jeudi 24 novembre 2016

CANADA Rapport de 2016 sur la mortalité par suicide dans les Forces armées canadiennes (de 1995 à 2015)

Rapport de 2016 sur la mortalité par suicide dans les Forces armées canadiennes
(de 1995 à 2015)

Elizabeth Rolland-Harris, M.S c., PH.D. Elizabeth Cyr M.S.S., T.S.I. Mark A. Zamorski, médecin , M.H.S.A.
Direction– Protection de la santé de la Force Direction de la santé mentale Rapport du médecin général Programme de recherche en santé du médecin général
Novembre 2016

Résumé
Tout suicide est une tragédie et un problème important de santé publique. La prévention du suicide est une haute priorité des forces armées canadiennes (FAC). Afin de mieux comprendre le suicide dans les FAC et de raffiner les efforts continus de prévention, la Direction – Protection de la santé de la Force (DPSF) et la Direction de la santé mentale (DSM) mènent régulièrement des analyses afin d’examiner les taux de suicide et la relation entre le suicide, le déploiement, et d’autres risques potentiels de suicide.
Ce rapport est une mise à jour couvrant la période de 1995 à 2015.
Le présent rapport décrit les taux bruts de suicide de 1995 à 2015, les comparaisons entre la population canadienne et les FAC au moyen des ratios standardisés de mortalité (RSM) et les taux de suicide chez les personnes ayant des antécédents de déploiement au moyen des RSM et de la normalisation directe. Il examine également la variation dans le taux de suicide en fonction du commandement et, au moyen de données tirées des
Examens techniques des suicides par des professionnels de la santé (ETSPS), on s’est penché sur la prévalence d’autres facteurs de risque dans les suicides qui ont eu lieu en 2015.
Entre 1995 et 2015, il n’y avait pas d’augmentation statistiquement significative des taux globaux de suicide.
Le nombre d’hommes de la Force régulière décédés par suicide n’était pas statistiquement plus élevé que le taux escompté en fonction des taux de suicide chez les hommes dans la population canadienne. Bien que le taux de suicide chez le personnel ayant fait l’objet d’un déploiement ne soit pas beaucoup plus élevé que chez
la population civile comparable, les ratios de taux indiquaient que ceux qui ont des antécédents de déploiement présentaient une tendance statistiquement non significative de risque accru comparativement à ceux qui n’ont jamais fait partie d’un déploiement. Ces ratios de taux laissent aussi voir que, depuis 2006 et jusqu’à et incluant 2015, le fait de faire partie du commandement de l’Armée de terre accroît, de manière statistiquement significative, le risque de suicide par rapport à ceux qui font partie d’un autre commandement.
Les constatations les plus récentes laissent maintenant voir une tendance vers un ratio de taux de suicide ajusté élevé (1,48, IC : 0,98, 2,22) au cours de la dernière décennie chez ceux qui avaient des antécédents de déploiement comparativement à ceux qui
n’en avaient pas. Toutefois, cette conclusion ne représentait pas tout à fait une importance sur le plan statistique. Le personnel de l’Armée de terre présentait un risque de suicide nettement accru par rapport aux autres militaires (ratio de taux de suic
ide ajusté en fonction de l’âge = 2,49, IC : 1,81, 3,42), et on note une tendance vers un élargissement de l’écart entre les taux du personnel de l’Armée de terre et ceux des autres militaires au cours des cinq dernières années. Le personnel mâle de l’Armé
e de terre faisant partie des métiers d’armes de combat présente des taux de suicide nettement plus élevés (31,65/100 000 personnes, IC : 24,51, 40,66) que ceux des autres membres de l’Armée de terre ne faisant pas partie des métiers d’armes de combat (16,
52/100 000 personnes, IC : 13,48, 20,22).
Les résultats des ETSPS de 2015 appuient un enchaînement de causalité qui est plus multifactoriel (ceci inclut des facteurs biologiques, psychologiques, interpersonnels, et socio-économiques) plutôt qu’un lien direct entre des facteurs de risques individuels (p. ex. état de stress post-traumatique (ESPT) ou le déploiement) et le suicide.
Les taux de suicide dans les FAC n’ont pas augmenté de façon marquée avec le temps, et ils ne sont pas plus élevés que ceux de la population canadienne lorsqu’ils sont normalisés selon l’âge. Toutefois, le nombre peu élevé de sujets pourrait avoir restreint la capacité à détecter une signification statistique. Les antécédents de déploiement continuent à être un facteur possible de risque de suicide dans les FAC. Le risque excessif au sein de l’Armée de terre est également une constatation nouvelle. Le trauma lié au déploiement (particulièrement celui lié à la mission en Afghanistan) et les troubles mentaux qui en découlent sont des mécanismes plausibles de ces associations. Cependant, un effet de confusion résiduel pourrait aussi entrer en jeu (par exemple un
risque disproportionnel provenant d’un traumatisme de l’enfance ou d’un autre traumatisme vécu chez le personnel de l’Armée de terre ou chez ceux qui sont déployés) d’autres recherches seront nécessaires pour étudier ces hypothèses en profondeur.
Mots clés : T aux ajustés selon l’âge ; forces canadiennes; population canadienne; déploiement; taux; ratios des taux; ratios standardisés de mortalité; suicide;


Acces rapport http://www.forces.gc.ca/assets/FORCES_Internet/docs/fr/a-propos-rapports-pubs-sante/rapport-mortalite-suicide-fac-2016.pdf

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