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lundi 28 novembre 2016

MàJ Burn-out : vulnérables et isolés, les soignants en souffrance ne savent pas à quel saint se vouer

l’association SPS  a lancé la plateforme d'appel nationale, indépendante, et garantissant le secret médical, a ouvert ce lundi 28 novembre pour venir en aide et accompagner les professionnels de santé en souffrance. Ce numéro vert – 08 05 23 23 36 – accessible 24H sur 24, offrira écoute psychologique, aide et orientation aux soignants. 

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Article Burn-out : vulnérables et isolés, les soignants en souffrance ne savent pas à quel saint se vouer Christophe Gattuso, Anne Bayle-Iniguez
| 09.11.2016 www.lequotidiendumedecin.fr*
La souffrance psychologique d'un soignant peut affecter la qualité...
Trois quarts des soignants chercheraient à être aidés s'ils se trouvaient en situation de souffrance psychologique mais très peu d'entre eux connaissent les numéros d'écoute et les associations d'aide, indique une vaste enquête de l'association Soins aux professionnels de santé (SPS)*, présentée ce mercredi à la presse.
Réalisée avec Stethos et le concours du Centre national des professions de santé (CNPS), cette étude a analysé les réponses de plus de 4 000 soignants (dont 842 médecins de 54 ans en moyenne) exerçant pour 75 % d'entre eux exclusivement en libéral.
Les résultats sont édifiants. Seuls 14 % des médecins disent connaître une structure engagée contre la souffrance psychologique – qu'il s'agisse de l'association d'aide aux professionnels de santé et médecins libéraux (AAPML), de MOTS (Médecin organisation travail et santé), de l'ASRA, l'aide aux soignants de Rhône-Alpes ou encore de la jeune SPS fondée il y a deux ans.
Des consultations plutôt qu'un coup de fil
Dans l'ensemble, les soignants préféreraient à 80 % que des associations professionnelles régionales ou nationales gèrent un éventuel numéro vert gratuit, dédié et garantissant l'anonymat. Plus de la moitié des répondants (58 %) estiment que l'interlocuteur privilégié pour un premier contact serait un psychologue.
Trois quarts des professionnels déclarent qu'ils souhaiteraient, au-delà de la simple écoute, avoir une consultation physique avec un généraliste, un psychiatre ou un autre spécialiste, s'ils venaient à être en souffrance. « C'est une donnée surprenante, considérant que la consultation physique garantit moins l'anonymat qu'un coup de téléphone, commente le Dr Éric Henry, président du SPS et patron du SML. Pour bien faire, il faudrait déployer dans chaque région des spécialistes mobiles, qui se déplaceraient dans les cabinets médicaux. »
Plus de la moitié des sondés souhaiterait également une orientation vers des structures dédiées, 45 % vers un site Internet spécifique, et dans une moindre mesure des services de remplacement ou des informations juridiques.
Autre enseignement majeur : 65 % des médecins estiment que la vulnérabilité psychologique des professionnels peut affecter la qualité des soins au point de mettre en danger la vie de leurs patients.
Lâcher son outil de travail, mission impossible ?
Ces déclarations d'intention se heurtent au principe de réalité. Si les professionnels vulnérables expriment un fort besoin d'accompagnement, le fait de ne pas pouvoir s'offrir le luxe économique d'être en arrêt maladie est cité comme raison principale du refus de se faire aider en cas de souffrance psychologique (devant la volonté de cacher une situation ou le sentiment de culpabilité).
Les médecins estiment en moyenne qu'ils pourraient passer au maximum 29 jours ouvrés sans travailler pour se soigner en cas de détresse. Les soignants jugent que les risques psychosociaux au sein des métiers de la santé devraient être prioritairement pris à bras-le-corps par l'État (57 %), les ordres professionnels (49 %) et la CNAM (47 %), davantage que par les syndicats (31 %) et les assurances privées (15 %).
Une plateforme d'appel nationale avant la fin de l'année
Face à ces résultats alarmants, l'association SPS compte ouvrir d'ici à la fin de l'année une plateforme nationale d'appel, interprofessionnelle, indépendante, tenue au secret médical, pour venir en aide aux soignants en souffrance. Accessible par un numéro vert (aujourd'hui soumis à appel d'offres), ce nouveau service sera chargé d'apporter une écoute psychologique à l'appelant.
« D'un point de vue interprofessionnel, il est essentiel de soutenir ce type de démarche, affirme Philippe Gaertner, pharmacien et président du CNPS. Quand on s'occupe des autres, on s'oublie toujours un peu soi-même. Et il est excessivement difficile pour un professionnel de santé [en détresse, NDLR] d'être pris en charge dans une structure classique au contact des gens qu'il soigne au quotidien. »
Selon ses besoins, le soignant sera orienté vers un service lui permettant de résoudre d'éventuelles formalités administratives et/ou vers un réseau d'aide existant. Des unités dédiées devraient à terme ouvrir dans chaque région pour les professionnels de santé en détresse dont l'état nécessiterait une hospitalisation.
Les premières structures labellisées ouvriront en 2017 dans le Grand Est, en Auvergne-Rhône-Alpes, en Bourgogne-Franche-Comté, en Nouvelle-Aquitaine et dans les Hauts-de-France.
L'ambition de SPS est de mettre en place un réseau d'experts pour accompagner les professionnels de santé vulnérables, et d'engager un programme de recherche sur les causes des situations à risque et les modalités précoces d'intervention. Parmi les 4 000 sondés, 700 professionnels seraient volontaires pour donner un peu de leur temps afin d'aider leurs confrères, précise le Dr Henry. « C'est un véritable réseau de sentinelles qu'on veut monter », conclut-il, enthousiaste.
* Enquête menée sur Internet du 19 septembre au 10 octobre 2016

Source : Lequotidiendumedecin.fr
http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2016/11/09/burn-out-vulnerables-et-isoles-les-soignants-en-souffrance-ne-savent-pas-quel-saint-se-vouer_835936


InFo ++ sur les associations mentionnéeS

- Association Soins aux professionnels de santé (SPS)
http://www.asso-sps.fr/ Numero vert national en projet
- association d'aide aux professionnels de santé et médecins libéraux (AAPML)
http://www.aapml.fr/ 0826 004 580 **.
(**ligne d’Écoute exclusivement pour les adhérents AAPML numero indigo payant 0,15 euros la minute )
- MOTS (Médecin organisation travail et santé) basée sur Toulouse http://www.association-mots.org/ Plaquette Aide et accompagnement http://www.association-mots.org/wp-content/uploads/2014/12/Flyer-MOTS.pdf
- Reseau ASRA aide aux soignants de Rhône-Alpes http://reseau-asra.fr/ 0805 62 01 33


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AUTRE ARTICLE SUR LE SUJET

« Un numéro vert pour les professionnels de la santé épuisés » **
mediscoop.net Revue de presse * / Le Parisien ** 28/11/2016

C’est ce que titre Le Parisien, qui fait savoir qu’« une association propose des solutions afin de réduire les risques de burn-out ».
Daniel Rosenweg indique ainsi que « les professionnels de la santé aussi ont besoin de se soigner. Dans nos éditions de samedi, l'association Jean-Louis Mégnien alertait sur le harcèlement des médecins à l'hôpital et publiait une carte de France des signalements recueillis ».
« Demain mardi, c'est l'association SPS (Soins aux professionnels de santé) qui rendra publics les résultats d'un questionnaire concernant la prévention du risque de burn-out et d'addictions chez les professionnels de la santé », explique le journaliste.
Daniel Rosenweg relève que selon ce sondage, « 50% des médecins, infirmiers, kinésithérapeutes ou dentistes, qu'ils soient hospitaliers ou libéraux, «sont ou ont été concernés par le burn-out, et 13% par des problèmes d'addiction, à l'alcool, aux psychotropes...». Deux indicateurs alarmants auxquels il faut ajouter celui des suicides chez les médecins dont le taux est 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale pour les 30-65 ans ».
Le journaliste souligne que « les solutions dédiées à ces professionnels sont rares », et indique que « demain, lors d'un colloque à Paris, le Dr Eric Henry, président de SPS, dévoilera des solutions dédiées au 1,9 million de professionnels français potentiellement concernés. […] Première mesure : l'ouverture en décembre d'une plate-forme d'appels nationale avec numéro vert ».
Le Dr Henry précise : « Nous prévoyons 2 500 appels en 2017, mais en vitesse de croisière ce devrait être 70 appels par jour, soit 25.000 par an ». Daniel Rosenweg note que l’association « cherche encore des financements pour mener à bien ce projet ambitieux. Cette plate-forme sera chargée d'évaluer le problème de l'appelant : il sera ensuite orienté soit vers une cellule spécialisée dans les problèmes administratifs, soit vers une structure de soins, s'il le désire ».
Le journaliste observe que « ce plan de lutte contre la souffrance des soignants prévoit également la creation en région de dix sites d'accueil dédiés. Il n'existe aujourd'hui que deux sites d'accueil des professionnels de la santé : à Avignon (Vaucluse) et à Caillac (Lot), soit 160 lits ».
« Très insuffisant, juge SPS qui, depuis 2 ans, a pris contact avec cliniques, agences régionales de santé (ARS), hôpitaux, et associations pour organiser un maillage régional des soins », relève Daniel Rosenweg. Le Dr Henry fait savoir que « chaque centre aura 10 à 30 lits. Ils seront activés courant 2017 si nous parvenons à obtenir le feu vert des ARS concernées. Les soins seront pris en charge par l'Assurance maladie ».
Daniel Rosenweg indique enfin que « l'association veut également mettre en place un service de remplacement », notant que « si les professionnels en souffrance répugnent à s'arrêter, c'est pour assurer à leurs patients la continuite des soins. L'autre frein important est le délai d'intervention des assurances prévoyance ».
Le Dr Henry remarque ainsi que « chez les médecins, la prise en charge n'intervient pas avant 90 jours d'arrêt. Et encore : les charges du cabinet sont rarement prises en compte. Il faut que cela change »

* http://www.mediscoop.net/index.php?pageID=miroir_9014&nuid=81b68be3265416a133d916e6b8272a52&midn=9014
** http://www.leparisien.fr/economie/un-numero-vert-pour-les-professionnels-de-la-sante-epuises-28-11-2016-6384219.php


1 er post : 10/11/2016