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jeudi 2 avril 2015

RECHERCHE CANADA ETUDE LONGITUDINALE

Dans une étude de grande ampleur, des chercheurs de Toronto ont retracé tous les patients qui s’étaient rendus à l’urgence en Ontario pour cause d’intoxication volontaire, entre avril 2002 et décembre 2010. Leur échantillon est composé de 65 784 enfants, adolescents et adultes qui ont survécu à leur tentative initiale. 

d'après article "Les idées suicidaires durent plusieurs années, conclut une étude "
Par Sheryl Ubelacker La Presse Canadienne 01/04/2015 Mise à jour : 1 avril 2015 |

TORONTO – Le risque de suicide chez les personnes qui auraient tenté de s’enlever la vie une première fois est 42 fois plus élevé que dans la population en général, selon des chercheurs canadiens.

Dans une étude de grande ampleur, des chercheurs de Toronto ont retracé tous les patients qui s’étaient rendus à l’urgence en Ontario pour cause d’intoxication volontaire, entre avril 2002 et décembre 2010. Leur échantillon est composé de 65 784 enfants, adolescents et adultes qui ont survécu à leur tentative initiale.

Parmi les patients qui se sont empoisonnés — le «moyen» le plus utilisé chez les suicidaires — 4176 sont morts, dont 976 d’entre eux se sont enlevé la vie. Ce chiffre inclut 107 adolescents, qui se sont suicidés en moyenne deux ans après leur premier essai.

Le risque de morts par des accidents présumés était aussi dix fois plus élevé pour les personnes qui avaient déjà essayé de mettre fin à leur vie. Les chercheurs croient d’ailleurs que ces décès pourraient être en fait des suicides qui n’ont pas pu être prouvés hors de tout doute.

Selon le docteur Yaron Finkelstein, qui a dirigé l’étude publiée mercredi dans la revue scientifique JAMA Psychiatry, les résultats signifient que les personnes qui se rendent à l’urgence après s’être empoisonnées volontairement sont à risque de recommencer dans la prochaine décennie.

Le temps moyen entre une première et une deuxième tentative était de 18 mois et environ le quart des personnes se sont suicidées quatre ans après la première tentative.

Les hommes, plus âgés, provenant d’un milieu socioéconomique relativement favorisé et qui ont reçu un diagnostic de dépression ou des soins psychiatriques seraient plus susceptibles de recommencer.

L’intoxication survient généralement après que le patient a consommé des médicaments sous prescription ou des substances toxiques. La plupart de ceux qui se présentent à l’hôpital reçoivent leur congé peu de temps après, mais d’autres sont redirigés vers les soins intensifs ou les soins psychiatriques si leur état se détériore ou si l’on considère qu’ils sont à risque de passer à l’acte une deuxième fois.

«Environ 99 % de ceux qui vont à l’hôpital vivants survivent. Et c’est l’occasion de les identifier et de faire de la prévention pour éviter une autre tentative», a affirmé le docteur Finkelstein.

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Références étude citée
Original Investigation | April 01, 2015
Risk of Suicide Following Deliberate Self-poisoning ONLINE FIRST
Yaron Finkelstein, MD, ABCP(Dip)1,2,3,4; Erin M. Macdonald, MSc5; Simon Hollands, MSc5; Marco L. A. Sivilotti, MD, MSc6,7; Janine R. Hutson, MD, PhD2; Muhammad M. Mamdani, PharmD, MA, MPH5,8,9,10; Gideon Koren, MD2,3,4; David N. Juurlink, MD, PhD4,5,10,11,12 ; for the Canadian Drug Safety and Effectiveness Research Network (CDSERN)

1Division of Emergency Medicine, The Hospital for Sick Children, University of Toronto, Toronto, Ontario, Canada
2Division of Clinical Pharmacology and Toxicology, The Hospital for Sick Children, University of Toronto, Toronto, Ontario, Canada
3Child Health Evaluative Sciences, Research Institute, The Hospital for Sick Children, Toronto, Ontario, Canada
4Department of Pediatrics, University of Toronto, Toronto, Ontario, Canada
5Department of Chronic Diseases and Pharmacotherapy, The Institute for Clinical Evaluative Sciences, Toronto, Ontario, Canada
6Department of Emergency Medicine, Queen’s University, Kingston, Ontario, Canada
7Department of Biomedical and Molecular Sciences, Queen’s University, Kingston, Ontario, Canada
8Applied Health Research Centre, Li Ka Shing Knowledge Institute, St Michael’s Hospital, Toronto, Ontario, Canada
9Dalla Lana School of Public Health, University of Toronto, Toronto, Ontario, Canada
10Institute of Health Policy, Management, and Evaluation, University of Toronto, Toronto, Ontario, Canada
11Sunnybrook Research Institute, Sunnybrook Hospital, Toronto, Ontario, Canada
12Department of Medicine, University of Toronto, Toronto, Ontario, Canada
JAMA Psychiatry. Published online April 01, 2015.
Importance Suicide is the tenth leading cause of death in the United States, and its rate has risen by 16% in the past decade. Deliberate self-poisoning is the leading method of attempted suicide. Unlike more violent methods, which are almost universally fatal, survival following self-poisoning is common, providing an opportunity for secondary prevention. However, the long-term risk of suicide following a first episode of self-poisoning is unknown.

Objective To determine the risk of suicide and mortality from other causes following a first self-poisoning episode.

Design, Setting, and Participants Population-based cohort study using multiple linked health care databases. We identified all individuals with a first self-poisoning episode in Ontario, Canada, from April 1, 2002, through December 31, 2010, and followed up all surviving participants until December 31, 2011, or death, whichever occurred first. For each individual with a deliberate self-poisoning episode, we randomly selected 1 control from the same population with no such history, matched for age (within 3 months), sex, and calendar year.

Main Outcomes and Measures The primary analysis examined the risk of suicide following discharge after self-poisoning. The secondary analyses explored factors associated with suicide and examined the risk of death caused by accidents or any other cause.

Results We identified 65 784 patients (18 482 [28.1%] younger than 20 years) who were discharged after a first self-poisoning episode. During a median follow-up of 5.3 years (interquartile range, 3.1-7.6 years), 4176 died, including 976 (23.4%) by suicide. The risk of suicide following self-poisoning was markedly increased relative to controls (hazard ratio, 41.96; 95% CI, 27.75-63.44), corresponding to a suicide rate of 278 vs 7 per 100 000 person-years, respectively. The median time from hospital discharge to completed suicide was 585 days (interquartile range, 147-1301 days). Older age, male sex, multiple intervening self-poisoning episodes, higher socioeconomic status, depression, and recent psychiatric care were strongly associated with suicide. Patients with a self-poisoning episode were also more likely to die because of accidents (hazard ratio, 10.45; 95% CI, 8.10-13.47) and all causes combined (hazard ratio, 5.55; 95% CI, 5.12-6.02).

Conclusions and Relevance A first self-poisoning episode is a strong predictor of subsequent suicide and premature death. Most suicides occur long after the index poisoning, emphasizing the importance of longitudinal, sustained secondary prevention initiatives.