lundi 6 février 2017

Étudiant en soin infirmiers Prise en charge du suicidant aux urgences

Étudiant en soin infirmiers TFE - Prise en charge du suicidant aux urgences
Article du  02.02.17 sur infirmiers.com*
 
En 2015, Pauline Charneau, alors étudiante en soins infirmiers à l'Institut de Formation en Soins Infirmiers du CH de Saintonge - Saintes (promotion 2012-2015) a soutenu avec succès son travail de fin d'études sur la thématique suivante : « Prise en charge du suicidant aux urgences ». Elle souhaite aujourd’hui le partager avec la communauté d’Infirmiers.com et nous l'en remercions.

Pauline débute ainsi son travail de recherche : « De nos jours dans l’organisation moderne des soins, le Service d’Accueil des Urgences (S.A.U) reste un lieu à part, un noyau central de la coordination et de la prise en charge des soins dans une institution. Chaque jour, de nombreuses personnes transitent au sein des urgences qui représentent un premier lieu d’accueil, de réponse à l’urgence sociale, mais qui génère de l’anxiété pour les patients. C’est aussi un service source de stress pour les soignants (et les patients) à cause de l’affluence, mais également compte tenu des savoirs qu’il faut mobiliser à bon escient et la responsabilité qu’entraîne ce service.
J’ai choisi d’aborder le thème des urgences car depuis plusieurs années, je suis intéressée par ce milieu. J’ai plusieurs fois eu l’envie d’être à la place de ceux qui y travaillent, aussi, je me suis souvent questionnée sur les conditions de travail du personnel, comment les soignants abordaient les différents motifs d’hospitalisation, la prise en charge des patients… J’ai voulu traiter d’un sujet qui parle des urgences car mon intérêt pour ce service a mûri au fil de la formation et j’ai compris que je voulais en faire mon projet professionnel afin d’exercer un jour dans ce service et pourquoi pas avec le temps intégrer une équipe mobile d’urgence et de réanimation (SMUR).
L’origine de mon questionnement a eu lieu lors de mon stage du semestre 4 aux urgences. J’ai en effet remarqué que les soignants aux urgences ont ce qu’on appelle « une double responsabilité » puisqu’ils doivent être en mesure de gérer l’urgence somatique ainsi que l’aspect psychique et relationnel bien souvent dans un contexte de stress et de forte affluence. J’ai alors décidé d’axer mon travail de fin d’études sur la prise en charge d’adultes aux urgences ayant fait une tentative d’autolyse, afin d’approfondir mes connaissances sur le sujet et de savoir à l’avenir en tant que future professionnelle de santé, comment prendre en charge les patients en souffrance psychologique. Cela a suscité en moi plusieurs questions car face à ce type de prise en charge je me suis sentie démunie, je ne savais pas quelle attitude avoir, ni quel discours adopter par crainte de blesser le patient.
Par ailleurs, comme j’ai pu le constater face à un contexte de forte affluence et de stress lorsque le processus vital est engagé, les soignants priorisent à juste titre en premier lieu l’urgence physique au détriment de l’aspect relationnel qui nécessite peut-être plus de temps. Ainsi, pour être le plus compétent et responsable possible, ces professionnels étaient obligés de minimiser le temps accordé aux patients. Pour autant, le patient n’est pas responsable de cette affluence, et il se peut qu’il souffre d’un manque de soutien psychologique et psychique. Ne vaut-il pas mieux alors orienter le patient vers un autre service qui pourrait le prendre en charge dans un contexte plus calme, plus sécurisant où l’infirmière aurait peut-être plus de temps ? Ce sont ces interrogations préliminaires de mon vécu d’étudiante aux urgences qui m’ont amenée à vouloir mettre en évidence ce sujet, qui était flou pour moi ».

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