisexuels. Selon un sondage réalisé au Royaume-Uni, et paru dans le Journal of Public Health, ils sont bien plus exposés aux troubles de santé mentale avant 26 ans qu’après 45 ans. Les entretiens ont révélé des détails précieux sur la variété de cette minorité sexuelle.
Mieux gérer l’homophobie
5 800 jeunes hommes, âgés de 16 ans ou plus, ont répondu aux questionnaires soumis par la London School of Hygiene & Tropical Medicine (Royaume-Uni). Les sondés de moins de 26 ans étaient six fois plus à risque de suicide ou de comportement autodestructeur que ceux de plus de 45 ans. La probabilité qu’ils souffrent de dépression ou d’anxiété était aussi doublée.
Les auteurs de l’étude avancent deux explications à ce phénomène, mais soulignent qu’elles doivent être confirmées par des travaux approfondis. Avec l’âge, les hommes apprennent à mieux faire face à l’homophobie. La discrimination à laquelle ils font face pourrait aussi être liée à d’autres causes que leur orientation sexuelle.
La vie en couple bénéfique
Mais limiter les minorités sexuelles à une seule entité serait une erreur, nous rappelle cette étude. Age, origine ethnique, revenu et éducation ont aussi un poids prépondérant dans l’apparition des troubles mentaux. Les Afro-Américains homosexuels et bisexuels de couleur noir sont ainsi deux fois plus à risque de dépression et cinq fois plus à risque de suicide. « Il est clair que les inégalités de santé parmi les hommes homo et bisexuels sont le reflet de la société plus large », commente le Dr Ford Hickson, qui signe l’étude.
De même, les sondés dont les revenus ou la formation académique étaient faibles étaient davantage exposés aux troubles mentaux. « Cela s’explique probablement par le fait que les hommes sont plus capables de gérer l’homophobie avec l’âge ou s’ils vivent dans des zones privilégiées », selon le Dr Ford Hickson. Le fait de vivre en couple est toutefois un facteur positif puisqu’il réduit de 50 % le risque de dépression par rapport à la vie en célibataire.
Les inégalités de santé mentale chez les hommes gais et bisexuels en Angleterre, Ecosse et Pays de Galles: une grande enquête transversale communautaire
Contexte Les minorités sexuelles souffrent de santé mentale pire que la majorité sexuelle, mais on en sait peu sur les différences en matière de santé mentale au sein des minorités sexuelles. Nous avons cherché à décrire l'inégalité dans les indicateurs de la santé mentale chez les hommes gais et bisexuels.
Méthodes utilisant un échantillonnage opportuniste communautaire multi-canal nous avons recruté 5799 hommes admissibles âgés de 16 ans et plus, vivant en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles, et qui ont été sexuellement attirés par d'autres hommes, à une enquête sur la santé Internet auto-complétion. Les indicateurs de la santé mentale (dépression (PHQ-9), l'anxiété (GAD-7), tentative de suicide et d'automutilation) ont été examinés pour les associations indépendantes à travers des axes communs de l'inégalité (âge, origine ethnique, la migrance, l'éducation, le revenu, la cohabitation et la vie dans Londres).
Mauvaise santé mentale Résultats était commun: 21,3% étaient déprimés et 17,1% anxieux, tandis que 3,0% ont connu une tentative de suicide et 6,5% avaient auto-lésés au cours des 12 derniers mois. Les quatre indicateurs ont été associés à un plus jeune âge, l'éducation inférieure et à faible revenu. La dépression a également été associée au fait d'être un membre des minorités ethniques visibles et attirance sexuelle pour les femmes ainsi que les hommes. Cohabitant avec un partenaire masculin et vivant à Londres étaient de protection de la santé mentale.
* http://www.pourquoidocteur.fr/Articles/Question-d-actu/15362-Suicide-les-hommes-homosexuels-sont-six-fois-plus-exposes-avant-26-ans

ETUDE CITEE
Mental health inequalities among gay and bisexual men in England, Scotland and Wales: a large community-based cross-sectional survey
Ford Hickson, Lecturer, Calum Davey, Research Fellow,  David Reid, Research Fellow,  Peter Weatherburn, Senior Lecturer and  Adam Bourne, Lecturer
Sigma Research, Department of Social & Environmental Health Research, London School of Hygiene & Tropical Medicine, 15–17 Tavistock Place, London WC1H 9SH, UK
Address correspondence to Ford Hickson, E-mail: ford.hickson@lshtm.ac.uk

Abstract
Background Sexual minorities suffer worse mental health than the sexual majority but little is known about differences in mental health within sexual minorities. We aimed to describe inequality in mental health indicators among gay and bisexual men.
Methods Using multi-channel community-based opportunistic sampling we recruited 5799 eligible men aged 16 years and over, living in England, Scotland and Wales and who were sexually attracted to other men, to a self-completion Internet health survey. Mental health indicators (depression (PHQ-9), anxiety (GAD-7), suicide attempt and self-harm) were examined for independent associations across common axes of inequality (age, ethnicity, migrancy, education, income, cohabitation and living in London).
Results Mental ill-health was common: 21.3% were depressed and 17.1% anxious, while 3.0% had experienced attempted suicide and 6.5% had self-harmed within the last 12 months. All four indicators were associated with younger age, lower education and lower income. Depression was also associated with being a member of visible ethnic minorities and sexual attraction to women as well as men. Cohabiting with a male partner and living in London were protective of mental health.
Conclusion Community interventions to increase mental health among gay and bisexual men should be designed to disproportionately benefit younger men and those living on lower incomes.
http://jpubhealth.oxfordjournals.org/content/early/2016/04/01/pubmed.fdw021.full

vendredi 8 avril 2016

AUTOUR DE LA QUESTION : EXPO PARIS "Mental désordre, Changez de regard sur les troubles psychiques" & Crazy'App, une enquête sur la santé mentale

Expos temporaires "Mental désordre, Changez de regard sur les troubles psychiques"
Du 5 avril au 6 novembre 2016
Cité des Sciences et de l'Industrie  30, avenue Corentin-Cariou  75019 Paris

Une exposition pour mieux comprendre les troubles psychiques
Dans le monde, 1 personne sur 4 souffre d’un trouble psychique au cours de sa vie.
En France 1,4 million de personnes sont suivies par les services de psychiatrie publique.
Mais qu’est-ce qu’un trouble psychique ?
Quels en sont les symptômes ?
Comment soigne-t-on ces troubles ?
Comment impactent-ils la vie quotidienne ?
Lire Présentation de L'exposition

Les Activités
"Santé mentale, bousculons nos préjugés", un cycle de conférences
Selon l’OMS, la santé mentale est un état de bien-être permettant à chacun de reconnaître ses propres capacités, de se réaliser, de surmonter les tensions normales de la vie, d’accomplir un travail productif et fructueux et de contribuer à la vie de la communauté. En Europe, une personne sur quatre est confrontée à un problème de santé mentale au cours de sa vie. Cela signifie que nous avons tous dans notre entourage une personne qui souffre ou a souffert de troubles mentaux. Pourtant notre représentation du "fou" repose sur des préjugés, qui entravent dans leur quotidien les personnes souffrant de ces maux.

Un nouveau regard sur les troubles psychiques
Mercredi 11 mai 2016 à 19h
Auditorium, niveau 0, accès libre et gratuit.
Avec :
Patrick Landman, psychiatre, pédopsychiatre, psychanalyste, juriste, président de STOP DSM
Alain Vanier, psychanalyste, professeur à l'université Paris-Diderot (USPC), ancien psychiatre des hôpitaux
Jean-Pierre Winter, psychanalyste.
Table ronde animée par Zoé Logak, psychanalyste, secrétaire générale de la Fondation pour la Recherche en Psychiatrie et en Santé Mentale.
En savoir plus

"T’inquiète, je gère !" Adolescence troublée ou premiers troubles psychiques ?
Mercredi 25 mai 2016 à 19h
Auditorium, niveau 0, accès libre et gratuit.
Carte blanche au professeur Marie-Odile Krebs, chef de service au Centre hospitalier Sainte-Anne, responsable d’une équipe de recherche à l’université Paris-Descartes, administratrice de la Fondation Pierre Deniker : elle dialogue avec Alain Prochiantz, professeur titulaire de la Chaire des processus morphogénétiques, centre interdisciplinaire de recherche en biologie au Collège de France et avec un grand artiste surprise.
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L'innovation en santé mentale
Mercredi 15 juin 2016 à 19h
Auditorium, niveau 0, accès libre et gratuit.
Thérapeutique, santé publique, compensation du handicap psychique.
Table ronde avec :
Xavier Briffault, chercheur en sciences sociales et philosophie de la santé mentale au CNRS, Paris ;
Luc Mallet, professeur de psychiatrie à l'Université Paris-Est Créteil, professeur à l'Université de Genève, directeur d'une équipe de recherche à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), direction recherche de la fondation FondaMental ;
Margot Morgiève, psychologue, docteur en sociologie des sciences, chercheuse au CERMES 3 et à l'ICM, Inserm, Paris.
En savoir plus


Crazy'App, une enquête sur la santé mentaleObjectifs : L’objectif de cette  étude est 1) d’évaluer les représentations de la santé mentale en  population générale via une enquête sur smartphone et web,  2 ) d’évaluer quel peut être  l’impact d’une exposition sur la santé mentale sur les représentations, 3) d’évaluer si ces  représentations  sont stables ou si elles changent au cours du temps.

Aidez la recherche en participant à une enquête sur la santé mentale avec Crazy'App !
Crazy'App est une enquête qui va vous interroger sur ce que vous pensez des troubles mentaux. Elle a été conçue et réalisée par le Centre de recherche, médecine, sciences, santé, santé mentale, société (CERMES3) et l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) en partenariat avec la Cité des sciences et de l'industrie.
Sur votre ordinateur, votre tablette ou votre smartphone, chez vous ou dans l'exposition MENTAL DÉSORDRE (où l'application sera accessible via un QRcode), visionnez les témoignages de 4 patients décrivant leurs symptômes et répondez à un questionnaire. Un second questionnaire optionnel, plus long, vous sera envoyé par mail si vous laissez vos coordonnées.
Après avoir répondu à l'enquête, vous pourrez visionner les interviews de 4 psychiatres experts répondant aux mêmes questions que vous et voir comment ont répondu les autres participants.
Crazy'App a reçu le soutien de la Fondation Halphen et a été développée en collaboration avec l’association Meeting for Minds.
Participer à l'enquête Crazy'App
Pour contacter les chercheurs : contact(at)crazyapp.fr

Voir aussi Ressources de l'expo

mardi 15 décembre 2015

Personnes sourdes ou malentendantes : un handicap méconnu, une population vulnérable

BEH n°42-43 (15 décembre 2015)
Personnes sourdes ou malentendantes : un handicap méconnu, une population vulnérable
Personnes sourdes ou malentendantes : améliorer la communication et l’accessibilité de la société pour améliorer leur santé
Données épidémiologiques sur les surdités bilatérales sévères et profondes en France pour les générations 1997 à 2005
Pensées suicidaires, tentatives de suicide et violences subies chez les populations sourdes et malentendantes en France. Résultats du Baromètre santé Sourds et malentendants, 2011-2012
Handicap auditif, limitations et déficiences fonctionnelles : principaux résultats de l’enquête Handicap-Santé 2008-2009, France
Les unités régionales hospitalières d’accueil et de soins pour les sourds
Lire le BEH

Article Lié

Les sourds vulnérables face aux violences et à la dépression
Une étude sur 3 000 personnes sourdes ou malentendantes met en lumière un risque plus important d'idées suicidaires et d'être victime de violences. Source AFP
Publié le 15/12/2015 Le Point.fr

Une étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) explique que les sourds et les malentendants sont nettement plus susceptibles d'avoir des idées suicidaires, de faire des tentatives de suicide et de subir des violences, y compris sexuelles, que les personnes entendantes.

Des chercheurs de l'Institut de veille sanitaire (InVS) et de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) ont en effet interrogé près de 3 000 personnes de plus de 15 ans et vivant avec une acuité auditive réduite. Ils ont découvert que chez ces personnes, les pensées suicidaires au cours des douze derniers mois étaient cinq fois plus fréquentes et les tentatives de suicide étaient trois fois plus importantes au cours de la même période que dans la population générale. Pour expliquer cette situation, les chercheurs avancent la fatigue liée à l'effort de communication ainsi que « les gênes et les douleurs » occasionnées par les troubles de l'audition.
Une plus grande vulnérabilité

« Dans la surdité, le handicap s'éprouve surtout par des possibilités d'information et de communication réduites avec, potentiellement, des conséquences très négatives sur la qualité des échanges et des relations sociales et donc sur la qualité de vie et le bien-être », relèvent-ils dans leur étude. Mais les sourds et les malentendants sont également deux à trois fois plus susceptibles de faire l'objet de violences physiques ou psychologiques, voire de violences sexuelles, que la population générale.

Selon les chercheurs, ces violences sexuelles se retrouvent chez d'autres handicapés souffrant de limitations d'activités « pouvant induire une plus grande vulnérabilité », mais nécessiteraient d'être étudiées de manière approfondie. Plus de cinq millions de personnes souffrent d'un handicap auditif de moyen à sévère en France, dont 360 000 souffrent de limitations auditives très graves ou totales, selon des estimations fournies par l'enquête Handicap-Santé. Sur ces personnes, 330 000 ont eu des problèmes auditifs avant l'âge de 20 ans, dont les trois quarts avant 6 ans. Après 80 ans, plus d'une personne sur deux a des problèmes auditifs au moins légers.

Selon une autre étude publiée par le BEH, 0,58 enfant sur 1 000 est né entre 1997 et 2005 avec des surdités bilatérales sévères, parfois associées à d'autres déficiences (intellectuelles, motrices...). La compensation des difficultés d'audition se fait principalement par l'usage de prothèse auditive. Mais, selon le BEH, entre 1 million et 1,1 million de personnes seulement portaient un appareil auditif en 2008, alors que deux millions déclaraient en avoir besoin.

http://www.lepoint.fr/societe/les-sourds-vulnerables-aux-violences-et-a-la-depression-15-12-2015-1990129_23.php 



POST SUR LE MEME SUJET http://blogdinfosuicide.blogspot.fr/2015/12/barometre-sante-2011-2012-resultats.html

lundi 30 novembre 2015

ETUDE CHERCHE USA : L'impact du handicap sur l'acceptabilité du suicide ?

Le suicide est il une option ? : L'impact du handicap sur l'acceptabilité du suicide dans le cadre de la dépression, de la suicidalité et des facteurs démographiques

Titre original Is suicide an option?: The impact of disability on suicide acceptability in the context of depression, suicidality, and demographic factors
Emily M. Lund a, Michael R. Nadorff b, E. Samuel Winer c, Kathleen Seader d
a Utah State University, USA
b Mississippi State University, Baylor College of Medicine, USA
c Mississippi State University, USA
d Utah State University, Utah State Office of Rehabilitation, USAReceived 20 May 2015, Revised 21 July 2015, Accepted 12 August 2015, Available online 8 September 2015
Correspondence to: Department of Special Education and Rehabilitation, Utah State University, 2860 Old Main Hill, Logan, UT 84322, USA.
emily.m.lund@gmail.com, emily.lund@aggiemail.usu.edu

Le suicide est un problème majeur de santé publique et clinique, en particulier chez les personnes handicapées. Néanmoins, la recherche sur l'acceptabilité du suicide chez les personnes handicapées n'a pas été directement comparé  avec l'acceptabilité relative du risque suicidaire chez les personnes avec et sans handicap.
Un échantillon en ligne de cinq cents adultes américains ont lu cinq paires de vignettes sur les personnes qui avaient des idées suicidaires après un facteur de stress de la vie. Chaque paire contenait une condition avec un handicap et sans handicap ; une sixième paire de vignettes discutait des idées suicidaires chez une personne âgée et contenait des conditions d'invalidité physiques et cognitives. Les participants ont rempli des questions concernant l'acceptabilité relative des tendances suicidaires pour chaque vignette ainsi que des items  démographiques et des mesures de tendances suicidaires, symptômes dépressifs, et d'attitude envers le handicap.Résultats

Dans les cinq paires de vignette, les tendances suicidaires a été considéré comme nettement plus acceptable dans l'état d'invalidité; Cela était vrai même lorsque les participants eux-mêmes avait un handicap ou des amis ou des membres de la famille ayant un handicap. La suicidalité, la symptomatologie dépressive, et plus les attitudes négatives envers les personnes handicapées ont prédit une plus grande acceptabilité dans les deux conditions; pas de facteurs prédit de plus grandes différences entre les deux conditions.ConclusionsLa plus grande acceptabilité sociale de tendances suicidaires chez les personnes handicapées peut être pris par des personnes handicapées qui sont suicidaires comme une autorisation implicite de mettre fin à sa vie. L'impact potentiel de ces influences sociales doit être évaluée et traitée par les cliniciens et les défenseurs de la prévention du suicide

http://www.jad-journal.com/article/S0165-0327%2815%2930266-4/abstract

samedi 31 octobre 2015

CRITIQUE DEBAT RETOUR CONGRES La souffrance liée à la stigmatisation ou à l’interdit social

Article "Quels genres de psychiatres sommes nous ?"
Par admincongres dans Newsletter - CQFPSY
http://www.congresfrancaispsychiatrie.org/quels-genres-de-psychiatres-sommes-nous/?utm_source=Psychiatrie&utm_campaign=a8d22fffd0-CQFPsy_num_ro_910_30_2015&utm_medium=email&utm_term=0_760f5a1253-a8d22fffd0-308962257


Retour CFP 2014


Le lundi 5 janvier en page 12 de Libération, « les derniers mots d’une ado trans » relataient le suicide d’un adolescent qui se sentait depuis l’âge de 4 ans « comme une fille enfermée dans le corps d’un garçon ». Au nom d’un « Dieu qui ne se trompe jamais » ses parents l’avaient coupé de ses liens sociaux et l’avaient contraint à une thérapie de réorientation, pourtant jugée dangereuse par l’American Psychological Association comme le rappelait Malick Briki, premier intervenant d’un symposium très judicieusement suivi par un large public en cette dernière matinée de congrès nantais.
Sessions thématiques du congrès 2014
:
S32 – La question du Genre : quand les paradigmes changent
Président : Christian SPADONE – Paris
S32A – Orientation de genre : l’homosexualité dépsychiatrisée
Malick BRIKI – Béziers
S32B – Identité de genre : les transgenres contre l’ordre établi
Florence THIBAUT – Paris
S32C – Stéréotypes de genre : 65 ans après Beauvoir
Pascal HUGUET – Marseille

Points forts
La souffrance liée à la stigmatisation ou à l’interdit social est un facteur de risque important des conduites suicidaires chez les homosexuels et transsexuels.

Les thérapies dites « de réorientation » comportent des risques et sont jugées dangereuses par l’association des psychologues américains

Entre norme divine, norme clinique, norme sociale, homosexuels et transgenres ne sont toujours pas à l’abri de violences allant de la peine de mort dans certains pays, à la haine ordinaire de l’intolérance ignorante de la différence à peu près partout. Le retentissement médiatique du roman autobiographique d’Edouard Louis paru en 2014 témoigne de l’actualité de souffrances que les cliniciens doivent repérer et soulager, même si leur rôle dans cette stigmatisation n’a pas toujours été du côté de l’apaisement.
Malick Briki, en retraçant l’histoire de la dépsychiatrisation de l’homosexualité a montré comment la sphère de la sexualité a été sous l’emprise du religieux jusqu’au XVIIIème siècle en occident et le reste encore dans de nombreux pays. En pathologisant l’homosexualité, les aliénistes souhaitaient la dépénaliser, c’est pourtant une double peine qui a perduré pendant un siècle. La psychanalyse, en rupture avec l’aliénisme, ne considérait pas l’homosexualité comme une « maladie », mais en l’inscrivant au rang des orientations perverses de la sexualité interdisait jusqu’à récemment aux homosexuels d’intégrer la plupart des instituts de psychanalyse.
Le DSM est parvenu, après 20 ans de débats difficiles, à supprimer l’homosexualité de la nosologie des troubles mentaux, la CIM 10 continue d’évoquer les orientations sexuelles égodystoniques et les thérapies de réorientation, attitude rétrograde de l’OMS au regard des études ayant montré l’inefficacité voire la dangerosité de ces thérapies.
L’étude des aspects génétiques, endocriniens, neuropsychologiques et développementaux du genre et de l’identité de genre ou du choix d’objet sexuel est-elle utile à la compréhension des différences observées dans nos ressentis, nos désirs et nos comportements ? Florence Thibaut a redéfini les notions de sexe génétique, anatomique, biologique, de genre et d’identité de genre, et a rappelé comment le processus de « sexualisation » du cerveau est complexe, sous l’influence de facteurs endogènes et exogènes au cours de la grossesse. S’il n’existe aucune confirmation majeure de particularités biologiques dans l’homosexualité ou le trouble de l’identité de genre, les recherches dans ces directions méritent d’être poursuivies, la précocité du sentiment de différence ressenti par de nombreux transsexuels, le caractère « irrésistible » du choix d’objet hétéro- ou homosexuel en dépit des pressions sociales suggérant la possibilités de configurations stables inscrites dans le corps. Des études sur des jumeaux ayant une dysphorie de genre ont montré une concordance de 40 % pour les homozygotes et 0 % pour les dizygotes. Parmi les garçons ayant dans l’enfance des comportements « plutôt féminins », 75 % deviennent homosexuels ou transgenres.
L’évolution historique dans le sens d’une décriminalisation et d’une « dé-pathologisation » de ces modes d’être déplace la question de la souffrance non plus à l’intérieur même de l’homosexuel ou du transsexuel, mais bien en dehors de lui. Le risque de suicide augmenté ne serait-il pas la traduction de facteurs de stress environnementaux liés à la stigmatisation bien plus que le reflet d’une vulnérabilité supposée ?
Au-delà de la persistance de postures homophobes explicites, individuelles, collectives, religieuses, à combattre autant qu’il est possible, c’est aux attitudes implicites de ségrégation qu’il faut s’intéresser, à commencer par les nôtres. C’est en substance le message important transmis par Catherine Thinus-Blanc dans une conclusion stimulante du symposium. Les stéréotypes sont des croyances partagées, à des degrés divers, à l’égard de certains groupes sociaux et qui entraînent des discriminations dans les faits. Les stéréotypes de genre ont été bien étudiés, la discrimination négative des femmes par rapport aux hommes est présente dans de nombreux contextes dont le contexte professionnel. Elle n’est pas seulement le fait des hommes, les femmes ayant intériorisé les stéréotypes les reproduisent aussi sur leurs collègues féminines.
Il n’est pas facile de se laisser convaincre que l’on est moins tolérant que ce que l’on s’imagine. Que nos comportements ne sont pas accordés aux idées que nous croyons défendre. C’est un des objectifs du programme de cognition sociale Project Implicit, que de recueillir des données à partir des tests que chacun est invité à passer et qui mesurent notamment l’écart entre les points de vue déclarés et les comportements effectifs dans différents contextes sociaux. Le site fournit après chaque test passé un retour avec une analyse des résultats.
A l’heure où il serait si confortable de cantonner l’intolérance à ses formes extrêmes, un peu de travail métacognitif sur nos fausses croyances (mais une croyance peut-elle être vraie ou fausse ?), disons sur nos illusions narcissiques et notre bonne conscience de praticien empathique n’est pas superflu. La méthode de Project implicit est bien-sûr un peu scientifique, plutôt rigoureuse et pas très rigolote. Alors si ça vous amuse de rire comme disait Bobby, ne vous en privez pas, l’humour a aussi ses vertus libératrices pour les impasses de l’ignorance, de la certitude et de l’illusion. Plus que jamais, amusons nous de nous-mêmes !
Christophe Recasens
Boissy Saint-Léger

mardi 13 octobre 2015

THESE Étude comparative de l’évolution des attitudes envers la psychiatrie et la pathologie psychiatrique chez des étudiants en médecine en stage en psychiatrie et en neurologie

Étude comparative de l’évolution des attitudes envers la psychiatrie et la pathologie psychiatrique chez des étudiants en médecine en stage en psychiatrie et en neurologie
Thèse pour l’obtention du DIPLOME D’ETAT DE DOCTEUR EN MEDECINE Présentée et soutenue publiquement le lundi 14 septembre 2015
Nadège Simon 1
1 UB - Université de Bordeaux

Résumé : Le concept de stigmatisation trouve ses fondements dans la notion de déviance selon laquelle les caractéristiques déviant des normes sociales sont « étiquetées ». Les personnes présentant une pathologie psychiatrique souffrent de stigmatisation qui peut avoir de nombreuses conséquences en termes d’estime de soi, d’espoir, de risque suicidaire, de rétablissement, de fonctionnement social et d’adhésion aux prises en charge. Les médecins et étudiants en médecine présentent fréquemment à l'égard des personnes atteintes de pathologie mentale des attitudes stigmatisantes qui peuvent impacter sur leur accès aux soins. Les objectifs principaux de notre étude étaient d’évaluer l’impact sur les attitudes de futurs médecins envers les personnes atteintes de pathologie mentale de l’enseignement théorique universitaire de la spécialité psychiatrique et d’un stage hospitalier en psychiatrie. Nous avons comparé à l’issue de la formation l’évolution des attitudes envers la psychiatrie et la pathologie mentale dans deux groupes d’étudiants en médecine bénéficiant d’un même enseignement théorique psychiatrique mais de stages cliniques dans des spécialités différentes : un groupe en stage en service de psychiatrie et groupe en stage en service de neurologie. Les attitudes étaient évaluées par une échelle spécifiquement développée auprès d’étudiants en médecine : la Mental Illness : Clinicians’ Attitudes (MICA). L’histoire personnelle des étudiants était prise en compte. Notre étude, à l’instar des données de la littérature, confirme que le lieu de stage modifie l’impact de la formation théorique sur l’évolution des attitudes des étudiants à l’égard des personnes souffrant de trouble psychiatrique : l’amélioration est plus marquée chez les étudiants qui en parallèle de leur formation théorique effectuent un stage en psychiatrie.

Type de document :  Mémoires  Human health and pathology. 2015
 Présentation : http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01206459
Acces doc http://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01206459/document

lundi 7 septembre 2015

TRIBUNE POINT DE VUE/ DEBAT La parole aux acteurs de terrain "Le suicide boiteux"



La parole aux acteurs de terrain...

Le suicide boiteux

de Christophe Gerbaud, Psychosociologue.
(Qu'infosuicide.org remercie pour sa réflexion et partage.
N’hésitez pas à réagir )
7/09/2015

Face au handicap (invisible), comment ne pas se tuer à petits feux ?
Toutes les données sociologiques convergent. Les personnes handicapées ne travaillent statistiquement pas. Ou, si elles travaillent, cela procède soit d'emplois sous-qualifiés (ouvriers, petits employés voire dans le meilleur des cas agent de maîtrise) soit, dans certains cas, largement minoritaires (- d'1 / 100 de la population handicapés française) qui s'affirme professionnellement à travers son handicap via une dynamique "d'empowerment" (c'est-à-dire : de prise de pouvoir sur une "dite" vulnérabilité, ou incapacité). Comment tenir face à un tel constat, ne pas se suicider ? L'indifférence d'un monde capitalisé, l'industrialisation des êtres, les divers refus ( d'emplois, de vie amoureuse, affective ou sexuelle), de ressentis négatifs, par une population "normopathe" qui sur les réseaux sociaux impose sa "vie heureuse", "glamour", "bien-pensante" etc.). L'imposition d'un modèle "straight" auquel la personne handicapée qui cherche à s'intégrer aux normes sociales en vigueur aspire presque systématiquement vers une vraie tension névrotique (entre les impératifs formels d'apparence contemporaine et la subjectivité qui "hurle" son "désespoir"). Le désespoir, en vient de proche en proche à être le seul pan citoyen sur lequel il soit possible de se raccrocher. Ce désespoir est consubstantiel de l'angoisse. Le constat social est patent. Par devers la subjectivité, ce sont toujours les apparences qui "gagnent la mise" - parfois l'esprit vient alimenter le corps mais en dernier lieu c'est toujours le corps qui a raison. Digérer son handicap est toujours difficile. Le handicap (invisible, dans certains cas) porte certains sujets à masquer leur situation aporétique (sans issue) par des images de vie par procuration (enfants à éduquer, vacances à l'étranger, voyages professionnels, situations accomplissantes "tout confort" - etc.). Si tout le monde porte un handicap, sans le savoir, le problème reste néanmoins d'en avoir conscience. Or, la connaissance de l'unicité psychique et de l'impasse sociale ne peut émerger dans les consciences que la réalité reste absconde, sombre et trop lourde à porter. On ne peut jamais maîtriser intégralement la réalité. La seule lucidité induit le suicide. Et ce dernier n'est pourtant pas une solution, cependant il demeure un devenir de liberté, toujours possible - en devenir.

Lorsque l'on n'a aucune conviction politique (déçue) qui nous habite, nous n'avons aucune raison d'être désespérés. L'espoir est contraire à la résignation disait Camus. La jeunesse de nos jours (celle qui va de 1975 à 1980, la mienne) a grandi sans convictions politiques. Face aux handicaps, aux accidents, à la mort, nous sommes tous aveugles. Et l'angoisse de la mort est sublimée à travers l'engagement politique. Le chemin va se terminer et vite. Mais je souhaite conserver la lutte contre tous rapports de pouvoirs.
L'horizon psychique de la personne handicapée-dépressive est vide. Toute indifférence vis-à-vis du sujet offusque, est insupportable à la fois pour des raisons affectives (traumas de l'enfance par exemple) sociales (déclassement ou sentiment de non reconnaissance) et évidement biologiques dans la mesure où les sens sont nettement moins en éveil par rapport à un état enthousiaste, lyrique ou hystérique. Dans quelle mesure la dépression tient aux structures sociales, au mal-être du sujet individuel ? La compréhension de cette dernière tient toujours aux diverses grilles d'analyse (institutionnelle, cognitive, biologique, psychanalytique etc.) Si la dépression reste une énigme, beaucoup de situations dépressives restent aussi une zone obscure du savoir, non comprises par l'environnement extérieur à la manière du suicide, qui, la plus part du temps n'est pas entendu.
Encore faudrait-il étudier les différents sens de la dépression face au handicap et sa conséquence : le suicide. Cela mériterait une histoire ... Même la frustration doit faire rire, il faut savoir la dépasser ; comme la mort, elle fait de l'humour noir.