Pages

jeudi 30 juin 2016

CANADA Le suicide et sa prévention dans les Forces armées canadiennes

Le suicide et sa prévention dans les Forces armées canadiennes
Source http://www.forces.gc.ca*
Documentation / Le 10 juin 2016
Le suicide est un problème de santé publique pour tous les Canadiens, y compris pour les militaires des Forces armées canadiennes (FAC). En effet, le suicide est la deuxième principale cause de décès chez les personnes âgées de 15 à 34 ans dans la population canadienne en général.
Les FAC se sont dotées d’un programme de sensibilisation envers la santé mentale et de prévention du suicide qui met de l’avant la prévention primaire, les interventions cliniques et non-cliniques par des médecins généralistes et spécialistes, l’éducation en matière de santé mentale et la sensibilisation au suicide. D’immenses efforts sont déployés pour identifier les personnes à risque de présenter des problèmes de santé mentale et pour leur fournir l’aide dont elles ont besoin. Toutefois, il est important de souligner qu’il n’est pas toujours possible d’identifier à l’avance toutes les personnes qui se suicideront ou tenteront de se suicider.
Même avec un solide système de soins de santé, il est essentiel que tous les militaires, comme tous les Canadiens, sachent reconnaître les problèmes de santé mentale au fur et à mesure qu’ils surgissent et progressent. Nous avons tous un rôle à jouer pour identifier et aider ceux qui sont touchés par la maladie mentale. Une fois que nous serons collectivement éduqués et aptes à reconnaître les premiers symptômes d’une maladie mentale, nous pourrons aider nos amis, nos collègues et les membres de notre famille en les encourageant à se faire soigner.
Les FAC sont toujours résolues à éliminer les obstacles qui nuisent à l’obtention rapide de soins de santé mentale. La stigmatisation est l’un de ces obstacles. Par le dialogue, la formation et le leadership, nous pouvons créer une culture qui encourage et facilite l’accès aux soins. Les FAC ont avancé à pas de géant dans l’élimination de ces obstacles, mais il reste du travail à accomplir, dans les FAC comme dans l’ensemble de la société canadienne.

Chiffres relatifs au suicide

Les FAC observent les taux et les tendances en matière de suicide et en ce qui concerne les autres problèmes de santé mentale au sein de sa population en vue de mieux comprendre les problèmes sous-jacents et réduire les risques.
Dans les 72 heures suivant le décès, les autorités policières responsables de l’enquête reçoivent habituellement une première indication de la part du coroner civil indépendant quant à savoir si le décès est le résultat d’un crime, d’un accident ou d’un suicide. Cette information, jumelée à d’autres renseignements pertinents, comme ceux contenus dans les rapports de police et les rapports médicaux, est utilisée par les FAC pour prendre la décision avisée de lancer un processus d’examen technique des suicides par des professionnels de la santé et une commission d’enquête sur un suicide suspecté.

Tableau A : Suicides dans les FAC par année et service (de 2004 à 20161)

Année Force réguliere
Force de la reserve
2016 (au 30 avril)
5 1
2015
15
3
2014*
17
4
2013
10
3
2012
13
4
2011
22
3
2010
12
1
2009
14
8
2008
14
1
2007
10
2
2006
8
3
2005
10
1
2004
10
3
1 Il est important de souligner que les statistiques sur les suicides pour une année donnée sont sujettes à changer selon les résultats des enquêtes sur les morts subites. Le tableau suivant contient les statistiques les plus exactes possibles en fonction des renseignements disponibles au moment de la publication.
Bien que ces statistiques soient fournies pour brosser un tableau complet du nombre total de suicides dans les FAC depuis les 12 dernières années, seul un sous-ensemble de ces statistiques (hommes de la Force régulière) est utilisé pour calculer les taux de suicide et les comparer à ceux d’un groupe d’âge et de sexe similaires dans la population canadienne en général. On a adopté cette façon de procéder parce que les chiffres relatifs au suicide chez les femmes de la Force régulière tendent à être trop petits pour faire l’objet d’une analyse statistique exacte et que les chiffres concernant les suicides au sein de la Réserve sont plus difficiles à recueillir et à confirmer étant donné qu’il n’est pas certain que tous les suicides chez les réservistes ne soient rapportés aux FAC.

Tentatives de suicide

Les tentatives de suicide sont prises au sérieux par les FAC. La chaîne de commandement, y compris le chef d’état-major de la Défense, est avisée des possibles tentatives de suicide au moyen d’une variété de mécanismes, notamment les rapports d’incidents pertinents émanant d’unités, de même que les rapports de la police militaire ou d’une autorité tierce. Chaque tentative de suicide rapportée à la chaîne de commandement est consignée et un suivi est effectué pour nous assurer que nous faisons tout ce qui est possible pour aider le militaire et pour veiller à ce que l’équipe de soins de santé et la chaîne de commandement collaborent en vue d’obtenir les meilleurs résultats possible en ce qui concerne la sécurité du militaire et les soins qui lui sont prodigués.
La voie empruntée pour rapporter une tentative de suicide dépend du premier répondant. Pour des raisons de protection des renseignements personnels et en raison du caractère confidentiel de l’état de santé du patient, les Services de santé des Forces canadiennes (SSFC) ne rapportent les tentatives de suicide que si la personne concernée consent à fournir cette information. L’intention visée lors du rapport d’une tentative de suicide est de procéder à l’examen formel des soins offerts aux militaires pour veiller à ce qu’ils reçoivent les meilleurs soins possibles et pour mieux comprendre les comportements suicidaires. Le nombre de tentatives rapportées ne peut pas être utilisé comme taux statistique de tentatives de suicide. Il n’existe aucune définition médicale commune du terme « tentative de suicide », et ces tentatives rapportées peuvent prendre plusieurs formes, allant du simple appel à l’aide à l’automutilation, entre autres. C’est pourquoi le nombre précis de tentatives de suicide rapportées n’illustre pas la situation réelle, ni la complexité de cet enjeu.

Taux de suicide

Les chiffres présentés au tableau B sont fournis par la Direction – Protection de la santé de la Force et se fondent sur les données recueillies par le Centre de soutien aux enquêtes administratives. Ces chiffres englobent uniquement les hommes de la Force régulière.
 Les taux énoncés au tableau B sont calculés pour 100 000 personnes, comme ceux de Statistique Canada pour la population canadienne en général. En conformité avec les méthodes de recherche reconnues, les FAC comparent et surveillent le nombre de suicides sur une période de cinq ans afin de déterminer si les chiffres ont varié en raison d’une fluctuation aléatoire ou s’ils indiquent plutôt le début d’une tendance.

Tableau B : Taux de suicide chez les hommes de la Force régulière : 1995-2014

Année
Nombre d’années-personnes2 chez les hommes de la Force régulière des FAC
Nombre de suicides chez les hommes de la Force régulière des FAC
Taux de suicide chez les hommes de la Force régulière pour 100 000
2010-2014
289 866
68
23,5
2014
56 699
16

2013
57 687
9

2012
58 135
10

2011
58 622
21

2010
58 723
12

2005-2009
275 606
51
19
2009
56 813
12

2008
55 704
13

2007
55 140
9

2006
54 301
7

2005
53 648
10

2000-2004
263 323
50
19
2004
53 873
10

2003
54 137
9

2002
52 747
9

2001
51 029
10

2000
51 537
12

1995-1999
281 533
56
20
1999
52 689
10

1998
54 284
13

1997
54 982
13

1996
57 323
8

1995
62 255
12

2 Le temps-personne se définit comme étant une unité de mesure combinant personne et temps, qui est utilisée comme dénominateur dans le calcul des taux d’incidence et de mortalité lorsque, pendant des périodes plus ou moins longues, les sujets présentent un risque de développer une maladie ou de mourir. Il s’agit de la somme des différentes périodes de temps à risque pour chacun des sujets. L’unité de mesure la plus largement utilisée est année-personne. (Traduction) (A Dictionary of Epidemiology. M Porta, Greenland S, Last JM, eds. Fifth Edition. New York (USA): Oxford UP, 2008.)
Le taux de suicide chez les hommes de la Force régulière entre 2010 et 2014 est à la hausse par rapport à celui observé lors de la précédente période de cinq ans. Bien que le suicide touche toutes les composantes des FAC, cette hausse est attribuable à l’augmentation du taux de suicide chez les militaires qui servent au sein de l’Armée canadienne (AC), chez qui le taux de suicide est de deux à trois fois plus élevé que chez ceux qui servent au sein d’autres commandements. L’un des facteurs de risque expliquant ce résultat est l’augmentation du taux de blessures de stress opérationnel, notamment le trouble de stress post-traumatique (TSPT), au sein des groupes ayant été déployés dans des endroits à haut risque. Cette réalité est susceptible de s’appliquer davantage aux militaires de l’Armée.
Veuillez cliquer ici pour lire la plus récente version du rapport sur le suicide.

Processus d’enquête

Chaque suicide dans les FAC fait l’objet d’une enquête. Le Service national des enquêtes des Forces canadiennes (SNEFC) fait enquête sur toutes les morts subites qui surviennent sur le territoire sur lequel il a juridiction. Le SNEFC recueille des preuves et collabore avec le coroner, qui détermine par la suite la cause du décès. Les enquêtes du SNEFC sont menées conformément aux normes policières canadiennes. Les morts subites survenues à l’extérieur du territoire sur lequel le SNEFC a juridiction sont prises en charge par les autorités policières locales.
Lorsque les SSFC sont avisés d’un suicide suspecté, on procède à un premier examen du dossier médical. C’est au bureau du coroner civil responsable qu’il incombe de déterminer la cause officielle du décès.
Pour chaque suicide effectif (souvent avant que les FAC aient obtenu la confirmation de la part du coroner), un examen médical est effectué dans les quelques jours suivant le décès. Cette étape est habituellement suivie d’un processus d’examen technique des suicides par des professionnels de la santé. Il s’agit d’un examen médical approfondi mené par une équipe de deux personnes, habituellement composée d’un médecin généraliste et d’un psychiatre. Les deux cliniciens rencontrent la famille, les amis, les collègues, la chaîne de commandement et les fournisseurs de soins de santé en vue de comprendre les circonstances entourant le décès. Les leçons ainsi apprises peuvent servir à améliorer le programme de prévention du suicide des FAC ou d’autres programmes de services de santé. À ce jour, des examens de ce type ont permis de mieux comprendre le suicide dans les FAC et de comprendre comment améliorer encore davantage les excellents soins de santé mentale offerts par les FAC.
Normalement, une commission d’enquête est aussi convoquée dans les cas où on suspecte que le décès est dû à des sévices auto-infligés. Les motifs ayant conduit à l’incident comptent souvent parmi les éléments examinés au cours de ce processus.

Soins d’urgence

En cas d’urgence, les militaires des FAC en crise peuvent consulter un médecin de premier recours en se présentant sans rendez-vous à l’une des cliniques des FAC durant les heures normales de travail. Tous les médecins de premier recours ont été formés en matière d’évaluation du risque de suicide, de gestion du risque et de prévention du suicide. Les militaires peuvent également se rendre dans un centre de soins de santé civil en dehors des heures normales de travail ou composer le 911 (en cas de crise aiguë) ou le 1-800-268-7708 pour joindre le Programme d’aide aux membres, qui est accessible 24 heures sur 24, à partir de n’importe quel endroit dans le monde, pour obtenir en toute confidentialité des services d’orientation lorsqu’ils ont besoin d’aide.
Les amis et la famille d’une personne ayant besoin d’aide peuvent également communiquer avec les services d’urgence, qui emmèneront la personne suicidaire à la clinique de la base durant les heures normales de travail ou au service d’urgence de l’hôpital local après les heures normales de travail. Le personnel de la police civile et militaire ou des services d’urgence sont formés en matière de crise en santé mentale pour aider et gérer les personnes suicidaires.

Ressources et soutien

En plus des services de soins primaires et des cliniques de santé mentale dans toutes les bases et escadres, les militaires des FAC aux prises avec des problèmes de santé mentale et les membres de leur famille ont accès à un éventail de programmes et services offerts par les FAC et par Anciens Combattants Canada, notamment :
  • le service de consultation offert par le Programme d’aide aux membres (1‑800‑268‑7708);
  • la Ligne d’information pour les familles 24/7 (1-800-866-4546);
  • le soutien par les pairs par l’entremise du réseau de soutien social aux blessés de stress opérationnel;
  • les services d’intervention en situation de crise dans le cadre du Programme d’action pastorale à l’intention des anciens combattants;
  • les services d’orientation offerts par plus de 40 centres de ressources pour les familles des militaires situés dans les installations des FAC partout au pays, aux États-Unis et en Europe.
Pour en savoir plus sur les programmes de soutien offerts aux militaires des FAC et à leur famille, veuillez consulter la documentation sur le soutien et les services en santé mentale et la page Web Vous n’êtes pas seul.

Programmes d’éducation

Les SSFC ont élaboré de nombreux programmes visant à prévenir ou à atténuer les effets du stress. Des programmes d’information s’adressent à divers niveaux de direction et portent sur tous les volets de la carrière militaire. Dans le cadre du programme En route vers la préparation mentale, la section Formation et éducation du Directeur – Santé mentale a conçu un programme d’enseignement fondé sur des preuves cliniques qui a été intégré aux cours de formation professionnelle des FAC. Depuis 2009, plus de 56 000 militaires des FAC ont reçu une certaine forme d’instruction et d’éducation en matière de santé mentale. Pour en savoir plus sur ces cours et sur les autres programmes de sensibilisation et d’éducation en matière de santé mentale, veuillez consulter la documentation sur le trouble de stress post-traumatique.
Le programme de promotion de la santé des FAC, appelé Énergiser les Forces, offre de la formation et de la sensibilisation relativement au suicide fondées sur le modèle A.C.E. (de l’anglais Ask, Care, Escort, c’est-à-dire interroger, s’en occuper, accompagner). Au niveau de la direction, un cours d’une journée appelé Santé mentale et sensibilisation au suicide aide à préparer les superviseurs à promouvoir la santé mentale et à atténuer l’incidence des traumatismes psychologiques, notamment les blessures auto-infligées et le suicide, au sein de la communauté militaire. En plus du cours adressé aux superviseurs, un cours d’une journée sur la sensibilisation à la santé mentale et au suicide est également offert à tous les membres des FAC et à leurs familles, tout comme des séances d’information et de sensibilisation à la bonne condition mentale. Ces formations sont chapeautées par le plus important véhicule de promotion de la santé des FAC, qui comprend des programmes axés notamment sur la sensibilisation aux dépendances et la prévention celles-ci, sur la vie active et la prévention des blessures, sur le bien-être par la nutrition et sur le mieux-être en société. Pour en savoir plus, veuillez visiter le site Web Énergiser les Forces.

Recherche et production de rapport

Au cours des dix dernières années, les FAC ont consacré d’importants efforts dans la recherche et l’amélioration des soins prodigués à leur personnel. L’objectif est de continuer d’améliorer nos capacités en matière de recherche et de mener des recherches de calibre mondial. La recherche, entièrement effectuée au sein des SSFC ou avec des partenaires du secteur universitaire ou parmi nos alliés, nous aidera à mieux comprendre, à détecter et à traiter les maladies mentales.
Dans le cadre de l’engagement pris par la direction des FAC d’améliorer et de bonifier les soins et les services de soutien actuellement offerts aux militaires, les FAC continueront de suivre les taux de suicide et les autres tendances qui pourraient apporter quelques éclaircissements quant à la santé mentale globale et au bien-être général de leur population.

Comité d’experts des Forces canadiennes sur la prévention du suicide 

Le Comité d’experts des Forces canadiennes sur la prévention du suicide, qui s’est réuni à Halifax, en septembre 2009, a constaté que les FAC ont mis en place un solide programme de prévention du suicide qui n’a rien à envier à ceux de leurs partenaires de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et de leurs plus proches alliés.
Le comité a également constaté que les FAC ont mis en œuvre, ou sont en voie de mettre en œuvre, presque toutes les stratégies de prévention du suicide qui figurent le plus souvent dans la documentation scientifique civile. Ces stratégies incluent, sans toutefois s’y limiter, des programmes d’éducation et de sensibilisation, le dépistage, la pharmacothérapie et la psychothérapie, la formation en matière de résilience et les efforts systématiques pour éliminer les obstacles à l’accès aux soins de santé mentale. Le comité a aussi exprimé son accord avec l’idée que l’approche des FAC cible également d’autres facteurs qui répondent davantage aux besoins particuliers des organisations militaires.
Depuis la mise sur pied du Comité, les FAC ont établi un processus d’examen technique des suicides par des professionnels de la santé et un protocole de suivi des patients pour les rendez-vous manqués avec un professionnel de la santé mentale pour contribuer à prévenir le suicide, ce qui est conforme aux meilleures pratiques dans ce domaine.
Les FAC participent maintenant à des initiatives visant à favoriser un traitement responsable des cas de suicide dans les médias. Les experts en santé mentale des FAC ont transmis des lignes directrices sur le signalement responsable et ont été mis à la disposition des journalistes pour discuter de la complexité des enjeux relatifs au suicide.
Cliquez ici pour lire le rapport complet du Comité sur la prévention du suicide.

Rapport annuel sur le suicide 

Les FAC procèdent à des analyses régulières des taux de suicide et de la relation entre le suicide et le déploiement. Dans ce rapport, on compare le taux de suicide des hommes de la Force régulière avec celui de la population canadienne au moyen de ratios standardisés de mortalité.
Cliquez ici pour lire la plus récente version du rapport sur le suicide.

Étude du cancer et de la mortalité chez les militaires des Forces canadiennes 

L’étude du cancer et de la mortalité chez les militaires des Forces canadiennes est le fruit d’un effort de collaboration entre les FAC, Anciens Combattant Canada et Statistique Canada. Tous les militaires des FAC qui se sont enrôlés dans la Force régulière entre le 1er janvier 1972 et le 31 décembre 2006 ont participé à cette étude. Tous les militaires des FAC ayant joint la Force régulière entre le 1er janvier 1972 et le 31 décembre 2006 ont fait partie du champ d’observation de cette étude. Les résultats démontrent que le risque de suicide parmi ce groupe est comparable à celui observé dans la population canadienne. Cependant, les hommes anciens militaires au sein des FAC présentaient un risque plus élevé de suicide par rapport à la population canadienne. Une analyse plus approfondie a fait ressortir les facteurs de risque suivants : service avant 1986, plus courte période de service (moins de 10 ans), anciens militaires du rang, et libération involontaire ou pour raisons médicales.
Pour en savoir plus et pour obtenir les premiers résultats sur la mortalité, veuillez consulter l’étude du cancer et de la mortalité chez les militaires des Forces canadiennes.

Directives concernant le traitement par les médias et l’incitation au suicide 

Il a été démontré qu’il existe une prévalence accrue de comportements suicidaires chez les populations où ceux qui sont à risque doivent faire face au suicide d’un ami, d’un collègue, d’un membre de leur famille ou de quelqu’un à qui ils peuvent s’identifier largement. Dans les FAC, cette tendance est particulièrement préoccupante en raison des expériences partagées par les individus qui composent cette population (c.-à-d. les militaires des FAC vivent ensemble dans des espaces restreints et vivent les mêmes expériences professionnelles). Si un suicide se produit au sein de la population des FAC, il y a un risque que d’autres s’identifient à la personne décédée et cette situation pourrait mener à une hausse des comportements suicidaires.
Nous encourageons le dialogue au sujet de la santé mentale et du suicide, mais nous sommes également conscients de l’impact involontairement négatif que ces discussions peuvent avoir sur la santé d’une personne à risque de présenter un comportement suicidaire. Il faut tenir compte de ce risque lorsque les détails relatifs à un suicide sont communiqués, et ce, à l’interne comme à l’externe.
Plus précisément, les professionnels de la santé sont préoccupés par le fait que la couverture médiatique irresponsable du suicide puisse constituer une incitation à commettre l’irréparable. En d’autres mots, ils sont inquiets du fait que plus de suicides pourraient survenir à la suite d’un reportage à ce sujet dans les médias. L’Organisation mondiale de la santé rapporte que l’examen de plus de 50 enquêtes a révélé que la couverture médiatique sur le suicide peut induire des comportements suicidaires par imitation.
Pour en savoir plus sur le la couverture médiatique responsable du suicide, veuillez consulter les pages suivantes :

Prochaines étapes 

Le suicide est une tragédie et une importante préoccupation en matière de santé publique. D’importants investissements ont été réalisés et des engagements ont été pris afin d’assurer aux militaires des FAC l’accès aux programmes de santé, d’éducation et de sensibilisation nécessaires pour aider à cerner les personnes risquant d’éprouver des problèmes de santé mentale et de leur fournir l’aide dont elles ont besoin.
Les soins offerts aux militaires des FAC et à leur famille demeurent une priorité. Les FAC ont fait preuve de leadership dans le domaine de la santé mentale. Elles demeurent résolues à collaborer avec leurs partenaires afin d’offrir des soins et du soutien de qualité aux militaires et aux familles, qui font d’incroyables sacrifices pour servir leur pays. Les FAC continuent d’évaluer leurs capacités et d’adapter leurs ressources pour faire face aux complexités et de répondre aux exigences associées aux soins offerts aux nôtres.
Toutefois, nous ne pouvons y arriver seul. Nous avons tous un rôle à jouer lorsqu’il s’agit d’identifier et d’aider ceux qui souffrent de problèmes de santé mentale. Souvent, les pairs et les membres de la famille sont les premiers à remarquer un changement de comportement. Si c’est le cas, nous ne devons pas avoir peur d’agir – ne sous-estimez pas l’impact que vous pouvez avoir.
- 30 -

Liens connexes

Contacts

Relations avec les médias
Ministère de la Défense nationale
Téléphone: 613-996-2353
Numéro sans frais: 1-866-377-0811
Courriel: mlo-blm@forces.gc.ca

http://www.forces.gc.ca/fr/nouvelles/article.page?doc=le-suicide-et-sa-prevention-dans-les-forces-armees-canadiennes/ijfc8m4h

MISE A JOUR recueil numérique sur le suicide de l'Observatoire du suicide

Recueil numérique sur le suicide
Publié le 28 Juin 2016 sur www.santementale.fr*
Ce recueil numérique propose une sélection bibliographique sur la thématique du suicide. Il est composé de références à des ouvrages, des études et des rapports, d’une part, et à des articles scientifiques, d’autre part. Il comporte également d’autres types d’informations en lien avec le suicide : des colloques, des sites Web institutionnels et associatifs et des émissions de radio et de télévision.
Le contenu de ce recueil s’appuie sur le fonds documentaire «Ress@c» du ministère des Affaires sociales et de la Santé, sur des revues scientifiques et le Web. Sans chercher à être exhaustif, il recense la documentation française et internationale relative au suicide sur la période 2008-2016, sauf pour certains ouvrages plus anciens.
La sélection bibliographique a permis de dégager cinq thématiques phares:
1.la prévention
2.les effets de la crise et les inégalités sociales
3.les groupes à risques
4.la psychiatrie et la santé mentale
5.les facteurs psychosociaux
Recueil numérique sur la thématique du suicide réalisé par Monique Carrière et validé par Valérie Ulrich - Mission Recherche (MiRe) Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) Ministère des Affaires sociales et de la Santé, Observatoire du suicide, juin 2016 

Communiqués du Conseil Scientifique du Collège National des Généralistes Enseignant Prévention du suicide

Communiqués du Conseil Scientifique du Collège National des Généralistes Enseignant  > Prévention du suicide : d’abord améliorer la prise en charge de la santé mentale des patients - Juin 2016

Prévention du suicide : d’abord améliorer la prise en charge de la santé mentale des patients - Juin 2016

Créé le mercredi 29 juin 2016 sur cnge.fr*
Montreuil, le 29 Juin 2016,
Prévention du suicide : d’abord améliorer la prise en charge de la santé mentale des patients

Le Collège national des médecins généralistes enseignants salue la publication par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) du rapport sur l’évaluation du Plan national d’action contre le suicide 2011-20141. Les tentatives de suicide surviennent une fois dans la vie pour 4% des Français. Les suicides sont beaucoup plus rares (0,02 %), et surviennent plus fréquemment chez les hommes après 45 ans. Des troubles psychiques sont présents chez environ 90 % des personnes qui se suicident3.
Le rapport s’appuie sur une revue de la littérature internationale2 qui a identifié sept actions ayant une efficacité avérée sur la prévention du suicide :
·        la restriction de l’accès aux moyens létaux,
·        le maintien d’un contact avec les personnes à risque à la suite d’une tentative de suicide (qui est le principal facteur de risque de suicide);
·        la continuité effective des soins après une tentative de suicide ;
·        les lignes d’appel téléphonique et numéros d’urgence ;
·        la formation de tous les médecins généralistes d’un territoire à la prise en charge des troubles dépressifs, et la formation de tous les professionnels de santé au contact direct des personnes à risque (notamment en institution) au repérage de la crise suicidaire ;
·        la réorganisation des soins durant la phase de traitement des patients ;
·        l’information du grand public ciblée sur les facteurs de risque du suicide (et non sur le suicide en lui-même), tout particulièrement la dépression.
Le CNGE soutient plusieurs propositions du rapport :
-        Une organisation des soins solide, permettant aux médecins généralistes un accès direct aux soins psychiatriques pour leurs patients dans un territoire donné (numéro téléphonique d’urgence).
-        Une coordination des soins renforcée entre psychiatres de secteurs et médecins généralistes avec reconnaissance du temps alloué à la communication entre professionnels au service du patient.
-        Des moyens conséquents pour la formation initiale des médecins et pour le développement professionnel continu sur la psychothérapie de première intention et la psychopharmacologie.

Pour les patients concernés par ces troubles, le conseil scientifique du CNGE propose de surcroît que les psychiatres et autres professionnels de la santé psychique s’appuient et travaillent en concertation avec les médecins généralistes traitants. Ces derniers sont en première ligne pour repérer les motifs réels de consultation, identifier les patients à risque de suicide et proposer une prise en charge adaptée. Ils ont par ailleurs une place privilégiée pour intégrer les soins psychiatriques dans une approche globale, tenant compte des composantes somatiques du soin.
Le conseil scientifique du CNGE appuie la recommandation du groupe de travail de ne pas s’engager dans un nouveau plan ou programme consacré spécifiquement à la prévention du suicide mais plutôt d’inscrire cette prévention dans le champ plus large de la politique de santé mentale.
Pour le Conseil Scientifique du CNGE
Contacts presse :
Vincent Renard 06.25.80.33.29
Caroline Huas 06.03.43.59.05
Références :
1.           Haut conseil de la santé publique. Évaluation du programme national d’actions contre le suicide 2011-2014. 2016 mars. Disponible sur : http://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=554.
2.           Du Roscoat E, Beck F. Les interventions évaluées dans le champ de la prévention du suicide : analyse de la littérature. La santé de l’homme. 422e éd. 2012;46.
3.           Turecki G, Brent DA. Suicide and suicidal behaviour. Lancet 2016;387:122739.
4.           Archer J, Bower P, Gilbody S, et al. Collaborative care for depression and anxiety problems. Cochrane Database Syst Rev 2012;10:CD006525.
5.           Kroenke K. Integrating Depression Care: The Time Has Come. J Gen Intern Med 2013;28:3335.

mardi 28 juin 2016

NORD PAS DE CALAIS étude Héraclès étude souffrance psychique en lien avec leur travail

1/4 des patients des généralistes occupant un emploi sont en souffrance psychique en lien avec leur travail
L'enquête Héraclès a mesuré la prévalence des cas de souffrance psychique liée au travail vus en consultation de médecine générale en 2014 soit  2036 adultes venus consulter (121 ont participé à l’étude) dans le Nord et le Pas-de-Calais. Elle a objectivé une souffrance en lien avec le travail estimée entre 24,5 et 25,8% selon le type de mesure (objectivée par le Mini, diagnostiquée par le généraliste ou ressentie par le patient).
Les troubles les plus fréquents retrouvés ont été l’anxiété généralisée (18,2%), les épisodes dépressifs majeurs (13,9%) alors que les risques suicidaires étaient retrouvés chez 8,8% des patients inclus. La Fédération régionale Nord Pas-de-calais (F2RSM) a apporté sa contribution scientifique à cette étude menée par l’Inserm (réseau Sentinelles) dans le cadre d’un partenariat institutionnel inédit (ARS, URPS médecins libéraux, InVS-Cire, F2RSM, Universités, Dirrect, Centres hospitaliers). Les résultats de cette enquête, ainsi que les données de la cohorte Gazel, feront l’objet d’une exploitation secondaire dans le cadre d’un projet intitulé « Travail et risque suicidaire : études épidémiologiques en population générale », financé par l’ONS-Iresp ; piloté par le laboratoire associé Handiresp (Nadia Younés et Maria Melchior), il associe également la F2RSM (Laurent Plancke et Alina Amariei).
Ces travaux contribuent à l’exploration des liens complexes entre les conditions de travail et les conduites suicidaires.
Premiers résultats de l’étude Héraclès : https://www.f2rsmpsy.fr/fichs/12577.pdf

USA L'American Academy of Pediatrics (AAP) met à jour des lignes directrices pour aider les pédiatres et autres professionnels de l'enfance et des soins de la santé des adolescents à identifier et à aider les adolescents à risque de suicide

Les pédiatres encouragés a systématiquement interroger les adolescents sur les facteurs de risque pour le suicide d'après article Pediatricians Urged to Routinely Screen Adolescents for Risk Factors for Suicide alert.psychnews.org* 27/06/2016
L'American Academy of Pediatrics (AAP) a publié aujourd'hui la mise à jour des lignes directrices pour aider les pédiatres et autres professionnels de l'enfance et des soins de la santé des adolescents à identifier et à aider les adolescents à risque de suicide .
Le rapport, qui remplace les recommandations formulées en 2007, reconnaît le rôle de l'intimidation et d'Internet peut jouer dans le risque du suicide chez les adolescents et souligne la valeur des médicaments antidépresseurs pour traiter les personnes à risque.
Selon les données les plus récentes, le suicide est la deuxième cause principale de décès chez les adolescents âgés de 15 à 19. Les lignes directrices recommandent aux pédiatres de demander systématiquement aux patients adolescents si elles ont des pensées autodestructrices, et  dépister de l'intimidation, un usage d'Internet pathologique, et d'autres facteurs de risque y compris une histoire de suicide dans la famille, une histoire de violences physiques ou sexuelles, et des troubles de l'humeur.
Si un adolescent est considéré comme à risque modéré ou élevé de suicide, les lignes directrices recommandent que les dispositions immédiate d’évaluation professionnelle en matière de santé mentale devraient être prises lors du Rendez vous au cabinet. Pour les adolescents considérés comme à faible risque de suicide, les lignes directrices recommandent un suivi étroit et / ou un renvoi pour une évaluation de la santé mentale en temps voulu.
Bien que le rapport documente des preuves pour suggérer que les antidépresseurs peuvent augmenter le risque de suicide chez certains adolescents, il note également «pour des jeunes appropriés, le risque de ne pas prescrire des médicaments antidépresseurs est significativement plus élevé que le risque de prescription." Il est recommandé que les pédiatres travaillent en étroite collaboration avec les familles pour suivre de près  «la santé mentale et l'état du comportement, en particulier lors du commencement ou du changement du traitement antidépresseur" d
es adolescents. 
 "Les Pédiatres peuvent améliorer la continuité des soins et l'adhérence des recommandations au traitement en maintenant le contact avec les adolescents suicidaires, même après que les références soient faites. Les soins en collaboration sont encouragés, car il a été démontré cela pouvait conduire à une plus grande réduction des symptômes dépressifs dans un contexte de soins primaires », note le rapport.
 * http://alert.psychnews.org/
 

guide 2007 http://pediatrics.aappublications.org/content/120/3/669
Mise à jour 2016 http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2016/06/24/peds.2016-1420

Complement : L'enquête de l'Ordre des médecins sur la santé des étudiants en médecine et des jeunes médecins


Santé des étudiants et jeunes médecins

Le conseil national de l’Ordre des médecins publie aujourd’hui les résultats d’une enquête inédite sur la santé des étudiants en médecine et des jeunes médecins. Près de 8 000 étudiants et jeunes médecins y ont répondu 
Les résultats de cette enquête traduisent l’expression d’une forme de souffrance, et ce notamment en second cycle

La commission jeunes médecins du Conseil national de l’Ordre des médecins, présidée par le Dr. Jean-Marcel Mourgues, a mené en partenariat avec les principales structures représentatives des étudiants en médecine et jeunes médecins une enquête inédite en France tant par son sujet que par son ampleur, puisque 7 858 étudiants et jeunes médecins y ont répondu.
Cette enquête permet de dresser plusieurs constats sur la santé des étudiants et jeunes médecins, dont la souffrance est avérée. Ainsi, près du quart des répondants évalue leur état de santé comme étant moyen ou mauvais, et 14% des étudiants et jeunes médecins déclarent avoir déjà eu des idées suicidaires. Ce constat peut inquiéter, et ce d’autant plus que les étudiants et jeunes médecins sont peu suivis par la médecine du travail et universitaire, et qu’ils ne semblent consulter que rarement des médecins généralistes.
Ressort également de cette étude un appel quasi-unanime à un rôle renforcé de l’Ordre, 92% des répondants déclarant que l’entraide vis-à-vis des jeunes médecins devait être une mission de l’Ordre. Cette attente, considérable par son ampleur, incite l’Ordre à une réflexion sans délai sur l’instauration d’un réel compagnonnage dans l’apprentissage du métier.
Plus largement, les multiples réflexions issues de cette enquête sans précédent devront s’inscrire dans le cadre plus large des propositions de l’Ordre pour l’avenir de la santé, telles qu’exposées dans un Livre blanc publié en janvier 2016. Plusieurs des propositions du Livre blanc avaient en effet trait à la formation et pourraient permettre de répondre en partie aux défis mis en lumière par l’enquête sur la santé des jeunes médecins, en permettant notamment de faire découvrir précocement l’exercice de la médecine et de lever l’angoisse de l’inconnu. L’Ordre propose ainsi de régionaliser la formation initiale en transformant les ECN en épreuve classante inter-régionale, et de renforcer la professionnalisation du second cycle.
Cette étude ambitieuse porte uniquement sur les étudiants en médecine et les jeunes médecins. Si ses résultats sont riches d’enseignements, une démarche comparative portant sur d’autres populations étudiantes soumises au stress et aux angoisses propres à ces périodes de vie, à l’instar des élèves de classes préparatoires aux Grandes Ecoles, pourrait encore l’enrichir en permettant d’identifier, le cas échéant, les difficultés propres aux étudiants en médecine et jeunes médecins.
Dans le détail, voici les principaux enseignements de l’enquête menée auprès des étudiants et des jeunes médecins :
  • Un quart des répondants déclare  un état de santé moyen  ou mauvais . Cette souffrance atteint son paroxysme en second cycle : 30,8% des étudiants de second cycle déclarent ainsi un état de santé moyen mauvais, contre 24,2% pour l’ensemble de la population interrogée.
  • 14% des répondants ont déclaré avoir déjà eu des idées suicidaires. Ils sont 16% en second cycle, 14% en 3e cycle, et 12% en fin de cursus. Parmi les 578 répondants ayant déclaré être en mauvaise ou moyenne santé et avoir eu des idées suicidaires, 54,8% vivent seuls, et 39,2% en couple. Parmi les étudiants ou jeunes médecins ayant déclaré avoir eu des idées suicidaires, on constate par ailleurs un usage plus important d’anxiolytiques, 30% d’entre eux déclarant en consommer souvent ou parfois.
  • La médecine du travail et la médecine universitaire restent trop absentes de la surveillance et de la prévention des étudiants et jeunes médecins. Ainsi, seuls 36% des étudiants ou jeunes médecins ont rencontré la médecine du travail ou la médecine universitaire au cours des deux dernières années. Par ailleurs, plus l’étudiant évolue dans sa formation, moins il rencontre la médecine du travail ou la médecine universitaire : les post-internats et jeunes professionnels ne sont que 22% à avoir rencontré la médecine du travail ou la médecine universitaire  au cours des deux dernières années, contre 47% des étudiants en second cycle. Paradoxalement, alors que ces derniers sont près d’un sur deux à avoir rencontré la médecine du travail ou la médecine universitaire, il s’agit du groupe qui se déclare comme étant celui en moins bonne santé.
  • Malgré une Directive européenne sur le temps de travail des internes, le temps de travail déclaré reste très majoritairement supérieur à 48 heures hebdomadaires. 39,95% des répondants déclarent travailler entre 48 et 60 heures, 16,04% entre 60 et 70 heures, et 8,65% plus de 70 heures par semaine. Or le lien entre le temps de travail et la qualité de l’état de santé est puissant, quelles que soient les cohortes examinées.
  • Les jeunes médecins ne semblent malgré tout pas consulter de médecins généralistes. Interrogés sur leurs consultations d’un médecin généraliste au cours des douze mois précédant l’enquête, seul un tiers des participants a répondu à la question, et la réponse était largement négative : 68% des participants ayant répondu à cette question n’avaient pas consulté de médecins généralistes au cours des douze derniers mois, une proportion qui grimpe à 73% chez les répondants en 3e cycle et à 78% chez les étudiants en fin de cursus. Parmi les motifs avancés pour expliquer l’absence de consultation, 39% des répondants déclaraient n’en avoir « pas le temps », et 15% qu’ils optaient pour une « prise en charge personnelle. »
  • Pour les cas les plus sévères, lorsqu’un étudiant ou un jeune médecin est dans l’incapacité avérée d’exercer la profession et/ou la spécialité à laquelle il se destinait, 95% des étudiants et jeunes médecins appellent de leurs vœux la création d’un processus de requalification ou de reprofessionnalisation.  

Fichier attachéTaille
PDF icon Communiqué du 24 juin 2016318.69 Ko
PDF icon Enquête sur la santé des étudiants et jeunes médecins17.22 Mo

 Source https://www.conseil-national.medecin.fr/node/1726

 ***

Article sur le sujet
Médicaments, alcool : une enquête de l'Ordre révèle la souffrance des jeunes médecins
Henri de saint Roman lequotidiendumedecin.fr* | 24.06.2016

Après la grande consultation de l'automne 2015, au cours de laquelle l'Ordre avait recueilli les avis de 35 000 praticiens sur l'avenir du système de santé, l'institution a pris le pouls des étudiants et jeunes médecins. Le résultat dresse le portrait sanitaire d'une génération d'étudiants parfois en souffrance.
« Admettre que le médecin peut être en détresse morale et physique, est longtemps resté un sujet tabou », rappelle le CNOM. Pour en savoir plus, sa commission Jeunes médecins a adressé par mail un questionnaire aux étudiants de 2e cycle, 3e cycle ou en fin de cursus, ainsi qu'à ceux disposant d'une licence de remplacement mais non inscrits à l’Ordre. Près de 8 000 d'entre eux ont répondu.
Plus d'un interne sur deux a eu un arrêt de travail dans les deux dernières années
Interrogés sur leur état de santé, près de 25 % des répondants le jugent moyen (21,1 %) ou mauvais (3,1 %). Mais c'est surtout en début de cursus qu'ils se sentent fragiles. 26,1 % des sondés du 2e cycle jugent leur état de santé moyen (4,7 % le jugent mauvais). Pour le 3e cycle, le ratio est de 20,6 % et 2,9 % (17,2 % et 2,1 % en fin de cursus). Les étudiants vivant seuls jugent plus sévèrement leur état de santé que ceux vivant en couple ou en famille. Enfin, alors que 58 % des sondés déclarent avoir un médecin traitant, ceux qui n'en ont pas sont plus nombreux à se sentir en moyenne ou mauvaise santé.
Cet état de santé conduit parfois certains à s'arrêter. Un étudiant de 2e cycle sur trois a eu un arrêt maladie au cours des deux dernières années — ils sont 56 % chez les internes et 11 % en fin de cursus. Dans 78,6 % des cas, cet arrêt était consécutif à un trouble somatique (21,4 % à un trouble psychique).
Les étudiants ne sont pas exempts d'idées suicidaires, comme l'actualité récente l'a tristement rappelé. Sur les 1 079 répondants ayant déjà pensé à mettre fin à leurs jours, (14 % des sondés), 578 ont également indiqué être en mauvaise ou moyenne santé. Parmi eux, 46 % vivent seuls, et 54,6 % travaillent plus de 48 heures par semaine. 29,2 % de ces 578 répondants affirment consommer « souvent » des produits comme le tabac, l'alcool ou des drogues illicites, et 30,2 % « parfois ».
Beaucoup de médicaments mais peu d'antidépresseurs
Étudiants et internes font aussi un usage parfois peu modéré des médicaments. Les antalgiques de palier 1 sont « souvent » consommés par 32 % des répondants (40,4 % en prennent « parfois », 22 % « rarement »). Pour ceux de palier 2, 3,1 % en ont souvent l'usage, 13,5 % parfois et 18,2 % rarement. Les anxiolytiques aussi font partie de la panoplie (3,1 %, 7,9 %, 11,5 %) et la consommation est sensiblement plus élevée chez les répondants en mauvaise santé, ou qui ont eu des idées suicidaires.
En revanche, les antidépresseurs ne font guère recette. 2,3 % en prennent souvent, 1,7 % parfois et 3,6 % rarement. Leur consommation se concentre essentiellement chez les étudiants ayant eu des idées suicidaires et étant en moyenne ou mauvaise santé. Les somnifères sont également peu utilisés par les carabins. Enfin, même s'ils font un usage assez large des médicaments, les carabins ne sont que 32 % à avoir consulté un omnipraticien au cours de l'année écoulée.
Les ravages de l'alcool
Pour l'alcool, c'est autre chose. 33 % des répondants en consomment tous les jours ou plusieurs fois par semaine. Au niveau national, selon l'INSEE, ce pourcentage s'élève à 17 % chez les 15-24 ans, à 38 % chez les 25-34 ans, et à 43 % pour l'ensemble de la population. Mais l'étude du CNOM n'aborde pas la question de la nature ni de la quantité des alcools absorbés. Elle aborde en revanche celle des psychotropes médicamenteux. 4 % des sondés en consomment tous les jours ou plusieurs fois par semaine.
Tout à leur cursus, les étudiants n'ont guère le temps de se reposer. 40 % d'entre eux assurent travailler entre 48 et 60 heures par semaine, et 27 % entre 35 et 48 heures. Le stress n'est jamais loin : 14,3 % des sondés y sont confrontés quotidiennement et 50,5 % de façon hebdomadaire. Ce rythme de travail et le stress qu'il génère ont des conséquences sur leurs performances professionnelles (82 % des répondants), leur vie sociale (91 %), leur vie familiale (87 %), et leur consommation de produits addictogènes (33 %).
« La souffrance des étudiants et des jeunes médecins est avérée », conclut le CNOM. L'institution qualifie de « profil à risque » l'étudiant travaillant au-delà de 48 heures par semaine, vivant seul, consommant plus que la moyenne d'antalgiques et de psychotropes, et manifestant un épuisement émotionnel. Un des étudiants sondés résume à sa manière : « La vie d'interne, c'est vraiment une terrible épreuve. »
http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2016/06/24/medicaments-alcool-une-enquete-de-lordre-revele-la-souffrance-des-jeunes-medecins_817026?

Permier post : 24/06/2016

lundi 27 juin 2016

USA Article Pourquoi les scientifiques pensent que les messages sur les médias sociaux peuvent aider à prévenir le suicide


Technologie Pourquoi les scientifiques pensent que vos messages sur les médias sociaux peuvent aider à prévenir le suicide
D’après l'article traduit "
Why scientists think your social media posts can help prevent suicide"
sur mashable.com * de Rebecca Ruiz 26/06/2016
Https%3a%2f%2fblueprint-api-production.s3.amazonaws.com%2fuploads%2fcard%2fimage%2f124478%2fmentalillness-header
Image: vicky leta / mashable


"Prenez un moment pour regarder votre clavier emoji. Faites défiler le visage fâché, le fantôme, le stylet, le beignet, la lampe de poche et la cigarette jusqu'à ce que vous atteignez les cœurs. C'est là: l'amour.
Au milieu de l'ordinaire et de l'humoristique, ces petites formes colorées et animés, peuvent facilement devenir une marque d'affection rapide comme un éclair à un ami, un parent ou un partenaire. Mais remarquez aussi, les cœurs brisés et bleus, et leur rappel discret de la tristesse, de la solitude ou du chagrin.

Il se trouve que ces petits caractères sont plus importants que nous pourrions imaginer. Les linguistes, les psychologues et les informaticiens découvrent que ce que nous partageons collectivement sur ​​les médias sociaux, et quand, peut signaler des informations sur notre santé mentale. Certains de ces chercheurs pensent que l’apprentissage automatique, les algorithmes et l’analyse mathématique peut donner aux fournisseurs de soins de santé des outils pour aider à résoudre l’une de nos épidémies de santé publique les plus difficiles : le suicide.
Dans un domaine sous-financé où sauver chaque vie à risque peut sembler comme un objectif impossible, cette technologie promet de donner aux experts et aux cliniciens de la santé publique un nouvel outil pour prédire le risque de suicide. Compte tenu de la hausse du taux de suicide aux États-Unis, ce genre de prévention ne peut pas venir assez vite.

 

Image: vicky leta / mashable 


Les indices dans vos tweets
Prédire le risque de suicide c'est exactement ce que Glen Coppersmith, un scientifique de données et psychologue, a décidé de faire. Cette mission, dit-il, est urgente.

Les données publiées en Avril par les Centers for Disease Control and Prevention ont révélé une augmentation alarmante des suicides chez les deux sexes et dans tous les groupes d'âge entre 10 et 74 ans. Entre 1999 et 2014, le taux de suicide aux États - Unis a augmenté de 24%, 13 pour 100 000 personnes.

En tant que fondateur et PDG de la startup d'analyse de santé mentale Qntfy, Coppersmith utilise l’apprentissage de la machine pour concevoir des algorithmes qui permettent d’identifier les tendances dans la communication humaine. Ce concept est la science bien établie, et c'est sur celui sur lequel vous comptez quand vous avez mal orthographié un mot et dont l'autocorrection va attraper (ou aggraver) l'erreur.
Coppersmith appartient à un petit groupe de chercheurs qui pensent que cette technologie peut être mise au service pour détecter le risque de maladie mentale et le comportement suicidaire d'une personne. Dans sa plus récente étude , publiée ce mois-ci à l'occasion de la rencontre annual North American Association for Computational Linguistics , lui et ses co-auteurs ont étudié le contenu émotionnel de tweets de centaines d'utilisateurs qui avaient parlé ouvertement d'une tentative de suicide, et des tweets d'un groupe contrôle qui n'avaient pas afficher de pensées ou de sentiments suicidaires.
 "Chaque mot que vous employez représente une petite fraction d'une part d’indice en termes de qui vous êtes."
Utilisant un modèle conçu pour prédire le risque de suicide dans le premier groupe, les chercheurs ont découvert que leur algorithme travaillé - et ont recueilli des modèles surprenants, dont un sur la façon dont ces cœurs emoji peuvent dire plus que ce que nous supposons accidentellement.
Alors que presque chacun dans les échantillons incluait des emoji dans leurs tweets, Coppersmith et ses co-auteurs ont remarqué que certains dans le groupe qui ont parlé de tentative de suicide ont employé une gamme étroite d'emoji représentants plus fréquemment la tristesse, comparé aux utilisateurs typiques du même âge et de genre. Ils préfèrent souvent les cœurs bleus et brisés, mais utiliser ces caractères seuls, dit Coppersmith, n'indique pas le risque de suicide.
Les chercheurs ont également remarqué une augmentation des messages indiquant de la tristesse avant une tentative de suicide, puis une hausse de tweets tristes et de colère autour d'une tentative.
Alors que l'étude de Coppersmith ne comprend pas de vrais tweets afin de protéger la vie privée des utilisateurs, elle offre des exemples pour démontrer à la fois la colère («Je suis seulement bon pour être un sac de boxe verbale") et de tristesse («Je suis tout à fait pathétique même les cicatrices de mes tentatives sont pathétiques »).
"It’s not like ... si vous dites cette phrase c'est que vous êtes clairement en difficulté»,  Coppersmith dit de l'algorithme. "Il indique: « Laissez-moi regarder tout le langage. » Chaque mot vous employez montre une petite fraction d'une part d'un indice en termes de qui vous êtes, ce que vous pensez, si oui ou non vous êtes dans une sorte de crise émotionnelle ".  
Image: vicky leta / mashable

Coppersmith croit que glaner de telles informations des médias sociaux, ainsi que d'autres données générées par les appareils mobiles, pourrait être vital pour un psychologue à la recherche d'indices subtils au sujet du risque de suicide d'un patient.

Janet Schnell, qui a perdu son frère au suicide en 1995, a travaillé dans le domaine de la prévention pendant deux décennies et estime que cette nouvelle approche peut réussir à repérer les risques là où d'autres efforts ont échoué.

«Je suis si reconnaissant comme "loss survivor" qu'il y ait une nouvelle fenêtre qui pourrait être ouverte."
 
"Une partie du processus de deuil est que les endeuillés par suicide reviennent en arrière, réexaminent et regardent et regardent à nouveau pour voir ce qu'ils ont manqué," dit Schnell, qui est à la loss division chair de l'American Association of Suicidology. .

Bien que son frère soit décédé avant l'avènement des médias sociaux, Schnell sait comment  ce serait important si les chercheurs pouvaient utiliser ces données pour aider à expliquer ce qui est éprouvé souvent comme un mystère tragique.
Malgré les progrès récents dans cette recherche, il faudra encore le partenariat entre les scientifiques de données et les professionnels des soins de santé, le financement, et quelques années au minimum pour produire des recherches assez fiables pour que les psychologues puissent l'utiliser dans leur pratique.
Pour la recherche de Coppersmith pour atteindre ce point, il a besoin de beaucoup plus d'idées comme celles qu'il a déjà produites, et une analyse plus approfondie de ces conclusions.
Voilà pourquoi il essaie de recueillir des données à partir d’au moins de dizaines de milliers de personnes, et il espère que vous envisagerez de donner les vôtres.

Le don de vos données
En Avril, Qntfy a lancé une étude intitulée  OurDataHelps , qui demande aux gens de faire don des données de médias sociaux Twitter, Facebook, Instagram, Reddit et Tumblr. . Coppersmith a demandé également les données Fitbit, Jawbone and Runkeeper, ce qui devrait donner un aperçu sur les tendances et les habitudes physiques des gens.
Les volontaires répondent à quelques questions au sujet de leur histoire de santé mentale et du suicide ; l'étude invite les deux personnes qui ont et n’ont pas eu de maladie mentale à participer. Ils donnent la permission à Qntfy d'anonymiser et de suivre leurs messages grâce à l’authentification ouverte, un outil commun qui permet à des tiers de voir votre compte sans exiger un mot de passe. (Si vous avez déjà synchronisé une application comme Candy Crush avec votre compte Facebook, vous avez utilisé l’authentification ouverte.)







Donate your social media data to power suicide prevention https://OurDataHelps.org 

Bien que l'objectif est de produire des données et des recherches qui mènent à de nouveaux traitements pour les troubles de santé mentale, Coppersmith veut sauver finalement la vie par la compréhension de la façon dont une personne se comporte dans les jours, semaines et mois avant de devenir suicidaire, et d' intervenir avant qu'ils risquent une tentative de suicide. Les médias sociaux et les données mobiles offrent une nouvelle occasion d'en faire une réalité.


Questions sans réponse
Cette tragédie est souvent attribuée à des facteurs de risque comme une histoire de suicide dans la famille, d' alcool ou de toxicomanie, et des sentiments de désespoir. Mais les patients avec des histoires de vie similaires ont régulièrement des résultats différents, et les chercheurs ont longtemps lutté pour comprendre la différence pour sauver des vies.
Des études menées au cours des dernières décennies ont généré des résultats importants, mais les experts en la matière disent que l'information de prévention est fréquemment vague, périmée ou basée sur des méthodes de recherche inefficaces.

Les scientifiques qui étudient le suicide peuvent suivre les mêmes variables dans la vie des gens sur une longue période de temps. Ils ont même analysé des journaux personnels, récoltant le nombre de fois que certains mots apparaissent afin de comprendre l'esprit des gens dans le brouillard de la dépression et des pensées suicidaires. Cependant ils n'ont pas été en mesure d'effectuer cette analyse à grande échelle et de recueillir rapidement des informations sur les expériences quotidiennes des gens.

Image: Getty

La beauté des algorithmes derrière OurDataHelps, dit Foreman, est qu'ils peuvent faire ce qu'elle ne peut pas : compter.
Foreman regarde régulièrement les dossiers médicaux de 80 à 120 anciens combattants à haut risque, dont la plupart ne meurent pas par suicide. Avec la formation et de l’expertise, elle sait comment identifier les patients présentant des signes d'avertissement sérieux, mais elle comprend aussi les limites du cerveau humain.
Il ne peut pas dépister et analyser, par exemple, des modèles de discours en temps réel, montrer un modèle statistiquement significatif et lier cela avec les patients les plus susceptibles de tenter de se suicider.

Construire les bons systèmes
Kristy Hollingshead, qui a des études de co-auteur avec Coppersmith qui détectent et analysent le stress post-traumatique, la depression and TDAH  sur les médias sociaux, dit que la communication en ligne contient un "cohérent, très fort, fiable signal" sur la santé mentale d'une personne.
La technologie d'apprentissage de la machine permet à Hollingshead, chercheur à l'Institut de la Floride pour Human & Machine Cognition, de capturer et analyser des milliers de messages publics à partir d'au moins plusieurs centaines d'utilisateurs. Dans l'ensemble, ces postes peuvent facilement devenir des centaines de milliers de lignes de texte, qu'elle ne pouvait pas faire défiler et coder manuellement.
Malgré l'efficacité de l’externalisation de ces tâches à un ordinateur, le système d' Hollingshead et de ses collègues qu'ils sont en train de construire n'est  pas aussi précis qu'ils aimeraient qu'il soit. Ils font des suppositions valables au sujet de leurs données - estimer, par exemple, le sexe de l’utilisateur et l’âge. En utilisant des échantillons de petits groupes d'utilisateurs peuvent également introduire un biais.
«La langage est un bon signal de ce qui se passe dans votre cerveau."
Hollingshead estime que OurDataHelps peut créer une mine d'or en offrant aux scientifiques un ensemble de données complet et testé pour informer leurs modèles et des algorithmes.
Avec ce genre de précision, Hollingshead envisage un monde dans lequel le bien-être mental devient partie intégrante de la mesure de soi; quelqu'un qui a des sentiments suicidaires, ou a tenté de se suicider dans le passé, pourrait utiliser un logiciel ou une application pour exécuter un algorithme sur leur médias sociaux alimentés pour un risque imminent qu'ils ne pourraient pas même sentir.
«La langage est un bon signal de ce qui se passe dans votre cerveau," dit-elle. «Même si vous avez essayé de le changer de sorte que vous sembliez heureux, les algorithmes peuvent encore revenir sur les courants sous-jacents de ce qui se passe."


Image: vicky leta / mashable

Le chemin vers le suicide n'est pas droit
Le ministère de la Défense a récemment publié trois études qui montrent à quel point l'analyse statistique prometteuse peut être appliquée de façon inhabituelle quant au problème pour prédire le suicide.

La recherche, menée par Craig Bryan, un chercheur de prévention du suicide de premier plan, le directeur exécutif des etudes du Centre National des Anciens combattants à l'Université de l' Utah et Co-investigateur de l'initiative OurDataHelps, a utilisé un concept mathématique connu comme la modélisation des systèmes dynamiques.
Au lieu de regarder le seul point de repère classique - lorsqu'une personne est décédée par suicide - les chercheurs ont réussi à incorporer l’humeur et le langage utilisé en temps réel avant la mort de leurs sujets en parcourant les messages publiques disponibles sur les média sociaux
 
Les travaux ont commencé en 2013 quand Bryan et ses co-auteurs ont cherché à comprendre si les données des médias sociaux d'un membre du service donnaient des indices sur leur risque de suicide. En particulier, les chercheurs ont analysé les messages Facebook à partir d’un échantillon de 700 membres du service des armée qui sont morts par suicide et 700 membres du service qui sont mort d'autres causes sur une période de deux ans.
Ils ont non seulement confirmé leur hypothèse de départ, mais rétrospectivement prédit le suicide d'une personne et des motifs qui remettent en question nos hypothèses sur la façon dont le suicide se révèle.
La recherche de Bryan révèle que le chemin vers le suicide n'est pas linéaire, contrairement à la croyance populaire que les pensées et les comportements deviennent une spirale descendante inflexible. Au lieu de cela, son étude a révélé des fluctuations importantes dans le cheminement vers le suicide de chaque membre du service .
"Ce que nous avons fait au commencement était le regarder comme une ligne droite."
Ceux qui ont mis fin à leur vie étaient plus susceptibles de signaler un événement de vie stressant puis partager les émotions et croyances négatives ; la séquence de ces postes a été inversée pour ceux du second groupe.
Trois mois avant la mort des sujets par suicide, ils avaient tendance à poster sur les symptômes physiques, les émotions et les pensées à proximité. À la marque de trois mois, cette tendance a disparu.
Puis, au cours du mois avant de mourir, ils ont souvent affiché des «comportements inadaptés», comme un retrait social et de consommation d'alcool, tandis que les mises à jour décrivant leur vision du monde et la perception de soi sont devenues plus stable.
"Ce que nous avons fait au commencement était le regarder comme une ligne droite», explique Bryan. "Mais la pensée a  des hauts et des bas, comme des montagnes russes, avec des interactions beaucoup plus complexes - qui améliore considérablement notre capacité à détecter les personnes suicidaires, et il fournit un moyen possible d'estimer, quand vont- ils mourir?"
Scepticisme et espoir
Le mari de Sheila Hamilton est mort par suicide il y a 10 ans, et elle espère que les recherches comme celle de Bryan, réussisse. Et pourtant, elle reste sceptique sur le fait que les données nous délivrent de cette épidémie.
Hamilton, un avocat et auteur de All the Things We Never Knew: Chasing the Chaos of Mental Illness, veut que le public entende les histoires de survivants à la fois de perte d'un proche que les survivants d'une tentative. Les données, dit-elle, n'est pas une histoire de traumatisme de l'enfance ou une histoire sur la façon dont le système de soins de santé échoue avec ses patients les plus vulnérables. Les données ne peuvent vaincre la stigmatisation qui empêche les gens de demander de l'aide et de traitement.

Certains craignent également que le type de technologie que Coppersmith et ses pairs poursuivent constitue une atteinte importante à la vie privée. En 2014, une association britannique de prévention du suicide à but non lucratif appelée Samaritains Radar a lancé une application Twitter qui a utilisé un algorithme pour rechercher des mots clés à haut risque, puis ont envoyé par courrier électronique à l'utilisateur des ressources pour l’aide. Dans les 10 jours de ses débuts, l’indignation sur la vie privée a mené Samaritains Radar à suspendre l'application.

"D'Autres outils seront disponibles pour vous aider à comprendre ce qui motive cette douleur, de trouver des moyens de sortir de celui-ci."

La meilleure solution pour l'instant, Coppersmith pense, est de seulement analyser les données des personnes qui optent à un de ses services. Les plus vulnérables pourraient choisir de ne pas participer, mais une garantie d'opt-in protégerait les droits civils d'une personne et prévenir les cas d'abus, comme l'embarras ou de harcèlement de la part d'un ami qui se soucie prétendument au sujet de votre santé mentale.
En dépit de ces défis, Coppersmith reste optimiste. Il croit que les données numériques peuvent être stimulant lorsqu'il est utilisé pour détecter la souffrance intégrée dans notre communication quotidienne; cette information a le potentiel de mettre les gens sur le chemin de la guérison avec le soutien et le traitement.
Coppersmith envisage un avenir dans lequel les gens dans les affres du désespoir ne se sentent pas aussi impuissants.
"Autres outils seront disponibles pour vous aider à comprendre ce qui motive cette douleur, de trouver des moyens de sortir de celle-ci», dit-il, "et vous orienter hors d'elle à l'avenir."

 Si vous voulez parler à quelqu'un ou éprouvez des pensées suicidaires, texte à Crisis Text Line (service USA) 741-741 ou appelez le  National Suicide Prevention Lifeline (service USA) au 1-800-273-8255. Voici une liste des ressources internationales.