Vouloir se suicider, est-ce pouvoir se suicider ? Le cas clinique de Fabrice
Résumé
Bien que le suicide soit dépénalisé en France depuis 1791, le droit continue de l'appréhender comme une situation de danger justifiant une protection. Les infractions de provocation au suicide et de non-assistance à personne en danger, présentes dans le code pénal, témoignent ainsi de la place prépondérante accordée à la protection de la vie humaine. Sur le plan éthique, cette approche repose sur les principes de bienfaisance et de non-malfaisance et elle questionne en parallèle le principe du respect de l'autonomie. Qu'elle procède d'une intention bienveillante ou d'une forme de paternalisme, la logique de protection repose sur le postulat que nul ne devrait souhaiter mettre fin à ses jours, et ce même en cas de persistance de la volonté suicidaire après une tentative de suicide. Le suicide révèle la manière dont le droit articule la préservation de la vie avec le libre arbitre, la manière dont l'éthique articule bienfaisance et autonomie.
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