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jeudi 24 novembre 2011

REVUE DE PRESSE : Paris: un hommage aux "morts de prison"

Paris: un hommage aux "morts de prison"
AFP Publié le 24/11/2011 à 13:56
Lire leur nom, à défaut leur âge sur la place publique, pour lutter contre l'indifférence: plusieurs associations ont rendu hommage aujourd'hui à Paris à la centaine de détenus morts depuis un an en prison, souvent à l'issue de suicides. "15 novembre 2010, un homme, 49 ans, mort par suicide; 16 novembre 2010, un homme, 19 ans, suicide par pendaison; 20 novembre 2010, Pierre-Marie, 44 ans, suicide par pendaison..." Au micro installé sur le parvis des droits de l'Homme, au Trocadéro, plusieurs intervenants se sont relayés dans le froid pour énumérer la centaine de décès derrière les barreaux recensés depuis un an en France.
"On ne connaît pas tous les prénoms, les données sont difficiles à rassembler", regrette Roch-Etienne Migliorino, infirmier à l'origine de cet hommage, organisé pour la troisième année consécutive par le Secours catholique, le Genepi (groupement étudiant national enseignement aux personnes incarcérées), la Farapej (fédération des associations réflexion action prison et justice), la Cimade, Emmaüs-France et le collectif des morts de la rue.
"En 2006, alors que je travaillais en milieu carcéral, j'ai découvert un détenu, mort, par terre, seul dans sa cellule", raconte M. Migliorino. "Ca m'a heurté. J'ai voulu que la société civile soit interpellée sur les conditions de vie et de mort des prisonniers et qu'on honore leur mémoire". Parmi ces morts, des infarctus, de longues maladies mais aussi des suicides, cause de près d'un décès sur deux en détention selon le collectif, qui demande que l'on "cherche à donner aux hommes et aux femmes détenus des raisons de vivre". D'après l'administration pénitentiaire, 109 détenus se sont suicidés en prison en 2010, après 115 en 2009.
Selon le Secours catholique, "les nouvelles prisons construites limitent les occasions de relations humaines (caméras, grilles automatiques). Quant à l'administration de la santé, elle est loin de consacrer à la population détenue les prestations qu'elle met à disposition des personnes libres". "La loi 'Kouchner' (suspension de peine pour motif médical) reste largement sous-appliquée", déplore l'association, qui dénonce en outre "les effets pathogènes de la détention, l'oubli ou le reniement par les proches".
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