vendredi 5 août 2016

NOTICE ARTICLE Rôle et nature du dérèglement de la relation sujet–environnement dans les théories du suicide

Rôle et nature du dérèglement de la relation sujet–environnement dans les théories du suicide
Jérémie Vandevoorde a, b, , Ambre Sanchez Valero bEmmanuelle Baudoin b Safie Kamar b Béatrice Chabert b ,Thierry Baudoin b
a Laboratoire IPSé, université Paris Ouest-Nanterre, 200, avenue de la République, 92000 Nanterre, France
b Accueil de psychiatrie et UHMP, hôpital René-Dubos, 6, avenue de l’Île-de-France, 95300 Cergy-Pontoise, France
 Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique
Available online 3 August 2016
In Press, Corrected Proof 
Mémoire

Résumé
La suicidologie est riche de plusieurs modèles théoriques : évolutionnistes, neurobiologiques, cognitifs, empiriques, psychanalytiques, vulnérabilité–stress, systémiques. La plupart des chercheurs partagent l’idée d’une genèse épigénétique, probabiliste, dynamique et multicausale de l’activité suicidaire. Le modèle vulnérabilité–stress intègre la plupart des données scientifiques disponibles et permet de poser les bases du processus suicidaire. Une fois l’individu fragilisé, la recherche a mis en évidence chez les patients de nombreux mécanismes vulnérants qui dérèglent le rapport sujet–environnement. Les altérations psychologiques peuvent toucher la sphère cognitive, la conceptualisation de soi, la sphère émotionnelle, la sphère relationnelle, la sphère fantasmatique, les processus de l’action et les capacités de maîtrise de soi. Ce dérèglement sujet–environnement semble à l’origine de quatre états pré-suicidaires : un état algique, un état de grande vulnérabilité, un état de contestation de la condition existentielle et un état de déconsidération de la condition humaine. En réponse à ces états, le psychisme va chercher dans le suicide un programme de changement et de soulagement. L’émergence d’une activité suicidaire sera marquée par l’irruption d’idées à contenu autolytique, de comportements préparatoires, d’une intention suicidaire, d’une spirale cognitive. Passé un seuil de souffrance ou en présence d’un facteur déclenchant, des processus pré-passage à l’acte vont éclore : mise en état, état d’agitation, effondrement de la peur de la mort, accalmie suspecte, irruption émotionnelle intense, gonflement narcissique. La reconstitution du processus suicidaire est complexe et nécessite la poursuite des recherches scientifiques. Le maillon entre les états de souffrance et l’émergence suicidaire est encore à ce jour inconnu.
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0003448716300907

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