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jeudi 6 février 2020

MàJ 3/02/2020 Présentation du 4e rapport de l’Observatoire national du suicide, Conférence de presse (Paris)

1er post 30/01/2020
Présentation du 4e rapport de l’Observatoire national du suicide, Conférence de presse (Paris)

L’Observatoire national du suicide présentera son quatrième rapport qui fait un état des lieux des connaissances sur le suicide lié au travail et au chômage. Aujourd’hui, ces connaissances restent parcellaires en l’absence de données sur le lieu de survenue des suicides et la difficulté d’imputer les gestes suicidaires au travail ou au chômage.

Malgré ces difficultés, l’Observatoire propose une réflexion sur ce phénomène complexe car multifactoriel. Cette réflexion est complétée par les dernières données disponibles sur le nombre de suicides, de tentatives de suicides et de pensées suicidaires en France dans l’ensemble de la population et pour certaines professions spécifiques.

« Portée et significations des suicides en lien avec le travail »
Christian Baudelot, expert de l’Observatoire national du suicide

« Construire la prévention des suicides chez les chômeurs »
Michel Debout, expert de l’Observatoire national du suicide

Date et lieu : lundi 3 février 2020 de 16h à 17h (accueil à partir de 15h45), à la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, 10, place des Cinq-Martyrs-du-Lycée-Buffon – Paris 14e – Salle 4232 R

Le rapport sera remis en conférence de presse.

Accréditation presse par mail à drees-infos@sante.gouv.fr

source https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/139178/presentation-du-4e-rapport-de-lobservatoire-national-du-suicide-conference-de-presse-paris/ 


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PRESSE Le Monde (site web)
emploi, mercredi 5 février 2020 
Prévention du suicide : le retard fatal
Anne Rodier
Le quatrième rapport de l’Observatoire national du suicide réaffirme le lien entre cette tragédie et les conditions de travail, explique la journaliste du « Monde » Anne Rodier dans sa chronique. Carnet de bureau. La France compte entre 10 000 et 11 000 suicides par an depuis dix ans. Combien d’entre eux sont-ils liés au travail ? Le quatrième rapport de l’Observatoire national du suicide, à paraître prochainement, ne l’indique pas, « parce que c’est impossible, explique Christian Baudelot, sociologue et coauteur du rapport avec le psychiatre Michel Debout. Il y a un blocage énorme des entreprises pour en parler. Les directions se refusent toujours à comptabiliser et à communiquer sur les suicides. Alors même qu’elles sont soumises à des transformations radicales ».
Les drames des dix dernières années (Technocentre Renault, France Télécom, La Poste) n’ont pas suffi à briser le tabou. L’intérêt du rapport de l’Observatoire national du suicide est de parler et de faire parler de ce phénomène multifactoriel en réaffirmant son lien avec les conditions de travail. Solitude, qualité de travail « empêchée », surengagement, surcharge mentale, sont au nombre des facteurs de risques suicidaires. La politique de prévention est au nombre des solutions.
« France Télécom nous a beaucoup appris. Le concours des psychiatres, des psychologues et des syndicalistes a permis de mieux appréhender le sujet, estime M. Baudelot. Ce sont les travailleurs les plus impliqués et les plus attachés à l’éthique de leur travail qui se suicident. Et le suicide est d’autant plus fréquent, qu’il y a une perte des liens sociaux. Or, le management rend les salariés de plus en plus seuls, avec l’injonction de s’investir toujours davantage. Mais la situation n’est pas irrémédiable. La direction et le management de France Télécom ont changé et l’entreprise n’a pas coulé. »
De nombreux obstacles
La prévention des risques dits psychosociaux (RPS) est un problème. Les entreprises ne savent ni anticiper ni la suivre dans la durée, affirment Michel Debout et Jean-Claude Delgènes dans leur essai Suicide. Un cri silencieux. Mieux comprendre pour mieux prévenir (Le Cavalier bleu). Le psychiatre et le directeur général du cabinet Technologia spécialiste des RPS décodent un certain nombre d’idées reçues (Non ! Le suicide n’est pas héréditaire) et montrent en quoi le rôle du DRH est primordial. Le plus souvent, le changement d’organisation du travail n’est ni concerté ni participatif. Il est de la responsabilité du DRH de s’opposer aux décisions qui ne prennent pas suffisamment en compte l’être humain derrière le salarié.
Les obstacles à la prévention sont nombreux : la difficulté à parler le même langage entre psychologue et manageur pour élaborer des sorties de crise, la méfiance des dirigeants à l’égard des sciences humaines, le respect du secret médical. C’est une fois la tragédie survenue, donc trop tard, que l’entreprise met en place des espaces d’écoute ou de médiation, pour traiter les risques suicidaires au cas par cas. « Au moment du drame, tous les acteurs se mobilisent, préoccupés par les conséquences juridiques et par l’image de l’entreprise. Des projets de prévention voient le jour. Mais avec le temps et le turnover des DRH et des leaders syndicaux, toute cette réflexion se perd », témoigne M. Delgènes.
Une politique de prévention consisterait à « inscrire une respiration permanente dans l’organisation pour mettre en débat les situations de travail. Quand un regard régulier est porté sur la vie au travail, l’entreprise peut anticiper et ne pas laisser perdurer les situations à risque », explique M. Delgènes. Un rapport annuel sur les conditions de travail, une entité paritaire avec un représentant RH et la médecine du travail, une permanence de psychologue du travail, tout est imaginable.
Cet article est paru dans Le Monde (site web)