jeudi 26 janvier 2017

PRESENTATION STRUCTURE RESSOURCE le Ternois (62)

TERNOIS  « Allô, je suis au bout du rouleau » : une ligne pour désamorcer les suicides

Les agriculteurs notamment, mais pas seulement, sont concernés par un fort isolement.

  Pire ici qu’ailleurs

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2013, dans le Ternois, on comptait chez les hommes 151% de suicides – avérés et/ou tentés – en partant d’une base de 100% au national. C’est moitié plus. Parce que l’isolement, le chômage, la précarité de l’habitat, les problèmes de mobilité, les maladies graves... Lors de l’adoption d’un contrat local de santé en 2012 par la com de com, «  nous avions les indicateurs les plus mauvais de la région  », notamment en termes de suicide. Le président Marc Bridoux en a fait l’un de ses chevaux de bataille et propose un plan d’action.

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Rompre le silence

Depuis le début de l’année, «  on a mis en place une opération d’écoute aux personnes en difficulté, qui va prendre de l’ampleur  » cette semaine, annonce Laurent Berthe, chargé de santé à Ternois Com. Comment y prendre part ? En contactant Écoute active entre 18 heures et 22 heures une fois par semaine – vendredi pour cette semaine, le répondeur communiquera les dates au fur et à mesure –, les appels étant le reste du temps rebasculés vers SOS amitié. «  Ça nous permettra de voir si le nombre d’appels est plus important à l’approche du week-end ou à la reprise de la semaine. En fonction, on fixera le jour.  » L’avantage avec cette ligne : avoir une psychologue au bout du fil.

Pour qui ?

Tous les publics sont concernés : aussi bien des agriculteurs – largement impactés – au bout du rouleau, qu’une mère face aux crises à répétition de son enfant ou un ado accro à son téléphone portable.«  On propose une écoute, une évaluation du risque et une orientation  », avance Isabelle Viart, la psychologue en question. Ce qu’elle appelle une «  ouverture  » sur des services partenaires, en respectant l’anonymat. «  Aujourd’hui on a des solutions sur le territoire à quasiment toutes les questions  », confirme Marc Bridoux, que ce soit avec le centre hospitalier, le centre intercommunal d’action sociale ou le CSAPA (centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie), pour ne citer qu’eux. Écoute active a déjà enregistré plusieurs appels.

SOS écoute active du Ternois (prix d’un appel local) : 09.70.80.54.70.
« Tout le monde est concerné »
Qui n’a jamais pensé au suicide ? «  Tout le monde est concerné  », soutient Isabelle Viart, psychologue en soins palliatifs à l’hôpital de Bapaume (centre hospitalier Artois-Ternois). Encore plus entre 40 et 50 ans, encore plus dans une société en prise de vitesse et en perte de repères. «  On s’adresse à toute personne psychologiquement fragilisée, que ce soit dans le professionnel, sentimental, etc. ou par rapport à des événements de vie qui nécessitent l’ouverture d’une réflexion.  » La priorité : lutter contre la pulsion de mort, qui se manifeste quand on n’entrevoit pas de solution. Appeler à ce moment précis permettrait a minima de différer le passage à l’acte. «  Restent des questionnements derrière mais la parole libère.  »
Le chiffre : 153%
Le taux de suicide dans le Ternois d’après des chiffres datés de 2015. C’est 10 à 12 % de plus que dans le Montreuillois, l’Audomarois ou le bassin minier. Le taux régional, lui, était alors de 135,9 %.

http://www.lavoixdunord.fr/108871/article/2017-01-25/allo-je-suis-au-bout-du-rouleau-une-ligne-pour-desamorcer-les-suicides

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