vendredi 29 décembre 2017

MANIFESTATION Tours (37) Vie etudiante Ciné débat autour de la question du suicide 16/01/2017

Vie étudiante

Ciné débat autour de la question du suicide
le 16 janvier 2018
de 19h à 21h30
Venez échanger avec les psychologues et les ERS du SSU.

Le service de santé universitaire (SSU) vous propose une soirée ciné débat autour de la question du suicide à partir de la projection du film "2h37" de Murali Thalluri.

Suite à la projection du film, les psychologues du SSU, Marion Le Conte et Ariane Le Gouvello ainsi que les Etudiants Relais Santé (ERS) seront présents pour échanger avec vous sur cette question.

Plus d'info : ssu@univ-tours.fr ou au 02.47.36.77.00
Lieu : Fac de Médecine - Site Tonnellé - Amphi 1

Téléchargez l'affiche

AUTOUR DE LA QUESTION ENTOURAGE : ALICe antenne de liaison et d’intervention de crise en psychiatrie, Nancy (54)

Lettre d’Information du CPN - Décembre 2017*
ALICe - antenne de liaison et d’intervention de crise en psychiatrie
C’est un dispositif opérationnel depuis avril 2015.
ALICe est une équipe infirmière « virtuelle » dans le sens où elle ne s’active que lorsqu’il y a une demande qui émane d’une tierce personne.
Qui fait la demande ?
- Les familles, les proches, l’entourage, etc.
- Les acteurs du sanitaire : médecins généralistes, psychiatres, etc.
- Les partenaires du social et/ou du médico social : travailleurs sociaux, tuteur, etc.
- Les personnes engagées dans les associations telles que l’UNAFAM, Espoir 54, etc.
Comment : Du lundi au vendredi de 09h00 à 17h00
Un numéro unique : 03 83 85 12 56
Une adresse électronique : alice@cpn-laxou.com
Ce dispositif s’adresse à : Toute personne de 18 à 65 ans résidant sur la Métropole du Grand Nancy, souffrant de difficultés psychiques et ne pouvant accéder à une démarche traditionnelle de soins.
Pourquoi : Ces personnes peuvent parfois avoir d’importantes difficultés à demander de l’aide. Ce besoin d’aide peut être identifié par des proches, des partenaires qui interviennent auprès de la personne concernée et qui peuvent alors formuler cette demande.
L’objectif premier est bien sûr d’améliorer l’accès aux soins des patients et/ou de favoriser la reprise du parcours de soins mais également de prévenir les décompensations aiguës et les situations d’urgence en intervenant en amont pour éviter ainsi une éventuelle hospitalisation.
Les objectifs secondaires consistent à proposer un soutien et un accompagnement aux familles et d’œuvrer en collaboration avec les partenaires tant du sanitaire que du social.
Ce qu’il faut retenir, c’est qu’ALICe est un dispositif d’intervention programmée. Elle n’intervient pas dans les situations d’urgence immédiate.
Elle ne se substitue pas aux dispositifs de prise en charge ambulatoires qui conservent pleinement leurs missions en matière d’offre de soins ambulatoires et d’accès aux soins.
Elle n’assure pas de suivi dans la durée.
Analyse de la demande :
Le délai moyen pour la réponse apportée est de 48 à 72 heures.
Le délai moyen d’intervention quand celle-ci est requise, est de 7 jours, car l’évaluation de la demande qui constitue une partie essentielle du travail suppose de nombreux appels téléphoniques auprès de l’ensemble des partenaires et intervenants qui gravitent autour de la personne concernée. Cette analyse est effectuée par les infirmiers référents ALICe de l’U.A.U.P (Unité d’Accueil des Urgences Psychiatriques) et est systématiquement référencée à un médecin psychiatre de l’unité.
Intervention : Si elle est nécessaire, le binôme soignant ALICe est constitué d’un infirmier de l’UAUP et d’un infirmier du CMP (Centre Médico-Psychologique) du secteur (ou de l’EMPP – Equipe Mobile Psychiatrie Précarité) dont dépend le patient (pour favoriser le relais ou le suivi ultérieur) et ce, en présence du demandeur. Il y a 2 référents infirmiers ALICe par structure de soins ambulatoire. L’intervention est elle aussi validée par un médecin psychiatre de l’UAUP.
Xavier SIPP
Infirmier coordonnateur du dispositif ALICe

http://cpn.rmi.fr/-326.html

GRAND EST Prévention de la récidive suicidaire chez les adolescents : MEDIACONNEX, dispositif de veille s’appuyant sur les SMS

Lettre d’Information du CPN (Centre Psychothérapique de Nancy) - Décembre 2017* > Prévention de la récidive suicidaire chez les adolescents : MEDIACONNEX, (...)

Prévention de la récidive suicidaire chez les adolescents : MEDIACONNEX, dispositif de veille s’appuyant sur les SMS

Prévention de la récidive suicidaire chez les adolescents : MEDIACONNEX, dispositif de veille s’appuyant sur les SMS

Essai multicentrique contrôlé randomisé

A qui s’adresse ce dispositif : aux adolescents qui ont fait une tentative de suicide (TS)

Dans quel but : prévenir la récidive suicidaire.

Pourquoi une étude en essai contrôlé randomisé : afin d’évaluer l’efficacité de ce nouveau dispositif.

Contexte : La tentative de suicide (TS) concerne 8 à 10 % des adolescents et 14 à 20% vont refaire une TS pendant l’année. Cette répétition des gestes suicidaires majore le risque de décès par suicide et autre mort violente, même à ce jeune âge !

Ce que nous proposons pour limiter la récidive suicidaire : Des dispositifs dits de veille ont été développés en complément du soin habituel chez les adultes ayant fait une TS. Les études montrent que, pour certains sujets, ces dispositifs s’appuyant sur le fait de maintenir un contact avec le sujet, par l’intermédiaire de cartes postales, lettres, SMS ou téléphone, génère un sentiment d’appartenance qui peut éviter un passage à l’acte suicidaire. C’est pourquoi nous avons développé MEDIACONNEX, un dispositif s’appuyant sur l’envoi de SMS pendant 6 mois aux adolescents suicidants après la tentative de suicide.

L’avancée de l’étude : Ce dispositif étant original, il nécessite une évaluation en termes d’impact sur la récidive suicidaire, ce qui sera réalisé par l’intermédiaire d’un essai randomisé contrôlé multicentrique. Les inclusions ont débuté au Centre Psychothérapique de Nancy (investigateur principal) en mars 2017, et d’autres centres du Grand Est sont associés.

Retombées : Nous espérons que ce dispositif permettra de diminuer la récidive suicidaire chez les adolescents. Si les résultats sont concluants, il sera développé au niveau national.

Dr Fabienne LIGIER, pédopsychiatre

http://cpn.rmi.fr/-325.html

AUSTRALIE ETUDE RECHERCHE Le suicide des détenus: un problème à plusieurs niveaux

Titre original : Prisoner suicide: a multilevel problem
Le suicide des détenus: un problème à plusieurs niveaux
Sarah Larney Michael Farrell
National Drug and Alcohol Research Centre, University of New South Wales, Sydney, NSW, Australia

The lancet Psychiatry Volume 4, No. 12, p894–895, December 2017

Commentaire
Seena Fazel et ses collègues 1 présentent des données provenant de plusieurs pays confirmant que le taux de suicide continue d'être plus élevé dans les populations carcérales que chez les personnes non incarcérées de la communauté environnante. La prévention du suicide est une tâche clé pour les établissements correctionnels, mais l'identification des personnes les plus à risque de se suicider en prison n'est pas simple, et les limites de l'évaluation du risque pour identifier avec précision les personnes les plus à risque de suicide ont été reconnues. 2,3 Ce problème a amené les chercheurs à étudier le rôle des facteurs institutionnels, systémiques et environnementaux qui pourraient influencer le suicide des détenus, dans l'espoir d'identifier des cibles d'intervention modifiables.

À l'aide de données administratives provenant de 24 pays, Fazel et ses collègues 1 ont examiné l'influence d'une série de facteurs systémiques et environnementaux sur les taux de suicide chez les détenus, mais ils n'ont fait état que de peu d'éléments encourageants ou qui pourraient être utilisés pour réduire les taux de suicide. Les taux nationaux de suicide chez les détenus n'étaient pas associés aux taux de suicide dans la population générale; au surpeuplement; au rapport entre le nombre de détenus et le nombre d'agents pénitentiaires, de travailleurs de la santé ou d'éducateurs; aux dépenses quotidiennes par détenu; au roulement de la population; à la gestion des services de santé par le système judiciaire ou le système de santé; au taux de patients psychiatriques médico-légaux; et à la durée de l'incarcération. Le seul facteur associé aux taux de suicide des détenus était le taux d'incarcération, mais les taux de suicide plus faibles étaient associés à des taux d'incarcération plus élevés, ce qui n'était guère une cible valable. Comme le font remarquer Fazel et ses collègues, l'association est probablement due à l'hétérogénéité accrue des populations carcérales dans les pays où les taux d'incarcération sont plus élevés.

Une des limites de ces constatations est qu'elles n'incluent pas l'analyse au niveau de l'établissement. L'étude a été réalisée au niveau national, ce qui pourrait masquer certaines variations dans les taux de suicide entre les prisons d'un même pays qui pourraient fournir des indices sur la prévention du suicide. Dans le système carcéral de l'Angleterre et du pays de Galles, les facteurs institutionnels prédisant des taux de suicide plus élevés comprenaient une population plus nombreuse, une cote de sécurité plus faible et un taux de roulement de la population plus élevé. 4 L'inclusion de facteurs institutionnels dans les analyses à plusieurs niveaux des taux de suicide pourrait s'avérer utile pour identifier davantage les sources de variation qui pourraient être ciblées dans les interventions de prévention.

Notamment, à une exception près, tous les pays inclus dans l'analyse de Fazel et de ses collègues sont des pays à revenu élevé (la Croatie étant une nation à revenu moyen supérieur). Les données sur la santé et la mortalité des détenus dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire sont rares, mais les conditions de vie sont extrêmement médiocres en termes de surpopulation carcérale, d'hygiène, d'accès aux soins de santé et d'approvisionnement alimentaire insuffisant, en particulier dans les pays à faible revenu. On ne sait pas très bien comment ces mauvaises conditions peuvent influer sur les taux de suicide. Le surpeuplement ne semble pas être lié aux taux de suicide dans les pays où il a été examiné, mais un surpeuplement extrême du type de celui observé dans les pays à faible revenu (avec des taux d'occupation de 200% ou plus, contre 84-134% dans les pays analysés) et une proportion élevée de détenus en détention provisoire à long terme pourrait créer des facteurs de stress supplémentaires qui favorisent la suicidalité. Les données provenant d'un éventail plus diversifié de pays nous permettront de mieux comprendre l'influence des facteurs systémiques et environnementaux sur le risque de suicide des détenus. La collecte de ces données nécessiterait l'affectation de ressources spécifiques à la mise au point de systèmes de collecte de données dans les prisons des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire.

Bien que des analyses et des données complexes à plusieurs niveaux provenant de pays à faible revenu et à revenu intermédiaire puissent fournir des informations supplémentaires pour éclairer les stratégies de prévention du suicide en prison, il semble raisonnable de suggérer qu'une intervention efficace pour réduire le nombre de suicides en prison consisterait à réduire considérablement l'incarcération des personnes atteintes de maladies mentales graves, tout en améliorant simultanément l'accès aux soins psychiatriques et aux systèmes de protection sociale. On pourrait faire valoir que cela fera passer les suicides en prison au milieu communautaire, mais cela semble peu probable étant donné le rôle de l'incarcération elle-même en tant que facteur de stress qui déclenche un comportement suicidaire. 5, défaut de cela, il est peu probable que la clé de la prévention du suicide en prison se trouve dans les évaluations des risques et les interventions au niveau individuel; il faut plutôt adopter une approche globale à l'échelle de l'établissement pour créer un environnement humain qui favorise la sécurité et le bien-être de toutes les personnes incarcérées. Cette approche consisterait notamment à garantir une activité délibérée et un temps de sortie adéquat des cellules pour les personnes en détention, à éviter les mesures disciplinaires inutilement punitives et à offrir un soutien accessible aux détenus expérimentés.

References
  1. Fazel, S, Ramesh, T, and Hawton, K. Suicide in prisons: an international study of prevalence and contributory factors. Lancet Psychiatry. 2017; 4: 946–952
    View in Article
    | Summary | Full Text| Full Text PDF| PubMed
  2. Horton, M, Wright, N, Dyer, W et al. Assessing the risk of self-harm in an adult offender population: an incidence cohort study. Health Tech Assess. 2014; 18: 1–151
    View in Article | Crossref| PubMed| Scopus (4)
  3. National Institute for Health and Care Excellence. Self-harm in over 8s: long-term management. National Institute for Health and Care Excellence, London; 2011
    View in Article
  4. van Ginneken, EFJC, Sutherland, A, and Molleman, T. An ecological analysis of prison overcrowding and suicide rates in England and Wales, 2000–2014. Int J Law Psychiatry. 2017; 50: 76–82
    View in Article| Crossref| PubMed| Scopus (3)
  5. Marzano, L, Hawton, K, Rivlin, A, and Fazel, S. Psychosocial influences on prisoner suicide: a case-control study of near-lethal self-harm in women prisoners. Soc Sci Med. 2011; 72: 874–883
    View in Article| Crossref| PubMed| Scopus (37)
  6. Rivlin, A, Fazel, S, Marzano, L, and Hawton, K. The suicidal process in male prisoners making near-lethal suicide attempts. Psychol Crime Law. 2013; 19: 305–327
    View in Article| Crossref| Scopus (11)
  7. H

http://www.thelancet.com/journals/lanpsy/article/PIIS2215-0366(17)30435-2/fulltext

ETUDE RECHERCHE Serotonin transporter gene expression predicts the worsening of suicidal ideation and suicide attempts along a long-term follow-up of a Major Depressive Episode

Serotonin transporter gene expression predicts the worsening of suicidal ideation and suicide attempts along a long-term follow-up of a Major Depressive Episode
Julia-Lou Consoloni a, b, c,  El Chérif Ibrahimb, c, d, Marie-Noëlle Lefebvre e, Xavier Zendjidjian a, f,
Emilie Olié c, g, h, Pascale Mazzola-Pomietto d, Thomas Desmidt i, j, Ludovic Samalin c, k, Pierre-Michel Llorca c, k, Mocrane Abbar l, Jorge Lopez-Castroman h, l, Emmanuel Haffen c, m, n, q, Karine Baumstarck f, Jean Naudin a, Jean-Michel Azorina, c, d, Wissam El-Hage i, j, o, Philippe Courtet c, g, h,1, Raoul Belzeaux a, b, c, p, ,1,

a APHM, Department of psychiatry, Marseille, France
b Aix Marseille Univ, CNRS, CRN2M, UMR 7286, Marseille, France
c Fondation FondaMental, Fondation de Recherche et de Soins en Santé Mentale, Créteil, France
d Aix Marseille Univ, CNRS, INT, Inst Neurosci Timone, Marseille, France
e CIC-CPCET, APHM, Hôpital La Timone, Marseille, France
f Aix Marseille Univ, SPMC, EA 3279, Public Health, Chronic Diseases and Quality of Life - Research Unit, Marseille, France
g Department of Emergency Psychiatry and Acute Care, CHU Montpellier, France
h Inserm, U1061, University of Montpellier, Montpellier, France
i CHRU de Tours, Clinique Psychiatrique Universitaire, Tours, France
j Inserm U1253 Imaging & Brain, Université de Tours, Tours, France
k CHU Clermont-Ferrand, Department of Psychiatry, EA 7280, University of Clermont Auvergne, Clermont-Ferrand, France
l Department of Adult Psychiatry, CHRU Nimes, Nimes, France
m Department of Clinical Psychiatry, University Hospital, Besançon, France
n EA 481, Laboratory of Neurosciences, University of Franche-Comté, Besançon, France
o Inserm CIC 1415, Centre d'Investigation Clinique, CHRU de Tours, Tours, France
p McGill Group for Suicide Studies, Department of Psychiatry, McGill University, Douglas Mental Health University Institute, Montreal, QC, Canada
q CIC-1431 Inserm, University Hospital, Besançon, France

European Neuropsychopharmacology
Available online 27 December 2017
In Press, Corrected Proof — Note to users
 Received 16 June 2017, Revised 5 December 2017, Accepted 8 December 2017, Available online 27 December 2017

Abstract
The quest for biomarkers in suicidal behaviors has been elusive so far, despite their potential utility in clinical practice. One of the most robust biological findings in suicidal behaviors is the alteration of the serotonin transporter function in suicidal individuals. Our main objective was to investigate the predictive value of the serotonin transporter gene expression (SLC6A4) for suicidal ideation and as secondary, for suicide attempts in individuals with a major depressive episode (MDE). A 30-week prospective study was conducted on 148 patients with a MDE and 100 healthy controls including 4 evaluation times (0, 2, 8 and 30 weeks). Blood samples and clinical data were collected and SLC6A4 mRNA levels were measured from peripheral blood mononuclear cells using RT-qPCR. We first demonstrated the stability and reproducibility of SLC6A4 mRNA expression measures over time in healthy controls (F=0.658; p=0.579; η2=0.008; ICC=0.91, 95% CI [0.87–0.94]). Baseline SLC6A4 expression level (OR=0.563 [0.340–0.932], p=0.026) as well as early changes in SLC6A4 expression between baseline and the 2nd week (β=0.200, p=0.042) predicted the worsening of suicidal ideation (WSI) in the following 8 weeks. Moreover, changes in SLC6A4 expression between the 2nd and 8th weeks predicted the occurrence of a suicide attempt within 30 weeks (OR=10.976 [1.438–83.768], p=0.021). Altogether, the baseline level and the changes in SLC6A4 mRNA expression during a MDE might predict the WSI and the occurrence of suicidal attempts and could be a useful biomarker in clinical practice.

MàJ MANIFESTATION Montpellier (34) 10 au 12/01/2018 prochain congrès du GEPS

Le prochain congrès du GEPS
1er post sur infosuicide 18/10/2017 MàJ le 29/12/2017

Les 49e Journées du GEPS se dérouleront à Montpellier du 10 au 12 janvier 2018 sur le thème "Prévention du suicide : connexion synaptique, digitale,sociale"

Programme varié, allant des neurosciences au big data et réaffirmant le lien social comme facteur de prévention indispensable.

Programme

source : http://www.geps.asso.fr/articles.php?rub=19

Complément Info

A la Faculté de Médecine de Montpellier –
tram Occitanie
Inscription obligatoire pour participer aux sessions

CONFÉRENCE GRAND PUBLIC

VOULOIR MOURIR AU XXIè SIECLE
Euthanasie à la demande ou suicide : un droit ou un symptôme ?

En partenariat avec l’Espace Régional de Réflexion Ethique L-R / Occitanie et le CHU de Montpellier

Jeudi 11 janvier 2018, 18h00-20h00- CORUM

En marge du congrès du Groupement d’Etude et de Prévention du Suicide (GEPS) nous proposons d’interroger l’évolution des repères médicaux, mais aussi juridiques et philosophiques, de notre société dans ses rapports avec la mort provoquée.
Grâce aux progrès technologiques, la médecine du XXIème siècle maîtrise de mieux en mieux les ressorts de la vie et garantit aux individus le statut de « bien portant ». Mais quand le sujet se porte mal au point de ne plus vouloir ou pouvoir continuer d’exister, le médecin poursuit les soins… dans quel(s) but(s) ?
C’est sur cette question éthique complexe et fragile que se croiseront les regards d’éminents professionnels de l’humain afin d’éclairer notre point de vue sur la volonté de mourir. Ils ouvriront les échanges avec la salle pour un débat résolument vivant.
Président de séance : Jacques BRINGER, ancien doyen de la faculté de médecine.
Modérateur : Françoise CHASTANG, praticien hospitalier.
Intervenants (dans l’ordre d’intervention, 15 min par orateur puis table ronde, débat et échange avec la salle)
Emilie OLIE, Psychiatre Hospitalier, CHRU Montpellier ; Maitre de Conférence Faculté de Médecine de Montpellier.
Yves LEFRANC, Médecin réanimateur, CHRU Nîmes.
Bernard COURAZIER, Magistrat, TGI de Montpellier.
Alain GUYARS, Consultant en philosophie et éthique médico-sociale, professeur de Philosophie dans la cité.
Contact : Pascaline Rocher
Responsable de l’Espace régional de réflexion éthique espace-ethique-lr@chu-montpellier.fr

MàJ ETUDE RECHERCHE la santé psychique des externes.

Mà J  du post du 06/04/2017 lien vers la thèse mentionnée dans l'article 
La santé  psychique des externes en médecine des Universités François Rabelais  de Tours et Paris 7 - Diderot, une étude épidémiologique transversale descriptive  multicentrique
Présentée et soutenue publiquement le 13 mars 2017,  Thèse Pour le DOCTORAT EN MEDECINE Diplôme d’État  par Alban DANSET
http://www.theseimg.fr/1/sites/default/files/2017_Medecine_DansetAlban.pdf
***
Dépressions et suicides: nos futurs médecins en danger
06/04/2017 04:32 | IG |www.centre-presse.fr*
Victimes de maltraitances quotidiennes, de nombreux étudiants en médecine souffrent en silence. Aujourd'hui, les langues se délient.
A la faculté de médecine de Tours, un externe sur cinq a déjà eu des pensées suicidaires et 70% ont déjà pensé à arrêter leurs études. Ce sont les chiffres qui ressortent de la thèse d'Alban Danset, ancien étudiant qui s'est penché sur la santé psychique des externes. « Je suis moi-même tombé en dépression pendant quatre ans durant mon externat. Les études étaient devenues trop violentes et j'ai craqué. J'ai doublé ma quatrième année, triplé ma cinquième et doublé ma sixième. Je ne voulais plus rien faire, je ne mangeais plus, j'avais juste envie de me tuer », raconte le jeune homme de 32 ans, aujourd'hui médecin généraliste. Et les résultats de sa thèse sont éloquents.
"L'enfer" des stages hospitaliers
Réalisée sur deux échantillons (*), à l'université François-Rabelais de Tours et la faculté Paris 7-Diderot, où il a fait une partie de ses études, sa thèse montre que 2,6% des externes ont déjà fait une tentative de suicide. Non seulement confrontés à la douleur et à la mort pendant leurs stages hospitaliers, les étudiants en médecine subissent des pressions de la part de leurs supérieurs qui semblent atteindre leur paroxysme. « Si les études de médecine se résumaient à la faculté, ça irait, raconte un étudiant en cinquième année. L'enfer, ce sont les stages en hôpital », là où s'expriment rabaissements et humiliations, notamment lors des visites professorales où les étudiants se font « défoncer gratuitement ».
Dans son livre Omerta à l'hôpital qui rassemble une centaine de témoignages d'étudiants, le Dr Valérie Auslender met en avant un chiffre stupéfiant: « 40% des étudiants ont déclaré avoir été confrontés personnellement à des pressions psychologiques ». Pour elle, « il y a une reproduction sadique et perverse très explicite » du système: « J'en ai bavé, je ne vois pas pourquoi tu n'en baverais pas ». Ainsi, les violences se reproduisent de façon hiérarchique: « Le chef de service va maltraiter son chef de clinique, qui va maltraiter son interne, qui va maltraiter son externe... » Le tout en silence. A Tours, le doyen de la faculté a conscience du problème et décrit l'hôpital comme un « univers brutal » fondé sur des « relations de quasi-féodalité ». Patrice Diot tempère tout de même la situation: « Il ne faut pas exagérer les chiffres, nous ne sommes pas à un stade où je pense qu'il faille dramatiser. »
"On est là pour vous aider"
Néanmoins, il a fait de la santé psychique des étudiants un des piliers de son programme. Son action s'articule autour d'une commission composée d'étudiants pour aider ceux en difficulté. Nouveauté, cette commission va s'ouvrir à des représentants médicaux de l'hôpital afin qu'ils puissent trouver des solutions adéquates. Le Pr Diot va également intervenir auprès de différentes instances hospitalo-universitaires pour faire passer un message: « Les jeunes, quand ça ne va pas, la porte est ouverte, on est là pour vous aider. Les anciens, faites à attention à ce que vous faites, parce qu'il y a des pratiques d'un autre âge qui ne sont plus acceptables ».
Le doyen reconnaît d'ailleurs lui-même s'être parfois emporté: « C'est un milieu anxiogène. Parfois, on perd le contrôle de soi face à des gens qu'on ne voit pas comme étant en souffrance. »
(*) 539 externes (60,1%) sur 882 à Tours ont répondu au questionnaire d'Alban Danset, et 497 (43,4%) sur 1.143 à Paris.
à savoir
Les études en médecine sont loin d'être un long fleuve tranquille. Le cursus débute par le Paces (Première année commune aux études de santé). Moins de 20% des étudiants franchissent cet obstacle, peut-on lire sur l'Onisep. En 2 et 3 années, les cours sont centrés sur la théorie avec des cours magistraux et des travaux pratiques. C'est en quatrième année que débute l'externat qui permet d'acquérir une formation médicale grâce à des stages en milieu hospitalier. Les externes sont à la fois étudiants et salariés du centre hospitalier. A la fin de la 6 année, ils passent un concours décisif: les épreuves classantes nationales (ESN) qui débouchent sur l'internat pour une durée de trois à cinq ans selon la spécialité. Les études se terminent par l'obtention du diplôme d'État.
Clément Hebral

USA La prévention du suicide - de la sensibilisation à l'action

La prévention du suicide- de la sensibilisation à l'action11 décembre 2017 communiqué de Elly Stout.d'EDC
La prévention est possible. Les histoires d'espoir et de rétablissement peuvent nous montrer comment.
Le suicide est la 10e cause principale de décès aux États-Unis, et nous devrions en parler comme nous le ferions pour tout autre problème de santé publique, affirme Elly Stout.d'EDC
« Il est impératif que nous définissions le suicide comme un problème auquel les gens peuvent s'attaquer », dit-elle. « Nous devons promouvoir l'espoir et le rétablissement si nous voulons réduire les suicides. »

Ellyson Stout photo du personnel d'EDC
 Elly Stout
Stout est la nouvelle directrice d'EDC de  Centre de ressources de prévention du suicide , le seul centre de ressources financé par le gouvernement fédéral consacre à l' avancement de la Stratégie nationale pour la prévention du suicide .
E
lle parle de l'importance de la messagerie efficace et un récit positif, et propose des lignes directrices sur la façon dont les defenseurs peuvent promouvoir la prévention et de l' action quand on parle de suicide.

Q: Pourquoi devons-nous faire attention à la façon dont on parle de suicide?
Stout: Nous devons être conscients que nous contribuons tous au récit national sur le suicide et que nos paroles comptentLa façon dont on parle du suicide peut contribuer à la perception qu' a le public sur la prévention du suicide. Dans nos messages publics, que ce soit des campagnes de communication ou de discussions avec les médias, nous pouvons souligner que la prévention est possible et mettre en évidence des histoires de personnes qui ont survécu à une crise suicidaire et qui se sont rétablies.

Stout: Nous devons être conscients que nous contribuons tous au récit national sur le suicide et que nos paroles comptent. La façon dont nous parlons du suicide peut contribuer à la perception qu' a le public de la prévention du suicide. Dans nos messages publics, qu'il s'agisse de campagnes de communication ou de discussions avec les médias, nous pouvons souligner que la prévention est possible et mettre en lumière des histoires de personnes qui ont survécu à une crise suicidaire et qui se sont rétablies.

Q: Quelles sont ces bonnes pratiques?

Stout: Tout d' abord, se concentrer sur votre message. Quels sont vos objectifs, et quel public essayez - vous d'atteindre? Quelles mesures de prévention voulez-vous que votre auditoire prenne après avoir entendu votre message? Pensez alors à la sécurité . Certaines façons de parler du suicide peuvent augmenter le risque chez les personnes vulnérables, et les professionnels de la prévention doivent veiller à ce que leurs messages suivent les consignes de sécurité.
Enfin, demandez-vous si vous contribuez à un récit positif sur la prévention du suicide. Une façon d'y parvenir est de mettre l'accent sur les mesures spécifiques que votre auditoire peut prendre pour soutenir les personnes en crise. Nous pouvons également partager des histoires vraies d'aide, d'espoir et de rétablissement. Ces types de messages peuvent aider les autres à voir comment la prévention est possible.
Q: Quelle est la meilleure façon de parler du suicide?
Stout: Dans de nombreuses communautés, les gens sont déjà conscients de l'ampleur du problème. Le plus grand défi peut être de les informer sur la façon dont ils peuvent aider. La tragique réalité est que plus de 40 000 vies ont été perdues par suicide en 2015, ce qui est un grave problème de santé publique.
Mais il y a des informations que nous pouvons partager qui mettent l'accent sur la prévention et le rétablissement. Combien de personnes ont appelé une ligne d'assistance téléphonique pour la prévention du suicide l'an dernier? Combien de systèmes de santé s'emploient à modifier leurs pratiques en matière de soins aux personnes suicidaires? Trouver des moyens de montrer que la prévention est possible est essentiel pour donner aux gens les moyens d'agir.
Nous devons aussi raconter des histoires réelles et individuelles de prévention et d'espoir. Depuis des décennies, les "survivors of suicide loss"  jouent un rôle essentiel dans la promotion d'une prévention efficace du suicide. Au cours des dernières années, les personnes qui ont connu des pensées suicidaires ou des tentatives de suicide ont aussi commencé à partager leurs histoires. Les professionnels de la prévention peuvent intégrer ces récits dans leur message afin d'établir un récit national qui indique au public que le suicide est évitable.
Q: Quelles sont les ressources pour un message sûr et efficace?
Stout:  Framework for Successful Messaging de National Action Alliance for Suicide Prevention est la ressource à consulter sur ce sujet. Il fournit des conseils détaillés pour la diffusion de messages publics sur le suicide et offre une vaste gamme d'outils, de renseignements et d'exemples. Un exemple d'application de ces principes est la campagne Bethe1To de National Suicide Prevention Lifeline et sa collection d' histoires d'espoir et de rétablissementt. L'Idaho a également une nouvelle série de messages d'intérêt public qui présente des mesures crédibles que les gens peuvent prendre s'ils croient qu'une personne est en crise.

Ce ne sont là que quelques-unes des façons dont le terrain crée des messages qui encouragent le public à agir pour prévenir le suicide. Ils ne se contentent pas d'exposer la question - ils donnent aux gens des renseignements sur la façon d'aider. La sensibilisation peut être un précurseur du changement, mais il est temps de passer à l'étape suivante et d'aider le public à passer de la sensibilisation à l'action.


Mà J : USA Le taux de suicide est plus faible pendant la période des fêtes mais le mythe persiste

LE TAUX DE SUICIDE EST PLUS FAIBLE PENDANT LA PÉRIODE DES FÊTES, MAIS LE MYTHE SUICIDE DE PÉRIODE DES FÊTES PERSISTE.

d'après article
States News Services Thursday, December 7, 2017
SUICIDE RATE IS LOWER DURING HOLIDAYS, BUT HOLIDAY-SUICIDE MYTH PERSISTS

1er post infosuicide  11/12/2017

WASHINGTON - Les informations suivantes ont été publiées par Annenberg Public Policy CenterPrès des deux tiers des articles de journaux
établissant un lien entre la période des fêtes et le suicide au cours de la période des vacances 2016-17 ont soutenu un faux lien entre les deux, a constaté le Annenberg Public Policy Center.L'analyse annuelle des articles de journaux de la base de données Nexis de la période des Fêtes a révélé que 64% des articles sur le sujet ont réutilisaient le mythe selon lequel le taux de suicide augmente pendant les vacances des fêtes, contre 36% qui l'ont démystifié (voir la figure 1)


Figure 1. Pourcentage d'histoires soutenant le mythe des vacances de fêtes-suicide par rapport à celles qui le démystifient. Exclut les histoires citant les deux de façon fortuite."C'est décevant de voir que ce mythe n'a pas disparu", a déclaré Dan Romer, directeur de recherche du Annenberg Public Policy Center (APPC) de l'Université de Pennsylvanie. "Après deux ans de domination des histoires de démystification, nous avons assisté à une réapparition de la désinformation sur le mythe des vacances de fêtes-suicide."
Les mois de vacances des fêtes ont habituellement un taux de suicide parmi les plus basSelon les nouvelles informations fournies par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), en 2015, novembre et décembre étaient les deux mois les plus bas (12e et 11e mois, respectivement) en ce qui a trait au nombre moyen de décès par suicide par jour, et janvier était le neuvième. Les taux quotidiens moyens culminent souvent au printemps et en été. En 2015, l'année la plus récente, les mois où les taux quotidiens moyens de suicide étaient les plus élevés étaient mai, juillet et mars (voir le tableau 1 et la figure 2).
APPC a suivi la couverture des nouvelles sur cette question depuis 18 ans, à partir de 1999.
En seulement deux de ces années, plus de 60 pour cent des histoires ont démystifié le mythe. Au cours de la plupart de ces années, il y a eu plus d'articles de journaux qui ont soutenu le mythe que de le démystifier.

Le mythe n'est souvent pas corrigé


L'analyse actuelle, de la mi-novembre 2016 à janvier 2017, a révélé que 12 histoires ont démystifié le mythe du suicide de la période des fêtes et que 21 l'ont
corroboré. Certaines histoires qui ont répété le mythe contenaient des affirmations non soutenues, des citations ou des spéculations non étayées qui n'ont pas été contestées.Tableau 1. Nombre moyen de suicides par jour chaque mois en 2015. Source: Center for Disease Control and Prevention's National Center for Health Statistics.Par exemple, une interview d'Associated Press avec le rappeur The-Dream, qui a paru dans le Sunday Telegram de Worcester (Mass.), L'a cité comme disant: "Ce n'est pas une bonne période de l'année pour quelqu'un qui a perdu quelqu'un. J'ai perdu ma mère le 23 décembre 1992. Son anniversaire est le 1er décembre, c'est pourquoi les gens se suicident autour de Thanksgiving et de Noël, parce que c'est le moment où les familles se réunissent ... "
 Un article de Philadelphia Tribune cite un homme qui représente le Père Noël dans un village de Noël: «J'utilise Community Claus comme moyen de rencontrer des gens et d'atteindre les gens car à cette période de l'année les suicides sont en hausse, les gens sont seuls ...Bien que l'analyse n'incluait pas de sources d'information en ligne seulement, les articles en ligne obtenus grâce à des recherches effectuées par Google au cours de la même période à l'aide des mêmes termes de recherche ont trouvé un modèle similaire d'articles soutenant et démystifiant le mythe du suicide des Fêtes."Les rédacteurs et chroniqueurs de reportages ainsi que les journalistes d'actualités peuvent avoir de bonnes intentions lorsqu'ils citent le mythe du suicide", a déclaré Romer. "Mais cela n'aide pas ceux qui peuvent avoir des pensées suicidaires à leur dire que c'est le moment de l'année où d'autres se suicident. La recherche a montré que ce type d'information peut être nuisible, et les recommandations pour le reportage sur le suicide s'opposent spécifiquement à la citation de tendances non corroborées ou fausses."
Figure 2.
Nombre moyen de suicides par jour chaque mois de janvier 1999 à décembre 2015. Les données de novembre, décembre et janvier sont contenues dans les zones ombrées. Source: Centre national de statistiques sur la santé des Centers for Disease Control et Prevention.Les recommandations pour la couverture médiatique du suicide (voir http://www.reportingonsuicide.org) notent que les journalistes devraient consulter des sources fiables sur les taux de suicide, tels que ceux produits par les CDC, et fournir des informations sur les ressources pouvant être utiles aux personnes dans le besoin .Parmi les autres ressources figurent le Centre de ressources sur la prévention du suicide (www.sprc.org) et le CDC (http://www.cdc.gov/ViolencePrevention/suicide/holiday.html). La stratégie du département de médecine générale des États-Unis pour la prévention du suicide encourage des rapports plus précis sur les causes (http://www.samhsa.gov/prevention/suicide.aspx). La Ligne de vie nationale pour la prévention du suicide au Canada peut être contactée au 800-273-TALK (8255).
Les recommandations pour la couverture médiatique du suicide (voir http://www.reportingonsuicide.org) soulignent que les journalistes devraient consulter des sources fiables sur les taux de suicide, comme celles produites par les CDC, et fournir de l'information sur les ressources qui peuvent être utiles aux personnes dans le besoin.

Les autres ressources comprennent le Suicide Prevention Resource Center (www.sprc.org) et le CDC (http://www.cdc.gov/ViolencePrevention/suicide/holiday.html). La stratégie
U.S. Surgeon General’s en matière de prévention du suicide incite à rendre compte plus précisément des causes (http://www.samhsa.gov/prevention/suicide.aspx). On peut joindre le National Suicide Prevention Lifeline des États-Unis au 800-273-TALK (8255).
Méthodologie

Les nouvelles et reportages 
établissant un lien entre le suicide et les fêtes ont été identifiés dans la base de données Nexis, avec des termes «suicide» et «Thanksgiving / Noël / Nouvel An» ou «vacances» du 15 novembre 2016 au 31 janvier 2017. Les chercheurs ont évalué si les récits appuyaient le lien, s'ils l'avaient démystifié ou montré un lien fortuit. Seuls les suicides domestiques ont été comptés; les attentats suicides à l'étranger, par exemple, ont été exclus.

Merci à Ilana Weitz, qui a recueilli et supervisé le codage des histoires, à Sebastian Lemus-Camacho et Jalessa Mungin pour l'aide au codage, et à Emily Maroni pour l'aide dans la cartographie des données. Merci également à Alex Crosby et ses collègues du CDC pour leur aide à fournir des taux mensuels de suicide aux États-Unis.

Pour télécharger le communiqué et les chiffres,  https://cdn.annenbergpublicpolicycenter.org/wp-content/uploads/2017/12/Holiday-suicide_myth_2017.pdf



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Complément

Le mythe de l’augmentation des suicides pendant les périodes de fêtes
Publié par : Jacqueline Charpentier Publication : 23 décembre 2017Heure : 9:30 dans Psychologie et psychiatrie sur https://actualite.housseniawriting.com*

Les médias répandent souvent le mythe que les suicides augmentent davantage pendant les périodes de fin d’année. Mais les données montrent exactement le contraire. En répandant ces croyances, les médias risquent de créer une prophétie auto-réalisatrice.

Pendant des années, les médias ont rapporté que plus de suicides se produisent pendant les vacances de fin d’année par rapport à d’autres périodes de l’année.
De nombreux de ces articles, sans aucun doute, sont destinées à aider les gens à faire face à la mélancolie et la nostalgie de certaines personnes pendant ces périodes. Certains d’entre eux incluent les voix de professionnels, tels que la police ou les services de santé mentale, qui prétendent avoir connu une augmentation des décès par suicide pendant les vacances. Le mythe de l’augmentation des suicides pendant les périodes de fêtes
Ce qui est remarquable à propos de ces affirmations est que les deux derniers mois de l’année aux États-Unis sont typiquement parmi les plus bas dans les suicides quotidiens moyens au cours de l’année. En fait, les données les plus récentes des Centres de contrôle et de prévention des maladies montrent qu’en 2015, l’année la plus récente pour laquelle des chiffres sont disponibles le mois de novembre était le plus faible sur les décès par suicide quotidiens en moyenne et le mois de décembre était le plus bas de toute l’année.
Alors que le taux commence généralement à rebondir après les vacances, le mois de janvier 2015 était toujours le neuvième mois le plus bas sur le taux de suicide quotidien moyen.
Le suicide est à son plus bas niveau pendant les périodes de fête
Le suicide est à son plus bas niveau pendant les périodes de fête
Depuis 1999, le Centre de politique publique d’Annenberg, dont je suis le directeur de recherche, a recueilli et analysé des articles qui apparaissent dans les journaux à la fin de l’année en suggérant que les vacances sont une période de suicide. Nous l’avons fait parce qu’il y a un risque qu’une telle information puisse avoir des effets néfastes sur les personnes qui envisagent réellement le suicide.
Les médias continuent de soutenir le mythe
Chaque année depuis ce premier rapport, nous avons tenté de corriger les croyances des gens au sujet de la période des Fêtes en publiant les données mensuelles les plus récentes sur le suicide et en citant les CDC comme supportant la conclusion qu’il n’y a pas de suicide pendant les vacances. Ces données ont été largement médiatisées.
Même si nous l’avons fait pendant 18 ans, nous constatons que pendant la plupart des années de la période d’étude, il y a eu plus d’articles de journaux chaque année, qui soutiennent le mythe. Une recherche d’articles sur internet pendant la période des vacances 2016-17 a confirmé le même schéma. Plus d’articles qui ont répété le mythe plutôt que de le démystifier. En soutenant le mythe, les médias ne publient pas seulement des informations contraires à la preuve, mais cela va à l’encontre des recommandations de la presse sur le suicide qui est de ne pas publier de spéculations sur les tendances suicidaires non fondées ou fausses.
Le nombre de suicides par jour aux Etats-Unis
Le nombre de suicides par jour aux Etats-Unis
Au cours de la saison des fêtes 2016-2017, nous avons constaté que près des deux tiers des articles de journaux reliant les fêtes avec le suicide soutenaient le mythe. Un certain nombre de ces articles incluaient des citations de responsables locaux bien intentionnés spéculant sur le mythe ou extrapolant à partir de leur propre expérience telle qu’un représentant de la chambre de commerce en Floride affirmant qu’il y a un taux de suicide plus élevé pendant les vacances parce qu’il y a des gens qui sont loin de leur famille ou qui se sentent oubliés ou un ancien fonctionnaire de l’Air Force dans l’Ohio qui a déclaré que pendant cette saison, de nombreux jeunes soldats deviennent déprimés et le taux de suicide augmente.
La contagion du suicide
On pourrait se demander pourquoi il est si important de démystifier cette idée. Des recherches considérables montrent que l’exposition à des articles sur des personnes qui se suicident dans la presse peut avoir des effets néfastes sur les personnes vulnérables au suicide.
Par exemple, dans une étude que nous avons menée en 2006, nous avons constaté qu’en 1993, des articles de personnes décédées par suicide dans six régions métropolitaines des États-Unis annonçaient une augmentation des décès par suicide au cours des neuf prochains jours. L’effet était particulièrement marqué chez les jeunes de 15 à 24 ans et chez les personnes de plus de 44 ans.
Ce type de constatation soutient la crainte que la connaissance de suicides dans les médias puisse pousser certaines personnes à commettre l’irréparable. Et quand les journalistes écrivent que les suicides augmentent pendant les vacances, alors cela peut aussi avoir un effet négatif sur ceux qui l’envisagent vraiment. Ces pratiques soulèvent la question sur pourquoi certains journalistes et ceux qu’ils interviewent continuent de croire à ce mythe. Je pense qu’il est sûr de faire l’hypothèse que certaines idées ont une certaine plausibilité qui les rend particulièrement sensibles à la transmission continue.
Par exemple, les vacances de fin d’année dans l’hémisphère nord se produisent au cours de jours qui deviennent de plus en plus courts et produisent un phénomène connu sous le nom de trouble affectif saisonnier. En outre, il existe un phénomène connu sous le nom de blues de vacances qui affecte également certaines personnes si elles ont perdu un membre de la famille au cours de l’année ou qui sont incapables de se réunir avec leurs amis et la famille pendant les vacances.
Enfin, il y a une certaine ironie dans la contemplation du suicide pendant la période de l’année où la célébration semble être prédominante. Cette ironie a été soulignée dans des articles et des films influents incluant le roman du 18e siècle Les Souffrances du jeune Werther et le film La vie est belle de 1946.   Quand ces articles prolifèrent, elles peuvent devenir des truismes culturels difficiles à éradiquer.
Une croyance vraisemblable est très difficile à éradiquer
Notre recherche est unique en ce sens que nous sommes intervenus pour essayer de changer une telle croyance et nous avons regardé pour voir ce qui se passe. Et nous avons eu pas mal de succès. Le nombre d’articles qui ont soutenu le mythe était le plus élevé pendant la première période de vacances que nous avons catalogué dans la période d’étude de 18 ans. Ce mythe a également pas mal circulé à la fin du millénaire quand il y avait de nombreux articles sur les catastrophes potentielles. Donc, il peut y avoir eu un pic pendant cette année particulière de fin du millénaire. Mais ce que nous avons appris est que les idées, qui ont un minimum de vraisemblance et qui sont intéressantes à envisager, sont très difficiles à éradiquer.
Les articles de presse qui associent l'augmentation du suicide avec les périodes de fêtes
Les articles de presse qui associent l’augmentation du suicide avec les périodes de fêtes
Nous apprenons de plus en plus sur l’influence de fausses informations qui imprègnent les médias sociaux, les grands médias et même les papiers scientifiques. Nous entendons également des appels pour des moyens de combattre ces sources de désinformation. Mais que se passe-t-il s’il y a des formes de désinformation qui seront toujours avec nous même si nous faisons tout ce qui est possible pour les éliminer ? Une méta-analyse récente menée par mes collègues montre comment un contenu peut devenir vraisemblable même pour des allégations apparemment anodines.
Ces croyances peuvent être démystifiées dans une certaine mesure, mais certains vont toujours y croire. Dans le même ordre d’idée, un sondage réalisé en 2016 a révélé que 41 % des républicains refusent d’accepter le fait que Barack Obama est né aux États-Unis, alors qu’en réalité il l’était. Tout cela suggère que dans notre monde hyper-connecté des médias sociaux, il sera d’autant plus difficile d’arrêter la transmission d’idées intrigantes, mais qui sont fausses.
Conformément aux recommandations concernant les articles sur le suicide, si vous envisagez de vous suicider ou si vous connaissez quelqu’un qui pourrait l’être, veuillez utiliser le numéro vert au 01 45 39 40 00 (France).
Traduction d’un article de The Conversation par Dan Romer, directeur de recherche à l’Annenberg Public Policy Center à l’université de Pennsylvanie.

Sources

1. The Annenberg Public Policy Center of the University of Pennsylvania  –  Suicide Rate is Lower During Holidays, But Holiday-Suicide Myth Persists. The Annenberg Public Policy Center of the University of Pennsylvania. https://www.annenbergpublicpolicycenter.org/suicide-rate-is-lower-during-holidays-but-holiday-suicide-myth-persists/. Accessed December 23, 2017.
2.Holiday Suicides: Fact or Myth|Suicide|Violence Prevention|Injury Center|CDC. cdc.gov. https://www.cdc.gov/violenceprevention/suicide/holiday.html. Accessed December 23, 2017.
3. Recommendations – Reporting on Suicide. Reporting on Suicide. http://reportingonsuicide.org/recommendations/. Accessed December 23, 2017.
4.Pirkis J, Blood RW, Beautrais A, Burgess P, Skehan J. Media Guidelines on the Reporting of Suicide. C. 2006;27(2):82-87. doi: 10.1027/0227-5910.27.2.82
5. Romer D, Jamieson PE, Jamieson KH. Are News Reports of Suicide Contagious? A Stringent Test in Six U.S. Cities. Journal of Communication. 2006;56(2):253-270. doi: 10.1111/j.1460-2466.2006.00018.x
6. The Holiday Syndrome: Who Exactly Came Up With the Idea of Those Christmas Blues? pdfs.semanticscholar.org. https://pdfs.semanticscholar.org/dbd9/e871d2e476d23bef80b0a623d43edfca79e5.pdf. Accessed December 23, 2017.
7. The Sorrows of Young Werther | novel by Goethe. Encyclopedia Britannica. https://www.britannica.com/topic/The-Sorrows-of-Young-Werther. Accessed December 23, 2017.
8. McGuinness A. It’s a Wonderful Life (1946). IMDb. http://www.imdb.com/title/tt0038650/. Published February 11, 2002. Accessed December 23, 2017.
9. Chan MS, Jones CR, Hall Jamieson K, Albarracín D. Debunking: A Meta-Analysis of the Psychological Efficacy of Messages Countering Misinformation. P. 2017;28(11):1531-1546. doi: 10.1177/0956797617714579
10.Poll: Majority of Republicans still doubt Obama’s citizenship. TheHill. http://thehill.com/blogs/ballot-box/presidential-races/291059-poll-majority-of-republicans-still-doubt-obamas. Published August 11, 2016. Accessed December 23, 2017.

jeudi 28 décembre 2017

CRITIQUES DEBAT REFLEXIONS Le Monde : "Gare à ces algorithmes qui nous connaissent mieux que nous-mêmes"

Gare à ces algorithmes qui nous connaissent mieux que nous-mêmes
Le Monde
Science & Médecine, mercredi 27 décembre 2017, p. SCH7



Facebook souhaite développer un programme de prévention du suicide. Le psychiatre et anthropologue Franck Enjolras s'interroge sur les défis éthiques et politiques de ce projet.

Tribune | Les réseaux sociaux promettent de prédire nos actions pour mieux prévenir nos comportements à risques. Une évolution à double tranchant, explique le psychiatre Franck Enjolras

Nous définirons-nous bientôt moins par ce que nous faisons en conscience que par ce que nous disons, ou même par ce que pourrions faire sans le savoir? En développant des programmes sur la prévention du suicide, notamment, Facebook et d'autres suscitent un débat très large sur la question du « sujet . Le défi est autant éthique que politique. Jusque-là, notre double, s'il existe, est ­considéré comme notre semblable, que nous surprenons à l'improviste dans l'expérience inattendue du ­miroir. Expérience que Freud appelait « l'inquiétante étrangeté » : il aperçut un être qu'il perçut comme menaçant dans le reflet d'une vitre... et se ­reconnut alors; cette image devint la sienne. Sous peu, des algorithmes, dont certains sont déjà très actifs sur la Toile, ne risquent-ils pas de créer un autre double, bien réel celui-là? Un double qui permettrait de nous définir sans même que nous le sachions?

Expliquons-nous. Les algorithmes qui tracent nos habitudes, nos goûts, ou encore nos échanges sur le Net, ­tirent parti de ce que nous faisons sur la Toile et, en retour, induisent certains de nos agissements. Jusque-là, même sous influence, nous faisons toujours ce que nous décidons. L'annonce ­récente de Facebook qui s'engage, à l'avenir, à détecter les comportements potentiellement suicidaires de ses utilisateurs nous plonge dans un futur où l'homme ne « sera » plus vraiment lui-même, c'est-à-dire qu'il ne se définira plus - ou plus seulement - par ce qu'il fait. Ces données, ou big data, extraites des conversations ou des posts, viendront rejoindre celles qu'à notre insu, par notre smartphone, notre voiture ou notre bracelet connecté, nous produisons. Par leur analyse, des algorithmes pourraient donc finir par nous connaître mieux que nous nous ­connaissons nous-mêmes. Sans qu'on le sache, ils fixeraient ce que nous ­sommes capables de faire sans que nous en ayons conscience. Par exemple, mettre fin à nos jours.

La législation européenne encadre aujourd'hui l'usage de ces données, mais jusqu'à quand? En regard de cette question, n'oublions pas un ­aspect essentiel de notre modernité : acheter un smartphone ou une ­voiture, s'inscrire sur Facebook, c'est exposer ou produire une partie de soi, en l'occurrence des logiques de comportements. Tout ce qui nous échappe là, tout en faisant partie de nous, a de quoi laisser perplexe. La ­société du risque de Robert Castel est bien d'actualité, mais son modèle est surpassé. Toujours dans la prévention, au nom de la gestion des risques, l'ère de la « cryptoprédiction » individuelle a sonné.

Par les données ainsi amassées, il est possible aujourd'hui de créer un historique trahissant nos fréquentations, nos passions, nos manières de ­conduire, etc. Bientôt, pour témoigner de ce qui était prévisible - mais que nous n'avions pas nous-mêmes prévu -, ces données pourraient aussi être mises en forme. Le relevé de ces données pourrait même donner lieu à une veille, voire déclencher l'intervention d'une autorité administrative, par exemple, afin de viser ou attester ce qui a été suggéré par les algorithmes.

L'élan de la connexion à tous crins a ses avantages, elle favorise notamment la démocratie participative. Toutefois, ne négligeons pas que cet élan fixe aussi les pouvoirs de contrôle et de privation de liberté. Qu'un opérateur privé détienne des informations qui nous caractérisent, selon un double, d'après un modèle informatique, et non plus selon ce qu'on dit et fait, peut éveiller quelques craintes. Certes, l'enjeu est somme toute altruiste et bienveillant puisqu'il s'agit de protéger des malheureux contre eux-mêmes, mais à ce jour, Facebook n'a fourni aucune information sur la nature de ses algorithmes et sur leur manière d'intervenir. Des études évoquent des algorithmes se fixant sur des termes jugés ­prédictifs, de type « échec » ou « ibuprofrène », plus sensibles que « suicide », qui seraient alors corrélés au rythme des posts déposés. Il s'agirait de modéliser des « profils types numériques » pour lesquels des modérateurs de la société - une « police du Net » - auraient pour fonction de gérer les alertes et, de surcroît, les moyens de protection à prévoir.

A l'heure où les libertés individuelles sont toujours plus menacées - état d'urgence oblige ou accentuation des pouvoirs administratifs dans l'Etat de droit -, toute bonne volonté qui mise sur la prévention du suicide, et bien sûr, dans le même sens, sur la prévention de la radicalisation et d'autres ­aspects encore, légitimes a priori, ­mérite qu'on ne soit pas dupe face aux possibles conséquences de ces propositions qui modélisent cette sorte d'autre, à notre insu.

Avec une pointe d'ironie, on peut se demander si notre futur double sera encore notre inconscient ou alors une sorte d'impensé, à ne pas mettre entre toutes les mains; que ce soit dans ­celles des autorités administratives, des sociétés d'assurances ou des mutuelles. Ces acteurs, à n'en pas douter, verraient sûrement d'un très bon oeil d'être en pouvoir de nous juger, non pas à travers ce qu'on a fait ou pas fait, mais à travers notre double, en somme ce qui était, en soi, prévisible et ­démontrable, statistiquement parlant, par tous ces algorithmes.
Note(s) :

Franck Enjolras, psychiatre et docteur en anthropologie (IRIS-EHESS)

Le supplément « Science & médecine » publie chaque semaine une tribune libre. Si vous souhaitez soumettre un texte, prière de l'adresser à sciences@lemonde.fr

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/12/26/gare-a-ces-algorithmes-qui-nous-connaissent-mieux-que-nous-memes_5234390_1650684.html