lundi 17 juillet 2017

PRESENTATION STRUCTURE RESSOURCE Burn-out des médecins à Villeneuve-les-Avignon

D'après article "Burn-out des médecins : déjà près de 100 hospitalisations dans une unité dédiée de Villeneuve-les-Avignon" Dr Isabelle Catala  30 mai 2017 francais.medscape.com
 
Paris, France -- « Si vous êtes en burn out, acceptez de l’aide avant qu’il ne soit trop tard. L’analyse du profil des médecins qui ont été admis dans l’unité dédiée au sein de la clinique Belle-Rive à Villeneuve-lès-Avignon montre en effet que les médecins qui sont hospitalisés sont souvent en très grande souffrance. Et même s’ils le souhaitent ardemment, la pente qui permet la reprise du travail est dure à remonter », explique le Dr Emmanuel Granier (Villeneuve-les-Avignon) à l’occasion du congrès de l’EAPH (European Association for Physician Health) [1].

Une prudente réserve

Depuis 2012, à l’initiative d’un pionnier de la lutte contre le burn-out des médecins, le Dr Yves Léopold et de l’association APSS, une unité d’hospitalisation de soignants a été intégré à la Clinique Belle-Rive de Villeneuve les Avignon. Cette structure est ouverte à tous les médecins de France qui, après un entretien avec l’une des associations d’aides aux médecins en difficulté, souhaitent être hospitalisés.
« Les motifs de recours aux soins sont généralement urgents. La situation personnelle, familiale et professionnelle du médecin est dégradée et la demande – souvent relayée par la famille – est forte. Souvent l’ambivalence prévaut : l’hospitalisation est facilité par l’état d’épuisement, la possibilité d’être pris en charge dans un lieu spécifique où les médecins sont soignés à la fois comme des professionnels de santé mais aussi comme des patients en souffrance. Mais les contraintes (gardes, remplaçants, vie familiale…) et la faible couverture en cas d’arrêt maladie, font obstacle à la prise en charge », analyse le Dr Granier. « Dès le premier contact, le médecin se sait un patient comme les autres, les intervenants doivent rester dans une prudente réserve et mettre en avant leur bienveillance ».

Fatigue, épuisement

Qui sont ces médecins qui acceptent de l’aide ? Des praticiens qui intègrent le centre à partir de leur domicile généralement en urgence et souvent sous la pression des proches.
« Ils ont en commun d’arriver épuisés au sein de la clinique. Il s’agit majoritairement d’hommes (86 %), âgés en moyenne de 54 ans, en exercice depuis plus de 20 ans pour 82 % d’entre eux. Les généralistes sont majoritaires (56 %). Plus de la moitié des médecins patients vivent en couple (55 %), mais plus de 70 % déclarent que leur couple a connu des difficultés récentes (depuis des tensions jusqu’à une séparation). 35 % déclarent avoir des problèmes financiers », explique le Dr Garnier.
Parmi les symptômes mis en avant, les troubles affectifs prédominent (71 % de fatigue ou d’épuisement, les troubles du sommeil viennent en deuxième ligne), le recours à l’alcool ou aux substances psychoactives est habituel (41 %). Seuls 19 % des médecins ont présenté des troubles de la personnalité au cours de leurs études. Ils sont 60 % à ne pas avoir de médecin traitant et 70 % à avoir déjà consommé régulièrement des psychotropes sur auto-prescription.

Un trait obsessionnel chez 75 % d’entre eux

Le score de dépression est généralement modéré (BDI-13 : m=13,5), les médecins sont plus anxieux que dépressifs. 65 % d’entre eux signalent des idées suicidaires, et 75 % sont caractérisés par des traits de personnalité obsessionnelle.
L’analyse des composantes du syndrome d’épuisement professionnel montre un épuisement émotionnel élevé, une dépersonnalisation modérée et le maintient d’un bon accomplissement professionnel.
Quels soins sont proposés au cours de l’hospitalisation ?
La prise en charge repose sur un modèle interactif qui prend en compte la vie personnelle, professionnelle, les éventuelles pathologies et la personnalité (en particulier le perfectionnisme).
Les interventions psychothérapiques sont initialement peu sollicitées mais finalement appréciées, même si les médecins affichent souvent un sentiment de maitrise, leurs résistances disparaissent rapidement. Elles peuvent avoir lieu en groupe avec les autres patients.
Les médecins doivent apprendre à dissocier l’être et le faire (être médecin et exercer la médecine), à savoir dire non, à remettre en question leur mode d’exercice, à questionner leur perfectionnisme chronophage.
En fin de séjour, ils expriment souvent un sentiment de honte : « on va me demander pourquoi », « il va falloir expliquer », « je vais devoir imposer des choses »…
En moyenne les hospitalisations durent 22 jours et 80 % des médecins souhaitent réintégrer au plus vite leur emploi en admettant que des changements de vie sont nécessaires.

http://francais.medscape.com/voirarticle/3603284_1


APSS (Association pour les soins aux soignants) : http://www.apss-sante.org/

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