mardi 13 février 2018

MàJ : DREES - COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Suicide : enjeux éthiques de la prévention, singularités du suicide à l’adolescence

DREES - COMMUNIQUÉ DE PRESSE - Suicide : enjeux éthiques de la prévention, singularités du suicide à l’adolescence

5 février 2018

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Suicide : enjeux éthiques de la prévention, singularités du suicide à l’adolescence 

3e rapport de l’Observatoire national du suicide

L’Observatoire national du suicide (ONS) publie son troisième rapport intitulé : « Enjeux éthiques de la prévention, singularités du suicide à l’adolescence ». Installé en septembre 2013, l’ONS a pour objectif de faire avancer la connaissance du suicide avec l’ensemble des acteurs concernés (psychiatres, chercheurs, associations, pouvoirs publics, etc.) afin d’en améliorer la prévention.

En France métropolitaine, 8 885 décès par suicide ont été enregistrés en 2014, soit près de 24 décès par jour. Malgré une baisse de 26 % du taux de suicide entre 2003 et 2014, la France présente, au sein des pays européens, un des taux de suicide les plus élevés derrière les pays de l’Est, la Finlande et la Belgique.

Le premier dossier de ce présent rapport apporte un éclairage sur la nécessité de prendre en compte les enjeux éthiques soulevés par la prévention du suicide. Il est complété par un article de recherche sur la couverture du suicide par les journalistes dans les médias liés aux risques de « contagion » et enrichi par un recueil numérique sur les enjeux éthiques associés à la prévention du suicide. Le second dossier s’intéresse au suicide des jeunes. En France, le suicide est la deuxième cause de mortalité parmi les 15-24 ans.

Enfin, comme les précédents rapports, celui-ci contient une série de fiches statistiques rassemblant les principales données épidémiologiques sur le nombre de suicides en France, les tentatives de suicide et les idées suicidaires, avec des focus sur certaines professions.

Référence : « Suicide : enjeux éthiques de la prévention, singularités du suicide à l’adolescence - 3e rapport de l’ONS », sous la coordination scientifique de la DREES et de Santé publique France.


Ouvrage principal
pdf Suicide : enjeux éthiques de la prévention, singularités du suicide à (...) Téléchargement (9.7 Mo)
Synthèse
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Dossiers
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Avancement des travaux
pdf Avancement des travaux Téléchargement (841.8 ko)

Fiches
pdf Fiche 1 : Données épidémiologiques sur les décès par suicide Téléchargement (216.2 ko)
pdf Fiche 2 : Hospitalisations pour tentative de suicide en médecine et (...) Téléchargement (5.7 Mo)
pdf Fiche 3 : Tentatives de suicide et pensées suicidaires chez les jeunes (...) Téléchargement (917 ko)
pdf Fiche 4 : Surveillance de la mortalité par suicide des agriculteurs (...) Téléchargement (194.3 ko)
pdf Fiche 5 : Caractéristiques socioprofessionnelles associées à la mortalité par (...) Téléchargement (161.9 ko)
pdf Fiche 6 : Actions mises en œuvre en matière de prévention du suicide du (...) Téléchargement (153 ko)
pdf Fiche 7 : Enquête sur les activités et pratiques des instituts médico-légaux (...) Téléchargement (170.8 ko)
Annexes
pdf Annexes Téléchargement (518.6 ko)

  
Pour en savoir plus :
- 1er rapport de l’ONS « Suicide : état des lieux des connaissances et perspectives de recherche », novembre 2014.
- 2e rapport de l’ONS « Suicide : connaître pour prévenir. Dimensions nationales, locales et associatives », février 2016.

- Recueils numériques sur les enjeux éthiques associés à la prévention du suicide, sur le surendettement & le suicide, et sur la thématique du suicide (tomes 1 & 2).
Recueil numérique suicide Tome 1 mise à jour du 17/08/2017
Recueil numérique suicide Tome 2 mise à jour du 20/12/2017
Recueil numérique enjeux éthiques associés à la prévention du suicide mise à jour du 5/02/2018
Recueil numérique surendettement et suicide mise à jour du17/08/17

Contact Presse

Souphaphone Douangdara, drees-infos@sante.gouv.fr - 01 40 56 81 97

Accédez à toutes les publications de la drees sur Internet : http://drees.solidarites-sante.gouv.fr.


1er post : 05/02/2018 sur infosuicide
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MàJ

Suicide : l’éthique sur une ligne de crête

Mis en ligne le 12/02/2018 www.philomag.com*
Le troisième rapport de l’Observatoire national du suicide vient de paraître. Comme Émile Durkheim, il tente de “s’élever au-dessus des suicides particuliers et apercevoir ce qui fait leur unité”. Il dresse ensuite une série de recommandations éthiques tâchant de concilier le souci de bienveillance et le respect de la liberté de l’individu.
Suicide, Mort, Euthanasie, Éthique
8 885 décès par suicide ont été enregistrés en 2014, selon un état de lieux publié par l’Observatoire national du suicide dont le troisième rapport vient de paraître.
Dans un premier rapport en 2014, les membres de l’Observatoire évoquaient Albert Camus, pour qui le suicide serait le seul « problème philosophique vraiment sérieux » suscité par la « confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde ». S’appuyant sur l’intuition du philosophe, ils contestaient que le suicide puisse être simplement considéré comme « un acte mûrement réfléchi, qu’il serait illégitime de tenter d’empêcher ». Sur la base de cette étude, ils prévoyaient un plan d’action visant à prévenir le suicide.
Le second rapport de l’Observatoire répondait en partie à cette ambition, en identifiant les facteurs de risques et de protection et en créant les moyens de la prévention. Il pointait que « depuis de nombreuses années, le suicide se pose comme objet d’étude scientifique. Un terme, la suicidologie, est même apparu à la fin des années 1960 pour définir la recherche scientifique sur le suicide et dont l’objectif est double : comprendre et prévenir ». Cependant, la création de l’Observatoire national du suicide ne date que de 2013.
Le troisième rapport se penche plus particulièrement sur le suicide des jeunes, qui est en France la deuxième cause de mortalité parmi les 15-24 ans (soit 16 % des décès de cette tranche d’âge), et il s’applique à identifier les enjeux éthiques liés au suicide – notamment, la nécessité de concilier la bienveillance et le libre arbitre. « Il s’agit d’éclairer les principes sous-jacents aux différentes options et d’aider les acteurs, confrontés à des situations toujours singulières, à s’orienter, dans le dialogue avec la personne souhaitant mettre fin à ses jours, vers la meilleure ligne de crête possible entre respect de l’autonomie, bienfaisance et justice. »

Bienveillance vs. anti-paternalisme

Les rapporteurs de ce texte font sensiblement pencher l’équilibre du côté de la bienveillance, en doutant depuis leur premier rapport que le suicide puisse être « un acte mûrement réfléchi, qu’il serait illégitime de tenter d’empêcher ». Ils s’inquiètent ainsi d’un possible « droit à mourir », précisant que « dans la loi française, le droit de mourir constitue un droit-liberté (on est libre de se donner la mort) mais pas un droit-créance (on ne peut exiger une aide à mourir). Il est important de s’intéresser aux implications d’un droit-créance à mourir, dans les pays qui l’ont mis en place, sur la prévention du suicide. En effet, dans les pays où l’aide médicale au suicide ou le suicide assisté, voire l’euthanasie, sont légalement autorisés ou en débat, des inquiétudes apparaissent quant à la difficulté d’organiser la prévention du suicide dans ce cadre. Le suicide risque alors d’être plus facilement envisagé comme une option possible, sans véritable exploration des autres issues ».
Mais obtenir la liberté de recourir au suicide assisté est-ce nécessairement revendiquer le droit d’exiger cette aide ? Et peut-on vraiment penser que le suicide puisse « être plus facilement envisagé comme une option possible » du simple fait que le suicide assisté ou l’euthanasie soient autorisés ? C’est aller un peu vite et emprunter l'argument de la pente glissante. En réalité, ces précautions et ces réticences ne sont-elles pas plutôt l’expression d’une réticence à regarder la mort en face, et la manifestation d’une certaine inclination éthique, fondée sur le paternalisme moral ?
En éthique, il existe en effet deux grandes options. D’un côté, le courant maximaliste consiste à définir positivement ce qui est bon pour chacun. En participent les théories du care, pour lesquelles les individus ne sont pas des agents rationnels mais d’abord des êtres traversés pas un vécu et des émotions. De l’autre, le minimalisme moral, reposant sur un principe : ne pas faire de mal volontairement à autrui. Il est fort d’une conviction : personne ne sait mieux que moi ce qui est bon pour moi. Comme en attestent les débats liés à la PMA, à l’euthanasie et plus généralement la tonalité des recommandations liées à la révision des lois bioéthiques, ce dernier courant, libéral et antipaternaliste, reste en France très minoritaire.
☛ Lire le dossier de philomag  : Comment vivre avec l’idée de la mort ?
 
Source : http://www.philomag.com/lactu/breves/suicide-lethique-sur-une-ligne-de-crete-26367

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