Au CHU de Toulouse, dans le service de psychiatrie et psychologie médicale,
nous disposons d’une équipe médicale spécialisée dans la prise en
charge intensive et limitée dans le temps de patient·es en situation de
crise, notamment de crise suicidaire. Ce service ambulatoire est connu
sous le nom de « centre de thérapie brève (CTB) ».
les unités hospitalières de psychiatrie du service de liaison psychiatrique du CHU,
des professionnel·les de santé de la Haute-Garonne formé·es à l’évaluation de la crise suicidaire,
des psychiatres privés (sur demande).
Grâce à notre CTB,
nous proposons une prise en charge pluridisciplinaire (psychiatre,
psychologue, infirmier ou infirmière, assistant·e social·e), dans
laquelle l’infirmier ou l’infirmière est la personne référente
principale. Chaque patient·e est reçu·e avec son entourage par notre
psychologue formée à la systémie, en présence de son équipe référente.
Équipe médicale
Dr Bougon Emmanuelle Psychiatre Dr Galliot Gaël Psychiatre Dr Lévêque Adélaïde Psychiatre Dr Mathur Anjali Psychiatre Dr Sarramon-Bacquié Christine Psychiatre Dr Sporer Marie Psychiatre Source https://www.chu-toulouse.fr/crise-suicidaire-ctb
L'analyse des malaises et des actes suicidaires par une délégation d'enquête paritaire
Article
Article HST (extrait de dossier) : Dans les cas de malaise mortel, de suicide ou de tentative de suicide en lien avec le travail auxquels peut être confrontée une entreprise, l'INRS recommande la mise en place d'une délégation d'enquête paritaire (DEP), afin d'en tirer des enseignements et de mieux prévenir ce type d'accidents à l'avenir. Cet article fait le point sur la mise en place et le fonctionnement d'une DEP, en lien avec deux exemples concrets.
Revue Hygiène et sécurité du travail Support Article de 4 pages, publié dans le n°279 Référence INRS DO 48-6 Auteur(s) PEISSEL-COTTENAZ G. Date de publication 07/2025
Pourquoi la souffrance psychique des jeunes n’est pas une affaire individuelle
Auteur Cyril Tarquinio Professeur de psychologie clinique, Université de Lorraine
Symptômes anxiodépressifs, idées suicidaires… les données
scientifiques s’accumulent pour confirmer que les causes de la
souffrance psychique qui affecte de nombreux jeunes sont à rechercher
davantage du côté de déterminants sociaux et de mutations qui
bouleversent notre époque – à commencer par les réseaux sociaux auxquels
les adolescent·es sont particulièrement vulnérables – que des facteurs
individuels.
Anxiété massive, épisodes dépressifs précoces, crises de panique,
sentiment d’irréalité, fatigue chronique, idées suicidaires… la détresse psychique d’une partie croissante de la jeunesse n’est plus un phénomène marginal. Au niveau mondial, elle s’impose aujourd’hui comme un fait social majeur, documenté par la clinique comme par l’épidémiologie.
Pourtant, les réponses apportées continuent de cibler prioritairement
les individus, comme si le problème relevait avant tout d’une fragilité
personnelle. Cette lecture est non seulement insuffisante : elle est
erronée.
Dans Génération à vif,
je défends une thèse simple mais dérangeante : le malaise psychique des
jeunes est un indicateur sensible des transformations systémiques de
nos sociétés. Il ne dit pas tant quelque chose de leur faiblesse que de
l’environnement dans lequel ils grandissent, se construisent et tentent
de se projeter.
Des indicateurs qui ne trompent plus
Les données sont désormais convergentes. En France, selon Santé publique France,
9,5 % des adolescents de 17 ans présentent des symptômes
anxiodépressifs sévères, contre 4,5 % en 2017. Près d’un jeune sur cinq
rapporte des pensées suicidaires au cours de l’année écoulée, avec une
vulnérabilité particulièrement marquée chez les jeunes femmes.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS),
un adolescent sur sept âgé de 10 à 19 ans présente un trouble mental,
et le suicide constitue la troisième cause de décès chez les 15-29 ans.
Ces données ne peuvent être réduites à un simple effet de dépistage ni à
une supposée « fragilisation générationnelle ». Elles signalent
l’ampleur réelle du fardeau psychique qui affecte aujourd’hui les
jeunes.
Déjà près de 110 000 abonnés aux newsletters The Conversation. Et vous ?
L’erreur classique : psychologiser ce qui est structurel
Face à ces constats, le réflexe dominant consiste à invoquer la
vulnérabilité individuelle, le déficit de compétences émotionnelles ou
l’hypersensibilité. Or la recherche en santé mentale montre depuis
longtemps que les troubles anxieux et dépressifs sont étroitement liés aux déterminants sociaux :
précarité économique, instabilité des parcours, insécurité
professionnelle, isolement relationnel, pression normative et inégalités
d’accès aux ressources.
Plusieurs travaux internationaux soulignent que l’augmentation des
troubles internalisés chez les adolescents et les jeunes adultes est
indissociable de la montée de l’incertitude structurelle et de
l’accélération sociale. Autrement dit, ce n’est pas la jeunesse qui a
changé seule ; c’est le monde qui lui est proposé. Continuer à pathologiser les individus sans interroger ce cadre revient à déplacer le problème, non à le résoudre.
Grandir dans un monde instable
L’adolescence et l’entrée dans l’âge adulte ont toujours été des
périodes de remaniement identitaire. Ce qui est plus nouveau, en
revanche, c’est le contexte dans lequel ces transitions s’opèrent. Les
jeunes d’aujourd’hui se construisent dans des sociétés où les repères qui balisaient autrefois plus nettement l’accès à la vie adulte se sont affaiblis.
La fin des études ne débouche plus automatiquement sur un emploi
stable, l’insertion professionnelle est plus souvent marquée par les
contrats temporaires, les allers-retours entre formation, emploi et
chômage se multiplient, et l’accès à l’autonomie résidentielle devient
plus difficile.
À l’échelle européenne, la discontinuité des trajectoires juvéniles n’a rien d’une abstraction. 31,1 % des salariés de 15 à 29 ans occupaient un emploi temporaire dans l’Union européenne, tandis que 11,0 %
des jeunes de cette tranche d’âge n’étaient ni en emploi, ni en études,
ni en formation. Autrement dit, une part importante de l’entrée dans
l’âge adulte se joue désormais soit dans l’instabilité, soit dans
l’interruption, ce qui dit bien combien les seuils biographiques
autrefois plus lisibles sont devenus plus fragiles et plus incertains.
Dans ce contexte, la difficulté à se projeter dans un avenir lisible
ne relève pas d’un manque individuel de maturité. Elle traduit aussi une
transformation objective des conditions d’existence. Quand le travail
est plus précaire, le logement plus difficile d’accès, et l’avenir
socialement moins prévisible, il devient plus compliqué de relier le
présent à un futur désirable.
Or, on ne se construit pas psychiquement de la même manière quand
l’avenir ressemble à une promesse que lorsqu’il ressemble à une énigme.
Réseaux sociaux et comparaison permanente
À cette instabilité structurelle s’ajoute une transformation profonde
du rapport à soi et aux autres liée aux usages numériques. Les effets
des réseaux sociaux dépendent moins du temps passé en ligne que de ce
qui s’y joue réellement : se comparer, se montrer, se mettre en scène,
attendre des signes d’approbation, subir des interactions hostiles ou,
parfois, trouver du soutien et de l’authenticité. En ce sens, les
réseaux sociaux ne constituent pas une cause simple et univoque ; ils forment plutôt un nouvel environnement relationnel et identitaire, capable d’amplifier certaines vulnérabilités propres à l’adolescence.
Or, lorsque cet environnement organise la vie sociale autour de la
visibilité, de la comparaison et de la validation externe, il peut peser
lourdement sur l’image de soi. La littérature scientifique
met ainsi en évidence des liens entre usages intensifs ou
problématiques des réseaux sociaux, diminution de l’estime de soi,
insatisfaction corporelle, symptômes anxieux et manifestations
dépressives, avec une vulnérabilité particulièrement marquée chez les
adolescentes.
Sur le plan psychique, cette dynamique peut favoriser la construction d’un « faux self »,
au sens winnicottien. Une identité de présentation, progressivement
façonnée pour répondre aux attentes perçues, capter l’approbation et
éviter la disqualification, parfois au prix d’un éloignement croissant
d’avec l’expérience subjective authentique. Lorsque la valeur de soi se
trouve ainsi suspendue au regard d’autrui, l’ajustement au monde ne se
fait plus à partir d’un sentiment interne de continuité, mais à partir
d’une surface à maintenir. Il peut alors se creuser un écart entre ce
que le sujet vit, ce qu’il ressent et ce qu’il donne à voir. Cet écart
ouvre un espace de tension psychique majeur, pouvant aller, chez
certains sujets plus vulnérables, jusqu’à des expériences de
dépersonnalisation, de désancrage de soi ou de fonctionnement
dissociatif.
La souffrance qui en résulte n’est pas un défaut individuel, elle est
le produit d’un environnement qui rend l’authenticité coûteuse et la
vulnérabilité risquée.
Quand le malaise s’inscrit dans les corps
Un autre aspect souvent sous-estimé concerne la dimension corporelle
de cette détresse. Fatigue chronique, troubles du sommeil, douleurs
diffuses, dérégulations émotionnelles sont fréquents chez les jeunes en
souffrance psychique. Les avancées en psychoneuro-immunologie
montrent que le stress chronique, lorsqu’il est durable et
imprévisible, active les systèmes neurobiologiques de l’alerte et
favorise des états inflammatoires associés à la dépression et à
l’anxiété.
Cette inflammation n’est pas un simple bruit de fond biologique :
elle interfère avec les circuits de l’humeur, de la motivation, de la
vigilance et de la régulation émotionnelle. Elle contribue ainsi à faire
de la détresse psychique une expérience à la fois psychologique et somatique,
où l’anxiété, l’abattement ou l’hyperréactivité coexistent avec la
fatigue, les troubles du sommeil, les douleurs diffuses et le sentiment
d’un corps devenu lui-même difficile à habiter.
Chez les adolescents et les jeunes adultes, dont les systèmes
cérébraux sont encore en maturation, cette exposition prolongée à
l’insécurité et à la pression sociale peut avoir des effets durables,
en particulier sur les circuits de l’alerte, de l’humeur, du sommeil et
de la régulation émotionnelle. Là encore, il ne s’agit pas de
« somatisation », mais d’une inscription biologique du social. Les corps
parlent lorsque les environnements ne permettent plus de symboliser
autrement.
Des réponses encore trop étroites
Face à cette situation, l’augmentation de l’offre de soins
psychologiques est nécessaire, mais insuffisante. En renvoyant
prioritairement les jeunes vers des prises en charge individuelles, on
entretient l’idée implicite que le problème leur appartient. Or l’OMS
insiste sur le fait que les politiques efficaces en matière de santé
mentale des jeunes doivent articuler prévention, réduction des
inégalités, politiques éducatives, conditions de travail et cohésion
sociale.
Autrement dit, soigner sans transformer les contextes revient à
réparer sans cesse les mêmes fissures. La santé mentale des jeunes ne
peut être pensée indépendamment des choix collectifs en matière
d’éducation, d’emploi, de protection sociale et d’organisation du temps
de vie.
Ce que la souffrance des jeunes nous oblige à regarder
La souffrance psychique des jeunes est un symptôme collectif. Elle
révèle un monde qui exige autonomie, performance et adaptabilité, tout
en offrant de moins en moins de stabilité, de sécurité symbolique et de
récits communs. Elle interroge notre rapport au temps, à la réussite, à
l’échec et à la vulnérabilité.
Plutôt que de s’inquiéter d’une jeunesse prétendument fragile, il
serait plus juste de s’interroger sur la fragilité de nos structures
sociales. Écouter ce que le malaise des jeunes dit de nos choix
collectifs n’est pas un exercice de compassion, c’est une nécessité
politique et sociale. Parce que ce qui se joue ici n’est pas seulement
une crise générationnelle, mais la capacité de nos sociétés à offrir un
avenir psychiquement habitable
PRSI 2026 Prix de la Recherche en Sciences Infirmières : Voici les lauréats 2026
Par
Audrey Parvais -
Publié le 10/04/2026 https://infirmiers.com*
Le
Prix de la Recherche en Sciences Infirmières 2024, dont Infirmiers.com
est partenaire, a récompensé 3 lauréats pour leurs travaux de recherche
en prévention de la récidive suicidaire, les impacts de la création de
postes de logisticiens dans les services hospitaliers, et l’intérêt de
la ventilation manuelle en cas d’arrêt cardiaque.
Crédit photo : Gaël Kazaz/Quinze Mai
C’est lors du dernier Salon infirmier,
qui s’est tenu au Parc des expositions de la Porte de Versailles à
Paris, les 25 et 26 mars, que s’est déroulée la cérémonie de remise du
Prix de la recherche en sciences infirmières 2026 (PRSI 2026). Organisé
en partenariat par la Chaire de Recherche en Sciences Infirmières de
l'Université Sorbonne-Paris Nord, la Mutuelle nationale des hospitaliers
(MNH) et Infirmiers.com, il récompense cette année trois lauréats dans
les catégories de «Jeune chercheur» et «Meilleure publication
scientifique», et un prix spécial «Coup de cœur du Jury - Meilleure
publication scientifique». Sous la présidence de Monique Rothan-Tondeur,
directrice de la Chaire Recherche Sciences Infirmières, le comité
d’experts a ainsi décidé, après analyse des candidatures, de saluer les
travaux de Benoît Chalancon, Michelle Delpy et Frédéric Lemoine.
Infirmier depuis une quinzaine d’années en santé mentale, mais aussi
doctorant en santé publique, Benoît Chalancon baigne depuis presque
autant de temps dans la recherche. Le projet que récompense le PRSI 2026
n’est d’ailleurs pas son premier travail de recherche. En 2017 déjà, il
participé avec le laboratoire ICAR-UMR 5191 (Interaction Corpus
Apprentissage et Représentation), placé sous la triple tutelle du CNRS,
de l’Université Lumière Lyon 2 et de l’ENS de Lyon, le projet CIPSY
(Compétences d’interaction des infirmiers en psychiatrie). Sa finalité :
mettre en lumière les spécificités des transmissions, aussi bien orales
qu’écrites, des infirmiers exerçant en psychiatrie.
Ayant orienté sa pratique vers la prévention du suicide, il intègre
en 2019 le Centre de prévention du suicide du Vinatier. C’est là qu’il
développe sa thématique sur l’intérêt des interventions brèves dans la
prévention de la récidive suicidaire. Des actions qui consistent en
rappels téléphoniques, envoi de SMS ou de cartes postales, mais aussi un
plan de protection – soit un outil co-construit entre le professionnel
de santé et le patient qui regroupe l’ensemble des stratégies permettant
de mieux gérer la crise suicidaire. Les effets de ces interventions
sont démontrés à l’international, mais il reste encore à les évaluer en
France. C’est pourquoi en 2020, il lance l’étude PROTECT, un essai
contrôlé randomisé qui mesure l’intérêt de la mise en place d’un plan de
protection par l’infirmier des urgences dans la prévention de la
réitération suicidaire. L’étude fera l’objet de plusieurs publications
dans des revues internationales mais aussi d’une présentation au Congrès international du Sidiief de juin 2025.
C’est toutefois un troisième projet de recherche que vient
récompenser le PRSI 2026 : soit l’étude PRESENCE, centrée sur le soutien
social. Identifié comme un facteur clé dans la protection contre la
récidive suicidaire, ce dernier n’a encore été que très peu étudié du
point de vue des personnes concernées. Prévoyant 30 entretiens
semi-directifs, cette recherche qualitative entend donc examiner la
perception de ce soutien avec une tentative de suicide. Son objectif : apporter des connaissances inédites sur le vécu post-crise et contribuer à optimiser interventions et prises en charge.
Quand la solitude devient un signal d’alerte chez les adolescents
Mis en ligne le 09 avril 2026 sur https://www.ch-le-vinatier.fr/*
Chez les adolescents confrontés au suicide d’un proche, le
sentiment de solitude est fréquent. Une étude récente explore son rôle
dans l’apparition d’idées suicidaires et montre qu’il est étroitement
lié à la souffrance dépressive.
Une vulnérabilité accrue après un événement traumatique
Lorsqu’un adolescent est confronté au suicide ou à une tentative de
suicide dans son entourage, il peut traverser une période de grande vulnérabilité. Parmi les difficultés rapportées, le sentiment de solitude revient souvent.
Ce constat pose une question importante : ce sentiment joue-t-il un rôle direct dans le risque suicidaire, ou reflète-t-il une souffrance plus large, notamment liée à la dépression ?
L’étude vise à mieux comprendre cette articulation pour orienter plus finement la prévention.
Une approche basée sur l’observation des parcours
Les chercheurs ont analysé les données de plus de 5 000 adolescents américains suivis sur plusieurs années.
Ils ont examiné :
l’exposition à un suicide ou une tentative dans l’entourage
le sentiment de solitude ressenti par les adolescents
l’évolution des idées suicidaires et des tentatives de suicide
Ils ont également pris en compte d’autres éléments importants, en particulier les symptômes dépressifs présents au départ, afin de mieux comprendre ce qui relève spécifiquement de la solitude.
Solitude et risque suicidaire : des liens à nuancer
Les résultats indiquent que les adolescents qui se sentent seuls après une telle expérience présentent davantage de pensées suicidaires et de tentatives de suicide.
Cet effet apparaît surtout dans la période qui suit l’événement.
Cependant, lorsque l’on tient compte de la dépression, le lien entre solitude et comportements suicidaires
s’atténue fortement. Cela suggère que la solitude est souvent associée à
un état dépressif, qui joue un rôle central dans le risque observé.
La solitude comme signal d’attention
Ces résultats invitent à considérer la solitude comme un signal important, sans pour autant la voir comme un facteur isolé.
Repérer un adolescent qui s’isole après un tel événement peut
permettre d’identifier plus tôt une souffrance psychique, en particulier
dépressive.
Ils ouvrent ainsi des pistes pour renforcer l’accompagnement dans ces situations, en prêtant attention à la fois aux relations sociales et à l’état émotionnel des jeunes concernés.
La Vague Orange : une marche citoyenne pour sensibiliser au trouble de la personnalité borderline et à la prévention du suicide
Le 28 mai 2026 à Strasbourg – Place d’Austerlitz
Le trouble de la personnalité borderline touche près de 2 % de la
population. Derrière ce chiffre, ce sont des milliers de personnes
confrontées à une souffrance intense, encore largement incomprise.
Aujourd’hui, ce trouble reste l’un des plus stigmatisés, mal connus et
invisibilisés.
Face à ce constat, le service GREMO-PASS des Hôpitaux Universitaires
de Strasbourg, en collaboration avec de nombreux partenaires et acteurs
engagés en santé mentale, organise une nouvelle édition de La Vague
Orange, une mobilisation citoyenne pour briser les tabous, soutenir les
personnes concernées et ouvrir un espace de dialogue autour de la santé
mentale.
Un événement pour visibiliser, sensibiliser et rassembler
Le 28 mai, Strasbourg se mobilise.
Ensemble, personnes concernées, proches, professionnel·le·s,
étudiant·e·s et citoyen·ne·s se rassembleront pour faire entendre une
réalité encore trop souvent passée sous silence.
La Vague Orange, c’est une réponse collective à l’incompréhension, à
la stigmatisation et à l’isolement. C’est une mobilisation pour dire
stop aux idées reçues, pour affirmer que le trouble de la personnalité
borderline n’a pas à être caché ni honteux.
Tout au long de l’après-midi, de 12h à 17h, un village de
sensibilisation sera installé sur la Place d’Austerlitz, avec des stands
animés par des personnes engagées dans le champ de la santé mentale
(3114, VigilanS, Connexions Familiales, associations, etc.), ainsi que
des temps d’animation, notamment autour de l’art-thérapie.
À 14h, une marche citoyenne partira de la place pour traverser le
centre-ville, avec pour objectif de rendre visible une réalité encore
trop souvent invisibilisée et de porter collectivement des messages de
soutien, d’espoir et d’engagement.
Des temps d’échange pour mieux comprendre
En fin de journée, à partir de 17h30, deux tables rondes ouvertes au public viendront prolonger cette mobilisation.
Elles proposeront des regards croisés entre personnes concernées,
proches et professionnel·le·s, autour de différents enjeux : comprendre
le trouble, accompagner sans s’épuiser, lutter contre la stigmatisation
et mettre en lumière des parcours de rétablissement.
La journée se clôturera à partir de 20h par un moment musical, dans une ambiance conviviale et ouverte à tous.
Recherche sur la prise en charge du risque suicidaire dans les foyers de la PJJ
Publié le 09 avril 2026 https://www.justice.gouv.fr/*
La
direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) a soutenu
une recherche intitulée : « Accompagner des adolescents présentant un
risque suicidaire en foyer : un état des lieux des difficultés et des
ressources des professionnels », réalisée par la sociologue Myriem
Auger.
Les jeunes suivis par la protection judiciaire de la jeunesse
(PJJ) présentent de multiples vulnérabilités sur le plan de la santé, y
compris la santé mentale, comme le montre la récente étude nationale sur la santé des jeunes suivis par la PJJ. 13,5 % des jeunes interrogés déclarent avoir déjà fait une tentative de suicide (26 % des filles et 12 % des garçons). La recherche sur les caractéristiques psychosociales des jeunes placés au pénal
fait également le constat d’un état de santé mentale dégradé chez les
jeunes placés, lesquels se caractérisent notamment par une exposition
fréquente à des expériences adverses durant l’enfance (61 % des jeunes
déclarent par exemple avoir subi de la maltraitance émotionnelle et 47,5
% de la maltraitance physique) et par une prévalence élevée des
symptômes psychotraumatiques. Dans ce contexte, la DPJJ a
souhaité disposer d’analyses sur le risque suicidaire dans les foyers de
la PJJ, dans l’objectif d’améliorer la prévention et la prise en charge
de ce risque.
Cette recherche s’inscrit dans la continuité d’un projet financé par
l’Observatoire national de la protection de l’enfance sur la prévention
et la prise en charge du risque suicidaire dans les établissements
relevant de l’Aide sociale à l’enfance (Charles et. al. 2024).
Elle complète cette étude par une enquête dans les unités éducatives
d’hébergement diversifié (UEHC) relevant de la PJJ, afin d’analyser les
ressources disponibles et les obstacles à la protection des jeunes
présentant un risque suicidaire.
Elle met en lumière plusieurs axes de travail pour que les
professionnels puissent mieux protéger ces jeunes : améliorer la
transmission d’informations au moment du placement ; former les
professionnels à la prise en charge du risque suicidaire ; renforcer le
travail partenarial pour faciliter l’orientation vers les soins en santé
mentale. L’auteure invite également à cultiver et valoriser les
pratiques de « care », reposant sur des gestes du quotidien,
peu formalisés mais essentiels dans l’accompagnement des adolescents
présentant un risque suicidaire dans les foyers.
Le soutien de la DPJJ à ce travail s’inscrit dans le cadre de
son plan national de prévention du suicide des mineurs et jeunes
majeurs (2024-2027). L’objectif du plan est de conforter
l’action des professionnels au service d’une sécurisation des prises en
charge. En 2025, aucun suicide de mineurs n’a été à déplorer dans les
établissements de placement, ni en détention, mais, la prévention du
risque suicidaire reste une priorité au regard de la fragilité de la
santé mentale des jeunes placés et des tentatives de suicide repérées.
Suite à l’organisation de groupes de travail, des fiches destinées à
mieux détecter et accompagner ce risque suicidaire en hébergement seront
publiées en 2026. Par ailleurs, la réforme des modalités de placement à
la PJJ, qui prévoit à partir de septembre 2026 la transformation des
UEHC et des centres éducatifs fermés en unités judiciaires à priorité
éducative (UJPE), compte parmi ses objectifs l’amélioration de la prise
en charge de la santé des jeunes placés, et plus principalement la santé
mentale.
Before Anyone Else (BAE) : une application mobile de prévention du suicide
Publié le
A l’occasion de la Journée mondiale de la santé, la Fondation FondaMental annonce le lancement de Before Anyone Else
(BAE), une application mobile gratuite destinée aux jeunes de 12 à 17
ans confrontés à des idées ou comportements suicidaires. Communiqué.
Développée par la Fondation FondaMental avec le CHU de Montpellier
(Pr. Philippe Courtet), l’INSERM (Dr. Margot Morgiève), le CHU Robert
Debré (Dr. Vincent Trebossen), avec le soutien de l’association ASMA
(Dr. David Soffer) et de la Région Île-de-France dans le cadre d’une
Question d’Intérêt Majeur sur la santé mentale des jeunes, l’application
permet aux adolescents de suivre leur état émotionnel et de construire,
avec leurs proches, un plan d’action concret pour mieux gérer les
moments difficiles.
Depuis la pandémie, la Fondation FondaMental alerte sur la détérioration persistante de la santé mentale des jeunes, marquée par des niveaux élevés d’anxiété, de dépression et de pensées suicidaires. Grâce au soutien de la Région Île-de-France, elle a développé, dans le cadre d’une Question d’Intérêt Majeur, un ensemble d’outils concrets pour aider les jeunes Franciliens confrontés à ces difficultés, comme MyMood ou la plateforme LENA.
Une application conçue par des experts, avec et pour les jeunes
Avec BAE, la Fondation franchit une nouvelle étape en proposant une application gratuite pour aider les adolescents confrontés à des idées suicidaires à
mieux comprendre leur état émotionnel, à identifier les signes d’alerte
et à mobiliser rapidement leurs proches ou leurs soignants en cas de
crise. L’application complète l’accompagnement médical et psychologique existant, offrant un soutien concret et accessible au quotidien.
BAE a été développée par une équipe pluridisciplinaire
composée de psychiatres, psychologues, sociologues, en collaboration
avec des jeunes ayant vécu des idées ou comportements suicidaires, etsous l’impulsion de Philippe Courtet, professeur de psychiatrie à l’Université de Montpellier et chercheur à la Fondation FondaMental.
Un dispositif sécurisé pour renforcer le lien adolescent–parents–soignants
BAE permet à l’adolescent de suivre son état au quotidien et de constituer un plan de vigilance en collaboration avec ses parents et son médecin.
L’application repose sur une triade de profils connectés : l’adolescent, le parent et, si nécessaire, le professionnel de santé. Chaque utilisateur peut suivre et partager des informations de manière contrôlée et sécurisée, renforçant ainsi le dialogue et le soutien familial et médical. L’adolescent peut décider, à chaque étape, ce qu’il souhaite partager avec son entourage de confiance.
Un plan d’action sur-mesure pour affronter les moments difficiles
Lors de son inscription, l’adolescent est invité à remplir son espace personnel pour identifier sessignaux d’alerte (déclencheurs, pensées ou émotions à risque…), choisir ses personnes de confiance, et organiser un plan d’action en lien avec ses parents et son médecin incluant stratégies de régulation émotionnelle, traitements, mais aussi des films, musiques ou lieux rassurants pour lui.
L’application offre plusieurs fonctionnalités :
Des auto-évaluations quotidiennes et spontanées permettant de mesurer l’état émotionnel de l’utilisateur et de détecter des signes de détresse.
Une liste de projets personnels pour noter ses projets motivants et garder une trace de ses activités positives.
Un plan d’action personnalisé avec six modules
interactifs : contacter un proche, exercices de relaxation, souvenirs
positifs, lieux rassurants, musique et films/séries favoris.
Un accès rapide à l’aide : un bouton « J’ai besoin d’aide » permet de contacter rapidement ses proches ou les services d’urgence (3114 ou SAMU).
Un journal pour permettre à l’utilisateur d’écrire librement ses pensées, émotions et expériences quotidiennes
Important : BAE ne remplace pas un suivi médical ou psychologique.
Les réponses de l’application ne sont pas analysées en temps réel par
un professionnel de santé. En cas de détresse, il est recommandé de contacter immédiatement le 3114.
Le
7 avril 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé, la
Fondation FondaMental annonce le lancement de BAE, une application
mobile gratuite destinée aux jeunes de 12 à 17 ans confrontés à des
idées ou comportements suicidaires.
Développée
par la Fondation FondaMental avec le CHU de Montpellier (Pr. Philippe
Courtet), l’INSERM (Dr. Margot Morgiève), le CHU Robert Debré (Dr.
Vincent Trebossen), avec le soutien de l’association ASMA (Dr. David
Soffer) et de la Région Île-de-France dans le cadre d’une Question
d’Intérêt Majeur sur la santé mentale des jeunes, l’application permet
aux adolescents de suivre leur état émotionnel et de construire, avec
leurs proches, un plan d’action concret pour mieux gérer les
moments difficiles.
Depuis la pandémie, la Fondation FondaMental alerte sur la détérioration persistante de la santé mentale des jeunes, marquée par des niveaux élevés d’anxiété, de dépression et de pensées suicidaires. Grâce au soutien de la Région Île-de-France, elle a développé, dans le cadre d’une Question d’Intérêt Majeur, un ensemble d’outils concrets pour aider les jeunes Franciliens confrontés à ces difficultés, comme MyMood ou la plateforme LENA.
Une application conçue par des experts, avec et pour les jeunes
Avec BAE, la Fondation franchit une nouvelle étape en proposant une application gratuite pour aider les adolescents confrontés à des idées suicidaires
à mieux comprendre leur état émotionnel, à identifier les signes
d’alerte et à mobiliser rapidement leurs proches ou leurs soignants en
cas de crise. L’application complète l’accompagnement médical et psychologique existant, offrant un soutien concret et accessible au quotidien.
BAE a été développée par une équipe
pluridisciplinaire composée de psychiatres, psychologues, sociologues,
en collaboration avec des jeunes ayant vécu des idées ou comportements
suicidaires, etsous l’impulsion de Philippe Courtet, professeur de psychiatrie à l’Université de Montpellier et chercheur à la Fondation FondaMental.
Un dispositif sécurisé pour renforcer le lien adolescent–parents–soignants
BAE permet à l’adolescent de suivre son état au quotidien et de constituer un plan de vigilance en collaboration avec ses parents et son médecin.
L’application repose sur une triade de profils connectés : l’adolescent, le parent et, si nécessaire, le professionnel de santé. Chaque utilisateur peut suivre et partager des informations de manière contrôlée et sécurisée, renforçant ainsi le dialogue et le soutien familial et médical. L’adolescent peut décider, à chaque étape, ce qu’il souhaite partager avec son entourage de confiance.
Un plan d’action sur-mesure pour affronter les moments difficiles
Lors de son inscription, l’adolescent est invité à remplir son espace personnel pour identifier sessignaux d’alerte (déclencheurs, pensées ou émotions à risque…), choisir ses personnes de confiance, et organiser un plan d’action en lien avec ses parents et son médecin incluant stratégies de régulation émotionnelle, traitements, mais aussi des films, musiques ou lieux rassurants pour lui.
L’application offre plusieurs fonctionnalités :
Des auto-évaluations quotidiennes et spontanées permettant de mesurer l’état émotionnel de l’utilisateur et de détecter des signes de détresse.
Une liste de projets personnels pour noter ses projets motivants et garder une trace de ses activités positives.
Un plan d’action personnalisé avec
six modules interactifs : contacter un proche, exercices de relaxation,
souvenirs positifs, lieux rassurants, musique et films/séries favoris.
Un accès rapide à l’aide : un bouton « J’ai besoin d’aide » permet de contacter rapidement ses proches ou les services d’urgence (3114 ou SAMU).
Un journal pour permettre à l’utilisateur d’écrire librement ses pensées, émotions et expériences quotidiennes
Important : BAE ne remplace pas un suivi médical ou psychologique.
Les réponses de l’application ne sont pas analysées en temps réel par
un professionnel de santé. En cas de détresse, il est recommandé de contacter immédiatement le 3114.
Avec
BAE, nous voulons rappeler à chaque jeune qu’il n’est jamais seul face à
ses difficultés. L’application a été pensée avec eux, pour leur donner
des repères simples et immédiats, les aider à mobiliser leurs proches et
leur offrir un soutien concret, au quotidien comme dans les moments
de crise.
Philippe Courtet,
professeur de psychiatrie à l’Université de Montpellier, responsable du
service Urgences et Post-urgences psychiatriques au CHU de Montpellier,
Président de la section de suicidologie de l’European Psychiatric
Association (EPA) et chercheur à la Fondation FondaMental
La
santé mentale des jeunes est un enjeu majeur pour notre société. Avec
BAE, la Région Île-de-France soutient une solution concrète, innovante
et accessible, qui permet d’accompagner les adolescents dans les moments
de fragilité et de renforcer le lien avec leurs proches et les
professionnels de santé. Fidèle à son engagement en faveur du bien-être
des jeunes Franciliens, la Région agit pour faire émerger des outils
utiles, construits avec les experts et adaptés aux besoins du terrain.
Valérie Pécresse, Présidente de la Région Île-de-France
Le
lancement de BAE illustre pleinement notre engagement, aux côtés de la
Région Île-de-France, à proposer des solutions concrètes et innovantes
pour répondre aux enjeux de la santé mentale des jeunes.
Marion Leboyer,
Professeure de psychiatrie à l’Université Paris Est Créteil, Directeur
adjoint du Département de psychiatrie et addictologie des Hôpitaux
universitaires Henri Mondor, Directrice du laboratoire INSERM de
psychiatrie translationnelle (U955) et Directrice générale de la
Fondation FondaMental
La Région Île-de-France et les jeunes
La
Région Île-de-France agit de manière résolue en faveur des jeunes, en
investissant dans leur santé, leur bien-être et leur avenir. Au-delà de
son engagement pour la santé mentale, elle déploie des politiques
ambitieuses en matière d’orientation, de logement, d’emploi, de
transports et de lutte contre les inégalités. En accompagnant les jeunes
Franciliens à chaque étape de leur parcours, la Région affirme sa
volonté de construire avec eux un territoire plus solidaire, plus
inclusif et plus innovant.
PROGRAMME HAS Haute autorité de santé Programme pluriannuel « santé mentale et psychiatrie » 2025-2030 Validé par le Collège le 20 novembre 2024 Mis à jour en mars 2026
Travaux inscrits au programme pluriannuel « santé mentale et psychiatrie » 2025-2030 :
Thème 5. Santé mentale et psychiatrie de la personne âgée
2. Idées et conduites suicidaires chez la personne âgée : prévention, repérage, évaluation et prise en charge
Le taux de décès par suicide augmente fortement avec l’âge, en particulier chez les hommes. Il était en 2017 de 5,9 pour 100 000 hommes de 15 à 24 ans et de 49,5 pour 100 000 hommes de 75 ans ou plus (8). Dans le cadre de la conférence de consensus « La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge », elle a été décrite comme souvent peu apparente et difficile à reconnaître chez la personne âgée. La détermination à se donner la mort a également été identifiée comme augmentant avec l’âge (90), un ratio de l’ordre de quatre tentatives de suicide pour un suicide étant rapporté pour les personnes de plus de 65 ans contre un ratio de 200 tentatives pour un suicide pour les personnes de moins de 25 ans (89, 91). Plusieurs facteurs de risque spécifiques ont été identifiés : « âge supérieur à 75 ans, le sexe masculin, la perte du conjoint, les maladies somatiques (notamment celles sources de handicap ou de douleur), les changements d’environnement (comme l’entrée en maison de retraite ou une admission à l’hôpital), la perte des rôles, l’isolement, les conflits et la maltraitance, la dépression (quasiment constante même si ses manifestations ne sont pas toujours typiques), l’existence de moyens de suicide par mort vio- lente […] » (90). Les EIGS en lien avec des suicides et tentatives de suicide de patients font par ailleurs partie des EIGS les plus déclarés (92). Ils continueront à faire l’objet d’un suivi dont les résultats seront exploités pour en tirer des enseignements pour la sécurité du patient. ➔ Dans ce contexte, le travail envisagé visera à produire des recommandations de bonne pratique pour mieux prévenir, repérer, évaluer et prendre en charge les idées et con- duites suicidaires chez la personne âgée
...
10. Autres thèmes
2. Prévention, repérage, évaluation et prise en charge des idées et conduites suicidaires chez les exploitants et salariés agricoles
Les transformations du secteur agricole en pleine mutation génèrent de nombreux facteurs de risques (charge mentale, injonctions paradoxales et incertitudes) liés à la pression de la rationalisation écono- mique (performance, crises sanitaires ou énergétiques, cohérence éthique, etc.), aux pressions tech- nologiques et numériques (capacités de développement atteintes, etc.) et à la pression politique et démocratique (inflation normative, attentes sociétales [souveraineté alimentaire et transition écolo- gique], etc.). Ces transformations s’accompagnent d’une érosion de l’entraide au sein de ce corps social traditionnellement solidaire et de forts déséquilibres entre vie professionnelle et vie personnelle. Dans ce contexte, de nombreux agriculteurs se trouvent en situation de mal-être et présentent un risque suicidaire élevé (162-164). Ces difficultés sont dures à repérer en raison notamment de l’ab- sence de médecine du travail ou équivalent, la situation étant encore plus compliquée pour les salariés que pour les exploitants, en particulier pour les salariés en situation de travail dissimulé. ➔ La HAS a été saisie dans le cadre de la feuille de route pour la prévention du mal-être et pour l’accompagnement des agriculteurs et des salariés agricoles pour élaborer des recom- mandations de bonne pratique en vue d’améliorer « la prévention, le repérage, l’évaluation et la prise en charge des idées et conduites suicidaires chez les exploitants et salariés agricoles » (165).
Agissons ensemble pour la prévention du suicide – LUCIOLE n°2, la newsletter santé mentale Actualité
Lettre d'information
Pour
prévenir le suicide, ce 2ème numéro de Luciole met en lumière des
initiatives, des ressources et des actions qui montrent qu’il est
possible d’agir ensemble.
Etude exploratoire sur le deuil après suicide : Du deuil traumatique à la croissance post-traumatique Joanne Dubail (1) , Alice Einloft Brunnet (1) , Marie-Claire Gay (1) 1 CliPsyD - Clinique, Psychanalyse, Développement
Mots clés
Deuil après suicide Approche processuelle Postvention du suicide Rétablissement Croissance post-traumatique Deuil traumatique
Joanne Dubail, Alice Einloft Brunnet, Marie-Claire Gay. Etude exploratoire sur le deuil après suicide : Du deuil traumatique à la croissance post-traumatique. 3ème colloque scientifique du Cn2r : Soutien social & psychotraumatismes, Mar 2026, Paris, France. , 2026. ⟨hal-05561371⟩
Parler de son mal-être ou de ses difficultés psychologiques : résultats de l’enquête CoviPrev, mai 2022-septembre 2023 Clément Mertens (clement.mertens@santepubliquefrance.fr), Enguerrand du Roscoät, Christophe Léon, Linda Lasbeur, Ingrid Gillaizeau Santé publique France, Saint-Maurice Soumis le 13.10.2025 // Date of submission: 10.13.2025 Publication BEH N° 8 - 24 mars 2026 Télécharger le numéro PDF
Résumé
Introduction –
En France comme à l’international, les troubles psychiques ont fortement augmenté au cours de la dernière décennie, avec une hausse marquée des états anxieux et dépressifs. Dans ce contexte, investiguer les comportements de recherche d’aide en santé mentale apparaît comme un enjeu crucial pour favoriser une prise en charge précoce. Cette étude a pour objectif d’identifier les principaux facteurs associés au fait de parler de son mal-être ou de ses difficultés psychologiques (ME-DP), à la lumière des types d’interlocuteurs sollicités.
Méthode –
Les données étudiées sont issues des vagues 34 à 37 de l’enquête CoviPrev (mai 2022-septembre 2023), réalisée selon une méthode d’échantillonnage par quotas avec participants recrutés au sein d’un Access panel. Au total, 8 010 individus ont été interrogés sur l’ensemble des quatre vagues d’enquête, dont 2 919 ont déclaré avoir ressenti un ME-DP au cours de l’année précédant leur réponse à l’enquête. Des analyses bivariées ont d’abord été menées sur le fait d’avoir parlé de son ME-DP, avec une distinction en fonction des types d’interlocuteurs sollicités. Les facteurs associés au fait d’avoir parlé du sujet ont enfin été recherchés par la mise en œuvre d’un modèle de régression de Poisson avec variance robuste.
Résultats –
Dans notre sous-échantillon de personnes ayant ressenti un ME-DP au cours des 12 derniers mois, environ un individu sur deux a déclaré en avoir parlé à quelqu’un. Une interaction significative entre le sexe et l’âge a été relevée : les jeunes hommes (18-24 ans) ont autant déclaré que les jeunes femmes avoir parlé de leur ME-DP, utilisant davantage des canaux de communication alternatifs (ligne d’écoute téléphonique, réseaux sociaux, association, etc.). À l’inverse, les hommes âgés de plus de 65 ans sont ceux qui ont le moins souvent déclaré en avoir parlé. Outre le sexe et l’âge, les principaux facteurs associés étaient les problèmes de santé chronique, le fait de se percevoir en mauvais état de santé, de vivre seul ou d’avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois. En revanche, résider en zone rurale et un état dépressif étaient associés à une plus faible probabilité d’avoir parlé de son ME-DP.
Conclusion –
Une proportion élevée de personnes en état de mal-être ou de difficultés psychologiques déclarent n’en parler à personne, ni à leur entourage ni auprès de professionnels de santé. Ces résultats soulignent l’importance de déployer des actions pour faciliter la parole autour de la souffrance psychique et réduire la stigmatisation, en accordant une attention particulière aux personnes ayant le moins tendance à s’exprimer à ce sujet.
Doubs
Suicide des agriculteurs
: trois élèves voudraient briser le tabou
Hugo,
Mathieu et Ethan, trois lycéens en BTS agricole au lycée Granvelle de
Dannemarie-sur-Crète, dans le Doubs, ont décidé de s’attaquer à un sujet
compliqué dans le cadre de leurs études. Ils vont créer un flyer et une
vidéo sur le thème de la détresse des agriculteurs. Ils voudraient que
l’on parle plus de ce sujet.
Didier Fohr -
28 mars 2026
Mathieu Wanner, Hugo Houpin et Ethan
Choquet mènent un projet sur un sujet tabou : le suicide des
agriculteurs. Ils voudraient contribuer à sa prévention. Photo Franck
Lallemand
« Nous sommes concernés plus ou moins directement », dit Mathieu. «
Mais c’est un sujet qui nous inquiète. Nous serons bientôt acteurs du
monde agricole et nous voulons parler de ce phénomène. Faire de la
prévention. Contribuer à notre manière. C’est pour ça qu’on a voulu
lancer ce projet. »
Mathieu est fils d’agriculteur et destiné à reprendre
l’exploitation familiale. Hugo et Ethan viennent d’autres horizons mais
s’orientent, eux, vers le métier de vétérinaire en passant par un BTS
agricole ME (Métiers de l‘élevage). « C’est un sujet sur lequel beaucoup de gens travaillent.
Nous avons pros des contacts avec Solidarité Paysans ou encore la
Mutualité sociale agricole (MSA) qui fait un gros boulot. Et puis il y a
d’autres acteurs. Mais étrangement dans le monde paysan, on n’en parle
pas tellement. Il y a encore un énorme tabou. »
Normes et crises
Dans un rapport sur la santé mentale des agriculteurs en 2023
, l’Assemblée Nationale a rappelé que les agriculteurs sont plus
exposés de 46 % que les autres professions au risque de suicide. Si les
chiffres sont difficiles à confirmer, les trois lycéens citent un
chiffre : en 2015, on comptait un suicide d’agriculteur par jour en
France.
« Il faut dire que le nombre d’agriculteurs a diminué de moitié en
dix ans dans le pays », ajoute Ethan. « Les exploitations sont beaucoup
plus grandes et il y a plus d’isolement. Il y a aussi le poids des
normes. Il y a aussi les crises à répétition, quand ce n’est pas le prix
du lait. En trois ans, il y a eu la FCO (fièvre catarrhale ovine, la
MHE (maladie hémorragique épizootique) et la DNC (Dermatose nodulaire
contagieuse). Notre idée est de réaliser un flyer pour alerter les
acteurs du monde paysan, inviter à réfléchir et puis surtout informer
sur les aides qui existent », explique Ethan. « Nous voulons aussi
réaliser une vidéo qui sera diffusée le jour de la présentation de nos
travaux ».
Inviter à réfléchir
Les trois garçons confient aborder le
sujet avec un peu d’inquiétude. « C’est notre futur, celui de nos
collègues. Ce n’est pas forcément rassurant. Il y a aussi l’agribashing,
ces normes qui s’accumulent, nous sommes montrés du doigt. Et les
vétérinaires ont pris cher aussi pendant la DNC alors qu’ils ne
faisaient que leur travail… C’est une bonne raison pour inviter tout le
monde à réfléchir à l’agriculture qu’on veut. Et puis nous voulons aussi
transmettre notre travail aux élèves qui nous succéderont pour qu’ils
puissent le reprendre à leur compte ».
La présentation est prévue fin mai. Dans la classe de Mathieu,
Ethan et Hugo, certains élèves sont plus touchés que d’autres, parfois
directement. C’est aussi pour eux et tous les autres, aux familles
endeuillées, que les trois veulent se battre avec toute leur énergie.
Etude criminologique du filicide-suicide. Comprendre pour prévenir Institut Robert Badinter
Le projet d’une étude criminologique du filicide-suicide – à savoir
l’homicide d’enfants par un parent, suivi du suicide ou de la tentative
de suicide de ce dernier – s’inscrit dans un contexte national de lutte
contre les violences intrafamiliales. Ce phénomène soulevant des
questionnements éthiques, sociaux et cliniques, il importait de
l’étudier au prisme de l’interdisciplinarité et avec une méthodologie
adaptée.
Établis à partir des données recueillies dans les Instituts
médico-légaux et les tribunaux judiciaires, deux corpus analytiques
complémentaires ont été constitués afin de permettre une étude
circonstanciée à partir des cas identifiés dans le quart Sud-Est de la
France à partir de 2010. Un premier corpus repose sur l’exploitation de
données médico-légales à partir de l’examen des expertises
thanatologiques réalisées sur réquisition judiciaire de décès
(victime(s) et auteur·rice) dans les ressorts des Instituts
médico-légaux de Grenoble, Lyon et Marseille. Le second intègre
l’ensemble des données collectées à partir des dossiers judiciaires
ouverts dans le cadre d’une enquête de flagrance ou d’une information
judiciaire.
Plutôt que de réduire le filicide-suicide à un geste impulsif ou à
une pathologie isolée, cette étude propose une lecture systémique et
plurifactorielle du passage à l’acte. On observe tout d’abord que la
terminologie en usage pour qualifier le filicide-suicide est inadéquate.
Fondée sur le mode chronologique du déroulement des faits, le suicide
étant nécessairement consécutif au geste homicide, elle a pour effet de
marginaliser le suicide dans la compréhension du processus
criminologique. En croisant les facteurs de vulnérabilité et les
événements déclencheurs ou précipitants, la grille d’analyse adoptée
témoigne ensuite de l’intrication singulière de mécanismes défensifs,
de traumatismes, de représentations parentales et de contextes
socio-affectifs qui fragilisent les tentatives de généralisation ou la
validation des typologies utilisées jusqu’ici pour décrire ce phénomène.
Par-delà l’analyse des trajectoires individuelles, cette recherche
s’intéresse à la manière dont la considération du filicide-suicide est
travaillée par les dynamiques sociétales. La nécessité d’établir la
responsabilité pénale d’un individu occulte la réalité émotionnelle et
psychique du passage à l’acte. En sacrifiant à l’injonction
sensationnaliste propre au fait divers, l’exposition médiatique nuit
également à l’intelligibilité du phénomène criminologique. Enfin,
l’adoption d’un cadre théorique fondé sur l’analyse des rapports sociaux
infantistes – marqués par des asymétries structurelles entre adultes et
enfants – met en lumière la manière dont les enfants victimes sont
privés de leur statut de sujets autonomes, tant dans le filicide que
dans son traitement judiciaire.