jeudi 18 mai 2017

RETOURS SUR MANIFESTATION Bégard – Bon Sauveur (22) Bretagne Données sur le suicide - "Connaître, c'est déjà agir" 14/03/2017

Bégard – Bon Sauveur – Données sur le suicide - "Connaître, c'est déjà agir"
Source www.bvonline.fr*

 
Date de l'évènement:
Mardi, 14 Mars, 2017

Mardi 14 mars (2017), Pascal Conan, le directeur de la Fondation Bon Sauveur, accueillait Philippe Clappier, le directeur adjoint de l'ORSB(1) et Léna Pennognon, chargée d'études démographiques et statistiques au sein du même organisme. Dans la salle, étaient présents des professionnels de la santé mentale, des élus ...

... et des représentants de la gendarmerie, du Département et de l'ARS(2). L'objet de la réunion était la restitution des données collectées par l'ARSB sur le phénomène suicidaire et plus particulièrement sur le territoire de la Fondation, données collectées dans le cadre d'une convention entre la Fondation et l'OSRB.

Après une rapide présentation de la Fondation et de son projet à échéance 2017-2021, et notamment, sur l'axe 3 dudit projet, les actions visant la prévention du suicide, "par le développement de la formation aux professionnels de 1er recours pour le repérage et la prise en charge de la crise suicidaire, notamment en milieu hospitalier", le directeur de la Fondation passe la parole à Jean-Michel Doki-Thonon, directeur de la santé publique au sein de l'ARS. "Depuis des années, la prévention et la lutte contre le suicide est une priorité pour l'agence, déclare ce dernier ; Pourquoi ? Parce que le taux des suicides en Bretagne est de 60% plus élevé que celui de la moyenne nationale ; Parce qu'à l'intérieur de la région Bretagne., le département des Côtes d'Armor a un taux encore plus élevé que la moyenne régionale et si on va encore plus loin, parce que, dans cette région Guingamp-Trégor-Goëlo, le taux de suicide est encore plus élevé que la moyenne départementale". C'est ce que confirmera ensuite l'ORSB lors de la restitution des données collectées. "Connaitre, c'est déjà agir ; Aussi, est-ce très important d'avoir des données sur les suicides et les taux de suicides et tout particulièrement sur les tentatives", déclare Jean-Michel Doki-Thonon, exposant ainsi la mission confiée à l'ORSB.

Charles Coquelin, infirmier et référent en la matière, qui intervient ensuite, explique que depuis 1992, les psychiatres interviennent sur ces cas, "mais c'était juste une consultation puis le patient sortait et était raccompagné ou pas, selon la situation", et qu'un certain nombre "d'actions spécifiques" ont été prises en suivant les préconisation de la conférence de consensus d'Octobre 2000 sur la reconnaissance et la prise en charge de la crise suicidaire (NDLR : Plus d'informations ICI (link is external)). Ainsi, un suivi post-hospitalier est désormais proposé ; "On est parti sur une idée de base : l'évolution du protocole de sortie mis en place en 2007 et le rappel du patient après 4 à 6 semaines après la sortie". Par ailleurs, des « Vigilants Veilleurs », bénévoles formés à la reconnaissance de situations de crise suicidaire, ont été mis en place il y a cinq ans à Belle-Isle-en-Terre et à Roche-Derrien. "On a ainsi évité autour d'une cinquantaine de tentatives de suicides, explique Charles Coquelin et on a évité, avec certitude, 15 suicides sur le territoire". Un nouveau déploiement sur Tréguier et bientôt Bourbriac est actuellement en cours. Un autre dispositif constitué de sentinelles, en lien avec la MSA(3), se concentre sur le monde agricole.

"On a des bases de données sur la mortalité et les hospitalisations se rapportant au suicide, mais il y a très peu d'études qui permettent d'analyser les récidives, avec une approche patient" introduit Philippe Clappier qui note ainsi tout l'intérêt du travail mené en partenariat avec les centres hospitaliers de Paimpol, Guingamp, Lannion et la Fondation. "On espère qu'au-delà de la production de connaissances, cette étude permettra d'alimenter une réflexion autour de l'évolution des pratiques et contribuera à donner des éléments de réflexion pour les pratiques soignantes et d'accueil des populations qui passent à l'acte".

Pour ce qui est de la mortalité consécutive à un acte suicidaire, Philippe Clappier indique "qu'en Bretagne, en 2013, on a en moyenne plus de 2 décès par jour. A pays comparable, la France est en situation la plus défavorable au niveau Européen". De 2006 à 2013, le Pays de Guingamp et Trégor Goëlo est "une zone de forte surmortalité" : 32 décès par suicide pour 100.000 habitants contre 26 en Bretagne pour la même base.

Concernant la récidive, de 2011 à 2015, 1.703 patients ont été accueillis. Ils cumulent 2.111 passages. Sur ce nombre de patients, hormis les "inclassables", 673 sont des primo-suicidants et 929 des récidivistes. "Plus d'un patient sur deux (55%) est un récidiviste" résume le rapporteur de l'ORSB. "Si les passages tendent à diminuer, ajoute-t-il, "et c'est plutôt une bonne nouvelle, le poids de la récidive est important". D'autant dira-t-il lors de son exposé, que chaque récidive use de moyens de plus en plus létaux. Pour la première tentative, on note "une nette prédominance féminine (59%)". Par ailleurs, la population impliquée est plutôt jeune : "77% ont moins de 55 ans". Parmi les très nombreux chiffres présentés, il faut noter que les suicidants sont surtout des chômeurs et des inactifs et "plus particulièrement ceux en situation d'invalidité". Ce sont surtout des employés et des ouvriers et les causes sont à rechercher en priorité dans le conflit conjugal ou sentimental - 41% pour les hommes et 32% pour les femmes – "la goutte qui fait déborder le vase", puis dans le conflit familial autre que conjugal : 11% pour les hommes et 21% pour les femmes. Sans s'étendre sur les modalités de passage à l'acte, il apparait que majoritairement, c'est l'auto-intoxication le moyen principal, dont l'auto-intoxication médicamenteuse pour 84% des cas. Parmi les autres modes, les modes agressifs – pendaison, armes à feu, objet tranchant, saut dans le vide - sont plus fréquents chez les hommes (18%). Quelle que soit la modalité du passage à l'acte, pour 40% des prises en charge, l'alcool est présent.

Concernant la récidive, l'existence d'une descendance n'a pas d'influence sur le fait de récidiver. "Ce n'est donc pas un argument recevable pour désamorcer une volonté de récidive". Parallèlement, le risque de récidive est plus grand chez les personnes vivant seules, sans activité, bénéficiaires des dispositifs d'aide sociale et médicale, présentant des antécédents psychiatriques, tous ces critères n'étant pas forcément cumulatifs. Autre "contexte précipitant", l'existence d'un traitement actif psychiatrique et médicamenteux et d'autant plus que les classes thérapeutiques associées sont nombreuses. Ce qui peut paraître incongru…

(NDLR : Toutes les données sont disponibles ICI (link is external))

http://www.bvonline.fr/article/170314-begard-bon-sauveur-donnees-suicide-connaitre-c-est-deja-agir

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