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jeudi 21 juin 2012

Le suicide d'un cadre de Renault est-il plus important que celui d'un patron ?

Une chaire universitaire pour étudier la santé des patrons - figaro.fr - 20/06/2012 Par Marc Landré

Le suicide d'un cadre de Renault est-il plus important que celui d'un patron ? Olivier Torrès va diriger une étude pour, espère-t'il, répondre à cette question.


«Une société mature est une société qui protège ceux qui la font vivre.» Fidèle à sa de­vise, Olivier Torrès, fondateur de l'Observatoire national de la santé des dirigeants de PME, Amarok, a créé à l'université Montpellier-I, où il enseigne la gestion, la première chaire dédiée à la santé des entrepreneurs, commerçants, artisans ou professions libérales. «Un cadre d'entreprise qui se suicide, c'est 15 lignes dans le journal, alors qu'un cadre de Renault, ça fait la une, déplore-t-il. Pourquoi un suicide devient-il un fait de société quand il concerne un salarié et reste-t-il un simple fait divers quand il s'agit d'un patron?» Pour Olivier Torrès, la santé des patrons est un «tabou» et une «réalité difficile à avouer pour des dirigeants souvent pris dans une idéologie du leadership qui laisse peu de place à la maladie et à la faiblesse».

Grâce aux études épidémiologiques inédites qu'elle va conduire (avec Amarok), cette chaire créée avec le soutien du Centre des jeunes dirigeants et de la CCI de Montpellier révélera «soit un scandale de santé publique, soit que l'entrepreneuriat est bon pour la santé». Elle pourrait même permettre la création d'une cellule de soutien psychologique pour les commerçants qui se font braquer ou les chefs d'entreprise qui dépriment après avoir cédé leur affaire. Un hommage, quarante et un ans après, à la chanson des Charlots Merci patron…