mardi 17 janvier 2017

ETUDE RECHERCHE DEBAT Psycho-oncologie Suicide après cancer

Psycho-oncologie : Suicide après cancer
source article http://www.cancero.net* 16 Janvier 2017
Par le Pr Jean-Louis Pujol (CHU et IRCM INSERM U 1194 - Montpellier) [Déclaration de liens d'intérêts]
Article commenté :
Suicide and violent deaths in survivors of cancer in childhood, adolescence and young adulthood—A national cohort study
Gunnes MW, Lie RT, Bjørge T et al.
Int J Cancer. 2017 ; 140(3):575-580.
Retrouvez l’abstract en ligne

L’article que nous présentons ici s’intéresse au risque suicidaire chez des sujets qui ont survécu à un cancer dans l’enfance ou à l’adolescence.

Vu d’une perspective purement psychiatrique, le désir de mourir tel qu’il peut être exprimé, par exemple, par un patient en phase terminale, est intégré à une suite de phénomènes isoformes : l’idée suicidaire (active ou passive), la tentative de suicide, le suicide, les demandes de suicide assisté, les demandes d’euthanasie.
Ces idéations, fréquemment exprimées de façon transitoire en tant que maintien d’une maîtrise que le malade exercerait sur une situation si elle devenait trop pénible ou trop longue, deviennent pathologiques avec leur pérennisation (1).

Il est beaucoup plus rare que la question du suicide soit abordée chez des sujets survivant à un cancer. C’est le mérite de cette étude épidémiologique norvégienne.
A partir des données d’un registre exhaustif et national des causes de décès, les auteurs montrent que le risque de suicide est plus élevé chez les sujets ayant survécu à un cancer dans l’enfance ou à l’âge adulte jeune.
Le rapport des risques est de 2,5 (deux fois et demi plus de risques de suicide à l’âge adulte lorsqu’il y a un antécédent de maladie cancéreuse).

Deux problèmes méthodologiques sont possibles : le premier tient au fait que toute mort de cause extérieure violente peut potentiellement correspondre à un suicide sans en avoir reçu le qualificatif exact (suicide maquillé en accident par exemple).
Cependant, le taux de mortalité par cause extérieure violente ne différait pas selon les antécédents et donc cette première critique tombe. C’est bien l’incidence du suicide qui diffère et les auteurs de citer les cancers des gonades, les sarcomes et les tumeurs cérébrales comme les cancers les plus en lien avec le risque.

La deuxième question méthodologique tient, de facto, à l’ignorance des tentatives de suicide qui ont échoué ou des idéations suicidaires. Or, c’est bien les phénomènes non-achevés et précédant la crise suicidaire qui mériteraient d’être dépistés.
L’information est donc importante mais elle nécessitera d’être approfondie.

Référence :
Madeira N, Albuquerque E, Santos T et al. Death ideation in cancer patients: contributing factors. J Psychosoc Oncol. 2011 ; 29(6):636-42.
Retrouvez l’abstract en ligne

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