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samedi 11 août 2018

ETUDE RECHERCHE USA "Nous ne couvrons pas le suicide ... (sauf quand nous couvrons le suicide)" Une étude de cas dans la production de nouvelles

"Nous ne couvrons pas le suicide ... (sauf quand nous couvrons le suicide)"Une étude de cas dans la production de nouvelles
titre original “We Don’t Cover Suicide … (Except When We Do Cover Suicide)”
A case study in the production of news
Auteurs Randal A. Beam, Sue Lockett John & Michael Mead Yaqub
Université de Washington
dans Journalism Studies Volume 19, 2018 - Issue 10
Pages 1447-1465

ARTICLE SUR L ETUDE : Pourquoi les journalistes choisissent de couvrir le suicidePublié: 27 février 2017Par: JRN
Les journalistes pensent généralement que les décès par suicide ne devraient pas être couverts, mais ils écrivent et publient régulièrement des articles à leur sujet, selon une étude sur les journalistes de journaux américains. Randal A. Beam, Sue Lockett John et Michael Mead Yaqub ont interviewé 50 journalistes à travers le pays dans des régions souffrant de taux de suicide variables.
L'impulsion initiale des journalistes est de ne pas signaler les suicides, ont constaté les auteurs. Le plus souvent, les journalistes ont invoqué des raisons de confidentialité, mais ont également voulu éviter de créer une épidémie de suicidaires. Cependant, la couverture par le suicide s'est avérée courante et les personnes interrogées ont expliqué six raisons distinctes:

   
intrusion dans l'espace public
    l'impact sur une communauté
    un événement
étrange ou peu commune  
    l'attention pour une cause sociale ou un problème
    les effets sur les survivants
    la pression via les médias sociaux


Les quatre premières raisons suivent les valeurs traditionnelles de l'information. Essentiellement, les journalistes "routinent" les suicides qu'ils rencontrent pour les rendre publiables : "Les suicides peuvent commencer comme des " morts spéciales " dans l'esprit des journalistes, mais ils ont tendance à évaluer leur valeur médiatique en appliquant les mêmes critères qu'ils utilisent pour évaluer les morts " moins spéciales ", concluent les auteurs.
Les deux dernières raisons de couvrir le suicide ne sont pas liées à la valeur des nouvelles, mais plutôt à la pression extérieure. Parfois, les proches du défunt insistent pour faire l'annonce afin de «sauvegarder quelque chose de bon de la mort de leur être cher». De même, certains suicides provoquent un tel tollé sur les réseaux sociaux que les journalistes estiment qu’ils doivent s’y attaquer, même si ce n’est qu’à contrecœur.
https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/1461670X.2017.1279563?journalCode=rjos20